S (S )
J ACQUES A ZÉMA
Une remarque sur les temps de retour. Trois applications
Séminaire de probabilités (Strasbourg), tome 6 (1972), p. 35-50
< http://www.numdam.org/item?id=SPS_1972__6__35_0 >
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TROIS APPLICATIONS par J. AZÉMA
8.0. - DEFINITIONS ET NOTATIONS. - Soit
(Q , X et, Ft ~ , ~ , P )
un processus de Hunt à valeurs dansl’espace
d’étatsE ,localement compact
à base dénombrable. On utilisera dans ce travail des résultats de la théoriegénérale
des processus dus à différentsStrasbourgeois.
Je me référerai àl’exposé
de Dellacherie(qui
est à pa- raître chezSpringer)
pour cequi
concerne ces résultats. Les références à ce tra- vail seront notées[TGP] .
Je renvoie aussi à labibliographie
de ce livre pour l’attribution des différents résultats utilisés à leurspères respectifs.
Je pense que les lecteursStrasbourgeois s’y
retrouveront d’eux-même.Comme il est courant dans la théorie des processus de
Markov,
nousaurons à considérer
l’espace (~ ,F ~ ) ,
muni d’une famille deprobabilités.
Nousferons donc les conventions suivantes :
Soit m une
probabilité
sur E . Nous dirons que deux processus Z et Z" sontP - indistinguables
si Z et Z’ sontindistinguables
parrapport
àl’espace probabilisé (’1, F = co P ).
Nous dirons que deux processus Z et Z’ sontindistinguables si, quelle
que soit la mesure initialem,Z
et Z’ sont P - in -distinguables.
On fera une conventionanalogue
pour la notion d’ensemblenégligeable:
deux variables aléatoires sont dites presque sûrement
égales si, quelle
que soit la mesure initiale m, elles sontPm - presque
sûrementégales.
Les tribus
Hg
et Nousappellerons Hg (resp.
la tribusur 03A9 R+
’ en-gendréepar
les processusmesurables/continus
àgauche
et limités à droite(resp.
continus à
droite),
nuls sur(resp.
et vérifiant lapropriété
suivante
les processus s ~ Zs+t et s ~
Zs ° 03B8t
sont indistin-guables sur
(resp. (* *)
les processus s -~Z s+t
et s -~Zs o 6
sontindistinguables).
On remarquera que si Z est
Hg (resp Hd)-mesurable,
Z est constant(resp.
sur[Ç , ce[ ) ,
et que(resp.
vérifie lapropriété (*) (resp. (**) ).
Dans la suite tous les processusH~ (resp. Hd )-mesurables
serontsupposés
être àsupport
dans(resp,
dans(O,S ~ )
.On définirait de même les processus
Hg
etHd
mesurablesparfaits :
ce sont les processus
engendrés
par les processus mesurables continus àgauche
limites à droite(resp.
continus àdroite)
nuls sur]Ç , ce ) (resp.
sur[ Ç , ce )) et
véri -fiant la
propriété
suivante :Il existe un sous-ensemble N de Q tel que si alors
Zs o 8t(w) Zs ° 03B8t(03C9)).
TEMPS DE RETOUR. Nous modifierons un peu la
définition,
due à NAGASAWA[6],
d’untemps
de retour. Onappellera temps
de retour une v.a. T telle que T oet = (T - t)+,
p.s.et on
appellera temps
de retourparfait
ce que l’onappelle
usuellement untemps
deretour : il existe
N,
sous-ensemblenégligeable
deQ ,
tel queT(6t(w)) _ (T(w) - t)+ quelque
soit t dansR .
PROPOSITION. - Une variable aléatoire T est un
temps
deretour s ~
si et seulementsi T est la
fin *)
d’un ensembleHg
mesurable(resp. Hd-mesurable).
DEMONSTRATION. - Si T est un
temps
deretour ’ Ç ,
les ensembles~O,T~
etsont
respectivement Hg
etH -mesurables. Réciproquement
il est facile de voir quela fin d’un ensemble
Hg
ouHd
mesurable est un temps de retour.Remarque. -
Onpeut
énoncer la mêmeproposition
avec des ensemblesH g
etHd
me-surables
parfaits
et destemps
de retourparfaits.
*)
La fin T d’unepartie
Ade 03A9 R+
est définie parT(W)
= sup(t>0 : (avec sup %
=0)
c’est une variable aléatoire si A est mesurable.
DEFINITION. - Si T est un
temps
deretour,
la tribu F des événementspostérieurs
à T sera la classe des événements A deF~
tels qued tER + 8t1 (A) ~
An
p. s.Si T est un
temps
de retours ~
et Z un processusHd
ouHg
mesurable(ou
même
simplement
vérifiant lapropriété (*)) , ZT
etT-mesurable ;
en effetes p.s.
DEFINITIONS. - Si et si T est un
temps
deretour,
T1A est un temps de retour,
que l’on noteraTA,
Si T et T’ sont deux temps de retourS ~
onappellera
cointervallestochastique
le sous-ensemble{(uu,t) : T(w)
t s T’(03C9)}
de on définit demême
les intervalles[, ’[,] ,’[ ,
etc... Onpeut toujours
supposer ~ T’quitte à, remplacer
Ta~r TA;
avec A =T’ ~ .
8.1. - UNE HYPOTHESE DE TRANS IENCE
On fera
l’hypothèse
suivante :Il existe une suite croissante
an
detemps
de retourparfaits
tels quea) ~n 03C3n ~
. p . s .b)
t03C3n=03B6.
p . s .c)
1Ø
ps.Il est clair que cette
hypothèse
est vérifiée dèsque Ç
est fini(prendre Qu = ~
pour toutn )
ou même dès que le processus transie dans lescompacts
(prendre
les dernierstemps
de visite d’une suiteKn
decompacts convenable).
PROPOSITION. - La tribu
Hg (resp.Hd)
estengendrée
par les co-intervalles stochas-tiques
ferm~a à droite ouverts àgauche (resp.
fermés àgauche
ouverts àdroite)
et par l’intervalle
ce)
.DEMONSTRATION. -
Etudions
le cas deHg ;
il est clair que les co-intervalles]T,T’]
sont dans
Hg ;
il nous reste à montrer que tout processusH -mesurable
Z continu àgauche,
limité àdroite,
estengendré
par les co-intervalles. Etudions tout d’abord le casparticulier
suivant :A ~
et Z =(AxR)n
Dans ce cas
],
c’est donc un co-intervalleconvenable ;
on tire de là sans difficulté que si est une suite décroissante detemps
de retour et(Y ) n
une suite de variables aléatoiresn - mesurables,
t le processus Z= ~ n
Y n1n J
est dans la tribuengendrée
par les co-intervalles stochas-tiques
fermés à droite ouverts àgauche.
Donnons nous alors un processusHg-mesura-
ble Z continu à
gauche
et limité àdroite,
et définissons par récurrence lestemps
de retour suivant :TO = QO... Tn+1 = sup ~t ; t 5 Tn ; ~Zt - ZT ~ > E~ .
°Le fait que les
T
sont destemps
de retourpeut
se montrer par récur- rence de la manière suivante : supposons queTn
soit untemps
de retour et consi- déronsn+1 .
° Le processusB 1]0,
n]
estHg - mesurable ; T
1 est alorsla fin d’un ensemble
Hg - mesurable
et est untemps
de retourd’après
laproposition
8.0. Comme Z est continu à
gauche, Tn
p.s., etpuisque
Z estlimité à
droite,on
alim n Tn
= 0 p. s. PosonsZe
=E n Y Tn 1J
n+1Ze
étant mesurable parrapport
à la tribuengendrée
par lesco-intervalles,
il en est de même pour le processus Un raisonnementanalogue prouverait
le même résultat pour Z
quelque
soit n , donc pour Z = limex>
Z .
b)
En cequi
concerne le tribu la démonstration estplus simple :
si Z est continu à droite
Hd -
mesurable on poseraZE
=E Y (QO - n E )+
+1 ( (QO - (n+1 j E )+ ,
on montre quelim Z1r- r ,
, d’où le résultat.Remarque. -
On montrerait de même que la tribu des ensemblesH -
mesurablesparfaits
estengendrée
par les co-intervallesstochastiques
formés detemps
deretour
parfaits.
COROLLAIRES. -
1)
Soit Z unprocessus H - mesurable ;
il existeun processus
Hg - mesurable
Yparfait et prévisible
telque, quelle que soit
la mesure initialem, la
projection prévisible
de Z relativement à(03A9,(mt), P )
soit P - indis-tinguable
de Y.DEMONSTRATION. - Etudions d’abord le cas où
où
T est untemps
de retour.Désignons
pareT (x)
la fonction excessive x -~Px ~~ > 0~ ; je
dis que le processuse1’(Xt)- répond
à laquestion :
il est bien clair que Y estprévisible, Hg - mesurable, parfait ;
il reste à montrer que si m est une mesureinitiale,
laprojection prévisible
de Z estindistinguable
de Y .Plaçons
nousdonc dans
(~,(F t), Pm~
et considérons lepotentiel d’équilibre
decharge
T , c’est-à-dire la version continue à droitext
dupotentiel ( F ] .
Pourtout t on a
Y
=eT(Xt).
p.s.et ,
comme les deux membres sont continus àdroite,
X~
estindistinguable
du processus t -~eT(Xt) .
On a donc pour touttemps
d’arrêtT, X T
=eT (XT ) ;
maisd’après
laproposition
1.2.de [ 1] X T -
T > TI
Soit maintenant T un
temps
d’arrêtprévisible ;
il est clair queX1"T-
=I F T- ~ ,
cequi
montre bien que Y est laprojection prévisible
de1i n;
terminons alors la démonstration : l’ensemble des processus
Hg - mesurables
Zauxquels
onpeut
associer un processus Ypossédant
lespropriétés
de l’énoncé estun espace vectoriel stable pour
l’opération
de limite croissante et contenant les co-intervallesstochastiques ;
c’est donc l’ensemble de tous les processusHg -
mesurables. Il résulte en
particulier
du corollaire 1 que tout processusHg-
mesu-rable
prévisible
estindistinguable
d’un processusHg - mesurable prévisible parfait.
2) Si
Z estHd - mesurable,
il existe une fonction presque borélienne f telle que,quelle
que soit la mesure initiale m , laprojection
de Z sur latribu des bien mesurables est
indistinguable
desprocessus (cu,t) -~
DEMONSTRATION. - On refait le mouvement
précédent
avec cette fois ci des intervallesstochastiques
de la forme[0,T[
dont laprojection
bien mesurable esteT(X)
3)
la restriction deHd
à~[
est contenue dansHg .
DEMONSTRATION. - On
peut
en effetapprocher
un co-intervalle de la forme[T,T’[
par la
(’ - 1 n)+] .
8.2. - LE THEOREME DE SECTION
Soit r un ensemble
Hg - mesurable,
e un réel >0 , et
m une mesureinitiale ;
il existe untemps
de retour T tel que1)
legraphe de
T soit contenu dans F2)
PP ~T > 0 ~
+ eoù 11 désigne la projection de 0 X R +
sur Q .DEMONSTRATION. - On
recopie
la démonstration donnée par Dellacherie dans(TGP
IVparagraphe 2)
pour les théorèmes de section par destemps d’arrêt,
enremplaçant
début par fin.
a)
onappelle - J
le pavagesur Q X R
+constitué par les réunions finies de co-intervalles
stochastiques ~T,T’~ ;
; J est unealgèbre
de Boolesur 0 X R .
Puis on montre que la fin d’un élément
de J ~
est untemps
de retour. Le théorème IV - T 9 de[TGP]
est encore valable :il existe une variable aléatoire Y
positive
vérifiant les conditions suivantes :a) [Y]
cfb) P m [~r(r)~ ; P m j~Y +00) .
On
désigne
par p, la mesure bornéesur 03A9 R+
définie par la formuleoù f est un processus mesurable borné.
La mesure ,
portée
parr ,
, a pourmasse (0393)
=Pm [Y ~],
et siB est
Hg - mesurable ~(B)
=B] .
.Comme J engendre
il existeinclus dans r tel que
~(r) ~(B)
+ e ; ; on a alors P~
(r) (B)
+ e -P[TT (B)]
+e . La fin T de B est untemps
de retour et songraphe [T]
est inclus dans Bpuisque
B est intersection dénombrable d’ensemblesqui
sont des réunions finies de co-intervalles~T’T"~ ;
T vérifie lesconditions
du
théorème.
Remarque. -
On aurait un théorèmeanalogue
avec un ensembleH -mesurable parfait
et des
temps
de retourparfaits.
COROLLAIRE 1. -
Plaçons
nous sousl’hypothèse
d’absolue continuité(L)
deMeyer,
et
désignons par S
la mesure de base.Soient
Z
1 etZ2
deux processusHg - mesurables,
et supposons queZ1 et Z2
soientP - indistinguables,
alorsles processus Z1
etZ2
sont in-distinguables. (Nous
supposons, comme il a étéindiqué, que Z10 = Z20 = 0) .
DEMONSTRATION. - Raisonnons par
l’absurde,
et supposonsqu’il
existex E
E telque l’ensemble aléatoire
~Z~ ~ Z2 ~
ne soit pasP - évanescent.
Il existeraitd’après
le théorème de section untemps
de retour T tel que c~Z~ ~ Z2~
etPx f T > 0~ > 0 .
Maisd’après l’hypothèse faite,
on a =0 ;
comme la fonction x ~P { > 0}
estexcessive,
on a en vertu del’hypothèse (L) Px {
>0)
= 0 pour toutx E E,
d’où la contradiction.COROLLAIRE 2. - Soient
Z
1 -et Z2
deux processusg -
- mesurablesbornés,
m une initiale.Si
EZ T T>o], quelque soit
letemps
de retour T ,Z 1 et Z 2
sontP - indistinguables.
8.2. - PROPOSITION. - Soient m une mesure
initiale,
Aet
B deux fonctionnelles additives(non
nécessairementadaptées) Pm - intégrables
telles que, pour tout tempsde retour T, E m T
(A )
= E m T(B ) ;
- alors A et Bsont
P -indistinguables.
m
DEMONSTRATION. - Les processus
A-A-
etB-B-
sontHg - mesurables,
et l’on apour
temps
de retourT ,
E(A-A-;T>Oj=E(A-A-)=E(B-B_)=E(B -B-;T>0)
m T T m T T m T T m T TA -
A_ est
doncindistinguable
de B -B
et A et B ont donc mêmepartie purement discontinue ;
onpeut
donc se ramener au cas ou A et B sont continues. Soit Q untemps
de retourpris
dans la suiteQn
introduite en8.1. ;
introduisons lestribus
t=
F =(Q-t ) + ,
et posonsA t
=A - Q A (Q-t ) + , B t
=B - Q
B(03C3-t )+
. A et Bsont deux processus croissants continus
adaptés
à la famille(Ft).
D’autrepart
si T est un
temps
d’arrêt de la famille(Ft), (Q - T)+
est untemps
de retour;on
peut
donc écrirem ( ~ - A ( ~-T ) + ) _ B ( Q-T ) + ~
= EOn a alors A=B
d’après V - T 36
etT 3~ .
Faisons tendre t versl’infini,
il vientA03C3
=B03C3 Pm -
presque sûrement. Les processus A et B coincident alors sur et ceciquelque
soit Qpris
dans la suite(Q ) ;
nd’où le résultat.
8.3. - THEOREME
DE MOTQO. -Plaçons
nous sousl’hypothèse (L)
deMeyer
etappelons S
la mesure de baseSoient A et B deux fonctionnelles additives naturelles admettant des
potentiels UA
etUB 03BE-presque partout
finis.Supposons que UB
soitspécifique-
ment
majoré
parUA.
Il existe un processus Z 51 ,
mesurable etprévis ible
t
parfait,
telBt = Z(cu,s jdA$ .
Si A estcontinue,
il existe une fonctionf ,
o t
presque
borélienne,
telle queBt = ~ f(XS)
dS .
0
DEMONSTRATION. - On
peut remplacer
la mesure debase §
par uneprobabilité équi-
valente
à F
telleUA
etUB
soientintégrables.
Nousappellerons toujours §
cette nouvelle mesure. On
peut
associer à A et B deux mesures sur(03A9
XR Hg)
en
posant,
si Y estHg - mesurable,
ce ce
o
et
0
.
Appelons
Z’ une densité deRandon - Nikodym Hg - mesurable
inférieure à 1 de v parrapport à ~ ,
et comparons les fonctionnelles additives B etZ’ *
A =C ) .
On aEg
=E
pour touttemps
deretour ; d’après
laproposition précédente
B = C =(Z’ .~ A) _ (Z’ ~ A)3
=3Z’ ~ A ~). Enfin,
enappliquant
lecorollaire
1j
de laproposition 8.1. ,
il existe un processusprévisible Hg -
me-surable
Z, parfait, indistinguable
de~Z’ ;
Zrépond
à laquestion.
Il reste à examiner le cas où A
(et
doncB)
estcontinue ;
onpeut
alors faire le raisonnementprécédent
surHd
au lieu de on aura encorece
ce dC ~
‘
1 (t
=
J ~[ (t) t
oe ce
_
1 (t
=E~ ~ ~ 1 (t )
=
Projetant
la densitéHd - mesurable
Z’ ainsi construite sur la tribu des bien-mesurables,
on obtient le théorème de Motood’après
le corollaire 2 de laproposition
8.1.) Rappelons
les notations de[TGP] : Z’ *
Adésigne
le processus croissant défini par(Z’ *A)
Z’5 A, (Z’ ~A)3 désigne
laprojection
duale de ceprocessus croissant
t sur la tribu T =3 des ensembles prévisibles, et, enfin, 3Z’
désigne
laprojection
du processus borné Z’ surT3 .
8.4. -
UNEREMARQUE
SUR LE RETOURNEMENTSoit a un
temps
de retourfini ;
onpeut
définir une famille croissanteet continue à droite de
F t
de la manière(classique)
suivantea
6S1(A) n
_Afl
- + s
p.s.
(l’ensemble exceptionnel
de mesure nulle surlequel l’égalité précédente
n’a pas lieupouvant
éventuellementdépendre
det) ;
onappellera (F t’m )
la famille detribus obtenue en
complétant
la famille(F t j
parrapport
à et à laproba-
bilité si Z est un processus
mesurable,
on noteraZ
le processusZ(Q(w) - t)+ (w)
on a la
proposition
suivante :PROPOSITION. - Soit Z un processus
mesurable ;
supposons que soitHg - mesurable ;
alorsZ
est bien-mesurable relativement à la famille de tribus(03C3t) .
Si Z1[0,03C3[
estHd - mesurable,
le processusZ
estprévisible
relativement à la famille(F t ) .
Réciproquement
soit m une mesureinitiale,
et Z’ un processus bien mesurable(resp. prévisible)
relativement à la famille(F t’m ) ;
il existe un pro- cessus Zindistinguable
de Z’tel-que Z
soitHg Hd - mesurable).
DEMONSTRATION. - Soit Z un processus tel que Z soit
Hg - mesurable.
Il suffit de raisonner dans le cas
où
Z est continu àgauche
et limité àdroite,
Z
est alors continu à droite limité àgauche ;
montronsqu’il
estadapté
à la famille(F t )
; on aes) 1 (Z(Q-t)+
°8s) p.s. Z t
Le processus Z est donc
bien-mesurable ;
on démontrerait de même quesi Z
1 (O,Q( est Hd - mesurable,
Z1 0,~]
estprévisible
relativement à la fa- mille(F t ) .
Démontrons maintenant la
réciproque. Supposons
tout d’abord que Z’ soitun intervalle
stochastique T2~ (T~
etT2
sont deuxtemps d’arrêt
de la famille(F t’m ) ) ;
il existe deuxtemps
d’arrêtT
1 etT2
de la famille(F t )
tels que
T~~ = T2 ~ =
0 . Les variables aléatoires(Q -T)+
et(Q - T2 )+
sont destemps
deretour,
et le processus1 ~ (~ - T 2 )+ , (c - T 1 )+ ~ répond
à la
question.
Remarque. -
Onpeut
évidemment déduire le théorème de section 8.2. de laproposition précédente.
8.5. -
PROPOSITION. - Soit A une fonctionelle additive(non
nécessairementadaptée) intégrable.
Le processus croissant continu àgauche
A défini parl’égalité
A =Ae, -A ~ t +
estadapté
à la famille(~ t ) . Réciproquement
si un processus croissantA ,
continu àgauche, intégrable,
estadapté
à(F t’m ) ,
alors le pro- cessus croissant A défini par la formuleA
=A - A(o,-t)+
estP - indistinguable
d’une fonctionnelle additive.DEMONSTRATION. - La
première partie
de cetteproposition
adéjà
été vue en 8.2.Pour démontrer la
réciproque,
considérons Le processus on aAe»- At =
=Â ( Q-t ) + . D’après
laproposition précédente Aro- At
est
P - indistinguable
d’un processusHd - mesurable,
cequi
montre que A estm =
indistinguable
d’une fonctionnelle additive.8.6. - PROPOSITION. - Soit A une fonctionnelle additive non
adaptée
admettant unpotentiel
fini. Il existe une fonctionnelle additive naturelle B telle que,quelle
que
soit la
mesureinitiale,
laprojection
dualeprévisible
du processus croissant A soitindistinguable
de B .DEMONSTRATION. - Cette
proposition
n’est rien d’autre que le théorème dereprésen-
tation deMeyer :
la fonction x -~ est unpotentiel
fini de la classe(D).
La fonctionnelle additive naturelle B
engendrant
cepotentiel répond
à laquestion.
8.7. -
THEOREME. -Plaçons
nous sousl’hypothèse (L)
deMeyer,
etdésignons par ~
la mesure de base. Soit B un borélien finement
parfait
del’espace
d’état E d’unprocessus de
Hunt
; B est lesupport
fin d’une fonctionnelle additivecontinue,
adaptée,
depotentiel
borné.DEMONSTRATION. - Considérons l’ensemble aléatoire r fermeture de l’ensemble aléa- toire
((u),t) ; Xt(w)
desimpacts
de X dans B . Il est facile de voir que F estHg - mesurable.
Raisonnons alors sur letriplet où Ç
est ladurée de vie du processus que l’on supposera
finie, quitte
à raisonner sur un cessus. L’ensemble est alors bien mesurable relativement à la famille(03B6,03BEt),
et est
parfait. D’après
un théorème de Dellacherie(TGP, VI - T 38)
il existe unprocessus croissant
A continu, borné, adapté
à la famille(F - S’~) t
et admettant F poursupport ;
laproposition 8.5.
nous dit alors que le processus= est
P03BE - indistinguable
d’une fonctionnelle additive A nonadaptée.
CommeÂ
estborné,
A’ est borné et l’onpeut prendre
A bornée. Onapplique
alors laproposition 8.6.,
et l’on voitqu’il
existe une fonctionnelle additive naturelle Cindistinguable
de laprojection
dualeprévisible
de A .Regardons alors quelles
sont lespropriétés
de C .a)
Il est clair que le processus croissant A’ estP03BE - presque
sûre-ment
continu ;
il en est donc de même du processus A . Le processus(A-A )
estdonc
P03BE indistinguable
de 0 et estHg - mesurable ; d’après
le corollaire 1 du théorème de section il estévanescent,
cequi
montre que la fonctionnelle additive A est continue. Lepotentiel
x -~ est alorsrégulier ;
il en résulte que C est continue.b)
Comme A estcontinue,
C est aussi laprojection
dualebien
mesu-rable de
A ;
onpeut
en effet écrire si Z est un processus bien mesurable bornéce ce ce ce
o
Z t
=E03BE [ J
o3Z t dAt]
=o
3Zt dCt]
=o
Zt dCt]
(La première
et la dernièreégalité
résultant du fait que l’ensemble{Z ~ 3Z}
estune réunion dénombrable de
graphes
detemps d’arrêt).Montrons
alors que C admet F poursupport,
presquesûrement :
On a
1r.~
A = A .Projetons
cetteégalité
sur la tribu des bien - mesura- bles et utilisons le théorème(V - T 31 )
deTGP ,
il vient :1f *
C =C ,
cequi
montre que C est
porté
par F . D’autrepart
si r’ est un fermé bien mesurable strictement inclus dans r on a1r-r, ~ A ~ 0
d’où1p
p,~C~O ,
cequi
montre que r est bien le sup-port
de C relativement àP .
Il en résulte que F et lesupport
de C sontP03BE - indistinguable ;
comme ils’agit
de deuxHg - mesurables, c’est qu’ils
sont in-distinguables.
Il en résulte aisément que C admet B pour
support
fin.8.8. - ENSEMBLES PROJECTIFS
Rappelons
que Motoo a défini comme suit les ensemblesprojectifs :
unsous-ensemble presque borélien r de E est dit
projectif
si la réduite sur Fde tout À
-potentiel régulier
de la classe(D)
est encorerégulière ;
on saitque tout
compact
K tel queK = Kr
à un ensemblepolaire près
estprojectif
(cf. [3]).
Nous allons supposer iciqu’il
y a deux processus de Hunt X etX
endualité,
et nous allons donner une conditionplus
faible pourqu’un
ensemble soitprojectif,
etqui
sera nécessaire et suffisante.LEMME. - Soit A un ensemble presque borélien finement fermé de E. ; notons
Ac
la fermeture cofine de
A ,
et F l’ensemble aléatoireX (w) (EA ) .
L’ensemble aléatoire r’=1(w,t) : est alors le plus petit
ensemble Hg-mesurable contenant
lafermeture à gauche de r.
DEMONSTRATION. -
On saitd’après
un résultat de Weil[8]
que r’ est fermé à,gauche. Appelons rg
la fermeture àgauche
der ;
on a doncr’~ rg ,
Raisonnonspar l’absurde et supposons que
l’énoncé du lemme soit
endéfaut pour
une me- sureP
. Il existerait alors untemps
de retour T dont legraphe
serait con-tenu dans
r’ - rg
et tel quePx {>0}>0 ;
considérons alors la fonctionnelle additive naturelle Bengendrant
lepotentiel u(x)
=Px ~T > 0~. D’après
les ré-sultats de
[1] ,
B estportée
parAc-A ;
en effet onpeut
écrireEx[o~
1Ac(Xt) dBt] = Px [X-~Ac; >0] =u(x)
et Ex
o~
1A(Xt) dBt = Px[ X- ~A; > 0] = 0 .
Or, d’après
un résultat de Azéma - Duflo - Revuz(2~
dont on trouvera unedémonstration
détaillée dans[7],
onpeut
associer à B unemesure vB
sur Etelle que u soit le
potentiel
de la mesurev . D’après
cequi précède v
estportée
par lespoints co-réguliers
deA ;
il en résulte quePAu qui,
yd’après
laformule de dualité de
Hunt,
est lepotentiel
de la mesurev
estégale
à u ; àfortiori
PAu
= u(PAu désigne
la réduite extérieure de u surA).
Mais si l’onse
reporte
àl’interprétation
de la réduite extérieure donnéeprécédemment
dans[1 ],
on voit que u est le
potentiel d’équilibre
decharge
où l’on aposé
L A (w, t)
=sup(s ;
u serait donc à la fois le
potentiel d’équilibre
d’untemps
de retour T dont legraphe n’appartiendrait
pas àrg ,
et d’untemps
de retourL A T
dontle .graphe
estcontenu dans
rg ;
on en tire unecontradiction, puisqu’on
aurait alors pour la loiP 0153
0 = Exo[o 10393g(03C9,t)dBt(03C9)]= Pxo{LA~0393g ; LA>0} = Pxo { >0}>0 .
On
peut
alors énoncer le théorèmesuivant, qui
caractérise les ensemblesprojectifs.
’THEOREME. - Soit r un sous-ensemble
presque-borélien
deE ;
; r estprojectif
siet seulement si la fermeture cofine de sa fermeture fine ne diffère de l’ensemble
rr que par
un ensemblepolaire.
DEMONSTRATION. - Si r est la fermeture fine de r la réduite d’une fonction excessive sur r est
égale
à la réduite surr .
. D’autrepart
; de cesdeux remarques il résulte
qu’il
suffit de démontrer le théorème dans le cas ou rest un fermé
fin
; ce que nous supposerons.a) Supposons
que la fermeture cofinerc
de r ne diffère derr
quepour un ensemble
polaire;
; soit u unpotentiel
de fonctionnelleadditive
continue.D’après
le résultat de Azéma - Duflo - Revuzrappelé précédemment
u est lepotentiel
d’une mesure v et est le
potentiel
de la mesure vP~ .
. Il en résulte quela fonctionnelle B associée à
P r
estportée
parr c
et donc par r(d’après
1 ’hypothèse).
Il suffit alorsd’appliquer
lethéorème 7 - . 12 de [1 ] :
:~,
est contenu dans~P ~
u =u~,
, donc B est continue.b) Réciproquement
supposons que r soit un fermé finprojectif,
montronsqu’il
satisfait aux conditions de l’énoncé. Raisonnons par l’absurde et supposons querC - r r
n’est paspolaire
; comme on est sousl’hypothèse (B) ,
, cet ensemblen’est pas non
plus polaire
àgauche
; autrementdit,
il existexo E E
tel que pour la loi , l’ensemble aléatoire C ={(03C9,t) ; Xt-(03C9)~0393c-0393}
ne soit pas évanes- cent.Appelons
alors la fonction x ~ Exe-03BBT0393 .D’après l’hypothèse e03BB0393
estun
potentiel régulier
de la classe(D) .
.On a vu que la
surmartingale e-03BBt e03BB0393(Xt) était
la réduite extérieure dee-03BBt
sur l’ensemble aléatoireH = {(03C9,t)}; X t-(03C9)
; c’est donc aussi la réduiteextérieure de
è ~ t
sur la fermeture àgauche Hg
de H . .On sait alors d’après que
=1
surHg et, d’après le lemme
précédent, cela entraine
=1 ~ 1 puisque e~(X) est
Hg-mesurable .
BIBLIOGRAPHIE
[1]
J.AZÉMA - Quelques applications de la théorie générale des processus
,