FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DEPHARMACIE DE BORDEAUX
ANNÉE 1901-1902 S° ©O
LES
TORSIONS DE L'ÉPIPLOON
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MEDECINE
Présentée et soutenue publiquement le 29 juillet1902
PAR
Joseph-Jules
MARTINAUD
Né le 12 avril 1872, à Saint-Quentin (Lot-et-Garonne)
ANCIEN PRÉPARATEURA LAFACULTÉMIXTE DEMÉDECINEET DEPHARMACIEDEBORDEAUX
iMM.
PlÉCHAUD,DLMOiNS, professeur,
professeur.t
POUSSON, agrégé. > Juges.
CHAVANNAZ, agrégé. )
LeCandidatrépondraaux questions qni lui seront faitessurles diverses
parties del'Enseignementmédical.
BORDEAUX
Imprimerie J. DURAND, 20, rue Condillac.
1902
FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DEPHARMACIE
DERORDEAUX
M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES....
PROFESSEURS :
Doyen honoraire.
MM. MI CE
DUPUY \ Professeurs honoraires.
MOUSSOUS...
Clinique interne.
Clinique externe Pathologie et théra¬
peutique générales.
Thérapeutique...
Médecine opératoire,.
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Anatomiepathologique Anatomie
Anatomie générale et histologie
Physiologie Hygiène Médecinelégale
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Physique biologiqueetélectri¬
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gique
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gicales des enfants Clinique gynécologique Clinique médicaledes maladies
des enfants
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Pathologie externe.
sectionde chirurgieet accouchements MM. VILLAR
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Anatomie.
section des sciences anatomiquesetphysiologiques
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CAVALIE. Histoire naturelle.
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COURS COMPLEMENTAIRES
Clinique desmaladies cutanéeset syphilitiques MM.
Clinique des maladies des voies urinaires Maladies dularynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales
Pathologie externe Pathologie interne Accouchements Physiologie Embryologie Ophtalmologie
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PACHON PRINCETEAU.
LAGRANGE.
CAR LES.
Le Secrétairede la Faculté: LEMAIRE.
Par délibération du 5 août 1879, la Faculté a arrêté que les opinions émises dans les Thèsescjui luisont présentées doivent êtreconsidéréescommepropresà leurs auteurs,et quellenentend leur donner niapprobation niimprobation.
A MON
PÈRE
ET A MAMERE
Hommagerespectueuxdereconnaissance
etdepiété filiale.
A MA FEMME
MEIS ET AMICIS
A MON
PRÉSIDENT
DETHÈSE
M. le Docteur DEMONS
Professeur deClinique chirurgicale à la Facultéde Médecine
DEBORDEAUX
Officier de laLégiond'honneur, Officier de VInstruction Publique, Membre correspondant de VAcadémiedeMédecine, Membrecorrespondant de la Société dechirurgiede Paris,
AYANT-PROPOS
Le voilà doncarrivé le moment de terminer nos études, de quitter du moins
les divers services hospitaliers où s'est
formé peu à peu notre
enseignement! Enfin! aurions-nous
dit, il y a quelques années à
peine, alors qu'en pleines illu¬
sions de jeunesse nous ne
considérions
quele beau côté de
la médecine, sans songer que si,
parfois,
sur notrechemin
nous pourrions cueillir quelques roses, nous
rencontrerions
aussi beaucoup d'épines.
Parce que la médecine
aborde
tousles grands problèmes
sociaux, parce qu'elle touche à tous
les arts, à toutes les
vertus, nous nous réjouissions déjà
du beau rôle
que nousallions jouer dans la vie. Il a
suffi de
nouséloigner quelques
années de la Faculté, de suivre nos camarades, nos
amis,
aujourd'hui docteurs installés pour
la plupart, de vivre
unpeu de leur vie, d'être, comme eux,
simplement
auxprises
avec les difficultés del'existence pour nous
convaincre
com¬bien il doit être souvent difficile d'avoir, de conserver au tréfonds deson moi lerespectde sa propre
dignité, de conten¬
ter sa raison et son cœur dans la paix, dans la
besogne sim¬
plement honnête que nous devons tous
accomplir jusqu'au
bout!
Et s'il est vrai que nous devons
rester,
commele disait si
bien M. le professeur Morache,
des
«étudiants sincères et
désintéressés », des apôtres de la
charité, aller hardiment,
forts de notre science et de notre conscience, faire
le bien,
souffrir pourlefaire et parfois en
mourir,
nous nousdeman¬
derons, avec notre ami le docteur Souc,
ancien élève de cette
Faculté, pourquoi un
enseignement spécial n'est-il pas fait à
ce sujet vers la fin des études
médicales, pourquoi nous
sommes ainsi livrés à la merci du « bon public »,
de
sesprétentions, de ses préjugés, de la « Presse », enfin, forts seulement de notre grande inexpérience et de nos illusions
d'étudiants.
Nous ne voulons pas insister sur l'émotion toute particu¬
lière et cependant si naturelle que nous ressentons aujour¬
d'hui. Nouspréféronsnousréjouirqu'unecharmantecoutume
nous permette de remercier ici tous nos maîtres de leurs si excellentes leçons.
MM. les professeurs Démons, Lanelongue, Piéchaud, dans
leurs leçons de clinique chirurgicale, ont eu le grand mérite
de nous intéresser et de nous instruire à la fois, aussi bien
par le choix judicieux du sujet que par la clarté de l'exposi¬
tion. Le souvenir que nous garderons d'eux nous sera des plus précieux et des plus utiles. Nous sommes heureux de leur adresser l'hommagede notre profonde gratitude.
Nous avons suivi toujours avec beaucoup d'intérêt les leçons essentiellement pratiques de MM. les professeurs Picot
et Moussous, celles tout particulièrement intéressantes de M. le professeur Pitres. A ces Maîtres dévoués nous adres¬
sons nos meilleurs et nos plus sincères remerciements.
MM. les professeurs agrégés Roudot, Cassaët, Pousson, Villar, nous ont, au cours de leur enseignement, témoigné
bien souvent une bienveillance particulière. Notre reconnais¬
sance et notre dévouement leur sont acquis.
M. le professeur agrégé Chavannaz a manifesté saconfiance
à notre égard en nous donnant le sujet de notre thèse.
Sa compétence toute particulière sur les questions que nous
avons traitées nous a été d'un précieux concours dans la conception même du travail. Nous ne saurions trop l'en
remercier.
M. le professeur agrégé Bénech s'est mis si gracieusement
à notredisposition pour la traduction des ouvragesallemands
que nous avons eu à consulter, que nous sommes heureux de lui témoigner notre sincère gratitude.
Nos études pharmaceutiques sontdedate trop récente pour
qu'il ne soit permis de nous rappeler au souvenir des
Maîtres qui
craignaient si
peude sacrifier leur
temps etleur
peinequand il s'agissait de notre instruction et de notre
éducation professionnelles.
A MM. de Nabias, Denigès, Blarez, Bergonié, Figuier, Guillaud, Beille, nous adressons ici l'hommage respectueux
d'unélève reconnaissant.
Nous devons une mention particulière à M. le professeur Sigalas, dont nous avons eu
l'honneur d'être le préparateur.
Alors que nous avions la faveur de
l'approcher chaque jour,
de bénéficier directement de ses travaux, nous avons eu maintes fois l'occasion d'apprécier la richesse, la puissance
de son enseignement, et chose
précieuse
entre toutes,de
rencontrer chez lui, une grande fermeté de caractère, une
haute franchise, une loyauté à toute épreuve.
Qu'il reçoive
ici l'assurance de notre profonde gratitude.
Si nous avons bien souvent bénéficié des cliniques de
M. Démons, nous n'avons pu obtenir de faire
partie de
son service. C'est dire qu'ilnousconnaissait
peu.11 n'a
pashésité
cependant à nous faire le grand honneur
d'accepter la prési¬
dence de cette thèse. Nous ne l'en remercions que davantage,
et le prions d'agréer l'expression
de
notresincère
recon¬naissance.
INTRODUCTION
Le 21 septembre 1892, au Congrès de l'Association française
pour l'avancement des sciences (1), notre maître, M. le pro¬
fesseur Démons, signalait un casde gangrène de
l'épiploon
par torsion sur lui-même et il ajoutait : « Je ne connais pasd'exemple semblable de torsion de l'épiploon ayant amené la gangrène. »
Nous verrons ultérieurement que si cette observation était
bien la première de ce genre, publiée en France, une autre,
à peu près semblable, l'avait été en Allemagne par Max Oberst, au mois de mars 1882.
Cette dernière cependant, déjà ancienne, le plus souvent ignorée ou méconnue, nous paraît, bien moins que celle de
M. le professeur Démons, avoir contribué àéveiller l'attention
des chirurgiens sur les phénomènes de torsion de l'épiploon.
Indépendamment de cettequestionde primauté,et,partant,
de son influence directrice sur les recherches ultérieures, il
nous a semblé qu'un certain courant, quoique bien
faible
encore, dirigeait les chirurgiens d'aujourd'hui vers
l'étude
en général des différents phénomènes de torsion des organesde
l'abdomen.
Ces organes de l'abdomen sont doués, nous a-t-on mon¬
tré (2), d'une mobilité relative, que cette mobilité se
rattache
à la contraction de leurs fibres propres, à leur état fonc¬
tionnel de réplétion et de vacuité, à l'action
tonique des
musclespariétaux (sangle abdominale,
releveur anal), qu'elle
soit due enfin aux mouvements réguliers d'inspiration et d'expiration.
(1) Congrès de Pau, 1892(21e session).
('-) F. Catheun. lievuc dechirurgie, i901
1
A la suite de certaines influences, cette mobilité physiolo¬
gique peut devenirexagérée, et l'on conçoit déjà que ce pri¬
vilège d'une trop grande mobilité n'aille pas sans occasionner
un danger, sans contribuer à pédiculiser les organes, sans faciliter les torsions, toutetorsion étant \:ar essencefoviction de
la mobilité.
De là à dire que tousles organes contenus dans l'abdomen peuvent se tordre, il n'y a qu'un pas.
En effet, depuis les remarquables études que Rokitansky a fait paraître, en 1865 (1), sur la torsion des pédicules des kystes ovariens, les observations à ce sujet se sont multi¬
pliées, tant en France qu'à l'étranger, à tel point queM. Ter-
rillon (2) crut devoir mettre la question à l'ordre du jour,
en 1889.
Dans le même ordred'idées, nous citerons pour mémoire
les travaux plus récents de Mouls, de Seveno, de Kisseloff,
deMouton, de Finàz, de Baron (3).
Sont ensuite venus les cas de rates ectopiées et tordues (4)
sur leur pédicules, de reins mobiles en rotation (5) autour de
leur tige vasculo-uretérale, d'intestin étranglé par torsion (6)
du mésentère, ce large pédicule vasculaire.
La torsion de l'utérus a été également signalée. M. le pro- (U La première observation de Rokitansky a étépubliée en 1841, dans le
Randbucli derpatholog. anatomie, tome I. — C'est en 1865 seulement que parutsonmémoire Zeitscli. der h. k. Gesellschaft der Aerzte in Wien.
(2) Terrillon. Leçons de cliniquechirurgicale, Doin, Paris, 1889, p. 195.
(3) Mouls. Th., Paris, 1890.— Seveno. Th., Bordeaux, 1897.—Kisseloff.
Th., Paris, 1897. — Mouton. Th., Paris, 1897. — Finaz. Th., Lyon. — Baron. Th.,' Paris, 1898.
(4) Moranet. Torsion du pédicule dans Veclopie de la rate. — Th., Bordeaux, 1896. —Vanverts. Th., Paris, 1897.
(5) Albarran. De Vétranglement du rein mobile (rétroversion). — In AnnalesdeM. leprofesseur Guyon, 1893, p. 385.
(6) Delbet. Torsion intestinale par torsion du mésentère. — (Soc. de chirurg., Paris, juin 1898).— Duvergey. Obstruction intestinalepartorsion
du mésentère(Soc. anat. etphysiol., Bordeaux, 7 mai 1900).
fesseur Guyon (1) notamment dit qu'il peut y
avoir latéro-
llexion avec torsion sur l'axe longitudinal des deux cavités.
Ce serait même un phénomène fréquent chez les animaux,
par exemple, la
vache.
Plusieurs cas d'appendicite tordue
(2)
ont été publiés ces dernières années.Les tumeurs de l'abdomen n'échappent pas davantage à
cette sorte de règle. Les fibromes utérins
(3),
les grossesses tubaires (4) sont susceptibles de sepédiculariser
etde
se tordre, même celles dont lasituation
anatomiquesemble
la plus défavorable, comme les kystes
intra-ligamentaires
signalés par MM. Binaud et Ghavannaz
dès 1895.
Quant à la torsion des kystes salpingiens elle est
relative¬
ment assez fréquente, puisque M. Cathelin en
avait réuni
quarante et une observations,
il
y aquelques mois à peine,
la première remontant seulement à
1891 (5).
De ces différentes constatations, il ressort que la rotation,
etpar suite la torsion, des organes ou tumeurs
intra-abdo-
minales est un phénomène assez
général.
Pouvait-on, dans ces conditions, ne pas songer à
la torsion
de l'épiploon?
On savait déjà que l'épiploon, ce vaste
voile flottant
appendu à lagrande courbure de
l'estomac, était sujet à des
déplacements multiples, et c'est une
banalité
quede faire
remarquersa présencedans les sacs
herniaires.
On savait aussi que l'épiploon peut
s'enrouler
surlui-
même dans son trajet abdominal, en une
sorte de corde,
(1) Guyon. Th., Paris,mars1858.
(2) Meslay etPauchet. (Bull. soc. anat., Paris, octobre 1899, p. 850). — LefasetAudard(Bull. soc. anat., Paris, juin 1899, p. 644).
(3)Contributionàl'étude desfibromesutérins.(E. Planque,Th.,Paris
1887.
- Macé, Th., Paris 1896.)
(4)Torsion d'un kystefœto-tubaire. — (Pozzy, G. R. Soc. gyn. obst.
ped.,
Paris, 6 avril 1900.
(5)Cathelin. Torsion deshydro-salpinx.(RevuedeChirurgie. Paris,
1901,
page256.)
— 4 —
perceptible clans certains cas favorables, à travers la paroi
abdominale. C'est la « corde épiploïque » de Velpeau (1).
On connaissait encore ce même aspect en corde que revêt l'épiploon dans les péritonites tuberculeuses et dans les péritonites cancéreuses. Mais ici, la corde épiploïque s'étend
le plus souvent transversalement, d'un hypocondre à l'autre,
tandis que dans le cas précédent elle est plutôt verticale.
Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres encore, dont le détail nous entraînerait trop loin il eûtété logique d'ad¬
mettre la possibilité, la probabilité même de torsions de l'épiploon, si les observationsd'Oberst et de Démons n'étaient
venu éclairer la question.
Il n'en restait pas moins à considérer l'hypothèse de tor¬
sions à conséquences variables, suivant leur degré, suivant
leur marche, suivant des conditions sans doute trèsdiverses,
mais qu'il restait à étudier.
C'est cette étude que nous avons cherchée.
Ça et là, nous avons bien vu signalés quelquescas de her¬
nies étranglées par l'enroulement de l'épiploon autour du pédicule. M. Brunet (2) a bien attiré l'attention sur deux cas de torsion de l'épiploon qu'il a rencontrés au cours de son essai sur la généralisation abdominale des épiploïtes herniai¬
res chroniques, mais tout cela nous a paru assez incomplet,
un peu trop insuffisant.
Ces dernières années, en effet, les observations se sontmul¬
tipliées assez rapidement. Non seulement la torsion de l'épi¬
ploon a cessé d'être quelque chose de rare, mais elle a gagné
aussi en netteté, et dans la plupart des cas rapportés nous
avons retrouvé un ensemble de faits qui nous autorisent à
constituer à cette affection une individualité propre.
Telles sont les considérationsqui nous ont amené à abor¬
der cesujet pour notre thèse inaugurale. Malgré nos recher- (1) Bouilly. La cordeépiploïque. — Revue de Chirurgie, 1883.
(2) G. Brunet. Essai sur une forme spéciale d'épiploïle chronique.—
(Th. l'.M-is 1900.)
ches, malgré nos efforts, bien des points de la
question
ontdû
être laissés dans l'ombre. Nous avons cherché à interpréter
de notre mieux les données que nous ontfournies les obser¬
vations publiées jusqu'à ce jour. Souvent il nous a fallu
faire
des hypothèses. Ces hypothèses
d'aujourd'hui
serontpeut-être
reconnues fausses demain. Quel que soit leur sort, on nous
sauragré, jepense, d'avoir tâché qu'elles
soient aussi logiques
que possible.
PREMIÈRE PARTIE
PATHOLOGIE
CHAPITRE PREMIER
Historique.
Nous avons déjà vu dans Y
Introduction
quela première
observation de torsionde l'épiploon fut
publiée
enAllemagne
par Oberst
(1),
aumois de
mars1882 (Obs. I).
Peut-être aurions-nous pu rapprocher
de
cesujet
uneobservation de de Marchettis (2)
intitulée
: «Épiplocèle
com-» pliquée de
sarcocèle,
untissu
nouveaus'étant développé
» sur l'épiploon
enroulé
etérodé de façon à former dans la
» région de l'aine une
protubérance de la longueur d'une
» palme », mais nous
n'avons
pu quetrouver trace de ce
travail sans avoir lebonheur de leconsulter.
L'observation d'Oberst, bien que des
plus intéressantes,
nenous a pas paru avoir bien
fixé l'attention des chirurgiens, et
sans la communication de M. le professeur
Démons,
au Congrès dePau, 1892(Obs. II),
cequi fut l'occasion de recher¬
ches sur cette question, elle
serait,
sansdoute, restée dans
l'oubli et nous échapperait
aujourd'hui
commeelle avait
échappé à M. Démons.
Cette seconde observation même ne dut pas
être prise suf¬
fisammenten considération,puisque
celle de Walther (Obs. X)
(1) Oberst. Cenlralblatt fur Chirurgie(8 juillet 1882, n°
27).
(2) In recueildCobservations rares(Paris, 1851, p.
121).
ne fut rendue publique qu'en 1900, à l'occasion de la discus¬
sion provoquée par M. Lucas-Championnière à la Société
anatomique de Paris, alors qu'elle datait du 31 mars 1894,
c'est-à-dire de six ans environ, soit moins de deux ans après
la communication de M. Démons.
En 1898, Bayer signale un cas en Allemagne (Obs. III).
En 1899, un autre est constaté par Monod et relaté par M. Blanc dans le travail de Beynier (1) (Obs. IV)!
11 nous faut arriver à 1900 pour voir apparaître une véri¬
table pléiade d'observations.
C'est Von Baracz, en Allemagne, qui ouvre le feu (Obs. V).
Viennent ensuite Hochenegg, en Autriche (Obs. VL, et les chirurgiens français comme Lucas-Championnière (Obs. VII), Lejars (Obs. VIII), Potherat (Obs. IX), Walther (Obs. X), Cha-
vannaz (Obs. XI), Heitz et Bender (Obs. XII).
En 1901, nous enregistrons encore les cas de Souligoux et Deschamps (Obs. XIII), de Lucas-Championnière et Mauban (Obs. XIV).
En tout, nous avons recueilli quatorze observations, que
nous reproduisons le plus fidèlement possible dans la seconde partie de ce travail.
Nous allons essayer de les analyser, et, en nous aidant des
renseignements circonstanciés qui accompagnent quelques
unes d'entre elles, nous tâcherons de poser les bases de
Yétiologie, de l'anatomie
pathologique,
de la pathogénie, de lasymptomatologie,
dudiagnostic,
du pronostic et du traitement des torsions de l'épiploon.(1)Reynier(Th. Paris, 1898-99).
mmarnam
— 9 —
CHAPITRE II
Étiologie.
Ce qui frappe d'abord à la lecture des observations
publiées
de torsion épiploïque, c'est que chaque fois il y a eu coexis¬
tence de hernie.
Devons-nous admettre pourcela que latorsiondel'épiploon
est impossible en l'absence de toute hernie?
Nous ne le pensons pas.
Mais pour appuyer cette opinion, qui nous est tout à fait personnelle, il est indispensable d'établir quelques considé¬
rations sur le rôle de l'épiploon dans l'organisme.
Nous avonsdéjà dit dans l'Introduction que c'est une bana¬
lité de faire remarquer la présence del'épiploon dans les sacs herniaires. Pourquoi cette présence, sinon constante,
du
moinstrès fréquente? On a dit que la simple
pression intra-
abdominale suffisait à pousser l'épiploon dans l'orifice de la
hernie qui est béant devant lui.
Cela peut être vrai pour les hernies ombilicales ou
celles de
la ligne blanche. Il ne saurait en être de même pour les
her¬
nies inguinales et crurales pour la raison
bien simple
que l'épiploon nedescend pas jusqu'à la symphysepubienne.
On est donc obligéd'invoquer un véritable
allongement de
la membrane épiploïque pour expliquer sa
présence
enmasses souvent volumineuses dans les sacs herniaires de ces dernières régions.
Cet allongement n'est-ilpas le résultat
d'une mobilité
par¬ticulière de l'épiploon, mobilité pour le
moins
assezcurieuse?
Cette mobilité particulière n'est-elle pas
mise
encore en évidence par le fait qu'une fois entrédans l'orifice herniaire,
l'épiploon a une tendance de plus en plus marquée à ypéné¬
trer davantage?
— 10 —
Comme dit M. Berger(1): «L'épiploon s'échappeet s'insinue
avec une déplorable facilité sous les bandages. »
Faut-il rappeler ici l'expérience faite par Delbet (2) pour montrer que l'épiploon pénètre et obstrue l'orifice des drains
de façon à rendre complètement inefficaces les drainages de
la cavité péritonéale?
On sait, en effet, qu'il montra, le 17 novembre 1895, à la Société obstétricale de New-York, un tube de verre, dont le quart inférieur était obstrué par l'épiploon. Ce dernier, après
avoir enveloppé le tube, avait pénétré dans son intérieur par les perforations latérales.
En1899, M. Morestin, ayant à intervenir au sujet d'un jeune
homme qui s'était tiré une balle de revolver dans la région
du cœur, incisa le thorax suivant le trajet de la blessureet constata que, la balle ayant perforé le diaphragme, l'épiploon
faisait hernie à travers celui-ci et l'obturait.
L'épiploon n'avait-il pas dû, dans ce cas, remonter au- dessus de sa position normale?
Nous pourrions multiplier les exemples pour montrer
combien l'épiploon est mobile. Ceux que nous avons choisis
l'ont été à dessein pour prouver que cette mobilité n'est pas
régie par les seules lois de la pesanteur, mais qu'elle s'exerce
en vertu d'une action particulière, avec une sorte de finalité,
« d'intelligence », comme dit le professeur Cornil.
Nous dirons, nous,qu'il paraît exister une sorte de sensi¬
bilité analogue à celle de l'arbre qui pousse ses racines du
côté de la fumure, à celle de l'amibe qui englobe les corps
étrangers, à celle des leucocytes qui fuient ou englobent les
microbes suivant la virulence de ceux-ci.
Il y aurait, en unmot, unesortede chimiotaxie del'épiploon
comme il y a une chimiotaxie du leucocyte.
Sans vouloir prétendre que l'épiploon s'allonge, s'insinue
dans le sac herniaire, simplement dans le but de jouer un (1)Berger. Traité de chirurgieDuplayetReclus,t.VI, p. 624, ireédition.
(2) Dklbet. Traité des suppurations pelviennes, p.376.
— 11 —
rôle bienfaisant, nous devons convenir que ce
rôle
estmani¬
feste, et commedit M. Berger
(1)
: «L'épiploon compris dans
une hernie étrangléeatténue, par sa présence,
les effets de
sa compressionsurl'intestin
;l'étranglement des hernies intes-
tino-épiploïques est en
général moins serré, moins rapide¬
ment suivi de perforation ou de gangrène que
celui des
entérocèles pures. »
Maintesfois, dans les plaies
de la paroi abdominale, dans les
plaiesvaginales de l'hystérectomie (2), dans les
casde perfora¬
tion deviscères, au coursdes
appendicites (3),
lerôle de l'épi¬
ploon a été mis en
lumière.
Si nous avons ainsi insisté sur lerôlemultiple de l'épiploon
dans l'abdomen, sur les phénomènes de
migration qu'il pré¬
sente, c'est pour bien montrer que sa
pénétration dans le
sacherniaire ne constitue qu'un cas
particulier des phénomènes
nombreux qu'il est
susceptible de produire,
que cen'est,
ensomme, qu'une seule
fonction de
samobilité.
La torsion est aussi une fonction
de
samobilité, mais selon
nous, ces deux fonctions ne sont pas, ne peuvent pas
être
du tout solidaires, et de même que nous
admettons très bien
une pénétration dans le sac
herniaire
sanstorsion, de même
il est facile de concevoir une torsion sans pénétration.
Virchow (4) du reste pensait
très probablement de même
puisque, à proposdes corps libres
intra-péritonéaux, il fait la
description d'une torsion partielle
de l'épiploon, de la lorsion
des appendices épiploïques et
cela, bien entendu,
sansfaire
intervenir la présence d'un sac
herniaire.
«Ces
corpspérito-
néaux, dit-il, sont des appendices épiploïques
détachés, mais
(1) Berger.Traité de Chirurgie DuplayetReclus,t. VI,p. 584, l»'e
édition.
(2) Giresse. Contribution àl'étude des occlusionsintestinales
post-opéra¬
toires, consécutivesà l'hystérectomievaginale, Thèse de Paris, 1896.
(3) Wai.ther. Congrès Franç.de Chirurgie, 1898. — Levrey. Du
rôle de
Vèpiplo'iteaiguëou chronique (adhérences épiploïques) aucours des appen¬
dicites, Thèse de Paris, 1899.
(4) Wirchow. Pathologie des tumeurs, t. 1, traduit par
Aronssohn.
— 12 —
ayant subi préalablement, par torsion de leur pédicule, une sclérose cartilagineuse de leur revêtement péritonéal. » Et à
l'appui, ilfigure deux appendices tordus : le premier (fig. 75, pièce n° 74 de l'année 1859) offre un pédicule tordu deux fois sur son axe et très mince; le deuxième qui est un lipome arborescent du côlon offre un pédicule aussi fortement tordu (fig. 76).
Nous verrons du reste plus loin, qu'à côté des quatorze observations que nous avons pu recueillir, et qui toutes men¬
tionnent la présenced'une hernie, il y a encore des cas non
classés avec ceux de torsion de l'épiploon, à cause de leur aspect macroscopique un peu différent, mais qu'un examen
microscopique pourrait, pensons-nous, assez facilementiden¬
tifier.
Malgré tout, puisqu'il y a eu coexistence d'une hernie dans
chaque cas de torsion nettement observé, nous ferons trêve pour le moment à nos conceptions un peu trop théoriques, et,
ne considérant que lecôté réellement certain de la question,
nous conviendrons que la cause prédisposante la plus impor¬
tantepour la production de torsion de
l'épiploon
est la présence d'un sac herniaire.Variétés. — Dans les quatorze observations relatées plus loin, nous trouvons un cas de hernie ombilicale, trois de hernie scrotale et dix de hernie inguinale. Nous ne voyons pas là de quoi tirer des conclusions de statistique offrant un certain intérêt.
Ces hernies étaient le plus souvent réductibles, et n'étaient d'ordinaire devenues irréductibles, qu'au moment même on les accidents avaient apparu. Mais ici encore nousnepouvons
en déduire d'indication bien nette, car dans certains cas, l'irréductibilité datait déjà d'un certain temps.
Fréquence. — Si nous ne considérons les cas rapportés
que dans leur ensemble, la torsion de l'épiploon constitue
une affection excessivement rare. Si nous songeons par
— 13 —
contre, que dans la même année
de 1900
sept cas ontété
publiés, dontdeux à l'étranger et cinq
enFrance (quatre à
Paris, un à Bordeaux), si nous remarquons en outre que M. Lucas-Championnière en a observé deux à
lui seul, le
deuxième un an après le premier, que M. Ghavannaz est
le
second à Bordeaux à faire une semblable constatation, nous
sommes amené à penser que quelques cas de
torsion de
l'épiploon, beaucoup peut-être, ontdû échapper à l'attention
non éveillée des opérateurs.
C'est pour nous une raison de
croire
avecbeaucoup d'au¬
tres, que le torsion de l'épiploon,
aujourd'hui dévoilée,
serencontrerabeaucoupplus fréquemmentdans la suite.
A
notre avis, nous sommes en présence non pas d'unecuriosité
ana- tomique, sorte de trouvailled'opération, mais bien d'une
modalité anatomique clinique nouvellement
mise
enlumière,
et qu'il importe de bien connaître, au
même titre
quela
torsion des pédicules de kystes
ovariens.
Faut-il rappeler, à ce sujet, la
curiosité
queproduisit, il
ya un peu plus de vingt ans, à la Société de
chirurgie de Paris,
un des premiers cas de kyste
ovarien tordu présenté
parM. le professeur Duplay ?
11 ne nous est donc pas possible de
rechercher,
pasmême
de prévoir le pourcentage des cas de
torsion de l'épiploon
par rapport à la fréquence de ceux
de hernie.
Dans un avenir peut-être assez
rapproché, d'autres seront
sansdoute mieux favorisés et partant plus heureuxque nous.
Nous leur contions donc le soin de comblercette lacune.
Age. — Nous ne pouvons guère
faire de
remarqueintéres¬
sante au sujet de l'âge qui paraît
le plus propice
au genred'accident que nous étudions.
Le plus âgé des malades
(cas de Bayez)
nedépassait guère
cinquante ans ; le plus jeuneavait
dix-sept
ans(cas de Cha-
vannaz).
Peut-être pourrait-on en
conclure
quec'est
enpleine
période d'activité que les torsions
de l'épiploon s'observent le
plus fréquemment.
Sexe. — Ce point non pins ne nous paraît pas avoir une bien grande importance. La torsion a bien été constatée jus¬
qu'ici plus souvent chez l'hommeque chez la femme, mais si l'on tient compte du rapport dans le même sens de la fré¬
quence des hernies dans les deux sexes, notre constatation premièreparaît avoir perdu tout son intérêt.
Maladies intercurrentes. — Nous manquons de ren¬
seignements précis pour fixer notre opinion à ce sujet. Nous
aurions été curieux de savoir si quelque traumatisme ou tout autre influence capable de stimuler l'épiploon dans ses fonctionschimiotaxiques, n'aurait pas pu indirectement occa¬
sionner la torsion dont nous faisons ici l'étude.
Il faut donc attendre encore pour élucider cette question.
CHAPITRE III
Anatomie
pathologique.
Rien que l'examen
histologique de l'épiploon tordu n'ait
été pratiqué que pour quatre
observations
surquatorze, ce
qui est certainementinsuffisant
pour entirer des conséquen¬
ces intéressantes, nous diviserons quand
même cette étude
anotomo-pathologique endeux parties,
nousréservant d'in¬
diquer, à défaut de
résultats acquis,
cequ'il serait utile d'ob¬
server.
1. — Anatomie pathologique macroscopique.
Forme. Situation. —Tes torsions de l'épiploon
observées
jusqu'ici se sont présentéessousdes états si différents les uns
des autres que nous ne pouvons songer
à
endonner une
descriptiond'ensemble. Pour
la commodité et pour la clarté
de notre exposé, nous les classerons
donc
entrois groupes,
chacun deces groupes se
rattachant à
unemodalité-type plus
particulièrement observée.
C'est ainsi que nous serons
amenés à considérer trois types
de torsions : 10 la torsion autour d'unseul
point fixe;
2°la tor¬
sion entre deux points
fixes;
3°la torsion complexe ou torsion
anormale, ne se rattachant à aucun
des deux modes précé¬
dents.
I. TORSION AUTOUR D'UN SEUI^ POINT FIXE.
Si nous supposons un
mouchoir accroché à
unclou par une
de ses extrémités, si nous le
saisissons de la main gauche de
façon à immobiliser la partie du
mouchoir située au-dessus
de cette main gauche et
si, de la main droite, nous faisons
— 1(3
exécuter un mouvement de torsion à la partie inférieure du mouchoir, c'est-à-dire à celle qui pend librementau-dessous de la main gauche, nous aurons ainsi réaliséle type de torsion
autour d'un seul point fixe.
Si nous avons placé la main gauche vers le tiers inférieur du mouchoir, seul le tiers inférieur aura subi le mouvement detorsion, pendant queles deux tiers supérieurs seront restés immobiles. (Fig. 1, A.)
Si nous avons placé cette main gauche au niveau du quart supérieur du mouchoir, les trois quarts inférieurs auront été tordus et le quart supérieur n'aura pas bronché. (Fig. i, B.) Enfin, si la main gauche a été placée à l'endroit même où le mouchoir est accroché au clou, le mouchoir tout entier
auraexécuté le mouvementde rotation. Il y aura eu cettefois
torsion en masse. (Fig. 1, C.)
Sans rien vouloir présumer du mécanisme qui a présidé à
la torsion de l'épiploon dans les différents cas observés, la description des pièces anatomiques qui en a été faite nous autorise à classer dans ce premiergroupe les observations de Oberst, Blanc, Hochenegg, Lucas-Championnière, Lejars,
j
Figure 1 (Schématique).
Potherat, Souligoux et Deschamps,
Lucas-Championnière
etMauban.
Leplus souvent tous ces cas se
présentaient
sousdes états
fort dissemblables.
Chez les uns
(Lucas-Championnière, Lejars, Potherat), les
toursdespire siégeaientimmédiatement
au-dessous du côlon;
la masse épiploïquetout entière
subissant de
cefait les consé¬
quences de la
constriction. L'aspect était celui d'une torsion
en masse.
Chez les autres, la lorsionse rencontrait plus011
moins loin
de l'insertion côlique. Quand elle siégeait au
voisinage de
l'anneau, lapartieherniéè seule
était malade. Quand elle était
située plus haut, la partie
inférieure de l'épiploon était
atteinte, cette partieinférieure pouvant,
du
reste, occuper en partiele sac, en partie l'abdomen, oubien seulement l'abdo¬
men si le sac herniaireétait vide.
II. Torsion entre deux points fixes.
Nous ferons encore une comparaison, analogue
du reste à
laprécédente.
Nous supposerons toujours 1111
mouchoir accroché dans les
mêmes conditions que précédemment.
Comme précédemment encore,
saisissons le mouchoir avec
la maingauche, de façon à
l'immobiliser
aupoint saisi, à en
faire un point fixe.
Étant
donnéqu'il est accroché à
unclou
c'est-à-dire à un point fixe, la
partie comprise entre la main
gauche et ce clou sera bien entre
deux points fixes. Il n'y aura
plus qu'à saisir cette partie avecla main droite, Jui faire subir
un mouvement de rotation quel qu'en
soit le
sens, pourvuque ce soil toujours le même, et nous aurons
ainsi réalisé le
type de torsion que nous voulions
envisager. (Fig. 2, A.)
Supposons encore que, notre
main gauche étant toujours
placée de la même façon, nous ayons
fixé à
unautre clou,
l'extrémité inférieure du mouchoir, nousn'aurons
qu'à tordre
18
de la main droite la portion de ce mouchoir située entre la
main gauche et le clou inférieur, et le type de torsion entre deux points fixes sera de nouveau réalisé. (Fig. 2, B.)
Dans ce deuxième groupe nous classerons les observations
de Démons, de Bayer, de Baracz, de Walther.
Ici aussi, plusencore peut-être que dans le premier groupe,
l'aspect de la partie tordue varie beaucoup avecchaque sujet.
Le cas de Démons paraît à première vue se rapprocher de
ceux du premier groupe, parce que l'on ne constate d'abord
que quatre tours de spire, au-dessus d'une petite adhérence
située dansle sac et ayant occasionné une épiploïte herniaire.
L'épiploïte abdominale permet ensuite de constater que ces quatre tours se sont répétés en sens inverse, immédiatement
au-dessous du côlon transverse.
Les cas de Bayer, Baracz et Walther sont aussi très diffé¬
rents. Si nous les classons ensemble c'est que chez chacun
d'eux on retrouve, à deux niveaux différents, plus ou moins éloignés de l'insertion côlique, un même degré de torsion,
dont le sens est absolument inverse.
Figure 2 (Schématique).
Dans l'observation de Bayer, ily aceci de particulierque la portion
tordue de l'épiploon
adécrit
une anseà concavité
supérieure, afait ainsi remonter le chef inférieur
presqueà la
hauteur du chef supérieur, etque le tout est logé dans le sac herniaire. (Fig. 3.)
III. Torsion complexe ou torsion anormale.
Nous classerons dans ce troisième groupe les observations
de MM. Ghavannaz, Heitz et Bender.
Pour le cas de M. Ghavannaz (fig. 4) la dénomination de
Figure 3 (d'après Bayer.)
Figure 4 (d'après Chavannaz).
— 20 —
torsion complexe ne saurait, je
crois, être discutée. Elle
leserait bien moins encore si nous essayions d'endonner une
description nouvelle.
Aussi nousrenverrons-nous pour les détails à l'observation
même que M. Chavannaz a rapportée avec tant
de soin
et qu'ila eu le grandmérite de
présenter sous unjour des plus
clairs et des plus précis.
Lecasprésentépar MM. Heitz et Bender(Fig.
5),
nesaurait
non plus être comparé à aucundes typesque nous avons exa¬
minés. Cela prouveencore unefois que latorsion
de l'épiploon,
par ses aspects si différents, par la complexité des
lésions
qu'elle occasionne est quelquefois fort difficile àreconnaître,
et que le chirurgien devra faire preuve de beaucoup
de
patience, de beaucoup de sagacité s'il veut arriver
chaque fois
à la découverte de la vérité.
Coloration. Aspect. — Quelles que soient les
variations
de forme, de situation, nous retrouvons presque toujours
le
même aspect la même coloration. Le sac est en
général plus,
ou moins épaissi. A l'ouverture on voit une masse
tantôt
seulement œdematiée et ayant changé de couleur,
devenue
Figure 5 (d'après Heitz et Bender).