HAL Id: jpa-00244102
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Submitted on 1 Jan 1976
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Cellules-filtres pour pompage hyperfin du 133Cs.
Application à la détection optique de la transition d’horloge dans une cellule à vapeur de césium
M. Arditi, P. Tougne
To cite this version:
M. Arditi, P. Tougne. Cellules-filtres pour pompage hyperfin du 133Cs. Application à la détection optique de la transition d’horloge dans une cellule à vapeur de césium. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1976, 11 (5), pp.665-675. �10.1051/rphysap:01976001105066500�.
�jpa-00244102�
CELLULES-FILTRES POUR POMPAGE HYPERFIN DU 133Cs
APPLICATION A LA DÉTECTION OPTIQUE DE LA TRANSITION D’HORLOGE
DANS UNE CELLULE A VAPEUR DE CÉSIUM
M. ARDITI et P. TOUGNE
Institut
d’Electronique
Fondamentale(*),
Université Paris XI, 91405Orsay,
France Laboratoire dePhysique Quantique, ESPCI, 10,
rueVauquelin,
75231 ParisCedex,
France(Reçu
le I S mars 1976,accepté
le 4 mai1976)
Résumé. 2014 Avec des cellules-filtres de césium + gaz tampons, utilisant les raies D1 et D2 sans polariseurs, on peut augmenter d’une manière très appréciable la détection optique de la transition
d’horloge dans une cellule-test à vapeur de césium opérant à des températures entre 20 et 40 °C.
Une théorie phénoménologique de ce filtrage donne un bon accord avec la plupart des résultats
expérimentaux.
Abstract. 2014 With filter-cells using cesium vapor and buffer gases, the optical detection of the 0-0 transition in a cesium gas cell can be greatly enhanced in the 20-40 °C temperature range. A
phenomenological theory of the filtering is in qualitative agreement with most experimental results.
Classification Physics Abstracts
5.250
1. Introduction. - Le pompage
optique hyperfin
des alcalins a donné lieu à de nombreuses études tant du
point
de vue théorie que desapplications.
Enparti- culier,
la réalisation de certaineshorloges atomiques
oude masers est
basée,
engrande partie,
sur laproduction
par pompage
optique
d’uneinégalité
depopulations importante
entre les sous-niveauxhyperfins
0-0 del’état fondamental des atomes alcalins.
Avec la mise au
point
de lasers accordables en lon- gueurd’onde,
il devientpossible,
pourproduire
cetteinégalité
depopulations,
de pomperoptiquement
d’unefaçon
sélective un seul des niveauxhyperfins.
De telslasers,
soit à semi-conducteur dutype
GaAs[1],
soit àcolorants du
type
coumarine[2],
ontdéjà
été utilisésen
continu,
ou enimpulsions,
pour le pompagehyperfin
du césium.
Cependant,
pour certainesapplications,
ces lasers
nécessitent,
engénéral,
undispositif
assezcomplexe
de stabilisation defréquence
et, de cepoint
de vue, les
lampes spectrales
ordinaires retiennentun certain intérêt
pratique.
A cet
effet,
dans le cas durubidium,
on a pu utiliseravec succès la coïncidence d’une des composantes
hyperfines
desisotopes
85 et 87 pour pomper sélecti- vement,directement,
un des niveauxhyperfins
ou pourréaliser des
dispositifs
danslesquels
les atomes d’unisotope
dans une cellule servent de filtrehyperfin
pour la lumière de résonance de l’autreisotope [3].
(*) Laboratoire associé au C. N. R. S.
Malheureusement cette méthode n’est pas
applicable
au césium
qui
nepossède qu’un isotope
stable. Dans lepassé plusieurs
autres méthodes ont étéproposées
pour le pompage
hyperfin
du césium. Parexemple,
on autilisé la
proximité
d’une des raies del’argon
à8
521,4 À
enplaçant
unelampe
àdécharge d’argon
dans un
champ magnétique
d’environ 5 000 G[4].
Plus
récemment,
des filtreshyperfins
ont été réalisés enplaçant
des cellules à vapeur de césium dans deschamps magnétiques
intenses[5-6].
Nous avions aussiproposé,
pour obtenir un
filtrage hyperfin,
de combiner les effets d’unchamp magnétique
et de gaz tampons sur lesdéplacements
du centred’absorption
des raies de réso-nance dans une cellule à vapeur de césium
[7].
Cetteétude a été
reprise
récemment et nous donnons ici les résultats obtenus dansl’application
de tels filtresà la détection
optique
de la transition F = 4,MF = 0 H F =
3,
mF =0,’
dite transitiond’horloge,
dans une cellule à vapeur de césium.
2.
Pompage optique hyperfin
du césium 133. - 2. 1 CONSIDÉRATIONS THÉORIQUES. - Les conditions du pompageoptique hyperfin
des alcalins sont trèsdifférentes selon que le temps moyen libre entre deux collisions désorientantes est
beaucoup plus grand,
oubeaucoup plus petit
que la vie moyenne de l’état excité.La
premières
cond’tioncorrespond,
parexemple,
au casdes atomes de cérium dans une cellule à vide ou dans
un
jet atomique
dans levide,
et la deuxième conditionArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01976001105066500
à celui des atomes de césium dans une cellule en
pré-
sence de gaz tampons, à une
pression
relativement élevée(supérieure
àquelques torrs).
Dans le
premier
cas, un calculthéorique [8]
montreque si
D 1
etD2
ont la mêmeintensité,
l’utilisation de lumièrerésonante, polarisée
ou non, n’a que peu d’effetsur la différence des
populations
des états F =4,
MF = 0 et F =
3, mF
= 0 par rapport à cettedifférence,
d’ailleurs trèsfaible,
en l’absence de pompageoptique.
Dans le deuxième cas, par contre, la radiation réémise est
complètement dépolarisée
et les atomesretombent avec une
égale probabilité
sur tous lesniveaux Zeeman de l’état
fondamental,
l’efficacité du pompageoptique
nedépendant plus
alors que du tauxd’absorption
de la lumière d’excitation par les diffé- rents niveaux Zeeman de l’état fondamental. Nous ver- rons que dans ce cas, un effet d’autofiltration peut seproduire déjà
dans des cellulesépaisses,
cequi
permetavec certains gaz tampons d’obtenir de bons
signaux
de
détection;
même avec de la lumière de résonancenon filtrée.
Une théorie
phénoménologique
montreraégalement
la sensibilité de la détection
optique
de la transition 0-0 à l’intensité de la lumière excitatrice et à sacomposition spectrale.
Dans cette méthode de
détection,
la cellule de césium est illuminée simultanément par de la lumière de réso-nance et par une micro-onde à 9 192 MHz. La lumière d’excitation sert aussi de lumière de
détection,
l’inten- sité lumineuse transmise diminuantlorsque
lesignal
micro-onde passe par la résonance. Dans ces condi-
tions,
en reprenant essentiellement lesanalyses déjà
décrites pour le cas du sodium
[9]
ou du rubidium[10],
on peut facilement établir les
équations
de pompage donnant les variations des intensités des composanteshyperfines
de la lumière de pompage traversant la cellule de césium.Supposons,
parexemple, 13
et14
deux composantes de la lumière de résonancesusceptibles
d’exciter les atomes de césium des deux niveauxhyperfins
F = 3et F = 4. Si ai et as
représentent
les fractions de popu- lations de chacun des sous-niveaux Zeeman de F = 3et F = 4,
on a :k : coefficient
d’absorption
encm-1,
x,
représentant l’épaisseur
de la celluled’absorption.
A l’aide de ce
système d’équations
onpeut
en déduireles variations de
13
et14
en fonction de x. Plusgéné- ralement,
si on suppose que la lumière d’excitation contient toutes les composanteshyperfines
des raiesDl
et
D2, désignées
par13, I4
etJ3, J4,
on obtient aisé- ment leséquations
suivantes(en
tenantcompte
de larelaxation) :
a)
En dehors de la résonancemicro-onde,
on a :ce
qui
donne àl’équilibre :
b)
A la résonancemicro-onde,
on sature la tran- sition0-0 ;
on a :ce
qui
donne àl’équilibre :
avec
et
Io
étant l’intensité de la composante F = 4 deDl
et
ÔVD
lalargeur Doppler
de cette composante,f
la force d’oscillateur de la composante 6P1/2,
F = 4 ~ 6
S1/2, F
=4,
deD 1. (Dans
leséqua-
tions on a tenu compte du fait que la force d’oscil- lateur pour la raie
D2
est double de celle deDl,)
x
l’épaisseur
de la celluled’absorption
et N lenombre d’atomes de césium par
cm’,
ro
le rayonclassique
del’électron,
c la vitesse de lalumière,
T le temps de relaxation des atomes de césium dans la cellule avec gaz tampons,
13
=13110, 14
=I4/I0,
les intensités réduites des compo- santeshyperfines
deD4,
J3
etJ4
les valeurscorrespondantes
pour les compo- santeshyperfines
deD2.
Le
signal
de détectionoptique Soo,
provenant de la saturation des niveaux mF = 0 à la résonance micro-onde, correspond
à la différenced’absorption
descomposantes hyperfines
dans les deux cas a etb,
Le
paramètre y dépend
enparticulier
de N et de x.Pour une cellule de
longueur donnée,
N sera fonction de latempérature
0 de la cellule. Onpeut
donc consi-dérer y
comme lié à latempérature
de la cellule(on
peut, par
exemple,
relier N et latempérature
0 de lacellule par la formule de
Langmuir-Taylor [11]) :
pour
et
(16)
en
prenant f
=0,179
pour la raieD 1 [12], x
=3,5
cmet
bvD
= 1 800 MHz environ(pour
tenir compte de lastructure
hyperfine
de l’état6P1/2),
on obtient :Les
paramètres
T etIo
n’étant connus que par leur ordre degrandeur
nous les avonsajustés
une fois pour toute defaçon
que le maximum dusignal Soo
corres-ponde
à latempérature
de 50 °C mesuréeexpérimen-
talement dans le cas de la lumière non filtrée.
Par
ailleurs,
le temps de relaxation T variant avec latempérature,
et par suite avecN,
nous avonsadopté
la loi de variation
suivante,
en accord avec la réfé-rence
[13]
soit pour
Io
= 2 x 104photons/cm2.s.s-1
etN =
4,25
x 1011(à 50 ()C) cm-3
Le
système
des 8équations
différentielles(5)
à(12)
aété
programmé
sur ordinateur IBM 1130 afin de cal- culer les variations dusignal Soo en
fonction de y, c’est- à-dire de latempérature 0,
pour différentes compo- sitionsspectrales 13, 14, J3
etJ4
de la lumière de pom- page. Latempérature
étant le facteurexpérimental
leplus
facile à faire varier on a surtout étudié ici les variations deSoo
en fonction de latempérature
de lacellule-filtre ou de la cellule-test. Par
exemple,
sur lafigure lA,
on areprésenté
les valeurs calculées deSoo
en fonction de la
température
de lacellule-test,
pourune lumière incidente dont les composantes
spectrales
auraient les intensités suivantes :
13
=14
= 1 pourDl
etJ3
=J4
=0,5
pourD2. Egalement
sur cettefigure,
on a tracé les courbes deSoo correspondant
à desintensités incidentes
plus faibles,
mais de même compo- sitionspectrale (dans
ce cas un filtre absorbant neutre est intercalé entre lalampe
d’excitation et la celluletest).
On voit que le maximum deSoo
est en gros pro-portionnel
à lapuissance
2 de l’intensité de la lumière de pompage.Le calcul permet aussi d’obtenir les
signaux Soo
enfonction de la
température
de lacellule-test,
pour diffé- rentes conditions de pompageoptique
ou de détection.Par
exemple,
sur lafigure 1 B,
outre la courbe(1)
obtenue
précédemment
pour le pompage et la détectionavec les deux composantes
Dl
etD2,
on a tracé lescourbes suivantes : les courbes
(2)
et(3) correspondent
FIG. lA. - Courbes théoriques de Soo en fonction de la tempé-
rature de la cellule-test pour différentes intensités de la lumière incidente.
FIG. 1B. - Courbes (1) sans filtre, (2) et (3) avec filtres D1 ou D2 derrière la cellule-test, (4) et (5) avec filtres D1 ou D2 devant la
cellule-test.
à un pompage
optique
avec les deux composantesDl
et
D2
mais avec une détection dusignal
de la compo- santeDl
ouD2
seulement(dans
ce cas onplace
unfiltre
interférentiel, correspondant
àD1
ouD2,
entre lacellule-test et la cellule
photo-électrique) ;
les courbes(4)
et
(5) correspondent
à un pompageoptique
et à unedétection pour les composantes
Dl
ouD2
seules(en plaçant
des filtres interférentiels passantD4
ouD2
devant la
cellule-test).
On peut aussi calculer le
signal Soo
obtenu en envoyant sur la cellule-test decésium,
une lumière de résonancepréalablement
filtrée par une cellule-filtre et donnant ainsi une certainecomposition spectrale
à lalumière d’excitation. Par
exemple,
sur lafigure 2,
outre la courbe
(1) correspondant
à/3 =I4
= 1et
J3
=J4 = 0,5
on a tracé la courbe(2)
pour/3
=0,6, I4 = 0,428
etJ3
=0,214, J4
=0,153,
et lacourbe
(3)
pour/3
=0,4, I4
=0,242
4 etJ3
=0,133, J4
=0,095,
enfin(4)
pour/3
=0,25, I4
=0,131 5
et
J3
=0,078
1,J4
=0,06.
Ces courbescorrespondent
à la
composition spectrale
de la lumière à la sortie de lacellule-filtre
(Cs
+ 5 torrsN2, Ho
= 700G)
pour destempératures
de43,47
°C et 55 °C et seront à compareravec les résultats
expérimentaux
de lafigure
9.FIG. 2. - Courbes théoriques de Soo en fonction de la tempé-
rature de la cellule-test : (1) sans cellule-filtre, (2), (3) et (4)
avec cellule-filtre à différentes températures
[(2)
= 43 °C ; (3) = 47 °C ; (4) =55°C].
Remarquons
que les valeurs deSoo
ainsi obtenuescorrespondent
à des pourcentages de variations de la lumière incidente relativement faibles(quelques 0,1 %
au
plus)
et les calculs doivent être conduits avec suffit- samment deprécision
pour êtresignificatifs.
On voit que l’action de la cellule-filtre dans ce cas est de
déplacer
le maximum deSoo
vers les bassestempé-
ratures, donnant ainsi un
gain
trèsappréciable
dusignal Soo
pour destempératures
de la cellule-test infé- rieures à 25-30 OC.Dans les calculs
précédents,
nous avonsnégligé
les effets de la diffusion
multiple,
cequi,
estjustifié quand
on considère le cas de cellules de césium conte- nant de l’azote comme gaztampon.
Eneffet,
pour ce gaz il y a un effet dequenching
trèsprononcé,
enparti- culier,
auxtempératures élevées,
et iln’y
apratique-
ment pas de lumière de fluorescence réémise
pouvant s’opposer
au pompageoptique.
On a d’abord mesuré
Soo
pour vérifier l’effet d’auto- filtration dans des cellules césium + gaz tampons, relativementépaisses,
et on a ensuite évalué l’efficacité deplusieurs
types de cellules-filtres en fonction de latempérature
de la cellule-test ou de la cellule-filtre.2.2 MONTAGE EXPÉRIMENTAL. - Outre la mesure
de
Soo
par détectionoptique
de la transition 0-0 enmicro-onde,
on a aussimesuré,
à l’aide d’un spectro- mètre deFabry-Pérot,
l’intensité relative des compo- santesspectrales I3, I4, J3
etJ4
des raiesD,
etD2
dans la lumière
d’excitation,
avec ou sansfiltrage.
Les conditions
expérimentales
étaient les suivantes : 2.2.1Lampes spectrales.
- Leslampes
étaient dugenre
bouton,
en pyrex de 2 cm dediamètre, remplies
de césium + 2 torrs
d’argon,
et excitées en radio-fréquence (90 MHz) [14].
Avec ceslampes l’équilibre thermique
s’établit assezrapidement
et elles ont uneintensité
remarquablement stable,
permettant desmesures
comparatives
surplusieurs
heures. A l’allu-mage,
lorsque
leslampes
sont encore relativementfroides,
le rapport des intensités des raiesDl
etD2
est de l’ordre de
1/2.
Maisquand l’équilibre thermique
s’établit ce rapport s’inverse et devient très voisin de 2,
avec un rapport des composantes
I3lI4
ouJ3lJ4
trèsproche
de 1. On n’a pas mesuré l’intensité absolue de la lumière de résonance émise par ceslampes,
mais elle peut être estimée de l’ordre de 105 à 104pho- tons/cm2. s . s -1,
selon des mesures faites ailleurs surdes
lampes
de ce type[10].
2.2.2 Cellules-tests de césium. - Ce sont des cel- lules
cylindriques,
à facesplanes-parallèles
en pyrex de 5 cm de diamètre et de3,5
cm delongueur, remplies
de césium et d’un gaz tampon. On
a
surtout étudié icicomme gaz tampons, l’azote et le
néon,
à despressions
de 5 à 6 torrs. Cela nous a
permis
de mettre en évi-dence l’effet de
quenching
de l’azote. Ceteffet,
en rédui-sant la lumière de fluorescence diminue la
dépopula-
tion des niveaux
hyperfins
par cettelumière,
et permet ainsi d’obtenir dessignaux Soo plus grands qu’avec
lenéon,
parexemple, qui
nepossède
pas cet effet.La
température
de la cellule-test était mesurée parun
thermocouple placé
sur lepoint
apparemment leplus
froid de la cellule.Cependant
lechauffage
de lacellule n’était pas très
homogène,
pour éviter undépôt
de césium sur les surfaces
exposées
à lalumière,
et par suite les indications detempérature
n’étaient repro- ductiblesqu’au degré près.
2.2.3
L’interféromètre de Fabry-Perot.
- L’inter-féromètre était du type à miroirs
plans,
de réflectivité97,5 %
à Â = 9 000Á.
La distance entre les miroirsétaient de 7,14 mm. La finesse de
l’appareil
était del’ordre de 10. Le
balayage
enfréquence
se faisait àl’aide de cales
piézo-électriques
commandées par unerampe de
voltage.
Les spectres de la lumière transmise à travers les cellules-tests ou les cellules-filtres étaient obtenus en utilisant des filtres interférentiels pour les raiesD,
ouD2
de 100Á
delargeur
à mi-hauteur avec une transmission d’environ 85%.
Deplus,
un filtreKodak Wratten 87 C
permettait
d’éliminer la lumière visible.Quelques
réserves peuventcependant
être faitessur la validité des spectres obtenus étant donné la finesse relativement faible de l’interféromètre et la lar- geur des raies
d’absorption
dans les cellules decésium,
surtout aux basses
températures.
2.2.4
Dispositif expérimental pour
la mesure deSoo.
- Le montage
expérimental
estreprésenté
schémati- quement sur lafigure
3. L’instrumentation pour l’exci-FIG. 3. - Montage expérimental pour la détection optique de la transition d’horloge dans le césium.
tation en micro-onde à 9 192 MHz et la détection
optique
de la transition 0-0 est assez semblable à celledéjà
décriteprécédemment [14].
Enmodulant,
à bassefréquence,
lafréquence
de la radiationmicro-onde,
lecourant de sortie de la cellule
photo-électrique
est aussimodulé et peut être détecté avec une détection syn- chrone. En
balayant
lafréquence
micro-onde autour de lafréquence
derésonance,
on peut obtenir ainsi la dérivée de la courbe de résonance de la transition 0-0.Le
signal Soo
est alorsdéfini,
en valeurrelative,
par le maximum de la courbe de résonance et lalargeur
de larésonance 0-0 par l’intervalle de
fréquence
entre lesmaximums de la courbe dérivée. La cellule
photo- électrique
de détection était du type HP-5082couplée
àun
amplificateur
à bandeétroite,
l’ensemble ayant ungain dynamique
trèslarge,
sans saturation.2.2.5
Cellule-filtre
de césium. - Les cellules-filtres étaientgéométriquement identiques
aux cellules-tests.On a utilisé surtout deux types de cellules-filtres :
- ou bien des cellules de césium
remplies
d’azoteà la
pression
de 5 torrs etplacées
dans unchamp magné- tique modéré, perpendiculaire
à la direction de lalumière,
- ou bien des cellules de césium
remplies
d’héliumà la
pression
de 35 torrs utilisées dans lechamp magné- tique
terrestre.On a
également
faitquelques
observations à l’aide de cellules-filtresremplies
des mêmes gaz à différentespressions,
ou de formesgéométriques différentes,
maisces observations n’ont pas été suffisamment
systé- matiques
oucomplètes
pourpouvoir
êtrereportées
ici.2.3 RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX. - 2.3.1
Pompage hyperfin
parauto-filtrage.
-Rappelons
que l’effetd’auto-filtrage
dans des cellules à vapeur alcaline + gaz tampon, avaitdéjà
été utilisé auparavant pour la détec- tionoptique
de la transition 0-0 dans de nombreusesvapeurs alcalines
[15] (potassium, sodium,
rubidiumou
césium).
Dans la
présente
étude on a utilisé une cellule-test contenant du césium + 5 torrs d’azote,placée
dans lechamp magnétique
terrestre. Lafigure
4A montre lavaleur du
signal Soo
en fonction de latempérature
de la
cellule,
et pour différentes atténuations de la lumière incidente decomposition spectrale
correspon- dant àI3
=14
= 1 etJ3
=J4
=0,5.
On voit que pourune
température
de 45 à 50 °C on obtient un très bonsignal,
avec uneaugmentation
considérable du rapportsignal/bruit,
par rapport à cette valeur à 20 °C(la grandeur
du maximum dusignal
de modulationSoo correspondait approximativement,
àquelques
mil-lièmes de l’intensité
incidente).
FIG. 4A. - Courbes expérimentales de Soo en fonction de la
température de la cellule-test (Cs + 5 torrs N2) pour différentes intensités de la lumière incidente.
FIG. 4B. - Courbes (1) sans filtre, (2) et (3) avec filtres D1 ou D2 derrière la cellule-test, (4) et (5) avec filtres Di ou D2 devant
la cellule-test.
Afin de
pouvoir
comparer les divers résultatsexpé- rimentaux,
la valeur deSoo
est donnée en unités arbi- traires mais l’échelle deSoo
a été maintenue constantedans toutes les
figures (sauf
sur lafigure
5, cas d’une cellule césium +néon).
Deplus,
on a normalisé les courbes desfigures
1 A et 4Acorrespondant
à l’inten-sité
Io
afin de relier les calculsthéoriques
aux résultatsexpérimentaux.
FIG. 5. - Courbe expérimentale de Soo en fonction de la tempé-
rature de la cellule-test (Cs + 6 torrs Ne) avec filtres D1 ou D2 devant la cellule-test.
Expérimentalement
sur lafigure
4A le maximum deSoo
estproportionnel
à lapuissance 1,8
de l’intensitéincidente,
au lieu depuissance
2 trouvéethéorique-
ment. Aux
températures
élevées il y a un bon accordavec les résultats
théoriques ;
l’accord est moins bonaux basses
températures
mais nous donnerons uneexplication possible
de cet effet dans la discussion. Ona
remarqué également
que, engénéral,
lapolarisation
de la lumière
incidente,
linéaire oucirculaire,
était pra-tiquement
sans effet sur lagrandeur
deSoo.
On a étudié aussi l’effet
comparatif
des filtresDl
ou
D2 placés
soit devant la cellule-test(pompage
etdétection par
Dl
ouD2 seules)
soit derrière la cellule- test(pompage
parDl
+D2
et détection deDl
ouD2 seules).
Les résultatsexpérimentaux
de lafigure
4Bsont à comparer avec les résultats
théoriques
de lafigure
1 B. Enparticulier
on notera sur lafigure
4Bun
déplacement plus marqué
du maximum deSoo
versles basses
températures
surtout pour le cas du pom- page avecD2
seule. Cela estpeut-être
dû au fait que lequenching
n’est paségal
pour les raiesDi
etD2 [16],
que ce
quenching
est moins efficace aux bassestempé-
ratures, et que le
phénomène
de diffusionmultiple
pour
D2
intervient à deplus
bassestempératures
que pourDl, particularités qui
n’ont pas été introduites dans la théorieprécédente
dans un but desimplifica-
tion. L’effet
prépondérant
duquenching
est encoreplus apparent quand
on compare les résultats de lafigure
4Bà ceux de la
figure 5, correspondant
à une cellule decésium + 6 torrs de
néon,
gazqui
neproduit
pas dequenching appréciable,
et pourlaquelle
lesignal S..
est
plus
faible dans unrapport
200.Bien que l’auto-filtration dans une cellule césium + azote soit efficace aux
températures
élevéespour la détection de la transition
0-0,
on ne peut utiliserune telle cellule directement comme cellule-filtre devant
une autre cellule-test
identique. L’expérience
montre eneffet que ce
dispositif
a pour effet de réduire considé- rablement lesignal Soo.
Cela peut secomprendre
si onremarque que les spectres des raies
D1
etD2
à travers lacellule césium + 5 torrs d’azote
n’indiquent qu’une
très faible
variation,
en fonction de latempérature
de lacellule,
durapport
des composantesI3/I4, J3/J4
ou
/3/J3 (Fig.
6 et7).
Cela estégalement
vrai dans le casd’une cellule de césium sans gaz
tampon).
Etant donnéel’absorption
relativement forte de la lumière à la sortie de la cellule césium + azote à 50 °C parexemple,
onconçoit
alors que cette cellule ne soit pas efficace direc- tement comme cellule-filtre.FIG. 6. - I3/I4 pour les raies D ou D 2 en fonction de la tempé-
rature de la cellule-filtre (Cs + 5 torrs N2) avec ou sans champ magnétique.
On
peut
obtenir de meilleurs résultats en combinant les effets deglissements
defréquence
descomposantes hyperfines
du spectred’absorption produits
par les gaz tampons avec lesglissements
defréquence
des compo-santes Zeeman
produits
par unchamp magnétique [7].
2.3.2
Pompage hyperfin
avec descellules-filtres
césium + azote, dans un
champ magnétique
modéré. -Dans une note
précédente [7]
nous avionsindiqué qu’avec
une cellule-filtre césium + 52 torrsd’azote,
à 32
OC,
on nechangeait pratiquement
pas lerapport
des composantesI3/I4 quand
cette cellule étaitplacée
dans un
champ magnétique
variant de 0 à 7 kG. Par contre, ces résultats peuvent être modifiés considé-FIG. 7. 2013 It/I25° pour les composantes 3 et 4 des raies D 1 ou D 2
avec ou sans champ magnétique.
rablement si la
cellule-filtre, placée
dans unchamp magnétique
modéré(-
700G)
estportée
à destempé-
ratures
plus
élevées.Les
figures
6 et 7représentent
les rapports des compo- santesI3/I4
ouJ3lJ4
deD1
etD2
déduits des spectres deFabry-Perot
de lalumière,
à la sortie d’une cellule de césium + 5 torrsd’azote, placée
soit dans lechamp
terrestre, soit dans un
champ magnétique
de 700 Genviron. L’influence du
champ magnétique
est nette-ment
marquée
sur le rapport descomposantes hyper-
fines. Les valeurs
indiquées
sur les courbes desfigures
6et 7 ont servi pour le calcul des courbes
théoriques
desfigures
1 et 2.Les modifications de la
composition spectrale
de lalumière d’excitation par la cellule-filtre
expliquent
ainsiles résultats
expérimentaux
obtenus pourSoo
avec unecellule-test contenant césium + 5 torrs d’azote et
pla-
cée dans le
champ magnétique
terrestre. Paréxemple,
la cellule-test étant maintenue à une
température
d’environ 23 OC, le
signal Soo
passe par un maximum pour unetempérature
de la cellule-filtre de 45 OC environ(Fig. 8).
Cesignal
varie aussi avec lechamp magnétique,
un maximum maximorum seproduisant
à45-50,OC pour une valeur de 700 G environ. Pour cette valeur du
champ magnétique,
lafigure
9 montre leFIG. 8. - Sono en fonction de la température de la cellule-filtre (Cs + 5 torrs N2, Ho z 700 G). Cellule-test : Cs + 5 torrs N2
à 23 °C.
FIG. 9. - Soo en fonction de la température de la cellule-test (Cs + 5 torrs N2) pour différentes températures de la cellule- filtre (Cs + 5 torrs N2, Ho z 700 G) (la courbe en tirets corres-
pond à la cellule-test sans cellule-filtre).
signal 800 en
fonction de latempérature
de la cellule-test et pour différentes
températures
fixes de la cellule-filtre.
On voit que,
qualitativement,
l’accord avec lescourbes
théoriques
de lafigure
2 est assez bon. Enparticulier,
on notera que le maximum deSoo
est nette-ment
déplacé
vers les bassestempératures
de la cellule- test.Bien que ce genre de cellules-filtres utilise une cellule de césium + gaz tampon
placée
dans unchamp magné-
tique,
sonprincipe
de fonctionnement basé sur lesdéplacements
des raiesd’absorption
par les gaz tam- pons et unchamp magnétique
modéré est très différentdes cellules-filtres de césium réalisées avec des
champs magnétiques plus
élevés utilisant l’effet Back-Goudsmitet basées sur la différence de
polarisation
des raieshyperfines [6].
C’est ainsiqu’un analyseur circulaire,
nécessaire dans ces filtres
magnétiques, placé
ici entrela cellule-filtre et la cellule-test
produit
une baisse dusignal Soo de 85 % en
l’absence de filtresDl
ouD2
etune annulation presque totale de ce
signal
si onajoute
un filtre
D 1
ouD2.
Notonségalement qu’en
auto-filtration,
lapolarisation
de la lumière incidente estpratiquement
sans effet sur lesignal Soo
tandisqu’avec
cette cellule-filtre dans un
champ
de 700G,
lesignal 800
ne
change
pas si onplace
unpolariseur
linéaire dont la direction depolarisation
estperpendiculaire
à la direc-tion du
champ Ho,
alors que cesignal
baisse de 40à 50
%
si la direction depolarisation
estparallèle
àHa.
2.3.3
Pompage hyperfin
avec descellules-filtres
césium + hélium. - Dans la référence
[7]
nous avionsaussi
signalé
l’effetimportant
defiltrage hyperfin
pro- duit par l’hélium dans une cellule de césiumplacée
dansun
champ
faible(champ magnétique terrestre).
L’hélium
produit
undéplacement
du spectred’absorp-
FIG. 10. - Rapport /3//4 pour les raies D ou D2 en fonction de la température de la cellule-filtre (Cs + 35 torrs He).
tion du césium vers les
fréquences élevées,
mais enélevant la
température
de la cellule-filtre il en résulteune
absorption plus
faible pour la composante13
que pour la composante14
de la raieD1.
C’est ainsiqu’avec
une cellule-filtre césium + 35 torrs
d’hélium,
le rap- port13/I4
estégal
à1,4
à 50°C,
tandis que le rapport des intensités des composantes deDl
etD2
peut atteindre des valeurs de 5 à 6(Fig. 10)
avec desabsorp-
tions
modérées,
de l’ordre de 50%
à 50 °C pour la raieD 1 (Fig.11).
Fm. 11. - Rapport It/I2s° pour les composantes 3 et 4 des raies D ou D2 en fonction de la température de la cellule-filtre
(Cs + 35 torrs He) .
Avec cette cellule-filtre on obtient
également
uneaugmentation
considérable dusignal Soo
pour les bassestempératures
de la cellule-test. Avec une cellule-test césium + 5 torrsd’azote,
latempérature
de fonction-nement
optimum
de la cellule-filtre césium + 35 torrs hélium se situe aux alentours de 50 °C(Fig. 12B).
Sur la
figure
12A on acomparé
l’effet de cette celmle- filtre sur deux cellules-tests : l’une césium + 5 torrs d’azote et l’autre césium + 6 torrsnéon, qui
ont à peuprès
la mêmefréquence
de résonance. Sur cettefigure
la courbe(1) correspond
à la cellule-test césium + 5 torrs azote sans cellule-filtre et la courbe(2)
avec une cellule-filtre césium + 35 torrs hélium dont la
température
a étéajustée
pour obtenir le maximum designal Soo ;
la courbe(3) correspond
à une cellule-FIG. 12A. - 800 en fonction de la température de la cellule-test : a) Cellule-test : Cs + 5 torrs N2 : (1) sans cellule-filtre ; (2) avec cellule-filtre : Cs + 35 torrs He. b) Cellule-test : Cs + 6 torrs Ne :
(3) sans cellule-filtre ; (4) avec cellule-filtre : Cs + 35 torrs He.
FIG. 12B. - Soo en fonction de la température de la cellule-filtre Cs + 35 torrs He (cellule-test à 20 °C : Cs + 5 torrs N2).
test césium + 6 torrs néon sans cellule-filtre et la courbe
(4)
avec addition de la cellule-filtre. On peut voir sur cettefigure
que si l’effet de la cellule-filtre est surtout sensible aux bassestempératures
de la cellule-test césium + 5 torrs azote, elle augmente considé- rablement le
signal Soo
à toutestempératures
pour la cellule-test césium + 6 torrs néon. On remarqueraégalement
l’effet dequenching
de l’azotequi
augmentebeaucoup
lesignal Soo puisque,
sanscellule-filtre,
le rapport des maximums de800
pour les deux cellules- tests est de l’ordre de 200(avec
la cellule-filtre ce rap- port des maximums devientégal
à7).
3. Discussion.
-1)
Etant donné lesapproxima-
tions faites dans la théorie on
peut
considérer les résultatsexpérimentaux quahtativement
en bon accordavec la
théorie,
surtoutquand
les effets dequenching
de l’azote permettent de
négliger
les effets dédépolari-
sation par fluorescence. Ces effets sont
proportionnels
à l’intensité de la lumière incidente et sans