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D E L ’ E D U C A T I O N N A T I O N A L E

N O T E d1 I N F O R M A T I O N

Les écoles d’ingénieurs

Année 1992-1993

67 000 étudiants poursuivent leurs études en école d’ingénieurs à la rentrée 1992. Ils sont 8,5 % de plus que l’année précédente.

L’ouverture de nombreuses écoles depuis quelques années explique l’augmentation du flux d’entrée : 24 450 nouveaux étudiants ont été accueillis en 1992 (+11 % par rapport à 1991).

17 850 diplômes d’ingénieur ont été délivrés en 1992 hors formation continue.

L’année 19921993 se caractérise, comme l’année pré­

cédente, par un fort développement des formations universitaires et une extension du secteur privé.

La féminisation se poursuit de manière régulière et continue, mais inégalement selon les spécialités et les écoles. Aujourd’hui, plus d’un élève-ingénieur sur cinq est une jeune fille.

La filière "ingénieurs" demeure une orientation ciblée pour les milieux favorisés : un élève-ingénieur sur deux a un parent cadre supérieur ou professeur.

A la rentrée 1992-1993, plus de 200 écoles ou centres sont habilités par la Commission des titres d’ingénieurs à délivrer un diplôme d’ingénieur. Ces établissements for­

ment un ensemble extrêmement hétérogène tant par leur taille, leur organisme de tutelle, l’organisation des études et les spécialités enseignées (voir encadré p. 3).

Des effectifs qui, aujourd’hui, progressent plus rapidement

Hors formation continue, 17 847 titres d’ingénieurs ont été délivrés en 1992. Parmi ceux-ci, 528 diplômes de spécia­

lisation sanctionnent une ou deux années de formation complémentaire pour des Ingénieurs diplômés ou des titulaires d’un diplôme de troisième cycle. Avec 1 258 ti­

tres d’ingénieurs délivrés de plus qu’en 1991, la progres­

sion est de 7,6 %, du même ordre que celle de l’année précédente (tableau I).

A la rentrée 1992-1993, les effectifs ont progressé de façon sensible, confirmant la dynamique engagée depuis deux ans : 67 000 étudiants suivent une formation d’ingé­

nieur. Ils sont 5 300 de plus que l’année précédente, soit une augmentation de 8,5 %, supérieure d’un point à celle de 1991-1992 (tableau II). Au cours de la dernière décen­

nie, la croissance annuelle des effectifs n’était que de 4,5 % en moyenne. L’accroissement observé à la dernière rentrée tient pour un quart à la création d’écoles à la rentrée 1992 (1 300 étudiants répartis dans une quinzaine d’écoles). Une autre part de l’accroissement, de l’ordre de

Tableau I - Évolution des effectifs et des diplômes d’ingé­

nieurs (*)

France métropolitaine

Elèves en formation Diplômes délivrés à l’issue de l'année scolaire Effectifs Indice

base 100=1980 Diplômes Indice base 100=1981

1980-81 36 952 100 11 216 100

1985-86 45 365 123 13 107 117

1986-87 47 833 129 13 848 123

1987-88 49 868 135 14 276 127

1988-89 52 292 142 14 899 133

1989-90 55 382 150 16 080 143

1990-91 57 653 156 16 589 148

1991-92 61 798 167 17 847 159

1992-93 67 072 182 - -

( * ) Hors formation continue, mais y compris spécialisation.

500 étudiants, résulte de la montée en charge des écoles ouvertes à la rentrée 1991. Le reste est dû à l’apparition de nouvelles filières ou à l’augmentation de la taille des promotions.

Cette tendance devrait s’accentuer dans la mesure où le flux d’entrée a progressé de 11 % depuis l’an dernier : 24 450 étudiants ont commencé des études d’ingénieur à la présente rentrée.

D I R E C T I O N D E L É V A L U A T I O N E T D E L A P R O S P E C T I V E

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2 NOTE D'INFORMATION 93 - 31

Tableau II - Les différentes écoles d ’ingénieurs (hors formation continue et NFI) France métropolitaine

Les étudiants en formation en 1992-1993 Diplômes

Effectif

inscrit en dont Répartition

des effectifs Taux de Flux d’entrée

Progression

du flux Nombre d'écoles

délivrés à l’issue de l’année

étudiant féminisation 1992-93/

1992-93 en % 1992-93

1991-92 1991-1992

Écoles universitaires d’ingénieurs Écoles nationales supérieures

8513 1 886 12,7 22,2 3 476 22,7 42 1 798

d’ingénieurs (ENSI) 10 804 2811 16,1 26,0 4 066 4,1 38 3 370

Université technologique de

Compiègne-Sévenans 1 850 486 2,8 26,3 745 24,0 2 520

Sous-total université 21 167 5 183 31,6 24,5 8 287 12,9 82 5 688

Écoles nationales d’ingénieurs (ENI) instituts nationaux des sciences

2 931 115 4,4 3,9 834 6,9 5 526

appliquées (INSA)

École nationale des arts et métiers (ENSAM)

6 599 1 999 9,8 30,3 1 847 12,1 4 1 222

et assimilées 4 064 284 6,1 7,0 1 374 -2,9 11 1 324

Autres écoles 3 572 616 5,3 17,2 1 320 8,6 10 1 032

Ensemble des écoles publiques sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

38 333 8 197 57,2 21,4 13 662 10,2 112 9 792

Agriculture et forêts 3 300 1 535 4,9 46,5 1 246 7,1 18 1 088

Défense 3 442 284 5,1 8,3 1 290 3,0 13 1 127

Industrie et aménagement du territoire 1 820 313 2,7 17,2 710 13,4 7 556

Postes, télécommunications 1 585 257 2,4 16,2 704 9,7 3 512

Intérieur 383 112 0,6 29,2 114 10,7 2 88

Solidarité 13 8 0,0 61,5 13 -38,1 1 12

Équipement, transport 1 561 283 2,3 18,1 552 6,0 5 392

Ensemble des écoles publiques sous tutelle

d’un autre ministère 12104 2 792 18,0 23,1 4 629 6,9 49 3 775

Écoles privées 16 635 3 441 24,8 20,7 6159 17,0 58 4 280

Ensemble des écoles d’ingénieurs 67 072 14 430 100,0 21,5 24 450 11,2 219 17 847

Flux d'entrée : étudiants s'inscrivant dans l'école pour la première fois ; les entrants en cycle préparatoire sont intégrés dans ce total.

Dynamisme des secteurs universitaire et privé Le développement est variable selon le type d’établisse­

ment. Ainsi, les écoles publiques rattachées aux universi­

tés ou aux instituts nationaux polytechniques (INP) ont multiplié leurs effectifs par 2,6 depuis 1980 et, parallèle­

ment, ceux des écoles privées ont doublé. Les autres types d’écoles se sont révélés moins dynamiques.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recher­

che prend en charge presque six futurs ingénieurs sur dix.

Après plusieurs années de forte croissance, l’université accueille trois élèves sur dix dans les écoles universitaires stricto sensu, les écoles nationales supérieures d’ingé­

nieurs (ENSI) et le groupe formé de l’université technolo­

gique de Compïègne et de l’institut polytechnique de Sévenans, soit au total 21 000 étudiants. Les autres éco­

les publiques sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche accueillent 17 000 élèves- ingénieurs.

Depuis plusieurs années le développement des écoles universitaires est privilégié. De cinq en 1982, elles sont passées à vingt-quatre en 1990. A la rentrée 1991, dix écoles ont été ouvertes et, en 1992, quatre de plus. Elles scolarisent aujourd’hui 8 300 étudiants. Cet essor est ap­

pelé à se poursuivre : ce secteur représente 10 % des diplômés, 13 % des élèves-ingénieurs et 14 % du flux d’entrée.

La forte progression du secteur privé est due, en partie, à l’apport des effectifs de nouveaux établissements habilités ou créés (huit écoles accueillant environ 850 étudiants pour l’année 1992-1993). Ainsi, actuellement, un élève- ingénieur sur quatre suit une formation dans une école privée.

Féminisation lente mais continue et hétérogène

A la rentrée 1992, 14 400 jeunes filles suivent une forma­

tion d’ingénieur. Elles sont 1 600 de plus que l’année précédente, et représentent 21,5 % des effectifs contre 20,8 % en 1991-1992. Vingt ans auparavant, en 1972, elles constituaient seulement 6 % des effectifs ; en 1985, 18 %.

Les jeunes femmes sont encore cette année plus nom­

breuses à s’inscrire dans les filières scientifiques de l’uni­

versité que dans les écoles d’ingénieurs. En 1991, les étudiantes en sciences représentaient un peu plus du tiers des étudiants de cette discipline (35 %).

La présence féminine dans les écoles d’ingénieurs varie fortement selon les spécialités. Dans une école sur quatre, les jeunes femmes représentent le tiers des effectifs. Les écoles féminisées à plus de 50 % sont majoritairement spécialisées en chimie ou en agronomie.

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LES ECOLES D’INGENIEURS

Très grande hétérogénéité dans les tailles d ’établissement (3 580 élèves pour le plus grand), huit ministères de tutelle, un à cinq ans d ’études : sous une dénomination uniforme d ’écoles d ’ingénieurs, la réalité est contrastée. Le point commun de ces écoles est d'être habilitées à délivrer un diplôme d’ingénieur qui est accordé par la Commission des titres. La taille moyenne des établissements est d'environ 300 élèves.

Les écoles publiques relevant du ministère de l’Enseigne­

ment supérieur et de la Recherche

- Les écoles universitaires. Souvent créées sur le socle d ’une maîtrise de sciences et techniques, ces écoles délivrent au sein de l'université un titre d’ingénieur à l ’issue de trois années d'étu­

des. Elles recrutent sur dossier, principalement à l'issue d ’un DEUG, DUT ou BTS. Elles constituent un ensemble d’unités de taille plutôt réduite, implantées sur tout le territoire. L’Ecole européenne d'ingénieurs en génie des matériaux recrutant au niveau baccalauréat, dépendant de l ’Institut national p o lyte ch ­ nique de Nancy, est rattachée à ce groupe.

- Les écoles nationales supérieures d ’ingénieurs (ENSI). Ces établissements sont rattachés à une université ou à un institut national polytechnique. Ils recrutent principalement à l’issue d'une classe préparatoire et la durée des études est de trois ans.

Le recrutement se fait par concours commun (concours physi­

que, concours chimie par exemple).

- L’université de technologie de Compiègne et l'institut poly­

technique de Sévenans. Le diplôme d ’ingénieur est délivré à l’issue de cinq années d ’études : deux ans de premier cycle sanctionné par le diplôme d ’études universitaire de technologie de Compiègne (DEUTEC), suivi de trois années de deuxième cycle conduisant au diplôme d’ingénieur.

- Les écoles nationales d'ingénieurs (ENI) et les instituts natio­

naux des sciences appliquées (INSA). Ils accueillent les élèves directement après le baccalauréat. La durée des études est de cinq ans.

- L ’Ecole nationale des arts et métiers (ENSAM) et autres écoles assimilées assurent leur recrutement principal par le concours arts et métiers qui s ’adresse plus particulièrement à des étu-

diants issus de classe préparatoire technologique (T et TA). A TENSAM, les deux premières années d ’études se déroulent dans l ’un des six centres de province, la troisième année au centre de Paris.

Les établissements publics relevant d’autres ministères Ce secteur de formation est naturellement hétérogène puisque ces établissements dépendent de sept ministères. Cette catégo­

rie est composée en partie d’écoles recrutant par grands con­

cours à l'issue d ’une CPGE : École polytechnique, MinesPonts et Chaussées-Télécom (École nationale supérieure des Mines de Paris, Saint-Étienne, Nancy, École nationale supérieure des ponts et chaussées, École nationale supérieure des télécommu­

nications), Travaux publics de l ’Etat, Agro (écoles nationales supérieures agronomiques et écoles nationales d'ingénieurs des travaux agricoles). La scolarité de ces écoles est généralement de trois ans après un recrutement à "bac + 2". Notons que les écoles des mines de Douai, d ’Alès et de Nantes donnent une formation en quatre ans à des élèves recrutés à l ’issue d’une classe de mathématiques supérieures.

Les écoles privées

- Les écoles (une quinzaine) dépendant de la Fédération d'éco­

les supérieures d'ingénieurs et de cadres (FESIC) recrutent par concours commun directement après le baccalauréat. Leur cur­

sus dure cinq ans : deux ans de cycle préparatoire et trois ans de cycle ingénieur.

- Trois écoles privées rattachées aux universités : École fran­

çaise de papeterie et des industries graphiques, École supé­

rieure d ’optique, École supérieure d ’électricité.

- Les centres d ’études supérieures industrielles (CESI), qui n ’ac­

cueillent que des stagiaires en formation continue, forment leurs élèves en deux ans. Les étudiants sont titulaires d ’un DEUG ou d ’un BTS et ont cinq ans d'expérience professionnelle.

- Dans les autres écoles du privé, le recrutement peut se faire soit au niveau du baccalauréat, soit à "bac + 2". Toutes ces formations débouchent à un niveau “bac + 5".

A l’opposé, dans une école sur dix, les jeunes filles sont presque Inexistantes (moins de 5 %). Il s’agit principale­

ment des ENI et des ENSAM (écoles nationales supérieu­

res d'arts et métiers) qui préparent à des spécialités plus traditionnelles comme la mécanique et la métallurgie, ain­

si que des écoles dépendant du ministère de la Défense.

Cette sous-représentation féminine s’explique en partie par les cursus scolaires.

En 1980, la proportion des lauréates en série C du bacca­

lauréat était de 38,5 %, et moins de une sur cinq (17,5 %) poursuivait en classe préparatoire (CPGE) scientifique.

Onze ans plus tard, la part des jeunes filles admises en série C n’a pas varié mais elles sont plus nombreuses à s’inscrire dans une préparation aux concours des grandes écoles (22,5 %).

En outre, la diversification des modes de recrutement dans les écoles d’ingénieurs (cycle préparatoire intégré, accès parallèle sur titre universitaire ou au niveau bacca­

lauréat) est un élément favorable pour une féminisation de la filière "ingénieurs". Dans les établissements ayant un cycle intégré, près d’un élève sur trois est une jeune

femme. Il en est de même dans les instituts nationaux des sciences appliquées (INSA).

Parmi les écoles recrutant après une CPGE, il faut noter la particularité des écoles nationales supérieures d’ingé­

nieurs (ENSI) où la participation féminine est supérieure à la moyenne.

Le bac C demeure privilégié : sept élèves-ingénieurs sur dix le détiennent Le recrutement dans les écoles d’ingénieurs continue à privilégier les titulaires d’un baccalauréat C, qui demeure la "voie royale" : quasiment toutes les préparations scien­

tifiques, technologiques ou biologiques leur sont ouvertes.

En 1991, huit nouveaux élèves sur dix inscrits en première année de classe préparatoire scientifique sont lauréats de cette série.

En 1992, les titulaires d’un baccalauréat C représentent 72 % du flux d’entrée en écoles d’ingénieurs, proportion relativement stable sur les cinq dernières années.

Les bacheliers C sont encore plus nombreux dans les écoles recrutant à l’issue d'une classe préparatoire scien­

(4)

4 NOTE D'INFORMATION 93 - 31

tifique. Dans le secteur public, c’est le cas de huit sur dix des élèves qui intègrent les écoles nationales supérieures d’ingénieurs (ENSI) ou la plupart des autres écoles publi­

ques sous tutelle des autres ministères.

En matière de recrutement, les écoles dépendant du mi­

nistère de l’Agriculture se singularisent avec un plus faible contingent de bacheliers C. Les écoles agricoles publi­

ques et privées accueillent de nombreux bacheliers D et D’, un tiers pour la dominante agronomique. Ce taux passe à un sur deux lorsque l’accès suit l’obtention du baccalauréat. L’orientation des bacheliers D où D’ - qui concerne un dixième des entrants - conduit quatre titulai­

res sur dix dans une école d’agronomie.

Le recrutement des écoles universitaires - comme celui du groupe UTC CompiègneSévenans - est traditionnellement plus varié. A côté des bacheliers C, les autres titulaires d’un baccalauréat scientifique trouvent leur place.

Globalement, les bacheliers E forment un dixième des en­

trants en écoles d’ingénieurs. Ils s’orientent dans des écoles relativement typées. En général de milieu plus modeste, ils représentent six entrants sur dix dans les écoles nationales d’ingénieurs (ENI) et quatre entrants sur dix à l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM).

Le baccalauréat E est décerné à environ 2 % des bache­

liers chaque année. En tenant compte de la part relative de ce baccalauréat (un admis en série E pour sept en série C), il apparaît comme un bon "passeport" pour inté­

grer une école d’ingénieurs. Une différence cependant : ses titulaires se retrouvent proportionnellement plus nom­

breux dans des écoles moins prestigieuses.

Les bacheliers F poursuivent plus fréquemment des étu­

des courtes (filières STS ou IUT). En outre, le mode de recrutement dominant privilégie fortement les mathémati­

ques et ce, indépendamment du type de fonction que sera amené à exercer le futur ingénieur et des compétences qu’il aura à mettre en oeuvre. Les quelques bacheliers F qui réussissent à poursuivre dans la filière "ingénieurs" se retrouvent pour deux tiers dans les écoles rattachées aux universités. Quelques-uns intègrent des classes prépara­

toires spécifiques. Mais cette voie reste encore marginale.

La possibilité de devenir ingénieur pour des bacheliers F devrait se développer dans le cadre des nouvelles forma­

tions d’ingénieurs (NFl) largement ouvertes aux déten­

teurs de BTS ou de DUT. En 1992, les élèves-ingénieurs débutant une NFI par la voie de l’apprentissage sont, une fois sur deux, titulaires d’un baccalauréat de la série F (voir encadré p. 6).

Prééminence durable des classes préparatoires

Les classes préparatoires aux grandes écoles constituent le vivier de recrutement privilégié des écoles d’ingé­

nieurs : à la rentrée 1992, presque un nouvel élève-ingé­

nieur sur deux est originaire de ces classes. Sur les cinq dernières années, cette proportion varie peu : en 1987, ils représentaient 46 % des entrants. Cette voie d’accès est largement majoritaire dans les écoles recrutant sur grands concours (tableau III). Dans ce groupe se retrouvent la plupart des écoles publiques relevant d’autres ministères que celui de l’Education nationale ou, au sein de ce der­

nier, des ENSI et de l’ENSAM.

Tableau III - Répartition des entrants (*) dans les écoles d ’ingénieurs par niveau d ’études (en %) France métropolitaine 1992-1993

Bac CPGE DEUG BTS DUT

Licence et Maîtrise

Ingénieur 3ème

cycle

Autres Total Effectif

Écoles universitaires d’ingénieurs 6,2 21,3 36,6 27,9 5,7 0 2,3 100 3 476

Écoles nationales supérieures d’ingénieurs (ENSI) - 65,0 9,9 7,5 10,1 3,8 3,7 100 4 066

UTC de Compiègne - Sévenans 46,3 8,7 12,3 26,6 4,3 - 1,8 100 745

Sous total université 6,8 41,6 21,3 17,8 7,8 1,8 2,9 100 8 287

Écoles nationales d’ingénieurs (ENI) 58,2 7,4 1,1 28,3 3,8 - 1,2 100 834

Instituts nationaux sciences appliquées (INSA) 68,9 3,4 7,3 11,2 4,8 - 4,4 100 1 847

Écoles nationales des arts et métiers (ENSAM) 4,8 79,8 0,3 12,6 2,2 - 0,3 100 1 374

Autres écoles 2,9 69,2 5,6 8,2 7,4 5,6 1,1 100 1 320

Ensemble des écoles publiques dépendant du

ministère de l’Enseignement supérieur et 17,7 40,9 14,6 16,1 6,5 1,7 2,5 100 13 662

de la Recherche

Agriculture - 59,6 7,7 6,5 7,8 8,6 9,8 100 1 246

Défense 0,7 79,6 4,5 0,4 6,0 6,6 2,2 100 1 290

Industrie - 63,2 1,4 1,7 2,4 20,4 10,9 100 710

Postes et télécommunications - 49,7 - 0,1 22,9 12,1 15,2 100 704

Intérieur - 92,1 2,6 - 1,8 - 3,5 100 114

Santé - - - - 92,3 7,7 100 13

Équipement - 74,1 1,8 0,4 3,3 12,9 7,5 100 552

Écoles publiques autres ministères 0,2 66,6 3,8 2,2 8,0 10,9 8,3 100 4 629

Écoles privées 32,0 44,0 3,0 11,1 3,0 2,5 4,4 100 6 159

Ensemble des écoles 18 46,5 9,6 12,2 5,9 3,6 4,2 100 24 450

( * ) Entrants : élèves s'inscrivant à l ’école pour la première fois que! que soit le niveau d ’admission. Les entrants en cycle préparatoire sont recensés dans ce tableau. Les entrants en N FI sont exclus de ce tableau.

(5)

Tableau IV - Répartition des élèves-ingénieurs français (*) par origine sociale du chef de famille (père-mère ou tuteur) France métropolitaine (1992-1993,}

Agriculteurs, exploitants

Artisans, commerçants, chefs entreprise

Cadres, professions intellectuelles

supérieures

Professions

intermédiaires Employés Ouvriers Total Nb Français

Écoles universitaires d’ingénieurs 4,3 11,5 39,5 23,7 10,2 10,8 100 8 203

Écoles nationales supérieures d’ingénieurs

(ENSI) 3,8 8,0 52,0 18,8 10,0 7,4 100 10189

UTC de Compiègne - Sévenans 7,2 7,5 32,9 36,3 9,9 6,2 100 2 465

Sous-total université 4,4 9,2 45,0 22,7 10,1 8,6 100 20 857

Ecoles nationales d’ingénieurs (ENI) 5,4 9,9 35,1 21,0 18,6 10,0 100 2 853

Instituts nationaux sciences appliquées ( INSA) 3,5 7,8 48,5 21,9 11,0 7,3 100 6 333

Écoles nationales des arts et métiers (ENSAM) 3,7 11,2 40,9 20,8 12,8 10,6 100 4 046

Autres écoles 3,7 10,3 54,8 18,2 8,1 4,9 100 3 308

Ensemble des écoles publiques dépendant

du ministère de l’Enseignement supérieur et 4,2 9,3 45,0 21,9 11,1 8,5 100 37 397

de la Recherche

Écoles publiques autres ministères 4,9 7,8 55,1 17,1 10,0 5,1 100 11 472

dont ministère de l’Agriculture 11,2 7,0 44,5 20,5 10,9 5,9 100 3136

Écoles privées 9,0 10,7 52,3 16,0 8,4 3,6 100 18139

dont spécialité agriculture 33,8 7,5 35,2 14,0 6,2 3,3 100 2 892

Ensemble des écoles 5,5 9,4 48,6 19,6 10,2 6,7 100 67 008

Rappel 1987-1988 6,3 9,1 49,0 19,9 9,2 6,5 100 -

('*) Les étudiants en cycle préparatoire sont recensés dans ce tableau. Les étudiants en NFI ne sont pas inclus dans ce tableau.

La nomenclature utilisée est celle des Professions et catégories sociales ( PCS) de t ’INSEE de 1982. Les professeurs sont recensés dans la catégorie cadres et professions intellectuelles supérieures et les instituteurs dans les professions intermédiaires.

Si cette voie demeure la plus prestigieuse, certaines for­

mations diplômantes à "bac + 2" (DEUG, BTS et DUT) permettent aussi de poursuivre des études d’ingénieur : un entrant sur cinq est dans ce cas (22 %). Les écoles universitaires favorisent particulièrement ce recrutement, puisque deux tiers des nouveaux élèves sont titulaires d'un DEUG, d’un DUT ou d’un BTS. Sur les trois rentrées précédentes, cette proportion reste relativement stable.

Quelles sont les chances de poursuivre la filière "ingé­

nieurs" pour des diplômés de premier cycle ? En prenant comme année de référence 1991-1992, 12 % des titulai­

res d'un DUT secondaire ou scientifique, 9 % des titulaires d’un DEUG scientifique et 4 % des détenteurs d’un BTS secondaire continuent en école d’ingénieurs. Ils sont bien moins nombreux que ceux passés par les classes prépa­

ratoires où environ la moitié des élèves de deuxième année intègrent une école d’ingénieurs.

Certaines écoles recrutent directement au niveau bacca­

lauréat pour une durée d’études de cinq ans ou via un cycle préparatoire intégré. A la rentrée 1992, un étudiant sur cinq est entré en école d’ingénieurs avec seulement le baccalauréat en poche. Cinq élèves sur dix entrés à l’uni­

versité de technologie de Compïègne, six élèves sur dix entrés dans les ENI et sept élèves sur dix entrés dans les INSA sont dans cette situation.

Les titulaires d’une maîtrise (et quelquefois d’une licence) peuvent rentrer directement en seconde année d'études d’ingénieur. Ce mode de recrutement parallèle concerne 6 % des entrants. Ces diplômés sont plus souvent ac­

cueillis dans les ENSI où Ils représentent un dixième du flux d’entrée. Intéressant 1 % des maîtrises scientifiques décernées en 1991, ce mode d’accès reste marginal.

3,3 % des nouveaux élèves sont des ingénieurs diplômés qui prolongent leurs études par une spécialisation. Ils se

dirigent majoritairement vers les ENSI des instituts natio­

naux polytechniques qui ont souvent une section spéciale ou vers les écoles publiques sous tutelle d’un autre minis­

tère. Ils constituent un dixième du flux d’entrée de ces dernières. Ils sont particulièrement nombreux dans les écoles dépendant des ministères de l’Industrie, des Télé­

communications et de l'Equipement. Pour les poly-techni- ciens, la formation complémentaire est obligatoire et fait partie du cycle normal de formation.

Un élève-ingénieur français sur deux appartient à un milieu "favorisé”

Les formations d’ingénieur s’adressent toujours de ma­

nière privilégiée aux enfants des milieux aisés. Arrivés au terme d’un cursus scolaire et universitaire ayant opéré ses sélections, les enfants de cadres supérieurs (y compris professeurs) sont encore mieux représentés dans les éco­

les d’ingénieurs que dans les universités. La proportion d’enfants de cadres supérieurs (y compris professeurs) s’élève à 38 % dans les disciplines scientifiques à l’univer­

sité contre environ un tiers en 1987-1988. Elle est d’un sur deux en école d’ingénieurs (tableau IV). Actuellement, sept élèves-ingénieurs sur dix sont issus du milieu cadre supérieur ou professions intermédiaires, proportion com­

parable à celle observée en 1987-1988. En cinq ans, la composition sociale ne varie pas significativement.

Dans la tranche d’âge 17-24 ans, les enfants d’ouvriers sont 2,6 fois plus nombreux que les enfants de cadres supérieurs ou professeurs. Arrivés au baccalauréat, la situation est inversée : ils sont six fois moins nombreux dans la prestigieuse série C. Cette proportion est encore plus faible si on considère les lauréats avec mentions, condition quasiment nécessaire pour intégrer une classe préparatoire scientifique.

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6 NOTE D'INFORMATION 93 - 31

LES NOUVELLES FORMATIONS D’INGENIEURS

A ¡a rentrée 1990, les nouvelles formations d ’ingénieurs (NFI) sont venues s ’ajouter aux filières d ’ingénieurs traditionnelles.

Les NFI associent des établissements d ’enseignement (univer­

sités, écoles d’ingénieurs), des entreprises et des branches professionnelles. Les périodes de formation sont organisées en alternance avec des périodes en entreprise.

L’accès aux NFI se fait soit par la voie de la formation initiale - parfois sous le régime de l ’apprentissage - soit par la voie de la formation continue. La durée des études en formation initiale est de cinq ans pour les filières recrutant directement après le baccalauréat et de trois ans pour celles recrutant après un BTS ou un DUT.

Les nouvelles formations d ’ingénieurs sont habilitées par la Commission des titres à délivrer un diplôme d ’ingénieur.

En 1992-1993, les nouvelles formations d ’ingénieurs ont ac­

cueilli, en formation initiale, plus de 1 000 étudiants. Parmi ceux-ci, 382 sont formés sous le régime de l’apprentissage. En outre, un millier d ’étudiants sont inscrits au titre de la formation continue. La place des NFI au sein du système de formation des ingénieurs est encore marginale.

Le recrutement des nouvelles formations d'ingénieurs diffère sensiblement de celui des filières d ’ingénieurs traditionnelles : on y accède soit directement après le baccalauréat, soit après un DUT ou un BTS ; jamais après une classe préparatoire aux grandes écoles. Ainsi, pour les formations par ¡'apprentissage, 75 % des entrants sont titulaires d ’un BTS ou d’un DUT et 20 % d ’un baccalauréat. Pour les autres étudiants en formation initiale, les proportions s’inversent : 70 % des élèves intègrent une NFI directement après le baccalauréat et 25 % après un BTS ou un DUT.

Les nouvelles formations d ’ingénieurs offrent de nouveaux débouchés à des étudiants qui ne sont pas issus de la série C du baccalauréat général. Ainsi, cinq étudiants par la voie de l ’apprentissage sur dix sont des bacheliers de série F et seu­

lement deux sur dix des bacheliers de série C. Dans les forma­

tions destinées aux étudiants, près de la moitié des nouveaux inscrits sont titulaires d'un baccalauréat de série C. Les bac­

calauréat D, E et F y figurent toutefois de façon significative.

Munis d’un même diplôme, les bacheliers développent des stratégies d'orientation dans l’enseignement supérieur en fonction de leur origine sociale.

Titulaires d’un baccalauréat scientifique, les enfants d’ou­

vriers poursuivent plus souvent à l’université dans un DEUG de sciences ou dans un IUT. Les jeunes de milieu favorisé s’orientent différemment. Ils accèdent plus facile­

ment à une classe préparatoire, filière très sélective né­

cessitant d’excellents résultats scolaires, ou encore rejoignent une école privée.

Des disparités sociales existent entre les différents types d’écoles. Modalités de recrutement, forte sélection, coût des études dans le secteur privé peuvent expliquer une grande partie de ces écarts.

Les écoles auxquelles on accède à l’issue des classes préparatoires concentrent leur recrutement parmi les jeu­

nes de milieu aisé (plus d’un élève sur deux).

A l’opposé, un groupe d’une quarantaine d’écoles ac­

cueillent au moins un dixième de jeunes d’origine ouvrière.

Y figurent des écoles universitaires d’ingénieurs, des ENI

SOURCES ET DEFINITIONS

Les résultats présentés dans cette Note d ’information provien­

nent de l ’enquête n° 27 effectuée auprès des écoles d ’ingé­

nieurs publiques et privées (situation au 15 novembre 1992).

Cette enquête s’adresse à l ’ensemble des établissements pu­

blics et privés, quel que soit le ministère de rattachement, habilités à délivrer un titre d ’ingénieur diplômé reconnu par la Commission des titres d ’ingénieurs (loi du 10 juillet 1934).

Toutes les écoles sont situées en France métropolitaine.

Quelques écoles - soit uniquement de spécialisation, soit pos­

sédant un cycle de spécialisation en plus de leur cycle ingé­

nieur - délivrent, après un an d ’études, un titre d’ingénieur- spécialiste à des élèves déjà munis d’un diplôme d'ingénieur ou d'un diplôme d'études approfondies (DEA).

Quelques écoles possèdent un cycle préparatoire intégré ; 2 793 élèves y sont inscrits, mais ne sont pas comptés comme élèves-ingénieurs. Le flux des entrants dans ces cycles prépa­

ratoires est pris en compte dans le tableau II. Les élèves français sont inclus dans le tableau IV.

Les étudiants inscrits dans les nouvelles formations d’ingé­

nieurs (NFI) ne sont pas comptabilisés dans les tableaux.

Les élèves inscrits en formation continue et les diplômes dé­

cernés à ce titre ne sont pas dénombrés, à l ’exception des centres d'études supérieures industrielles (CESI) et de l’Insti­

tut national de promotion supérieure agricole de Dijon (INPSA), qui sont des établissements n ’accueillant que des stagiaires en formation continue (613 étudiants à temps complet en 1992 et 296 diplômes délivrés).

Les instituts universitaires professionnalisés (IUP), qui délivre­

ront un diplôme d'ingénieur-maître, ne sont pas recensés dans cette enquête.

et des centres de l’ENSAM. Dans cet ensemble scolari­

sant 12 000 élèves, presque un nouvel élève-ingénieur sur deux a un diplôme de niveau premier cycle et moins de quatre entrants sur dix sont passés par une CPGE. Le recrutement au niveau du baccalauréat peut inciter des jeunes de milieu plus modeste à s’engager dans cette voie. Une fois entrés, la probabilité d’en sortir diplômés est très forte.

De manière générale, les écoles sous tutelle du ministère de l’Education nationale sont plus ouvertes aux jeunes de milieu moins favorisé. Leur recrutement, plus important à l’issue d’un premier cycle universitaire ou d’une formation technologique supérieure, est sûrement un facteur de dé­

mocratisation.

Corrélativement, les écoles privées sont moins ouvertes aux étudiants d’origine modeste. Un peu plus d’un enfant sur deux est de milieu aisé. La forte proportion d’enfants d’agriculteurs (9 % contre 5,5 % en moyenne) résulte de la présence de nombreuses écoles agricoles privées qui ont un recrutement social relativement typé. Les écoles agricoles privées reçoivent un tiers de leurs élèves du monde agricole.

Michèle THAUREL-RICHARD/ DEP5

POUR EN SA VOIR P L U S__________________________________________________________

Notes d’information 92.36, 91.52, 91.08.

Tableaux statistiques à paraître.

D irecteur de la Publication Claude Thélot Rédactrice en chef Francine Le Neveu

DEP. 58 boulevard du Lycee 92170 VANVES ISSN : 0759 - 8440

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