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A NNALES DE L ’ INSTITUT F OURIER

G ÉRARD C ŒURÉ

Fonctionnelles analytiques sur certains espaces de Banach

Annales de l’institut Fourier, tome 21, no2 (1971), p. 15-21

<http://www.numdam.org/item?id=AIF_1971__21_2_15_0>

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http://www.numdam.org/

(2)

Ann. Inst. Fourier, Grenoble 21. 2 (1971), 15-21.

FONCTIONNELLES ANALYTIQUES SUB CERTAINS ESPACES DE BANACH

par Gérard CŒURÉ

Soit B un espace de Banach, on peut mettre sur l'espace H(B) des fonctions analytiques sur B, deux topologies inté- ressantes : celle H(^ définie par les semi-normes portées par les compacts [1] et celle Hç [2] qui si B est séparable est la topologie bornologique associée à la topologie de la convergence compacte.

S. Dineen démontre [3] que ces deux topologies coïncident si B est un Co-module ce qui nécessite entre autre que B ait une base. On démontre ici que ce résultat est encore vrai si B est un sous-espace homogène au sens de Silow de L^Tc) où TT est le tore à une dimension. L'espace H1 de Hardy, par exemple, est un tel espace dont on ne sait pas [4] s'il possède une base.

H<;(B) et H^(B) ayant d'après [5] les mêmes bornés, le résultat annoncé est équivalent au théorème suivant.

THÉORÈME 1. — Soit B un sous-espace homogène de L^Tc), soit T une application linéaire continue de Hç(B) dans un espace de Banach E, alors T est porté par un compact, c'est-à- dire est continue dans V espace H^(B).

La démonstration est décomposée en un certain nombre de propositions et de lemmes. Rappelons que B est un sous- espace homogène de L^Tc) si

a) l'opérateur de translation est une isométrie sur B;

-&) si l'application : t -> x^ à valeurs dans B est continue, où Xi désigne la translatée : 6 -> x(Q — t) ;

c) la norme dans B majore celle dans L1.

(3)

16 G É R A R D C Œ U R É

Dans ces conditions [6], les sommes de Césaro cr^ sont des opérateurs bornés, de normes 1, sur B, qui convergent forte- ment vers l'identité.

Soit F un espace de Banach; on se donne une suite cr^

dans L(F) formée d'opérateurs de rangs finis, de normes inférieures à 1, commutant 2 à 2. On désigne par 1 — ^n/F/^

la restriction de 1 — <r^ à F^ = ^(F).

PROPOSITION 1. — Si quel que soit k, ||1 — crJFJ est le terme général (Kune série convergente alors l9 opérateur

n

S^ == J_j_ [X + (1 — ^Q^i] converge en norme vers un opérateur i

compact pour tout : 0 ^ X < 1.

Démonstration. — a) On démontre d'abord cette proposition sur chaque sous-espace F^.

Le spectre de 1 — ^/F^ est pour i assez grand contenu dans un cercle de rayon .———» on a donc dans ces conditions :i

1 — X

n[X + (1 - X)(T,]/F, = exp {S Log [1 + (^ - 1)(1 - ^)]/F,}, or la norme de Log [1 + (^ — l)(i — ^/F/c] est majorée par

— Log [1 — (1 — X)||l — ^i/Ffcll], cette dernière quantité étant le terme général d'une série convergente, l'opérateur S^/Ffc converge en norme dans L(F^).

b) ^ peut s'écrire : Sn == S ^"^l — ^ S ^M où :

p=.9 TeApW

Ap{n) est l'ensemble des combinaisons p à p des n premiers entiers, 7^(0) = a^ ... cr^p). Soit RAp(M) l'ensemble des éléments de Ap(yz) prenant une valeur ^ K, K étant choisi tel que X^ < s.

U

p=n

Si === ^ ^ ^ ( l — ^ S ^T^)? on vérifie les relations

n.K P==0 re^Ap(")

suivantes :

p==n—K

^ - U| ^ S ^^(1 - ^p C?-K = ^K < £ n.K I P==0

(J = ?W^..<T. avec W^. = (1 - X)X' Fl (^ + (1 - W

n.K i=l n'^j"^i

Les opérateurs W^i convergent en norme sur ^((F)

(4)

FONCTIONNELLES ANALYTIQUES SUR CERTAINS ESPACES 17

lorsque n tend vers l'infini d'après le a), il existe donc un entier N tel que L _ J — L J < s pour n et m supérieurs

II n,K m,K II

à N. Il en résulte que pour n > N : ||2^ — SJ| < 2e et les opérateurs S^ forment une suite de Cauchy qui converge vers un opérateur compact S car S est aussi la limite en norme de la suite L J qui est formée d'opérateurs de rangs finis.

PROPOSITION 2. — Si B est un espace homogène de L^rc), alors ^opérateur U^ == 2(1 + ^nî)"1-^ a une norme qui tend vers 1 et V opérateur T^ == (1 + cr^)"1.^ + ^n») converge fortement vers V identité.

Démonstration. — Un calcul élémentaire fournit les relations suivantes :

(1) (l+^)-l.^=2n2(l-2n)

n-3 p + 1 _ 2n{n - 1)

^ (2n2-p)(2n2-p-l)C7P+1 (2n2-M+2)(2n2-n+l) CTra-l

n2

+ 2 ^ _ ^ + i ^

(2) (1 + c ^ ^ -l. ^ = - 2 M2 ni3

_______P+l 1 . 2(^2 - 1)

(2n2-p)(2n2-p-i)(2n2-p-2) p+l (M2+2)(n2+l) "t~l

, n2

+-^1^

Désignons par âp^ et bp^î les coefficients des a? dans les développements (1) et (2) respectivement :

n-1 9y,2 U.(l)=t=2S.,,.+2,^'^

Puisque les (T? sont de norme 1, on a

Oy,2 n-1

'"•'^n^n+l-2?''-

2n2 , / , . 2ra2 \ 4 i n / 1 \

= 2n^ - n + 1 + (- 1 + W - n + l) = 1 + ° [~n) ce qui établit la propriété annoncée pour U^.

(5)

18 GÉRARD CŒURÉ

De même puisque T^l) = = 1 on a :

T^X) - X = S (O^ + &p.n.)[<^) -- ^ + 5 (^) - ^), 1 n+l

sur tout x dans B.

Puisque c^ converge fortement dans B, choisissons N tel que pour n > N on ait HCT^^) — x\\ < s. Dans ces conditions, on a

\\T,{x)-x\\ ^ S |a^+^J 11^1 p=i

+ 4 S K n + & p J + 2 |&p.j1

^l n+l -i

or le coefficient de e s'écrit :

n—l ni—i

— S ^p.n + «n.n — S ^p. ^ + ^.n«;

N+l N+l

il est majoré par :

n—l rft—1

— S ^p.n + û^n - 5 ^p,n. + &n.. n. == - [1 — 2û^ — 2^^<]

^ - 1 + 2n2 4. 2^ ^ 0.1^

- -1 + 2^ - n + 1 ' ^ï2"?"! ~ ( /

Enfin chaque Op^ ou &^^ pour p < N tend vers 0 lorsque n tend vers l'infini, il en résulte que T^(^) -- x tend vers 0.

Soit W> la famille des polynômes homogènes continus sur B.

Si P est dans 3ë Bp est la forme n-linéaire symétrique associée à P.

PROPOSITION 3. — Soit T une application linéaire continue de Hç(B) dans un espace de Banach E tel que :

(3) ||T(P)|| < KY^BPII, V P e ^ , K et y étant des constantes données (y > 1).

Alors pour tout entier N, pour tout y' > 1, il existe une constante K' et un opérateur u^ de la forme — ' gna

2i

(6)

FONCTIONNELLES ANALYTIQUES SUR CERTAINS ESPACES 19

d'indice supérieur à N tel que :

(4) |T(P)|| < K ^ Y . Y r ' l I P0^ VPeafê.

Démonstration par Vabsurde, — Si (4) n'avait pas lieu, il existerait une suite P^ dans 3e tel que :

(5) ||T(PJ|1 ^ ^Y.ïr^lIP^ouJ pour tout n.

Le degré de P^, que l'on notera k^ est supérieur à n car si (5) n'avait pas lieu pour tous les polynômes de d° ^ n, alors (4) aurait lieu avec K' == n pour ces polynômes, quant à ceux de d° < TZ, l'hypothèse (3) fournit par homogénéité une constante convenable pour (4) puisque les opérateurs u^

sont inversibles. ^

En utilisant la décomposition P^{x + y) = ^ C^B^(a;, y)

r==o

où B^(x, y) vaut B^, ..., x, y , r fois, y), on s'aperçoit que (5) entraîne l'existence de T\ tel que :

(G) mw^, i - ^)]n > ^^ (y.Tnp.uj.

Montrons que r, est un 0 ( - , — ) ' dans le cas contraire après

/1 \

\"'n/

extraction d'une suite, on aurait •11JS- S» a > 0. Or :

(7) C^, i-.^^^p^+.d-.,)]^

-àL^-^'w-^+^.È

U^ et T^ sont les opérateurs de la proposition 2 ; pour chaque

4

x dans B, (1 — TJ(rc) a donc une norme inférieure à — P x\\ pour n

(

1 \

et U^(^) a une norme inférieure à 1 + — n l ^ l l pour assez grand. Il en résulte la majoration suivante :P /

(8) pB^a,.. 1 - .W ^ ^ _\_( / 1 \

v / II IP.u,.» . | ^ p - ^ V ' + ^ + T ^ I I "

< -^ (cte)

(7)

20 G É R A R D CŒURÉ

p pouvant être choisi arbitrairement grand, le premier membre de (8) tend vers 0 pour n infini, ce qui entraîne :

Cg:B^, I - < T J

IPn.^11

est le terme général d'une série entière convergeant unifor- mément sur tout compact de B, mais aussi convergente dans l'espace Hç(B) car ces deux topologies coïncident pour les suites d'après (6).

Il en résulte que :

Tf^^^ ^- l P.u,.

^.B^q,, i - ^ ) - l | ^

tend vers 0 ce qui est contradictoire avec (5).

On a bien ^ == 0 (-^-V Enfin (4) (6) (7) entraînent les inégalités v n /

A- [2p sup IITJ1 + ||UJ + 2pM|P o u ^ 1|C;^(^, 1 - ^)||

p n

^ ^-J1T[C£»B^, 1 - ^)]H ^ ^-^. -^-. y^UP o ^1|.

Or d'après la proposition 2, ||UJ tend vers 1 et T^ est majoré en norme puisque tendant fortement vers l'identité.

On obtient donc par passage à la limite :

1 + 0(p) ^ y", ce qui est impossible pour p assez petit.

Fin de la démonstration du Théorème 1. — Soit y^ une suite

00

de nombres > 1 tel que le produit infini J[J[ y/c converge

0

vers y, alors il existe une suite C^ de constantes positives et une suite u^ d'opérateurs définis dans la proposition 3 d'indices n^ ^ /c, tels que :

(9) ||T(P)|| ^ C,(Yoïi ... ï,)'011

| | P < > W ^ o M,j . . . U4\\, V P e ^ .

En effet les opérateurs M, étant inversibles, T ^ ) = T ( / - o u ^ . . . o ^ )

(8)

FONCTIONNELLES ANALYTIQUES SUR CERTAINS ESPACES 21

définit une application linéaire continue sur H<;(B) qui, si (9) est vrai à l'ordre /c, vérifie la relation (3) de la proposition 3.

La relation (4) fournit alors la relation 9 à l'ordre (/c + 1).

La relation (9) est vérifiée à l'ordre 0 pour un yo convenable car T est continue.

Après avoir remarqué que les opérateurs u^ vérifient les hypothèses de la proposition 1, appelons K le compact

00

mage de la boule unité co par l'opérateur ]~J u^j. La rela- tion (9) signifie qu'étant donné s > 0, il existe une constante Cg telle que

||T(P)|| ^ C,.||P||(^(K+^) V P e ^ .

Enfin si f est analytique sur B, f est la somme de sa série

00

de Taylor f=^?n convergente dans H,(B) et l'on a,

0

X étant donné > 1, :

iiT(nn ^ i IIT(PJ|| ^ c,i ||PJ(^),K^)

0 0 1

^ A _ ^ Cgfl/'ll^+g^K+eo))-

BIBLIOGRAPHIE

[1] L. NACHBIN, Topology on spaces of hol. mappings, Springer Verlag, Berlin, (1968).

[2] G. CŒURÉ, Fonct. plurisoush. sur les e.v.t. et applications à l'étude des foncts. analyt., Ann. de V Inst. Fourier T. 20, (1970).

[3] S. DINEEN, Holomorphic funct. on (Cç, X^)- modules (à paraître).

[4] I. SINGER, Bases in Banach Spaces, Springer-Verlag, Berlin, (1970).

[5] A. HIRSCHOWITZ, Bornologie des espaces de fonct. analyt. en dim. infinie, Sem. Leiong (Paris), (1969).

[6] Y. KATZNELSON, An Introduction to harm. Analysis (1968), John Wiley and Sons Inc.

Manuscrit reçu le 2 décembre 1970.

Gérard CŒURÉ, Institut de Mathématiques,

2, rue de la Grafîe, 54-Nancy.

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