ISSN n° 2335-1047
N° 2529 – Lundi 29 mars 2021 – Prix : 20 DA
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L’EN de football
La thérapie Belmadi
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Sit-in, hier, des journalistes du quotidien « Le Temps d’Algérie »
Le temps des uns et le temps des autres…
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Salon international des travaux publics
Climat morose et des entreprises qui résistent
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Régime des retraites
Bientôt la complémentaire !
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PHOTO : ZOHEÏR ABERKANE
PHOTO : ZOHEÏR ABERKANE
Les transports collectifs ont été interrompus dans et vers la
métropole de Wuhan.
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Ciment du mouvement populaire
Quand le Hirak se conjugue
au féminin
Nadia Aït-Zai
Stéréotypes, ces pourvoyeurs
de sexisme
Hommes-femmes
Stéréotypes, ces pourvoyeurs
de sexisme
Dans les PME algériennes, la crainte de la faillite
Mesures urgentes face à la crise
économique
Matières premières
Des cours sous pression
Noureddine Legheliel, spécialiste pétrolier et ancien analyste à
la banque suédoise Carnegie
«Les prix du pétrole vont remonter à 40 dollars au cours du second trimestre 2020»
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Dégringolade des prix du pétrole L’Opep et l’AIE s’inquiètent
des impacts «majeurs»
sur les producteursw
Pétrole, récession et propagation du coronavirus
Des mesures urgentes doivent être prises
La LFC 2020 en voie d’adoption par le Conseil des ministres
Une rupture avec l’Etat hyper dépensier ? NOUVELLE LOI
Les textes d’application avant septembre
SONATRACH
L’audit lancé la semaine prochaine
SONELGAZ
Sans le soutien de l’Etat, le dépôt de bilan
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PÉTROLE
23,72% seulement du corps électoral national se sont exprimés
66,80% des électeurs qui se sont rendus aux urnes ont voté en faveur de la révision constitutionnelle
Avant-projet de LF 2020
Exonération d’IRG pour les
entreprises exportatrices
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Affaire Tahkout
La défense de Yousfi réclame la relaxe, 18 ans de prison requis
contre l’homme d’affaires, 12 ans contre
Ouyahia et Sellal
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Projet de fabrication du vaccin russe Spoutnik V
Une démarche
«positive et possible»
«L’Observatoire national de veille»
installé aujourd’hui
Médicaments : fi ni les ruptures ?
Lire en pages 4-5
CRISE SANITAIRE
Actu
En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers
Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique
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Régions
En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers
Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique
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Culture
En raison de sa forte augmentation chez les pays pétroliers
Le FMI sonne le tocsin contre la dette publique
Lire en page 5
Sports
Une émission sur France 2 émet des allégations de dopage à l’endroit du triple médaillé olympique
Makhloufi roule propre jusqu’à preuve du contraire
Il a été élu «Meilleur footballeur algérien de l’histoire» dans un sondage organisé par le journal électronique «DZmatch»
Belloumi en roi
Lire en pages 10-11
Sean Connery, premier James Bond, n’est plus…
Le dernier roi d’Ecosse est parti
Lire en page 12
PHOTO : ZINEDINE ZEBAR PHOTO : ARCHIVES
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Hausse des cas confirmés, saturation des hôpitaux et services de réanimation
Covid-19 : la cote d’alerte
Quelques jours seulement après sa mise en vente
Le vaccin antigrippal se fait rare dans
les pharmacies
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Ancien condamné à mort par la justice coloniale
Abdelkader Guerroudj s’en va à 92 ans
Lire en page 11
Le candidat démocrate élu 46 e président des USA
BIDEN-HARRIS DUO GAGNANT !
Lire en pages 11
811 CAS ET NOUVEAU PIC DE CONTAMINATIONS
CORONAVIRUS, VIGILANCE ORANGE
D r Mohamed Bekkat-Berkani
Pour une fermeture transitoire des écoles si la situation l’exige Constantine : Les hôpitaux saturés,
les lits en appoint se font désirer Tipasa : 7 nouveaux foyers
et indifférence générale
LIRE EN PAGES 2-3 ET 4
Elim.CAN-2022 (Groupe H)/ L’Algérie revient avec un nul du Zimbabwe (2-2)
et assure sa place pour le tournoi
L’EN SÉRIEUSEMENT BOUSCULÉE,
MAIS QUALIFIÉE !
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Avec un taux à la hausse en octobre
Crainte d’une future poussée infl ationniste
Marché pétrolier
Le Brent se rapproche des 50 dollars
LIRE EN PAGE 2-3
L’Algérie a enregistré près de 450 décès en 29 jours
COVID-19
NOVEMBRE, LE MOIS LE PLUS
MEURTRIER
LIRE EN PAGE 6
Professeur Foudil Khelifa, virologue
«Une troisième vague n’est pas à écarter»
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Deux semaines après les avoir invités à débattre
Des syndicats
rappellent à Ouadjaout son offre de dialogue
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Après les aménagements apportés au dispositif Ansej
Le dossier du pré- emploi demain sur la table du Gouvernement
Lire en page 5
Pétrochimie
Algérie et Nigéria,
puissantes plateformes de raffi nage en Afrique
Marché pétrolier
Covid 19 et mauvais virage des prix du brut
Lire en page 6Coupe de la Confédération CAF (US Gendarmerie Nationale – JS Kabylie, à 15h30)
Les «Canaris» à l’heure africaine
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Liquidités bancaires LES ÉLÉMENTS DE
LA CRISE ET LES EXPLICATIONS DE
RACHID SEKAK
LIRE EN PAGE 6
Industries de l’électronique et de l’électroménager
L’accès au régime préférentiel fi ltré
Enième changement à la tête du complexe sidérurgique
El Hadjar s’enlise dans la crise
LIRE EN PAGE 2
Gestion des œuvres sociales de l’Education nationale
Début des élections des nouvelles
commissions sur fond d’enquête de justice
LIRE EN PAGE 4
Prix à la consommation
SUCRE, HUILE DE TABLE ET PÂTES
ALIMENTAIRES EN HAUSSE
Note de conjoncture du think tank Care
Le chômage en fort hausse à fi n 2020
Une affaire qui ébranle l’Office des céréales
Résidus de
pesticides dans le blé avarié lituanien
LIRE EN PAGE 5
Diplomatie algérienne
Le carré africain et les signaux de fumée de la Maison-Blanche
AVIS À NOS LECTEURS
Nous informons nos chers lecteurs qu’à partir de dimanche 17 janvier, le prix de leur quotidien dans les kiosques passera de 10 à 20 DA.
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Libye
NOUVELLE PHASE DE TRANSITION ET
DERNIÈRE LIGNE DROITE AVANT
DES ÉLECTIONS
Abdelhamid Dbeibah, Premier ministre libyen par intérim.Lutte anti-Covid 19
Accord Algérie-UE de 43 millions d’euros
LIRE EN PAGE 4
Sur fond de mise en garde du ministère de l’Industrie pharmaceutique
LE SNAPO
SE DÉFEND ET INSISTE SUR LA LÉGALITÉ DE SON ACTION
LIRE EN PAGE 4
ABDELOUAHED KERRAR, PRÉSIDENT DE L’UNOP
«Les solutions magiques et instantanées n’existent pas !»
LIRE EN PAGES 3-4 ET 5
Droits des consommateurs
Des lois à l’épreuve du terrain
Entre inflation, salaires et érosion du pouvoir d’achat
Temps diffi ciles pour les ménages
LIRE EN PAGES 2-3
Elles s’ouvrent aujourd’hui sous le haut patronage du président Tebboune
CULTURE
Ali-Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens
«Il faut que le régime des changes soit modernisé et non plus modifi é
par le bas uniquement»
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Les actionnaires majoritaires ont retiré la confiance à Mellal au Conseil d’administration
YARICHÈNE DÉSIGNÉ NOUVEAU PRÉSIDENT
Marché de la volaille
FLAMBÉE DES PRIX, APPEL AU BOYCOTT DU CONSOMMATEUR ET EXPLICATIONS D’ÉCOLE
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HOMMAGE À M’HAMED BOUKHOBZA
Plus de 1300 participants, dont plus de 200 experts nationaux et internationaux, prendront part aujourd’hui et demain aux assises nationales sur l’économie de la connaissance. Ce méga rendez-vous organisé par le ministère délégué auprès du
Premier ministre, chargé de l’économie de la connaissance et des startups et du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) est destiné à
préparer d’importantes réformes juridiques et réglementaires permettant l’émergence d’une économie nationale basée sur la connaissance et l’innovation.
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Des assises pour un nouveau deal
économique Nouveaux cas des Covid-19 variants britannique
et nigérian dans plusieurs wilayas
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REDA HAMIANI
UN GRAND PATRON S’EN VA
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Hydrocarbures
ENI, Occidental et Total, premiers contrats sous le sceau
de la nouvelle loi
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Le SNPSP dénonce la non-application des engagements du chef de l’Etat
Grogne dans le secteur de la santé
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L’ANIE dévoile le calendrier du scrutin du 12 juin
Coup d’envoi de
la campagne législative le 17 mai
Un sit-in de soutien devant le tribunal de Sidi M’hamed
La plupart des manifestants arrêtés vendredi libérés
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Protection contre les catastrophes et les risques majeurs
Les Algériens assurés ne dépassent pas
les 10%
Education nationale
Les œuvres sociales attisent la tension
Lire en page 5
Faillites et pertes d’emplois en cascade
Le marché du travail submergé par la vague pandémique
Lire en page 7
Elim.CAN-2022 (Groupe « H »/6
ej : Algérie – Botswana, ce soir à 20h)
Belmadi avec la grosse artillerie
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Retard dans la réception des vaccins et campagne au ralenti
LE LOURD SILENCE DES
AUTORITÉS SANITAIRES
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ACTUJOURD'HUI
l u n d i 2 9 m a r s 2 0 2 1
2 ACTUJOURD'HUI
l u n d i 2 9 m a r s 2 0 2 13
le point brèves
commentaire divers
l’entretien baromètre tendances repères verbatim empreinte up-down bon à savoir entretien sans détour
fi lm d'un jour, fi lm de toujours
à utiliser pour le sport dans les divisions et autres
le point
Mohamed Bekkat Berkani : « On devrait rappeler à nos concitoyens que l’épidémie n’est pas derrière nous et que nous devons tous continuer à respecter les gestes barrières.»
Selon Lyes Merabet, le personnel de santé n’a pas perçu la prime Covid depuis deux trimestres.
le point
En silence !
PAR SALIM KOUDIL
Que sait-on à ce jour de la campagne de vaccination anti-Covid, en Algérie, qui a débuté offi ciellement le
30 janvier dernier ? Finalement, très peu de choses. En deux mois, les données précises peuvent être présentées en deux chiffres. Le premier concerne le nombre de doses de vaccin obtenues à ce jour.
Offi ciellement, l’Algérie en a reçu exactement 300 000, de trois sources différentes. Un quota russe, avec les 50 000 vaccins Sputnik V. Un autre de 50 000 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca. La quantité la plus importante reçue à ce jour est 200 000 doses, et il s’agit d’un don de la Chine.
Il reste les nombreuses promesses lancées par les offi ciels au sujet des prochaines livraisons, mais rien de concret jusqu’à maintenant.
Le second chiffre en relation avec la campagne de vaccination concerne le nombre de personnes ayant pu
« bénéfi cier » des 300 000 doses disponibles. Il est question de 0,17%
de la population. Un taux donné par le Pr Mohamed Yousfi , chef de service d’hématologie et infectieux à l’hôpital de Blida.
Ici, un point essentiel est touché, celui de la communication. Effectivement, le 0,17% n’émane pas du ministère de la Santé ni d’un autre organisme offi ciel en relation avec la lutte contre la pandémie. C’est que les responsables du secteur ont totalement négligé, il y a quelques semaines déjà, l’aspect communicationnel. Ils se contentent du bilan quotidien des contaminations et rien sur la campagne de vaccination.
Une omission que ne peut justifi er la maîtrise actuelle de la situation épidémique dans le pays. La Covid-19 ne se conjugue pas encore au passé. Il suffi t de voir ce qui se passe sous d’autres cieux pour s’apercevoir que le danger est toujours là, omniprésent.
Cette attitude de non-communication n’augure rien de bon. Elle vient conforter la démobilisation constatée partout en Algérie par rapport au respect des gestes barrières. Les risques sont toujours là. Les nombreux variants de la Covid-19 restent des inconnus pour les spécialistes, et leurs effets ne sont toujours pas maîtrisés.
Devant cette ambiance « désinvolte », la meilleure attitude à faire pour se prémunir, reste le respect des gestes barrières.
PAR INES DALI
Alors qu’elles
étaient sous la barre des 100 cas par jour pendant plusieurs jours consécutifs, les contaminations sont repar- ties à la hausse jeudi et vendredi, avec res- pectivement 105 nouveaux cas et 2 décès, et 114 cas confi rmés et 3 décès. «Je pense que la hausse des cas observée actuellement n’est pas signifi cative. Il faudra attendre encore pour pouvoir conclure», selon le Dr Moha- med Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins. Il insiste qu’«il faut un peu plus de jours durant les- quels on observe le bilan pour pouvoir conclure. Cette hausse qui fait état de 114 cas (vendredi ndlr) n’est pas signifi cative pour le moment».Concernant les variants nigérian et britanni- que qui ont gagné d’autres wilayas comme Tizi Ouzou, Aïn Defl a et Béjaïa, il a estimé qu’il faudra savoir s’il s’agit de cas de ci- toyens algériens ou s’il s’agit de cas de mi- grants pour comprendre s’il y a propagation et à quelle proportion. «Sinon, il reste que la meilleure façon de s’en prémunir est de res- pecter les gestes barrières. Dans tous les cas, ce sont les gestes barrières qui permettent de ne pas attraper le Covid-19 ou ses variants», a soutenu Dr Bekkat Berkani. Dans ce regis- tre, le relâchement qui est observé n’est pas pour rassurer, sans que des mesures concrè- tes soient prises afi n d’y mettre fi n ou, du moins, de l’atténuer. «Il y a tout de même plusieurs semaines que ce relâchement on le voit partout. Le constat est que les citoyens ne sont pas aussi sensibilisés qu’avant pour leur rappeler que ce sont les mesures de pré- vention, le respect des protocoles sanitaires qui peuvent les mettre à l’abri d’une conta- mination au nouveau coronavirus ou l’un de ses variants», a-t-il fait remarquer. Il est ob- servé, en eff et, de moins en moins le respect du port du masque et de la distanciation physique, notamment dans les lieux publics et lorsqu’il s’agit d’un nombre important de personnes au même endroit.
«LA VACCINATION N’EST PAS AU NIVEAU SOUHAITÉ»
A ce propos, le Dr Bekkat Berkani estime que «le rôle des pouvoirs publics est de continuer à sensibiliser et de ne pas lâcher la communication, en particulier pour es- sayer de contrer l’idée que l’épidémie est derrière nous. Il faut absolument contrer cette idée. Mais là, apparemment, nous som- mes en panne de sensibilisation, en panne de vaccins, en panne de discussions… On a confi squé complètement la communication.
C’est une gestion qui est pour le moins cu- rieuse de la part des pouvoirs publics, no- tamment le ministère de la Santé», a com- menté notre interlocuteur, soulignant que ce
dernier «devrait remettre le paquet (sur la communication), car on n’est pas sorti d’af- faire», avant de relever qu’outre la commu- nication, «la vaccination n’est pas au niveau de ce qui est souhaité». La situation épidé- mique est maitrisée actuellement et «nous avons réussi en première étape en nous iso- lant, et je parle là des voyages qui nous ont évité un apport extérieur de cette maladie.
Mais on devrait rappeler à nos concitoyens que l’épidémie n’est pas derrière nous et que nous devons tous continuer à respecter les gestes barrières», a-t-il encore noté. C’est un rôle qu’il impute aux pouvoirs publics qui doivent «remettre une couche en matière de communication et de sensibilisation à travers les médias, comme la télévision par exem- ple». Il poursuit en mettant en garde contre l’absence des gestes barrières car «que ce soit lors de rassemblements ou dans les compor- tements individuels, que ce soit dans une ville ou un village, et ce, dans plusieurs ré- gions du pays, c’est le même comportement qu’on voit : il n’y a pas l’ombre de masque à l’horizon». A la question de savoir si le main- tien de la fermeture des frontières continue de «sauver» le pays en termes de nombre de cas, le Dr Bekkat Berkani répond par l’affi r- mative. «Oui, nous pouvons dire que cela a contribué à ne pas avoir une propagation plus importante du virus. C’est un barrage, même s’il est dommageable pour l’activité en tous genres ou même aux concitoyens», a-t-il affi rmé. Il souligne que la fermeture des frontières est «l’une des mesures extrê- mes qui nous a sauvés de l’envahissement des cas». Il en veut pour «preuve» ce qui se passe dans «d’autres pays, notamment euro- péens». «Il faut regarder dans quelle situa- tion ils sont actuellement : la situation épi- démique est hors de contrôle. Ils font face à une troisième vague qui, si elle venait à ap- paraître chez nous, on n’aura même pas les
moyens d’y faire face, on n’a même pas vac- ciné suffi samment», a-t-il prévenu.
HÔPITAUX : MOINS DE PRESSION ET REPRISE DES ACTIVITÉS INITIALES
Ainsi, comme nombre de ses confrères, ce sont encore et toujours les gestes barrières qui continuent d’être préconisés afi n d’éviter une situation qui pourrait s’avérer hors de contrôle. L’autre hantise est que les hôpitaux soient de nouveau submergés, alors que les médecins et autres corps de la santé com- mencent à peine à souffl er après une année de pression Covid. La relative accalmie a permis aux nombreux services dans les hôpi- taux dont les activités initiales étaient gelées pendant la pandémie de reprendre puisqu’ils reçoivent de moins en moins de malades ces derniers temps. Mais tant que le coronavirus continue de circuler, rien ne doit être consi- déré comme acquis, selon le Pr Rachid Bel- hadj, responsable au CHU Mustapha-Bacha, même s’il fait état d’un nombre de malades reçus par jour de l’ordre de quatre ou cinq.
L’autre exemple de reprise des activités est au niveau de l’Etablissement hospitalier spé- cialisé (EHS) de Bir Mourad Raïs. Le Dr Rym Bourezak, maître assistante en chirurgie car- dio-vasculaires qui exerce dans cet EHS, a apporté son témoignage. «Nous n’avons plus de malades Covid depuis le mois de février.
On a travaillé comme unité Covid de 2020 jusqu’à la fi n février 2021, et la dernière se- maine de février nous avons zéro malade»
atteint de coronavirus, a-t-elle déclaré à la Radio nationale. Elle s’est réjouie que l’éta- blissement ait pu reprendre ses activités ini- tiales depuis environ trois semaines après un arrêt de plusieurs mois citant, entre autres, l’activité opératoire, tout en mettant en gar- de contre le relâchement et en appelant, elle aussi, à la plus grande vigilance.
En dépit d’une situation épidémique stable
Des professionnels mettent en garde contre la baisse de vigilance
Les cas de coronavirus ont enregistré une hausse sur deux jours consécutifs en fi n de semaine. Une hausse qui n’est pour le moment pas signifi cative si l’on considère le nombre de cas et la durée, selon les spécialistes, qui mettent toutefois en garde contre le relâchement de la population et appellent à une communication et une sensibilisation plus visibles de la part des pouvoirs publics. Mettant en avant la relative accalmie de la situation épidémique que connaît l’Algérie, ils déclarent souhaiter «ne pas voir cette hausse plus importante», surtout avec la détection des variants qui se sont propagés dans de nouvelles wilayas au courant de la semaine dernière.
PAR SIHEM BOUNABI
Après
deux années d’accalmie, le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) annonce, dans un communiqué, le re- tour dans les prochains jours d’un mouvement de protestation sur le terrain avec des sit-in et des grèves jusqu’à ce que les diff érentes reven- dications des praticiens de la santé publique soient «sérieusement» prises en charge par les autorités concernées. Au sujet de ce mouvement de protestation, Lyes Merabet, président du SNPSP, explique que «ce sont des propositions qui viennent de la base et des adhérents, qui sont mécontents et demandent le retour à la protestation, car les diff érents dossiers ont trop traîné. Nos adhérents ne perçoivent pas qu’il y a une réelle volonté de la part des pouvoirs pu- blics de bien faire et d’apporter concrètement des solutions». Affi rmant que «jusqu’à présent, on est toujours au point des promesses et des engagements qui n’ont pas été tenus, malheu- reusement». Parmi les revendications principa- les du SNPSP, il y a le dossier concernant l’or- ganisation des concours d’accès au grade supé- rieur, soit la promotion de carrière pour le corps de santé publique». A propos de ce volet, Lyes Merabet souligne : «Nous avons demandé une réunion de travail pour l’installation d’une com- mission de spécialistes afi n de travailler sur ce dossier. Le Premier ministère a donné son feuvert, mais jusqu’à présent, nous n’avons aucun détail sur le déroulement de cette opération.» Parmi les points d’interrogation qui demeurent sur ce dossier, il y a celui des conditions d’accès à ce concours. Quand est-ce que cela va être programmé et est-ce que cela va s’étaler sur une ou deux années ? Lyes Merabet estime à ce su- jet que «nous avons beaucoup de zones d’ombre quant au déroulement des opérations». Il tient à préciser que lors de l’audience avec le ministre de la Santé, le 2 mars dernier, M. Benbouzid s’était engagé «pour l’installation de cette com- mission technique pour avoir des réponses sur le déroulement de cette opération d’accès aux grades supérieurs, mais pour le moment rien n’a été fait». Le deuxième dossier au centre des revendications du SNPSP : la classifi cation des diplômes de Doctorat de médecine dentaire et Doctorat en pharmacie. Lyes Merabet estime que «ce dossier traîne depuis 2012, et il y a eu plusieurs actions de protestation, à travers des manifestations et des sit-in dans la rue et des mouvements de grève. Les étudiants en pharma- cie et en médecine dentaire ont également en- tamé plusieurs manifestations et grèves en 2014 et 2015. Depuis, nous sommes revenus dans le cadre de la négociation avec le ministère de la Santé autour d’une table. Nous avons fi nalisé un accord qui a été signé entre les deux parties, en 2018, où nous avons classé ces doctorats au ni- veau de la grille des salaires. Mais, depuis cette
date, le dossier est au niveau de la Fonction pu- blique et jusqu’à présent, il n’y a aucune suite». Il y a également la revendication pour l’ouver- ture des discussions autour de la régularisation du statut particulier des praticiens généralistes et spécialistes de la santé publique, médecins dentistes et pharmaciens. «Une requête qui date de plus de dix ans. Et jusqu’à présent, ce n’est pas encore pris en charge concrètement.» Il y également les indemnités et les primes de zones de praticiens qui travaillent dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux qui sont toujours cal- culés sur le barème de l’ancien salaire de base de 1989, alors que depuis cette date, le salaire de base a nettement changé. Il a ainsi déploré que ces diff érentes revendications traînent de- puis des années : «On est les oubliés.»
«ÇA FAIT DEUX TRIMESTRES QUE LA PRIME CODIV N’A PAS ÉTÉ VERSÉE»
Par ailleurs, en plus des revendications socio- professionnelles, le communiqué du SNPSP re- vient également sur les engagements du Prési- dent de la République relatifs à l’impact de la pandémie sur les professionnels de la santé. Parmi ces engagements, il s’agit notamment du respect de l’engagement de M. Tebboune quant au versement de la prime Covid-19. Lyes Mera- bet affi rme que «cela fait deux trimestres que cette prime n’a pas été versée, alors que nous
avons déjà entamé un mois du troisième tri- mestre». Le SNPSP dénonce également le non- versement des indemnisations annoncées par M. Tebboune d’un montant de 100 millions de centimes pour toutes les familles qui ont perdu un membre de leur famille, qu’il soit praticien ou professionnel de la santé dans le cadre de la pandémie. Le président du SNPSP affi rme : «A notre connaissance, dans le corps médical aucune famille de praticiens, endeuillée dans le cadre de la lutte contre la pandémie, n’a à ce jour perçu cette indemnité.»
L’autre engagement du Président de la Républi- que, qui fi gure également dans la liste des re- vendications, est celui concernant la bonifi ca- tion de la retraite du personnel de la santé mo- bilisé dans le cadre de la pandémie du corona- virus. Il a été décidé par le Président de la Ré- publique que «pour deux mois travaillés, il y a l’équivalent de cotisations de six mois pour la Caisse des retraites». «Jusqu’à présent, rien n’a été mis en place pour l’application de cette dé- cision présidentielle de la bonifi cation des re- traites des professionnels de la santé mobilisés dans le cadre de la pandémie. Et on ne sait tou- jours pas comment cela va se faire». Il y a aussi les engagements du Président d’assurer une couverture d’assurance sociale de 100% pour tous les professionnels de la santé publique, mais jusqu’à présent rien n’a été également fait, a-t-il assuré.
Le SNPSP dénonce la non-application des engagements du chef de l’Etat
Grogne dans le secteur de la santé
PAR INES DALI
D’abord
annoncé pour la fi n de février, l’ar- rivage du vaccin suédo-britannique a ensuite été repoussé à la première semaine de mars. Il s’agit d’une quantité que l’Algérie devait rece- voir dans le cadre de l’initiative onusienne Co- vax chapeautée par l’Organisation mondiale de la santé. «Le quota de vaccins réservé à l’Algé- rie par le programme Covax au premier trimes- tre de cette année est de 2.880.000 doses dont 35% estimée entre 700.000 et 800.000 doses du vaccin AstraZeneca» devaient être livrées le mois en cours, selon les responsables du mi- nistère de la Santé. D’autres quantités de diff é- rents vaccins totalisant entre 1,6 et 1,8 million de doses ont également été annoncées pour le mois courant dans le cadre du système Covax.L’«amer constat», comme le qualifi ent plu- sieurs spécialistes du secteur de la santé, est que jusqu’à présent, ces quantités annoncées ne sont toujours pas arrivées en Algérie. Une situation qui n’est pas sans eff et sur le rythme de la vaccination qualifi é de «lent», et ce, alors que la situation épidémique du pays, qui reste, malgré tout, «maîtrisable» et connait une «re- lative stabilité», incite à intensifi er la cadence vaccinale. «Ce moment d’accalmie de la pandé- mie dans le pays est propice à la vaccination. Il y a un nombre de contaminations bas et il faut saisir cette situation pour vacciner le plus pos- sible pour avoir une plus grande immunité», ont affi rmé diff érents professionnels de la santé qui se sont exprimés sur le sujet.
Le pays n’a reçu qu’un total de 300.000 doses
de vaccins anticoronavirus et le tiers était déjà consommé la première semaine de mars. «Tou- tes les doses des vaccins qui ont été importées, à ce jour, ont été administrées, à l’exception de quantités du vaccin chinois», avait fait savoir le 8 mars dernier le porte-parole du Comité scien- tifi que de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar. En d’autres termes, les 100.000 doses importées et consti- tuées de 50.000 doses de Spoutnik V et de 50.000 autres doses d’AstraZeneca-Oxford ont été épuisées. Il ne reste que le vaccin chinois Sinopharm dont l’Algérie a reçu 200.000 doses dont la distribution a commencé en mars. Pour l’heure, il n’y a pas de précisions sur la quantité de cet antidote distribuée et consommée.
RYTHME LENT DE VACCINATION ET TRANSPARENCE
L’augmentation du rythme de la vaccination reste, ainsi, «tributaire de la disponibilité des vaccins» sur lesquels une course sans pareille est engagée à travers la planète. Bien plus. C’est même une véritable bataille qu’ont engagée certains pays afi n de se procurer l’anticoronavi- rus par tous les moyens possibles. Il y a une très forte pression sur les fabricants, notamment sur le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca dont l’Algérie doit recevoir des doses de vaccins. Ce producteur se trouve avoir des diffi cultés notamment en Europe où il a fait état de pro- blèmes de production ne lui permettant pas de respecter les délais de livraisons. Ce qui lui a valu une mise en garde de la Commission euro-
péenne qui, la semaine dernière, l’a «menacé de bloquer les exportations du vaccin contre le Covid-19 si l’Europe ne recevait pas d’abord les livraisons prévues dans son contrat», a rap- porté la presse européenne.
La situation de retard dans la disponibilité du vaccin en Algérie était prévisible du mo- ment où les diffi cultés du principal producteur auprès duquel elle devait s’approvisionner en ce mois de mars sont apparues bien avant la semaine dernière. Il convient de souligner que
«le vaccin AstraZeneca-Oxford est celui qui présente le meilleur rapport qualité/prix et c’est le vaccin le moins cher sur le marché», nous a confi é un spécialiste. On ne sait toujours pas quand les doses de cet antidote que le pays devait acquérir dans le cadre du système Covax pourraient être livrées. Il reste la piste du cadre bilatéral, à savoir les négociations notamment avec les producteurs russe et chinois. Mais là
encore, on ignore où en sont ces négociations. Les Algériens désireux recevoir l’antidote et dont le nombre d’inscrits sur la plateforme nu- mérique dédiée a largement dépassé les vingt- milles sont dans l’expectative et c’est le rôle des pouvoirs publics, à leur tête les autorités sanitaires, de leur donner des explications sur le retard mis dans la réception des vaccins. L’appel des professionnels de la santé à plus de communication et, surtout, à une transpa- rence dans la communication trouve tout son sens, dans la mesure où même-eux se disent déroutés par le silence des autorités. Pour rap- pel, l’Algérie a reçu un total de 300.000 doses de vaccins constitué de 50.000 doses du vac- cin russe Spoutnik V reçues le 29 janvier, de 50.000 doses du vaccin d’AstraZeneca reçu le premier février et 200.000 doses sous forme de don du vaccin chinois Sinopharm reçues le 24 février.
Retard dans la réception des vaccins et campagne au ralenti
Le lourd silence des autorités sanitaires
Mars tire à sa fi n et les doses de vaccins anti-Covid-19 attendues durant ce mois, et surtout au début du mois, ne sont
toujours pas arrivées. Il s’agit notamment des vaccins AstraZeneca que les responsables du ministère de la Santé ont
annoncés à plusieurs reprises. Mais pourquoi tout ce retard ? Une question qui reste posée dans le contexte mondial
actuel de la pandémie caractérisé par une course à l’antidote et une grande pression sur les laboratoires fabricants. En
l’absence de réponses claires, les Algériens désireux de se faire vacciner restent dans l’expectative.
ACTUJOURD'HUI
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le point
Mohamed Bekkat Berkani : « On devrait rappeler à nos concitoyens que l’épidémie n’est pas derrière nous et que nous devons tous continuer à respecter les gestes barrières.»
Selon Lyes Merabet, le personnel de santé n’a pas perçu la prime Covid depuis deux trimestres.
le point
En silence !
PAR SALIM KOUDIL
Que sait-on à ce jour de la campagne de vaccination anti-Covid, en Algérie, qui a débuté offi ciellement le
30 janvier dernier ? Finalement, très peu de choses. En deux mois, les données précises peuvent être présentées en deux chiffres. Le premier concerne le nombre de doses de vaccin obtenues à ce jour.
Offi ciellement, l’Algérie en a reçu exactement 300 000, de trois sources différentes. Un quota russe, avec les 50 000 vaccins Sputnik V. Un autre de 50 000 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca. La quantité la plus importante reçue à ce jour est 200 000 doses, et il s’agit d’un don de la Chine.
Il reste les nombreuses promesses lancées par les offi ciels au sujet des prochaines livraisons, mais rien de concret jusqu’à maintenant.
Le second chiffre en relation avec la campagne de vaccination concerne le nombre de personnes ayant pu
« bénéfi cier » des 300 000 doses disponibles. Il est question de 0,17%
de la population. Un taux donné par le Pr Mohamed Yousfi , chef de service d’hématologie et infectieux à l’hôpital de Blida.
Ici, un point essentiel est touché, celui de la communication. Effectivement, le 0,17% n’émane pas du ministère de la Santé ni d’un autre organisme offi ciel en relation avec la lutte contre la pandémie. C’est que les responsables du secteur ont totalement négligé, il y a quelques semaines déjà, l’aspect communicationnel. Ils se contentent du bilan quotidien des contaminations et rien sur la campagne de vaccination.
Une omission que ne peut justifi er la maîtrise actuelle de la situation épidémique dans le pays. La Covid-19 ne se conjugue pas encore au passé. Il suffi t de voir ce qui se passe sous d’autres cieux pour s’apercevoir que le danger est toujours là, omniprésent.
Cette attitude de non-communication n’augure rien de bon. Elle vient conforter la démobilisation constatée partout en Algérie par rapport au respect des gestes barrières. Les risques sont toujours là. Les nombreux variants de la Covid-19 restent des inconnus pour les spécialistes, et leurs effets ne sont toujours pas maîtrisés.
Devant cette ambiance « désinvolte », la meilleure attitude à faire pour se prémunir, reste le respect des gestes barrières.
PAR INES DALI
Alors qu’elles
étaient sous la barre des 100 cas par jour pendant plusieurs jours consécutifs, les contaminations sont repar- ties à la hausse jeudi et vendredi, avec res- pectivement 105 nouveaux cas et 2 décès, et 114 cas confi rmés et 3 décès. «Je pense que la hausse des cas observée actuellement n’est pas signifi cative. Il faudra attendre encore pour pouvoir conclure», selon le Dr Moha- med Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins. Il insiste qu’«il faut un peu plus de jours durant les- quels on observe le bilan pour pouvoir conclure. Cette hausse qui fait état de 114 cas (vendredi ndlr) n’est pas signifi cative pour le moment».Concernant les variants nigérian et britanni- que qui ont gagné d’autres wilayas comme Tizi Ouzou, Aïn Defl a et Béjaïa, il a estimé qu’il faudra savoir s’il s’agit de cas de ci- toyens algériens ou s’il s’agit de cas de mi- grants pour comprendre s’il y a propagation et à quelle proportion. «Sinon, il reste que la meilleure façon de s’en prémunir est de res- pecter les gestes barrières. Dans tous les cas, ce sont les gestes barrières qui permettent de ne pas attraper le Covid-19 ou ses variants», a soutenu Dr Bekkat Berkani. Dans ce regis- tre, le relâchement qui est observé n’est pas pour rassurer, sans que des mesures concrè- tes soient prises afi n d’y mettre fi n ou, du moins, de l’atténuer. «Il y a tout de même plusieurs semaines que ce relâchement on le voit partout. Le constat est que les citoyens ne sont pas aussi sensibilisés qu’avant pour leur rappeler que ce sont les mesures de pré- vention, le respect des protocoles sanitaires qui peuvent les mettre à l’abri d’une conta- mination au nouveau coronavirus ou l’un de ses variants», a-t-il fait remarquer. Il est ob- servé, en eff et, de moins en moins le respect du port du masque et de la distanciation physique, notamment dans les lieux publics et lorsqu’il s’agit d’un nombre important de personnes au même endroit.
«LA VACCINATION N’EST PAS AU NIVEAU SOUHAITÉ»
A ce propos, le Dr Bekkat Berkani estime que «le rôle des pouvoirs publics est de continuer à sensibiliser et de ne pas lâcher la communication, en particulier pour es- sayer de contrer l’idée que l’épidémie est derrière nous. Il faut absolument contrer cette idée. Mais là, apparemment, nous som- mes en panne de sensibilisation, en panne de vaccins, en panne de discussions… On a confi squé complètement la communication.
C’est une gestion qui est pour le moins cu- rieuse de la part des pouvoirs publics, no- tamment le ministère de la Santé», a com- menté notre interlocuteur, soulignant que ce
dernier «devrait remettre le paquet (sur la communication), car on n’est pas sorti d’af- faire», avant de relever qu’outre la commu- nication, «la vaccination n’est pas au niveau de ce qui est souhaité». La situation épidé- mique est maitrisée actuellement et «nous avons réussi en première étape en nous iso- lant, et je parle là des voyages qui nous ont évité un apport extérieur de cette maladie.
Mais on devrait rappeler à nos concitoyens que l’épidémie n’est pas derrière nous et que nous devons tous continuer à respecter les gestes barrières», a-t-il encore noté. C’est un rôle qu’il impute aux pouvoirs publics qui doivent «remettre une couche en matière de communication et de sensibilisation à travers les médias, comme la télévision par exem- ple». Il poursuit en mettant en garde contre l’absence des gestes barrières car «que ce soit lors de rassemblements ou dans les compor- tements individuels, que ce soit dans une ville ou un village, et ce, dans plusieurs ré- gions du pays, c’est le même comportement qu’on voit : il n’y a pas l’ombre de masque à l’horizon». A la question de savoir si le main- tien de la fermeture des frontières continue de «sauver» le pays en termes de nombre de cas, le Dr Bekkat Berkani répond par l’affi r- mative. «Oui, nous pouvons dire que cela a contribué à ne pas avoir une propagation plus importante du virus. C’est un barrage, même s’il est dommageable pour l’activité en tous genres ou même aux concitoyens», a-t-il affi rmé. Il souligne que la fermeture des frontières est «l’une des mesures extrê- mes qui nous a sauvés de l’envahissement des cas». Il en veut pour «preuve» ce qui se passe dans «d’autres pays, notamment euro- péens». «Il faut regarder dans quelle situa- tion ils sont actuellement : la situation épi- démique est hors de contrôle. Ils font face à une troisième vague qui, si elle venait à ap- paraître chez nous, on n’aura même pas les
moyens d’y faire face, on n’a même pas vac- ciné suffi samment», a-t-il prévenu.
HÔPITAUX : MOINS DE PRESSION ET REPRISE DES ACTIVITÉS INITIALES
Ainsi, comme nombre de ses confrères, ce sont encore et toujours les gestes barrières qui continuent d’être préconisés afi n d’éviter une situation qui pourrait s’avérer hors de contrôle. L’autre hantise est que les hôpitaux soient de nouveau submergés, alors que les médecins et autres corps de la santé com- mencent à peine à souffl er après une année de pression Covid. La relative accalmie a permis aux nombreux services dans les hôpi- taux dont les activités initiales étaient gelées pendant la pandémie de reprendre puisqu’ils reçoivent de moins en moins de malades ces derniers temps. Mais tant que le coronavirus continue de circuler, rien ne doit être consi- déré comme acquis, selon le Pr Rachid Bel- hadj, responsable au CHU Mustapha-Bacha, même s’il fait état d’un nombre de malades reçus par jour de l’ordre de quatre ou cinq.
L’autre exemple de reprise des activités est au niveau de l’Etablissement hospitalier spé- cialisé (EHS) de Bir Mourad Raïs. Le Dr Rym Bourezak, maître assistante en chirurgie car- dio-vasculaires qui exerce dans cet EHS, a apporté son témoignage. «Nous n’avons plus de malades Covid depuis le mois de février.
On a travaillé comme unité Covid de 2020 jusqu’à la fi n février 2021, et la dernière se- maine de février nous avons zéro malade»
atteint de coronavirus, a-t-elle déclaré à la Radio nationale. Elle s’est réjouie que l’éta- blissement ait pu reprendre ses activités ini- tiales depuis environ trois semaines après un arrêt de plusieurs mois citant, entre autres, l’activité opératoire, tout en mettant en gar- de contre le relâchement et en appelant, elle aussi, à la plus grande vigilance.
En dépit d’une situation épidémique stable
Des professionnels mettent en garde contre la baisse de vigilance
Les cas de coronavirus ont enregistré une hausse sur deux jours consécutifs en fi n de semaine. Une hausse qui n’est pour le moment pas signifi cative si l’on considère le nombre de cas et la durée, selon les spécialistes, qui mettent toutefois en garde contre le relâchement de la population et appellent à une communication et une sensibilisation plus visibles de la part des pouvoirs publics. Mettant en avant la relative accalmie de la situation épidémique que connaît l’Algérie, ils déclarent souhaiter «ne pas voir cette hausse plus importante», surtout avec la détection des variants qui se sont propagés dans de nouvelles wilayas au courant de la semaine dernière.
PAR SIHEM BOUNABI
Après
deux années d’accalmie, le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) annonce, dans un communiqué, le re- tour dans les prochains jours d’un mouvement de protestation sur le terrain avec des sit-in et des grèves jusqu’à ce que les diff érentes reven- dications des praticiens de la santé publique soient «sérieusement» prises en charge par les autorités concernées. Au sujet de ce mouvement de protestation, Lyes Merabet, président du SNPSP, explique que «ce sont des propositions qui viennent de la base et des adhérents, qui sont mécontents et demandent le retour à la protestation, car les diff érents dossiers ont trop traîné. Nos adhérents ne perçoivent pas qu’il y a une réelle volonté de la part des pouvoirs pu- blics de bien faire et d’apporter concrètement des solutions». Affi rmant que «jusqu’à présent, on est toujours au point des promesses et des engagements qui n’ont pas été tenus, malheu- reusement». Parmi les revendications principa- les du SNPSP, il y a le dossier concernant l’or- ganisation des concours d’accès au grade supé- rieur, soit la promotion de carrière pour le corps de santé publique». A propos de ce volet, Lyes Merabet souligne : «Nous avons demandé une réunion de travail pour l’installation d’une com- mission de spécialistes afi n de travailler sur ce dossier. Le Premier ministère a donné son feuvert, mais jusqu’à présent, nous n’avons aucun détail sur le déroulement de cette opération.»
Parmi les points d’interrogation qui demeurent sur ce dossier, il y a celui des conditions d’accès à ce concours. Quand est-ce que cela va être programmé et est-ce que cela va s’étaler sur une ou deux années ? Lyes Merabet estime à ce su- jet que «nous avons beaucoup de zones d’ombre quant au déroulement des opérations». Il tient à préciser que lors de l’audience avec le ministre de la Santé, le 2 mars dernier, M. Benbouzid s’était engagé «pour l’installation de cette com- mission technique pour avoir des réponses sur le déroulement de cette opération d’accès aux grades supérieurs, mais pour le moment rien n’a été fait». Le deuxième dossier au centre des revendications du SNPSP : la classifi cation des diplômes de Doctorat de médecine dentaire et Doctorat en pharmacie. Lyes Merabet estime que «ce dossier traîne depuis 2012, et il y a eu plusieurs actions de protestation, à travers des manifestations et des sit-in dans la rue et des mouvements de grève. Les étudiants en pharma- cie et en médecine dentaire ont également en- tamé plusieurs manifestations et grèves en 2014 et 2015. Depuis, nous sommes revenus dans le cadre de la négociation avec le ministère de la Santé autour d’une table. Nous avons fi nalisé un accord qui a été signé entre les deux parties, en 2018, où nous avons classé ces doctorats au ni- veau de la grille des salaires. Mais, depuis cette
date, le dossier est au niveau de la Fonction pu- blique et jusqu’à présent, il n’y a aucune suite».
Il y a également la revendication pour l’ouver- ture des discussions autour de la régularisation du statut particulier des praticiens généralistes et spécialistes de la santé publique, médecins dentistes et pharmaciens. «Une requête qui date de plus de dix ans. Et jusqu’à présent, ce n’est pas encore pris en charge concrètement.» Il y également les indemnités et les primes de zones de praticiens qui travaillent dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux qui sont toujours cal- culés sur le barème de l’ancien salaire de base de 1989, alors que depuis cette date, le salaire de base a nettement changé. Il a ainsi déploré que ces diff érentes revendications traînent de- puis des années : «On est les oubliés.»
«ÇA FAIT DEUX TRIMESTRES QUE LA PRIME CODIV N’A PAS ÉTÉ VERSÉE»
Par ailleurs, en plus des revendications socio- professionnelles, le communiqué du SNPSP re- vient également sur les engagements du Prési- dent de la République relatifs à l’impact de la pandémie sur les professionnels de la santé.
Parmi ces engagements, il s’agit notamment du respect de l’engagement de M. Tebboune quant au versement de la prime Covid-19. Lyes Mera- bet affi rme que «cela fait deux trimestres que cette prime n’a pas été versée, alors que nous
avons déjà entamé un mois du troisième tri- mestre». Le SNPSP dénonce également le non- versement des indemnisations annoncées par M. Tebboune d’un montant de 100 millions de centimes pour toutes les familles qui ont perdu un membre de leur famille, qu’il soit praticien ou professionnel de la santé dans le cadre de la pandémie. Le président du SNPSP affi rme : «A notre connaissance, dans le corps médical aucune famille de praticiens, endeuillée dans le cadre de la lutte contre la pandémie, n’a à ce jour perçu cette indemnité.»
L’autre engagement du Président de la Républi- que, qui fi gure également dans la liste des re- vendications, est celui concernant la bonifi ca- tion de la retraite du personnel de la santé mo- bilisé dans le cadre de la pandémie du corona- virus. Il a été décidé par le Président de la Ré- publique que «pour deux mois travaillés, il y a l’équivalent de cotisations de six mois pour la Caisse des retraites». «Jusqu’à présent, rien n’a été mis en place pour l’application de cette dé- cision présidentielle de la bonifi cation des re- traites des professionnels de la santé mobilisés dans le cadre de la pandémie. Et on ne sait tou- jours pas comment cela va se faire». Il y a aussi les engagements du Président d’assurer une couverture d’assurance sociale de 100% pour tous les professionnels de la santé publique, mais jusqu’à présent rien n’a été également fait, a-t-il assuré.
Le SNPSP dénonce la non-application des engagements du chef de l’Etat
Grogne dans le secteur de la santé
PAR INES DALI
D’abord
annoncé pour la fi n de février, l’ar- rivage du vaccin suédo-britannique a ensuite été repoussé à la première semaine de mars. Il s’agit d’une quantité que l’Algérie devait rece- voir dans le cadre de l’initiative onusienne Co- vax chapeautée par l’Organisation mondiale de la santé. «Le quota de vaccins réservé à l’Algé- rie par le programme Covax au premier trimes- tre de cette année est de 2.880.000 doses dont 35% estimée entre 700.000 et 800.000 doses du vaccin AstraZeneca» devaient être livrées le mois en cours, selon les responsables du mi- nistère de la Santé. D’autres quantités de diff é- rents vaccins totalisant entre 1,6 et 1,8 million de doses ont également été annoncées pour le mois courant dans le cadre du système Covax.L’«amer constat», comme le qualifi ent plu- sieurs spécialistes du secteur de la santé, est que jusqu’à présent, ces quantités annoncées ne sont toujours pas arrivées en Algérie. Une situation qui n’est pas sans eff et sur le rythme de la vaccination qualifi é de «lent», et ce, alors que la situation épidémique du pays, qui reste, malgré tout, «maîtrisable» et connait une «re- lative stabilité», incite à intensifi er la cadence vaccinale. «Ce moment d’accalmie de la pandé- mie dans le pays est propice à la vaccination. Il y a un nombre de contaminations bas et il faut saisir cette situation pour vacciner le plus pos- sible pour avoir une plus grande immunité», ont affi rmé diff érents professionnels de la santé qui se sont exprimés sur le sujet.
Le pays n’a reçu qu’un total de 300.000 doses
de vaccins anticoronavirus et le tiers était déjà consommé la première semaine de mars. «Tou- tes les doses des vaccins qui ont été importées, à ce jour, ont été administrées, à l’exception de quantités du vaccin chinois», avait fait savoir le 8 mars dernier le porte-parole du Comité scien- tifi que de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar. En d’autres termes, les 100.000 doses importées et consti- tuées de 50.000 doses de Spoutnik V et de 50.000 autres doses d’AstraZeneca-Oxford ont été épuisées. Il ne reste que le vaccin chinois Sinopharm dont l’Algérie a reçu 200.000 doses dont la distribution a commencé en mars. Pour l’heure, il n’y a pas de précisions sur la quantité de cet antidote distribuée et consommée.
RYTHME LENT DE VACCINATION ET TRANSPARENCE
L’augmentation du rythme de la vaccination reste, ainsi, «tributaire de la disponibilité des vaccins» sur lesquels une course sans pareille est engagée à travers la planète. Bien plus. C’est même une véritable bataille qu’ont engagée certains pays afi n de se procurer l’anticoronavi- rus par tous les moyens possibles. Il y a une très forte pression sur les fabricants, notamment sur le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca dont l’Algérie doit recevoir des doses de vaccins.
Ce producteur se trouve avoir des diffi cultés notamment en Europe où il a fait état de pro- blèmes de production ne lui permettant pas de respecter les délais de livraisons. Ce qui lui a valu une mise en garde de la Commission euro-
péenne qui, la semaine dernière, l’a «menacé de bloquer les exportations du vaccin contre le Covid-19 si l’Europe ne recevait pas d’abord les livraisons prévues dans son contrat», a rap- porté la presse européenne.
La situation de retard dans la disponibilité du vaccin en Algérie était prévisible du mo- ment où les diffi cultés du principal producteur auprès duquel elle devait s’approvisionner en ce mois de mars sont apparues bien avant la semaine dernière. Il convient de souligner que
«le vaccin AstraZeneca-Oxford est celui qui présente le meilleur rapport qualité/prix et c’est le vaccin le moins cher sur le marché», nous a confi é un spécialiste. On ne sait toujours pas quand les doses de cet antidote que le pays devait acquérir dans le cadre du système Covax pourraient être livrées. Il reste la piste du cadre bilatéral, à savoir les négociations notamment avec les producteurs russe et chinois. Mais là
encore, on ignore où en sont ces négociations.
Les Algériens désireux recevoir l’antidote et dont le nombre d’inscrits sur la plateforme nu- mérique dédiée a largement dépassé les vingt- milles sont dans l’expectative et c’est le rôle des pouvoirs publics, à leur tête les autorités sanitaires, de leur donner des explications sur le retard mis dans la réception des vaccins.
L’appel des professionnels de la santé à plus de communication et, surtout, à une transpa- rence dans la communication trouve tout son sens, dans la mesure où même-eux se disent déroutés par le silence des autorités. Pour rap- pel, l’Algérie a reçu un total de 300.000 doses de vaccins constitué de 50.000 doses du vac- cin russe Spoutnik V reçues le 29 janvier, de 50.000 doses du vaccin d’AstraZeneca reçu le premier février et 200.000 doses sous forme de don du vaccin chinois Sinopharm reçues le 24 février.