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d'orignaux au Québec

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Loisir, Chasse et Pêche

Diagnostic sur l'état des populations

d'orignaux au Québec

par Réhaume Courtois et

Gilles Lamontagne

s t

Québec

au

(2)

Direction de la gestion des espèces et des habitats Service de la faune terrestre

et

Direction générale des opérations régionales

Service de l'aménagement et de l'exploitation de la faune

DIAGNOSTIC SUR L'ÉTAT DES POPULATIONS D'ORIGNAUX AU QUÉBEC

Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche Québec, Octobre 1990

(3)

Référence à citer

COURTOIS, R. et G. LAMONTAGNE éd. 1990. Diagnostic sur l'état des populations d'orignaux au Québec. Québec, Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Service de la faune terrestre et Service de l'aménagement et de l'exploitation de la faune. 37 p.

Dépôt légal

Bibliothèque nationale du Québec 4e trimestre 1990

ISBN: 2-550-21688-1

(4)

Le contenu de ce rapport a été réalisé par

le Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche

Direction de la gestion des espèces et des habitats Service de la faune terrestre (SFT)

et

Direction générale des opérations régionales

Service de l'aménagement et de l'exploitation de la faune (SAEF)

Coordination et rédaction

Réhaume Courtois Gilles Lamontagne

SFT SFT

Collaboration et Rédaction

Julien Lévesque, Michel Huot,

Daniel Banville et Sylvain St-Onge, Jean Milette,

Marc-Jacques Gosselin,

Eloi Mathieu et Michel Hénault, François Goudreault,

Marcel Paré, André Gingras, Serge Couturier,

SAEF, Region 01 SAEF, Région 02 SAEF, Région 03 SAEF, Région 04 SAEF, Région 05 SAEF, Région 06 SAEF, Région 07 SAEF, Région 08 SAEF, Région 09 SAEF, Région 10

(5)
(6)

Résumé

La pratique de la chasse à l'Orignal au Québec s'est développée de façon fulgurante au cours des 25 dernières années: il se vend aujourd'hui sept fois plus de permis pour cette activité (environ 150 000) qu'au début des années 1960 (environ 20 000). Cette augmentation a été fortement influencée par l'abolition de la loi du mâle, en 1964; elle fut par la suite maintenue grâce à une démocratisation de plus en plus grande de cette activité cynégétique, une augmentation de la clientèle potentielle et une diminution, au milieu des années 1970, de l'attrait pour la chasse du Cerf de Virginie.

La récolte sportive n'a cependant pas suivi le même accroissement; de l'ordre de 2 500 bêtes au début des années 1960, la récolte est maintenant d'environ 11 000 bêtes. La récolte maximale a été enregistrée en 1982 et nous assistons depuis à une diminution d'environ 1 % par année, malgré une augmentation du nombre de chasseurs, malgré le développement de la chasse à l'arc et malgré l'augmentation de la récolte dans les territoires structurés. En contrepartie, le succès de chasse a subi une décroissance presque constante passant d'un sommet de 20 % (mâles seulement) à un niveau d'environ 7,5 % (mâles, femelles et faons) au cours des dernières années.

Les populations et la récolte d'orignaux, comme nous l'indiquent les statistiques de chasse et les inventaires aériens se sont elles aussi modifiées. Tous les indicateurs tendent à démontrer que le taux d'exploitation a dépassé le niveau optimal au début des années 1980. Nos observations suggèrent des taux d'exploitation dépassant la capacité du cheptel dans plusieurs zones. Seules les populations des zones 7 et 9, où seulement la chasse à l'arc est permise et possiblement les zones nordiques qui sont peu accessibles seraient en croissance.

V

Ailleurs, les populations seraient en diminution ou, pour le mieux stables.

L'apport provenant de territoires plus faiblement exploités pourrait jouer un rôle significatif pour soutenir la récolte là où elle est stable. Les densités d'orignaux sont toujours beaucoup plus faibles dans la zone libre que dans les territoires structurés où la réglementation est moins permissive. Il est probable que le cheptel et la qualité de la chasse continueront de se détériorer plus ou moins lentement dans les zones libres si le niveau et la composition actuels de la récolte d'orignaux sont maintenus.

(7)
(8)

vii

TABLE DES MATIÈRES

Page

RÉSUMÉ v

TABLE DES MATIÈRES vii

LISTE DES TABLEAUX ix

LISTE DES FIGURES xi

LISTE DES ANNEXES xiii

1. INTRODUCTION 1

2. PORTRAIT PROVINCIAL 1 2.1 Fréquentation et pression de chasse 1 2.2 Récolte et succès de chasse 6 2.3 Récolte par type de territoire et d'engin de chasse 9 2.4 Indicateurs du niveau d'exploitation et de la

productivité 10 3. RÉSULTATS DES INVENTAIRES AÉRIENS ET TAUX D'EXPLOITATION 13

4. BILAN PAR ZONE DE CHASSE 15 4.1 Sud du fleuve Saint-Laurent (zones 1 à 8) 17 4.2 Centre du Québec (zones 9 à 15, zone 18) 23 4.3 Nord du Québec (zones 16, 17 et 19 à 24) 25

5. DISCUSSION 27

6. CONCLUSION 28

RÉFÉRENCES 30

(9)
(10)

I X

LISTE DES TABLEAUX

Page

Tableau 1. Nombre de chasseurs actifs par zone de chasse

Tableau 2. Nombre de chasseurs d'orignaux par km dans les zones de chasse en 1984 et 1989

Tableau 3. Principaux résultats des inventaires aériens de l'Orignal réalisés durant le plan quinquennal

1986-1991 14

Tableau 4. Conciliation des résultats d'inventaires aériens et

des statistiques de chasse 16

Tableau 5. Diagnostic de l'exploitation de l'Orignal par

zone de chasse 21

(11)
(12)

LISTE DES FIGURES

Page

Figure 1. Évolution de la chasse sportive de l'Orignal au Québec

entre 1955 et 1989 3

Figure 2. Évolution de la récolte d'orignaux par type de territoire

et d ' engin de chasse 7

Figure 3. Évolution des indicateurs du niveau d'exploitation du

cheptel québécois d'orignaux 11

Figure 4. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de

chasse 1 à 7 entre 1971 et 1989 18

Figure 5. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de

chasse 9 à 14 entre 1971 et 1989 19

Figure 6. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de

chasse 15 à 24 entre 1971 et 1989 20

(13)
(14)

xiii

LISTE DES ANNEXES

Page

Annexe 1 Délimitation des zones québécoises de pêche, chasse

et piégeage 34

Annexe 2 Récolte totale et récolte par 10 kilomètres carrés

par zone de chasse à 1 ' automne 1989 35

Annexe 3 Paramètres des populations d'orignaux à l'automne 1989 ... 36

Annexe 4 Nombre d'accidents routiers impliquant des orignaux

au Québec entre 1972 et 1988 37

(15)
(16)

1. INTRODUCTION

L'Orignal est une espèce bien adaptée aux conditions climatiques du Québec.

Les mortalités hivernales sont très faibles. Par contre, les prélèvements actuels par la chasse sportive sont élevés et ont des impacts majeurs au niveau de la dynamique des populations. Les modifications sont par contre difficiles à détecter à court terme et sur une échelle spatiale réduite puisqu'elles sont graduelles. Elles s'étalent sur plusieurs années et sont parfois masquées par des facteurs tels que les variations annuelles des conditions de chasse ou par l'imprécision des modes de mesure, particulièrement pour les indicateurs mesurés par échantillonnage (âge moyen, densité, etc.).

À titre d'exemple, les variations annuelles de la récolte ont été de l'ordre de I à 4% entre 1982 et 1989. Par contre, la tendance générale a été une baisse annuelle de l'ordre de 1% soit une baisse de 7% durant cette période.

II est par conséquent nécessaire d'examiner des séries historiques pour dégager les tendances de l'exploitation et décrire l'évolution du cheptel.

Cette analyse veut poser un diagnostic sur l'état des populations d'orignaux au Québec. On y présente l'évolution des divers paramètres de l'exploitation sur près de 30 ans, en mettant tout particulièrement l'accent sur l'évolution de la chasse et du cheptel au cours des dix dernières années.

2. PORTRAIT PROVINCIAL

2.1 Fréquentation et pression de chasse

La popularité de la chasse sportive de l'Orignal a progressé de façon à peu près constante mais spectaculaire depuis le milieu des années 50. A cette époque, l'on vendait environ 7 500 permis par année. Cette augmentation a été fortement influencée par l'abolition de la loi du mâle, en 1964, et fut par la suite maintenue grâce à une démocratisation de plus en plus grande de cette activité

(17)

cynégétique (plus grande accessibilité aux réserves fauniques, création des zees), par une augmentation de la clientèle potentielle (les "baby boomers"

atteignant l'âge de chasse, et augmentant leur temps consacré aux loisirs) et par une diminution, au milieu des années 1970, de l'attrait pour la chasse au Cerf de Virginie (baisses de population et réglementation restrictives). Depuis 1984, le nombre de chasseurs oscille autour de 150 000 (Fig. l a ) . Les ventes avaient atteint un sommet historique (150 274) en 1986 et avaient tendance à baisser d'environ 1% par année jusqu'en 1988. La mise en application de la nouvelle réglementation (permis de zone et particulièrement l'arrêt de la vente des permis la veille de l'ouverture de la saison de chasse) semble avoir occasionné une légère augmentation des ventes de permis (149 750 permis).

Les chasseurs sont inégalement répartis sur le territoire. Des estimations de la répartition sont disponibles pour 1984, d'après une enquête postale, et pour 1989, d'après le nombre de permis vendus pour chaque zone (Tableau 1 ) . Le nombre de chasseurs actifs a augmenté de 5 % durant cette période. On a de plus assisté à une redistribution des chasseurs puisque leur nombre a diminué presque partout sauf dans les zones 4, 7, 18 et 19. Ce sont surtout les 2 dernières qui ont absorbé les nouveaux chasseurs et ceux qui ont changé de zone. Les variations notées dans les zones 12 et 13 sont en grande partie attribuables aux modifica- tions des limites de ces territoires.

En 1989, ce sont toujours les zones 18 et 15 qui accueillent le plus grand nombre de chasseurs soit 30 549 (22%) et 20 115 (15%). Cependant, la zone 18 a connu une très nette augmentation du nombre de chasseurs, (de 25 000 en 1984 à près de 31 000 en 1989) alors qu'une tendance inverse s'observe dans la zone 15 (de 22 700 à environ 20 000) (Tableau 1 ) .

Pour atténuer l'effet de la variation des superficies entre les zones et entre les années, il est préférable de comparer le nombre de chasseurs au km (Tableau 2 ) . Ainsi, il apparaît que certaines zones (3, 4, 12, 13 et 15) subissent des pressions de chasse beaucoup plus fortes que la moyenne provinciale. Nous pouvons aussi remarquer que de 1984 à 1989, la répartition des chasseurs par km semble en général diminuer partout sauf dans les zones 4, 7, 8, 12 et 18. De

(18)

NOMBRE DE PERMIS DE CHASSE VENDUS

3 S=

os

S3.

RECOLTE PAR CATEGORIE DE SEXE ET D'AGE

• E 1OSS A1S8S

SUCCES DE CHASSE

FAONS

Figure 1. Évolution de la chasse sportive de l'orignal au Québec entre 1955 et 1989

(19)

Tableau 1. Nombre de chasseurs actifs par zone de chasse

Zone (N)

19842

(N)

1989J

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 22

TOTAL

9 200 5 700 6 900 3 100 2 100 500 500 350 2 900 10 800 3 000 5 500 22 500 15 100 22 700 5 300 2 700 24 900 4 300

700

132 300

6,95 4,31 5,22 2,34 1,59 0,38 0,38 0,26 2,19 8,16 2,27 4,16 17,01 11,41 17,16 4,01 2,04 18,82 3,25

0,53

8 276 5 185 4 850 4 617 23 222 1 571 112 1 672 6 461 2 059 10 854 15 136 13 759 20 115 4 290 1 315 30 549 6 260 198 532

139 260

5,94 3,72 3,48 3,32 0,02 0,16 1,13 0,08 1,20 4,64 1,48 7,79 10,87 9,88 14,44 3,08 0,94 21,94 4,50 0,14 0,38

1 Incluant les réserves fauniques 2 D'après IQOP (1985)

3 D'après le nombre de permis vendus en supposant que 93 % des chasseurs sont actifs (IQOP 1985).

(20)

Tableau 2. Nombre de chasseurs d'orignaux par km dans les zones de chasse en 1984 et 1989.

Zone

Chasseur/km 1984 1989

Chasseur/km d'habitat en 1989

01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 22

Moyenne1

0,35 0,35 0,79 0,42 0,32 0,06 0,08 0,03 0,48 0,49 0,56

0,43 (0,43)2

0,50 (0,69)2 0,40

0,44 0,28 0,12 0,26 0,03

- - 3,24

0,31 0,32 0,56 0,58 0,01 0,03 0,15 0,07 0,33 0,29 0,38

0,53 (0,51) 0,59 (0,60)

0,36 0,41 0,22 0,06 0,32 0,03 0,02

<0,01 0,25

0,46 0,49 1,05 0,82 0,01 0,07 0,31

0,37 0,33 0,45 0,59 0,65 0,36 0,41 0,24 0,06 0,34 0,04 0,06 0,01 0,28

1 Excluant les zones 20 à 22

2 Valeurs estimées en tenant compte des modifications de zonage entre 1984 et 1989 (M. Paré, comm. pers.)

(21)

façon générale, il y a eu un déplacement de l'effort de chasse vers ces zones considérées plus productives ou moins achalandées.

Enfin, pour 1989, la comparaison du nombre de chasseurs par km2 d'habitat propice à l'Orignal dans chaque zone permet d'avoir une meilleure image de la pression de chasse en ne considérant que la proportion du territoire où se retrouve l'Orignal. On remarque qu'à certains endroits les chasseurs sont très concentrés.

Ainsi les zones 3 et 4 accueillent trois fois plus de chasseurs/km d'habitat que la moyenne québécoise. Par contre, les zones nordiques (16 et plus) reçoivent visiblement moins de chasseurs par km .

2.2 Récolte et succès de chasse

La récolte d'orignaux a également augmenté de façon considérable au cours des 34 dernières années. Elle était d'à peine 1 070 orignaux en 1955 alors qu'elle atteint maintenant environ il 000 individus. Le rythme de croissance n'est toutefois pas proportionnel à celui des permis. Deux années semblent déterminan- tes pour l'exploitation de l'Orignal. Ainsi, la récolte a plus que doublé en 1964, suite à l'abolition de la loi du mâle (3 909 orignaux en 1963 et 8 857 en 1964). Ce changement est dû à la récolte des femelles et des faons, segments de la population inexploités jusque là (Pig. l b ) . Après une baisse et une stagnation temporaire, la récolte a recommencé à croître au début des années 1970.

L'ouverture des zees, en 1978, amène un accroissement des prélèvements (Fig. 2a) qui atteignent un second pic en 1982 (11 844 orignaux). Par la suite, la récolte provinciale a diminué de façon à peu près constante pour atteindre 10 972 orignaux en 1989. La baisse annuelle est d'environ 1% sur 7 ans, soit 7% au total. La diminution est plus importante (13%) si l'on ne considère que la récolte faite à l'arme à feu (Fig. 2 b ) .

Le niveau de récolte peut varier en fonction de la catégorie d'animaux. Elle a toujours été dominée par les mâles mais une pression plus grande est maintenant exercée sur les femelles et les faons (Fig. l b ) .

(22)

1.9

RECOLTE DANS LES TERRITOIRES STRUCTURÉS

I

X

1.8 - 1.7 - 1.6 - 1.5 - 1.4 - 1.3 - 1.2 - 1.1 - 1 - 0.9 - 0.8 - 0.7 - 0.6 - 0.5 - 0.4 - 0.3 - 0.2 - 0.1 -

0

a)

RÉSERVES FAUNIQUES ,

POURVOIRIES

I I 1 I I 1 1 9 5 5 1 9 6 0

r r i \ r i i i i i T i T i i i i i i i i i i i i 1 9 6 5 1 9 7 0 1 9 7 5 1 9 8 0 1 9 8 5 1 9 8 9

RÉCOLTE PAR TYPE D'ENGIN DE CHASSE

7 1 7 2 7 3 7 4 7 5 7 6 7 7 7 8 7 9 8 0 8 1 8 2 8 3 8 4 8 5 8 8 8 7

Figure 2. Évolution de la récolte d'orignaux par type de territoire et f~X d'engin de chasse

(23)

Mâles adultes (%) Femelles adultes (%) Faons (%)

Moyenne 1964-69

59,2 34,2 6,6

Moyenne 1982-87

47,7 38,3 14,0

1988

49,1 37,4 13,5

1989

51,3 36,6 12,0

Depuis les cinq dernières années, on note que la diminution de la récolte totale est principalement due à une diminution de la récolte de femelles et de faons

(Fig. l b ) .

Le succès de chasse s'est maintenu aux environs de 18% jusqu'en 1966. Depuis 1967, il a diminué graduellement pour se stabiliser aux environ de 7,5% à partir de 1984. En 1989, l'accroissement des ventes de permis couplé à une diminution de la récolte a fait baisser le succès de chasse à 7,2%. Ce dernier serait d'environ 3,7% si seulement les mâles étaient récoltés, comme c'était le cas avant 1964 (Fig. l e ) . Depuis 1980, les chasseurs, en nombre croissant, se partagent une récolte totale qui diminue de 1% par an; la baisse du succès moyen est le résultat de ces tendances combinées. {

L'examen des tendances historiques du succès de chasse pose certains problèmes d'ordre théorique puisque cet indicateur peut être influencé par les modifica- tions réglementaires. A titre d'exemple, la loi du mâle a été abolie en 1964, le permis de groupe a été expérimenté en 1979, puis remplacé par l'annulation de 2 permis par orignal abattu en 1980 (Courtois 1979). Si l'on exclue l'abolition de la loi du mâle, ces modifications réglementaires semblent avoir eu peu d'impact sur les activités des chasseurs puisque les séries historiques ne présentent pas de discontinuités majeures. Cette situation s'explique par des modifications somme toute conservatrices. À titre d'exemple, moins de 14

% des adeptes chassaient seuls en 1978 (Laçasse et Pelletier 1979) soit un an avant l'introduction du permis de groupe. Il en va de même des saisons de chasse qui ont généralement été écourtées mais rarement en deçà de 9 jours alors que le nombre moyen de jours de chasse pratiqués par un chasseur se situe entre 7,5 (en 1978) et 8,8 (en 1976) (Laçasse et Pelletier 1979).

(24)

2.3 Récolte par type de territoire et d'engin de chasse

La répartition de la récolte entre les divers types de territoire ne change à peu près plus depuis le début des années 80 si ce n'est une légère diminution de l'importance relative de la zone libre. La majorité (73%) des orignaux provient toujours des zones sans affectation particulière alors que les zees, les réserves (faunique, chasse et pêche) et les pourvoiries rapportent 16, 7 et 3% des orignaux enregistrés. La récolte dans les réserves fauniques a tendance à s'accroître légèrement par suite d'une augmentation du nombre de chasseurs acceptés au tirage au sort et d'un accroissement de la superficie chassée; elle est plutôt stable dans les pourvoiries mais tend à diminuer dans les zees (Fig.

2a) et dans la zone libre (-9% depuis 1982).

Ces tendances semblent démontrer la nette différence entre les cheptels des territoires libres et ceux des territoires où la récolte est contingentée (les réserves fauniques), ou limitée par une réglementation plus restrictive. Alors que les populations semblent en expansion dans plusieurs de ces derniers territoires, ils paraissent en déclin dans les zones libres. À certains endroits, notamment en bordure des réserves ou d'autres provinces ou états, l'immigration contribue à maintenir une certaine qualité de chasse que ne sauraient fournir les seules populations locales. Cet effet est cependant restreint à une étroite bande adjacente à ces bassins de production (< 15 km;

Desrosiers et al. 1987).

La récolte par la chasse à l'arc est en progression (Fig. 2b) importante depuis 1981 (47 orignaux). Cependant, les 601 orignaux récoltés en 1989 ne représentent que 5,5% de la récolte totale. La récolte des archers est surtout concentrée au sud du Québec, dans les zones de chasse 5 à 9 (59% de la récolte des archers) où seul cet engin est maintenant autorisé.

La récolte à l'arme à feu a diminuée de 13% entre 1982 et 1989, soit une baisse annuelle de 2% environ. La diminution (5%) a été un peu plus importante à l'automne 1989. Même s'ils étaient plus nombreux (20-25 000 de plus en 1989

(25)

10

qu'en 1982), les chasseurs à l'arme à feu rapportaient donc environ 1 500 orignaux de moins qu'il y a sept ans.

Récolte Année

1982 • 1983 1984 1985

Arme à feu

11 749 11 274 11 066 10 768

Arc

95 64 296 200

Récolte Année

1986

s

1987 1988 1989

Arme à feu

10 941 10 567 10 785 10 208

Arc

247 410 501 601

2.4 Indicateurs du niveau d'exploitation et de la productivité

L'âge moyen des orignaux est estimé depuis 1972. Cet indicateur a baissé de façon constante jusqu'au début des années 80 (Fig. 3 a ) . En 1972, l'âge moyen des mâles adultes était de,4,0 ans alors que les femelles montraient un âge moyen de 4,8 ans. Depuis 1980, cet indicateur oscille autour de 3,0 ans pour les mâles et 3,5 ans pour les femelles. La diminution de l'âge moyen est liée à l'accroissement du niveau de récolte jusqu'en 1980. Après cette date, l'âge moyen demeure bas et varie peu malgré une diminution de la récolte. Cet indicateur semble avoir atteint un seuil minimal au-delà duquel la structure de population ne peut plus se modifier, compte tenu de l'âge minimal de reproduction et de l'espérance de vie. Dans les zones qui ne bénéficient pas d'une immigration à partir de populations moins densement exploitées, un âge moyen plus élevé peut quand même correspondre à un fort taux d'exploitation. Les populations bénéficiant d'immigration affichent un âge moyen exagérément bas puisque l'immigration amène dans les populations une plus forte proportion d'animaux de 1,5 et 2,5 ans, les classes d'âges les plus susceptibles à la chasse

(Goudreault 1980).

La baisse plus ou moins continue de la récolte depuis 1982 sans augmentation de l'âge moyen et en présence d'un accroissement du nombre de chasseurs, suggère une exploitation trop intensive et une baisse nette de la population.

(26)

11

AGE MOYEN DES ADULTES

MOYENNES MOBILES <n=3)

1966 1960 1966 1970 1976 1980 1986 1989

INDICES DE PRODUCTIVITE DU CHEPTEL

MOYENNES MOBILES (n-3) 4 2

40 - 38 - 38 - 34 - 32 - 30 - 28 - 26 - 24 - 22 - 2O - 18 - 16

b)

INDICATEUR DU NIVEAU D'EXPLOITATION

ë

S

198S 1989

Figure 3. Evolution des indicateurs du niveau d'exploitation du cheptel québécois d'orignaux

(27)

12

Le nombre de faons par 100 femelles et le pourcentage d'orignaux âgés de 1,5 an dans la récolte (Fig. 3b) sont corrélés à la productivité du cheptel. Le premier indicateur s'est accru considérablement entre 1964 et 1971. Cet accroissement pourrait suggérer une stimulation de la productivité peu de temps après l'abolition de la loi du mâle par suite d'une diminution de l'âge moyen des femelles. Il est cependant peu probable que cette réaction explique à elle seule l'augmentation du nombre de faons/100 femelles observés avant 1971. En effet, l'un des principaux objectifs, lorsqu'on a ouvert la chasse contrôlée de l'Orignal en 1962 dans le Parc des Laurentides, puis en 1964, dans les Parcs de la Vérendrye et de Matane, était de rajeunir les populations d'orignaux dans le but d'en augmenter la productivité (Bouchard et Moisan 1974). Une étude portant sur la productivité des orignaux de ces parcs (Gauthier 1978) n'a pas réussi à mettre en évidence les changements anticipés. Il est donc fort probable que l'augmentation du nombre de faons dans la récolte soit en bonne partie liée à une diminution de la sélectivité des chasseurs. Quoiqu'il en soit, la productivité semble avoir atteint un plateau maximal et oscille de façon cyclique autour d'une valeur centrale depuis le début des années 70 (Fig. 3 b ) . Le maximum ayant été atteint, la productivité n'est manifestement plus stimulée par les variations de la récolte.

Enfin, des modèles de régression permettent d'estimer le taux d'exploitation à partir des indicateurs biologiques de la récolte (Crête et Dussault 1986). La moyenne de 5 indicateurs (Fig. 3c) montre que le taux d'exploitation a atteint un plafond au début des années 80. Il oscille autour de cette valeur (19,5%

selon les modèles) depuis 8 ans. Compte tenu de l'ensemble des indicateurs, nous croyons que ce niveau représente une valeur maximale au-delà de laquelle les populations déclinent.

(28)

13

3. RÉSULTATS DES INVENTAIRES AÉRIENS ET TAUX D'EXPLOITATION

Un plan quinquennal d'inventaires aériens a été entrepris en 1986 afin d'estimer les populations d'orignaux de chaque zone. Les résultats sont disponibles pour 13 entités territoriales (Tableau 3 ) . Les paramètres des populations varient considérablement d'une zone à l'autre. Les densités sont très faibles (< 1 orignal/10 km ) dans les secteurs nordiques (zone 19) de même qu'au sud du fleuve Saint-Laurent, à l'exception de la zone 7. Les plus fortes densités (> 2,2 ori- gnaux/10 km2) sont notées en Abitibi-Témiscamingue et dans la zone de chasse 7.

Ces différences peuvent en partie s'expliquer par une variation de l'habitat et de la capacité de support entre les zones. Mais les densités sont surtout influencées par le niveau de récolte sportive. Dans certains cas ponctuels, la prédation (Crête et Jordan 1982; Paré et Courtois 1990) peut aussi influencer le niveau de population.

Conciliées avec la récolte, les données d'inventaire permettent, pour chaque zone, de calculer les taux d'exploitation par la chasse (Tableau 3 ) . Ces taux oscillent entre 9 et 44%. Il faut toutefois rappeler qu'à la mortalité par la chasse, devraient s'ajouter des mortalités naturelles (de l'ordre de 5% d'après Fryxell et al. 1988), si bien que les croissances annuelles présentées au tableau 3 sont légèrement surestimées.

Les taux d'exploitation les plus élevés sont notés au sud du fleuve dans les zones 1 à 4. Le prélèvement par la chasse y est très élevé (Tableau 3 ) , ce qui contribue à maintenir les populations à de très faibles densités. Ces populations seraient en décroissance rapide si ce n'était des apports externes

(réserves fauniques, Nouveau-Brunswick, états américains).

Le cheptel du centre et de l'ouest du Québec, soit dans les zones 9 à 18, subit un prélèvement par la chasse de 15 à 24%, ce qui est très près du recrutement annuel. Si on y ajoute la mortalité naturelle, ces populations subiraient un prélèvement total à peu près équivalent ou légèrement supérieur au recrutement annuel. L'apport des territoires structurés peut contribuer à atténuer l'impact

(29)

Tableau 3. Principaux résultats des inventaires aériens de l'Orignal réalisés durant le plan quinquennal 1986-1991.

Zone de Année chasse d'inventaire

Densité corrigée (Nb/10 km2)

Précision (*)

Population hivernale corrigée

d1

par

Taux exploitation

la chasse (%)

Croissance annuelle

(%)

1 2 3-4-6

7 9 11 12 13 14 15 16 18 19

1987 1986 1988 1989 1989 1990 1988 1989 1987 1990 1990 1989 1988

0,3 0,7 0,4 2,5 1,8 1,1 2,3 2,3 1,0 1,0 1,1 1,0 0,4

53 24 11 25 16 27 16 25 23 17 20 19 29

596 894 617 657 807 487 4162 5333 3761 3707 1705 7173 7809

44 32 46 16 17 19 19 19 22 24 15 23 9

-19 - 2 -21 + 9 + 4 0 0 + 6 - 1 - 1

+ 4 + 9

Estimant un taux de visibilité de 73% (Crête et al. 1986)

En excluant les mortalités naturelles, l'émigration et l'immigration (Courtois 1989)

(30)

15

de l'exploitation mais cet effet est somme toute marginal dans cette section du Québec. En effet, Milette et al. (1989) n'ont pas noté de différence de densité dans la zone 14 à proximité de la réserve La Vérendrye. De plus les travaux de Goudreault (1980) montrent que l'effet est très localisé et se situe à moins de 10 km des territoires structurés dans le centre du Québec. Les très grandes différences de densité observées entre les divers types de territoires, suggèrent une surexploitation des populations à l'extérieur des réserves fauniques, dans la plupart de ces zones de chasse.

Les seules zones présentant un bilan positif réel, si l'on considère la mortalité naturelle, seraient les zones 7 et 19. La zone 7 ne présente qu'un habitat très restreint et les niveaux de prélèvement augmentent rapidement (= 20% en 1989) si bien que la population stagnera d'ici quelques années. La zone 19, bien que la capacité de support y soit faible, est très vaste et le taux d'exploitation y est modéré. La pression de chasse est cependant inégalement répartie et les secteurs accesssibles subissent une pression de chasse non négligeable (chapitre 4.3).

On constate qu'au Québec, on compte au moins deux fois plus dé chasseurs d'orignaux que d'orignaux (150 000 chasseurs pour une population d'environ 70 à 75 000 orignaux). Dans certaines zones de chasse, il y a près de 10 fois plus de chasseurs que d'orignaux au km à l'automne (Tableau 4 ) .

4. BILAN PAR ZONE DE CHASSE

L'Orignal est présent dans toutes les zones de chasse. L'importance relative de la population et la problématique diffèrent cependant de façon substantielle entre les zones. Il ne semble pas pertinent de présenter, pour chaque zone, l'évolution des 10 indicateurs tirés des statistiques de chasse. Ceci représenterait un volume trop considérable mais les lecteurs intéressés peuvent obtenir cette information dans les rapports d'Atelier sur la grande faune (Breton éd., 1984 à 1990). Les données de la plus récente année d'exploitation sont présentées aux annexes 2 et 3 à titre d'exemple. L'évolution de la récolte

(31)

16

Tableau 4. Conciliation des résultats d'inventaires aériens et des statistiques de chasse.

Zone

1 2 3-4-6 7 9 11 12 13 14 15 16 18 19

Population d'automne1

1 188 1 309 1 138 783 972 594 5 313 6 582 4 830 4 876 2 209 9 589 8 549

Taux (%) d'exploitation

44 32 46 16 17 19 19 19 22 24 15 23 9

Chasseurs actifs2

8 276 5 185 9 689 1 571 1 672 2 059 10 854 15 136 13 759 20 115 4 290 30 549 6 260

Chasseurs par orignal

7,0 4,0 8,5 2,0 1,7 3,5 2,0 2,3 2,8 4,1 1,9 3,2 0,7

à 1'automne précédant 1'inventaire à l'automne 1989

(32)

17

sportive par zone, de 1971 à 1989, est cependant illustrée aux figures 4, 5 et 6. Un diagnostic de l'exploitation par zone est présenté au tableau 5.

4.1 Sud du fleuve Saint-Laurent (zones 1 à 8) ~ . ^

La récolte a tendance à plafonner au sud du fleuve Saint-Laurent là où l'arme à feu est autorisée (zones 1, 3 et 4 ) , alors qu'elle est en croissance dans les zones où seul l'arc est autorisé (zones 5 à 8 ) . Les populations du sud,du fleuve Saint-Laurent sont très productives ( > 80 faons par 100 femelles dans la récolte); elles sont par contre très jeunes (âge moyen des adultes < 3,0 ans;

annexe 3) à cause d'un taux d'exploitation très élevé.

Desrosiers et al. (1989) ont montré que les densités d'orignaux de la zone de chasse 1 (0,48 orignal par 10 km ) sont aussi faibles que dans les zones nordiques (taïga) malgré un potentiel d'habitat très élevé (20 orignaux/10 km ; Crête 1989). La densité semble avoir diminué depuis 1983 et la récolte fléchirait si ce n'était de l'immigration des orignaux en provenance du parc et des cinq réserves fauniques situés au centre de la péninsule gaspésienne où les densités sont très élevées (~ 10 orignaux/10 k m ; Latour et Desrosiers 1984).

Les chasseurs se concentrent en effet autour de ces bassins de débordement puisqu1au-delà de 50% de la récolte est effectué à moins de 15 km du parc et des réserves fauniques (Desrosiers et al. 1989). "

La situation de l'Orignal semble moins problématique dans la zone de chasse 2.

La récolte y est en hausse depuis le début des années 1970. La proportion de mâles dans la population adulte d'hiver (43%) est légèrement supérieure à l'objectif visé (40%; Crête et al. 1981) et le cheptel y est très productif (85 faons/100 femelles lors de l'inventaire) comme dans les autres zones du sud du fleuve. Nous croyons que la présence d'importants bassins de débordement (Maine, Nouveau-Brunswick, réserve Rimouski et sanctuaire de Parke) compensent pour un taux d'exploitation trop élevé. De plus, l'augmentation récente de la récolte pourrait être en partie liée à l'accroissement d'accessibilité engendré par la récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette. En conséquence, il est possible que l'on assiste à un plafonnement ou à une baisse

(33)

18

ZONE DE CHASSE 1

560 -

iOO ~

450 -

400 -

350 -

300 -

200 -

150 -

100 -

ZONE

/

DE CHASSE 2

A

As

71 72 73 74 7S 76 77 7B 7» 00 01 ANNEE

ZONE DE CHASSE 3 ZONE DE CHASSE 4

71 7i 73 74 75 71 77 7! 71 80 t l 12 13 M

ZONES DE CHASSE 5,6 ET 8

71 72 73 74 76 70 77 78 70 80 81 82 S3 84

ZONE DE CHASSE 7

87 SB 88

Figure 4. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de chasse 1 | 7 entre 1971 et 1989

(34)

19 -\

ZONE DE CHASSE 9 ZONE DE CHASSE 10

71 73 73 74

ZONE DE CHASSE 11 ZONE DE CHASSE 12

t.8 -

1.5 -

1.4 -

1.9 -

1.B •

1.1 -1

1 -]

ZONE

K /

DE CHASSE

A

f ^ ' \ Y

13

V A N

V \\

ZONE DE CHASSE 14

71 72 73 74 75 7« 77 78 78 80 81 82 83 64 8S ANNEE

87 88 88

Figure 5. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de chasse 9 à 14 entre 1971 et 1989 . -

(35)

20

ZONE DE CHASSE 15

400 - aao -

340 -

300 -

260 - 240 1

200 - 180 -

ZONE

A

i / \

V V

DE CHASSE

// K /

16

A

\ \

7 1 7 2 7 3 74 7 5 7 8 7 7 7 8 7 9 8 0 8 1 8 2 ANNEE

ZONE DE CHASSE 17 ZONE DE CHASSE 18

ZONE DE CHASSE 19 ZONES DE CHASSE 20,22,23 ET 24

71 78 73 74 76 70 77 71 71 (0 11 11 U 87 SB 80

Figure 6. Évolution de la récolte d'orignaux dans les zones de chasse 15 à 24 entre 1971 et 1989

(36)

Tableau 5. Diagnostic de l'exploitation de l'Orignal par zone de chasse.

Zone

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 22

Récolte

Plafonnement Plafonnement Plafonnement Plafonnement Nulle

En augmentation En augmentation En augmentation Plafonnement Diminution Diminution Stable En baisse En hausse En baisse En baisse En baisse Stable

Plafonnement Stable

Stable

Productivité

Élevée Élevée Élevée Élevée

Indéterminée Indéterminée Indéterminée Indéterminée Moyenne Moyenne Faible Faible Moyenne Moyenne

Moyenne/faible Moyenne

Moyenne Moyenne Moyenne Indéterminée Indéterminée

Atteinte de la densité cible

Non Non Non Non

— Non Oui - Non

- Non Oui Oui Oui Non - - Oui (est) Non (ouest)

Oui -

Taux

d'exploitation

Très élevé Très élevé Très élevé Très élevé Indéterminé Indéterminé Moyen

Indéterminé Moyen

Moyen Très élevé Fort

Moyen Élevé Élevé Moyen Faible Élevé Faible Faible Moyen

Évolution probable de la population

Stable grâce à 1'apport des réserves Stable grâce à 1'apport des réserves Légère diminution

Stable grâce aux apports des USA Population très faible

Population très faible En croissance

Population très faible Légère croissance Stable

En baisse

Stable/en baisse Stable

Stable En baisse Stable Stable Stable

En croissance Stable

Stable

(37)

22

de la récolte dans cette zone à moyen terme. Une partie significative de la récolte (25 %) de la zone 2 provient des zees Bas-Saint-Laurent et Owen (Breton éd. 1990: 150-151) qui reçoivent des apports de la réserve Rimouski. La population de ce territoire supporte bien cette exploitation puisqu'elle s'est accrue de 6 % par année entre 1985 et 1988 (Dussault 1990). On ne peut toutefois pas espérer des débordements beaucoup plus grands puisque l'effet de cette exploitation indirecte est déjà perceptible dans la structure de population (déséquilibre des sexes en faveur des femelles) et que la réserve Rimouski offre une chasse contingentée depuis 1988.

La problématique des zones 3 et 4 est très similaire à celle de la zone 1. La densité d'orignaux y est très faible (0,4 orignal/10 km2; Banville et aJL. 1990a) et le taux d'exploitation est trop élevé suite à une pression de chasse excessive. On y note en effet plus d'un chasseur par kilomètre carré d'habitat, soit trois fois plus que la moyenne provinciale (Tableau 2 ) . La récolte se maintient grâce à l'immigration des orignaux en provenance des États-Unis.

L'Orignal est rare dans les zones 5, 6 et 8 mais les récoltes sont en croissance depuis l'imposition de la chasse à l'arc; l'Orignal semble s'implanter lentement dans ces secteurs.

La récolte a augmenté considérablement dans la zone 7 depuis 1982, passant de 4 à 172 orignaux. La croissance annuelle se stabilise toutefois autour de 20%

depuis quelques années et les accidents routiers (~ 55 orignaux) n'augmentent plus depuis 1987. Ceci suggère une stabilisation de la population,, ce que confirme l'inventaire aérien (Banville et al. 1990b). La densité de l'Orignal est élevée (2,5 orignaux/10 km ) dans la zone 7 mais le taux d'exploitation (16%) s'approche du maximum souhaitable surtout lorsque l'on prend en considération les mortalités autres que la chasse (54 en 1989; annexe 3 ) ; en pareil cas, la croissance annuelle serait d'au maximum 4% si les mortalités naturelles sont négligeables. Il faudra stabiliser la récolte à son niveau actuel.

(38)

23

4.2 Centre du Québec (zones 9 à 15, zone 18)

Les zones du centre du Québec rapportent environ 70% des orignaux chassés sportivement. Les populations de ce vaste territoire diffèrent sensiblement.

Les densités sont plus fortes (= 2 orignaux/10 km ) dans la partie ouest (zones 9, 12 et 13; Tableau 3) de ce territoire; dans la partie est (zones 11, 14, 15 et 18) les densités atteignent seulement 1 orignal par 10 km . Sauf pour la zone 11, la productivité est plus faible qu'au sud du fleuve, soit autour de 50 faons/100 femelles. Les zones 9 et 12 sont les moins productives avec seulement 32 et 38 faons/100 femelles (Annexe 3 ) . La pression de chasse est élevée dans tout le centre du Québec mais particulièrement dans les zones 11, 12 et 13. Les taux d'exploitation sont élevés (> 20%) partout et dépassent le potentiel des populations à plusieurs endroits (zones 11, 12, 14, 15, 18 ouest) particulière- ment à l'extérieur des zees et des réserves.

Le nombre d'orignaux tués à la chasse dans la zone 9 a augmenté de façon importante jusqu'en 1988 (Fig. 5 ) . La récolte semble maintenant se stabiliser, ce qui est conforme aux résultats d'inventaire qui montrent que le recrutement annuel (22%) comble tout juste les prélèvements sportifs (16%) et les mortalités naturelles (5%). Les accidents routiers montrent également que la population de la zone 9 ne s'accroît plus depuis cinq à six ans, malgré un mode de prélèvement très conservateur (arc).

La récolte est en baisse dans les zones 10 et 11 depuis plusieurs années. La situation semble se rétablir dans la zone 10 à la suite de l'exclusion de l'arme à feu dans la section est de ce territoire, comme en témoignent l'augmentation de l'âge moyen des adultes, le pourcentage de 1,5 an et la stabilisation du pourcentage de mâles dans la récolte.

La zone 11 fait face à une problématique similaire à celle de la zone 10. Le taux d'exploitation à l'échelle de la zone (18%) est acceptable parce que la densité des orignaux est élevée dans la zec Petawaga (2,5 orignaux/10 km ) ; elle est par contre très faible dans la zone libre (0,5 orignal/10 km ; Hénault 1990).

(39)

24

Un rétablissement de la situation exigerait de modifier la réglementation actuelle afin d'instaurer des modalités de chasse différentes dans la zec et la zone libre.

Si l'on exclut les parcs et réserves qui présentent des densités atteignant parfois 10 à 20 orignaux /10 km , ce sont les zones 12 et 13 qui, après la zone 7, supportent les plus fortes densités d'orignaux (2,3/10 km ) des zones"

québécoises de chasse. Les taux d'exploitation y sont toutefois assez élevés (19%) particulièrement en ce qui concerne la zone 12 dont le cheptel montre une faible productivité (21%) à cause de la prédation exercée par le loup et l'ours noir (Paré et Courtois 1990). La récolte s'y maintient probablement en raison de l'accroissement du nombre de chasseurs (+13% depuis 1984). Les inventaires antérieurs et les statistiques d'exploitation suggèrent une baisse de densité dans la zone 12.

La récolte a baissé dans la zone 13 depuis 1982; cette diminution semble toutefois attribuable en majeure partie à la redéfinition des limites par rapport à la zone 12 et à une diminution de la fréquentation durant la même période.

Les indicateurs biologiques semblent se stabiliser et l'inventaire aérien n'indique pas de surexploitation.

L'inventaire aérien réalisé en 1987 (Milette et al. 1989) montre que le cheptel de la zone 14 était exploité à son maximum; il avait été suggéré de statibiliser la récolte, mais celle-ci a continué de s'accroître. Les statistiques de chasse (% de mâles adultes, âge moyen; annexe 3 ) , ne montrent pas d'indice de surexploitation, mais il est probable que la récolte devra être maintenue autour de 1 100 orignaux au cours des prochaines années.

On a enregistré des baisses notables de récolte dans la zone 15 depuis le milieu des années 80. Même si le nombre de chasseurs a baissé de façon importante (11%), les indicateurs biologiques, particulièrement l'âge, sont à la baisse montrant un accroissement du niveau d'exploitation. Les mortalités autres que par la chasse sont aussi à la baisse. Ces indices suggèrent une diminution de la population. L'inventaire aérien de la zone 15 montre d'ailleurs une densité

(40)

25

faible (1,0 orignal /10 km2) et un taux d'exploitation élevé (24%). La densité est particulièrement faible dans la zone libre avec seulement 0,9 orignal /10km2

comparativement à 1,3 orignal /10 km2 dans les zees. Les taux d'exploitation diffèrent également beaucoup selon l'affectation territoriale. Dans la zone libre, le taux de prélèvement a été estimé à 37 % alors qu'il n'atteint que 19

% dans les zees. Il faudrait modifier la réglementation de cette zone si l'on veut atteindre la densité cible (1,5 orignal/10 km2) et éviter d'abaisser davantage la population, particulièrement dans la zone libre.

La récolte de la zone 18 se maintient à peu près stable depuis le début des années 80 malgré une augmentation notable (+24%) du nombre de chasseurs. Ceci indique un niveau d'exploitation très élevé. L'âge moyen des orignaux a d'ailleurs tendance à baisser depuis 1985. Il n'y a pas de surexploitation à l'échelle de la zone mais l'inventaire aérien de l'hiver 1989 (Huot et Courtois 1990) montre que l'équilibre est précaire: la densité est plus faible et le taux d'exploitation est nettement plus élevé dans la partie ouest de la zone (Ouest : 0,8 orignal/10 km et taux d'exploitation de 25%; Est: 1,1 orignal/10km et taux d'exploitation de 19 % ) . Les inventaires antérieurs suggèrent une baisse de densité dans la zone 18 ouest alors que la population de la partie est serait en croissance.

4.3 Nord du Québec (zones 16, 17 et 19 à 241

La récolte d'orignaux des zones 16 et 17 est en diminution importante depuis le début des années 80. Ce changement semble explicable par une diminution de la fréquentation (-17 et -50% depuis 1984).

L'inventaire de la zone 16 montre une densité de 1,1 orignal/10 km ; le taux d'exploitation serait d'environ 15%. Cette zone pourrait donc supporter une pression de chasse plus importante mais probablement un peu plus faible que celle du début des années 80 puisque 1'âge moyen des captures a diminué depuis 1982 (annexe 4 ) .

(41)

26

La problématique de la zone 17 est similaire à celle de la zone 16, comme en témoigne la similitude des statistiques de chasse (annexe 3 ) . La population serait d'environ 1 150 orignaux (Goudreault et Lizotte 1985). La chasse sportive est faible (80 orignaux en 1989) mais la récolte autochtone serait du même ordre de grandeur (Couturier 1989) si bien que le taux d'exploitation atteindrait d'environ 12%.

Le nombre d'orignaux abattus dans la zone 19 a diminué pour la première fois à l'automne 1989. Cette situation s'explique en partie par une diminution de la fréquentation à la suite de l'introduction du permis de zone mais était malgré tout prévisible puisque le rythme de croissance de la récolte fléchissait depuis 1986. Le taux d'exploitation à l'échelle de la zone est faible (9%) mais les chasseurs n'utilisent que la moitié de ce territoire en raison de problèmes d'accès si bien que le stock disponible semble moyennement utilisé (Gingras et al. 1989). La densité actuelle est faible (0,43 orignal /10 km ) en raison d'un habitat peu propice largement dominé par la pessière noire. La population semble malgré tout en croissance grâce au faible taux d'exploitation. Cependant, la récolte ne s'accroîtra vraisemblablement pas à moins que les chasseurs ne se répartissent mieux à l'intérieur de la zone.

La population (600 orignaux) de la zone 20 pourrait supporter une récolte d'environ 120 bêtes. Elle est donc sous-utilisée (taux d'exploitation = 3%) avec seulement 19 orignaux abattus en 1989, comme en témoigne d'ailleurs l'âge moyen (>4,5 ans) des spécimens récoltés et la dominance des mâles (70,6%) dans la récolte.

Le cheptel d'orignaux de la zone 22 est mal connu. La densité n'est certainement pas élevée, probablement de l'ordre de 0,5 orignal /10 km2, compte tenu d'un habitat de faible qualité. La récolte sportive est réduite (= 80 orignaux) mais les chasseurs autochtones prélèveraient entre 500 et 600 orignaux par année (Couturier 1988), ce qui constituerait un taux de prélèvement non négligeable.

Il faudra attendre l'inventaire aérien de janvier 1991 pour préciser les paramètres de cette population d'orignaux.

(42)

27

L'Orignal est à toutes fins utiles absent des zones 23 et 24 où l'habitat nordique est nettement plus favorable au caribou.

5. DISCUSSION

Les informations tirées des statistiques de chasse et des inventaires aériens montrent que les populations d'orignaux sont exploitées au moins à leur maximum sauf dans les zones nordiques (zones 18 est, 19, 20 et possiblement 16, 17, et 22) et celles où seule la chasse à l'arc est autorisée (zones 7 et 9 ) . Dans ces dernières zones, le potentiel de récolte est presque atteint malgré un engin de chasse primitif. La situation est problématique dans la plupart des autres zones de chasse. Les densités diminueraient dans les zones 1 à 4 si ce n'était des apports externes (réserves, Nouveau-Brunswick, nord des États-Unis). Les populations des zones du centre du Québec (zones 11, 12, 13, 14 et 15) sont en décroissance. Cette même situation prévalait dans la zone 10 est avant l'imposition de la chasse à l'arc exclusive en 1988. La zone 18 qui est la plus importante en terme de fréquentation ( = 30 500 chasseurs actifs) et de récolte ( = 2 100 orignaux) montre des signes d'essoufflement, particulièrement dans sa section ouest où les populations semblent en décroissance.

Les densités d'orignaux sont faibles (« 1 orignal/10 km2) à l'extérieur des zees et des réserves fauniques dans toutes les zones de chasse sauf dans les zones 7 et 9 (arc), et 12 et 13. On retrouve généralement des densités deux à dix fois plus élevées dans les territoires structurés que dans la partie sans affectation particulière d'une même zone de chasse. Ceci montre l'impact négatif de la chasse dans les secteurs où elle n'est contrôlée que par la réglementation générale (saisons de chasse).

Les inventaires aériens montrent que les densités sont très inférieures à la capacité de support du milieu (Crête 1989) sauf dans le nord du Québec et que les taux d'exploitation actuels sont rarement inférieurs à la productivité et ce, sans considérer les mortalités naturelles. Le nombre d'accidents routiers impliquant des orignaux est également en baisse depuis 1981 (annexe 4 ) . Ces

(43)

28

indices suggèrent des populations globalement à la baisse et une densité maintenue artificiellement faible par une trop forte exploitation.

L'Orignal est présentement trop fortement exploité dans la plupart des zones de chasse du Québec. L'introduction du permis de zone et de l'arrêt de*la vente des permis à l'ouverture de la saison de chasse a engendré une légère baisse de la récolte (- 3 % ) . Cependant, les diminutions les plus significatives n'ont pas eu lieu dans des secteurs où des diminutions de récoltes étaient souhaitables.

La nouvelle réglementation est surtout importante pour assurer une répartition équitable de la ressource entre les chasseurs.

Dans l'état du cheptel et selon le mode d'exploitation actuel, la chasse de l'Orignal ne pourra se développer davantage. Depuis quelques années, la récolte a même tendance à régresser légèrement. Le succès de chasse est très faible et une certaine proportion des chasseurs est prête à abandonner cette activité, comme en témoigne la baisse des ventes de permis entre 1986 et 1988. Une enquête récente (INFRAS 1990) révèle que 60% des chasseurs d'orignaux constatent des problèmes (trop de chasseurs, pas assez d'orignaux, etc.). Près de la moitié des chasseurs estiment de plus que la survie de l'Orignal est menacée d'ici 5 ans. Cette proportion monte à 73% lorsque l'on considère un horizon de 10 ans.

6. CONCLUSION

Le cheptel et la récolte d'orignaux du Québec stagneront ou régresseront si l'on maintient la réglementation actuelle. Il semble par conséquent opportun d'établir dès maintenant des objectifs de gestion en fonction des populations d'orignaux et d'appliquer un mode de contrôle de l'exploitation qui permettra d'atteindre à coup sûr les objectifs qui auront été dressés. Le moment semble bien choisi puisque les populations sont encore dans un état acceptable, surtout dans les territoires structurés. Tout report de prise de décision ne fera qu'accentuer le problème et impliquera inévitablement à moyen terme des mesures encore plus drastiques qui risqueraient de décourager davantage les chasseurs.

(44)

29

Le défi pour la gestion de l'Orignal se résume ainsi. Il s'agira, au cours des prochaines années, d'offrir une qualité de chasse convenable aux 150 000 chasseurs d'orignaux tout en protégeant adéquatement le cheptel. Le défi est de taille car il y a au Québec deux fois plus de chasseurs d'orignaux que d'orignaux. Dans certaines zones, la population de chasseurs est même 10 fois plus élevée. Et ces deux populations évoluent, chacune ayant ses exigences.

(45)

30

RÉFÉRENCES

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(49)

8 0 * 78" 76* 74» 72* 70* 6 8 » 6 6 * 6 4 * 6 2 * 6 0 *

52*

ZONES DE PÊCHE DE CHASSE ET

DE PIEGEAGE 1986-87 1987-88

68*

Annexe l~: - Délimitation des zone^ québécoises de pêche, chasse et piégeage.

(50)

3

S 3

no

h-1 O tu (u- rt rt fD O

RÉCOLTE ENREGISTRÉE PAR 10 KM -2 RÉCOLTE ENREGISTRÉE ( X 1000 )

fD 1—' VO

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N

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Z

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m

(51)

Annexe 3. Paramètres des populations d'orignaux à l'automne 1989

Zone

1 2 3 4 5*

6"

7*

ft™

9*

10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 22

Saison de chasse Période Nb jours (arme à feu)

14/10-20/10 14/10-20/10 14/10-22/10 14/10-22/10 30/09-09/10 30/09-09/10 30/09-22/10 30/09-22/10 30/09-22/10 14/10-22/10 14/10-22/10 07/10-22/10 07/10-22/10 23/09-15/10 07/10-22/10 23/09-15/10 23/09-15/10 23/09-15/10 09/09-09/10 01/09-01/12 09/09-09/10

7 7 9 9 10 10 23 23 23 9 9 16 16 23 16 23 23 23 31 92 31

Récolte Nb

560 497 239 333 0 22 172 11 153 473 107 981 1080 1143 1169 299 80 2100 705 19 83

(ext. réserves) Nb/10 km-

0,31 0,47 0,52 0,54 0,00 0,06 0,27 0,07 0,34 0,25 0,23 0,53 0,47 0,30 0,25 0,17 0,03 0,24 0,04 0,05 0,01

Autres mortalités

51 47 28 17 0 8 54 10 40 34 5 56 52 11 76 9 2 99 12 _

Z

mâles adultes

54,9 52,1 53,8 59,8 - 55,0 73,0 62,5 53,2 49,1 54,1 58,0 54,1 61,0 54,0 59,6 69,4 58,8 65,1 70,6 72,7

% 1,5 an

48,5 47,6 46,4 50,4 - 62,5 47,3 - 12,5 40,4 40,0 34,3 43,2 49,0 46,1 41,6 29,2 42,0 35,9 13,3 50,0

Faons/

100 fem.

(i 2,5 ans)

86,5 83,8 93,0 92,2 - 44,4 120,2 - 32,3 45,4 112,8 38,2 60,2 49,3 49,9 52,7 48,5 58,5 52,8 53,3

Présence de lait (X fem.

Z 2,5)

64,4 76,0 61,3 65,5 - 88,9 58,2 - 48,5 53,9 76,9 48,5 56,5 62,2 64,4 63,5 54,5 63,7 52,8 106,7

Age mâles adultes

2,92 2,65 2,59 2,22 - 1,90 2,32 - 3,90 3,09 2,33 3,00 2,47 3,24 3,09 2,79 2,88 3,01 4,49 5,50

moyen

femelles adultes

2,95 2,83 2,89 3,05 - 3,50 3,36 - 7,17 3,94 3,25 3,77 4,05 3,07 3,44 3,63 4,88 3,95 3,73 4,50

Faons mâles/100 faons femelles

150 115 76 121 - - 94 - 250 121 69 98 106 93 107 55 167 112 76 _

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* Chasse à l'arc seulement

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