LES SCIENCES M É D I C A L E S
Comète et chevelures
C o n o n de Samos, qui fut astronome à la cour d u r o i d'Egypte P t o l é m é e III Evergète au IIP siècle avant J . - C , d é c o u v r i t une nouvelle constellation b o r é a l e , une c o m è t e q u ' i l appela l a « chevelure de Bérénice ». O n pourrait se demander p o u r q u o i si l ' o n ne savait que le mot « c o m è t e » vient d u grec komêtês q u i signifie chevelure. M a i s l'histoire est plus belle et nous allons la conter b r i è v e m e n t .
Bérénice était l a femme de P t o l é m é e . U n j o u r que son royal é p o u x s'en était allé p o u r une expédition lointaine, elle fit le v œ u , s'il revenait, de sacrifier aux dieux sa chevelure. P t o l é m é e rejoignit l'Egypte et, le soir m ê m e , Bérénice porta sa féminine parure sur l'autel de V é n u s . Ces cheveux ayant été d é r o b é s l a nuit suivante, l'astronome fut assez courtisan pour clamer que les dieux les avaient mis à leur véritable place, dans le ciel.
Une p o é t i q u e pensée q u i vient nous rappeler à propos que de tous temps les cheveux ont été considérés comme une m a t i è r e précieuse, et leur offrande comme un d o n de choix. Attributs de b e a u t é pour la femme et de force pour l'homme - nous n'en voulons pour t é m o i g n a g e que l'aventure de Samson dans l'Ecriture sainte - , intimes et cependant incorruptibles, les cheveux furent plus tard en de mauvais romans sertis dans des m é d a i l l o n s pendus au cou de pâles h é r o ï n e s . Maintenant, les chevelures ont perdu leur pouvoir d ' e n v o û t e m e n t . A u n o m d u masculin-féminin, on les ratisse sans vergogne chez nos compa- gnes, alors qu'on les tolère dans l'autre sexe. Elles ne cachent
plus guère que la tête. Encore faut-il qu'elles la dissimulent. Les femmes sur le tard ont quelquefois une alopécie diffuse laissant juste deviner le cuir chevelu que les hommes exhibent c r â n e -
ment. « Chauves, lisez Delteil, s'écriait D r i e u L a Rochelle, et vos cheveux repousseront ! » L a recette est un peu cocasse. N o u s en connaissons de meilleures à l'heure o ù la calvitie, a p r è s s'être longtemps fourvoyée dans les salons des capilliculteurs, rentre dans le sein médical. Les toutes dernières p r é p a r a t i o n s pour la repousse des cheveux ne s'obtiennent qu'avec ordonnance.
Neuf millions de F r a n ç a i s , hommes et femmes, ont ces p r o b l è m e s de « chute ». L'alopécie se manifeste de deux façons.
Chute brutale, a p r è s une grossesse ou un accident, une interven- tion chirurgicale, un choc psychique ou certains traitements m é d i c a m e n t e u x p r o l o n g é s aux antimitotiques, anticoagulants, a n t i p y r é t i q u e s , antibiotiques, antituberculeux, antirhumatis- maux, r e m è d e s du cœur, contraceptifs oraux, stéroïdes anaboli- sants, h y p o c h o l e s t é r o l é m i a n t s , divers ( a m p h é t a m i n e s , vitamine A , méthylsergide, etc.). S i bien que l ' o n a toutes les chances, au moins une fois dans sa vie, de se dépouiller de ces frondaisons qui faisaient l'orgueil des Anciens. A p r è s une chute specta- culaire, g é n é r a l e m e n t les cheveux repoussent.
Il n'en est pas de m ê m e avec la chute lente, inéluctable, inégalement répartie sur le c r â n e , et dont les différents stades ont été décrits par James H a m i l t o n en 1951. D ' a b o r d , les tempes se d é g a r n i s s e n t discrètement. Puis, de chaque côté, les golfes se creusent, laissant un isthme sur le milieu du front. U n peu plus tard, l'isthme s'est rétréci et le scalp penche vers l'arrière. A u stade suivant, le vertex à son tour devient lisse, reproduisant la tonsure des prêtres antéconciliaires. Bientôt les zones en friche se rejoignent en grignotant sur les bords. E n f i n , le d é s a s t r e est c o n s o m m é , les plaques dégarnies ont fusionné. Seule demeure au-dessus du col la « couronne hippocratique ».
C'est l'alopécie a n d r o g é n i q u e , de loin la plus fréquente. S ' i l faut en croire les statistiques, elle affecte 40 % des hommes de 35 ans, 60 % de ceux q u i ont d é p a s s é 50 ans, et 25 % des femmes. P o u r q u o i les femmes seraient-elles aussi c o n d a m n é e s à ce calvaire en sept stations ? Parce que les hormones mâles sont fabriquées non seulement par les testicules, mais aussi par les glandes surrénales et, en petite q u a n t i t é , par les ovaires. N o u s y
reviendrons dans un moment, mais nous devons avant nous pencher sur l'anatomie du cheveu.
Il pousse obliquement dans une petite cavité d u cuir chevelu, ne se redressant que sous l'effet de la peur (horripila- tion) ou d u froid. L a cavité se nomme follicule pileux, une glande sébacée s'y déverse. D è s la h u i t i è m e semaine de la vie foetale apparaissent, dans les régions des sourcils et des lèvres, de telles formations. Pourtant, ce n'est q u ' a u troisième mois de la gestation que se structurent les premiers cheveux qui serviront de m o d è l e s à tous les autres.
L a vascularisation du cuir chevelu est assurée par trois branches de la carotide externe : l'artère temporale superfi- cielle, l'artère auriculaire postérieure et l'artère occipitale. Ces vaisseaux serpentent dans la zone profonde du cuir chevelu, se ramifiant en artérioles qui é m e t t e n t des ramilles verticales, lesquelles vont s'aboucher avec les veinules pour assurer l'irrigation des follicules pilo-sébacés.
Le cheveu est un filament cylindrique de k é r a t i n e . E n coupe, on y d é c o u v r e de l'intérieur à l'extérieur trois couches successives, la moelle, le cortex et la cuticule. L a tige est c o m p o s é e de fibres et fibrilles entre lesquelles s'est coulée une substance p r o t é i q u e q u i sert de ciment. D e nature p r o t é i q u e é g a l e m e n t la k é r a t i n e des fibres est e n r o u l é e en spirale, ce qui explique la c a p a c i t é d ' é t i r e m e n t du cheveu. Elle r é p o n d à une formule chimique complexe d o t é e de ponts disulfures et de liaisons h y d r o g è n e de plusieurs types. L a rupture de ces liaisons e n t r a î n e la chute d u cheveu dont les forces de V a n der Waals assuraient auparavant la cohésion. Quant à la pigmentation, elle est due à la présence d'une m é l a n i n e sécrétée par les m é l a n o c y t e s . Dans les toisons rousses ou blondes, la m é l a n i n e est a d d i t i o n n é e de sels m i n é r a u x . Avec l'âge, les grains de m é l a n i n e se raréfient et les cheveux blanchissent. C'est la canitie.
Le cheveu est un organe vivant à activité cyclique. C h a c u n agit pour soi, sans s'occuper des voisins, et passe par trois phases successives en l'espace de trois à cinq ans. L a phase a n a g è n e est la p é r i o d e de croissance, beaucoup plus longue que les autres à l'état n o r m a l . Une p é r i o d e c a t a g è n e l u i succède, trois semaines pendant lesquelles le cheveu se repose. Dans un troisième temps, dit télogène et qui n'excède pas trois mois, le cheveu se laisse
choir, p o u s s é par u n nouveau venu q u i , l u i , se sent fort car i l est en phase a n a g è n e . Q u a n d les choses se g â t e n t , dans l a vieillesse ou l'alopécie, les cycles se raccourcissent, amputant de plus en plus la p é r i o d e a n a g è n e , en sorte qu'elle n'arrive pas à compen- ser les autres. Naissent des cheveux hâtifs et floconneux q u i , b i e n t ô t , ne d é p a s s e r o n t pas le stade de duvets.
Cela arrive, en particulier, dans l'alopécie a n d r o g é n i - que - encore appelée alopécie s é b o r r h é i q u e parce qu'elle s'accompagne d'un excès de s é b u m . Les hormones mâles en sont responsables, t e s t o s t é r o n e chez l'homme, et chez la femme d e l t a - 4 - a n d r o s t é n e d i o n e . Ces a n d r o g è n e s ne sont actifs sur les tissus-cibles q u ' a p r è s leur transformation en d i h y d r o t e s t o s t é - rone sous l'effet d'une enzyme, l a 5 - a l p h a r é d u c t a s e . Sur le site m ê m e de l'action, une partie de l'hormone est ainsi m u é e , tandis que l'autre se lie à une p r o t é i n e spécifique. L a q u a n t i t é de d i h y d r o t e s t o s t é r o n e produite d é p e n d é v i d e m m e n t de la concen- tration en 5 - a l p h a - r é d u c t a s e . Celle-ci est très abondante dans le cuir chevelu. L a nouvelle hormone synthétisée de ce fait, d'une part, stimule les glandes sébacées, provoquant, d'autre part, l'inhibition d u follicule pileux. I l semble qu'interviennent dans ce processus des facteurs g é n é t i q u e s . L e p h é n o m è n e de d é g é n é - rescence des cheveux o u des poils a été étudié dans de nombreux travaux tant chez l'homme que chez l'animal. O n peut avoir une idée des ravages que causera la s é b o r r h é e en mesurant l'aug- mentation de volume des glandes sébacées.
D'autres m é t h o d e s d'investigation permettent de se rendre compte de l'état de l a chevelure. L e test de traction consiste à faire glisser entre le pouce et l'index une m è c h e minuscule d'une dizaine de cheveux. Il est normal que cinq d'entre eux restent dans les doigts. U n d é c h e t plus abondant est pathologique.
L e trichogramme (de thrix, trikhos : cheveu ou poil) a plus de p r é c i s i o n . O n l ' o p è r e en arrachant une quarantaine de cheveux pris sur trois zones différentes du scalp, une pincée sur le front, l a d e u x i è m e sur l a tempe, et la troisième dans ce que l ' o n baptise l a « zone de tourbillon ». I l reste à comptabiliser, à l'aide d ' u n microscope, le nombre de cheveux prélevés dans chacune des r é g i o n s , tout en d é t e r m i n a n t la phase o ù ils se trouvent. Chaque cheveu accomplissant son cycle de m a n i è r e i n d é p e n d a n t e , o n doit retrouver sur une chevelure saine de 80 à 85 % d ' é l é m e n t s en p é r i o d e a n a g è n e , de 1 à 2 % de c a t a g è n e s et
de 10 à 20 % de télogènes. Le rapport a n a g è n e s / t é l o g è n e s fournit le coefficient de croissance du cheveu, qui doit idéale- ment égaler cinq. U n taux se situant au-dessous de ce chiffre signe la chute excessive.
M a i s le trichogramme ne renseigne pas sur la structure du cheveu. Celle-ci est d é t e r m i n é e microscopiquement en l u m i è r e polarisée, afin d ' a p p r é c i e r ses a l t é r a t i o n s éventuelles, variations de calibre, changements de configuration, analyse microfibril- laire. Plus rarement utilisé, l'examen au microscope électroni- que a l'intérêt de donner une impression de relief qui permet d ' a p p r é c i e r le volume et la forme de la tige, l'état de la cuticule et du cortex. Cette dernière é t u d e rend possible à coup s û r le dépistage des cheveux mal formés.
Les états observés grâce à ces investigations, outre l'excès de s é b o r r h é e dont nous avons déjà p a r l é , révèlent la présence de pellicules accompagnant souvent la s é b o r r h é e , à l ' o p p o s é l'existence d'une sécheresse exagérée, en dernier lieu la raréfac- tion des cheveux dite alopécie.
Les pellicules ne sont pas forcément grasses. Sèches, elles constituent le pityriasis simple caractérisé par l a multiplication trop rapide des cellules é p i d e r m i q u e s du cuir chevelu. U n micro-organisme, le Pityrosporum ovale, levure p r é s e n t e dans les cheveux normaux, devient p a r t i c u l i è r e m e n t florissant dans les états pelliculaires. Dans la pelliculose grasse, l ' h y p e r s é b o r - rhée amalgame les squames de la peau et le s é b u m , formant des c r o û t e s j a u n â t r e s et prurigineuses. C'est le pityriasis s t é a t o ï d e .
Les cheveux secs et très secs sont ternes et rêches, ils manquent au contraire de s é b u m . Fragiles, leurs raisons d ' ê t r e sont multiples. L ' â g e et les p r o b l è m e s de s a n t é . Les agressions venues de l'extérieur : vent, soleil, eau de mer ou de piscine. Les traitements capillaires fréquents et agressifs : teintures, d é c o l o - rations, permanentes, brushings. L a rupture des liaisons sou- frées d é m o l i t la k é r a t i n e . Les écailles de la cuticule se soulèvent et se déchirent. L a chevelure prend un aspect mité.
L'alopécie est aiguë ou chronique. A i g u ë , d é p o u i l l e m e n t brutal, elle fait suite - nous l'avons dit - à la maladie infectieuse, au traumatisme physique o u psychique, au bouleversement hormonal, à la trichotillomanie, manie de se tripoter les cheveux, ou simplement à une réaction auto-immune. L ' a l o p é - cie diffuse des femmes ne suit pas le s c h é m a de H a m i l t o n , mais
se conforme à celui q u ' E r i c h L u d w i g a j u g é nécessaire de définir en 1977, montrant que les femmes ont tendance, là aussi, à rejoindre les hommes. « Une femme ne devient pas chauve », p r é t e n d a i t - o n jusqu'alors. H é l a s ! cet aphorisme n'est plus de mise. L ' é v o l u t i o n des m œ u r s c o s m é t i q u e s , surtout les sham- pooings radicaux infligés deux fois la semaine ont beaucoup c o n t r i b u é au d é v e l o p p e m e n t des glandes sébacées.
O n peut quelque temps retenir sur la pente fatale ses avantages capillaires par des shampooings contenant les pro- duits a p p r o p r i é s . L a pyridinethione de zinc est le plus courant des agents antipelliculaires. Le coaltar a été e m p l o y é dès l ' A n t i q u i t é contre les pellicules grasses, l'acide salicylique q u ' o n lui ajoute élimine les squames. L ' h u i l e de cade ou goudron de bois de genévrier partage avec des p r é p a r a t i o n s plus modernes et plus agréables (bois de Panama, capucine, ortie blanche, cèdre, romarin, bardane ou... argile) le traitement de la s é b o r - rhée. Les cheveux secs ou très secs relèvent des huiles d'amande, de r i c i n , d'avocat et de vison que l ' o n additionne d'acides a m i n é s , de p r o t é i n e s , de vitamines A , B , E ou F pour « struc- turer » le cheveu. L'alopécie est freinée par des extraits de plantes, des extraits tissulaires lyophilisés, les extraits Filatov, les trichosaccharides retirés du chignon de cheval, la m é t h i o n i n e p r é c u r s e u r de la cystine, le « soufre du cheveu ». Des expérien- ces ont m o n t r é que la m é t h i o n i n e , mise en solution aqueuse et utilisée en frictions, se transformait en cystine et s'incorporait au cheveu pour h â t e r sa croissance. Q u a n d le mal est fait, i l reste bien des recours, à condition d ' ê t r e p e r s é v é r a n t . Dans la calvitie a n d r o g é n i q u e , par exemple, qui s'impose par paliers, o n essaie de bloquer l'action des hormones mâles sur les glandes sébacées et les follicules pileux avec la p r o g e s t é r o n e qui e m p ê c h e d'agir la 5 - a l p h a - r é d u c t a s e . L a v i t a m i n o t h é r a p i e culmine dans les effets conjugués de la vitamine H et de la vitamine B5 a d m i n i s t r é e s d'abord à forte dose en p i q û r e s , la voie orale prenant ensuite le relais de ce traitement d'attaque. Les tricholipides et trichopep- tides, les phytostimulines des huiles essentielles végétales, les extraits placentaires entrent dans la lutte.
Toutes ces molécules sont venues peu à peu gonfler l'arsenal des remèdes capillaires. L a plupart ont à leur actif de bons r é s u l t a t s , et le secret consiste souvent à employer plu- sieurs d'entre elles s i m u l t a n é m e n t . M a i s nous voulons nous
attarder plus spécialement sur l a dernière venue, qui a fait couler beaucoup d'encre, et q u i se trouve commercialisée depuis quelques mois par deux firmes différentes : le m i n o x i d i l . E n dépit de la consonance un peu péjorative de son principe actif, elle semble pour l'instant l a seule capable d'inverser le processus de d é t é r i o r a t i o n en ramenant des duvets au stade de cheveux authentiques.
Le m i n o x i d i l , vasodilatateur puissant, avait d'abord été spécialisé pour soigner les hypertensions sévères. L a stupéfac- tion des hypertendus glabres fut à son comble lorsqu'ils virent pousser leurs cheveux et leurs poils. A la dose prescrite, ils devenaient hirsutes, ce qui pouvait en gêner quelques-uns. O n d é c i d a de p r é p a r e r des solutions é t e n d u e s q u i , a p p l i q u é e s localement, n'avaient plus d'effet sur la tension, mais demeu- raient suffisamment vasodilatatrices pour a m é l i o r e r les a l o p é - cies. O n sait l'importance de l'irrigation du cheveu, q u i se nourrit des composants d u sang comme la plante puise dans la terre.
Des essais c o n t r ô l é s et des essais r a n d o m i s é s en double aveugle ont p o r t é sur quatre mille volontaires p r ê t s à offrir leur scalp à l a nouvelle divinité de la science. O n a usé de solutions à 2 % , de solutions à 3 % et d'un placebo. Quatre mois plus tard, le groupe q u i avait reçu la solution à 2 % se flattait de 34 % de repousse de cheveux « i n t e r m é d i a i r e s », tandis que le second groupe n'en comptait pas davantage (35 %) et que les consom- mateurs de placebo accusaient 20 % de reprises de végétation.
Ce q u i prouve que le facteur psychologique intervient. Cepen- dant, l'écart restait assez grand pour conclure à l'excellence du m i n o x i d i l , pour lequel o n d é c i d a de s'en tenir à l a solution alcoolique à 2 % , celle à 3 % n'apportant rien de plus. E n définitive, 30 patients sur 100 déclarèrent avoir eu des « résultats très satisfaisants ». Ceux qui r é p o n d i r e n t le mieux à l'essai étaient d o t é s d'une calvitie récente et peu avancée.
Certains i n c o n v é n i e n t s existent q u i ne se rapportent pas aux effets secondaires du produit. Ces derniers, qui consistent en é r u p t i o n s allergiques ou en vertiges, sont rares. M a i s , le résultat régressant dès que l ' o n interrompt le traitement, i l y a lieu d'envisager des cures ininterrompues avec une lotion qui n'est pas b o n m a r c h é et q u i , mise au tableau C des substances à
surveiller, ne se vend que sur ordonnance. Que ne ferait-on pas pour être beau !
Le m i n o x i d i l ne s'applique qu'aux alopécies a n d r o g é n i - ques, de loin les plus nombreuses. Pour les autres cas, outre les m é d i c a m e n t s é n o n c é s , i l reste deux solutions, cheveux artificiels et r é i m p l a n t a t i o n . L a chirurgie repose sur le principe que les bulbes pileux de la couronne survivent à ceux du front et de la tonsure. E n c o n s é q u e n c e , tout cheveu prélevé sur cette cou- ronne et r é i m p l a n t é en zone désertique continuera de croître comme si rien ne l u i était arrivé. Il y a diverses m é t h o d e s . Greffons, « bandelettes » ou « lambeaux ». P r é l è v e m e n t d'un ruban latéral que l ' o n bascule sur le milieu du front, ou r é d u c t i o n de tonsure opérée par le rapprochement b o r d à b o r d de deux plaques chevelues, l'homme de l'art peut s'abandonner à son inspiration. S i le corps médical tout entier s'en mêle, on ne verra b i e n t ô t plus de vrais chauves.
P A U L E F O U G È R E