Lannion - Pleumeur-Bodou (22)
Commentaires du jour
Les commentaires de l’évangile du jour par des laïcs, de l’Avent à la Présentation du Seigneur, année B
(du 29 novembre 2020 au 2 février 2021)
senter une défense devant qui- conque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. »
1 P 3, 15b-16a
Au printemps dernier, du 14 avril au 30 juin 2020, dix paroissiennes et cinq paroissiens avaient commenté un des textes de la liturgie du jour. L’idée a fait son chemin et huit autres se sont lancés de la Toussaint à l’Avent, plus précisément du 3 novembre au 28 décembre 2020.
L’idée a rencontré un certain succès et nous avons continué, cette fois du 1
erdimanche de l’Avent à Présentation du Seigneur le 2 février 2021, de l’année liturgique B : seize personnes se sont inscrites dont trois n’appartenant pas à la paroisse de la Bonne Nou- velle (Ploumilliau, Saint-Brieuc et Trégueux).
Plus de personnes, c’est aussi des spiritualités différentes qui s’affirment, s’affichent mais ne se combattent pas : la Parole de Dieu touche et rejoint chacun, chacune sur son chemin, nous transformant de l'intérieur. Cette-fois-ci cela fait 65 commentaires diffé- rents (un dimanche n’a pas été commenté). La règle du volontariat et celle de la non ré- écriture ont été respectées, aucun texte n’a dû être retouché. Et toujours plus de femmes que d’hommes : 12 contre 4 ! Comme quoi l’Esprit souffle bien où il veut (Jn 3, 8)...
Merci à Anne, Anne-Françoise, Annick, Brigitte, Catherine, Christiane, Jean-Yves, Jean-Luc, Louis, Marie-Anne, Marie-Nicole, Maryvonne, Michelle, Myriam, Pascale, Yves-Clarisse.
Catherine Théot Jean-Yves Moisan Philippe Giron, diacre permanent
Les traductions des textes viennent du site officiel de l’AELF : www. aelf.org
Paroles libres
Différents auteurs ont exprimé en quelques mots ce qui leur paraissait important dans cette expérience de commentaire.
Anne-Françoise Pallotta
Pleumeur-Bodou (22)
Je regrette de m'être moins investie que lors des précédentes sessions, peut-être à cause de mon opéra- tion (?) , mais je trouve ces commentaires très enrichissants car ils permettent de se poser et de réflé- chir sur la Parole pour La partager. Je suis heureuse de faire partie de cette aventure. Je me sens « vi- vante » dans mon cœur de chrétienne.
Les évangiles nous parlent de la vie de Jésus de ses actes, de sa parole, de son humilité et de son don.
Mais ce qui m'émerveille c'est qu'ils sont d'actualité malgré les 2000 ans qui nous séparent. Je m'en suis rendu compte dans les commentaires. La Parole d’Évangile est actuelle, elle nous parle de notre temps, des personnes qui nous entourent c'est pourquoi elle me touche et m'invite à La partager avec le plus grand nombre.
Annick Bertho
Saint-Brieuc (22)
J'ai saisi cette opportunité donnée à tout baptisé de commenter la Parole de Dieu. Je trouve complète- ment ringard, que l’Église n'autorise pas aux femmes de le faire durant une célébration à l'église.. On se prive de l'approche féminine des textes !
Personnellement, j'ai aimé faire ces commentaires, ça m'a aidée à mieux intérioriser la Parole avant de la partager à d'autres. J'ai lu quelque part que certains ont refusé la proposition « ne se sentant pas dignes ! » C'est bien là, le problème, bien sûr il faut un minimum de formation mais devant Dieu, tout baptisé, homme ou femme, a la même dignité. Les ministres ordonnés ne sont pas plus dignes que les autres… Il est plus que temps que ça rentre dans nos esprits et nos cœurs !
Très belle initiative en tout cas, merci, et ça me fait connaître d'autres frères et sœurs en Christ.
Brigitte Le Garlantézec
Pleumeur-Bodou (22)
Lire chaque jour la Parole de Dieu n'était pas une habitude régulière pour moi. Mais depuis un an, elle l'est devenue et c’est un émerveillement. C'est une Parole vivante qui a la force d'être toujours dans
« l'aujourd'hui », elle accompagne mon quotidien et me relie à celles et ceux qui l'ont méditée.
Ce qui est parfois difficile c'est de dire « je » c'est un dévoilement et un langage de sincérité qui m'en- gage.
La Parole de Dieu m'apporte étonnement, découverte, nourriture, réflexion, enrichissement.
Catherine Théot
Lannion (22)
Faire des recherches pour situer le passage, m'en imprégner, prier et recueillir ce que j'ai reçu, en pre- nant le temps, dans une perspective de partage et de réciprocité : depuis la première initiative, j'ai trou- vé beaucoup de bonheur à participer.
Partager, c'est témoigner de la saveur que la Parole a pour moi, dire comment elle me rejoint dans ma vie avec ce que je suis.
Écrire pour partager m'invite à creuser, à dire plus explicitement ma manière de vivre la foi, à être plus assurée.
C'est une joie aussi, le matin, d'ouvrir la journée par la lecture du commentaire du jour, de découvrir l'autre à travers son commentaire, d'écouter la résonance de la Parole dans la vie de chacun. Cela nous met en lien.
Christiane Bedouet
Lannion (22)
Un jour, une personne de l'équipe des « Commentaires du jour » m'a invitée à me joindre au groupe.
J'étais un peu hésitante mais, très vite, j'ai dit oui.
Aujourd'hui, nous sommes à la fin de la session de l'Avent à la Présentation de Jésus au temple. Ces temps de lecture de la Parole, d'imprégnation par le texte, de méditation, d'écriture m'ont procuré une joie profonde. Et il est très motivant de lire, méditer, écrire en vue de partager.
Quant à la découverte des commentaires des autres membres de l'équipe, c'est toujours un cadeau bienvenu pour aider à prier l'évangile du jour.
Quelle richesse, cette diversité d'approches, de points de vue, de sensibilités ! Je ne regrette pas de m'être lancée dans cette belle aventure…
Jean-Luc Madoré
Trégueux (22)
Pourquoi ai-je répondu à l’invitation de l’équipe « Commentaires d’Évangile » ?
Au cours de ma vie professionnelle d’enseignant, j’ai découvert peu à peu la diversité des chemins in- tellectuels des enfants (et de chaque personne) et en ai tenu compte avec bonheur dans ma pédagogie.
Je pense qu’il en est de même dans notre vie de foi et que le Seigneur accepte et se réjouit de la diver- sité des chemins qui conduisent à Lui.
Je pense donc que dire, humblement, nos propres chemins de foi est un service à rendre à nos frères, non pour nous poser en modèle mais pour rendre grâce à Dieu qui vient à nous là où nous sommes.
Jean-Yves Moisan
Trégastel (22)
Pourquoi ce partage de commentaires m'intéresse ? Dieu est unique. Sa Parole est unique. Pourtant nous recevons différemment sa Parole ; parce que nous sommes divers.
Nos histoires sont diverses : nos familles, nos éducations, nos rencontres, nos professions … Nos re- lations familiales, conjugales, professionnelles, sociales sont diverses. Nous sommes ce que nous sommes par nos histoires de vie diverses. Alors nous recevons la Parole de façons diverses. Elle nous est adressée personnellement : Dieu s’adresse à chacun de nous, comme nous sommes.
Cette diversité peut devenir une richesse si nous partageons ce que chacun reçoit de la Parole. Nos fratries humaines sont riches des rencontres familiales où tous échangent leurs parcours de vie. La Pa- role nous enrichira de tout ce que nous nous dirons, de ce que nous entendons de la Parole de Dieu.
Et tous les moyens de partager ensemble sont à prendre et cultiver.
Louis et Maryvonne Dosch
Lannion (22)
Commenter l’Évangile est pour moi une expérience où je profite d’une manière originale de ce que la Parole de Jésus m’apporte dans ce que je vis. S’imprégner du texte, le laisser grandir en moi et le confronter à notre existence est un exercice qui me marque. Savoir que notre commentaire est partagé me donne de la joie et parfois un peu d’inquiétude. (Louis)
Comme Louis, je suis du premier groupe. Notre contribution est faible. Cela laisse de la place à d’autres. Si Louis est assez à l’aise pour rédiger ce qu’il ressent, j’ai un peu plus de mal à mettre des mots sur ce que j’ai envie de dire et à exprimer ce que la Parole de Jésus m’apporte. J’ai besoin de beaucoup de temps et de réflexion après mon premier jet pour le finaliser. C’est même parfois une souffrance le temps de la création (Maryvonne).
Être ensemble nous motive l’un et l’autre. Nous nous relisons tous les deux pour régler des détails de forme. Nous continuerons bien sûr à assurer notre modeste part.
À l’heure où la paroisse nous sollicite pour constituer des fraternités, nous sommes heureux de parta- ger avec ceux qui ont répondu à cette appel (Louis et Maryvonne).
Marie-Anne Giron
Lannion (22)
« Annoncer l’Évangile ce n’est pas pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi » dit Paul dans la lettre aux Corinthiens lue en ce 5e dimanche du Temps ordinaire.
C’est une phrase qui illustre bien ce que je ressens en participant à l’aventure du « Commentaire de la Parole du jour ». Méditer la Parole me permet de relire ma vie à sa lumière. Telle phrase me parle au- jourd’hui dans un texte, demain elle résonnera autrement. Oui, elle est vivante la Parole, elle s’adresse à moi personnellement, mais qui sait ? Peut-être trouvera t-elle un écho chez une sœur ou un frère ?
Alors j’ose simplement la partager et croire avec beaucoup d’humilité, que Dieu le Verbe qui s’est fait chair en Jésus le Christ, parle aussi par moi.
Michelle El Hage
Lannion (22)
Au temps du Christ les pharisiens et docteurs de la loi étaient dans l'étonnement des paroles qui sor- taient de sa bouche mais aussi les gens de son pays de Nazareth (on dirait de sa région de nos jours) étaient sidérés de l'entendre : « Comment ce fils de Joseph le charpentier (que nous connaissons de- puis longtemps) se permet-il de se proclamer de la sorte ? Jésus, le charpentier se positionne comme envoyé pour annoncer la bonne nouvelle et ...pour guérir, pour sauver les hommes et annoncer une année de grâce ». Et aussi « N'est-ce pas ce Jésus que nous avons fréquenté et avons vu grandir de- puis son enfance ? » Donc la Parole que Jésus proclame avec autorité et qui fait l'admiration des uns provoque le doute et la jalousie des autres. Elle est remise en question par le fait pour certains qu'il n'a pas été formé à l'école des rabbins et de plus, qu'il vienne d'une région honnie car non pure, la Galilée étant un lieu de passages fréquents par les païens environnants : « Que peut-il sortir de bon de Naza- reth ? » dira Nathanaël. De fait, Jésus n'était pas dans les « bonnes cases » dès le départ. Les esprits formalistes ne le lui pardonneront jamais et chercheront à le tuer au pire, à l'éloigner au mieux.
Je fais cette analogie avec nous qui, humblement, commentons la Parole et désirons la partager avec d'autres dans l'espoir qu'elle produise du fruit.
Je finirai par dire que cela procure de la joie fraternelle, attribut du Saint Esprit qui circule entre nous tous pour la gloire de Dieu.
Sr Marie Nicole
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
Parole de Dieu, parole reçue… comme une graine semée au vent de l'Esprit et qui grandit dans l'expé- rience et la vie de chacun.
C'est une richesse de voir comment elle pousse dans les cœurs et ce qu'elle évoque pour d'autres frères et sœurs.
Elle se fait nourriture.
Avant de commenter un texte, j'en fais une prière méditée, le contemplant et le recevant comme un message pour moi aujourd'hui.
Je reçois les commentaires comme des lumières données.
Je rends grâce à l'Esprit pour l'aventure de la Parole en chaque personne.
Sr Myriam
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
C'est avec grand plaisir et en esprit de prière que j'ai participé à la première partie des Commentaires d’Évangile du jour. J'avais du prendre un temps d'arrêt pour motif personnel, mais je serai très heu- reuse de reprendre ce service de partage, si j'ai un peu donné au travers des commentaires, j'ai égale-
ment dans la prière, si cela peut nourrir nos frères lecteurs, je suis heureuse de participer à l'enracine- ment de la Parole . Je suis prête à reprendre « du service ».
Yves-Marie Akouegnon
Lannion (22)
Le Commentaire de La Parole de Dieu! Quel privilège!
Plus on s'imprègne de la Parole de Dieu, plus on on est édifié, et mieux on se rend compte qu'Elle est Vivante: Elle n'a rien perdu de Sa saveur depuis plus 2000 ans!
C'est une belle expérience pour moi. Le faire m'aide à grandir jour après jour, car avant de le faire, je prie, et je demande de l'aide à l'Esprit Saint. La Parole de Dieu devient nourriture et c'est un privilège de la recevoir et la partager.
Dieu, Tu es Amour! Ta Parole, est semée généreusement et partout. Merci Seigneur de faire de moi le messager de Ta Parole.
Dimanche 29 novembre 2020 : Mc 13, 33-37
1er dimanche de l’Avent
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à cha- cun son travail, et demandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
Marie-Anne Giron
Lannion (22)
En ce début d’année liturgique, Jésus nous dit : « Prenez garde, restez éveillés, veillez ! »
L’évangile de Marc qui va nous accompagner tout au long de cette année, comme le texte d’Isaïe de la première lecture parlent tous les deux de la venue du Seigneur : Reviens à cause de tes serviteurs. Ah ! Si tu déchirais les cieux !. Vous ne savez pas quand ce sera le moment.
Jésus, au chapitre 13 de Marc est tout proche de sa passion et de sa résurrection, et la venue dont il parle est celle de la fin des temps, dans la gloire. C’est lui qui a déchiré les cieux, il est celui qu’Israël dans sa longue supplication attendait, mais la plénitude de cette « venue » ne sera révélée que dans un futur que nous ne connaissons pas. C’est déjà là, oui puisque le Fils de Dieu s’est fait chair et c’est ce que nous fêterons à Noël, mais ce n’est pas encore là… C’est à venir.
C’est cela l’Avent qui commence aujourd’hui : une préparation à la première venue de Noël et une an- nonce par toute la liturgie de la venue définitive, le retour du Christ dans la gloire. C’est aussi le thème de la lettre de Paul aux Corinthiens, une action de grâce pour le présent et la fermeté de leur foi : « le témoignage rendu au Christ s’est implanté solidement parmi vous », et pour l’avenir : « le jour de Notre Seigneur Jésus-Christ. »
En méditant les textes de ce dimanche dans le contexte difficile que nous vivons, et en route vers l’avènement de Noël, je me pose en vérité quelques questions :
Saurais-je entendre les appels à « veiller » de Jésus et de Paul ? Saurais-je crier vers le Seigneur comme Isaïe et comme le psalmiste ?
« Dieu de l’univers reviens ! Du haut des cieux regarde et vois.
Réveille ta vaillance et viens nous sauver » (Psaume 79)
Saurais-je le connaître et le reconnaître dans ma vie ? Con-naître, naître avec…
Saurais-je veiller avec lui jusqu’au chant du coq ? qu’il ne me trouve endormie.
Saurais-je ouvrir mon cœur à l’attente et laisser assez de place pour Celui qui vient ?
Saurais-je le voir lui le connu, l’inconnu, le nouveau, venu, à venir, à connaître et à reconnaître dans tous ceux que je rencontre ?
Ce n’est pas une attente passive qui m’est demandée, et en allumant ma première bougie de l’Avent, je sais que montera en moi comme en ce moment, le chant du Père Duval : « Le Seigneur reviendra, il l’a promis, ne sois pas endormie cette nuit-là ! Tiens ta lampe allumée, pour qu’il n’ait pas de peine à te trouver… Attends-le dans ton cœur, qu’il fasse clair et bon dans ta maison… »
Lundi 30 novembre 2020 : Mt 4, 18-22
Saint André
En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères,Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous fe- rai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père,ils le suivirent.
Jean-Yves Moisan
Trégastel (22)
En quatre phrases, Matthieu décrit le destin de quatre apôtres. On ne peut faire plus bref !
De ces quatre pêcheurs, pas de questions, pas de Attends, je termine et j’arrive !, pas de Je prends deux affaires et j’y suis ! Ils laissent tout au bord de l’eau ; Jacques et Jean laissent leur père, seul, ré- parer le matériel. C’est sans doute de jeunes hommes à l’âge des décisions. Mais aucun regard en ar- rière ; aucun au-revoir à ceux qu’ils laissent, désemparés, démunis.
Comme seul argument : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ». Comment Jésus a pu ainsi les convaincre ? Son regard ? La force qui émanait de Lui ? Heureux apôtres qui ont pu le voir, le côtoyer, l’écouter. Nous avons leur témoignage pour nous convaincre que vraiment Jésus était le Fils de Dieu.
Mais cette question me taraude : quelle force d’attraction venait de Jésus ? Comment attirait-il tout à Lui ? La bienveillance transparente de son regard ? Avec ces seuls témoignages, comment me laisser convaincre aujourd’hui de le suivre ?
Et puis la radicalité de l’engagement de ces quatre hommes. Engagement radical, car il sera le sens de leur vie ; il sera l’ossature de leur être ; les conduira là où ils n’auront pas choisi d’aller. Pas de demi- mesure. Pas de regard en arrière, pas de bagages. L’engagement est total et définitif. Alors que sou- vent, mes engagements sont négociés, discutés, argumentés. Suivre le Christ, c’est orienter complète- ment, définitivement ma vie vers Lui. C’est (tenter d’) avoir son regard de tendresse et de bien- veillance sur toute personne rencontrée. C’est servir mon « prochain » comme lui savait le faire.
Mardi 1
erdécembre 2020 : Lc 10, 21-24
À l'heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Sr Marie Nicole
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
« Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint »
Quel bel évangile où nous voyons Jésus exulter en parlant à son Père !
Si souvent Jésus va prier seul dans la montagne, il prie son Père dans le secret, et nous voudrions en- trer plus dans cette intimité entre le Père et le Fils, dans l’Esprit.
Jésus donnera à ses disciples cette belle prière du « Notre Père » (non pas votre Père). Aujourd’hui, nous sommes introduit dans cette relation si profonde du Père et du Fils où le Père a tout donné au Fils, où le Fils reçoit tout du Père pour nous le donner.
Contemplons dans le silence cette communion du Père et du Fils, dans l’Esprit, où nous sommes invi- tés à entrer.
« Qu’ils soient un en nous » dira Jésus en parlant des disciples.
Mercredi 2 décembre 2020 : Mt 15, 29-37
En ce temps-là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui par- laient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouve- rons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés.On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.
Sr Marie Nicole
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
Jésus eut pitié de la foule… de la foule des boiteux, aveugles, infirmes : il les guérit de la foule qui n’a pas mangé depuis 3 jours : il multiplie les pains de la foule sans un berger pour prendre soin de cha- cun.
Jésus, Bon Berger, vient parmi nous, nous guérir, nous nourrir, pour que nous ayons la Vie.
Jeudi 3 décembre 2020 : Mt 7, 21,24-27
Saint François-Xavier
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Sei- gneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est compa- rable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée,et son écroulement a été complet. »
Sr Marie Nicole
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
Une maison… bâtie sur le roc ou sur le sable. Quelle est notre maison ?
Nous sommes la maison que Dieu construit, nous en sommes les pierres vivantes, Jésus-Christ est la pierre angulaire (1 P 2,5). Laissons-nous construire par le Seigneur alors notre cœur sera une maison pour tous ceux qui nous approchent et Jésus-Christ sera le premier à y habiter.En ce temps de l’Avent, nous préparons notre cœur à être une demeure pour que la Parole du Christ, Parole faite chair, habite en nous (Col 3,16).
« Nous sommes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit » (Ep 2, 22).
Vendredi 4 décembre 2020 : Mt 9, 27-31
En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant :
« Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en di- sant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.
Sr Myriam
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
« Aie pitié de nous, fils de David ! »
« Que tout se fasse pour vous selon votre Foi ! »
Jésus intervenait dans la vie de ceux qui vivaient à son époque. Nous l’entendons dire : « Confiance ma fille, ta Foi t’a sauvé ». (Mt 9, 22) ou encore : « Femme, ta Foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » (Mt 15, 28) Nous retrouvons souvent ce thème de la Foi dans les paroles de Jésus qui apporte la guérison.
Mais il y a toujours une grande part de Foi de ceux qui demandaient la guérison pour eux même ou pour une autre personne. Aujourd’hui encore Jésus attend de nous une grande part de Foi, une Confiance sans réserve, un abandon total entre les mains de Dieu.
Osons, comme le petit enfant, nous laisser porter entre les bras de Dieu. Tout est Confiance, tout est Amour.
Samedi 5 décembre 2020 : Mt 9, 35-10, 1.5a.6-8
En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les es- prits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ces douze, Jésus les en- voya en mission avec les instructions suivantes : « Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Catherine Théot
Lannion (22)
En allant dans l’évangile selon Matthieu, nous avons reconnu nombre de guérisons, assisté à l’appel de Matthieu, et entendu résonner : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades ». Allez donc apprendre ce que signifie : « C’est la miséricorde que je veux, et non le sa- crifice. »
Puis il s’en va, guérit encore, va plus loin et guérit. La liturgie nous donne à méditer un passage que nos bibles présentent comme appartenant à deux ensembles : « Jésus et les foules sans berger » ou
« Misère des foules » et « Mission des Douze ».
Quelle unité pouvons-nous y trouver ? Je regarde Jésus dans trois mouvements du texte :
• Inlassablement, et de manière répétée, Jésus parcourt les routes, villes et villages, enseigne, proclame cette bonne nouvelle : le Royaume est déjà là, partout et pour tous.
• Il prend le temps de « voir les foules », devant lui et en lui-même, et d’écouter jaillir en lui leur détresse et le cri de Moïse au Seigneur, pour que le peuple « ne soit pas comme des brebis sans berger. » (Nb 27, 17). Et cela le prend aux entrailles, il en est remué au plus profond.
• C’est dans cette émotion profonde que se dessine le troisième mouvement : dans l’envoi des douze disciples (dont la liste est omise ici), nous écoutons se déployer, après l’appel et le don de guérison, pas après pas, acte après acte, mot pour mot : « Parcourez… Proclamez la bonne nouvelle du Royaume… Guérissez… »
Est-ce là l’unité du passage ? Sommes-nous pris aux entrailles ? Et suffisamment sûrs d’avoir « reçu gratuitement » pour donner, à notre tour, gratuitement ?
Dimanche 6 décembre 2020 : Mc 1, 1-8
2e dimanche de l’Avent
Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Sei- gneur, rendez droits ses sentiers ». Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait :
« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
Catherine Théot
Lannion (22)
L’avent est acte d’arriver et fait d’arriver. Nous sommes au cœur de l’Avent, à la fois attente et venue, et Jean le Baptiste est celui qui prépare, le précurseur, et celui qui appelle à préparer.
Isaïe et Jean sont les grands témoins de l’attente, cette attente qui conduit au retournement intérieur, à la conversion, comme dans le temps du Carême. « Comme ? » Pas tout à fait, puisque nous sommes au début de l’année liturgique, et que nous attendons la venue … d’un enfant !
Or, l’évangile de Marc ne présente pas d’abord un récit de naissance et d’enfance, comme les autres synoptiques, mais le « commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu », puis la figure de Jean qui baptise les foules. Et le passage suivant montrera le baptême de Jésus. Jean le Baptiste est ce- lui qui vient du désert, Jésus va s’y retirer.
L’appel s’adresse donc d’abord au peuple de Dieu, aux foules, à nous, comme un appel à opérer en soi le grand mouvement du désir.
Étonnant ! Un peu plus de quinze jours avant la naissance de Jésus, nous lisons « le commencement de la Bonne Nouvelle ». Il y a donc un autre sens à entendre, à goûter, à laisser travailler en nous.
Qui est Jean le Baptiste ? « Une voix qui crie dans le désert », empruntant l’expression au prophète Isaïe.
Quels sont les appels que j’entends ? Quels appels à sortir des ornières de mes habitudes, de mon dé- couragement, à quitter mes sécurités et ce qui m’encombre, le consumérisme ambiant par exemple ? À opérer un déplacement par rapport à ma culture, à celle des autres, ceux que j’apprécie moins et ai du mal à comprendre ?
« Préparez le chemin du seigneur, Tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu », proclame Isaïe. Quelles sont les voix, les appels que j’entends ?
De quel(s) chemin(s) s’agit-il ? Les chemins du Seigneur, est-ce le sentier par lequel il va venir, par le- quel il pourra passer ? Le sentier que nous avons, chacun et ensemble, à dégager de ses ronces, à rendre plus facile d’accès : laissez passer le Seigneur ! Ce sont aussi les chemins sur lesquels nous sommes, avec nos frères et sœurs, en Christ et en humanité : sur lesquels Il nous rejoint et nous dit :
« De quoi parliez-vous en chemin ? »
« Nous reconnaissons que nous sommes en chemin », selon une formule de célébration pénitentielle.
C’est reconnaître, et être reconnus avec tout ce qui fait notre être, nos fragilités. C’est cela qui ouvre à la possibilité d’être relevé, consolé. « Consolez, consolez mon peuple… Parlez au cœur » (Is. 40, 1) Le Seigneur promet la consolation et veut passer par nous. Dans un groupe de personnes qui vivent des galères, une femme disait à propos de la crise actuelle et de ceux qui basculent dans les difficultés dans le contexte de la pandémie : « Heureusement, on est là, nous pour les soutenir, parce que eux, ils ne sont pas habitués à compter chaque jour, euro après euro, c’est difficile pour eux ». (Journal d’ATD Quart Monde) Son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur.
Oui, c’est un temps d’attente active, de préparation, de retournement intérieur… d’accomplissement :
« Proclamez que son service est accompli. (…) Et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ».
Enfin, Jean le Baptiste est associé au désert, c’est un solitaire. Dans ce temps de préparation intérieure, quel est mon désert ? Quelle solitude vivons-nous ? Il y a la solitude du priant : « retire-toi dans ta chambre ». Il y a aussi la solitude de l’abandon ou du désespoir. Mon désert peut être aussi le lieu à partir duquel j’entends un écho du désert de l’autre. Le lieu où je fais silence, et selon Madeleine Del- brêl le silence n’est pas le mutisme, il est le lieu où murmure la voix de Dieu.
« La vérité germera de la terre Et du ciel se penchera la justice. » (Ps 84)
Lundi 7 décembre 2020 : Lc 5, 17-26
Saint Ambroise
Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écar- tant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. » À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extra- ordinaires aujourd’hui ! »
Brigitte Le Garlantézec
Pleumeur-Bodou (22)
Au chapitre 4 Jésus commence son ministère en Galilée : « L’esprit de Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction » (4,18) et il annonce « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles… » Jésus arrive à Capharnaüm, il enseigne, guérit des ma- lades et « de grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leur maladies » (5, 15).
Dans le passage d’aujourd’hui, venus écouter Jésus, il y a des pharisiens et des docteurs de la loi qui vont s’opposer à Jésus. Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? leur réaction me paraît légitime : quand on ne connaît pas on reste sur ses acquis et on garde ses œillères ! Jésus va les éclairer de façon spectaculaire en libérant physiquement cet homme enfermé dans son corps après l’avoir guéri spirituellement et libéré intérieurement. Jésus gué- rit en apportant le salut à tous. « Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu ».
Dans ce texte, tout me touche mais particulièrement l’action de Jésus qui, « Voyant leur foi, dit à l’homme, tes péchés sont pardonnés » Cet homme n’exprime rien, mais il est pris en charge. C’est cela
la FRATERNITÉ. Ma foi est épaulée par la foi de mes frères et en cela, la récitation du « Je confesse en Dieu » résonne en moi chaque fois que je le dis en Église. Se sentir épaulé pour trouver des solu- tions aux problèmes. Ici, c’est la débrouillardise de ces gens qui amènent leur ami « en plein milieu devant Jésus » Pendant ce temps de l’Avent, il est bon de proposer des chemins de rencontres pour al- ler jusqu’à la Crèche. Aller à la rencontre d’amis ou de simples connaissances par téléphone, par les réseaux sociaux. Il y a la rencontre improbable au supermarché et se mettre à l’écoute du plus seul que soi. Tenter de partager la souffrance des plus isolés qui, comme cet homme paralysé sont dans l’im- possibilité de bouger, je pense aux personnes dans les EHPAD ou seuls chez eux qui n’ont plus la force ou la volonté d’agir.
Ces rencontres si brèves soient elles, sont d’une richesse affective immense Ça m’a fait tellement de bien de parler ! et on repart le sourire caché derrière ce masque mais la voix en dit long !
« Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères, de vivre ensemble et d’être unis » (Antienne du psaume 133).
Je viens de lire dans l’Hebdo de La Croix1, un témoignage bouleversant J’ai été esclave en Libye, et malgré sa vie de douleurs, Yacouba Konaté dit « J’ai appris là-bas que, plus on donne aux autres, plus on s’en sort ».
1
Mardi 8 décembre 2020 : Lc 1, 26-38
Immaculée Conception
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, ap- pelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très- Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puis- sance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Alors l’ange la quitta.
Jean-Yves Moisan
Trégastel (22)
La fête de l’Immaculée Conception est importante pour tous les mouvements dont la spiritualité est orientée vers Marie, vierge immaculée, mère de Dieu et soutien de notre espérance.
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu ». La visite de quelqu’un qui la salue ainsi de la part de Dieu a de quoi effrayer une jeune fille dont l’humilité et la disponibilité sont les marques principales.
Son fils sera « grand, il sera appelé Fils du Très-Haut, Il règnera et son règne n’aura pas de fin ».
Cela aussi de quoi effrayer. Mais elle fait confiance. Avec son « oui », elle se met dans les mains de Dieu : « Je suis la servante du Seigneur ».
« Que tout advienne selon ta parole ». Marie est pour moi l’exemple de la foi. La parole entendue dé- passe l’entendement. Elle est effrayante. Mais la puissance de Dieu est notre soutien. L’Esprit est la forme de cette puissance et Il est là, à mes côtés, pour chaque jour me guider, me soutenir… si je sais l’entendre.
« Voici la servante du Seigneur ». Ce qui est le fondement de notre foi, à savoir l’Incarnation, est pas- sé par son « oui ». Elle est le premier maillon de l’Incarnation. Ce qui m’est demandé n’est pas de cette dimension. C’est une foi humble, alimentée par la Parole, tendue vers l’Espérance et -comme Marie à Cana- attentive aux détresses des autres.
Marie, pour tous nos manques de foi, nos tiédeurs, intercède pour nous auprès de ton Fils. Marie, « tu es la première en chemin », tu es notre guide sur les pas de ton Fils qui nous entraîne vers Dieu : illu- mine notre route et sollicite l’Esprit de force et de sagesse de notre Père pour notre pérégrination ter- restre.
Mercredi 9 décembre 2020 : Mt 11, 28-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples,car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le re- pos pour votre âme.Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Anne-Françoise Pallotta
Pleumeur-Bodou (22)
En cette période de fin d’année liturgique et début d’une autre année comme la plupart des gens je dresse un bilan et je propose des espérances , vœux ou objectifs. Cette année 2020 a été chaotique et remplie d’écueils « où il faut faire avec » qui viennent se greffer aux obstacles de ma vie sur lesquels je peux agir.
Suis-je venue à l’appel du Seigneur pour prendre son joug et ainsi être plus sereine ? Non pas de suite.
mon orgueil ou ma foi "interprétée" me faisaient dire que le fardeau était aussi lourd, le mal-être aus- si : je n’étais pas à l’aise. Pourtant cet Ami, le Seigneur m’a envoyé des signes et des messages par l’intermédiaire de frères et sœurs dans la foi, d ’actions et un jour mes oreilles se sont ouvertes et mon cœur a laissé place à l’humilité (pas tous les jours encore, je suis en apprentissage !). J’ai entendu son appel et après lui avoir proposé de prendre son joug, c’est-à-dire de répondre oui avec mon cœur je me suis sentie apaisée, sereine et mon âme en repos, pleine d’espérance et de confiance.
Mon fardeau est certes toujours le même mais en le confiant à Dieu il est plus facile à supporter car je sais que Tu es là, près et avec moi. Tu me donnes des forces nouvelles. J’ai compris grâce à toutes ces rencontres avec toi et mes frères et sœurs en communion qu’en te confiant mes soucis et laisser faire en Te priant, j’avancerai avec Toi puissante en amour , humble en actes. Aide-moi Seigneur à te laisser agir en moi pour que je garde cette confiance, à venir dès le premier appel à partager ton joug et vivre avec l’insouciance du disciple que Dieu veut que je sois.
Jeudi 10 décembre 2020 : Mt 11, 11-15
En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Bap- tiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence,et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Pascale Judic
Ploumilliau (22)
Voici une déclaration de Jésus aux foules au sujet de Jean le Baptiste, qu’il présente comme un pro- phète et plus qu’un prophète : « le » messager, « l’Élie qui doit revenir » selon la prophétie de Mala- chie (3, 23) : « Voici que je vais vous envoyer Élie, le prophète, avant que ne vienne le jour du Sei- gneur. »
Mais ce faisant, dans ce passage, Jésus attire notre attention, notre écoute, non pas tant sur le messager que sur ce qui est annoncé : le Royaume des cieux.
Nous sommes à un point charnière de l’histoire de l’humanité : celui où le Fils de Dieu prend chair de notre chair, scellant ainsi la Nouvelle Alliance entre Dieu et les Hommes. Et cette naissance ne se fait pas sans douleurs : le royaume des Cieux subit la violence. Jésus, tout comme Jean-Baptiste alors em- prisonné (Mt 11, 2), se heurte à des cœurs fermés qui veulent le faire taire.
Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Le Royaume des cieux n’est-il pas encore en chemin, « en avène- ment » dans un monde qui ne sait pas toujours (ou refuse de) l’accueillir ?
En ce temps de l’Avent, aurons-nous des oreilles pour entendre Dieu nous murmurer qu’Il est bien présent au cœur de notre vie, au cœur de la vie du monde, si chaotique soit-elle, aimant et agissant, dans un sourire partagé – même avec le masque ! - un service rendu ou reçu, un appel donné ou reçu ? Gardons au cœur la promesse que Dieu nous fait dans la première lecture :
« C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite, et qui te dis :« Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. »
Vendredi 11 décembre 2020 : Mt 11, 16-19
En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette généra- tion ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé.
Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.”
Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un pos- sédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »
Sr Myriam
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
« Mais la sagesse de Dieu se révèle juste, à travers ce qu’elle fait. »
Être chrétien, vivre en chrétien semble une folie aux yeux du monde. Dans quelque semaines se sera Noël. Qu’est-ce que cela nous dit ? Une fête comme les autres avec repas, boissons et chocolats, tas de cadeaux, sans se soucier des pauvres à notre porte, où une fête qui reflètera l’attention portée aux autre ?
Dieu est Amour et « Voici comment Dieu a manifesté son Amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par Lui ». Oui, l’Amour de Dieu pour les hommes va jusque là. Alors, dans l’attente de Noël, sachons ouvrir nos yeux et nos cœurs.
« BON NOËL à tous. »
Samedi 12 décembre 2020 : Mt 17, 10-13
Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répon- dit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont vou- lu. Et de même, le Fils de l’homme va souffrir par eux. » Alors les disciples com- prirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.
Catherine Théot
Lannion (22)
Les disciples, témoins de la Transfiguration, interrogent Jésus sur Élie, en descendant de la montagne.
Jésus conversait avec Moïse, témoin de l’Alliance, et Élie, le précurseur, dans une révélation de sa na- ture divine.
Pour les juifs, du temps de Jésus comme aujourd’hui, la figure d’Élie est très importante, son nom hé- breu dit « YHWH est Dieu ». Personnellement, je le connais mal : quelques allusions dans les évan- giles, une image récurrente de prodiges et de violence qui m’entraînent à passer rapidement, ou au contraire à me souvenir « de funestes combats contre ceux qui pensent autrement » que les chrétiens2. Aussi, le regard d’un bibliste m’a éclairée sur les questions des disciples et les réponses de Jésus dans ce récit : Avoir été exempté de la mort entraîne sans doute quelques devoirs envers les hommes. Aussi les siècles suivants ont-ils espéré qu’Élie reviendrait. La Bible prise en son entier nous donne à lire le contraste entre Élie qui échappe à la mort et le Fils de Dieu qui la subit, comme pour payer la dette contractée par Élie3.
« Élie doit venir d’abord », disent les scribes (les lettrés, ceux qui scrutent les Écritures).
« Élie va venir pour remettre toute chose à sa place » (Ml 3, 23) : Jésus cite un livre prophétique ano- nyme, le livre du messager (Malachie signifie « le messager ») tout entier consacré à la légende d’Élie.
« Élie est déjà venu », répond-il aux disciples.
Ici, le parallèle s’établit d’un côté avec Jean le Baptiste, le précurseur, qui prépare les chemins du Sei- gneur et annonce sa venue, et de l’autre avec Jésus, le Fils de l’homme, qui annonce sa Passion. Une unité se dessine : a-t-elle échappé aux lettrés ? N’est-ce pas aussi une unité profonde entre l’annonce de la venue du Sauveur, naissance dans l’aujourd’hui d’un petit enfant, et la venue du règne de Dieu, à la fin des temps ?
2 Anselm GRÜN, Jésus le maître du salut, évangile de Mathieu, page 74.
Dimanche 13 décembre 2020 : Jn 1, 6-8.19-28
3e dimanche de l’Avent
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme té- moin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lu- mière.
Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de ré- pondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es- tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis- tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
Marie-Anne Giron
Lannion (22)
Gaudete ! Réjouissez-vous ! La liturgie du troisième dimanche de l’Avent est un hymne à la joie qui résonne non seulement dans toutes les lectures, mais aussi dans les oraisons. : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu » clame Isaïe dans la première lecture. « Le puissant fit pour moi des merveilles » lui répond la Vierge Marie. Dans la deuxième lecture saint Paul donne un conseil : « Frères, soyez toujours dans la joie », celle d’accueillir la Bonne Nouvelle dans l’attente du retour du Christ.
Comment parler de joie en cette période si difficile de pandémie, de confinement, de souffrance et de solitude pour beaucoup alors que la fête de Noël approche ? Les temps n’étaient guère plus heureux pour Isaïe en esclavage à Babylone, pour Marie dans un pays occupé, et pour Paul écrivant de sa pri- son...
L’évangile nous présente Jean-Baptiste « envoyé par Dieu, venu comme témoin pour rendre témoi- gnage à la lumière». Jean qui, dans son humilité, se présente comme moins que le prophète Élie an- nonciateur du Messie et moins que le grand Prophète annoncé. Il n’est qu’une « voix qui crie dans le
désert pour annoncer celui qui vient » dit-il aux prêtres et aux lévites qui le questionnent se faisant les interprètes d’un peuple « en attente » du Messie.
« Une voix qui crie dans le désert »… une voix qui annonce quelqu’un qu’il ne semble pas connaître encore, mais qui dit-il est proche. En méditant cette parole résonne en écho en moi celle de Bernadette à son curé : « je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire ! » N’est- ce pas là notre mission ? Annoncer celui qui vient dans la vie de chacun et témoigner de la joie que cela procure ? Crier souvent dans le désert que la lumière est plus forte que les ténèbres, que l’amour est plus fort que la mort et qu’il a un visage, celui d’un petit enfant simple et facile d’accès. C’est de cette joie profonde et intérieure, celle de ceux qui espèrent en un Dieu toujours fidèle à sa promesse, un Dieu qui n’abandonne jamais ses enfants, que témoignent les modèles que nous propose le temps de l’Avent : Isaïe, Marie, et Jean-Baptiste.
Réjouissons-nous, il vient !
Lundi 14 décembre 2020 : Mt 21, 23-27
En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent :
« Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur ré- pliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce rai- sonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.
Sr Marie Nicole
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
Jésus enseigne dans le Temple. Les officiels, ceux qui détiennent l’autorité, posent deux questions à Jésus sur son autorité : « par quelle autorité ? » et « qui t’a donné cette autorité ? »
Nous voyons dans d’autres passages d’évangile que Jésus parle avec autorité et les gens sont étonnés et émerveillés.
Parole juste et vraie, Parole qui fait ce qu’elle dit.
Dans Jean 7, 15-16, les juifs se disaient entre eux : comment est-il si savant, lui qui n’a pas étudié ? Jésus leur répondit : mon enseignement ne vient pas de moi mais de celui qui m’a envoyé.
Dans Luc 5, 24, Jésus dit : « Le Fils de l’homme a sur terre l’autorité, le pouvoir de pardonner les pé- chés. »
Jésus répond aux officiels par une autre question, une seule et met une condition : si vous me répon- dez, je vous répondrai ; une question au sujet du prophète Jean, précurseur de Jésus, avec deux alter- natives claires : « Le baptême de Jean, d’où venait-il, du ciel ou des hommes ? »
Et leur imagination bat son plein : si nous disons ceci, que va répondre Jésus ? et si nous disons cela, que va dire la foule ?
Ils sont pris à leur propre piège et ne veulent pas perdre la face, ils répondent : nous ne savons pas.
Jésus voit leur manque de foi et ne répond pas non plus puisqu’ils ne croient pas que Jésus est le Fils du Père.
Nous pouvons aussi poser des questions à Jésus, mais avant tout posons un acte de foi, nous croyons en Jésus, parole du Père, qui s’est incarné en Marie.
Ayons confiance en Celui qui vient nous sauver.
Mardi 15 décembre 2020 : Mt 21, 28-32
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »
Sr Myriam
Orante de l’Assomption, Pleumeur-Bodou (22)
« Es-tu Celui qui doit venir, où devons-nous en attendre un autre ? » Qui attendons-nous ?
Un Dieu lointain, au dessus de nous et qui nous observe, ou un Dieu plein de tendresse et d’Amour, toujours prêt à nous accueillir ?
Oui, Dieu vient à nous dans son Fils, petit enfant, la nuit de Noël. Ne voyons pas cet évènement comme un souvenir lointain, ancien de plus de 2000 ans. Mais accueillons cette venue de Jésus, petit enfant, la nuit de Noël. Il vient dans notre chair, nous sauver, nous porter : « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » Que notre cœur soit un cœur de pauvre, ouvert à l’Amour qui s’offre à nous pour nous sauver.
« Viens pour notre attente, ne tarde plus : pour notre délivrance, viens Seigneur Jésus ! »
Mercredi 16 décembre 2020 : Lc 7, 18b-23
En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya de- mander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infir- mités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »
Louis Dosch
Lannion (22)
« Aller annoncer à jean ce que vous avez vu et entendu »
Nous connaissons bien la généalogie de Jean qui nous a été annoncée par la visite de Marie à sa cou- sine Élisabeth. Il y avait quelque chose de mystérieux dans cet échange entre les deux femmes qui pre- naient soin l’une de l’autre.
Aujourd’hui, Jean est devenu celui qui annonce la Bonne Nouvelle mais, comme nous, il est actif, il baptise à tour de bras ses contemporains pour les purifier, mais il doute. Il envoie des disciples auprès de Jésus pour une drôle de vérification. Jean et Jésus sont cousins et Jean a besoin d’intermédiaires pour vérifier ce qu’il sait déjà.
Nous aussi, nous avons besoin de signes pour ne pas douter et croire. Surtout en cette période difficile où ce n’est pas la joie tous les jours. Des signes de sa nature divine, Jésus nous en donne par les mi - racles qu’il accomplit. Grâce à tous ces signes Jean saura élever sa voix de messager pour annoncer la grande nouvelle de ce Jésus sauveur.
Alors que notre foi est mise à l’épreuve, nous qui sommes baptisés par l’Esprit, nous manquons par- fois de discernement. Que cette période proche de Noël nous aide à discerner ce qui est essentiel pour célébrer cet évènement où l’Amour vient près de nous pour nous sauver.
Jeudi 17 décembre 2020 : Mt 1, 1-17
Généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engen- dra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engen- dra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.
David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engen- dra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josa- phat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Ma- nassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.
Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zoroba- bel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Ja- cob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc : depuis Abra- ham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Baby- lone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.
Brigitte le Garlantézec
Pleumeur-Bodou (22)
L’Évangile d’aujourd’hui nous donne à lire et à méditer la généalogie de Jésus. Matthieu commence son Évangile par ce verset Généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham. Suit une longue liste de noms où peu nous sont familiers. Comment ce texte peut-il nourrir ma foi aujourd’hui ? Dès ce 1er verset, beaucoup de choses sont dites. Jésus, celui qui sauve, Christ, celui qui est oint, fils de David, lignée royale, fils d’Abraham, lignée des croyants. Et moi je m’inscris dans cette lignée.
Il y a du symbolisme dans ce texte. Les chiffres, trois fois quatorze générations cela représente un tout, Matthieu remonte dans cet arbre généalogique jusqu’au plus lointain des ancêtres, Abraham, le premier des croyants : Jésus s’enracine dans l’histoire du peuple de Dieu.
Dans chacune des parties des 14 générations, apparaissent les noms de 5 femmes : Thamar, Rahab et Ruth, puis la femme d’Ourias et enfin Marie. Qui sont-elles ? Thamar, est la belle-fille de Juda, celui-
hab, la prostituée de Jéricho se convertit au Dieu d’Israël et permet aux juifs de s’emparer de la ville de Jéricho ; Ruth, une Moabite veuve se convertit elle aussi et épouse Booz, un homme de la lignée de Juda. La femme d’Ourias, Bethsabée s’unit à David dans une relation adultère et enfante Salomon.
Thamar, Rahab et Ruth sont des étrangères : alors que Matthieu a insisté dans sa généalogie sur l’enra- cinement de Jésus dans le peuple d’Israël, par la mention de ces femmes étrangères, il y introduit le monde païen et ouvre le salut à toute l’humanité. Voilà un premier message pour ma foi aujourd’hui : toute l’humanité est sauvée par le Christ. Le salut n’est pas réservé à quelques uns.
Dieu est intervenu mystérieusement dans la vie de ces femmes pour en modifier leur cours. Pour Mat- thieu, rien n’est impossible à Dieu... C’est ce que Marie a vécu et elle occupe une place toute spéciale dans cette généalogie : toutes les générations sont engendrées par un homme mais « Jacob engendre Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus que l’on appelle Christ ». Cette formulation indique que Joseph n’est pour rien dans la conception de Jésus, même s’il est son père, selon la loi.
Par Marie, Jésus est le Fils de Dieu. Marie est dans la continuité des rois et en même temps en rup- ture avec la royauté strictement humaine et le Christ résulte de cette conjugaison des 2 origines hu- maine et divine. Marie est au commencement : par elle, je m’inscris dans la filiation de Jésus : avec Jésus, nous avons une nouvelle origine, qui « nous fait naître de Dieu ». (Pape François)
On peut retrouver l’histoire de ces femmes dans : Gn 38 ; Jos 2 et 6 ; Rt 1 à 4 ; la femme d’Ourias : 2 S 11-12 et 1 R 2, 13-25 . Pour Marie : 1 S 2,1-10 ; Mt 1, 1-24 ; 2,1-19 ; Lc 1,26-56 ; 2, 1-21.
Vendredi 18 décembre 2020 : Mt 1, 18-24
Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’ac- tion de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :il prit chez lui son épouse.
Pascale Judic
Ploumilliau (22)
Incarnation : c’est le mot qui me vient à l’esprit à la lecture de ce texte. Matthieu commence en effet son évangile par le rappel de la généalogie de Jésus (versets 1 à 17) : Jésus prend chair, en Marie, dans un peuple, Israël, dans une lignée humaine, celle du roi David, par Joseph, l’époux de Marie.
Chez Matthieu, pas d’annonce à Marie comme dans l’évangile de Luc. Matthieu s’adresse à une com- munauté de chrétiens issus du judaïsme, ancrés dans une culture où c’est le père qui donne son nom à l’enfant. Il présente Joseph comme « un homme juste » , ajusté à la volonté de Dieu, respectueux des traditions et de la Loi. Marie porte un enfant dont il n’est pas le père. Comment ne pas se sentir trahi ? Joseph se retrouve dans une impasse : comment agir en « juste » ? Son amour pour Marie l’empêche de la répudier publiquement comme la Loi l’y autorise et de la mettre ainsi en danger. Mais la répudier secrètement le place aussi hors la loi… Et pourtant, Joseph ne cède ni à la colère ni au désir de ven- geance ni à la rancune.
Et c’est au cœur de cette impasse que l’ange du Seigneur lui apparaît en songe pour le rassurer et l’ai- der à discerner : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse » . Dieu lui permet de se dépasser. Il l’engage sur un autre chemin, une voie de liberté, celle du oui à Dieu.
Quelle a dû être la joie de Joseph !
Joseph et Marie sont les premiers à avoir accueilli le Sauveur en leur chair, en leur vie d’homme et de femme. Leur abandon à l’Esprit - sans savoir par avance où les conduirait leur oui – leur confiance en Dieu a permis à Jésus de prendre chair en notre humanité sous les traits d’un nouveau-né attendant tout de leur amour.
nous sortir de nos impasses ? En ce temps de l’Avent, oserons-nous accueillir le Sauveur qui vient dans notre vie, lui donner tout notre amour, avec confiance, sans savoir toujours où le chemin nous conduira, mais avec au cœur la certitude que l’« Emmanuel », « Dieu-avec-nous » est bien présent à nos côtés, en nous, chaque jour et pour toujours…