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Submitted on 1 Jan 1903
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Théorie de la capillarité - (4e mémoire)
Gerrit Bakker
To cite this version:
Gerrit Bakker. Théorie de la capillarité - (4e mémoire). J. Phys. Theor. Appl., 1903, 2 (1), pp.354-366.
�10.1051/jphystap:019030020035401�. �jpa-00240762�
354
ligne et que cette décharge est due au voisinage de la ligne et du fil
de terre du bureau, comme le montre la fusion du tube de plomb placé en ce point. De plus, cette décharge a été localisée sur la ligne,
entre ce point et la tour, car le reste de la ligne et la sonnerie S, en circuit, situés dans le bureau, n’ont pas été endommagés.
Ces faits s’expliquent facilement si on se rapporte au schéma des connexions, en ce qu’ils sont la réalisation d’un cas particulier des expériences de Lodge sur la décharge dynamique.
Un fait analogue s’était déjà produit sur cette même ligne, le
février 1891, pendant un orage à neige; la cause en est très pro- bablement la même, puisque les fils passaient aux mêmes endroits.
On a remédié à ces inconvénients en établissant un fil de retour,
supprimant ainsi toute mise à la terre à la tour et, par suite, tout danger d’un nouvel accident du même genre.
THÉORIE DE LA CAPILLARITÉ
(4e mémoire) ;
Par M. GERRIT BAKKER.
§ 1. - L’équ£libr’e liqttide. - Ce sont surtout les. phénomènes
de capillarité qui conduisent à admettre l’existence de deux séries de forces entièrerrtent distinctes existant entre les particules d’un liquide.
Les premières sont les forces de cohésion de Laplace, que l’on peut concevoir comme des forces à distance ; les autres sont des forces
calorifiques s’exerçant uniquement entre des éléments adjacents et
donnant naissance à la pression thermique. Pour qu’un élément de volume soit en équilibre sous l’influence de ces deux sortes de forces,
on doit avoir dans chaque direction, 0 étant la pression thermique,
p la densité et V le potentiel des forces de cohésion (2) :
D’autre part, ~ étant l’énergie libre par unité de masse, on a pour (1) 3e série, t. YIII, p. ;»~ ; 1899 ; - 3e série, t. IX, p. 3!J4;
1000; - 31 série, t. X, p. 135 ; 1901 ; - et 4e série, t. J, p. 105 ; 1902.
(2) Dans les autres mémoires, j’ai représenté le potentiel par la lettre ~.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019030020035401
355
l’équilibre de l’élément de volume dz, d’après le principe de Gibbs :
En exprimant que la masse totale doit rester invariable, on a la
condition :
L’équation (1), d’une part, les équations (2) et (3), de l’autre, expriment de deur manières différentes la même condition d’équi- libre ; elles doivent être équivalentes, ce que je vais démontrer.
Considérons la variation de l’intégrale de volume
dans laquelle 0 est considérée comme une fonction de p (la température
étant constante), l’indice 1 se rapportant à une densité fixe; on aura :
Avec la condition - o, la variation de l’intégrale précé-
dente s’écrit encore :
en représentant par V4 le potentiel d’une phase homogène de de n-
sité fixe, auquel cas on a aussi :
356
La condition pour que lai variation de l’intégrale ci-dessus soit nulle est :
d’où l’on a nécessairement (1) da = -
Les conditions :
et
sont équivalentes avec c~6 = - rdv (4) .
Or l’équation thermodynamique de Clapeyron-Clausius (t) :
montre que T (
On a donc :
est la pression thermique 0 et la cohésion.
0 ne dépendant que de la densité au point considéré ; d’où :
La condition (4) est donc équivalente à :
L’intégrale représente l’énergie potentiellc ; à tempéra-
(1) Voir J. de 3° série, t. VIT, p. 1~2-l~a ; 1898.
357 ture constante, la variation de l’énergie totale E est égale à celle de l’énergie potentielle ; donc : - - -
. La condition (4) devient donc :
ou
Les conditions (2) et (3) sont donc équivalentes avei (1) .
§ 2. --- -Équation différentielle de la densité dans la couche laire. - Van der Waals a trouvé l’équation donnant la variation de la densité dans la couche capillaire en appliquant les équations (2)
et ~3) à la couche capillaire en équilibre entre les phases homogènes
du liquide et de sa vapeur. Il est donc possible, en vertu de l’équi-
valence qui vient d’être démontrée, de trouver la variation de la densité en partant de l’équation (1).
Soit p la pression existant dans une masse homogène de densité égale à celle qui règne au point considéré de la couche capillaire ;
on a :
’
Portons dans (1); il vient :
En intégrant et en remarquant que v - 1, il vient :
P
L’indice 1 se rapportant à la phase liquide, on a :
Soit p le potentiel thermodynamique d’une masse homogène de
358
densité p :
d’où, en vertu de (6), il vient :
Substituons, dans (7), à V, l’expression suivante trouvée par Max- well, lord Rayleig~h et Van der Waals :
et dans laquelle c2, c 4’ ..., sont des constantes indépendantes de la
fonction de force, et dh est la différentielle dans une direction normale à la surface, différentielle positive dans la direction liquide-vapeur;
il vient alors : -.
ce qui n’est autre chose que l’équation de Van der Waals.
Si l’on adopte la fonction de force , on a les relations :
L’équation (8) devient donc :
S 3. - Le potentiel et la force en un point de la couche capillaire.
- En adoptant la fonction de force précédente, on a pour le poten- tiel V (4) :
-
- (1) G. BAKKER, J. de Plays., 3, série, t. IX, p. 396; 1900.
359
ou bien, V étant dans la couche capillaire fonction de h seule :
Éliminons V + 2ap entre les relations (10) et (7), il viens :
Or le membre de droite de cette équation n’est autre chose
que
l’intégrale vdP
et est donné par les surfaces curvilignes1
-NMGH +LFGlVI de la d, qui représente, de H en K, la
FiG. 1.
partie théorique de l’isothern-ie. F est le point où la densité est égale
à celle du point considéré de la couche capillaire. Si, en particulier,
F correspond au point où u. - 1L1 s’annule, on doit avoir : Surface NMGH = surface LFGM.
La différence s’annule donc trois fois, aux pointsH, F et K.
Il d. A d ae d d2V ,
’d. 1 b . ,
Il doit en être de même de
dh2 c’est-à-dire que la courbe qui repré-
sente V en fonction de h doit être asymptotique à deux droites se rapportant aux potentiels des phases homogènes du liquide et de la
vapeur; de plus, la courbe doit avoir un point d’inflexion Q (V. flg. 2).
360
.- cV
L’expression dh au F oint Q, ui n’est autre que la tangente de l’angle x, représente en valeur absolue l’intensité maxima du champ
de force dans la couche capillaire (à l’intérieur des phases homo- gènes du liquide ou de la vapeur, le champ de force est nul). Cette
FIG. 2.
intensité maxima se calcule de la manière suivante : La pression hydrostatique perpendiculairement à la surface de la couche capil-
laire doit être en tout point égale à la tension de la vapeur et peut
être considérée comme la différence entre la pression thermique 0 et
la cohésion dans cette même direction. Or, pour la cohésion, j’ai
trouvé (’) :
Soit p, la pression de la vapeur, on a donc :
d’où, en remarquant que = 2xfh2, @
Pour le point d’inflexion Q (fig. 2) . o, d’où, en vertu de (10),
Pour le point d’inflexion Q ‘? j : dIZ2 = o, d’où, en vertu de (10),
(1) G. BAIiKER, J. cle Phys., 3e série, t. IX, p. 400; 1900. 1 .
361 D’autre part, soit p la pression d’une phase homogène de densité
. égale à celle du point considéré de la couche capillaire ; on a aussi : -.
En éliminant 0 et V entre (12), (i3) et (fà j, il vient :
ou
2)~ -- p n’est autre chose que la distance SF dans la fig, ~1. A mesure que la température s’élève, SF diminue pour devenir nulle au point critique ; de même, tang oc ~) diminue aussi pour s’annuler à la
température critique où les droites BB’ et CC’ coïncident.
4. - L’épaisseur de la couche capillaire. --- Dans une théorie de la
_ r
capillarité où l’on a introduit une fonction de force connue ee
on ne peut pas, dans le sens propre du mot, parler d’une couche
capillaire d’épaisseur finie, car, au point de vue purement théorique,
les pliases liquide et vapeur ne deviennent homogènes qu’à une dis-
tance infinie de part et d’autre de la courbe capillaire. Pour la cons-
tante capillaire de Laplace, j’ai donné la formule (’ ) :
les indices se rapportant aux phases homogènes. Rigoureusement il
faut écrire :
En réalité, on prend l’intégrale entre deux limites telles qu’on puisse négliger la différence avec l’expression (17) ou, ce qui revient
(1) G. BAKKER, J. de Plzys., 3, série, t. IX, p. 402; 1902.
362
au même, on remplace la lqg. 2 par la flg. 2 bis, dans laquelle
PS’ représente ce qu’on appelle l’épaisseur de la couche capillaire.
L’épaisseur de la couche capillaire n’est donc pas une grandeur
FIG. 2 b is.
"
comme la longueur d’onde d’une certaine radiation simple, mais une
valeur pratique au-dessous de laquelle on ne pourrait pas descendre
sans commettre une erreur sensible dans le calcul de la constante
capillaire (1).
(~) La surface
PSTP’ = f2
Vdh (fig. 2 bis) a une signification très simple. En1
effet, en intégrant les deux membres de l’équation (10), il vient, en remarquant
s’annule pour les phases homogènes :
2
Or
pdh représente la Inasse m de la couche capillaire par unité de surface ;1
donc :
Cette relation est indépendante de la fonctiun de car, dans le cas général,
2
on a, en intégrantles deux membres de l’équation (8),
(u
1 - dit = o.Dans le cas général, l’équation (7) donne : donc on a encore :
363
O f. lA v
L.., .. , d h On peut p faire la même remarque q pour p
2013 ’ L’intensité
dh du chamde force en fonction de h est réellement représentée par une courbe telle que x y’QWy 3) ; mais on la remplace par la
FIG. 3.
courbe LVQWM. La surface comprise entre cette courbe et l’axe des h représente le double de la chaleur de vaporisation interne r.
On a en effet :
Pratiquement, si on considère LVQS et SQ WM comme des seg- ments paraboliques ayant une tangente commune en Q et LM comme l’épaisseur de la couche capillaire, on trouve, pour la surface
LVQWML, QS étant la valeur maxima de
7h :
dVd’où, en vertu de l’équation (4 8),
La distance du centre de gravité de la surface LVQWML à l’axe
des est donnée par l’expression connue, laquelle, en tenant compte des relations (16) et (18), donne : -
364
D’autre parut, LVQNVyL étant la somme de deux segments para- boliques, la même distance est aussi représentée par :
d’où il vient, en égalant les deux expressions :
Selon qu’on élimine il», - p ou r entre les équations (19) et (20),
on obtient pour l’épaisseur li, de la couche capillaire :
Pratiquement, on peut admettre l’expression simple :
Or j’ai trouvé antérieurement pour la constante capillaire de
l,aplace (1): -
expression dans laquelle ~~ représente la pression à l’intérieur de la couche capillaire dans une direction perpendiculaire à sa surface (p, - pression de la vapeur saturée), et 1J2 la pression parallèlement
à la surface. En égalant les valeurs de H données par (22) et (~3), il
vient :
d’oÙ:
La moyenne parallèlement à la surface de la couche capil-
laire est égale à la pression de l’isother?ne théorique au point F (de la fig. i) où le potentiel 1fierJYiod y7ùaJniqie p est égal à celui des phases honzogènes.
(1) G. BAKKER, J. de Ph?Js., 3e série, t. IX, p. ~03 ; 1900.
365 On peut encore dire : Le potentiel thernodynanaiclue a la 1nênze
valeur aux I)oints H, I et F de l’isother»îe (fig. l ) . La pression cor- respondant aux I)oints H et K et celle qui correspond au point F sont
les pressions existant pe>.pe>idiculai>.eJoeie7ùt et par’allè-
lement cc la couche capillaire.
_
FIG. 4.
L’expérience ayant montré (Berthelot, Pacinotti, Leduc et Sacer- dote) que la pression à l’intérieur d’un liquide peut être négative (1),
c’est-à-dire que l’isotherme peut couper l’axe des volumes (1qg. 4), il
est vraisemblable que le point F peut tomber au-dessous de l’axe des volumes. La relation (~?~~) indique qu’il doit en être ainsi. En effet., la constante capillaire de Laplace, II, donnée par (23), est rela-
tivement grande aux basses températures ; il s’ensuit que Pt, tension de la vapeur saturée, étant petite, nécessairement P2clh doit
1
négal£ve, et par suite p. Le point F se trouve donc au-dessous de l’axe des abscisses.
Pour la température où le point I~ est situé sur l’axe des volumes,
on a :
(’) Voir VAN DEn et J. de Phys., 4° série, t. 1, p. 718: 1902.
366
l’épaisseur de la couche capillaire est égale au quotient de la cons-
tante capillaire par la tension de la vapeur saturée. La température
où il en est ainsi ne peut pas être très éloignée de la température cri- tique, car, aux températures basses, H est relativement grand et p ,
petit, tandis que h, doit rester petit. Van der Waals (’ ) trouve pour la
température où le minimum B de l’isotherme est situé sur l’axe des
volumes, celui-ci étant tangent à l’isotherme:
Lorsque la température s’abaisse à partir de la température cri- tique, on trouve donc relativement tôt des isothermes qui coupent l’axe des abscisses, ce qui est d’accord avec la petitesse du rayon de courbure au point B, et c’est pour cette raison que la relation (25) s’applique à une température où la tension de la vapeur saturée est
encore assez grande.
’
G. QUINCKE. 2014 Die Oberflächenspannung an der Grenze von Alkohol mit wäs-
serigen Lösungen Bildung von Zellen Sphärokrystallen und Krystallen (Tension superficielle à la surface de séparation de l’alcool et des dissolutions aqueuses.
Formation de mousse, de cristaux liquides et de cristaux). 2014 Drude’s Annalen der Physik, t. IX, p. 1-44; 1902.
La tension superficielle à la surface de séparation de l’eau et de
l’éther est d’abord 1,25 mmg, quand les surfaces sont fraîchement
renouvelées ; elle décroît avec le temps par suite de la dissolution de l’eau dans l’éther. Cette diminution est d’un tiers au bout de trois heures.
La tension superficielle à la surface de séparation de l’eau et de
l’alcool est très faible, décroît encore quand la durée du contact aug- mente, provoque la formation de lignes ondulées et hélicoïdales dans un mince jet d’eau qui s’écoule lentement dans l’alcool, puis ne
tarde pas à devenir nulle.
Les solutions aqueuses (des sulfates de cuivre, de manganèse, d’aluminium, d’ammonium, de sodium, de magnésium, de zinc, d’alun, de sel ammoniac) présentent au contact de l’alcool une ten-
(1) J. de Phys., 4e série, t. 1, p. 718 ; 1902.