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SANDRINE PERNUSCH
UNE RENTRÉE ROSE ET NOIRE
I L L U S T R A T I O N S D E C A M I L L E M E Y E R
R A G E O T • É D I T E U R
Collection dirigée par Caroline Westberg ISBN 2-7002-2674-7
ISSN 1142-8252
© R A G E O T - É D I T E U R - P a r i s , 2 0 0 0 . Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays. Loi n°49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées
à la jeunesse.
LA RENTRÉE
Et voilà. C'est arrivé. Je suis entrée en sixième aujourd'hui. J ' a u r a i s mieux fait d'aller à la pêche aux moules.
- Alors ? demande Thomas.
C'est m o n frère. Il a neuf ans, mais on peut discuter avec lui c o m m e s'il en avait onze ou douze.
- Alors c'est de la bouillie de fourmis ! De la purée de boudin !
- Pourquoi ?
- Parce que tout y est noir ! Les gens ! Les couloirs ! Même l'air !
- L'air est invisible.
- Oui, mais ça n'empêche pas de le sen- tir. Et moi je le sens noir.
- Ah... Et c o m m e n t tu sens l'air de la maison ? s'enquiert Thomas.
- Je ne sais pas.
- Dis quand même.
Mon frère lève vers moi ses yeux bleu ciel si semblables aux miens, paraît-il. Pour l'instant, ses pupilles flottent dans une mare d'inquiétude. Thomas, autant le dire de suite, c'est le sentimental de la famille.
- Je ne sais pas, moi, c o m m e n t est l'air de la maison ! Tu as de ces questions ! Vert d'eau, si tu veux !
- Oui ! jubile Thomas, vert d'eau pétil- lante !
- En tout cas, au collège, rien ne pétille ! Tu peux me croire ! Tout est plat, triste et noir !
- Les autres pensent comme toi ?
- Sans doute. En plus, ceux de ma classe de l'an dernier ne sont pas avec moi ! Enfin si... quelques-uns. Mais dans l'en- semble nous sommes éparpillés, Thomas, é-par-pil-lés comme de vulgaires confettis !
- Et Chloé ?
- Elle est dans ma classe. Il n'aurait plus manqué que ça !
- Alors tu as l'essentiel, déclare calme- ment Thomas en glissant deux carrés de chocolat dans u n œuf d u r qu'il a farci de câpres.
C'est toujours un peu é c œ u r a n t ce que mange mon frangin.
Cela dit, il a raison au sujet de Chloé.
L'an dernier, elle est devenue ma meilleure
amie. J'ai passé quinze jours chez elle à Piraillan, sur le bassin d'Arcachon, et nous avons tremblé tout l'été à l'idée de ne pas nous retrouver dans la même classe ! Alors oui, mon frère a vu juste : j'ai l'essentiel. Il n'empêche que cette atmosphère de préci- pitation et d'indifférence et surtout ce mélange d'âges me tracassent : m o n col- lège fait aussi lycée ! C'est u n gros bahut.
Et un sacré chahut.
À l'école primaire, les cris ne me déran- geaient pas. C'étaient des cris de récré, quoi. Ici, c'est différent. Ce ne sont pas des cris de jeux. C'est du bruit. Du bruit sans visages.
- Tu vois, Thomas, ce qui me choque c'est que les couloirs ont beau fourmiller d'élèves, ils ont l'air vides et froids.
- Ah bon ? Moi je crois qu'on peut tou- jours chauffer des couloirs.
- Pas ceux-là.
- Si ! T'as qu'à trouver u n truc ! Une astuce, quoi ! Faut bien que tu t'aides, hein ?
C'est vrai, ça... Qu'est-ce que je pourrais faire pour m ' a i d e r ? Je n'ai pas envie de s o m b r e r dans une dépression nerveuse
comme Marine, l'an dernier ! Marine, c'est ma grande sœur super pénible. Elle est en première dans le même bahut que moi. Il y a quelque temps j'ai découvert son journal secret, elle voulait mourir à cause d'un gar- çon qu'elle aimait. Lui ne l'aimait pas.
C'était une sorte de moustique boutonneux à longues pattes avec des yeux bovins qui se croyait irrésistible ! En plus, il fumait sans arrêt. Je l'avais surnommé « Four- neau-Œil-de-Veau ». Heureusement, Marine n'est plus amoureuse de lui. Mais quelle peur elle m'a faite, cette idiote ! Elle agoni- sait d'amour.
Moi, la déprime, ce n'est pas mon truc.
Alors pourquoi les simples couloirs d'un collège me sabotent-ils le moral ? Pourquoi me réduisent-ils à la taille d'un petit pois ?
- Salut Olga ! Et ce collège ?
Voilà ma sœur. Cheveux très courts, ultra-mince p a r rapport à l'an dernier. Je me demande quelle partition elle va nous jouer, cette année ? Pas la même, j'espère ! Les chagrins d ' a m o u r , quelle perte de temps ! Si un garçon ne vous aime pas, pourquoi continuer à l'aimer ? Bon d'ac-
- Toi, alors, quelle actrice ! s'est écriée Estelle.
- Elle ne jouait pas, a répliqué Chloé à voix basse.
- En tout cas, moi aussi je suis sûre qu'elle pourrait faire du théâtre ! a ren- chéri Capucine, encore ébahie.
- Olga devrait plutôt écrire une pièce ou un scénario, a déclaré Benjamin, ses yeux dans les miens.
- Moi ? ai-je balbutié. Moi ? Mais tu veux rire ! Mais vous voulez tous rire ! C'est Molière qui vous trouble ! Remar- quez... ce que dit Ben... nous pourrions peut-être... ensemble... oui, c'est ça...
ensemble ?
À cet instant précis, Marine et sa bande de copains sont entrés. Ils se sont attablés à une table voisine. Marine m'a fait un clin d'œil.
Alors j'ai regardé.
Le café. Mes copains à moi. Benjamin.
Et je me suis envolée. Pour toujours.
i n f o r m a t i o n s
c a s c a d e
LES DEUX AMIS
Qu'un ami véritable est une douce chose ! Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ; Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir lui-même.
Un songe, un rien, tout lui fait peur Quand il s'agit de ce qu'il aime.
Jean de La Fontaine
Les Deux Amis (extrait)
LES MOTS DE L'AMITIÉ
Avoir des amis, c'est être riche. (Plaute) Si tu te fais de nouveaux amis, n'oublie pas les anciens.
Pardonne à un ennemi, tu gagneras des amis. (Proverbe latin)
Des amis et des livres, ayez en peu, mais des bons.
Il faut tendre la main à ses amis sans fermer les doigts. (Proverbe grec)
Les amis ont tout en commun. (Pythagore, Grèce)
Mieux vaut ami grondeur que flatteur.
(Proverbe français)
Un ami fidèle est une tour forte et qui l'a trouvé a trouvé un trésor. (Bible)
Si ton ami est de miel, ne le mange pas tout entier. (Proverbe arabe)
Le seul moyen d'avoir un ami, c'est d'en être
un. (R. W. Emerson)
ÊTRE UN ADO
Ce n'est pas facile de grandir ! L'adolescent en sait quelque chose : son corps se trans- forme complètement et il ne se sent pas toujours bien dans sa peau ; il n'est plus un enfant, mais il n'est pas encore une grande personne, bref il a du mal à trouver sa place. Alors, il y a les jours où tout va bien, et ceux où tout va mal...
LA VIE EN NOIR
« Personne ne m'aime. »
Ça, c'est ce que l'on pense les jours où tout
va mal. Une réprimande des parents, une
mauvaise note en classe ou une dispute
avec sa meilleure amie ou son meilleur
ami, et l'on se sent incompris, abandonné,
malheureux. S'enfermer tout seul dans sa
chambre n'arrange rien... Mieux vaut se
changer les idées que ressasser, tout ira
mieux après !
« J'ai des boutons sur le visage. »
Comme 70 % des jeunes âgés de 13 à 18 ans ! À la puberté, l'organisme se modifie, la peau devient plus grasse ce qui cause l'apparition de ces vilains boutons que l'on appelle « acné juvénile ». Ils ne sont abso- lument pas contagieux, mais ils gâchent la vie ! On peut y remédier en utilisant des lotions spéciales pour les peaux jeunes, ou, dans les cas rebelles, en prenant des médi- caments conseillés par un dermatologue.
« Ma meilleure amie me laisse tomber. » Parce qu'elle est allée au cinéma sans vous le dire ? Est-ce que vous ne seriez pas un peu jalouse (ou jaloux...) ? C'est difficile de partager, surtout ses amis, quand on a 12 ou 13 ans. Mais ce n'est pas parce qu'elle vous a caché quelque chose qu'elle ne tient plus à vous. Si vous n'oubliez pas de rire ou de vous amuser de votre côté, ce n'est pas une amie, mais dix que vous atti- rerez !
LA VIE EN ROSE
« Mes parents me laissent plus de liberté. » Bravo ! C'est qu'ils vous font confiance et que vous la méritez. Il est probable que, si vous respectez leurs consignes (travailler
correctement, respecter les horaires, dire avec qui vous sortez, etc.), ils seront de plus en plus sympas. Profitez-en... mais n'en abusez pas !
« Je choisis mes vêtements tout seul. »
Tout le monde n'a pas cette chance, et pourtant c'est une très bonne école : on apprend à comparer les prix, à utiliser au mieux une somme d'argent et à respecter ses affaires, car on en connaît la valeur.
Bref, on apprend à devenir adulte.
« Je suis amoureuse (amoureux). »
L'amour, c'est ce qui rend la vie magni- fique. À l'adolescence, on tombe facile- ment amoureux.
S'il s'agit d'un acteur, d'une chanteuse ou d'un prof, ce n'est pas très sérieux... il est probable que vous changerez bientôt d'amour ! Mais le jour où vous aurez ren- dez-vous avec la fille ou le garçon que vous admirez, ce sera une autre histoire !
Vous apprendrez à vivre autrement, pas seulement pour vous, mais pour rendre un autre heureux.
LE COURRIER É L E C T R O N I Q U E
E-mail ou mél. ?
Le premier, e-mail, est le mot anglais pour
« courrier électronique ». Le second, mél.
(avec un point), est l'équivalent français (message électronique). Ce mot a été choisi par la Commission générale de ter- minologie et de néologie qui « invente » les mots nouveaux de la langue française. Les Québécois ont préféré traduire e-mail par
« courriel » (courrier électronique).
L'équipement
Pour recevoir ou envoyer un mél., il faut d'abord avoir un ordinateur et un modem qui permet de se connecter au réseau inter- net par l'intermédiaire d'une ligne télépho- nique. Il faut ensuite choisir un prestataire pour accéder à ce réseau. En France, les plus importants sont AOL, Wanadoo et Club Internet. Le prestataire vous propose un abonnement, correspondant en général à un certain nombre d'heures d'utilisation chaque mois. Il faut parfois y ajouter le prix des communications téléphoniques
qui permettent de se connecter. Étudiez bien les différentes formules pour choisir la mieux adaptée à votre cas !
À chacun sa boîte aux lettres
Tous les abonnés internet ont une boîte aux lettres à leur nom. Une boîte aux lettres électronique n'a pas la forme d'une boîte et elle n'est pas en métal : il s'agit d'un emplacement sur le disque dur d'un ordinateur, réservé au propriétaire de la boîte. De toute façon, elle ne recevra pas de lettres sur papier enfermées dans des enveloppes, mais des textes, des images, des photos et même des sons que vous pourrez lire, ou écouter, quand vous en aurez envie : votre courrier vous attend sagement et la boîte ne risque pas de déborder. À la différence d'une lettre, le mél. arrive chez vous à la seconde où il est envoyé, qu'il vienne de l'autre bout de la terre ou de la maison d'à côté !
Votre adresse personnelle
Une adresse électronique comporte deux parties, séparées par le signe @ que l'on appelle « arobase ». La première partie vous concerne : c'est le nom que vous avez choisi, qui peut être votre nom complet, ou un surnom, des initiales, etc. Il doit être
suffisamment original pour ne pas figurer déjà sur le réseau, votre courrier risquerait de partir chez quelqu'un d'autre ! La partie qui suit le signe @ est le nom du réseau ou du prestataire sur lequel vous êtes connecté.
Lorsque vous recevez un message, votre adresse et celle de votre correspondant sont toujours indiquées : cela permet de vérifier qu'il n'y a pas eu d'erreur de trans- mission et de répondre aussitôt.
LES SMILEYS
Bonne ou mauvaise journée ? Vous pouvez l'indiquer à votre correspondant internet d'un petit signe appelé « smi- ley ». Ce signe comporte deux-points, un trait d'union et une parenthèse. On le lit en penchant la tête sur la gauche :
signifie « Tout va bien ».
signifie « Je n'ai pas le moral ».
Ces dossiers ont été réalisés en collaboration avec Nicole Bustarret.