S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
A RMAND B OREL
Les espaces hermitiens symétriques
Séminaire N. Bourbaki, 1954, exp. n
o62, p. 121-132
<
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121
LES ESPACES HERMITIENS
SYMÉTRIQUES
par Armand BOREL.
Séminaire
BOURBAKI(Mai 1952)
Le but de cet
exposé
est ladétermination
des espaceshermitiens, symétriques
au sens de E.
CARTAN.
Cesont, essentiellement,
les domainesbornés symétriques
de en
(cf. [7] )
et certainesvariétés algébriques (grassmanniennes complexes, quadriques complexes,..o)
presque toutesétudiées
aupoint
de vuetopologique
par EHRESMANN
10 ) .
Le n~ 1résonne quelques points
de lathéorie
desespaces
riemanniens symétriques (cf. [6], Chap. 4).
1.
Espaces
riemannienssymétriques.
La
variété
riemannienneV
est(globalement) symétrique
si toutpoint
est
point
fixeisolé
d’uneisométrie
involutivesa
de la"symétrie"
parrapport
à a. Leplus grand
groupe connexe Gd’isométries
den ~ (qui
esttoujours
deLie) ,
est alors transitif etV~
=G/H,
Hcompact,
groupe d’iso-tropie
d’unpoint c EV,
n’admettant pas de sous-groupeinvariant
dans G nontriviale
lacorrespondance
g -~ so gs
0 est unautomorphisme
involutif deG ~ noté
aussi
s ;
on as (h)
= H pour H et H contient leplus grand
groupeconnexe
d’éléments
fixes par s ; on dira que H est un sous-groupecaractéris- tique
de s .Réciproquement
soit G de Lie connexe, H sous-groupecompact
sans sous-groupe ~ ~e~
invariant dans G etcaractéristique
d’unautomorphisme involutif
s de
G ~
alorsG/H
estsymétrique
parrapport
à toutemétrique riemannienne
invariante par G et on dira queG/H
esthomogène
riemanniensymétrique, (G
n’est donc pas
supposé
apriori être
leplus grand
groupe connexed’isométries
de
G/H).
Soient
L ~
X lesalgèbres
de Lie deG ~ H ;
onpeut écrire
L = X + Y avecs(x)
= x 1s(y) = -y , (x x , Y ~ Y) ~
doncLes indices latins
(grecs)
seront relatifs à une base deY ~ (resp. X) ;
Hétant compact,
onpeut
supposerL’ensemble
desx EX
tels que 0 est unidéal
dansL ,
donc nul etainsi
[x~Y]
= 0entraîne
x = 0 .La forme de
Killing C (u,v)
=Tr(ad
u.adv)
estinvariante
par s et dans descoordonnées
convenables on =~(x~ + ~.(y~ 3
ici vu(2) : ~
=~ (c~ )~
+~
donc~>
0 car sinon,Y]
=0 ;
onpeut
admettre que1 , l’invariance
de3
donne alorsaisément
PROPOSITION 1. - L est
semi-simple
si et seulement si Y ne contient aucunélément y ~
0tel que [y,Y]
=0 .
Si L n’est pas
semi-simple
un des03BBi ,
disons03BB1 ,
estnul, alors
vu(3),
on ac03B11k =
0donc
=0 , Réciproquement l’ensemble Y 1 des yEY
tels
que[ y~Y ~ =
0 est unidéal abélien
deL ~ vu (1)
etJacohi, qui n’est
donc pas
semi-simple
si cetidéal est 1= 0 ,
On remarquera que cettedémonstration
vaut pour toutalgèbre
de Lievérifiant (1)~(2~~(3).
PROPOSITION
2. - Si
L estsemi-simple,
on a G contient leplus grand
groupe local connexed’isométries
locales auvoisinage
de a ,Il
n’est pas
difficile de voir que le groupe local desisométries
locales est deLie,
ce que nous admettronsici ;
soient L’ sonalgèbre
deLie,
X’ celledu groupe
local d’isotropie
de o ; s seprolonge
enautomorphisme
de L’laissant fixes les
éléments
de X’ et L’ = X’ +Y ;
posons ZY ,
c’est
unidéal
de L’(utiliser (1)
etJacobi) , qui vérifie (1), (2) , (3)
et estsemi-simple (proposition 1) ;
il est donc facteur direct dansL’ d’où l’exis-
tence de 1 tel queU est ainsi un
idéal
de L’ contenu dans X’ donc û ~ 0 L’ = L - Z . Y est invariant par lesautomorphismes
ad h on saitqu’on peut
l’identifier àl’espace tangent To
àG/H
en o demanière
à ce que ad hdevienne la transformation
linéaire
induite par la translation quedéfinit h ;
on obtient ainsi le
groupe linéaire d’isotropie
que nous noteronsN H ; G/H
sera
réductible
ouirréductible
suivant queH
estréductible
dans leréel
ounon ; le
sous-espace Yl (démonstration
de laproposition 1)
est invariant par H donc si H estirréductible
on a, soitYl =
0 et G estsemi-simple,
soitYl
=Y ~
=0 ,
et lamétrique
est localementeuclidienne.
THÉORÈME
1. - Tout espacehomogène riemannien symétrique G/H
estlocalement
isomorphe
auproduit
d’un espace euclidienpar des espaces homogènes symétriques
irréductibles
à groupesd’isométries semi-simples.
Esquisse
dedémonstration :
Onpeut
supposer H connexe,soient
Y2
un sup-plémentaire
de Y(démonstration
de laproposition 1)
invariant par H etL2 = [Y2,Y2]
+Y2 = [Y,Y]
+ c ‘est unidéal semi-sinpie d’où
i ’exixteneede
Xl
C X. tel que L ==Ll
+I~
avec(Ll = Xl
+0 ) ; Li
corres-pond
à un espaceeuclidien ;
il suffit deconsidérer
encore sil’on
a unedécomposition Y 2 = U1
+U2
avec alors vu(3)
[ UI~UZ ~ ~ 0
etL~
estcomposé
directdes
algèbres [ Ui?U1 ~
+Ui (1
=1~2)~
etc... Il faut naturellement s’assurer que cessous-algèbres engendrent
des sous-groupesfermés.
COROLLAIRE.... Si
G estsimple,
H. connexe,G/H symétrique,
alorsG/H
estirréductible
et H est sous-groupe connexemaximal..
Dans un espace
symétrique
letransport parallèle
lelong d’un segment géodésique
ab
estproduit
de 2symétries ( [ 8 ] Chap. 20)
si a = o c’est une transvectionexp(ty) E G ,
il enrésulte facilement
que le grouped’holonomie homogène
en oest contenu dans
, dl où :
PROPOSITION. 3. -
Une formedifférentielle
surl’espace homogène symétrique G/H
invariante par G est à
dérivée
covariantenulle,
2,Espaces
hermitienssymétriques.
Une
variété
hermitienneV~ (n = 2m)
est(globalement) symétrique
si toutpoint
a est
point
fixeisolé
d’unautomorphisme
involutif deV (pour
la struc-ture
complexe
hermitienne bienentendu).
Le groupe desautomorphismes
deV
estalors transitif de Lie et
V n = G/H ,
Ondéfinit
aussi commeprécédemment
lanotion
d’espace homogène
hermitiensymétrique.
L’espace G/H
hermitiensymétrique
estévidemment
riemanniensymétrique
rela-tivement à la
métrique
riemanniennedéduite
de lamétrique donnée.
Laproposition
3 appliquée
à lapartie imaginaire
de lamétrique hermitienne, montre que
cettedernière
esttoujours kàhlérienne.
PROPOSITION 4. - Soient G
semi-simple, G/H riemannien symétrique.
Pour queG/H
soit hermitiensymétrique, il
faut et il suffit queH
laisse invarianteune structure
complexe
deT y le
centré deH
est alors continu et contient lasymétrie s .
Nécessité :
claire. Suffisance : onpeut évidemment
trouver dansT
une struc-ture unitaire invariante par
H
etsubordonnée
à la structureeuclidienne~
d’oùune structure presque hermitienne sur
V
invariante parG ~
doncdéfinie
parune forme
différentielle
àdérivée
covariante nulle(proposition 3) ;
comme on estdans le cas
analytique réel
cette structuredérive
d’une structurekählérienne
(cf. ~ 13 ) ) évidemment univoquement déterminée,
etqui
est donc invariante par Gpuisque
la structurepresque-hermitienne
l’est. Il reste à voir que cette struc- ture estsymétrique.
Soit A
le groupelinéaire
deTo
induit par lesisométries locales
laissanto
fixe ;
ses transformationsinfinitésimales (aij)
sontcaractérisées
par lesystème d’équations linéaires
(4) Rrjkh ari
+ Rirkh arj +Rijrh ark + Rijkr arh
= 0(cf. [5] p.266),
lesétant
les valeurs du tenseur de courbure en o ; soient dans notre cas descoordonnées complexes
localesau voisinage
de
o ,
et prenons dansT o
la base duale dedu ,...,du , du =
du,...,du-m =
=
dum ,
lamétrique
deTétant L
La transformation I = avecajj = -aj*j*
=-1
estéchangeable
avec touteopération de H ;
lamétrique étant
d’autre
part kählérienne,
les seulescomposantes
du tenseur de courbureéventuel-
lement non nulles sont celles dont la le et la 2epaire
d’indices sontsimultané-
mentformées
d’un indice i et d’un indicej- (cf.
parexemple ~ 1 ~ ) .
Parconséquent
la transformation Ivérifie (4)
etexp(tI)
est un sous-groupe à unparamètre de % ;
il faitdonc partie d’après
laproposition
2 et estévidemment
dans soncentre,
enfin est lasymétrie
elle est ana-lytique complexe. C.Q.F.D.
Un espace hermitien
symétrique
est ditirréductible
si le groupelinéaire
d’i-sotropie. complexe
estirréductible ; l’espace
riemannienmétrique associé étant
alors
irréductible,
un tel espace est soit localementunitaire,
soit à grouped’automorphismes semi-simple.
Deplus ici, si G/H
est hermitienirréductible
non localement
unitaire,
G est sim le. Eneffet,
si Gn’était
passimple,
ilserait localement
produit
de 2 groupessimples Gl’ G2 échangés
par s(immédiat),
H serait l’ensemble des
produits isomorphe
àGl
et nepourrait
avoir un centre continu.THEOREME 2. - Un espace
homogène
hermitiensymétrique G/H
est localement iso-morphe
auproduit
d’un espace unitaire par desespaces hermitiens symétriques
irréductibles
àgroupes d’automorphismes simples.
En
tant qu’espace
riemanniensymétrique, G/H
est localementproduit
x .., x d’un espace euclidien par des espaces
irréductibles
à groupessemi-simples ;
T est une sommedç
sous-espacesT(i)o
invariante par, qui est lui-même produit direct H1 H2 x . "
xH.
oùHi
induit une re-présentation
triviale dansT(j)o (j ~ i , i = 1,...,k)
et unereprésentation
irréductible (dans
leréel),
dans(i = 2,...,k).
La structurecomplexe
deT invariante
par H
secaractérise
par une transformation I decarré égal
à -Id.3
il est alorsimmédiat
que I laisse les sous-espacesinvariants
et y induit donc des structurescomplexes
invariantespar H.
Ainsi admetune
métrique
unitaire invariante parHi
donc parGl’
etGi/Hi (i ~~2)
esthermitien
symétrique
par laproposition 4 ; l’isomorphisme local
entreG/H
etle
produit
desG./H.
estévidemment compatible
avec les structures presquecomplexes définies
parI ~
il est doncanalytique complexe. C.Q.F.D.
Si
G/H
est hermitiensymétrique,
onpeut
dansl ’ extension complexe
Le
==Xe
+Yc
mettreY.,
sous la forme U +U’~
de sorte quel’on
ait pour desbases convenables
L
étant formé
des transformationsLEMME 1. - On a
[~U]=[U~U~]=0 .
En
effet,
de(l)~(5)
etJacobi,
on tire que[[U~U~U*]=
0donc,
vu
(5)~ [[U~U~U]
=0 ; [U~U]
est unidéal
deLe
s’il est~0
on en tirel’existence
d’unidéal
de L contenu dans X cequi
estimpossible.
3~ Domaines
bornés symétriques~
Un domaine
borné
deen
esthomogène
si son grouped’automorphismes (qui
estde Lie
d’après
H.CARTAN)
esttransitif,
il estsymétrique
si toutpoint
a~D
est
point
fixeisolé
d’unautomorphisme
involutif de D . Le grouped’isotropie
d’un point
estcompact (H. CARTAN)
d’où unemétrique
hermitienne invariante par tous lesautomorphismes (on peut
aussiprendre
lamétrique
deBergmann)un
domaineborné symétrique
est bien un espace hermitiensymétrique
au sens du n°2.
Ce
qui
suit ne suppose pasnécessairement
Dunivalent ;
onpeut
supposer que D est unevariété complexe
munie d’uneapplication analytique
f :D --~ Cn
àdomaine de valeurs
borné vérifiant
la conditionsuivante :
toutpoint a fD
aun
voisinage
danslequel l’image réciproque
par f d’unpoint
deCn
n’a auplus qu’un
nombre fini depoints. Cependant
on verra que les domainesbornés
sy-métriques
sonttoujours
univalents etsimplement
connexes.Signalons
encore queE.
CARTAN avérifié
que les domainesbornés homogènes
deen
sonttoujours symé- triques
sin ~ 3 ;
3 on ne sait pas s’il en est de même pourn > 3 ,
PROPOSITION
5. -
Leplus grand
groupe connexed’automorphismes
d’un domaineborné symétrique
estsemi-simple.
Nous
envisageons
G comme groupe detransformations,
L commealgèbre
destransformations
infinitésimales
surD ; d’après
H. CARTAN des transformations de Lindépendantes
sur lesréels
le sont aussi sur lescomplexes (sinon
en effeton aurait 2 transformations
infinitésimales
u,v de Lvérifiant
u = iv et on ondéduirait
l’existence dans G d’un groupeexp(zu)
à 1paramètre complexe
z ; alors lescoordonnées
del’image
d’unpoint
a E- D parexp(zu)
seraient fonc- tionsentières bornées
de z , doncconstantes, cf. ~ 7 ~
p.121).
Les combinaisonslinéaires
à coefficientscomplexes
des transformationsinfinitésimales
de L for-ment donc une
algèbre
de Lie que l’onpeut
identifier àLC ;
nous y prenons labase
indiquée
à la fin du n° 2. Vu laproposition
2 et lelemme 5
il suffit devoir que
et ~ u’~’ U ~ =
0entraînent u’~ ~ 0 ; u ~ ...’u
sont deschamps
de vecteurs
indépendants
en toutpoint
d’unvoisinage
de o ~ et l’onpeut prendre
comme nouvelles
coordonnées
dans ce dernier lescoordonnées canoniques .~ ~"~~
du groupe
abélien complexe engendré
paru1,...,um ,
ainsiu.
.u*
s’écrira
alors oùles .
P sont des fonctionsanalytiques des
mais
[uj,u*] = 0
donne alors(1 j = 1,...,m)
donc03C1i
=Cte,
et finalementu* =
0d’après
ce qui aété
dit au début de ladémonstration.
D’après
lethéorème 2,
un domaineborné
est localementisomorphe
à unproduit d’espaces
hermitienssymétriques G./Hi
oùGi
estsimple ;
deplus
le lieu destransformés
de o parGi
est unevariété analytiquement plongée
dansG/H.
Si
Gi
estcompact,
elle estréduite
à unpoint, Gi
est alors un sous....groupe de H invariant dansG ~
doncGi
={e]- .
AinsiPROPOSITION
6. -
Un domaineborné symétrique
estlocalement, isomorphe
à un pro- duitd’espaces
hermitienssymétriques irréductibles G./H. où G,
estsimple
non
compact.
4.
Espaces
hermitienssymétriques irréductibles.
PROPOSITION 7. - Les
espaces
hermitienssymétriques irréductibles (non
unitairessont exactement les
G/H
où G estsimple,
Hcompact
à centre conti-nu
caractéristique
d’unautomorphisme involutif de
G.On sait
déjà
queles
conditionsindiquées
pour G et H sontnécessaires (n° 2).
Suffisance tG/H
est en tout cas riemanniensymétrique irréductible
(corollaire
authéorème 1) ,
mais H n’est pasirréductible
dans lecomplexe puisqu’il possède
un centrecontinu ;
H laisse donc invariante une structurecomplexe
deT ,
onpeut appliquer
laproposition
4.Soit H’ la
composante
connexe de e deH,,
elle est connexe maximale(corol-
laire au
théorème 1) ;
nousdistinguons
2 cas :a)
G noncompact ;
H’ est en tout cascompact maximale
donc H estforcé-
ment connexe,
G/H
esthoméomorphe
àR~
et le groupe effectif surG/H
est legroupe
adjoint
de G 0b)
Gcompact;
dans un groupe de Liecompact
connexe le centralisateur d’un tore est connexe( ~ 11~ ) ,
H’qui
est connexemaximal,
est donc lecentralisa-
teur du
plus grand
groupe connexe de soncentre,
et ainsiégal
àH.
Il contientévidemment
un tore maximal de G et a doncmême
rang que lui etG/H
est sim-plement
connexe ; H contient le centre de G etG/H
s’identifie de nouveauà ad
G/(Hncentre G).
Soit maintenant Gsimple compact,
de centre =~e~ ~
Hconnexe maximal
ayant même
rang que G et un centrecontinu,
Hs’identifie
alors à lacomposante
connexe de e du centralisateur d’unélément
d’ordre 2 deson
centre,
il est donccaractéristique
d’uneautomorphie
involutive etG/H
esthermitien
symétrique irréductible.
Finalement :THEOREME
3. - Les espaces
hermitienssymétriques irréductibles (non unitaires)
sont
toujours simplement
connexes, et admettent des groupessimples
decentre
réduit.à
e commeplus grands groupes
connexesd’automorphismes,
a) Ceux qui
sontcompacts
sont exactement lesQuotients G/H ~ G simple compact de centre réduit
à e ~ H connexe maximal à centre continuayant même
rang que r
G .
b) Ceux- qui
nesont pas compacts sont exactement les quotients G/H ~
Gsimple
non compacta
Hcompact maximal lorsque
H est à centre continu.A un espace
irréductible G/H compact correspond
un espaceirréductible
noncompact,
lequotient
par H de la "forme ouverte" de Gdéfinie
par l’involu- tion dont H estcaractéristique.
Inversement siG/H
estirréductible
noncompact
lequotient G c /H ,
oùGc
est la formecompacte
de G est aussi hermi- tienirréductible
car les groupeslinéaires d’isotropie
deG/H
et deGc/H
sontles
mêmes,
etGc
estsimple (n° 2).
On a ainsi unecorrespondance biunivoque
entre ces deux classesd’espaces.
Enfait,
onpeut
encoreétablir
un lienplus précis
et laproposition
7 montre queGc/H peut être envisagé
comme unprolon-
gement analytique compact
deG/H .
PROPOSITION 7. - Soient
G/H
hermitiensymétrique irréductible
nonunitaire,
G la forme compacte de G ~ C(G)
l’extensioncomplexe
de G ,Alors
Gc/H
estun
espacehomogène analytique complexe de C(G) ; G/H en est
un
ouvert,
lesautomorphismes
de G seprolongent en homéomorphismes analytiques
complexes
deGc/H .
Principe
dedémonstration :
Onpeut
supposer G etGc
de centresréduits
à e , doncplongés
dans un groupecomplexe C(G) d’algèbre Le’
Dans cette der-nière
onreprend
ladécomposition L = Xt
+ U +U~
du n°2 ;
X +U’~
est unesous-a.lgèbre,
et ondémontre ( en
utilisant11 irréductibilité
deG/H) qu’elle engendre
un sous-groupefermé F ~
et que deplus,
pour des choix convenables des sous-groupes G etGc
on a =H ; C(G)/F
estun espace
homogène analytique complexe
à 2m dimensionsréelles,
il contient doncGc/H
etG/H
commeouverts,
le 1erétant
deplus compact
lui estforcément égal,
d’où
laproposition.
5. Espaces
hermitienssymétriques irréductibles compacts.
Les espaces riemanniens
symétriques irréductibles
ontété
tousdéterminés
parE. CARTAN par voie
infinitésimale [4] ;
9ici,
vu lethéorème 3a,
onpeut
aussiutiliser la
détermination
des sous-groupes connexes maximaux de rang maximum( ~ 2 ] ) ;
dans la liste de ces sous-groupes(loc.
cit. p.219)
il suffira deconsidérer
ceux dont le centre est continu. On obtient ainsiquatre
classesinfinies
d’espaces hermitiens symétriques irréductibles compacte
serépartissent
en
quatre
classes infinies et 2 structuresisolées.
Dans la liste ci-dessous nousindiquons,
poursimplifier
lesnotations,
des groupes nonnécessairement
à centreréduit
à e ~ mais il est entendu que le vrai groupe connexed’automorphismes
estle groupe
adjoint
de la structureindiquée.
Type i : U(p+q)/U(p)
xU(q)
à pq dimensionscomplexes : grassmannienne
dessous-espaces à p dimensions de
Type 2 : SO(2n)/U(n)
à n(n-l)/2
dimensionscomplexes (n ~~3) : variété
desgénératrices planes
à n-1 dimensionsd’une quadrique complexe
nondégénérée
Q~ ~
del’espace projectif complexe P2n-l(C).
Type 3 : SO(n+2)/SO(n)xTl : quadrique complexe
nondégénérée Q~
ouaussi
variété
des droitesorientées
del’espace projectif réel Pn+1(R) , (n>2).
Type 4 : Sp(n)/U(n)
àn(n+l)/2
dimensionscomplexes,
espaces desvariétés planes
à n-1 dimensionsappartenant
à uncomplexe
de droites nondégénéré
deP2n--l(C).
Type 5
1Eg’SO(10)xTl
à16
dimensionscomplexes ; E~ peut âtre représenté
commele sous-groupe de
U(27)
laissant invariante une certaine formecubique ( ~ 10 ) et [il] ) .
est lavariété
de dont leséquations s’obtien-
nent en annulant les
dérivées partielles
de la formecubique.
Type 6 :
à 27dimensions complexes ; E~ peut être représenté
commele sous-groupe de
Sp(~8) qui
laisse invariante une certaine formebiquadratique
F( [ 3 ~ p. 144) ;
estla variété
dont leséquations s’obtiennent
en an-nulant certaines
dérivées
secondes de F( ~ ~ ~ !
loc.cit,
p,144, ligné 9).
On constate ainsi que les espaces hermitiens
symétriques irréductibles compacts
sont des
variétés algébriques.
6, Espaces
hermitiensirréductibles symétriques
noncompacts.
Ils se
répartissent
en6 types
comme lesprécédents.
E.CARTAN [4]
avérifié que les espaces
des 4premiers types étaient équivalents
à des domainesbornés.
Je ne sais pas ce
qui
en est des 2 derniers. Pour les 4grandes classes, je
donne ci-dessous uneréalisation
comme domaine(domaine
nonborné)
decf ( cf. ~ 7 ~
ou[14]) .
Type 1 :
où G est le groupe d’une forme hermitienne à pcarrés
positifs
et qcarrés négatifs~ l’espace
est celui des p x q matricescomplexes
Z
vérifiant Z’Z E ;
enécrivant
unélément
de G comme matrice~
q
on le fait
opérer
surl’espace considéré
par Enpermutant
p et q on obtient des domaines
équivalents,
pour p =1 ,
on a la boule ouverte de rayon 1 .Type 2 : G/U(n)
où G est le sous-groupe deSO(n~C)
laissant invariante uneforme hermitienne à n
carrés positifs
et ncarrés négatifs. L’espace
est celuides px p matrices
antisymétriques vérifiant
G yopère
aussi par ZType 3 :
où G est le groupe d’une formequadratique
à ncarrés positifs
et 2carrés négatifs.
Domaine deen défini
parIl
peut
aussi sereprésenter
comme ensemble des 2n matricesréelles,vérifiant
XX’
( E ~
G yopérant
par(cf. ~ 12 ~ ) .
Type 4 : G/U(n)
où G est le sous-groupe deSp(n,C)
laissant invariante une forme hermitienne à ncarrés positifs
et ncarrés négatifs. L’espace
estl’ensemble
des nxn matricessymétriques vérifiant G y opérant
comme
plus
haut. C’est le "cercleunité généralisé"
il estéquivalent
au demi-plan généralisée
ensemble des matricessymétriques
àpartie imaginaire définie positive.
N.B.
J’ai suivi lanumérotation
de E.CARTAN,
celle de SIEGELpermute les’types 3
et 4.Enfin les deux derniers sont les
représentants
ouverts des classes E3
et E 7deC4.
Si l’on admet
qu’ils
sont aussiéquivalents
à des domainesbornés
on voit que tout domaineborné symétrique
estglobalement équivalent
à unproduit
de domainesbornés symétriques irréductibles (en
tantqu’espaces
hermitienssymétriques).
Entout cas les domaines
bornés symétriques
sontsimplement
connexespuisque
tousles espaces hermitiens
symétriques
à groupesd’autamorphismes semi-simples
lesont
(résulte
desthéorèmes
2 et3).
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SIEGEL(Carl L.). - Analytic
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àPrinceton, 1948/49.
ADDITIF
HARISH-CHANDRA montre a
priori,
dansHARISH-CHANDRA. -
Representations
ofsemisimple
Lie groupsVI,
Amer. J. Math.t.
78, 1956,
p.564-628.
qu’un
espace hermitiensymétrique irréductible
noncompact
estisomorphe
à undomaine
borné.
Les espacescorrespondants compacts
fontpartie
de la classe d’es- paceshomogènes G/H (où
G estcompact
connexe et H lecentralisateur d’un
tore deG), qui
sont tous desvariétés algébriques rationnelles ; cf.. s
132
GOTO
(M.). -
Onalgebraic homogeneous
spaces, Amer. J.Math.,
t.76, 1954,
p. 811-818.
BOREL
(A.). - Kählerian
coset spaces ofsemisimple
Lie groups, Proc. nat. Ac.Sc. U.S.A.,
t.40, 1954,
p.1147-1151.
Dans ce dernier
article,
il est aussimontré
que si un domaineborné
admet ungroupe transitif
semi-simple d’automorphismes,
il estsymétrique,
cequi répond partiellement
à laquestion
de E.CARTAN, mentionnée
au n°3.
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