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Contribution à l'étude des Lapiés: le Silbern (canton de Schwytz)

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Contribution à l'étude des Lapiés: le Silbern (canton de Schwytz)

CHAIX, Émile

CHAIX, Émile. Contribution à l'étude des Lapiés: le Silbern (canton de Schwytz). Le Globe, 1905, vol. 44, no. 1, p. 49-60

DOI : 10.3406/globe.1905.4952

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:141577

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® @

LE SILBERN

(CANTON DE SCHWYTZ)

PAR

'Émile CHA.IX,

Professeur de géographie.

Avec 3 planches exécutées d'après des photographies de l'autfur

Lorsque je publiai ma première Contribution

à

l'étude des lapiés 1, je ne connaissais pas l'article du professeµr Fr. Ratzel sur les lapiés du Jura\ ni l'ouvrage capital de M. J. Cvijic', le Phénomène car­

sique

3

De là quelques lacunes dans mon travail et surtout un manque de concordance dans la nomen­

clature de diverses formes déjà classées par M. Cvijic'.

Dans mon article intitulé Les lapiés du Désert de Platé, paru en 1896 dans I'Écho des Alpes

,.

, j'ai tenu

1 La topographie dit Désert de Platé, dans le Globe,. organe de la Société de géographie de Genève, XXXIV, Mémoires, avec une carte et quinze planches photographiques, 1895.

2 Fr. Ra tzel. U eber Karrenf el der im Jura und Verwandtes, paru avec la liste des docteurs de l'Université de Leipzig en 1891.

3 J. Cvijic'. Das Karstphœnornen, dans Geogr. Abhandlungen v. Penck, vol. V, fasc. 3. -

,vien,

Hœlzel, 1893.

4 Écho des Alpes, organe des sections romandes du Club alpin suisse, N° 4. Genève,. 1896.

LE GLOBE, T. XLIV, 1905. 4

(3)

50 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES LAPIÉS

compte des travaux de ces Messieurs. Il est donc inu¬

tile de refaire aujourd'hui la bibliographie du sujet;

elle se trouve dans ces deux publications.

Il suffit de rappeler que, pour le phénomène la- piaire proprement dit (die Karren), M. Cvijic', comme MM. de Lapparent et Penck, renvoie le lecteur au mémoire classique du prof. Alb. Heim 1 .

Or M. Heim ne mentionne comme formes lapiaires caractéristiques que les rigoles et cannelures dans le sens de la pente sur les surfaces inclinées, et quelques enfoncements irréguliers, ronds ou en formes de fentes. C'est évidemment incomplet, car, dans le même volume, M. F. Becker énumère, à propos du même Silbern, une foule d'autres formes d'érosion lapiaire2.

Mais le Désert de Platé s'est montré d'une richesse de formes encore plus grande ; il possède entre autres des crevasses importantes, d'un kilomètre de longueur.

Et le levé consciencieux et impartial de la carte, exé¬

cuté en collaboration avec mon neveu M. G. Bordier, a dévoilé un système général de croisement de ces cre¬

vasses ; j'en avais conclu qu'un phénomène de torsion avait préparer des plans faibles, que l'érosion chi¬

mique avait attaqués ensuite au point d'en faire des fentes souvent considérables.

J'appris que mes idées avaient été vivement criti¬

quées parce qu'elles s'éloignaient des notions reçues.

Or, comme celles-ci étaient inspirées surtout par des

1 A. Heim. Uéber die Karrenfelder , dans Jahrbuch des Schw.

Alpenklub, vol. XIII, 1877-8.

2 F. Becker. Die Karrenfelder des Excursionsgebiets. Jahrbuch des Schw. Alpenklub, vol. XIII, 1877-8.

(4)

observations faites au Silbern, je décidai d'aller étu¬

dier ce lapié, pour voir si je m'étais trompé.

Ce n'est qu'en juillet-août 1904 que j'ai pu réaliser ce projet, en compagnie de mon fils André Chaix, et voici le résultat de mes observations. Elles seront accompagnées de quelques clichés qui augmenteront la collection que j'ai déjà publiée.

I

Le Silbern.

Ce massif calcaire est situé dans le canton de Schwytz, entre le col de Klausen, le Bisithal (vallée de la Muota), le col de Pragei et le groupe du Glaer- nisch *.

Dans son ensemble, cette région lapi aire comprend, du N. au S. : le Silbern avec les Twserenen et Bœd- mern, les vallons herbeux de Melchthal et Kalber- loch ; les crêtes de Grrat et Kratzerengrat ; les petites vallées gazonnées de Reetschthal et Kratzeren; le groupe du Pfannenstock et Auf den Stollen ; la Karrenalp ; la chaîne First-Kirchberg ; la Glattalp ; enfin la chaîne des Mserenberge, Jsegernstœcke et Ortstock.

La zone lapiaire s'étend entre 1500 et 2500 m., le dôme du Silbern lui-même s'élevant à 2314 m.

Elle couvre, avec d'assez grands intervalles de végé¬

tation, un espace d'une soixantaine de kilomètres carrés (les lapiés du Platé n'en occupent guère qu'une vingtaine).

1 Atlas topographique de la Suisse (Siegfried), feuilles 400, 263 et 399 (Linththal, Glaris et Muotathal), 1 : 50 000e.

(5)

52 CONTRIBUTION A I/ÉTUDE DES LAPIÉS

Au point de vue géologique 1 , le massif Silbern- Pfannenstock présente la succession suivante :

1° Au N., au dessus du col de Pragel, une paroi rocheuse à 30°, formée des sommets érodés d'une série de plis anticlinaux couchés et empilés.

2° Au Silbern même, le flanc normal, à peine voûté mais plus ou moins plissé, de l'anticlinal supé¬

rieur. Ces deux zones sont formées de trois étages crétaciques nommés par M. Heim : Seewerkalk (cré- tacique supérieur), Gault (albien) et Schrattenkalk

(crétacique inférieur), et qui encadrent des anticli¬

naux de néocomien (hauterivien et valanginien).

3 e Un étroit synclinal presque droit de Schratten¬

kalk (le Melchthal).

4° Un mince anticlinal de Schrattenkalk et Néoco¬

mien (le Kratzerengrat).

5° L'étroit synclinal du Rsetschthal, en Schratten¬

kalk.

6° Le puissant anticlinal jurassique du Pfannen- stock (malm avec noyau de dogger et lias).

7° Le faible synclinal jurassique de la Karrenalp.

8° Des anticlinaux curieux au Kirchberg et Ort- stock.

Le Platé possède les couches crétaciques corres¬

pondantes (entre autres l'urgonien) ; mais le dogger et le lias (jurassique inférieur) n'y affleurent nulle part, à ma connaissance, et son sommet a conservé une épaisse couverture de flysch.

1 A. Heim. Matériaux pour la carte géologique de la Suisse , livr. 25.

(6)

II

Comparaison entre Silbern et Platé.

Au point de vue tectonique, le massif du Silbern est certainement beaucoup plus intéressant que le Plate ; car celui-ci n'est que le flanc normal, légèrement bombé, d'un seul anticlinal couché, d'une longueur,

il est vrai, remarquable.

Mais si le Platé est inférieur comme intérêt géolo¬

gique général, il est bien plus riche au point de vue lapiaire. Il est certainement inutile de rappeler que ce qui distingue le lapié 1 des autres genres d'érosion, c'est qu'il est dû à l'action dissolvante chimique de l'eau acidulée et non à son travail mécanique.

Voici les formes que j'ai pu observer fréquemment, avec indication des planches correspondantes publiées ici-même ou dans ma Topographie du Désert de Platé*.

A. CORROSION LAPIAIRE PRIMORDIALE :

1 . rigoles dans le sens de la pente, sur les surfaces modérément inclinées ( Topogr ., pl. I, II, III) ;

2. cannelures dans le sens de la pente, sur les sur¬

faces très inclinées ou verticales (Planche I, 2 et Topogr., pl. IV) ;

3. surfaces chaotiques , dans les parties horizon¬

tales (notamment au sommet du Platé).

Ces trois types de ciselure lapiaire se trouvent au Silbern comme au Platé.

1 On trouve souvent ce mot écrit lapiaz ou lapiez. J'ai adopté lapié, comme plus commode à employer. Les paysans ne pro¬

noncent pas lapia, mais disent un lâp\ comme en allemand lâpj.

2 Globe , t. XXXIV, Mémoires, 1895.

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54 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES LAPIÈS

B. CORROSION MODIFIÉE PAR LA NATURE DE LA PIERRE :

1. quilles , dans le calcaire plus siliceux ou gréseux (voir au premier plan de la Planche II) ;

2. bourrelets arrondis , dans le même genre de cal¬

caire ou dans le conglomérat, et généralement com¬

binés avec des crevasses rudimentaires ( Topogr ., pl. VI);

3. bourrelets plats, dans les calcaires semés de pla¬

ques siliceuses.

Au Silbern je n'ai vu que les formes N° 1 et 2.

C. CORROSION MODIFIÉE PAR DES SYNCLASES (fêlures, joints, Fugen) :

1 . briques , peut-être produites parla gelée (Topogr., premier plan des pl. III et IV) ;

2. dalles rectangulaires ou pavés , variant un peu dans des couches différentes ;

3. balafres (ou surfaces hachées), plutôt dans le jurassique (voir le second plan de la Planche II et le premier de la Pl. III) ;

4. trottoirs (mamelons ou croupes), souvent arron¬

dis et toujours cannelés sur leurs flancs ( Topogr pl. IV);

5. tabourets et

6. cubes isolés , plutôt dans le flysch (Topogr., pl.

Y. Écho des Alpes , pl. II) ;

7. crevasses courtes parallèles, sans influence de la pente ; peut-être devraient-elles rentrer sous la lettre D (voir Planche 1,1).

Le Silbern ne m'a montré que les formes N° 1, 2 et 3.

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Tout cela est dû sans doute à des différences de densité , donc de solubilité ; mais ces différences ne sont pas accidentelles, car elles réapparaissent les mêmes sur les mêmes couches dans des endroits éloignés.

D. CORROSION MODIFIÉE PAR DES FRACTURES :

1. entonnoirs et dolines , dus à une fissuration locale encore plus ou moins énigmatique (voir J.

Cvijic', das Karstphœnomen) ;

2. puits , gouffres ou avens, notamment puits à neige (Topogr., pl. XIV) ;

3. failles , avec rejet en général très faible (Topogr., pl. VIII) ;

4. vallées sèches , trockene et blinde Thseler de Cvijic' ( Topogr pl. VII) ;

5. crevasses longues ou crevasses maîtresses, ayant jusqu'à un kilomètre de développement et traversant des couches diverses avec simple modification d'as¬

pect.

Tandis que le Platé possède toutes ces formes, je n'ai trouvé au Silbern que les Nos 1, 2, 3 et 5.

Ce dernier genre de crevasses, très nombreuses au Platé, souvent larges et profondes, étaient d'un intérêt suffisant pour motiver plusieurs mois de travail topographique; au Silbern, quoique j'eusse apporté mes instruments, je constatai immédiatement qu'une carte à grande échelle n'aurait pas sa raison d'être.

Les crevasses de ce type y existent, mais n'y sont ni générales, ni importantes ; il serait impossible,

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56 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES LAPIÉS

même avec beaucoup de maladresse, de s'y faire du mal; tandis qu'elles sont souvent fort dangereuses au Platé. Leur orientation ne présente pas le même

intérêt qu'au Platé : dans l'ouest du Silbern, elles courent du N.-N.-E. au S.-S.-W. , avec quelques toutes petites fentes perpendiculaires ; dans le haut du Sil¬

bern, elles sont orientées du N.-E. au S.-W. Mais le fait même de leur existence dans ce lapié est intéressant.

Les petites failles que j'ai vues allaient du N.-W.

au S.-E.

Les entonnoirs de la Karrenalp sont remarquables, et il en existe une petite rangée curieuse au Thor- loch, sur couches redressées. Au milieu du lapié jurassique des Stollen s'ouvre la petite doline du

Rohbutzli 1 .

Bref, en comparaison du Platé, le Silbern est un lapié plutôt pauvre en formes et bien moins impres¬

sionnant, tout en étant bien plus riche queM.Heim ne le représente ; mais, comme au Platé, le phénomène lapiaire n'y est pas dû uniquement au ruissellement de l'eau carbonique sur le calcaire pur, cette action s'y combine aussi quelquefois avec un phénomène dynamique externe de fracture, et toujours avec un phénomène interne de clivage ou synclase s .

1 Dans cette triste dépression, comme dans tous ces misérables

« pâturages ! », nous avons trouvé des vachers qui avaient couru le monde, voire l'Amérique, et qui étaient bien au courant des affaires de Corée, etc. Il n'en est pas partout ainsi.

2 Dans son article de V Annuaire du Club alpin, M. F. Becker mentionne un grand nombre de formes, auxquelles il donne les noms allemands que voici : Karren, Rinnen, Furchen, Spalten, Steinwaben (rayons de miel), schwammartige Bildungen, Trum-

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Reste la question de l'érosion mécanique dans ces lapiés, soulevée par M. E.-A. Martel, l'éminent explorateur des grottes du monde entier 1 .

Dans sa note, il djt que les lapiés, entre autres le Silbern et le Platé, « ne doivent pas leur origine entièrement à la corrosion, mais que le rôle méca¬

nique de l'eau courante, même contemporaine, y est très influent. »

S'il ne s'agit que de la topographie générale , nous sommes d'accord ; je reconnais même que peu de régions présentent mieux l'aspect d'un cirque de dénudation que le S.-W. du Désert de Platé, dont j'ai dressé la carte.

Je suis aussi enchanté de l'idée que les puits et abîmes , comme celui des Verts®, soient des restes de la première circulation profonde qui a remplacé la

circulation superficielle primitive ; car on ne peut s'expliquer ces puits ni par la topographie actuelle, ni par une circulation superficielle active, qui n'existe évidemment plus depuis longtemps.

Mais dans ce qui constitue vraiment le lapié, c'est- à-dire la ciselure superficielle, il n'y a pas trace d'érosion mécanique. Les deux seules exceptions que je connaisse sont : 1° le fait que dans le bas de rigoles très longues la terre transportée pourrait avoir une

mermeere, rundliche Rùcken, messerscharfe Grsete, zackige Riffe mit tiefen Lœchern, Platten. Beaucoup de ces dénominations con¬

cordent évidemment avec les miennes, mais l'absence de figures interdit toute comparaison rigoureuse.

1 Sur l'origine des lapiaz et leur relation avec les abîmes et l'hydrologie souterraine des calcaires. — Note lue à l'Académie des Sciences de Paris le 15 décembre 1902.

2 Topogr. du Désert de Platé, p. 41 et ss.

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petite action; 2° dans une vallée sèche du Platé, une seule place porte une empreinte de ce genre ( Topogr ., pl. VII, à droite) ; mais ce peut être une ancienne grotte, aujourd'hui effondrée ; en tout cas le torrent n'y circule plus jamais.

M. J. Cvijic', dans son ouvrage magistral, a déjà étudié les lapiés et carses (carso, Karst) à toutes les altitudes, depuis le niveau de la mer ; mais en distin¬

guant avec le plus grand soin la corrosion chimique de l'érosion mécanique et en excluant cette dernière, qui ne rentre .ni dans le phénomène lapiaire, ni dans le phénomène carsique1. Cette exclusion est absolument indispensable si l'on veut conserver la clarté nécessaire à la nomenclature scientifique8.

III

Conclusions.

Au lieu d'ébranler mes convictions relatives au Platé, l'étude du Silbern les a fortifiées. Je les résu-

1 Voir das Karstphœnomen , notamment p. 224 [8], où il parle des plages ravinées. 2 Sur l'érosion mécanique , voir entre autres les travaux suivants, qui présentent l'avantage capital de fournir des documents photo¬

graphiques : J. Brunhes. Le travail des eaux courantes, dans Mémoires de la Soc. fribourgoises des Sc. nat., II, 4, Fribourg 1902. — J. Brunhes. Nouvelles observations sur le rôle et l'action

des tourbillons , dans le Globe , Mémoires, XLIII, Genève, 1904. — E. Chaix-DuBois. Le Pont des Oulles , érosion par les eaux cou¬

rantes, dans la Géographie, Bulletin de la Soc. de géogr. de Paris, VIII, 6, 15 décembre 1903. — Il serait vraiment regrettable que le monde scientifique étendît, comme le public, l'application du nom de lapié à des phénomènes aussi peu lapiaires que le Pont des Oulles, où il n'y a que quelques petites crêtes lapiazées, et la

cataracte d'Assouan, qui ronge du granit.

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merai ici, en les complétant par deux notions que j'emprunte à M. Martel.

1. Les régions du Platé et du Silbern ont conservé dans leur topographie générale l'empreinte de la grande dénudation mécanique qui a dû succéder aux derniers plissements.

2. Les puits et gouffres qu'ils contiennent sont pro¬

bablement des restes de la première circulation pro¬

fonde qui s'était établie sur le relief primitif et a supprimé la circulation superficielle.

3. Dans le détail du modelé actuel, il n'y a plus trace d'érosion mécanique, mais uniquement de cor¬

rosion chimique, par l'acide carbonique de l'eau.

4. Cela détermine d'abord la formation de ce que MM. Heim et Cvijic' considèrent à bon droit comme la forme lapiaire primordiale : les rigoles, canne¬

lures et chaos.

5. Ensuite, des formes secondaires qui sont bien dues à la dissolution chimique, qui sont donc lapiaires et caractéristiques, probablement universelles, mais où la simple corrosion chimique est modifiée par la nature du calcaire (quilles, bourrelets, etc.), ou

dirigée par des synclases (briques, dalles, balafres, trottoirs, cubes, etc.).

6. Enfin des formes dont la cause première est dans l'existence de fissures ou fractures mécaniques , mais qui ont été développées par la corrosion (dolines, crevasses, etc.).

7. Plusieurs de ces derniers phénomènes semblent être communs à toutes les régions calcaires et peuvent donc être considérés comme lapiaires nor-

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60 CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES LAPIÉS

maux, par exemple les entonnoirs, dolines et puits.

8. Quant aux grandes crevasses-maîtresses entre¬

croisées du Désert de Platé, dont je cherchais la cause

dans un phénomène de torsion, d'après les expé¬

riences de MM. L. Duparc et A. Le Royer1, ma

conviction à leur égard est définitivement faite, grâce aux recherches de MM. E. Ritter et L.-W. Collet4.

Ils ont en effet constaté, l'un et l'autre, que, dans la

région du Platé, les charnières des plis sont obliques

aux axes au lieu de leur être perpendiculaires, autre¬

ment dit, le plissement s'est fait en biais ; donc il y a eu réellement torsion des strates.

1 Topographie du Désert de Platé, pp. 31-33.

2 E. Ritter. Le massif du haut Giffre , dans Bulletin des services de la carte géol. de la France , N° 61, 1898. — L.-W. Collet. Étude géologique de la chaîne Tour Saillères-Pic de Tanneverge , dans Ma¬

tériaux pour la carte géol. de la Suisse, N° XIX, 1904.

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