Les risques de la transfusion (à comprendre)
Dr SLIMANE Mohamed IH/distri
EFS Dijon
Les risques
Immunologiques
frissons hyperthermie hémolyse IV (ABO, …) réactions allergiques transfusion inefficace Non Immunologiques
- Contamination par agent infectieux - OAP
- accidents techniques Surcharge
- hémosidérose
leur chronologie
I . COMPLICATIONS IMMEDIATES dans les 24 heures
- un syndrome
frissons-hyperthermie ; - une urticaire
- une toux.
chacun de ces signes peut
être le premier élément d'un
tableau clinique grave
Syndrome frissons-hyperthermie
C'est la manifestation de base de l'incompatibilité immunologique.
En cours ou fin de la transfusion, apparaît un frisson, associé à une hyperthermie, de 38°C à 40°C.
- classiquement à une incompatibilité leuco-plaquettaire (anti-HLA), ou un anticorps anti-érythrocytaire, ou une contamination bactérienne mineure
Conduite à tenir
l'arrêt de la transfusion
réalisation d’un bilan immuno-hématologique une hémoculture sur le malade et le PSL
et/ou une recherche d'anticorps anti-HLA.
Il se traite habituellement par des anti-pyrétiques, C’est
un incident bénin.
Choc immunologique ou accident hémolytique transfusionnel
une erreur ABO (le plus souvent), un anticorps irrégulier (parfois)
Séméiologie
dans les dix premières min de la transfusion, apparaît frissons-hyperthermie + douleurs lombaires + céphalées. puis de signes de choc (collapsus) +/- CIVD.
patient inconscient: hypotension brutale + hémorragie (CIVD) + arrêt de la diurèse
Physiopathologie
interaction entre un ANTICORPS présent chez le RECEVEUR et un ANTIGENE apporté par le DONNEUR
L‘AC fixé sur les hématies transfusées active le système du complément
L'hémoglobine libérée (hémoglobinémie). traverse le filtre rénal et passe dans les urines (hémoglobinurie).
les fragments de membranes d’hématies provoquant une CIVD
Conduite à tenir
l'arrêt de la transfusion, mutation en réanimation. - traiter le choc,
- traiter la CIVD ; traiter l'insuffisance rénale
Accidents hémolytiques transfusionnels
Le plus souvent ce sont les globules rouges
transfusés qui sont détruits : ils portent un antigène correspondant à l’anticorps présent chez le receveur.
Plus rarement ce sont les globules rouges du
patient qui sont détruits : ils portent l’antigène correspondant à l’anticorps présent dans le PSL La plupart des antigènes de GS peuvent être
impliqués dans un accident hémolytique.
Accidents hémolytiques transfusionnels
Accidents par incompatibilité ABO Les plus fréquents
Les plus graves
Les plus faciles à éviter
Les anticorps anti-A et anti-B sont constants : ne jamais transfuser de GR possédant l’antigène correspondant à l’anticorps du
receveur.
Accidents hémolytiques transfusionnels
Accidents par anticorps immuns Systèmes concernés :
• RH
• KEL
• FY
• JK
• MNS
• Antigènes de grande fréquence
Accidents hémolytiques transfusionnels
D(RH1) c(RH4) K(KEL1) E(RH3) C(RH2)
Jka(JK1) Fya(FY1) S(MNS3) e(RH5)
k(KEL2)
Jkb(JK2) Fyb(FY2) s(MNS4)
Immunogénicité des antigènes de Groupes
Sanguins
Accidents hémolytiques transfusionnels
Fixation de l ’anticorps sur l ’antigène
correspondant
Activation du complément C3
Hémolyse extra vasculaire
Accidents hémolytiques transfusionnels
Activation du complément C 9
Hémolyse intra vasculaire
Accidents hémolytiques transfusionnels
Comment prévenir le conflit Antigène – Anticorps ?
Ne pas apporter l’Ag correspondant à l ’Ac du receveur Détecter les Acs du receveur
Connaître les Ags présents sur les CGR
Ne pas apporter l’Ac correspondant à l ’Ag du receveur Détecter les Acs chez les donneurs
Connaître les Ags chez le receveur
Comment prévenir l’apparition d ’Acs chez le receveur ?
Connaître les Ags du receveur
Connaître les Ags présents sur les CG
Ne pas apporter les antigènes absents chez le
receveur
Examens IH permettant d’assurer la sécurité des transfusions
Groupe ABO.RH1
Phénotype - RH.KEL1
- étendu RAI
Test direct à l’antiglobuline
Epreuve directe de compatibilité
Réactions de type allergique
Elle peut s'observer avec tous les PSL contenant des protéines plasmatiques du donneur
fréquentes et habituellement bénignes Séméiologie
- un prurit et/ou une urticaire, avec parfois une hyperthermie.
rarement, un œdème de Quincke ou un choc anaphylactique.
Physiopathologie
inconnue. s'observant surtout lors des transfusions plaquettaires
choc anaphylactique en cas d’allergies vraies aux protéines plasmatiques
Conduite à tenir
arrêter la transfusion. Le traitement repose ensuite sur les anti-
histaminiques Le traitement du choc anaphylactique
Inefficacité transfusionnelle
Transfusion érythrocytaire
1 à 5 jours après une transfusion peut faire suite à 'un syndrome frissons hyperthermie ;
baisse progressive du taux d'hémoglobine.
clinique : une pâleur cutanéo-muqueuse, un sub-ictère
conjonctival, parfois splénomégalie. urines foncées et selles non décolorées
Physiopathologie:
Présence d’un AC qui entraîne l’hémolyse
reprise du saignement dans le cas d'une hémorragie
Biologie: RAI +, TDA +(Coombs direct) CAT:faire phénotyper et compatibiliser Transfusion plaquettaire
Le lendemain d'une transfusion, après d'un syndrome frissons- hyperthermie
la numération plaquettaire n'a pas remonté.
Étiologie:
présence chez le receveur d'anticorps anti-HLA.
Oedème aigu du poumon
Séméiologie
Au cours de la transfusion, apparaît une toux sèche. Puis les autres signes de l'OAP vont survenir : cyanose, expectoration mousseuse, détresse respiratoire.
Physiopathologie
L'OAP transfusionnel est lié à une surcharge volémique.
Il s'observe avec les CGR ou avec le PFC plutôt qu'avec les concentrés plaquettaires.
les plus exposés sont les insuffisants cardiaques, les prématurés et les vieillards.
Conduite à tenir
Traitement de l'OAP.
Retenir que lorsqu'une toux apparaît au cours d'une transfusion,
il faut immédiatement l'arrêter et ausculter les bases.
Contaminations bactériennes
(1/135 000 PSL transfusés)
Elles proviennent toujours de bactéries prélevées au moment du don,
manifestations cliniques variables allant du syndrome frissons-hyperthermie au choc septique.
Séméiologie du choc septique
en cours de transfusion apparition d'un syndrome frissons-hyperthermie puis douleurs abdominales avec troubles digestifs : diarrhée, vomissements
troubles de conscience +oligo-anurie évoluant vers un collapsus.
Physiopathologie
La plupart des bactéries ne poussent pas à 4°C sauf certaine comme Yersinia enterolytica ou certains bacilles Gram négatif qui relarguent une endotoxine - la conservation des concentrés plaquettaires a lieu à 22°C, ce qui facilite la pousse de certaines bactéries.
Conduite à tenir
Le diagnostic repose, après arrêt de la transfusion, sur les hémocultures de la poche et du malade, et sur l'examen bactériologique direct de la poche. Le
traitement est celui du choc septique.
Contaminations virales
Les virus peuvent être transmis par transfusion si et seulement si ces virus sont présents dans le sang au moment du don.
pour VIH, VHB et VHC La virémie est prolongée et n’est pas associée à des signes cliniques. La probabilité de transmission est donc très élevée.
Pour CMV, EBV et HTLV-I Le virus persiste à l’état latent dans les leucocytes, Mais le sang est « déleucocyté »
Risque résiduel HIV < à 1/3,5 M dons depuis le DGV Risque résiduel VHC évalué à 1/6 M
Risque résiduel VHB : 2001 : 1/ 2 M
Autres agents infectieux
Paludisme
Le paludisme post-transfusionnel est exceptionnel. Il se manifeste 10 à 15 jours après une transfusion par un embarras gastrique fébrile, rapidement associé aux signes classiques de l'accès palustre.
Maladie de Chagas
Elle est exceptionnelle en France. Il s'agit par contre d'un réel problème en Amérique du Sud.
Maladie de Creutzfeld-Jakob
la forme classique de la maladie de Creutzfeld-Jakob n'était pas transmissible par transfusion, mais cette voie était possible
exclusion des donneurs ayant séjourné plus d'un an dans les Iles britanniques ; extension de la déleucocytation systématique au plasma
restriction de l'utilisation des PSL Autres
La syphilis post-transfusionnelle ne se voit plus, parce que tous les dons sont testés et que le tréponème ne vit pas plus de 5 jours en dehors de l'organisme.
Des cas de brucellose post-transfusionnelle ont été décrits mais pas un réel problème de santé publique
Hémochromatose secondaire
Fréquente en cas de transfusions répétées de concentrés érythrocytaires, dans les anémies chroniques.
Elle est prévenue par l'administration de DESFERAL,
qui est un chélateur du fer.
Le contrôle ultime pré-transfusionnel
(Très important)
Dr SLIMANE Mohamed IH/distri
EFS Dijon
principe
Dernier contrôle de sécurité,
toujours réalisé en présence du patient, renouvelé pour chaque unité transfusée.
Deux étapes successives réalisées selon un mode opératoire précis :
CONTRÔLE ULTIME DE CONCORDANCE
LE CONTRÔLE ULTIME DE COMPATIBILITÉ
2 étapes successives
1- PREMIÈRE ÉTAPE : CONTRÔLE ULTIME DE CONCORDANCE :
Vérification de l'identité du receveur +++ : demander au patient son identité, chaque fois que possible.
Concordance de l'identité du receveur avec celle des documents suivants :
A )la prescription médicale de PSL B )la fiche de distribution nominative C ) le groupage sanguin
D ) la RAI,
Concordance du groupe sanguin : document de groupage, fiche de distribution nominative, étiquette du PSL.
Concordance entre l’étiquette du PSL et la fiche de distribution nominative (type de PSL, numéro d’identification à 11 caractères
Péremption du PSL.
Protocoles transfusionnels : (ex sang phénotypé, compatibilisé, irradié
2 - DEUXIÈME ÉTAPE : LE CONTRÔLE ULTIME DE COMPATIBILITÉ. ‘ au lit du malade
Le contrôle ultime au
lit du malade
Le contrôle ultime au lit du malade
La réglementation française oblige à un
contrôle ultime au lit du malade avant toute
transfusion de produits sanguins contenant
des globules rouges.
Le contrôle ultime au lit du malade
Principe
Ce contrôle consiste à mettre en contact un réactif anti-A et un réactif anti-B d’une part avec les hématies du malade et d’autre part avec les hématies du produit sanguin à
transfuser.
Il met à l'abri des incompatibilités dans le
système ABO uniquement
Le contrôle ultime au lit du malade
Le contrôle ultime au lit du malade
Chaque agglutination cher le donneur doit être retrouvée chez le receveur
Donc toute agglutination chez le donneur ,non retrouvée chez le receveur interdit la transfusion
En cas de doute, contacter
le médecin encadrant la transfusion
Pas de réaction du donneur qui n’existerait pas chez le receveur
Réactions identiques : Receveur = Donneur
=
-
-
=
-
-
Je n’apporte pas
d’antigène que le
receveur n’a pas :
Je transfuse
Il existe une réaction
chez le
donneur qui n’existe pas chez le
receveur