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Quels effets sur la santé sociale, physique et psychologique?

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Academic year: 2022

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KUPCZAK JULIETTE BDNS 2

Travail de recherche présenté à

C.ROJOT – Nutrition du sportif S.GROSEIL – Psychologie du sportif

EDNH – PARIS Le 05/04/2019

Sujet 20

:

Pratique du jeûne et performance sportive.

Quels effets sur la santé sociale, physique et psychologique ?

(2)

Sommaire

I. Introduction ... 3

II. Les différents types de jeûne ... 3

1) Présentation de l’alimentation ... 3

2) Les cinq périodes ... 5

III. La performance sportive par le jeûne ... 8

1) Les plus connus ... 8

2) Les implications physiques et psychologique ... 10

IV. Conclusion ... 12

V. Annexes... 13

VI. Bibliographies ... 14

(3)

I. Introduction

Qu’entend-t-on par « pratique du jeûne » ?

Le jeûne peut être observé depuis des millénaires. Lors de l’évolution, les espèces animale et humaine ont été soumises aux fluctuations des disponibilités alimentaires (saisons, disette,

…). Elles ont développé des capacités d’adaptation qui ont permis à certaines espèces de survivre. Le corps humain a structuré une réponse physiologique au manque de nourriture ; il constitue des réserves, réduit et modifie son métabolisme afin de préserver au maximum et au plus longtemps les fonctions vitales.

L’intelligence humaine a donné une dimension volontaire au jeûne. Ceci motivé par des raisons religieuses (Ramadan, Carême, Yom Kippour, Bahaïsme, Mormomisme), mystiques (Inédie, Pranisme, Respiranisme), politiques (Mahatma GANGHI, grèves de la faim), sociologiques (Hygiénisme) et thérapeutiques (travaux de Valter Longo aux Etats Unis, travaux de Youri Nicolaev en Russie. Documentaire de Thierry de ESTRADE [1]).

Ces dernières années, peut-être en réponse aux différents scandales sanitaires, le jeûne est devenu synonyme de bien-être et de détoxification. Dans le milieu sportif, c’est un outil pour améliorer les performances et les résultats. Dans le magazine Femina Hebdo du 1 juin 1997, Yannick NOAH parle de sa préparation physique et mentale au tournoi de tennis de Roland Garros par le jeûne alors qu’il entame le septième jour d’abstinence. [1]

400 ans avant JC, Hippocrate aurait déclaré : “Il faut être mesuré en tout, respirer de l’air pur, faire tous les jours de l’exercice physique et soigner ses petits maux par le jeûne plutôt qu’en recourant aux médicaments”.

Un ouvrage traduit de l’américain fait référence en matière de jeûne. L’auteur propose en 350 pages une analyse comparative et didactique en faveur des différentes déclinaisons d’inanition. [2]

Néanmoins, la médecine conventionnelle reste prudente et mitigée sur le sujet. Un rapport de l’INSERM affiche les conclusions suivantes : « Bien que des présomptions d'effets bénéfiques du jeûne existent, ils nécessitent de se voir démontrés scientifiquement par de nouvelles études (aux mieux assortis de suivi longitudinal) dont la méthodologie idéale reste à définir. » [3]

II. Les différents types de jeûne

1) Présentation de l’alimentation

Le terme « jeûne » englobe plusieurs types de cures et de jeûnes : jeûne complet (ou total), jeune partiel (ou cures), jeûne continu ou intermittent :

• Un jeûne est total (ou complet) si l’apport calorique est nul. Au cours d’un jeûne total, seule l’eau est permise. En cas d’arrêt des apports hydriques, on précisera le terme en parlant de jeûne sec.

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• Un jeûne est partiel si l’apport calorique n’est pas nul, tout en restant très modeste (en général de 250 à 300kcal/jour au maximum). La diète repose en général sur des jus de fruits ou de légumes, sans apport calorique solide ; méthode « Buchinger » [4].

• Un jeûne peut être intermittent (20/4 un seul repas le soir, 4/3 un jour sur deux, 5/2 2 fois 24 heures dans le semaine).

• Un jeûne peut être continu, sa durée est variable (de 1 à > 40 jours).

• Un jeûne peut ou non être associé à un repos complet [5], ou au contraire à une activité physique.

Les réserves énergétiques de l’organisme humain sont résumées schématiquement dans les Erreur ! Source du renvoi introuvable., Erreur ! Source du renvoi introuvable.. La pr incipale forme de stockage chez l’homme est de loin les triglycérides, bien plus importante que les protéines et plus encore que les glucides. Chez un sujet mâle de 70 kg, les réserves glucidiques totalisent environ 2 500 kcal, stockées dans le muscle (400 g de glycogène), dans le foie (100 g de glycogène) et dans le liquide extracellulaire (20 g de glucose). Les réserves lipidiques totalisent environ 112 000 kcal (12 kg de graisse neutre), soit 80% des réserves, le reste étant représenté par les protéines.

Les triglycérides sont des corps totalement hydrophobes, et les vacuoles lipidiques du tissu adipeux ne comportent pratiquement pas d’eau, contrairement au glycogène, qui immobilise environ le triple de son poids en eau. L’oxydation des lipides conduit à la libération de 9 kcal par gramme alors que l’oxydation d’un gramme de glucides ne libère environ que 4 kcal. Les protéines, dont l’oxydation libère également 4 kcal par gramme ne représentent pas une forme de réserve énergétique. Les protéines sont largement mobilisées au cours du jeûne ou en cas d’augmentation des besoins. La fonction musculaire indispensable à la mobilité se transforme alors en fonction de réservoir d’azote en cas de nécessité métabolique plus urgente.

Tableau 1: Les réserves énergétiques de l’organisme et leur utilisation au cours du jeûne. Valeurs établies d’après un sujet adulte sain de 70 kg [6].

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Tableau 2 : Réserves énergétiques chez un sujet de 70 kg [7]

2) Les cinq périodes

Cinq phases sont distinguées en fonction du temps qui sépare de la dernière prise alimentaire.

La période absorptive ou post prandiale ( ) qui correspond aux 8 heures qui suivent la dernière prise alimentaire est caractérisée par une élévation de la glycémie et des acides aminés plasmatiques qui, en stimulant la sécrétion d’insuline, oriente le métabolisme vers l'utilisation du glucose et le stockage de tous les nutriments ingérés. L’élévation du rapport insuline/glucagon est responsable des effets métaboliques suivants :

o Une augmentation de la pénétration cellulaire du glucose et de son utilisation (oxydation ou stockage sous forme de glycogène).

o Une inhibition de la lipolyse endogène et de l’oxydation mitochondriale des acides gras.

o Une augmentation de la synthèse des triglycérides et de leur stockage adipocytaire.

o Une augmentation de la synthèse des protéines avec une réduction de la protéolyse cellulaire

La période post absorptive ( )qui se caractérise par une dernière prise alimentaire comprise entre 8 et 16 heures. Nous vivons tous cette phase tous les jours lorsque nous nous réveillons le matin. La situation métabolique se modifie avec la décroissance de la glycémie et de l’insulinémie :

o La baisse de l’insuline permet l’augmentation progressive de la lipolyse adipocytaire, de l’oxydation mitochondriale des acides gras dans les tissus insulinodépendants, puis de la cétogenèse hépatique.

o La fourniture en substrat glucidique du cerveau et des éléments figurés du sang est réalisée principalement par la glycogénolyse des réserves glycogéniques hépatiques. A ce stade, la néoglucogenèse à partir des acides aminés libérés par la protéolyse musculaire joue un rôle accessoire mais en proportion croissante dans cette fourniture.

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La période de jeûne lorsqu’on est au-delà de 24 heures après la dernière prise d’alimentation.

Là encore, on distingue 3 phases de jeûne :

Le jeûne court ( ) : de 1 à 3-5 jours, ou phase protéique. Les réserves sont épuisées. Pour fournir du glucose au cerveau, un mécanisme de néoglucogenèse se met en place (Erreur ! S ource du renvoi introuvable.). Le glucose est principalement synthétisé à partir des acides aminés des protéines musculaires.

Figure 1 : Utilisation des substrats énergétiques au cours de la phase de jeûne court [8]

C’est une étape est délicate car elle s’accompagne de sensation de fatigue, de faim importante, d’une baisse de vigilance et de performances, voire des troubles de l’attention.

Certains peuvent toutefois ressentir ce que l’on appelle la « crise d’acidose » se traduisant par des nausées et des migraines transitoires. Un des signes évocateurs est la mauvaise haleine.

En effet, l’acétone est un des corps cétoniques éliminé par les poumons.

Ce mécanisme adaptatif ne peut perdurer, car la fonte protéique est trop rapide. Une transition vers une nouvelle phase, visant à économiser les protéines, se met alors en place la voie des corps cétoniques.

Il faut noter que certains organes restent dépendants du glucose pour leur métabolisme énergétique, car dépourvus de mitochondries. Il s’agit des hématies, des tissus transparents de l’oeil et de la médullaire rénale, pour lesquels la consommation en glucose est estimée à environ 40 g/24 h. Ce glucose provient de la glycolyse anaérobie, le lactate libéré étant ensuite réutilisé pour la synthèse de glucose. Pour d’autres organes, malgré la présence de mitochondries, la totalité de l’énergie nécessaire ne peut pas être fournie uniquement par l’oxydation des lipides. Une partie de cette énergie reste fournie par l’oxydation de glucides. Il s’agit du cerveau, des leucocytes, des tissus en phase de croissance ou de maturation et du

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coeur. On estime les besoins totaux en glucose pour un sujet adulte à environ 180 g/24 h. Le glucose réellement oxydé est estimé à 140 g/24 h, ce qui correspond aux besoins en synthèse de glucose de novo et au métabolisme énergétique cérébral.

En général, pendant cette phase, la perte de poids représente 1 à 2 kg/jour. Cet amaigrissement initial rapide est principalement constitué d’eau et de sodium, provenant du compartiment extracellulaire. En effet, la combinaison de l’absence d’entrée de sel, d’une élévation du glucagon (au moins pendant les premiers jours de jeûne, par son effet natriurétique), d’une baisse de l’insuline (l’insuline a un effet antinatriurétique) provoque une diurèse osmotique. La mobilisation de glycogène hépatique, et à un moindre degré de glycogène musculaire, contribue à la perte d’eau intracellulaire les 3 premiers jours de jeûne.

Pour une dépense énergétique quotidienne équivalente à 2400 kcal/jour la 1e semaine, la mobilisation de masse grasse peut-être estimée à 269 g/jour (pour fournir 2 150 kcal/jour). Le catabolisme de 62,5 g de protéines permet de fournir 250 kcal/jour et équivaut à une perte nitrogénée de 10 g/jour.

Le jeûne prolongé ou phase cétonique ( ) : Cette période commence vers le 5ème jour de jeûne et peut durer plusieurs semaines, elle vise à épargner les protéines corporelles. Les substrats énergétiques sont alors principalement fournis par la lipolyse. Les acides gras produits sont soit oxydés directement soit transformés en corps cétoniques par le foie (Erreur ! S ource du renvoi introuvable.). Les corps cétoniques peuvent en particulier être utilisés par le cerveau, diminuant de ce fait les besoins en glucose. Les acides gras et les corps cétoniques deviennent ainsi la principale source de substrats énergétiques, ce qui permet de réduire le catabolisme protéique musculaire et d’épargner les protéines.

Figure 2 : Utilisation des substrats énergétiques au cours de la phase de jeûne prolongé [8]

La phase terminale / Rupture du jeûne : cette phase a été étudiée uniquement chez l’animal.

La concentration plasmatique de glucose s’élève, la concentration plasmatique des acides gras et des corps cétoniques s’effondre, le catabolisme protéique augmente. La sensation de

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vraie faim réapparait [2]. Cette phase du jeûne a initialement été interprétée comme le passage à un stade irréversible de dénutrition, les modifications métaboliques témoignant du probable épuisement des stocks lipidiques et de la nécessité pour l’organisme d’utiliser ses dernières réserves protéiques pour synthétiser les molécules de glucose indispensables aux besoins énergétiques minimaux. Selon M. Apfelbaum [9], cette interprétation se traduit par le tableau clinique suivant :

o Un état de cachexie avec diminution importante des réserves énergétiques et réduction des pertes azotées urinaires, coexistant avec un maintien assez prolongé de concentrations ''subnormales'' des protéines viscérales et de l’albumine plasmatique. - Une morbidité liée à la réduction de la masse protéique. Elle commence par une limitation de l’activité physique, se poursuit avec une baisse de l’immunité cellulaire, puis apparaissent des complications infectieuses et cutanées, du fait de l’utilisation d’autres protéines que celles provenant des muscles

o Une évolution vers la mort.

Néanmoins, selon X. Leverve [6], il semble que cette interprétation soit inexacte, d’après les observations faites initialement chez les pingouins, puis le manchot. Les manchots mâles jeûnent à distance de leur lieu de pêche pour couver leurs œufs puis protéger leurs poussins du froid en attendant le retour de la femelle. Afin de pouvoir se réalimenter et pour rejoindre ce lieu de pêche, ils doivent reprendre une activité physique importante et parcourir de longues distances, après un jeûne de plus de 100 jours. Ces modifications semblent donc être sous- tendues par la reprise d’une activité motrice destinée à la recherche de nourriture, car si cette troisième phase n’est pas irréversible, elle n’en est pas moins limitée à brève échéance.

III. La performance sportive par le jeûne

La majorité des sports peuvent être concernés en raison des compétitions et de la pression importante de la part des entraîneurs et des parents.

Tous les sports où la composante du poids est forte sont les meilleurs candidats. De multiples facteurs font que le sport en lui-même est sujet aux modifications des comportements alimentaires recommandés (Insep [11]).

1) Les plus connus

Le jeûne est implicite pour les sports à composante esthétique qui prônent le principe d’archimaigreur et les sports à contrainte de poids bas.

Les sports dits de minceur

Le poids joue un rôle essentiel, voire prépondérant dans la pratique des sports à visée esthétique. Apparence longiligne et minceur sont valorisées et sont quasi indispensables à la réussite : comme la danse, la gymnastique artistique et rythmique, le patinage artistique, les sports de glace et la natation synchronisée.

Particularités filles/garçons.

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Contrairement à la fille, le garçon sportif utilise la perte de poids comme une instrumentalisation de son corps, c’est un moyen de gagner. Selon le sport choisi, peser moins est signe d’efficacité et de performance. Le tableau clinique est assez comparable à celui de la forme féminine. L’aménorrhée est remplacée par la perte de libido et de l’érection. Les formes restrictives pures sont plus rares que chez la femme. L’hyperactivité physique et le désir d’une musculature bien développée sont notés.

Les sports à contrainte de poids bas

Dans les sports à catégorie de poids, le sportif doit correspondre à la catégorie inférieure pour être le plus performant, ce qui présuppose la pratique d’un régime drastique amaigrissant peu avant la compétition avec, bien entendu, une reprise rapide dès la compétition terminée. C’est le cas par exemple de la lutte, de la lutte gréco-romaine, du judo…

Les moins connus

Peu de personnes se doutent que les sports qui font intervenir la légèreté et la puissance pour gagner sont à risque alors qu’ils peuvent être fortement influencés par l’obtention d’un poids léger. Ces sportifs qui recherchent un rapport poids/performance optimal ont plus de troubles du comportement alimentaire avec restriction.

Les sports qui nécessitent des qualités antigravitationnelles techniques

Il s’agit du saut à ski, du ski alpin (descendeurs), du saut en hauteur, du saut en longueur ou encore de l’escalade. 22 % des athlètes masculins présentent des troubles du comportement alimentaire. Ainsi, la Fédération française de Ski s’alarme car actuellement tous les sauteurs sont très légers et ont un indice de masse corporelle faible. En 2008, tous les sauteurs d’un niveau international avaient des détentes sèches d’environ 60 à 70 cm pour des IMC à 18,5 (poids en kg/taille en m2) soit environ 1,84 m pour 63 kg. Ainsi, le contrôle de l’IMC a été installé sur le circuit international pour lutter contre l’anorexie.

Autres sports

Les sports d’endurance (cyclisme, biathlon, course à pied…) sont concernés, tout comme les sports de balle (tennis…) en raison de la contrainte d’un déplacement rapide (vis-à-vis de la balle).

Le sportif amateur

Il n’est pas rare de voir une pratique intensive des sports en salle associée à une restriction alimentaire.

Un cas très particulier : l’antigras du culturiste

Le culturisme où la traque du gras est un sport où la connaissance du jeûne est assez fine.

(période de sèche, shoot glucidique, optimisation des filières énergétiques).

Emergence des régime/jeûne intermittents « Train high, Sleep Low » [11]

Depuis la mise en évidence de l’effet ergo génique de l’ingestion de glucides à l’effort, les recommandations nutritionnelles en glucides ont évolué vers une spécificité en fonction des besoins liés au type d’exercice. Dans ce contexte, un intérêt grandissant est maintenant porté à l’entrainement en condition de déplétion en glycogène musculaire. Ces travaux renforcent l’idée que le glycogène

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musculaire n’est pas une simple réserve de substrat énergétique mais est un véritable vecteur adaptations et des échéances compétitives induit des modifications sur la performance, le métabolisme oxydatif, la biogénèse mitochondriale et l’expression de certains gènes adaptatifs.

Ainsi, manipuler la disponibilité glucidique est un modulateur des réponses aigues et chroniques de l'exercice. L’avancée des connaissances nutritionnelles nous permet d’entrer aujourd’hui dans une nouvelle ère de l’élaboration des recommandations nutritionnelles.

2) Les implications physiques et psychologique

a) Les effets sur la santé physique

Quand jeûne « sportif » et performance sont associés, l’objectif le plus courant et quelque peu tabou est la perte rapide de poids : extrait des recommandations d’un éducateur de judo, « Le poids de compétition devra être atteint au moins une semaine avant pour vous éviter d'avoir recourt à des pratiques qui pourraient nuire à votre santé et à vos performances : jeûne, déshydratation, sauna, diurétiques, etc... En effet, ces pratiques s'accompagnent souvent d'une baisse des réserves hydriques et de glycogène. Au contraire, vous pourrez les optimiser en suivant un régime hyperglucidique les 3 jours précédant la compétition. Celui-ci s'accompagnant souvent d'une prise de poids (variable suivant l'athlète), il convient de prévoir une marge de manœuvre que vous pourrez déterminer lors de tests à l'entraînement [10]. » Il est à montrer que pendant les 10 premiers jours de jeûne, des hommes non obèses avec accès libre à l’eau peuvent perdre 4 kg les 5 premiers jours, puis 3 kg les 5 jours suivants.

Chez le jeune enfant/adolescent l’alimentation doit être variée et adaptée à ses besoins énergétiques nécessaire à sa pleine croissance. Le régime et plus particulièrement les combinaisons de jeûnes courts et/ou intermittents, total ou partiel risquent d’entrainer un ralentissement de croissance et des troubles du développement pubertaire. Chez les filles s’ajoutent des risques d’aménorrhée, mais aussi de tendinites et carence martiale. Chez le sportif masculin, la restriction lipidique peut avoir comme conséquence une baisse de la testostéronémie [11].

Liste des effets physiques possibles [12] :

• Frilosité (basse T3 et absence de chaleur dégagée par le travail du tube digestif).

• Fatigue (par manque de sommeil, hypotension, hypoglycémie ou état dépressif).

• Hypotension et étourdissements au lever.

• Maux de tête (spécialement chez les amateurs de café).

• Douleurs lombaires (par déséquilibre minéral et modifications de l’hydratation des disques intervertébraux).

• Nausées, vomissements de bile (par hypoglycémie ou reflux de bile du duodénum vers l’estomac).

• Brûlures d’estomac, ballonnements (sécrétion acide gastrique non tamponnée par la nourriture).

• Crampes dans les jambes (déséquilibre minéral).

• Palpitations cardiaques (élimination d’eau et de minéraux les premiers jours).

• Impatiences ou syndrome des jambes sans repos.

• Faim (parfois chez des jeûneurs maigres ou manifestant un rejet inconscient du jeûne par peur ou contrainte, alors vécu comme stressant et pouvant nécessiter la

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rupture du jeûne, différente de l’irritation épigastrique présente chez certains patients sensibles).

• Fringale (par stimulation sensorielle ; si insistante, constitue une raison d’interrompre le jeûne).

• Perturbation visuelle passagère (probablement due à une diminution de la pression intraoculaire).

• Mauvaise haleine (parodontose ou troubles de la flore intestinale).

• Bouche sèche (déséquilibre minéral, spécialement diminution du potassium).

• Eruptions cutanées locales ou plus rarement généralisées, parfois prurigineuses (probablement un symptôme d’élimination de toxines, voire de substances allergènes ou médicamenteuses).

• Hypoglycémie (activité physique exagérée ou efforts de trop grande intensité).

• Modification de la qualité du sommeil (durée souvent raccourcie, sommeil agité, rêve ou insomnie).

• Stagnation de la perte de poids (rétention passagère hydrosodée chez des patients sous diurétiques avant le jeûne, consommant une eau minérale riche en sodium, ou les femmes avant les menstruations ; si persistante, suggère une hypothyroidie).

• Accès de goutte.

• ''Crises d’élimination ou de détoxination'' (nécessitant habituellement la rupture du jeûne): accès de migraine, vomissements incoercibles, acidose, coliques biliaires, rénales, douleur abdominale aiguë, troubles cardiaques et arythmie, maladies infectieuses, spasmes en cas de porphyrie, douleurs aiguës au niveau des cicatrices, poussée aiguë d’une pathologie préexistante (appendicite par exemple).

A l’inverse, H.M. SHELTON liste les effets positifs suivants [13]:

1° Il donne un repos complet aux organes vitaux.

2° Il arrête l’absorption d’aliments qui se décomposent dans les intestins et qui ensuite intoxiquent le corps.

3° Il vide les voies digestives et les débarrasse des bactéries de putréfaction.

4° Il donne aux organes d’élimination l’occasion de mettre leur travail à jour, et il facilite l'élimination.

5° Il rétablit la chimie physiologique normale et les sécrétions normales.

6° Il favorise la désintégration et l’absorption des déchets (excrétions), effusions, dépôts, tissus « malades », et excroissances anormales.

7° Il rajeunit les cellules et tissus, et il régénère le corps.

8° Il permet la conservation et la recanalisation de l'énergie.

9° Il augmente les pouvoirs de digestion et d’assimilation.

10° Il éclaircit et fortifie l’esprit.

11 ° Il améliore le fonctionnement général du corps.

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Le gain de force [14] :« La plupart des hommes peuvent comprendre que manger donne des forces », dit le Dr Tilden, « mais il leur faut longtemps pour comprendre qu’arrêter l’alimentation donne des forces. »

b) Les effets sur la santé psychologique et sociale.

La nature de la discipline, les règlements sportifs, la fréquence et la charge d’entraînement, le commencement prématuré d’un entrainement spécifique et les normes d’accomplissement imposées par la pratique sportive constitueraient un terrain propice au développement des désordres alimentaires.

Le graphe de la Erreur ! Source du renvoi introuvable. [18] donne une représentation h olistique des facteurs de pression auxquels le sportif est confronté. Le jeûne est un biais lui permettant de se positionner par rapport :

• Aux normes sociales (norme minceur, normes groupales)

• Aux influence sociales (parents, entraineurs, amis de sport, pairs)

• Aux contraintes et objectifs individuels (estime de soi, motivation à

l’accomplissement, perfectionnisme, comparaison sociale, capacités d’autorégulation, locus de contrôle, émotions)

ANOREXIA ATHLETICA ou ANOREXIE DU SPORTIF

Le phénomène, qui tient du trouble du comportement alimentaire dans les cas les plus sévères, touche toutes les familles de sportifs.

Témoignage : « Championne d’athlétisme, j’ai caché mon anorexie toute ma carrière » [19]

Ce trouble alimentaire est rapporté dans le sport de haut niveau mais concerne de plus en plus les sportifs amateurs qui exigent d’eux-mêmes un niveau de plus en plus haut. Les traits de personnalité des athlètes qui présentent une « anorexia athletica » montrent une forte quête de la performance, du perfectionnisme, beaucoup d’ambitions et une compétitivité

IV. Conclusion

De façon certaine, le jeûne participe à la perte de poids à court terme et répond ainsi à une certaine expression de la performance. En revanche, les conséquences à long terme peuvent être néfastes d’autant que l’encadrement reste insuffisamment informé. Des procédures de détection et d’accompagnement des troubles alimentaires ainsi que des programmes de sensibilisation sont déployés au sein des fédérations et des autorités du sport.

S’agissant des effets de purification de l’organisme, cela reste encore de l’ordre de la croyance. Quant aux adaptations des filières énergétiques, cela est séduisant et éthique. Les protocoles sont à l’heure actuelle expérimentaux.

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V. Annexes

Figure 3 : Modèle étiologique hypothétique des facteurs psychosociaux influençant les désordres alimentaires en sport.

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VI. Bibliographies

[1] S. G. Thierry de Lestrade, Réalisateur, Le jeûne, une nouvelle thérapie ?. [Film]. VIA DECOUVERTES, ARTE France, 2018.

[2] C. d. l. santé, «Le jeûne - Personnages,» [En ligne]. Available: https://chemindelasante.com/ils- font-tous-le-jeune/. [Accès le 04 04 2019].

[3] H. SHELTON, Le jeûne, Editions de la Nouvelle Hygiène.

[4] «Evaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique,» Revue de la littérature médicale scientifique et de la littérature destinée aux professionnels, p. 108, 01 01 2014.

[5] V. Cauhapé, «La grande lessive par le jeûne,» Le Monde, [En ligne]. Available:

https://www.lemonde.fr/vous/article/2008/03/18/la-grande-lessive-par-le- jeune_1024621_3238.html. [Accès le 04 04 2019].

[6] H. SHELTON, «L'exercice,» chez Le jeûne, p. 268.

[7] C. d. E. d. Nutrition, «Utilisation des substrats énergétiques,» 2011. [En ligne]. Available:

http://campus.cerimes.fr/nutrition/enseignement/nutrition_7/site/html/cours.pdf. [Accès le 04 04 2019].

[8] B. e. Leverve, «Physiologie du jeûne,» chez Traité de nutrition artificielle de l'adulte, Springer, 2007, pp. 422-434.

[9] G. F. C. JR, Starvation in man, New England: Louis M. Sherwood, 1970.

[10] R. M. D. M. Apfelbaum M, «Physiopathologie de la dénutrition,» chez Abrégés de diététique et de nutrition, Elsevier Masson, 2009, pp. 141-142.

[11] E. Tiollier, «Dossier : nutrition et performance sportive,» 07 08 2015. [En ligne]. Available:

https://www.insep.fr/es/node/149473. [Accès le 04 04 2019].

[12] L.-A. MARQUET, Influence de la disponibilité en glucides sur la performance, Nice-Sophia Antipolis, 2016.

[13] [email protected], «Contrôler son poids,» [En ligne]. Available:

https://www.judopourtous.com/PagesAnnexees/SanteControlerPoids.htm. [Accès le 04 04 2019].

[14] G. d. t. «. É. d. r. l. à. l. p. d. r. à. v. a. ». e. v. p. l. C. d. s. «. N. H. », «Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement,» ANSES, 2010. [En ligne]. Available:

https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf. [Accès le 04 04 2019].

[15] W. d. T. F., L'art de jeûner. Manuel du jeûne thérapeutique Buchinger., St-Julien-en-Genevois:

Jouvence éditions, 2005.

[16] H. M. SHELTON, «LE JEUNE GUERIT-IL LA « MALADIE » ?,» chez Le jeûne, p. 204.

[17] H. M. SHELTON, «GAIN ET PERTE DE FORCE PENDANT LE JEUNE,» chez Le jeûne, p. 156.

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