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COMMENT DRESSER SON CHIEN A LA GARDE ET A LA DEFENSE

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COMMENT DRESSER SON CHIEN A LA GARDE ET A LA DEFENSE

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John Chapmann

COMMENT DRESSER SON CHIEN A LA GARDE

ET A LA DEFENSE

EDITIONS DE VECCHI S.A.

20, rue de la Trémoille 75008 PARIS

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En couverture : M. Pascal en action de dressage (Photo Pascal) Traduction de Anne Lepreux

© 1993, nouvelle édition, Editions De Vecchi S.A. Paris Imprimé en Italie

La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les

«copies ou reproductions strictement privé du copiste et non destinées à une utili- sation collective » et, d'autre part, courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, «toute r e p r é s e n t a t i o n ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicites» (alinéa 1 de l'article 40).

Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contre- façon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.

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Introduction

Lorsque l'on parle de dressage de chiens à la garde et à la défense, on imagine aussitôt des animaux de grande tail- le, très typés, agressifs, aux mâchoires puissantes et au re- gard féroce. En fait s'il existe effectivement certaines ra- ces de chiens qui, de par leurs caractéristiques physiques et de par leur tempérament, se comportent essentielle- ment comme d'excellents gardiens et de redoutables dé- fenseurs, il n'en est pas moins vrai que n'importe quel chien - tout à fait en marge de sa taille et de son caractère - peut être dressé à la garde et même dans certains cas à la défense.

De toute évidence avec certaines races de chiens, on limi- tera le dressage aux premières leçons, correspondant à la première phase de l'entraînement qui permettra toutefois au chien de remplir une mission de surveillance et de garde pour son maître, sa famille et ses biens. Ainsi un petit Terrier domestique dont la plus grande adresse con- siste à chasser les rats, peut devenir un excellent chien de garde donnant l'alerte de façon efficace grâce à un entraî- nement adéquat. Un chien Berger destiné en principe à surveiller les troupeaux de brebis peut être converti en un intrépide défenseur et en excellent gardien, de même qu'un fragile Chihuahua peut devenir un bon chien de garde à la maison s'il est correctement dressé.

Pour atteindre cet objectif, il suffit que le propriétaire du chien ait, dès le début, l'intention claire et nette de possé-

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der un chien qui soit autre chose qu'un simple objet dé- coratif et qu'il sache le dresser correctement et systémati- quement.

Personne n'est plus apte à dresser un chien que le maître lui-même, dans la mesure où il connaît fort bien et mieux que quiconque ses vertus, ses travers et ses limites. Une mauvaise éducation peut faire d'un excellent chien de garde et de défense tel que le Boxer, un gentil compagnon docile et mièvre, doux comme un agneau et allant même lécher la main du malfaiteur qui vient cambrioler la mai- son. C'est un risque qui peut se produire, mais n'importe quel chien est capable de suivre un dressage à la garde et à la défense et les résultats ne dépendent que de l'habilité du dresseur.

Afin de déterminer le type de dressage qu'un chien est apte à recevoir, il est opportun que le propriétaire affine son sens de l'observation, au cours des toutes premières semaines de la vie du chiot, et étudie avec soin son com- portement. Il pourra ainsi savoir s'il s'agit d'un sujet dy- namique ou bien au contraire paresseux, attentif ou dis- trait, docile ou taquin, nerveux ou équilibré. C'est pour- quoi il est essentiel que le futur dresseur établisse une vé- ritable étude de caractère de l'animal et bien sûr, c'est là où la coexistence acquerra toute son importance. Dès que le dresseur aura pu définir clairement la capacité d'observation et d'attention du chien, ses aptitudes, son dynamisme et diverses autres indications utiles, il lui sera possible de fixer les critères à suivre tout au long de la pé- riode d'entraînement de l'animal.

Selon les caractéristiques du chien, le dresseur adaptera les exercices proposés dans ce livre, en fonction de la du- rée et de la difficulté de chaque étape. Les exercices prati- ques sont décrits à partir de cas types afin que personne ne puisse s'étonner du retard que peut accuser un sujet par rapport aux normes établies ou bien de la résistance qu'il semble opposer à un certain type d'apprentissage ou encore s'il assimile certains exercices avec une rapidité surprenante. Il est erroné d'attribuer ces signes à une plus ou moins grande intelligence du chien. Il faut au contrai-

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re les imputer aux caractéristiques propres à chaque chien selon sa race, et lorsque l'entraîneur les connaît bien, il évite des efforts inutiles à l'animal.

N'importe quel sujet peut devenir un excellent chien de garde. En effet, sans considération de la taille ou de la race, mis en présence d'un danger quelconque, tous les chiens tendent à se défendre, et à défendre leurs maîtres ainsi que leur propriété. Ils tendront de même à protéger les enfants de la maison et s'ils sont désavantagés par rap- port aux forces de leur adversaire, ils sauront donner l'alarme et attirer l'attention sur le danger qui existe.

Mais ces réactions répondent à des impulsions que l'on peut qualifier d'instinctives. Le dressage a pour objet de tirer parti de cette aptitude innée, de la canaliser et de la contrôler pour le bénéfice du chien et du maître.

C'est pourquoi, au fur et à mesure que le chien grandit et devient adulte, il est du ressort du dresseur que cet instinct et cette force puissent être canalisés par un dressage effi- cace afin de faire de l'animal un parfait chien de garde et de défense.

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Qu'est-ce que le dressage?

Grâce à son instinct de survie dans son milieu d'origine et à ses qualités innées que l'on qualifie habituellement d'instinctives, n'importe quel chien sait se défendre lors- qu'il est attaqué et sait de même reconnaître son maître ou la personne qui lui donne à l'accoutumée sa pâtée, sans qu'on ait à le lui enseigner. Il distingue aussi l'indi- vidu s'approchant avec des intentions malignes.

Mais il s'agit en quelque sorte d'une qualité telle un dia- mant à l'état brut, ni taillé, ni ouvragé. Le chien possède des facultés d'association à différents niveaux que l'on nomme de façon conventionnelle "intelligence" et leur utilisation de façon efficace ainsi que leur potentialisation constituent le but du dressage.

On considère habituellement que les chiens doivent être dressés à devenir les esclaves privilégiés pour ainsi dire des hommes, sans tenir compte en fait qu'à partir du mo- ment où on leur a imposé une destinée de domestication hors de leur milieu d'origine, la seule place qu'ils peu- vent occuper dans la société est précisément aux côtés de l'homme dont ils dépendent d'ailleurs pour subsister.

Tout ce que l'homme fait pour soigner, protéger et aider le chien à vivre, lui est ensuite rendu en termes d'obéis- sance, de loyauté, de fidélité et d'affection du chien. Par ailleurs, le dressage contribue à rendre plus facile, agréa- ble, sûre et plaisante la vie de l'animal tout en lui con- fiant des missions et des responsabilités.

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De cette façon le dressage est le biais permettant d'obte- nir du chien le maximum de compréhension et de coopé- ration pour son propre bénéfice et celui de son maître.

Quand commencer le dressage

Le dressage débute dès que le chien commence à grandir.

Les premiers exercices, tels la reconnaissance du nom à l'appel peuvent être pratiqués dès que le chiot est âgé de deux mois. Retarder ou ignorer ces débuts par laxisme ou simplement par ignorance, en alléguant que l'animal est encore trop jeune pour apprendre quoi que ce soit, est aussi erroné que prétendre laisser un jeune enfant briser des objets, manger à sa guise ou bien se conduire comme un vrai petit sauvage sans fixer de limites. Les chiots sont tout comme les jeunes enfants; si, lorsqu'ils sont petits, on leur permet toutes sortes de fantaisies et de libertés en les prenant à la légère et en riant de leurs bêtises, si on ne leur impose pas certaines normes sous prétexte qu'il sera toujours bien temps de le faire lorsqu'ils grandiront, on aura un chien adulte très mal éduqué et peu apte à assi- miler ce qu'on souhaiterait lui apprendre.

Dresser est éduquer et ceci n'implique pas uniquement désarmer un malfaiteur qui vient cambrioler. Le dressage consiste également à apprendre au chien à ne pas traver- ser de rues dangereuses seul, à lui montrer comment marcher près de son maître sans laisse, en plein centre ville. Cela consiste aussi à lui permettre d'acquérir un mode de vie plus agréable, une plus grande sécurité et également à établir un lien d'affection et de camaraderie indissoluble avec son maître.

Quelle est la limite d'âge pour effectuer le dressage Si les premières notions que l'on inculque au tout jeune chiot sont essentielles dans la mesure où elles constituent la base même du dressage qui fera plus tard de l'animal

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un bon gardien, l'apprentissage pour les chiens de garde doit commencer dès que l'animal est âgé de six mois et le dressage du chien à la garde et à la défense lorsque l'ani- mal a atteint l'âge de huit mois. Si ce dernier a été dressé dès son plus jeune âge, il n'existe aucune limite à l'inté- gration de nouveaux exercices. On peut même continuer à lui enseigner de nouvelles choses passé l'âge d'un an.

Il est certain qu'un chien adulte qui n'a reçu aucun type de formation au préalable aura bien desa bien des diffi- cultés à assimiler ce qu'on tentera de lui inculquer, et en tout cas, il sera nécessaire de redoubler de patience si l'on tient à lui enseigner quelques exercices de base. C'est pourquoi la première étape de la vie d'un chien est déci- sive pour sa formation.

Les exercices de dressage sont systématisés. Leur présen- tation n'est pas arbitraire, mais au contraire suit un ordre logique. Il est par conséquent vivement recommandé de respecter les différentes étapes et l'ordre proposé dans ce livre car, si logiquement, un chiot de six mois peut ap- prendre à marcher en restant auprès de son maître, sans que ceci ne présente de difficultés, il serait absurde de vouloir lui apprendre à sauter par-dessus une palissade ou bien à ramper avant même qu'il ait atteint l'âge d'un an. Dans la mesure où le processus de développement physi- que, musculaire, énergétique et psychique du chien est le facteur qui détermine la progression du dressage, une mé- thode trop accélérée, ne tenant pas compte de l'âge du chiot, présente inutilement le risque de provoquer des lé- sions psychiques, voire physiques chez l'animal, qui peu- vent ensuite nuire à tout le processus de dressage en soi.

Tel est le cas, par exemple, lorsque l'on apprend au chien à tenir un objet entre ses crocs. Si l'on tire trop fort sur l'objet afin de vérifier que l'animal fait preuve de mor- dant avant l'âge de six mois, on risque de déchausser l'un de ses crocs fraîchement implantés et encore peu solides.

Quant aux exercices pratiques d'attaque, il ne faut les commencer que lorsque l'animal est âgé d'un an, c'est-à- dire lorsqu'il est suffisamment mûr et équilibré et peut

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parfaitement se rendre compte de ce qu'il fait et qu'il connaît ses propres forces. Cet équilibre émotionnel lui permettra de savoir s'arrêter à bon escient et à temps sans dépasser certaines limites et sans risquer de transformer une attaque paralysant l'adversaire en une tragédie san- glante.

La vanité humaine est telle que certains propriétaires se vantent parfois de l'intelligence ou de la vivacité de leur chien en les obligeant à réaliser certains exercices au-delà de leurs capacités, afin de se faire valoir auprès de leurs amis comme si leur chien n'était autre qu'un pauvre ani- mal de cirque. Ceci rappelle étrangement la prétention de certains parents à vouloir faire de leur enfant, tout à fait sain et normal, un monstrueux petit prodige.

Lorsque l'on décide de dresser un chien, il faut toujours tenir compte de ses capacités et ne jamais le forcer au- delà, quelle qu'en soit la raison. Chercher à utiliser le chien de façon compétitive pour susciter l'admiration au- tour de soi risque de provoquer des troubles émotionnels graves chez l'animal. Le maître qui aime vraiment son chien ne cherchera jamais à l'éduquer sans tenir compte de ses possibilités, et de son processus de développement.

Règles de base du dressage

La bonne humeur, le goût du jeu, la persévérance et l'af- fection qui existent entre le maître ou l'entraîneur et le chien constituent la base sur laquelle s'effectuera un dres- sage efficace. Croire que des gestes autoritaires, une atti- tude brutale et tyrannique, des cris et des coups sont la meilleure méthode d'enseignement est une grave erreur.

Mieux vaut, dans ce cas, confier le soin de dresser l'ani- mal à une personne mieux informée et plus qualifiée si l'on veut éviter un échec retentissant.

Si l'on souhaite entreprendre le dressage avec succès, il ne doit jamais signifier martyre, torture ou obligation pour le chien et le dresseur. Il faut non seulement créer un climat de bonne entente mais également s'efforcer

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d'effectuer le dressage dans d'excellentes conditions cli- matiques et de visibilité, dans un lieu agréable ni trop chaud ni trop froid..

Un chien soumis à un dressage trop dur tend à se replier sur lui-même et offre une plus grande résistance. Domi- ner un chien par la force n'aboutit qu'à un triomphe mo- mentané.

Il incombe au dresseur d'adapter le temps de dressage en fonction du chien et non l'inverse. La volonté d'appren- tissage du chiot augmentera au fur et à mesure qu'il dé- couvrira ses facultés et ses progrès et qu'il s'apercevra que ses échecs sont passagers et jamais motif à humilia- tion.

Un chien qui s'efforce de s'appliquer au cours de la pé- riode de dressage, essaie en fait de plaire à son maître, pour obtenir son affection et un bon traitement. Le chien n'a pas conscience en soi de la signification globale du dressage et ne poursuit qu'un seul but: la dévotion au maître. C'est pourquoi il est bon de récompenser chaleu- reusement un chien qui vient d'exécuter parfaitement un exercice, et de l'encourager en le gratifiant de caresses, de mots affectueux et, à l'occasion en lui donnant quelques sucreries ou mets qu'il affectionne tout particulièrement, afin de le motiver, de l'encourager à participer à l'entraî- nement et de l'inciter à renouveler ses efforts.

Dresser un chien consiste à l'éduquer et non à le domp- ter. Il ne s'agit point de contrôler la volonté rebelle d'un animal sauvage, mais d'améliorer les conditions de la vie en société d'un animal domestique. Le but du dressage n'est pas de plier la volonté du chien devant celle du maî- tre, pour en tirer ensuite louanges et admiration auprès des amis, mais d'apprendre au chien comment tirer parti de ses propres facultés.

Les chiens ne comprennent pas exactement le sens des mots qu'on leur adresse, mais ils saisissent de façon glo- bale le sens du langage conventionnel adopté internatio- nalement et dont les termes ont été choisis en fonction de leur sonorité, facilitant une rapide association avec l'ac- tion qu'ils représentent. Ces termes qui figurent dans cha-

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cun des exercices décrits sont le fruit d'une longue expé- rience, de même que les différentes phases proposées pour chaque groupe d'exercices résultent de diverses expérimentations qui ont permis d'aboutir aux pratiques présentées dans ce manuel et dont les résultats sont pro- bants.

Dans la mesure où le chien capte essentiellement le ton de voix utilisé, il est indispensable que le dresseur ap- prenne avant tout à dominer sa voix afin de donner les ordres de façon adéquate. Si le chien est félicité sur un ton sec et coupant, il prendra aussitôt ceci pour un repro- che ou pour une réprimande. La sensibilité de la gent ca- nine à ce sujet est telle que si le dresseur se sent déprimé ou de mauvaise humeur, il lui est vivement conseillé de remettre au lendemain la leçon de dressage afin d'éviter tout risque de déconcerter l'animal.

Au cours du premier stade du dressage, on cherchera avant tout à ce que l'animal établisse une corrélation en- tre l'ordre donné et son immédiate exécution. Le dresseur doit faire preuve d'une immense patience et de persévé- rance, et il ne cherchera surtout pas à brûler les étapes.

C'est à force d'insistance, de manières fermes mais dou- ces, de mots affectueux, de félicitations chaleureuses que l'on obtiendra des résultats satisfaisants.

Il faut prendre l'habitude de répéter inlassablement un même exercice sur un ton de voix égal jusqu'à ce que le chien l'exécute parfaitement. Ne jamais passer à un nou- vel exercice avant la parfaite réalisation du précédent.

Dresser un chien n'est pas tâche simple et exige patience et temps. Il faut également faire preuve d'intelligence:

tout le dressage, d'un point de vue technique, a été systé- matisé afin de faciliter l'apprentissage du chien. Ainsi, les ordres donnés de façon concise et brève exigeant des mouvements rapides et précis, sont representés par des mots brefs et tranchants, tandis que les actions plus en- chaînées et s'intégrant les unes à la suite des autres sont représentées par des ordres plus longs. Quiconque ne se sentirait pas apte à dresser patiemment son chien ne ten- tera pas l'expérience sous peine de résultats négatifs.

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Outre le ton de voix et la patience requise, afin de donner au chien tout le temps que requiert son apprentissage, la périodicité est un facteur à considérer. De même que le chien devra s'habituer à prendre un seul repas par jour, donné régulièrement à la même heure, à sortir à heure fixe, pour satisfaire ses besoins physiologiques, le dressa- ge s'effectuera selon des horaires précis à respecter afin d'obtenir une participation meilleure et complète de l'animal.

Ce que le dresseur doit savoir

Soulignons, une fois de plus, que toute brutalité ou tenta- tive d'humiliation vis-à-vis du chien est à bannir. Il peut être puni en cas de mauvaise conduite ou de désobéissan- ce, mais le châtiment ne signifiera jamais violence ou agression, parce que entre autres raisons un chien effrayé devient craintif et sans initiative.

Le dresseur doit tenir compte des points suivants:

— chaque fois que le chien aura exécuté un exercice de façon satisfaisante, il sera gratifié de mots affectueux et de caresses, surtout entre les pattes avant ou sur la poitrine, comme il préfère;

— le chien est un animal routinier et qui acquiert facile- ment des habitudes; il faut par conséquent veiller à ne jamais répéter les exercices dans le même ordre et dans le même lieu;

— avant de commencer l'entraînement, il est souhaitable de laisser courir le chien en toute liberté pendant cinq minutes afin qu'il puisse s'échauffer;

— il convient d'effectuer les exercices avant que le chien ne mange, ceci afin de ne pas interrompre son proces- sus de digestion qui est particulièrement lent;

— si le chien se montrait peu en forme ou bien inquiet, il est préférable de supprimer l'entraînement ce jour- là et de le remettre au lendemain. Le forcer ne servi- rait pas à grand-chose;

— il est bon de vérifier l'état des pattes avant de com-

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mencer les exercices, ainsi qu'à la fin au cas où le chien se serait planté une épine ou une écharde;

— l'idéal est d'exécuter les exercices loin des badauds, des enfants et d'autres chiens qui jouent, afin d'éviter tout sujet de distraction à l'animal;

— si le chien refuse d'obéir à un ordre, soit par défi, soit par manque d'attention, il doit être réprimandé mais certes pas de façon agressive. En revanche, s'il n'a pas compris un ordre, il faut le lui répéter patiemment.

C'est là où entre en jeu la perception du dresseur qui doit essayer de saisir les réactions de son élève;

— les exercices d'attaque et d'agressivité ne doivent pas être exécutés selon un rythme journalier mais un jour sur deux, en alternant avec d'autres leçons, afin que l'animal n'en vienne pas à détester systématiquement ses sorties;

— le ton de voix utilisé pour féliciter l'animal doit être chaud et toujours accompagné de caresses ou de tapes affectueuses et parfois même d'une petite friandise;

— à l'inverse, la correction peut être un geste ferme, un ton de voix sévère mais jamais de coups. La violence n'a jamais grande utilité pédagogique;

— il ne faut pas laisser boire le chien aussitôt la leçon terminée. Il est préférable d'attendre cinq à dix minu- tes avant qu'il se désaltère;

— le dresseur saura alterner intelligemment les exercices assimilés et les exercices nouveaux afin que l'entraî- nement ne soit jamais monotone, et que le chien puis- se améliorer ses connaissances;

— lorsque mention est faite d'une durée moyenne du temps d'apprentissage pour certains exercices, il ne s'agit évidemment pas de faire exécuter à l'élève le même exercice pendant exactement le temps indiqué, ceci serait bien trop ennuyeux pour le dresseur et le chien. Ces temps sont donnés à simple titre indicatif, afin d'orienter le dresseur sur la durée totale à donner approximativement à l'exercice;

— pour certains exercices décrits dans les chapitres qui suivent, ni la durée des leçons ni le nombre de jours

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ne sont précisés dans la mesure où ils sont faciles et peu fatigants, et peuvent être répétés à maintes repri- ses, ou bien parce que leur complexité ne permet pas de fixer une durée conventionnelle;

— lorsqu'une variante est proposée, le chien ne sait ja- mais s'il doit répéter exactement le même exercice, qu'il connaît déjà, ou innover; il suffit de lui indiquer que tout est pareil pour qu'il reprenne vite les habitu- des acquises;

— les pratiques acquises doivent être contrôlées de façon régulière en présence d'autres membres de la famille, d'amis ou autres personnes, car il est plus difficile, une fois l'entraînement bien avancé, d'obtenir du chien la même obéissance devant des enfants ou des tierces personnes. C'est pourquoi il est important de pratiquer régulièrement quelques exercices en présen- ce d'autres spectateurs.

La psychologie du chien

L'intelligence canine est l'une des théories les plus discu- tées depuis des années. D'une part certains "mordus" de cynophilie voudraient démontrer que les chiens sont les animaux les plus intelligents - après les êtres humains - mais d'autre part, il est indiscutable que les dauphins, les singes, les rats et les jars sont, comme il a été prouvé, bien plus intelligents que les chiens. Par contre, on a pu constater que le chien capte bien plus rapidement que tout autre animal les exercices qui lui sont enseignés.

En fait, nos connaissances en matière de comportement psychique des chiens sont encore très limitées, toutefois une chose est certaine: la somme de leurs impulsions, de leurs associations, de leurs craintes, de leur mémoire ain- si que diverses composantes, que nous qualifions à notre échelle "d'univers affectif', peut être observée dans leur comportement, celui-ci étant en fait l'ensemble de tous ces facteurs que recouvre de façon générale le terme d'"intelligence canine".

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Chez le chien comme chez l'homme, certaines circons- tances peuvent avoir une importance capitale et détermi- ner des comportements différents. Ainsi, si le chiot a été sevré trop tôt, s'il a souffert d'un déménagement ou d'un déplacement et en a été profondément marqué, si petit chien il a été élevé à la campagne, il supportera difficile- ment l'atmosphère bruyante de la ville. Tous ces faits modèleront sa personnalité et détermineront sa plus ou moins grande capacité d'assimilation.

Dès la naissance, la différence de comportement est ma- nifeste. Il suffit d'observer une nichée de chiots pour re- pérer bien vite le plus glouton, celui qui se débrouille le mieux pour obtenir la meilleure ration ou la place la plus confortable, le plus vif, le plus paresseux, La personnalité de chacun évoluera selon les circonstances et le milieu ambiant. Bien peu de maîtres accordent une importance suffisante à ce facteur puis s'étonnent ensuite que leur chien réagisse de façon inattendue, comme s'il s'agissait d'un simple jouet mécanique. S'occuper d'un chien, le dresser, ne consiste pas uniquement à lui donner sa pâtée tous les jours et à l'éduquer à la propreté. C'est aussi ad- mettre que le chien est un être doué de sentiments et d'une sensibilité qu'il faut reconnaître et respecter. Le maître qui aime véritablement son chien et tient à bien l'éduquer, n'oubliera pas que le chien est un animal sen- sible et perceptif. Si une bonne entente s'établit la com- munication sera parfaite et les résultats excellents.

Choix d'un assistant

Pour certains exercices, il sera indispensable de se faire aider par un assistant ou collaborateur, par exemple pour les exercices de recherche et d'exploration ou bien pour ceux d'attaque et de défense. Etant donné que le chien est incapable de symboliser, au lieu de lui donner un ordre de façon abstraite, il est nécessaire de le mettre en pré- sence d'un objet ou d'une personne afin qu'il puisse com- prendre ce qu'on attend de lui.

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Le chien est par nature un animal utile et en tant que tel il a collaboré depuis toujours avec l'homme à des tâches aussi diverses que la défense de son maître et de sa famille, de ses biens, la garde des troupeaux, les courses et les spectacles de cirque. Il est donc tout à fait logique de vouloir éduquer et dresser son chien pour qu'en plus d'être un agréable compagnon, il sache être vigilant et puisse remplir une mission de protection qui est parfaitement complémen- taire de sa nature.

N'importe quel chien peut être un bon gardien. Il n'est pas nécessai- re pour cela qu'il soit de grande taille ou ait des dons exceptionnels, si son maître connaît à fond ses caractéristiques et tient compte des limites de sa constitution physique et de ses qualités naturelles.

C'est précisément l'objet de cet ouvrage : connaître et développer les facultés d'intelligence de son chien pour que, quelles que soient sa race et sa taille, il puisse devenir un gardien efficace de notre foyer.

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