DÉGRADATION DE L’ARGININE
PAR LA FLORE MICROBIENNE DE L’INTESTIN DU POR C
I. —
ÉTUDE
« IN VITRO »M.-C. MICHEL
Simone BOCHE Geneviève HANNEQUART Station de
Physiopathologie de
la NutritionCentre de Recherches
zootechniques, et
vétérinaires sur les Ruminants 63 - Theix,près
Clermont-FerrandInstitut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
La flore microbienne totale du caecum du porc
dégrade rapidement l’arginine
in vitro. Enphase proliférante,
enprésence
deglucose
et d’urée, à unpH
de6,g
et unpotentiel d’oxydo-réduction
de300 millivolts,
l’arginine
estdégradée
à la fin de lapériode
de croissance des germes. Ilapparaît
d’abord de l’ornithine,
puis
de la citrulline et enfin de laputrescine.
L’activité des diverses enzymesimpliquées
dans cettedégradation,
mesurée sur les germes enphase stationnaire,
est la suivante,exprimée
en,uM/heure/ml
desuspension : arginase
2,85,arginine-désimidase
o,85, ornithine décar-boxylase
i,carbamoylphosphate-synthétase
o,rg,carbamoylphosphate-transférase
q.,6,arginine- décarboxylase
o,a5,agmatinase
0,25, uréase !5, enzymesdégradant
laputrescine
1,3.Cette
dégradation
s’effectueégalement
chez l’animal vivant, et est très élevée dans les cas de diarrhées. L’influence exacte sur le métabolisme de l’hôte reste àpréciser.
INTRODUCTION
Les microorganismes qui prolifèrent
dans les diversesparties
du tractus intes-tinal
possèdent
unéquipement enzymatique
trèsimportant.
Invitro,
ilsdégradent
de nombreuses substances
alimentaires,
et enparticulier
tous les acidesaminés ;
la vitesse dedégradation
estparticulièrement
élevée àl’égard
del’arginine,
de lalysine
et de la thréonine
(MIC HEL , i 9 66).
Dans l’intestin de l’animal
vivant,
les aminesbiologiques
que l’onpeut
mettreen évidence
(putrescine, cadavérine, tyramine,
aminesvolatiles, etc.),
sont trèsvraisemblablement
produites
par les microbesintestinaux ;
eneffet, l’ingestion
d’an-tibiotiques
par l’animal limite leurproduction (L ARSON
etH ILL , ig6o, M ICHEL
etal., I g6q).
Deplus,
on n’en trouvejamais
dans l’intestin de l’animalaxénique (M ICHEL
et
S A C QU ET, I g66).
’On ne sait pas encore exactement
quelle
estl’importance
de cecatabolisme
chezl’animal vivant,
et dequelle
manière lessubstances impliquées
dans ces réactionsagissent
sur le métabolisme de l’hôte et, par voie deconséquence,
sur sa vitesse decroissance. Il a été démontré en effet que la contamination de tube
digestif
d’ani-maux
aseptiques
par diversesespèces
microbiennesprovoquait
unedépression
de lacroissance de l’hôte. C’est le cas du
poulet
monocontaminé par Clastridium welchü(I;EV
etF ORBES , I g5 9 ),
parStreptococcus faecalis (H UHTA N EN
etP ENSACK , 19 65),
par desentérocoques (EY SS E N
et DeSO M E R , 19 6 5 ).
Il est à remarquer que toutes cesespèces
microbiennesprésentent
une activitécatabolique
élevée àl’égard
des subs-tances azotées.
Parmi les
hypothèses
émises pourexpliquer
cet effetdépressif,
etqui
sontappuyées
par un certain nombre de faitsexpérimentaux,
onpeut
retenir :a)
uneaugmentation
de la sécrétion d’azoteendogène
dans la lumièreintestinale, b)
unemodification,
pardégradation microbienne,
de la teneurrespective
desdiverses
substances
provenant
de ladigestion,
parexemple
des acidesaminés, c)
laformation
des substances
toxiques.
Cesdivers aspects
sont discutés dans les revues deF RAN -
ÇOI
S
( 19 6 2 ),
etFRANÇOIS
et MICHEL( 19 68).
La résolution des
problèmes posés
suppose des informationsplus
détaillées surl’activité
métabolique (biochimique)
de la flore microbienne intestinale. Le but dece travail est l’étude du catabolisme de
l’arginine
enprésence
de la flore intestinale du porc.MÉTHODES
I
. Isolement de la flore intestinale du porc
A
l’abattage
de l’animal(porcs
de 100kg),
le contenu du caecum estprélevé.
Onmélange
desprises
de 100g effectuées sur 10animaux. Le volume est amené à 2litres avec de l’eau distillée.Après
filtration sur toile fine,
qui
élimine la plupart des particules alimentaires, lasuspension
est conservéeà + 4°C
jusqu’au
moment del’emploi,
48 heures au maximum.a) Pour les essais en
phase
nonproliférante.
- Cettesuspension
est diluée au 15dans le substrat d’acides aminés et de tamponphosphate (la
concentration finale est de M/ioo pour les acides aminés et d’environM/z 5
pour le tampon depH 6,6).
b)
Essais enphase proliférante.
- Avec 200ml desuspension,
on inocule le milieu suivant : Glucose 12 g, tryptone Difco 7 g, urée 9 g,L-arginine
HCI 2,1 g, PO,H,K 3,1 g, P04HK, 2,7 g,H 2
0 q.s. 800ml. Ce milieu est
placé pendant
20minutes au bain-marie bouillant et refroidi à3 8°C
avant
d’ajouter
l’inoculum.L’incubation est effectuée au bain-marie à
3 8°C,
en flacons bouchés au coton, sousagitation
lente. Le CO,
libéré,
provenant de ladégradation
duglucose,
la forte densité de l’inoculum, assurant d’emblée unpotentiel d’oxydo-réduction
de l’ordre de - 300millivolts,identique
à celui du contenu intestinal.Des prises
de 10ml sont effectuées toutes les heures. On mesure la densitéoptique à 57 o
mp,après
dilution au 1/10dans l’eau distillée.Le reste de l’échantillon est
placé
10minutes à 100oC, afin debloquer
l’activitéenzymatique.
La
suspension
refroidie est centrifugée et le surnageant conservé à - 2o°Cju!qu’à l’analyse.
2
. Les
techniques analytiques
Les
techniques
suivantes ont été utilisées, quant àl’analyse
des acidesaminés,
amides et uréides.On effectue d’abord une
séparation chromatographique
de l’extrait sur une colonne de résine ; l’effluent obtenu est traité par divers réactifs. Les substances, identifiéesd’après
leur comportementchromatographique
et leurs réactions colorées, sont ensuiteajoutées
ensurcharge
dans les extraitsde manière à vérifier
l’homogénéité
despics.
La résine
employée (carboxylique faible),
est la Bio-Rex 70(Calbiochem).
Elle est d’abordamenée sous forme
hydrogène, d’après
latechnique
de MOOREet STEIN( 1951 ).
Onajuste
ensuitele
pH
de lasuspension
à 8,6(mesuré
à l’électrode deverre),
à l’aide de soude 10N.Après
sédimenta-tion,
leliquide
surnageant est décanté etremplacé
par du tampon citrate o,5 NpH
6(un
tiers de la hauteur de larésine).
Les colonnes
( 0 ,8
X6 5 cm)
sontremplies
desuspension épaisse,
paraspiration
sous vide.Après
sédimentation, la résine est tassée à l’aide d’azote(i kg/ CM 2 )
et on laisse s’écouler le surnageant.Après
passage de l’échantillon à doser( 0 , 1
à iml),
suivant sa teneur, ondéveloppe
par ungradient
de tampon citrate o,5N
pH
6 à 2NpH
5(fiole
de 100ml).
On
ajuste
lepH
exactement à 5. Le tampon o,5 N est obtenu en diluant leprécédent
au i/4,puis
enajustant
lepH
à 6 à l’aide dequelques
gouttes de soude 10N. L’effluent(fraction
de o,8ml)
est traité par les réactifs suivants :
i.
réactif
de MooxE et SAX (r965), à la diacétylmonoxime, qui réagit avec le groupement2
.
réactif
de Rosen( 19 6 1 ),
danslequel
nous avonsremplacé
le KCN par de l’acideascorbique :
couleur bleue violacée avec les acides aminés et amines
(MICHEL,
souspresse) ;
3
.
réactif
deChinard, d’après
RATNER( 19 6 2 ), spécifique
de l’ornithine(seule
lalysine
donneune très faible
coloration) ;
5
.
réactif
deSakaguchi, d’après
SATAKE( 195 8), qui réagit
avec le groupementguanidique ;
5
.
réactif
de Nessler,d’après
MICHEL( 19 6 1 a).
L’ammoniac donne une colorationjaune
et lesdiamines un
précipité
blanc.L’ordre de sortie des substances étudiées
(mesuré
par le nombre de fractions de o,8ml)
est lesuivant : urée 30, citrulline ço, ornithine 8g,
arginine
100, NH., i6o, cadavérine a7g,agmatine
330.RÉSULTATS
ET DISCUSSIONI
.
Dégradation de l’arginine Par la flore
enPhase !roliférante
Avec le milieu
utilisé,
et une densité d’inoculumélevée,
la croissance des germes est trèsrapide (la phase exponentielle
dure àpeine
deuxheures).
Pendant cetemps,
leglucose
et l’urée sontdégradés
à la mêmevitesse,
cequi
fait que lepH
du milieureste au
voisinage
de la neutralité(6,g
!0 , 4 ) (fig. i).
Ladégradation
del’arginine
ne commence
qu’à
la fin de lapériode
de croissance des germes, au début de laphase d’autolyse.
Au cours de cettedégradation,
on observel’apparition
d’unequantité importante d’ornithine, puis
un peu avant que toutel’arginine
ait étédégradée,
laformation de
putrescine.
De la citrulline se forme en mêmetemps
quel’ornithine,
mais en
quantité beaucoup plus
faible. La somme ― en micromoles - del’arginine
et de ses métabolites est constante, ce
qui
prouve que, aux erreursd’expérience
près,
il ne seproduit
pas d’autres réactions que celles mises enévidence,
ou bien que certains intermédiaires ont une durée de vietrop
courte pour être mis en évidence.Dans ces
essais,
leCO 2
et leNH,
n’ont pas étémesurés,
étant donné la valeur élevée del’endogène.
Eneffet,
on nepeut
mesurer avecprécision
ces deuxsubstances, qui pourraient provenir
de ladégradation
del’arginine, puisque
lesquantités
pro-duites
àpartir
duglucose
et de l’urée sontbeaucoup plus importantes.
Ces
résultats appellent
diverscommentaires, quant
à la nature des réactionsenzymatiques impliquées
dans cettedégradation.
a)
En cequi
concerne la citriclline. - On sait que celle-cipeut
êtreformée
dedeux manières différentes :
i. soit par
l’arginine
désimidase(voir
la revue deROCHE, ig6o) ,
2
. soit à
partir
del’ornithine,
par lacarbamoylphosphate-transférase, l’équilibre
de
la réaction
étant enfaveur
de la citrulline(K NI VE TT , 19 6 0 ), (Cox!rr, zg6 2 ).
1.’action
de cet enzyme suppose la formationpréalable
decarbamoylphos- phate (CAP).
Celui-cipeut
êtresynthétisé
soit par voieenzymatique,
par la carba-moylphosphate-synthétase,
àpartir
du carbamate et deNH,,
soit par voie non enzy-matique,
par addition dequantités équimoléculaires
decyanate
et dephosphate (JoN!s
etal., r955)!
b)
En cequi
concerne l’ornithine. - Celle-cipeut
résulter de laphosphorolyse
dela
citrulline,
réaction inverse de laprécédente,
ou bien de l’action del’arginase, qui produit
de l’urée et de l’ornithine àpartir
del’arginine.
c)
Cas del’agmatine.
- Ladécarboxylation
directe del’arginine,
avec formationéquimoléculaire d’agmatine
et deCO 2 ,
estproduite
in vitro par diverses souches micro- biennes(GALE, 194 6).
Ungrand
nombre decelles-ci,
enparticulier
des entérobac-téries,
sontreprésentées
dans l’intestin.Or,
avec des culturescomplexes,
nous n’avonsque très rarement obtenu cette
amine,
et dans ces cas, en très faiblequantité. L’ob-
servation suivante
peut
rendrecompte
de ces faits : 14 souches d’Escherichiacoli,
fraîchement isolées de l’intestin du porc,
dégradaient l’arginine
avec formationéqui-
moléculaire de
putrescine
et d’urée.Après
un an de conservation sur des milieuxclassiques,
ces souches neproduisaient plus
que del’agmatine.
Sur des souches decollection,
nous avons obtenu des résultatsvoisins ;
une d’entreelles,
Escherichiacoli,
« ATCC nom 77 6
»provoquait
la formation de 90p. 100d’agmatine
et d’environ10p. IOOde
putrescine
et d’urée. Onpeut
supposer quel’agmatinase, laquelle dégrade l’agmatine
en urée etputrescine,
est une enzymeadaptatative,
ou que sasynthèse
ne s’effectue
plus
dans les conditions de culture des milieuxclassiques,
alorsqu’elle
est
possible
dans le milieu intestinal. Il est à noter que lespropriétés
des germespeuvent
être différentes in vitro et invivo,
ainsi que l’ont montré DUC!,UZ!AV et al.(ig66),
dans le cas de l’uréase de Proteusmorganü.
2
.
Dégradation
del’arginine par
laflore
enPhase
stationnaireAfin de
préciser
la nature de cettedégradation,
ainsi que le sens desréactions,
la
dégradation
del’arginine
a été effectuée avec les germes enphase stationnaire,
sans incubation
préalable
avec le milieuglucose-urée :
l’addition decarbamoylphos- phate
au milieu réactionnel a été effectuée dans le but de mettre en évidence uneactivité
transférasique possible (tabl. i).
Les résultats obtenus
permettent
de calculer l’activité des divers enzymesimpliqués
dans ladégradation
del’arginine
et de ses métabolites(tabl. 2 ),
ainsi que de tracer le schémaglobal
de réaction(fig. i).
Les réactions
principales
sont les suivantes :arginine
- ornithine -!-putrescine.
L’urée
formée au cours de lapremière
réaction estdégradée
dès sonapparition,
étantdonné l’activité
uréasique
élevée de la flore. La formation de citrulline estplus rapide
à
partir
del’arginine qu’à partir
del’ornithine,
cequi implique
une certaine activitédésimidasique.
Lacarbamoylphosphate-transférase,
dont l’activité estélevée,
nepeut synthétiser
que peu de citrulline àpartir
del’ornithine,
à cause de la faible activité de lacarbamoylphosphate-synthétase.
Quant
à la voie del’agmatine,
que nous avons mise en évidence de manièreindirecte,
il est difficiled’apprécier
sonimportance relative,
lesproduits
finaux de cecatabolisme
(CO,,NH,
etputrescine)
étant communs àplusieurs
réactions.. En ce
qui
concerne la nature des germesprésents
dans la florecomplexe
etsusceptibles
d’exercer ces actionscataboliques,
nous avions démontréprécédemment
que les lactobacilles
homofermentaires, qui
sontgénéralement dominants,
étaientsans action. En
revanche,
divers lactobacilles etstreptocoques exerçaient
uneactivité
catabolique
élevée(mesurée
par ledégagement d’ammoniac).
Les entéro-bactéries avaient une activité faible
(M ICHEL , 19 6 1 ).
Il semble donc que lesstrep- tocoques, présents
enquantité élevée,
soientresponsables
de lamajeure partie
de ladégradation
del’arginine.
Eneffet,
les travaux d’A!.sr(zg 5 g),
deGALE (i 94 6),
ontmontré que ces germes
dégradaient l’arginine
avec formation d’ornithine et deputres-
cine.
L’étude
de KNIVETT( 19 6 0 ),
sur la désimidation totale del’arginine
en deuxétapes,
aboutit aux mêmes résultats. LesClostridia, qui possèdent
une activité cata-bolique
élevée(N ISMAN
etTHOUV!NeT, z 94 8 ;
Sr!MmT etal., 1952 ) pourraient jouer
un rôle si leur nombre était suffisamment
élevé,
cequi
n’estgénéralement
pas le cas chez le Porc. En cequi
concerne lesentérobactéries,
la faiblequantité
relative de cesgermes rend douteuse une activité
catabolique importante ;
les travaux de RAIBAUD(
195
8)
ont montré que, dans l’intestin du porc, leur nombre était d’environ io’ par g decontenu,
cequi représente
environ 100 mg depoids
sec par litre. De cefait,
les résultats d’essais in vitro effectués avec des germes traités parl’acétone,
ou despré- parations cellulaires,
à de fortes concentrations(T AY r,OR
etGA!,!, i 945 ),
nepeuvent
êtrecomparés qu’avec précaution
à l’activité de microbes vivants dans des condi- tionsphysiologiques.
Nous n’avons
jamais
pu mettre en évidence dedégradation oxydative.
Dans lecas de la
désamination,
celle-ci conduit àl’oxo-arginine
et estproduite
par Proteusvulgaris (S TRUMPF
etGREEN, ig 44 ).
Ladécarboxylation, qui produit
de laguanido- butyramide,
estprovoquée
parStreptomyces griseus (T HOAI
etal., =g56).
F,n
conclusion,
lecycle
dedégradation
del’arginine
par la flore microbienne de l’intestin du porccomprend
deuxparties.
Lapremière, qui
met enjeu
deshydrolases
conduit à des substances
(ornithine
etcitrulline) qui
ne sont pastoxiques,
etpeuvent
rentrer dans le
cycle hépatique
de l’urée. Celles-ci exercent un rôleprotecteur
dans l’intoxication ammoniacale(Cm OSA , 19 6 5 ).
Enrevanche,
la deuxièmepartie
com-prend
l’action desdécarboxylases
etd’enzymes dégradant
laputrescine, lesquels
conduisent à des substances non dénuées d’activité
physiologique (agmatine,
pu-trescine, NHg).
Lapart respective
de ces divers mécanismesdépend pour
unelarge part
de l’étatphysiologique
et durégime
alimentaire dusujet,
ainsi que l’ont montré des étudesqualitatives
deL ARSON
et HILL(ig6o),
et de MICHEL etal., ( 19 6 4 ),
surle
porcelet.
Chez leVeau,
des mesuresquantitatives
ont montré que l’excrétion fécale deputrescine
était très faible à l’état normal( 0 , 5
p. 100del’arginine ingérée),
maispouvait
atteindre 35p. 100del’ingéré
dans les cas de diarrhée(M I C H E L
etM A T HI E U ,
sous
presse).
Ce catabolisme
peut
exercer un rôle défavorable sur l’hôte par les voies suivantes :a)
diminution de laquantité d’arginine
effectivement absorbée parl’intestin ; b)
effet de substancestoxiques (amines, NH,, etc.) ;
c)
effet tissulaire direct des enzymesimpliqués
dans cettedégradation (uréase
en
particulier).
Ces deux dernières
hypothèses
sontappuyées
enparticulier
par les travaux deMcDERMOTT
( 19 66) ;
cet auteur a mis en évidence le rôletoxique
de l’ammoniacformé par l’action de l’uréase sur l’urée
présente
dans le gros intestin d’individuscirrhotiques
ouporteurs
d’anastomosesporte-cave.
VISEK( 19 6 5 )
considère que les enzymes microbienspeuvent
être nuisibles à l’hôte par leur actionimmunologique
sur la muqueuse
intestinale,
d’où il résulte uneaugmentation
de ladépense endogène.
Nos propres travaux soutiennent les mêmes
conclusions,
étant donné que les subs- tancessusceptibles
d’inhiber l’activitéenzymatique
microbiennepossèdent
corréla- tivement lapropriété
de stimuler la croissance animale(M ICH E L
etF R A NÇOIS , 1955 ).
·Reçu
pourpublication
enfévrier
1968.SUMMARY
DEGRADATION OF ARGININE BY THE MICROBIAL FLORA OF THE INTESTINE OF THE PIG.
1
. STUDY « IN VITRO )o
The
object
of thestudy
was to estimate in vitro the course ofdegradation
ofarginine by
theintestinal flora of the
pig.
The total microbial flora from the caecum of the
pig
wasisolated, immediately
after thepig
hadbeen
killed, by
dilution and elimination of foodparticles by
filtration. Thissuspension actively degraded arginine
in conditions close to those in the medium of the intestine(pH
6.5, Eh3 oomV,
temperature3 8 0 C,
concentration of bacteria,etc.).
The resultant metabolites were estimated
quantitatively
afterseparation by chromatography
onion-exchange
resin. Theactivity
of the different enzymes concerned in thisdegradation, expressed
in micromoles per hour per ml
suspension
at the initial concentration were as follows :arginase
2.85(arginine --)-
urea -!-ornithine), arginine
deimidaseo.8 5 (arginine
-a citrulline +NH a ),
ornithinedecarboxylase
1.00(omithine - putrescine
+CO,), carbamoylphosphate synthetase
0,15(carba-
mate -E- CO. -!-
phosphate - carbamoylphosphate), arginine decarboxylase
0.25(arginine
- agma-tine +
CO,), agmatinase
0.25(agmatine -)-
urea +putrescine)
and enzymesdegrading putrescine
I-3. In vivo thisdegradation
follows the same pattern and is seen to a greatdegree
in the case ofdiarrhoea.. The bacteria
capable
ofbringing
about thesereactions,
heterofermentative lactobacilli,streptococci, enterobacteriae, clostridiae,
etc., occurwidely
in the intestine.Different
experiments
allow thesuggestion
that these reactions could have an unfavourable effect on the hostby
thefollowing
mechanisms.a)
Reduction of thebiological
value of the diet asregards
the amino acids.b) Immunological
effect on the intestinal mucosaby
the enzymes involved in the reactions(particularly urease),
and increase inendogenous
loss.c)
Toxic effects of the metabolites formed(amines
andNH.).
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