Théorie homotopique des Schémas
Mlle. AZI Khadija
Table des matières
1 Généralités sur les schémas 2
1.1 Spectre d’un anneau : . . . 2
1.1.1 Dé…nition ensembliste : . . . 2
1.1.2 Topologie de Zariski sur SpecA : . . . 2
1.1.3 Propriétés topologiques : . . . 4
1.1.4 Applications continues : . . . 5
1.2 Schéma a¢ ne : . . . 6
1.2.1 Préfaisceau :. . . 6
1.2.2 Faisceau : . . . 6
1.2.3 Faisceau structural : . . . 6
1.2.4 Schéma a¢ ne : . . . 6
2 Topologie de Zariski dans le cas projectif 7 2.0.5 Dé…nitions : . . . 7
2.0.6 Ensembles algébriques projectifs : . . . 7
2.0.7 Idéal d’un ensemble algébrique projectif : . . . 9
2.0.8 Nullstellensatz projectif :. . . 9
2.0.9 Anneau gradué associé à un ensemble algébrique : . . . 9
2.0.10 Les ouverts : . . . 10
3 Topologie de Grothendieck 11 3.1 Prétopologie de Grothendieck : . . . 11
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Résumé
Chapitre 1
Généralités sur les schémas
1.1 Spectre d’un anneau :
1.1.1 Dé…nition ensembliste :
Dé…nition 1.1
Le spectre d’un anneau commutatif unitare A est l’ensemble de ses idéaux premiers, on le note SpecA:
Exemple 1.1
1) Si A est un anneau principal :
i)SpecZcorrespond à l’ensemble des nombres premiers et 0.
Les nombres premiers sont en correspondance avec les idéaux premierspZet0corres- pond à l’idéal nul.
ii)SpecR[X] contient0(l’idéal nul), Rcar chaque réel r correspond à l’idéal premier (X r)R[X] et les couples des nombres complexes conjugués (z; z0) correspondant à l’idéal (X z)(X z0)R[X]:
2) Si A est un corps :
Dans ce casSpecA contient seulement l’idéal nul.
1.1.2 Topologie de Zariski sur SpecA :
Les fermés : Dé…nition 1.2
A tout idéal a deA on associe l’ensemble V(a) = fpidéal premier tel que avpg:
Proposition 1.1
1) Si a etb sont deux idéaux de A alors V(a)[V(b) = V(ab):
2) Si faigi est une famille d’idéaux deA alors T
V(ai) =V (P ai): Preuve.
2
1.1. SPECTRE D’UN ANNEAU : 3
1) Montrons queV(a)[V(b) = V(ab) On procède par souble inclusion : i)V(a)[V(b) V(ab) :
Soit p2V(a)[V(b):
Doncp2V(a) oup2V(b):
=)avp oub vp:
=)abvp:
=)p2V(ab):
D’oùV(a)[V(b) V(ab):
ii)V(ab) V(a)[V(b) : Soit p2V(ab) , doncabvp:
Supposons par exemple que b*p Alors il va exister x2b tel que x =2p Or8y2a on a xy2p
Comme p est premier etx =2palors forcément y 2p;d’où avp ce qui établit ii).
2) Montrons queT
V(ai) =V (P ai) : Soit faigi est une famille d’idéaux de A On sait queP
ai est le plus petit idéal contenant tous les ai: Doncp2V (P
ai) () P
ai vp () ai vppour tout i () p2T V(ai):
Remarque 1.1
A présent on peut dé…nir une topologie surSpecA:
Les fermés sont les ensembleV(a):
On note que V(A) =? etV((0)) =SpecA:
On a bien une topologie au sens de la proposition précédente :
L’intersection quelconque ainsi que la réunion …nie d’ensembles de la forme V(a) est encore un ensemble de la forme V(a):
Dé…nition 1.3
Les ensemblesV(a)forment donc les fermés d’une certaine topologie surSpecAappelée la topologie de Zariski sur SpecA:
Les ouverts fondamentaux : Dé…nition 1.4
Soit a un idéal quelconque deA:
Les ensemblesU(a) =SpecArV(a)constituent les ouverts de la topologie de Zariski sur SpecA:
Notion de voisinage : Dé…nition 1.5
Soit W SpecA:
W est un voisinage de a pour la topologie de Zariski si et seulement s’il existe I idéal de A tel que a2U(I) W:
4 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES SCHÉMAS
1.1.3 Propriétés topologiques :
Points particuliers : Remarque 1.2
Un point deSpecAest fermé si le singleton correspondant est une partie fermée dans SpecA:
Proposition 1.2
Le point dé…ni par un idéal premier est fermé si et seulement si l’idéal est maximal.
Corollaire 1.1
SiA6=f0galors SpecA a toujours des points fermés.
Preuve.
Supposons que SpecA6=f0g;alors il existe un idéal premierI 6= (0): Donc il va exister un idéal maximalJ contenant I:
AinsiJ est un point fermé de SpecA:
Exemple 1.2
Contrairement à ce qui se passe pour les topologies métriques tous les points ne sont pas fermés en général.
En e¤et, dansSpecZetSpecR[X]il existe un idéal premier (l’idéal nul) non maximal.
Points génériques :
Puisqu’un point x de SpecA n’est pas nécessairement fermé on peut considérer son adhérence dans SpecA pour la topologie de Zariski.
Dé…nition 1.6
On dit qu’un point est générique s’il n’appartient à l’adhérence d’aucun autre point.
Remarque 1.3
Il est facile de remarquer qu’un point correspondant à un idéal premier est générique si et seulement si l’idéal premier est minimal (c’est à dire ne contient aucun autre idéal premier).
Exemple 1.3
i) Si A est intègre :
L’idéal nul est un idéal premier minimal, il correspond donc à un point générique de SpecA. C’est aussi l’unique point générique sur SpecA L’adhérence du point générique est l’espace tout entier.
ii) i) Si A n’est pas intègre :
Dans ce cas il peut y avoir plusieurs points génériques.
L’adhérence de chacun de ces points est un fermé de SpecA appelé une composante irréductible de SpecA:
1.1. SPECTRE D’UN ANNEAU : 5
Séparation et compacité : Proposition 1.3
L’espaceSpecAest quasi-compact : En e¤et, de tout recouvrement d’ouverts d’ouverts de SpecAon peut extraire un recouvrement …ni.
Preuve.
Soit fUigi un recouvrement ouvert deSpecA.
On sait d’après la proposition 1.1 queT
V(ai) =V (P
ai)est non vide doncP
ai =A:
Celà implique que l’unité 1 de A appartient à la somme d’un nombre …ni d’idéaux..
Les ouverts Ui correspondant aux complémentaires de cesV(Ii) recouvrent SpecA:
Proposition 1.4
L’espaceSpecA n’est pas séparé.
Remarque 1.4
On a vu plus haut qu’un point dé…ni par un idéal premier n’est pas nécessairement fermé donc SpecAn’est pas séparé.
1.1.4 Applications continues :
Proposition 1.5
Soit h:A !B un homomorphisme d’anneaux :
Pour tout idéal pl’application Spec(h) :SpecA !SpecB qui àp associe h 1(p) est continue.
Preuve.
On sait que l’image réciproque d’un idéal premier est un idéal premier.
D’autre part, pour tout idéal J de B on montre que h 1(V(J)) =V (h 1(J))est un fermé dans SpecA:
D’oùSpec(h)est une application continue.
Exemple 1.4
Pour tout anneau A, il existe un unique homomorphisme d’anneaux Z ! A:On a donc une application continue SpecA ! SpecZ.
SiAest de caractéristiqueptel queppositif premier alors l’image de cette application est le nombre pZ:
6 CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LES SCHÉMAS
1.2 Schéma a¢ ne :
1.2.1 Préfaisceau :
Dé…nition 1.7
SoitX un espace topologique. Un préfaisceau d’ensemblesF sur X est la donnée de : 1) Pour tout ouvertU deX d’un ensemble F(U)
2) Pour toute inclusion V U d’une application de restriction U V :F(U) !F(V) véri…ant :
i)F(?) = 0
ii) U U est l’application identité F(U)!F(U)
iii) SiU V W trois ouverts de X alors U W = V W U V
En langage des catégorie un préfaisceau d’ensembles F sur un espace topologique X est un foncteur contravariant de la catégorieT op(X)dans la catégorie des ensemblesEns.
Exemple 1.5
Sur une variété di¤érentielle X, la donnée C1(U) des fonctions réelles de classe C1 sur un ouvert U de X dé…nit un préfaisceau surX:
Les applications de restriction sont les restrictions au sens usuel.
1.2.2 Faisceau :
Dé…nition 1.8
Un préfaisceau F est appelé faisceau lorsque, pour tout ouvert V de X, tel que V = SVi et pour toute famille de sections fsig 2F(Vi)
sijVi\Vj = sjjVi\Vj alors 9!s 2F(U) tel que sjVi =si:
1.2.3 Faisceau structural :
A isomorphisme près, il existe un faisceau d’anneaux commutatifs sur l’espace topo- logique SpecA dont l’anneau des sections est un ouvert de la forme D(f) (où f 2 A) s’identi…ant à l’anneau local Af:
Dé…nition 1.9
La donnée de l’espace topologiqueSpecAmuni de ce faisceau d’anneaux constitue un espace topologique annelé.
Si U est un ouvert de SpecA, l’anneau des sections sur U du faisceau structural est appelé anneau des fontions régulières sur U:
1.2.4 Schéma a¢ ne :
Dé…nition 1.10
Pour tout idéal premier p de A, l’anneau des germes de fonctions régulières en p 2 SpecA s’identi…e au localisé Ap deA en l’idéal premier p:
L’espace anneléSpecAest ainsi un espace topologique annelé en anneaux locaux appelé schéma a¢ ne.
Chapitre 2
Topologie de Zariski dans le cas projectif
2.0.5 Dé…nitions :
Soit n2N etE l’espace vectoriel de dimension n+ 1 surk:
On introduit la relation d’équivalence < surE rf0g dé…nie par : x<y () 9 2 k tel que y = x:
La relation< n’est autre que la colinéarité des vecteurs, les classes d’équivalence pour
< sont donc les droites vectorielles de E privées de l’origine.
Dé…nition 2.1 Espace projectif
L’espace projectif associé à E qu’on note P(E) est le quotient de E r f0g par la relation <:
Si on désigne parp la projection canoniquekn+1rf0g !P(kn+1):
Pour x = (x0; :::; xn) et x 6= 0, si x = p(x) on dit que x est un point de P(kn+1) de coordonnées homogènes (x0; :::; xn):
On posePn =P(kn+1):
On note alors que les xi ne sont pas tous nuls et que si 2k alors ( x0; :::; xn) est un autre système de coordonnées homogènes de x:
Remarque 2.1
1) Lorsque k = R ou C l’espace projectif a une topologie naturelle, celle quotient de la topologie de kn+1rf0g:
L’espace projectif est donc compacte et connexe.
2) Le fait que l’espace projectif associé à kn+1 soit de dimension n correspond au fait que les droites vectorielles y sont contractées en des points.
2.0.6 Ensembles algébriques projectifs :
On va travailler sur un corps commutatif k.
On désigne par Pn l’espace projectif de dimension n.
On note par(x0; :::; xn)les coordonnées dans Pn: Soit k[X1; :::; Xn] l’anneau des polynomes . Remarque 2.2
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8 CHAPITRE 2. TOPOLOGIE DE ZARISKI DANS LE CAS PROJECTIF
Parmi les di¤érences avec le cas a¢ ne il convient de préciser que les polynomesF de k[X1; :::; Xn] ne sont plus des fonctions sur l’espace projectif parce que leur valeur en un point x dépend du système de coordonnées homogènes.
On rappelle que siF est homogène de degré d alorsF( x0; :::; xn) = dF(x0; :::; xn):
Proposition 2.1
Soit F 2k[X1; :::; Xn] etx2Pn:
On dit quexest un zéro deF siF(x) = 0pour tout système de coordonnées homogènes x de x:
On écrit alors indi¤éremmentF(x) = 0 ouF(x) = 0:
i) Si F est homogène il su¢ t qu’on ait pour tout système de coordonnées homogènes F(x) = 0:
ii) SiF =F0+F1+:::+FroùFisont homogènes de degréialorsF(x) = 0, Fi(x) = 0 pour tout i2 f1; :::; rg:
Preuve.
Pour ii) Supposons queF( x) = dFd(x) +:::+ F1(x) +F0(x) = 0:
Ceci impliqueFi(x) = 0 8i= 0; :::; r:
Réciproquement si pour touti= 0; ::; r on a Fi(x) = 0 alors F( x) =F(x) = 0:
Dé…nition 2.2 Ensemble algébrique projectif
Soit S k[X1; :::; Xn]:
On appelle ensemble algébrique projectif un ensemble de la forme :
Zp(S) = fx2Pn / 8F 2S F(x) = 0g (Au sens de la proposition 2.4 bien en- tendu).
S’il n’y a pas de confusion on écritZ(S) au lieu de Zp(S):
1) Si I =hSi on a bien Z(S) =Z(hSi):
2) Commek[X1; :::; Xn] est nothérien il est toujours possible de se ramener au cas où S est …ni formé par des polynomes homogènes.
Exemple 2.1
1)Z(f0g) =Pn:
2) Comme dans le cas a¢ ne, les points x = (x0; :::; xn) 2 Pn sont des ensembles algébriques projectifs.
Remarque 2.3
Similairement au cas a¢ ne on a les propriétés suivantes : i) L’application Zp est décroissante .
ii) L’intersection quelconque d’ensembles algébriques projectifs ainsi que leur réunion
…nie sont des ensembles algébriques projectifs. Ce qui munit Pn d’une topologie dont les fermés seront les Zp : c’est la topologie de Zariski.
Pour les parties de Pn on utilisera la topologie induite (dite encore de Zariski).
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2.0.7 Idéal d’un ensemble algébrique projectif :
Remarque 2.4
Soit V une partie dePn: L’idéal de V est dé…ni par : Ip(V) = fF 2k[X1; :::; Xn] / 8x2V F(x) = 0g Toujours au sens de la proposition 2.4.
Proposition 2.2
1) L’idéal Ip(V)est homogène et radical.
2) L’application Ip est décroissante.
3) Pour tout ensemble algébrique projectif V on a Zp(Ip(V)) =V:
4) Si I est un idéal on aI Ip(Zp(I)):
5)Ip(I) = (0) etIp(?) =k[X1; :::; Xn]:
2.0.8 Nullstellensatz projectif :
Dans la suite on supposera que le corps k est algébriquement clos. On a alors une variante du Nullstellensatz a¢ ne énoncée comme suit :
Théorème 2.1 Nullstellensatz projectif
Soit I un idéal homogène dek[X1; :::; Xn].
i)Zp(I) = ?,(X1; :::; Xn) =k[X1; :::; Xn] rac(I):
ii) Si Zp(I)6=? on a Ip(Zp(I)) =rac(I):
Remarque 2.5
On obtient ainsi -comme dans le cas a¢ ne- une bijection entre les ensembles algébriques projectifs et les idéaux homogènes radicaux de k[X1; :::; Xn]:
2.0.9 Anneau gradué associé à un ensemble algébrique :
Soit V Pn un ensemble algébrique projectif et Ip(V)son idéal.
CommeIp(V) est homogène alors l’anneau quotient p(V) = k[X1; :::; Xn] = Ip(V)est gradué.
Remarque 2.6
1) Là encore on pourra traduire les propriétés algébriques en propriétés géométriques grâce à la correspondance entre les idéaux homogènes radicaux de p(V)et les ensembles algébriques projectifs inclus dans V:
2) Contrairement au cas a¢ ne les p(V) ne dé…nissent plus des fonctions sur V, bien que pour unF 2 p(V) etx2Pn le fait queF possède un zéro enx est indépendant du choix du représentant de F:
10 CHAPITRE 2. TOPOLOGIE DE ZARISKI DANS LE CAS PROJECTIF
2.0.10 Les ouverts :
Dé…nition 2.3
SoitV un ensemble algébrique projectif etf 2 p(V)un polynome homogène de degré d strictement positif.
On poseD+(f) =fx2V tel que f(x)6= 0g: LesD+(f) ainsi dé…nis sont des ouverts de V:
Proposition 2.3
Tout ouvert non vide de V s’écrit comme réunion …nie d’ouverts de la forme D+(f):
SoitU V un ouvert non vide de sorte queV rU =Vp(I)oùI est un idéal homogène de k[X1; :::; Xn]:
On a doncI = (F0; F1; :::; Fr) avec les Fi 2k[X1; :::; Xn] homogènes.
Alors si fi est l’image de Fi dans p(V) on a U =D+(f1)[D+(f2)[:::[D+(fr):
Chapitre 3
Topologie de Grothendieck
Soit X un espace topologique.
On considère la catégorie Ouv(X) dont les objets sont les ouverts de X et pour tout U; V deux ouverts deX on pose : Hom(U; V) = U !V si U V
? sinon On dé…nit sur cette catégorie le produit …bré comme suit : U X V =U [V:
3.1 Prétopologie de Grothendieck :
Dé…nition 3.1
Soit C une petite catégorie.
Une prétopologie sur C est la donnée de :
Pour tout objet X 2 Ob(C) Cov(X) est un ensemble de familles de morphismes (f i:U i > X)i telle que :
0) Pour tout (f i : U i > X) 2 Cov(X) les morphismes Fi sont quadrables (ie Pour tout Y > X surC alors UixY le produit …bré sur X existe)
1) Stabilité par changement de base :
Pour toutX de C, pour tout (f i:U i > X) 2Cov(X)
pour tout(g :Y > X) de C, alors la famille (UixY > Y) 2Cov(Y) 2) Stabilité par composition :
Soit X deC, et (f i:U i > X)2Cov(X) Pour toutY soit (gji :V ji > U i) 2Cov(U i) Alors la famille (fiogji :V ji >X)2 Cov(X) 3) Identité :
Pour toutX 2Ob(C) alors (id:X > X)2Cov(X)
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