Lundi 30 mars 2020, 14ème jour de confinement
Jingle Chers amis,
Demain, nous commençons notre troisième semaine de confinement.
Chaque jour, nous sommes témoins de l’inventivité de beaucoup pour
renouveler notre manière de vivre ce temps si particulier, en famille, avec les voisins -en respectant les distances bien sûr ! Inventivité pour témoigner de notre reconnaissance aux soignants, pour manifester notre solidarité auprès des plus démunis.
Mais nous faisons aussi l’expérience de la fatigue et de la lassitude.
Je pense aux enfants et aux jeunes : contrairement à ce qu’on avait pu imaginer, ce ne sont pas des vacances, car il y manque la rencontre avec les autres… et il y a les inquiétudes quant aux examens.
Je pense à ceux qui sont isolés, à qui le temps semble long.
Je pense à ceux qui sont présents aux malades dans les familles, les EPHAD, les hôpitaux, à ceux qui assurent des services de la vie courante : dans le
commerce, l’enseignement, les services urbains.
Nous le sentons bien : nos réserves de patience, de bienveillance ne sont pas inépuisables. N’hésitons pas à demander au Seigneur qu’il nous fasse don de sa patience, de sa bienveillance, et que l’Esprit créateur soutienne notre
inventivité pour servir un vivre ensemble qui n’oublie personne.
Entrons ensemble dans la prière :
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
— Amen.
Oraison (tourné vers l’icône du Christ) Avec le Christ, nous prions.
Dieu qui nous combles de bénédiction par la richesse infinie de ta grâce, fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir,
fais-nous entrer dans ce qui est nouveau,
et nous serons préparés à la gloire du Royaume.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 8,1-11) lu dans la Bible Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur.
Qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive
Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
En ce temps là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus :
« Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis- tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Acclamons la Parole de Dieu.
– Louange à toi, Seigneur Jésus.
Méditation
Pour méditer ce passage de l’évangile, regardons qui accuse et qui est accusé.
Quels sont ceux qui accusent ? Les scribes et les pharisiens sont sûrs d’avoir pour eux le droit. Ils détiennent le droit. Ils se sont faits propriétaires du texte de loi et de la façon de l’appliquer. Ils s’abritent derrière Moïse, la référence suprême.
Et Jésus ne va pas contredire cette Loi. Il n’est pas venu abolir la loi, mais l’accomplir. Car elle n’est pas qu’un ensemble de règles. Elle est la loi pour l’Alliance. Elle balise le chemin qui relie les hommes à Dieu, qui relie les hommes entre eux. Alors Jésus invite ceux qui accusent à écouter la Loi pour eux-mêmes. Il les invite à s’examiner eux mêmes à la lumière de cette Loi d’Alliance qu’ils se contenteraient bien d’appliquer aux autres. Or cette Loi, qui désigne l’adultère comme une rupture d’alliance, désigne aussi d’autres
ruptures, d’autres péchés et cela pour que grandisse le respect de la dignité de chacun, le respect de la vie, de la relation à Dieu et aux autres. Ainsi au chapitre 19 du livre du Lévitique :
« Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas : tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »
N’avons-nous pas, nous aussi, à nous examiner nous-mêmes ? Ce que nous reprochons à d’autres, nous l’appliquons-nous à nous-mêmes ? Demandons au Seigneur qu’il nous aide à accueillir les règles de confinement, comme un lieu de la charité, comme des règles d’Alliance qui contribuent au bien de tous, qui préservent les liens à venir…
Regardons maintenant qui est accusé.
La femme bien sûr. C’est clair pour elle. Elle a été prise en flagrant délit. Mais elle n’est pas seule. Elle est comme un prétexte. Ce que cherchent les scribes et les pharisiens c’est de pouvoir accuser Jésus.
Jésus est avec elle du côté de ceux que l’on accuse. Il sera dans quelques jours aux côtés de ceux que l’on condamne et que l’on exécute.
Il ne part pas comme les scribes et les pharisiens que son interpellation a poussés à reconnaitre qu’eux non plus ne sont pas sans péché.
Jésus reste avec la femme, il sera compté parmi les pécheurs mais il n’a pas péché.
C’est pourquoi il peut ouvrir un chemin à cette femme. Comme ceux qui sont partis, Jésus ne la condamne pas.
Mais il fait plus. Il lui ouvre un avenir : « Va et ne pèche plus. ». Sa parole la rend capable de prendre un autre chemin, un chemin plus ajusté à l’Alliance, à l’accueil de Dieu. Parce qu’il se fait proche d’elle et que son propre lien au Père ne connaît pas de rupture, il lui donne d’entrer à nouveau dans une relation restaurée à Dieu et aux autres. Cette proximité, cette Parole deviennent pour elle des points d’appui, des soutiens pour une vie renouvelée.
Laissons nous ajuster nous aussi par la Parole de Dieu, par ce que nous en découvrons en ce Carême si particulier. Préparons nous ainsi à la célébration pénitentielle qui sera proposée sur cette antenne le mercredi saint.
Musique
Intercessions
Jésus, notre frère, tu es venu libérer ton peuple de l’esclavage : R/ Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié
Souviens toi de ton Église pour qui tu t’es livré à la mort :
— sanctifie-la par ta Parole, purifie-la dans la pénitence, renouvelle la dans l’attention aux plus fragiles.
Donne à ceux qui te cherchent de te trouver, à ceux qui se tournent vers toi du creux de leur détresse de se découvrir aimés de toi,
— donne à ceux qui t’ont trouvé de te chercher encore.
Rappelle-toi ta pitié pour la foule au désert, pour notre humanité confrontée à la pandémie,
— guéris les détresses du corps et de l’âme.
Accorde à ceux qui meurent le salut et la paix
— et accorde nous, de les rejoindre un jour dans la plénitude de ta vie.
Psaume des défunts :
Avec toute l’Eglise, prions avec le Psaume de ce jour, le psaume 22.
Prions pour ceux qui ont à traverser les ravins de la mort, que leurs proches ne peuvent accompagner. Nous les confions à celui qui nous guide et nous rassure dans ces traversées éprouvantes.
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
Notre Père….Nous disons la prière diocésaine de ce Carême d’épidémie que nous propose notre évêque.
Dieu très bon, ce Carême 2020 est marqué dans le monde entier par l’épidémie du Covid-19.
Au long de ces semaines, nous voulons suivre de plus près le Christ Jésus : il est venu ouvrir un chemin de vie aux pécheurs et donner une espérance aux
malades.
Ouvre notre cœur à chacun à une attention délicate aux autres.
Que l’Esprit-Saint nous inspire comment tirer profit de cette situation pour sortir de nos égoïsmes
et accepter de nous comporter de manière responsable pour le monde entier.
Fortifie, soutiens, protège celles et ceux qui se donnent au service des personnes malades dans les hôpitaux ou en ville.
Soutiens aussi les chercheurs.
Permets-leur de trouver sans tarder les voies de la guérison.
Envoie ton Esprit consolateur à ceux et celles qui sont dans le deuil.
Qu’il accompagne les malades de sa force.
Accorde la plénitude de la vie à ceux qui meurent.
Dieu très bon, nous te confions les catéchumènes qui se préparent à être baptisés dès que possible.
Qu’ils deviennent avec nous d’authentiques témoins de ton amour plus fort que la mort.
Conclusion
Le Seigneur soit avec vous.
— Et avec votre esprit.
Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.
Je vous salue, Marie… (tourné vers l’image de Marie)