Mélèze - Queyras Embrunais
Résumé
destage
E. RINGARD
Office
national des Forêts, F 05200 Embrun Station de Recherches sur laQualité
des Bois,Centre de Recherches forestières de Nancy, Chaiiipenoiix, F 54280 Seichamps
L’étude
technologique
du bois du mélèze dans leQueyras
et l’Embrunais s’estappliquée
à couvrir l’ensemble des situationsécologiques
rencontrées pour les mélezeins lesplus représentatifs.
Ces situations sontsimplement
définies parl’altitude, l’exposi-
tion et la nature de la roche-mère : 20
types
stationnels ont ainsi étéappréhendés
et inventoriés sur le terrain en trois
placettes
choisies pour leurreprésentativité
parrapport
aupeuplement
environnant. 8 mélèzes danschaque placette,
sur la mêmecourbe de
niveau,
ont faitl’objet
d’unsondage (carottes
de 5 mm dediamètre).
De
plus,
6 lots de mélèzes isolés ont été constitués defaçon
àpouvoir apprécier
l’incidence des facteurs
sylvicoles
sur laqualité
du bois du mélèze.Enfin,
4placettes altitudinales, étagées régulièrement
sur un même versant, ont été installées afin d’étudierl’anisotropie
de laqualité
du bois.On a mesuré sur
chaque
carotte(et
au mêmeâge)
lalargeur
des cernes et lespropriétés technologiques
suivantes :rétractibilité,
infradensité et modulesd’Young (grâce
à une nouvelle méthodeultrasonique).
L’ensemble des résultats conduit à différencier pour la
qualité
dubois,
lestypes
stationnels de basse altitude(1
400 à 1 700m)
destypes
de haute altitude(2 000
à2 100
m) :
dans cesderniers,
les mélèzespossèdent
un boisayant
une rétractibilité totaleplus faible,
une infradensité et un moduled’Young longitudinal plus faibles,
par contre des modules
d’Young
transversauxplus grands
parrapport
aux mélèzes des altitudes inférieures. Outrel’altitude,
la luminosité et la hauteur totale(reliée
à lafertilité
stationnelle) participent également
au déterminismeécologique
de laqualité
du bois.
Dans le modèle d’essai
d’explication
de la variabilité de laqualité
dubois,
lavariable diamètre à
1,30
m intervientjuste après
l’altitude. Deplus,
laqualité
du boisdes arbres
isolés,
tous de basse altitude(1
400 à 1 700m)
estplus proche
des mélèzesen
peuplement
de haute altitude que de celle des mélèzes enpeuplement
aux bassesaltitudes. Cela illustre l’influence
probable
de lasylviculture
sur laqualité
dubois,
influence
peut-être plus
forte que celle des facteurs de station.(1) Rapport de 3" année E,N.1.T.E.F., septembre 1980.
L’augmentation
du diamètre à1,30
m est reliée à une diminution de la rétrac-tibilité,
de l’infradensité et du moduled’Young longitudinal.
L’anisotropie
de laqualité
du bois n’a pas pu être mise en évidence defaçon claire,
compte tenu desimperfections
de laméthodologie.
Elle confirmecependant
les connaissances
générales
sur lescaractéristiques technologiques
du bois decompression.
La hauteur totale des mélèzes est fortement reliée à
l’altitude, principal
facteurlimitant de la croissance. Le ralentissement
général
de la croissance en diamètre est effectif pour laplupart
des mélezeinsplus
ou moinsproches
de 200 ans.Cependant, quelques placettes
ouquelques
mélèzesparticuliers
conservent, même à unâge avancé,
leur
capacité
de croissance en diamètre.Une
sylviculture, comportant
des éclairciesplus fortes, apparaît
donc avanta-geuse : bénéfice d’une croissance
plus rapide
endiamètre,
conciliée avec une amélio-ration de la
qualité
du bois dans le sens d’une diminution de larétractibilité, principal
défaut connu pour le mélèze.