A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
M. L ÉGAUT
Sur les systèmes de points du plan Application aux courbes gauches algébriques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 16 (1924), p. 29-133
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1924_3_16__29_0>
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SUR LES SYSTÈMES DE POINTS DU PLAN
APPLICATION AUX COURBES GAUCHES ALGÉBRIQUES
PAR M. M. LÉGAUT,
Agrégé préparateur à l’École Normale Supérieure.
INTRODUCTION
i. La
première partie
de ce travail estconsacrée
à l’étude dequelques problèmes qui
seposent
très naturellement au début de lagéométrie algébrique. Que peut-on
dire sur la formation et lespropriétés
d’unsystème
depoints
situés dans sonplan ?
Comment
peut-on
lesclasser,
les déduire les uns des autres? Peut-on les caractéri-ser, au moins relativement à certaines de leurs
propriétés,
par un ensemble fini de~nombres entiers ? En
particulier, quel
est le nombre de conditionsimposées
à unecourbe de
degré
l pour passer par unsystème
donné ?Un
problème
de cettecatégorie
futposé
pour lapremière
fois parCramer, lorsqu’il
considéra les n~points
d’intersection de deux courbes dedegré
n. Un peuplus tard, Cayley (Cambridge
Mathematical Journal, vol.3)
étudiale système
des.mn
points
communs à deux courbes dedegrés n
et m. Il montraqu’en
suppo-sant m
n, toute courbe dedegré
l tel quem l m + n - 3, qui
contient.mn - de ces
points,
passe par les autres.En ,
18862
(Mathematischen
Annalen, t.26),
Bacharachpublie
un travail sur le mêmesujet.
En
1890 (idem,
t.30), Cayley présente
un nouveau Mémoire où il améliore sesdémonstrations. Plus
récemment,
M. Gambier(Comptes rendus,
1922, t.reprit
le
problème
sous unaspect plus général,
et se proposa deconstruire
lessystèmes
de
points présentant,
relativement aux courbes dedegré l,
lapropriété
suivante :Une telle courbe
passant
par A de cespoints,
contient nécessairement les B restants.Dans une deuxième note
(C.
R.,1923,
t.I ~6),
il montra enparticulier
que pour unsystème donné, lorsque
laugmente,
le nombre despoints
B diminue et devient nul.Il calcula en outre leur différence pour deux valeurs de l consécutives.
30
Mon travail se
distingue complètement
de celui de M.Gambier,
par la méthode et par les résultats. J’ai borné exclusivement mon étude à celle dessystèmes
depoints simples
tous distincts. J’exclue en outre toutes les considérations relatives à la réalité de cespoints (’).
’ .2. Posons d’abord
quelques
définitions. J’entendrai parl’expression
« la courbede
degré
l(satisfaisant
à lapropriété X) »
une courbequelconque
de cedegré (satis-
faisant à cette
propriété,
c’est-à-dire dont les coefficients del’équation
ne vérifientaucune relation
(autre
que cellesimposées
par lapropriété).
Lapremière
courbeminima d’uu
système
_1 est la courbe deplus petit degré, composée
ou non,qui puisse
passer par A. Suivant les cas elle estunique
oudépend
deparamètres.
Ladeuxième courbe minima d’un
système
A est la courbe deplus petit degré,
compo- sée ou non,qui puisse
passer par A sans sedécomposer
nécessairement en laprécé-
dente et une autre courbe. Elle n’est
jamais unique,
mais engénéral
elle recoupe laprécédente
en unsystème B indépendant
de son choix.Exemple.
- Lesystème
formé desept points
de l’intersection d’uneconique
etd’une courbe du 5e
degré
admet pour courbes minima laconique
et unequartique
’
passant
par cespoints.
’
Que
lesystème A~
soit déterminé oudépende
du choix de la deuxième courbeminima,
nous dironsqu’il
est lepremier réduit
de A. Cette indétermination occa- sionnelle ne provoque aucune difficulté. Lepremier
réduitA2
deA;
est le dellxièmeréduit de
A,
etc. Construire les divers réduits deA1
c’est réduire A. Leur ensemble est la réduction de A. Nous supposeronstoujours
que tous les réduits, de A sont dessystèmes
depoints simples
distincts. Dans cesconditions,
on démontre que toutsystème
se réduit à une intersection totale de deux courbes.(Chapitre
III, paragr.7,)
C’est de l’étude de la réduction d’un
système
depoints
queje
déduis certainesde ses
propriétés.
’3. Le
plus petit système
corésiduel de A sur sapremière
courbe minima est dit t lepremier adjoint
cleA,
ouplus simplement l’adjoint
de A.L’adjoint
dupremier- adjoint
est le deuxièmeadjoint.
Je montre que c’est aussi le deuxième réduit de A.L’ensemble des
adjoints
successifs forme la réductionadjointe.
Si nous faisons passer par A deux courbes de
degré quelconque,
non minimapour
A, qui
serecoupent
enB,
nous dirons que 13 se déduit de A. Si ces courbes sont minima pourB,
nous dirons aussi que B se réduit à A. Si C se déduit deB,
B de A, C sera dit aussi déduit de A et nous étend rons cette défini tion
quel
que soi t(’)
Les quelques résultats nécessaires à l’intelligence de ce travail se trouvent dans.les premiers chapitres du tome Il du livre de Picard et simart : Fonctionsalgébriques
dedeux variables.
le nombre d’intermédiaires. On démontre
(Chapitre
II, paragr.~)
que lesadjoints
de même rang de deux
systèmes qui peuvent
se déduire l’un de l’autre,peuvent
aussi se déduire l’un de l’autre. Leurs réductionsadjointes
coïncident àpartir
d’un certainrang.
(Chapitre II,
paragr.7.)
Les courbesqui
servent à faire ces déductions peu- vent êtrecomposées
ou non, maisje
suppose quechaque partie indécomposable
contient des
points
de A et de B.La
singularité
d’unsystème A,
de Apoints,
pour les courbes dedegré l,
est l’excès dunombre
A sur celui des conditionsindépendantes imposées
à une courbede
degré
l, pour contenir A. Unsystème
est ditgénéral,
si sasingularité
pour sapremière
courbe minima est nulle. Un telsystème se
réduit à l’intersection lolale dedeux droites,
d’une droite et d’uneconique,
ou de deuxconiques. (Chapitre I,
Les
expressions
de lasingularité
d’unsystème dépendent
de sesirrégularités :
Si une
partie indécomposable
de lapremière
courbe minima du réduitAi
ne contient taucun
point
du réduit suivantje
dis queA? présente
ou contient unelarité et que A est
irrégulier.
Si aucun réduit neprésente d’irrégularité,
lesystème
est
régulier.
J’étudie cesirrégularités,
et leursrépercussions
sur les réductions dessystèmes dérivés,
dans leschapitres
II et III. Je montrequ’il
y a lieu dedistinguer
les
irrégularités
stables, instables etapparentes.
Tout
système peut
se déduire d’unsystème régulier,
se réduisant soit cx unesection
totale,
soit à unsystème général. (Chapitre
II, paragr.13.)
Le rang du
premier
réduitgénéral (ou
celui de l’intersection totaleaugmentée
de
un)
est laspécialité
dusystème.
Le nombre des réduits contenant nneirrégula-
rité est
l’irrégularité
dusystème.
’
La
singularité SIA
d’unsystème
de Apoints,
despécialité
û, a deuxexpressions
de formes
complètement
différentes suivant que ledegré
l estsupérieur
ou infé-rieur à un nombre entier
h c appelé caractéristique
centrale.(Chapitre I,
paragr. I I ;Chapitre II,
paragr.11.)
,Les nombres entiers
qui
interviennent dans ces formules sont les caractéristi- ques dusystème.
Ce sontdes
fonctions trèssimples
desdegrés
des diverses courbes minima desréduits.
La donnéede
cesnombres,
et du nombre depoints A, permet
de construire un
système ayant
poursingularité l’expression correspondante.
(Chapitre I,
paragr. 12;Chapitre II,
paragr.i4.)
Ces nombres sont intimement liésau
système
depoints.
Les courbes
ayant
pourdegré les caractéristiques
d’indicepair jouissent
de pro-priétés particulières. (Chapitre II,
paragr.13.)
Onpeut
en outre énoncer la pro-position
suivantequi
en fera sentir toutel’importance. (Chapitre III,
paragr.8.) L’équation générale
des courbes dedegré
lpassant
par unsystème
depoints peut
se mettre sous la
forme
:où les a?~ sont des
polynômes
arbitraires dedegré
1 - l -he
~les F les
premiers
membres deséquations
des courbes dedegré h2i li:2i hc (caracté-
,ristiques),
choisies arbitrairement etpassant
par lesystème.
Je démontre d’ailleurs
qu’il
n’est pasnécessaire, lorsque
l est assezgrand,
deprendre
toutes ces courbes pour avoirl’équation générale. (Chapitre III,
paragr.g.)-
4. La deuxième
partie
de ce travail est consacrée àl’application
des résultats-et des méthodes
précédentes
à l’étude desquestions
suivantes relatives aux courbesgauches algébriques.
a)
Combiende
conditionsimpose
une courbegauche
à une surface dedegré 1’
’
pour
qu’elle
la contienne ?b) Quel
est le genre d’une courbegauche
sanspoint multiple?
c)
Dansquelles conditions
une surface dedegré l, passant
par l’intersection totale d’une courbe C avec une surface d’ordre n,recoupe-t-elle
C suivant l’inter- section totale de C avec une surface d’ordre l - n ~Ces
problèmes
furentdéjà
étudiés parHalphen
cle l’Ecolepolytechnique,
t.
33),
Noether(Mémoires
de l’Académie deBenlin, 1882), puis plus
tardpar M.
Castel-nuero
(Rendiconti
diPalermo,
t.7).
’
J’ai résolu ces trois
questions
exactement pour une certaine famille de courbesgauches (chapitre IV,
paragr. 7,8, II).
J’ai démontré en outre certainesproposi-
tions
qui peut-être pourraient
aider à leur résolution dans le casgénéral.
J’ai eu en outre l’occasion de montrer comment la méthode
pouvait
être em-.ployée
pour l’étude dessystèmes
depoints
dansl’espace.
Jesignale
lesparticula-
rités
qui
rendent ceproblème beaucoup plus
délicat(Chapitré IV, paragr. 10).
5. Je dois terminer ce
rapide exposé
en remerciant bien vivement NI. Vessiot et li.Lebesgue
de l’aidequ’ils
ont bien voulu ine donner pour laprésentation
etl’impression
de cetravail,
M. Gambier del’obligeance qu’il
m’atémoignée
en me.communiquant
le Mémoirequ’il
a écrit sur laquestion.
. Je désire
spécialement témoigner
ma reconnaissance à M.Garnier, qui
voulutbien lire une ébauche de ce Mémoire et
qui
m’aida de ses conseils pour la rédaction.CHAPITRE PREMIER .
Les systèmes de points réguliers.
1. Faisons d’abord
quelques
conventionsqui préciseront
et faciliterontl’exposé
de ce travail.
Un
système
depoints
seradésigné
par unelettre,
A parexemple,
le nom.bne deses
points
par cette même lettre A. Dans lesfigures
que nousferons,
nous lerepré-
senterons par un
point
A. pNous
désignerons
une courbequelconque
dedegré
l par lesymbole Cl.
Nousla
représenterons
par unsimple
arc decourbe,
sans nous occuper de sa véritableforme,
maissimplement
dans le but de faciliter les raisonnements.Lorsqu’une
courbe passera par unsystème
depoints,
nous ferons passer sonimage
par lepoint image
dusystème.
Pourreprésenter
deuxsystèmes
A et B dontl’ensemble forme l’intersection totale de deux courbes
Cm
etCn,
nousfigurerons
deux arcs de courbe convexes
qui
se rencontrent aux deuxpoints
A et B.Nous
désignerons
souvent l’intersection totale des courbesCm
etC?~
par le sym-bole °
2. .
Singularité
de l’intersection totaleC7,t , Cn.
.Nous
appellerons singularité
d’unsystème
A pour une courbeCl,
l’excès du . nombre A sur le nombre de conditionsindépendantes imposées
à uneC~
pour con- tenir A.Nous nous proposons actuellement de trouver la
singularité
dusystème
~A = pour les courbes
C~.
Énonçons
d’abord deux lemmespréliminaires. Rappelons
un théorème dû àNoether
(’). Lorsqu’une
courbeCl,
,d’équation Fl
= o, passe par l’intersection totale etC"
~te se rencontrantqu’en
despoints simples
tousdistincts,
onpeut
mettr°e son
équation
sous laforme
où
Fm
etF,~
sont lespremiers
membres deséquations
deCm
etC,~,
A et B deuxpolynômes
dedegrés respectivement égaux
à leurs indices. ’Considérons sur une
C,d
lesystème A = C", . C" .
Faisons passer par A uneC~
qui
recoupeCu
suivant lesystème
B. Ensupposant
queCm
etCil
secoupent
de laAnnalen, t. Fonctions de deux variables, Picard et Simart, t. II, p. 1 .
façon générale énoncée, l’équation F~
= o deCl peut
se mettre sous la formeprécé-
dente. Cette dernière montre que
C~
coupeCu
aux mêmespoints
que la courbed’équation Al-m.Fm
==o. Lapartie
due àFm
== o donneA,
lesystème
B est doncl’intersection totale de
Cil
avec laC~_", d’équation
= o. Onpeut
donc dire :I° LEMME. - Si une courbe
Cl
rencontre une courbeC"
suivant l’intersection totaleC", . C,l,
elle recoupeC"
suivant l’intersection totale .Observons que le théorème de N0153ther ne suppose pas les courbes
Cm
etC"
indé-composables.
Laproposition précédente
nel’exige
donc pas nonplus.
Considérons
la série depoints
déterminée surCn
par unsystèrne
de courbesCt.
Nous allons montrer que :
2° LEMME. - courbe
Cl,
pour passer par hpoints
deC",
est soumise à autantde conditions
indépendantes qu’un
groupe de la sérieprécédente
pour les contenir.Soient en effet R
et 03C1
les dimensions dusystème
de courbesCi
et de la sériequ’elles
déterminent surC".
Par un groupe de cette sériepassent
courbesC~
du
système.
Fixons hpoints
sur Ilsimposent
h - a conditions auxCL précé-
dentes
qui passent
pareux, h - b
conditions aux groupes de la sériequi
les con- tiennent. La dimension desCl
dusystème passant
par les Rpoints
est R - h + a, celle de la sérierésiduelle ?
-h +
b. Par un groupe de cette dernièrepassent
courbesCl
dusystème
contenant les hpoints.
Or on saitqu’il
y ena ooH-;
puisque
en définitive ces courbespassent
par un groupe de la série initiale :a = b. ’ ’
,
Reprenons
lafigure précédente
et laissonsCl passant
parA,
variable. - Lessystèmes
B constituent une série dont nous allons déterminer la dimension de deuxfaçons
différentes.Si mn - est le nombre de conditions
imposées
à uneC~
pour passer parA,
la dimension de la série B sera ; -(mn
- où 03C1l est la dimension de la série déterminée surCn
par toutes lesC~
duplan.
D’autrepart
la série B est déterminéepar toutes les
C~_.",
duplan.
On a doncl’égalité
.. -Avec des notations semblables à celles utilisées pour A =
C", . C" ,
,et par suite :
Pour contenir 11
points
enligne droite,
uneCu
est soumise à n conditions := o si i = n, et par suite pour
i>
n. Si i n il faut que la courbeC;
con-tienne la droite et = n -
(c
+I).
Quand
ï ou == o.Quand m l C m -+- n -
2,l’égalité (i)
devient :Si maintenant nous supposons n
lC
m , le raisonnementpris
sous la formeprécédente
est en défaut.CI
doit sedécomposer
suivantCn
et une arbitraireet en vertu de l’identité
classique :
La
singularité
de l’intersection totale de deux courbesCn
etC,n
ne se rencontrantqu’en
despoints simples,
tousdistincts,
est donnée panl’expression
.
Remarque.
- Si on avaitpris
pour courbe base surlaquelle
sontdécoupées
les séries de
points,
on aurait eul’égalité
Cette
égalité permet
de retrouver les résultatsprécédents,
enparticulier
le der-nier. Si
3. Les résultats
précédents
vont nouspermettre
de trouver la dimension de la série déterminée surC,~,
courbesimple
oucomposée,
par toutes lesCI
duplan.
Elle est
égale
au nombre depoints qu’on peut
arbitrairement choisir dans l’inter- section totaleC" . Cl.
La dimension da la
série Cn.C
surCn
est donnée par lesexpressions
:r est la fonction définie
précédemment.
Remarquons
la relation :,
On sait que la dimension d’une série de a
points
sur uneCil
degenre p est égale
àa -p ~ i -
~,~, où i est l’indice despécialité
de lasérie,
c’est-à-dire le nom- bred’adjointes
d’ordre n -3,
linéairementindépendantes passant
par l’un de ces groupes, et (1) le défaut. Totalisons ces deux derniers termes enposant
ô = co - i.On a ici :
oû
si on remarque que
~~2 - I) ~~ . - 2)
est le genre maximum ~ d’une
G .
.2
4. Faisons encore
quelques
remarques sur unefigure qui
nous servira souvent.FIG. 1.
Soit
A + B. l’intersection
totale Cn. Faisons passer par. A une Cu et par Bune Cu’ qui recoupent C,~
enD +
C. On sait queC + D
=Cl,
où v est donnéepar
l’égalité :
..Nous dirons que ABCD est un
quadrilatère curviligne
inscrit dansCn
. -Les
systèmes opposés
A etC,
B et D sont corésidaels.. Si on fait passer par A une
CL,
il existe uneCl passant
par Cqui
déterminesur
C’t,
en dehors deC,
le même groupe depoints
queCL
endehors
de A. Nous dirons queCLet C~
secorrespondent
surC",.
A la courbe de
plus peti
tdegré passant
parA,
extérieure à,Cn, correspond
lacourbe de
plus petit degré passant
par C et extérieure à -Lorsqu’on
fait varierCL
etC~
elles déterminent surCn
la même série depoints.
Systèmes
depoints généraux.
5. D’une
façon générale,
nousappellerons
courbe minima d’un sys- tèmeA,
la courbe deplus petit composée
on non,qui peut
passerpar
A.Suivant les cas, elle est
unique
oudépend
deparamètres.
Nous
appellerons
aussi deuxième courbeminima,
une des courbes deplus petit degré qui puisse
passer par A sans sedécomposer
en lapremière
courbeminima,
°une courbe arbitraire de
degré
convenable. Elle n’estjamais unique.
-Nous entendrons par
l’expression
« lapremière
ou la deuxième courbe minima »une courbe
quelconque
de l’un de ces deuxdegrés.
Exemple.
- Lesystème
formé desept points
d’intersection d’nneconique
etd’une
quintique,
admet _courbes minima laconique
et uuequartique.
Un
système
A sera ditgénéral si
sasingularité
pour lapremière
courbe minimaesl nulle.
La
singularité
pour uneCl
dedegré supérieur
est nulleaussi,
car onpeut t pren-
dre pour
Cl particulière
la courbe minimaCn
et une courbe arbitraire Le ,nombre des conditions
indépendantes imposées
àC~
estégal
à celui des conditionsimposées
àC,~,
car ce nombre nepeut
pas diminuerquand
onparticularise C~,
etil ne
peut
êtresupérieur
àA,
le nombre depoints.
’A
points pris
arbitrairement forment unsystème général.
Les
inégalités qui
déterminent ledegré
~t, de lapremière
courbeminima,
sontSi A
=}~ lt~ri + ~~),
il y a une infinité depremières
courbes minima. La notion de deuxième courbe minima n’a pas ici de réalité.Si .~1 =
a(~t + 3~,
iln’y
aqu’une première
courbeminima.
LesC~ ~
sontdeuxièmes courbes minima.
6. Considérons un
système A, général
ou non ; ses deux courbes minima serecoupent
suivant lesystème A~,
que nousappellerons premier
réduit de A. Len’’ réduit
A2
deA,
sera dit deuxième réduit de A, etc... ’L’ensemble des réduits successifs de A constitue la réduction de A.
Nous dirons aussi que A se réduit en son réduit
A.i .
Les courbes
qui
servent à faire la réduction serontappelées
réduites.Nous nous proposons d’étudier la réduction d’un
système général.
7. Réduction d’un
système général.
Soit le
système général A,
de courbe minimaA,
est son réduit.Supposons A, général (on
démontreraplus
loin la réalité de cettehypothèse)..
- Le
degré n1
de lapremière
courbe minima deA,
se calcule en utilisant lesinéga-
lités
(8)
etl’égalité
A +A,
= n~(ou n~ ~ n),
On obtient ainsi les résultats suivants :.TABLEAU J.
On
peut
donc écrire lesinégalités toujours
vérifiées :THÉORÈME. 2014 Le deuxième réduit
A2
de A est unsystème général.
Pour démontrer cette
proposition
nous allonsemployer
un mode de raisonne- ment nous servira souvent dans cechapitre.
. FIG. a.. , ;-
Supposons
que les courbes minima de A etA,
soientrespectivement C,,.C’,, , Cn C’n
, .. ,Cn
à recoupeCn
suivant lesystème
z.A et ce sont corésiduels sur
C,, ;
à une courbeCn passant
par Acorrespond
une
C,,
,passant
par «,première
courbe minima de cepuisque
n, n(9).
a et
A2
sont corésiduelssur Cn1;
àCn1
.passant
par cecorrespond
uneC 2’i,->é
passan t
parA, , première
courbe minim a pou rA, puisque 2 n, -
n n, .11 suffit donc de montrer qne la
singularité sn2A2
deA2
pour une courbeC"
=Gs"
_"est nulle.
En nous servant de la formule
(3)
et dn deuxième lemme duparagraphe
~, nous_pouvons‘
estimer de deuxfaçons
différentes ladimension J
de la série déterminée.sur
C,1
par les courbesC"
etÇ" correspondantes passant respectivemen
t par A et a.Considérée comme décrite par les courbes
C",
c = n2 -(n - 2)
-
A;
décrite par
les courbes , puisque n1>
n - 2 , 03C1 ce(n -I)(n - 2)
-- ôoÙ ô est le nombre de conditions
indépendantes imposées
. à uneC"
pour passer1
par x.
Faisons de même avec les courbes
correspondantes C,z
1 etC" ,
2, enremarquant
que
n2 n, - 2puisque
n, n - 2.Ajoutons
membre à membre leségalités (la)
et(it)
enremarquant
r~$ - ~~. = n,~ - A,.
.Puisque Ai
estgénéral, As
deuxième réduit deAi
l’est aussi. Tous les réduits de A.sont
généraux.
Le tableau 1permet
de voir comment s’effectue la réduction.(1)
La méthode serait ia même si . A ==2014201420142014-
oun(n + I)
-t- i.22
Si B 2
on est dans l’un des trois cas étudiésprécédemment.
Si non n~ = n,- 2.Si on est dans l’on des trois cas
déjà envisagés,
si non continuons laréduction. ~ .
Supposons
que cette éventualité ne soit pas arrivéeaprès
la heopération.
Les B2i
etdécroissent,quand
l’indice croit. On aboutira donccertainement, après
un nombre suffisantd’opérations,
à l’un des trois casprécédents.
On voit
qu’à partir
de cemoment, les degrés
des réduites décroissentrégulière-
rnent d’une unit.é. Le dernier
système
réduit sera donc engénéral un point.
Cet énoncé souffre deux
exceptions,
si l’on arrive seulement à la fin de la réduc- tion à trouver dessystèmes
vérifiant un des trois casprécédents.
Si . B-ai=2 et i
n-4i-2=3,
ou n-r-Zi-B=2 etn-4i-4=3,
ce
qui correspond
à B =n=,
on vérifie aisément que le dernier réduit est cons-titué par deux
points,
intersection totale d’une droite et d’uneconique.
, Si B-2i=2 et
n-4i-2=2,
oun-r-2i-~.B=2
et12-fri-!~=~,
. ce
qui correspond
à B= n,
, le dernier réduit est constitué par 4points,
intersection totale de deuxconiques.
Tout
système général,
dont lepremier
réduit estgénéral,
se réduit à une intersec- tiontotale, système général.
THÉORÈME. - Le
premier
réduit d’unsystème général
estgénéral..
Remarquons
que l’onpeut toujours
faire passer parA1
une infinité de courbesde
degré
n - rqui
’ ’ ne sedécomposent
pas en lapremière
courbe minimaC
1 deA
*et une courbe arbitraire. ’
, Le tableau I nous le montre
lorsque A1
estgénéral,
et c’est vrai afortiori
siAr
n’est pas
général puisque
cesA1 points
nepeuvent imposer plus
deA,
conditionsiudépendantes.
Menons alors par
A~
deux courbesC,~_, qui
serecoupent
enA’2. A’~
estgénéral
.comme le
montre
un raisonnementidentique
à celui utiliséprécédemment.
Ledegré
de lapremière
courbe minima deA’~
est n - 2.Nous déduirons
A’~
de.A’2
commeA’s
deA,
etc...Comme
le’degré
des courbesemployées
décroîtrégulièrement
d’uneunité,
on arrivera certainement à rencontrer deuxsystèmes consécutifs généraux.
Mais si deux
systèmes consécutifs
sontgénéraux,
leprécédent
estgénéral
commenous le démontrerons au
paragraphe
8. Onpeut
ainsi remonterprogressivement jusqu’au système At.
Nous pouvons donc conclure.THÉORÈME.
-Les
réduits d’unsystème général
sontgénéraux.
Le dernier est uneintersection totale.
’
Systèmes réguliers spéciaux.
8.
Systèmes réguliers
despécialité
1.Si une
partie indécomposable
de lapremière
courbe minima de A ne passe par. aucun
point
dupremier
réduit nousdirons
que A contient uneirrégularité.
Un
système
A serarégulier
si aucun de ses réduits ne contientd’irrégularité.
Un
système général
estrégulier.
’
Soit
A
unsystème général,
depremier
réduitA..
etC"
sont les courbes minima deAi
etA2.
Faisons passer parAt
deux courbes arbitrairesCu
etCm
dontles degrés
vérifient lesinégalités
Ces courbes se
recoupent
suivant A. Nous supposons que toutepartie
indécom-posable
deCn
passe par despoints
deA,..
THÉORÈME. - Les
courbes Cn et Cm
sont les deux courbes A.Reprenons
lafigure
2, enchangeant
convenablement lesdegrés
des courbes.Soit encore
x
lesystème
oùC"
recoupeC" .
La courbe deplus petit degré
C,, pas-sant x, extérieure à
(~"1, correspond
à celle deplus petit degré C"2 passant par A~.
v = n -~-/~2014/~; or
v > n~ , puisque n > 2ni - n~ ;
doncC"1
est lapremière
courbeminima de x.
La courbe
C",, passant
par z~1 etcorrespondant
àC,~,1, passant
par (x, est doncla deuxième courbe minima de A
puisque As
est lepremier
réduit de A.Un
système
nongénéral
dont lepremier
réduit est général etqui
ne contient pasd’irrégularité
est ditrégulier
despécialité
1.REMARQUE.
- J’ai cru devoiremployer
les mots despécial, spécialité.
Le sensdonné ici à ces termes n’a aucun
rapport
aveccelui,qu’on
leur donne dans la théorie ,ordinaire des séries de
points
sur me courbe.Le
plus petit degré
fie la courbequi peut
passer par A sans passer parA,
, estégale
ci .Une telle courbe
correspond
en effet à la courbe deplus petit degré passant
par x sans être
obligée
de passer parA,
c’est-à-dire à la deuxième courbe minima de cepuisque C" est première
courbe minima et queCil ne
passe_ pas nécessaire- ment parA3.
’
La formule
(7)
donne alorsh3J,
= m + n - + n, .Lorsque
ledegré
d’une courbe estcompris
entre m eth2
le passage par ;1impli- que
celui parA~ .
Singularité.
Elle est donnée par les formules suivantes :
La fonction o a été définie à propos de
l’égalité (3).
La
première
formule se déduit du fait que siCl
passe par l’intersection totaleA + A,
=Cn.Cm. D’après
cequi précède [paragr. 2],
si on fait passer uneC~
par mrz - +
03C6(m-l) poin ts
convenablementchoisis,
c’est-à-dire tels que les conditionsqu’ils imposent
à uneCl
soient toutesindépen-
dantes,
elle passe par le reste de l’intersection. Onpeut
certainement choisir cespoints
dans lesystème A,
autrement la courbeC~ passant
par A ne serait pas obli-gée
de passer par UneCI
contenant untel groupe de points
passe par l’inter- section totale et par suite par le reste despoints
A.Nous démontrerons la deuxième formule en
supposant
l =hA,
cequi
évidem- r/
ment est suffisant.
La considération de la série de
points
déterminée surCn1
par les courbesC n2
et C.,
correspondantes
donnel’égalité
suivanteanalogue
à(II),
si nous remarquons quej
n1 - 2(g)
et n n1 car n 2n1 - l2. .’
De même en utilisant tes courbes
correspondantes Ch2
et G. surCn
et en remar-quant que ~~/20142
car/!,~/~20143
et car//ï~2/~2014/~.
Ajoutons membre
membre enayant égard
àl’égalité
mn - A= n21
-A2.
REMARQUE. -
Si rn --_ n = ~rz1- n~, = m; i lesystème
A estgénéral.
Si on
fuit
passerAt
deuxC,t
+1, le nouveausystème
A’ estgénéral, proposi-
tion dont nous nous sommes servis à la fin du
paragraphe
7.Si nI ---- n, 2014 ï. ~ti + 1 = - . A’ est
général d’après
la remarque. e Si n$ =. n~ - 2. Considérons les troissystèmes
AA1
et A’. Les courbesqui
re-lien t A et A’ sont de
degré n -
1. Le raisonnement fait sur lafigure
2,paragraphe y,
montre que
puisque
A estgénéral,
A’ l’est aussi. . ,9.
Systèmes réguliers
despécialité
2.Avant de passer à l’étude
générale
dessystèmes réguliers,
il est intéressant deconsidérer
enparticulier
lessystèmes
dits despécialité 2
et 3. Nous verrons ainsiapparaître
desparticularités qui
convenablementgénéralisées seront
celles que peu- ventprésenter
lessystèmes réguliers
despécialité
arbitraire.Soit t
t’11, un système régulier de spécialité
1;C" et C"t
.1 son ses courbesminima,
A
sonpremier réduit,
de courbes minimaCu 2
. Faisons passer par deux cour- besCft Cm
telles que + 111. - n,. .Elles se
recoupent
suivant A. Nousfaisons
surCil
les mêmes restrictions queprécédemment.
Remarquons
de suite queCil
etCm
ne sont pasobligées
de passer par_~.~
car- n
~ ~ n
-- zn00FF + 1t3puisque
> .THÉORÈME.
- Les courbesCn
elCm
sont les courbes minima cle A. Lepetit degré
d’une courbequi puisse
passer par A sans contenirA!
estégal
àCes
propositions
se démontrent commeprécédemment.
REMARQUE. - Les
inégalités m
n m1 + n2expriment
les conditions né- cessaires elsuffisantes
pour queC"
et soient courbes minima de t1. .-
’ Car autrement t
h~ ~
~t m et ce serai t Lqui
serai t courbe minima. ..Un
système régulier
est despécialité
2, si son 2ième réduit est lepremier
réduitgénéral.
Singularité.
’Elle est donnée par les formules suivantes :
La
première expression
s’établit comme dans leparagraphe précédent.
Pour démontrer la
deuxième,
reprenons lafigure
2, en modifiant convenablement lesdegrés
descourbes; 03B1
esttoujours
lesystème
oùC"
recoupe, 1
Soieut z les courbes
passant respectivement
parrk,
ce etA2
et se corres-pondant :
les deuxpremières
sur les deux dernières surC" .
1 ,La considération de la série déterminée sur
C,l
1 par CI. etCL
2 donne uneégalité analogue à y r)
enrernarquan que
î, n1 car>
n2 n1 + ni - n.La série déterminée sur
C’~
parC~
et Cl donne de même enremarquant que
Ajoutons
membre à membre enayant égard
auxégalités
10.
Systèmes réguliers
de,-;pécialilé
3.On les construit à
’partir
dessystèmes réguliers
despécialité
2, comme ces der-niers à
partir
de ceux despécialité
I. Enparticulier
on atoujours
Sans insister su r les
propriétés
de cessystèmes, identiques
à celles desprécédents,
considérons de suite