Séminaire d’analyse fonctionnelle École Polytechnique
B. M AUREY
Sous-espaces complémentés de L
P, d’ après P. Enflo
Séminaire d’analyse fonctionnelle (Polytechnique) (1974-1975), exp. n
o3, p. 1-14
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SOUS-ESPACES COMPLEMENTES DE Lp, D’ APRES P. ENFLO
par B. MAUREY
0
Exposé N
III 20 Novembre 1974Un
problème classique
de lathéorie
des espaces de Banach est de chercherà
caractériser les sous-espacescomplémentés
d’un espacedonné,
On sait par
exemple qu’un
sous-espace de dimension infiniecomplémenté
dans
1 p
estisomorphe à lp ~’ ~’~ .
Cela n’ est pas vrai pourLp :
on v0it facilement que1 P
estisomorphe à
un sous-espacecompl&ment
deL,
« ,tpour
1,r p m, 12est isomorphe à
un sous-espacecompléme-nté
deLP Br~’-">
dre un sous-espace de
Lp engendré
par des variables de Radenlaeher 0 ~~variables
gaussiennes indépendantes ) .
On acependant
dansLp suivant,
dl.6à
sThéorème
1 :Soit p tel que1 p~J*.
Si est somme direct? .pol ogique
de deux sous-espaces E etF,
l’ un des deuxespaces E
ou Fisomorphe à
Si est un espace de
probabilité, et e
une sous tribu, , , ,
a, nous
désignerons
par El’opérateur d’espérance
conditionnelle(B.
Si BE a, nousdésignerons
parLp( B, l’espace
0
des fonctions ~~
LP (ô...mesurables,
nulles en dehors de B(resp:
bles nulles en dehors de B et telles
quei
f dP =0 )
Ondésignera
par ql’exposant
Pconjugué
g de p pp q
à1).
p q
Nous démontrerons le
théorème
1 parl ’intermédiaire
dusuivant,
Théorème
2 : Soit(o,a,p)
un espace deprobabilité,P
étantsupposée
dif-fuse. Soient
T
etT 2
deuxopérateurs linéaires
continus dedans ave c 1:g et
T + £
= 1 d .Il existe un indice
i£fl,21,
unensemble BEa
tel queet une constante c telle
que 2
c ssupflIT11,
spossédant la proprJ.é-
té
suivante ~
Pour
tout c>O,
il existe une soustribu’e
de C telleque
(::et que soit
isomorphe â Lp( F 0,1 1 ,Ôt) ,
f avec deplus:
2) ~.~ existe un ensemble
III.2
Remarque 1 :
i Lapropriété 1) (resp 2) ) implique
que la restriction deTi à L (B, ) ( resp .
est unisomorphisme
deL(B)
suri o . o
T (L(B, ))
l 0 i de(C ,
’"~)
sur 1 "‘) ) . )
En effet:(Inême
Démontrons e
théorème 2 :
1désignons par X
la boule unité de 9munie
t0pologie
SiA E
a, nous poserons:(Autrement dit,
un élément deX(A)
est de la formelA
, avec1
2
Nous munirons
X(A)
de latopologie
induite par celle deX~
et nous pose- rons , si S est unopérateur
linéaire continu de danslui-même
Â
~~~~.~,~ ~
limsup ~ Sh, h> ;
(On
remarquera que y P étantdiffuse
y 0 esttoujours adhérent à X~A) )
Notons que : t
La
deuxième propriété
est évidente. Lapremière résulte
de :Remarquons
que si S estl’opérateur identique,
on aQ (A)
=P(A).
Lemme 1 : Pour tout
h E Lco
y on a :Démonstration :
Notons queShE Lp y
doncShE L1,
y et que Sétant
continu deLp
dansLp
estégalement
continu de yL 1)
dans yL~).
Parconséquent :
On en déduit facilement le
résultat.
n
Lemme 2 : Soient La somme jE
s (A est une
valeur d’adhé-201320132013201320132013 1 n
i=1
n n
rence de
S ( z h.) ,
y Zlorsque hl,...,
h ~ tendent vers zéro dansX,
avechi X(A.).
Démonstration :
Il est clair queest une valeur
d’adhérence
dePar ailleurs
d’après
le lemme 1 : 1d’où
l’ondéduit
deproche
enproche :
tce
qui démontre
le lemme.Lemme 3 : Si
Ai$
sontdisjoints,
on a :Si
A 1
etA2
sontdisjoints,
III. 4
°
D’après
le lemme2, Q s(A1) + représente
unevaleur d’adhérence ’ " ° de
/S
.(h1+h 2),
l 2 1 2 > ,lorsque h
1 yh 2
2 tendent verszéro,
9 alors quereprésente
laplus grande
valeur d’adhérencede
~S(h) h
>lorsque
h tend vers zéro dans On a donc bienltinégali.té annoncée.
Posons maintenant :
disjoints 1
On
peut
encore définir de lafaçon
suivante : si yr =(A»
i=1,..
,non
tb A
de .a.on
si(A1 ) . =.,
,...ilest une
partition
finie deA,
posons :Si
rr est
unepartition plus
fine que1(2 ’
e ce que nous noteronsy on a
diaprés
le lemme 3 :Le filtre
(Q-(Ay7i))
est donc décroissant pour l’ordre introduit"
o 7C
sur les
partitions,
doncconvergent quand
au sens de cetordre,
eton voit facilement que :
On
déduit très simplement
de cettepropriété
que siA,, A2EQ
sontdisjoints :
tPar
ailleurs,
lesinégalités (1)
donnent :Il résulte de ce
qui précède
queQs
est une mesure a-additive(
pas nécessairementpositive ) absolument
continue parrapport à P,
etplus précisément
admettant une densitébornée
parrapport à
P : 1Lemme 4 : t Soient
donnée
5 et V unvoisinage
de zéro dans X.On
peut
trouver tel que1
s.Démonstration : Par
défiiiition,
onpeut
trouver unepartition
finie(A1,... An)
de A telle queOn
appliqué
ensuite le lemme 2.Revenons maintenant
à
la situation duthéorème
2 : t soit T unopérateur
linéaire continu de dans lui-méme. Introduisons lesmesures
QT
etQ 1-11*
On aura(2) :
En introduisant les
densités Q T = kP ,
yk’P,
on déduit :Posons B =
~k~l/2j,
BI =[k 1 ->- 1/2
OnaP(BUB’)
=1,
doncl’un des deux ensembles a une
probabilité > 1/2. Supposons
parexemple
que
P(B) ~ 1/2
dans la suite. Nous noteronsdésormais, simplement Q(A)
au lieu de
QT(A) .
" ’ ,Nous allons construire sur l’ensemble B une suite
(h )
den
0
fonctions
qui
sera d’une certainefaçon
une"reproductioJl"
dusystème
de Haar sur
(cf. exposé 2).
,On définit donc par
récurrence
une suitefonctions,
’nulles en dehors de
B,et
neprenant
que les valeurs et 0 de lafaçon
suivante :- soit et soit n tel que
2~~m~ 2n+ l,
III.6
Posons h = et définissons m’ 1 par ID’ = 0 si m -=1 . et pour
;; , ?’2013? i
(’:; t ’ c" i- -, . ii-
h 1 . h r t n ’= £l’
°
- h ni h est + h_ si b est #
impair.
Il1
~
2
fonctions h ..
h
soientdéjà détermi-
’ ’ ’
O ’
’
1 m-i É ’
nées.
Déf ni SboniS ensemble > ilm par : B
m
’hm,
11 si h estpair,
B
m
*
fh
F.i h estimpair
m ifi ’
Nous
demanderons
que la fonction h vérifie lespropriétés
suivantes : t
(k
étant la densité deQ
parrapport à P.)
Démontrons que le choix de
hm
estpossible :
notons tout d’abord que les conditionse,d
et esignifient simplement
quehru
doitappartenir à
un certainvoisinage
dezéro Vm
dans X.Dtapres
le lemme4,
onpeut
trouverX(B ) n V m vérifiant
la conditionb) ,
et ceciétablit la
possibilité
de larécurrence.
On remarquera que la suite(h )
n est une de variables
aléatoires
2à
21>rthogonales.
n
Désignons par
?éi aous-tribu de Qengendrée
par la suite(h )
Il ()’ et
désignons par
la sous-tribuengendrée
par(h
On en
déduit,
pardéfinition
del’espérance
conditionnelle comme pro-jecteur orthogonal
sur m ,pourfE L2(o,a,p)
Cette formule
peut
encores’écrire :
1, et elle reste valable pour
f6
On en déduitâ
la limite:Notons,
siLemme 5 ‘ Soit S un
opérateur linéaire
continu défini surà
0
valeurs dans un espace de Banach
G,
et tel que ;Démonstration :
Soitf E Lp (B,03).
0 Onpeut écrire :
(dire
queao-4 équivaut à
On a : O O
ce
qui
démontre le lemme.III.8
Définissons une fonction g par :
g =
E"k sur B ,
et g = 1 surB
eNous allons montrer
que E g
convergerapidement
vers g . pSoit m> 1 .
L’ensemble B
IP. est un atome de la
tribut
M-1» Par
conséquent :
m m m-l
D’autre
part,
yDtaprés (3)e),
y on a :donc : a o
d ’où
l’on déduit :Définissons un
opérateur linéaire
continu S de o . danspar :
Soit n>
1,
. et cherchons unemajoration
deOn a :
Les deux
premiers
termes de la somme semajorent
en utilisant(3)c)
etd) .
Pour ledernier,
y on adtaprès (3)b)
et(4) :
do0
finalement 1soit
ce
qui implique d’après
le lemme 5.On a donc obtenu
jusqu’à présent :
La
dernière étape
de ladémonstration, qui
consisteà remplacer g
par une
constante,
nous aété indiquée par
P. Assouad. Elle est fondéesur le lemme suivant :
Lemme 6 : Soit
(X,
un espace deprobabilités,
avec pdiffuse,
etf une fonction
Fi-intégrable.
Il existe une sous-tribu Y de3
telleque soit
isomorphe à Lp([0,1],dt),
et telleque Ey f
soit uneconstante
(nécessairement égale à i rfdii
La
démonstration
utilise unthéorème
deLiapounov(ef
parexemple):si À
est une mesure a- additivebornée
et diffuseà
valeursdansmn,
e définie sur~X,‘~~ , l’ ensemble
? est un convexe fermépour tout ®
III.10
Définissons À
par : 1Si A =
0, 7,(A/
=05
et pour A =X,
on trouve lepoint (1,
,_iD’après
le
théorème
deLiapounov,
onpeut
trouver un ensembleA 1
tel que:Par
diffêrence,
on aêgalement :
On pose
A-l
=~a ~ 1
et onutilise à
nouveau lethéorème
deLiapounov
pourtrouver par récurrence une suite
parties
de X telles queDésignons
par Y n n la sous-tribuengendrée
par lapartition A. , )
,et par Y la sous tribu
engendrée
par la suite(Y )
.n n
En
passant
à la limitequand
n tend versl’infinie
on obtientque
Eyf
estégale à
laconstante 1f dFi.Pour finir,
il est bien clair queLP (X,
yY, ~)
estisomorphe à
Achevons la démonstration du
théorème
2. Considéronsl’espace
- , -
de
probabilité (B, 3, 2013-. ) où
L2 =f C e&,C c BI
etoù
Pdésigne
laP(B)
restriction de P
à
B.- -
Diaprés
le lemme6,
il existe unesous-tribu ’Cc: 0
telle que :avec
Rappelons que l’on
avait1/2:s:
k ~ surB,
donc aussi1/2~ g~
sur
B,
et parconséquent :
Désignons pare
la sous-tribude0153.engendrée
etBoo
On aura alorsSoit et on déduit de
(5) :
Or : o o
ce
qui achève
ladémonstration
dupoint 1)
dans lethéorème
2 .Pour démontrer le
point 2),
choisissons un ensembleC É É,
CCI B tel que :
Soit
f6l~(C,~).
La fonctionappartient
, donc :
III.12
Par
ailleurs,
a on a mai s aussi(car
P (B)
E f
13 espérance
conditionnelle de f sur la tribuengendrée
parP (ri) 3
t
B et en *
d’où : .
ce
qui
achève la démonstration du théorème 2.Pour démontrer le théorème 1 à
partir
du théorème2,
on utiliserun résultat de
[2] :
Proposition :
i Soit E un sous-espacecomplémenté
deL’([0~i1,dt) (en
abrège: L’).
Si E contient un sous-espacecomplémenté isomorphe
àLp,
l’espace
E lui-même estisomorphe a Lp p
Démonstratioii:
Onpeut
écrire :Notons d’abord que :
( signifiant
Uisomorphe à V) -
On a d’autre
part,
en notant la p - somme dluiie siiited’exemplaires
de E(autrement
ditl’espace
ce
qui
démontre laproposition.
Passons maintenant ’ la
démonstration
du théorème 1 .que
LP = désignons
parTi
laprojection
deLp
sur E(pai?alàla
-ment à F ) , etsoitT2=1-TlJ
Posons
D’après
le théorème2,
on aura, parexemple
pourT, ,
la situation suivante : il existe unesous-tribut,
un ensembleCEp (c)
> (1une
constante c, 1/2 1,1 T111
tels que :On en déduit en
particulier
pourDe
plus,© peut
être choisie telle que soitisomorphe a
LP= dt) o
Considérons
le sous-espace G de Edéfini
par :D’après
cequi précède,
la restriction deT 1 â
1 est unphisme
de surG,
donc G estisomorphe a
Nous allons montrer pour finir que G est
complémenté
dans B;Définissons un
opérateur
linéaire U surLP
par : âr-
Il est clair que C
G,
de sorte que la restriction U de U E ’ est unopérateur
de G dans lui-même. Nous allonsvoir ue U
esttsomorphisme
de G surlui-même. )j.
III.14
Soit On
peut
écrireg=Tl (f), avec
a :done : .
-
11 -L
-
ce
qui
montre queIIU-
c Cela prouveque U
est unebijection
de2
G sur G. SoitV=
(IT,) -1 - 1
et posons pourCet
opérateur
est biendéfini, puisque U(f) E G,
il està
valeurs etn(g) =
gsi gE
G.L’opérateur
n est donc unprojecteur
linéaire deLp
sur G.A fortiori G est
complémenté
dans E(en prenant simplement
la restriction den