A NNALES DE L ’I. H. P.
R. F ORTET
Quelques travaux récents sur le mouvement brownien
Annales de l’I. H. P., tome 11, n
o4 (1949), p. 175-226
<http://www.numdam.org/item?id=AIHP_1949__11_4_175_0>
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Quelques travaux récents
sur
le mouvement brownien
par
R. FORTET.
Abréviations et
symboles.
.Les chiffres entre [ ] renvoient à la bibliographie
~ placée à la fin de cet exposé.
Abréviations. , ,
..
resp. pour respectivement. ,
’
v. a. » variable aléatoire.
’ ’
f. a. » fonction aléatoire. , ,
p. s.
~
» presque sûrement.
’
p. » en probabilité. ,
m. q. » en moyenne
quadratique. ’
e. m. » espérance
mathématique.
’
,
e. m. q. » écart moyen
quadratique.
’
l. de p.
» loi deprobabilité.
f. c. » fonction de corrélation (d’une fonction stationnaire d’ordre 2).
f. s. » fonction spectrale (d’une fonction stationnaire d’ordre 2).
.
Symboles.
,E[X]
ou E(X) : valeur moyenne de la v. a. X.min(a, b)
: plus
petit des deux nombres a et b.[a]
. : partie
entière du nombre réel positif ou nul a.Jv(x)
symbole
classique de la fonction de Bessel d’ordre v.Pr[&/03B1] : probabilité conditionnelle de l’événement & dans l’hypothèse
où l’événement ~~, est réalisé.
E[X/03B1], E[X/Y] : espérance mathématique conditionnelle de la v. a. X dans
l’hypothèse
où l’événement (~L est réalisé, ou parrapport
‘ à la v. a. Y.
I76
INTRODUCTION.
,Le
texte suivantreproduit
à peuprès intégralement quatre
confé-rences que
j’ai prononcées,
sous letitre : Quelques
travaux récents~
sur le mouvement
brownien,
à l’Institut FI.Poincaré,
durant le mois’
de mai
I947.
Je suis heureux d’avoir ici l’occasiond’exprimer
mesremerciements au Conseil de l’Institut
Poincaré,
pour l’honneurqu’il.
n1’a fait en m’invitant à faire ces
conférences,
etje
tiens à yjoindre l’expression
de ma ’reconnaissance envers M. leprofesseur Kac,
deCornell
University, qui
m’abeaucoup
aidé dans leurpréparation.
’ 1. On
appelle,
à strictementparler,
mouvements browniens les mou-vements aléatoires
qu’effectuent
desparticules
ensuspension
dans unfluide par suite des chocs
qu’elles
subissent de lapart
des molécules dufluide,
ces molécules étant comme on sait enperpétuelle agitation;
nousdisons à strictement
parler
parce quel’habitude
s’établit dedésigner
par le même vocable de mouvements browniens d’autresphénomènes
aléa-: ’toires,
de nature concrète toute différente(par exemple
lesphénomènes
de bruit de fond dans les circuits
électriques [ 1 ; 2, 3],
ou encore lesphénomènes
de croissance depopulations
enbiologie ~~~ ~
mais corres-pondant
aux mêmes modèlesmathématiques;
cequi,
soit dit enpassant,
établit
l’importance capitale pour
lesapplications
des processus s tochas-tiques
dont il va êtrequestion;
et si dansl’exposé qui
va suivre notrelangage
se référera enprincipe
au mouvement brownienproprement dit,
dans un fluidesupposé homogène
etisotrope,
on ne devra pasperdre
de vue les autreschamps d’application
des théories enquestion.
Si
X( t), Y ( t ),
,Z ( t) désignent
lescoordonnées (cartésiennes
rectan-gulaires)
à l’instant t d’uneparticule déterminée.,
on est amené à lesconsidérer comme trois fonctions aléatoires du
temps
t, d’ailleursindépendantes
entre elles et de même, loi deprobabilité,
en raison del’isotropie supposée
dù fluide et de la loid’équipartition
deMaxwell;
il était donc
indiqué
d’étudier d’abord isolément l’uned’entre elles,
soit
X(t); c’est-à-dire,
comme l’ondit,
d’étudier le mouvementbrownien
projeté
sur ox, , . .’
I77
, 2. Les schémas approchés E, S. -
Or,
onsait. depuis
Einsteinet Smoluchovski
[5, 6] qu’on
traduit correctement, dans certaineslimites,
restriction surlaquelle
nous devronsrevenir,
la réalitéphysique
en admettant que le
phénomène possède
une certaine continuité et queX(t)
est une]fonction markoffienne,
cequi signifie
que sit1 t2 t3 ... [ tn 2, la
probabilité P(t1,
x1 ; t2, x2 ; ...; tn, Xn;03C4, 03BE)
que
X (z) ~
étant donné queX( t~ )
= x~,X ( t~ ) ..~
x~, ...,X ( tn )
=-x,~,ne
dépend
que de tn,03C4, 03BE
et non de t1, X1, , t2, X2, ..., , tn-, , xn-1;nous
appellerons
schémas E. S. les schémas obtenus conformément àces
hypothèses;
tout leproblème
en cequi les
concerne repose alorssur la considération de la
probabilité
de passage P(t,
x;z, ~)
queX(z) ~
étant donné queX(t)
.-x~t z~;
Ei nsiein et Smoluchovskiont montré
u’alors
la densité deprobabilité P 03BE =U(t,
x; T,03B6)
satis-fait en
(T, ~),
à uneéquation
aux dérivéespartielles
dutype parabo- , lique :
L == o ; parexemple,
en l’absence dechamp
de forcesagissant
surles
particules,
et en ne tenant pascompte
de l’influence desparois
del’enceinte contenant le
fluide, l’équation
L == o se réduit àl’équation
dela chaleur
(I) U 03C4 = D2U 03BE2,
où D est une cons tante
(à signification physique précise, d’ailleurs) ;
~
nous
appellerons
schémas deWiener-Lévy
les schémas E. S’. corres-pondant
à(i).
Par ailleurs U
satisfait,
en( t, x ),
àl’équation
L*=.oadjointe
de L = o.
,
Ce
point
de vue,approffondi
deKolmogoroff [7]
etFeller [8]
et,dans un
esprit
un peudifférent,
par S. Bernstein[9],
a donné lieu àune
première
méthode d’étude dontle principe
estde ramener
la ques-tion au
problème classique
enAnalyse
del’intégration
deséquations paraboliques,
etqui
apermis
de résoudre uncertain
nombrede problèmes :
cas où intervient unchamp
deforce,
influence d’uneparoi réfléchissante
ouabsorbante,
etc.(cf.
parexemple
Smoluchovski[6],
Fortet
~~o~).
’Mais
si l’on remarque que(i)
peuts’interpréter
commesignifiant
que
.K ( t)
est une f.’ a. àaccroissements indépendants ( et laplaciens ),
onvoit la
possibilité
d’une secondeméthode, plus probabiliste, s’appuyant
I78
essentiellement sur la théorie de l’addition des v. a. ; ce
point
de vue estcelui
auquel
se réfèrent laplupart
dutemps
dans leurs travauxWiener [12],
P.Lévy [t3, 14, 15], D0153blin [16], Doob [17],
obtenant -eux aussi de cette manière de très
importants résultats.
3. Il y a
cependant, toujours
dans le cadre des schémas E.S., quelques points,
nous en donnons unexemple
page184,
que ni l’une ni l’autre des deux méthodesprécédentes
ne semblentjusque présent aptes
à résoudreaisément;
c’est une des considérationsqui
ont incitéM. Kac à
développer
une troisième méthode dont leprincipe peut
être défini comme suit : on saitdepuis longtemps
queles
schémas continus E. S.correspondant
à uneéquation parabolique peuvent
être obtenus comme limites des schémas discontiuus oudiscrets,
corres-pondant, eux, à
deséquations
auxdifférences finies;
cetteIdée, qui
est .l’idée directrice de Bernstein dans sa théorie des
équations
différentiellesstochastiques [9],
n’avait par ailleurs servijusqu’à présent,
en somme,~
qu’à conduire,
d’unefaçon rigoureuse
ou seulementheuristique (Einstein [8],
Smoluchovski~~~, Polyà [8]),
àl’équation parabolique régissant
le schémacontinu;
maisKac
a eul’idée
duprocédé
suivant :étant donné un
problème
relatif à un schéma E. S.continu,
traiterd’abord
complètement
leproblème correspondant pour
le schémadiscret,
etensuite,
mais ensuiteseulement,
faire tendre leschéma
discrét vers le schéma continu et en déduire la solution du
problème
pour celui-ci.
La.
première partie
de cetexposé
sera consacrée à cette méthode deKac et à
montrer la
richesse des résultatsqu’elle
adéjà permis
etqu’elle
pourra
permettre
d’obtenir.4. Une fois achevée l’étude
séparée
deX( t), Y(t), Z ( t),
laquestion .
se
posait
de les considérersimultanément;
car leur considération simultanée conduit à desproblèmes,
des notions et despropriétés
tout’
à fait nouveaux, comme il ressort bien d’un mémoire de M. P.
Lévy [15];
malgré l’importance
de ce mémoire par la nature et l’abondance des.
résultats
qu’il contient,
nous n’enparlerons
pasici,
sauf sur unpoint particulier (p. 5
etsuiv. ),
pour nous consacrer à des travaux moinsconnus en France.
’
5. Les schémas 0. u. - Comme nous l’avons
déjà signalé,
lesI79 schémas E. S. ne sont, du
point
de vuephysique, qu’une première
~
approximation;
enfait,
la loi de passageP(t,
x; T,~)
fournie parl’équation parabolique
n’estacceptable
que pour(T
-t)
assezgrand ;
les raisons en sont faciles à
comprendre :
a.
D’abord,
les rencontres d’uneparticule
avec les molécules dufluide ont lieu à des instants
( d’ailleurs aléatoires)
formant une suitediscrète;
de même les émissionsspontanées
d’électrons dans un circuitse
font
d’unefaçon discontinue ;
et par suite le mouvementbrownien
réel. comporte un
libre parcours
moyen nonnul,
et,c’est un
autreaspect
de la mêmechose,
des vitessesfinies,.
or les schémas continus E.S.
com-portent
un libre parcours moyen nul et corrélativementdes
vitessesinfinies
[c’est-à-dire
queX(1)
n’est pasdérivable,
ni p. s., ni mêmeen
p.] ;
on retrouverait évidemment un libre parcours moyen non nulet une vitesse presque
toujours
finie enadoptant,
au lieu du schéma E.S.,
y .un schéma
discret,
mais on donnerait encoreprise
àl’objection
suivante :b. Dans le choc d’une
particule
et d’une moléculeintervient
nonseulement la
position
actuelle de laparticule,
mais aussi sa vitesseactuelle,
et parconséquent X(t)
nepeut
êtrerigoureusement
markof-fienne ;
on ne pourra obtenir un schéma correct’qu’en acceptant
de caractériserl’état,
àchaque instant,
de laparticule,
non seulement par,sa
position,
mais encore par savitesse;
on évitera par là même d’aboutirà des
vitesses
infinies ouinexistantes; d’importants
travaux ont étérécemment
publiés
dans cettevoie,
notamment parOrnstein, Uhlenbeck, Chandrasekkar,
M’~~Wang,
dupoint
de vuephysique,
et par Doob dupoint
de vuemathématique,
aboutissant à untype
nouveau deschémas,
que nousappellerons
les schémas 0. U.(’ ) ;
c’est à unexposé
decertains de ces travaux
qu’est
consacrée la deuxièmepartie
de cetterédaction. .
’
( 1 ) Initiales de Ornstein et Uhlenbeck. .
PREMIÈRE PARTIE.
Un
problème
posé par M. Lévy. - Dans son Mémoire :Sun le mou-,
vement brownien
plan [15],
où il seplace
dans le cas del’équation (1),
avec D
== - (1),
cequi ’correspond
àU(t, x; 03C4, 03BE) = I 203C0(03C4-t)
e-(03BE-x)2 2(03C4-t),
M. P.
Lévy envisage le problème
suivant : laprojection,
sur leplan
xoy de laparticule
est unpoint
aléatoireMt
de coordonnéesX(t), Y(t) [rappelons
queX ( t )
etY ( t )
sont deux fonctionsindépendantes]
qui,
de l’instant o à l’instant T,parcourt
un certain arc de courbe aléa- ’ toireC ;
nousappellerons L~
lalongueur
aléatoire de la cordeMo M’t
de’
cet arc
C,
etS~
l’airealgébrique comprise
entre C et cettecorde.
Ladéfinition de
L~
neprésente
aucunedifficulté; celle
deS~
estplus délicate;
pourl’obtenir,
l’idéela plus
naturelle est de partager l’inter- valle(o, r)
en intervallespartiels
par déspoints
de division croissantso = to t1 ... = T et de considérer l’aire
S~ comprise
entre la corde
M0M03C4
et laligne polygonale
inscriteayant
pour.
sommets les
points Mto, Mt1, Mt2,
...,Min;
l’existence de la v. a.S~
ne soulevant pas dequestion,
on posera pandéfinition
queS2
est lalimite
stochastique
deSi lorsque n
tend vers + ~, de telle sorte que les . différences(ti+1
-ti)
tendent vers zéro uniformément en i. Encore faut-il que cette limiteexiste
il faut aussipréciser
dequelle
sorte de con-vergence
stochastique
ils’agit ;
apriori
l’existence et la nature de la limitepeuvent dépendre
de la manière dont on choisit lespoints de
.
partage (t~);
M. P.Lévy
aparfaitement
élucidé cettequestion,
montrantqu’on peut
mêmeenvisager
de choisir les(ti)
au hasard dans certainesconditions;
nous renvoyons pour cela à sonMémoire,
il nous suffira ici(1) Étant donnée une équation du type (I), on peut toujours la ramener au cas
D ~ 2
par un choix convenable des unités.
I8I
d’établir
rapidement
que, enprenant
n =entier) ; tL = ~~
T, et enfaisant tendre k vers + oo, ’la limite
S~
existe en m. q. et même p. s.On peut en effet écrire que °
(g) . ,
en
appelant
03A31 ..l’aire’comprise
entre rQl et la cordeM0M03C4
et 03A3k l’airecomprise
entre etT’~z-1,
et tout revient à étudier la convergence de la série( 2 );
or ~~est
la somme de 2’i-1triangles
dont les aires sont des v. a.indépendantes
les unes des autres. d’e. m. nulle et d’écart moyen,
quadratique égal
à de sorte queE[03A3k] =
o,E[(03A3k)2] = 03C42 2k+2
.Il est donc clair que
(2)
converge en m, q.;, mais elle convergeaussi
p. s.;en effet,
on a,d’après l’inégalité
deBienaymé-Tchebicheff,
Pr[ |
03A3k|
>I 2 k 4 ] 03C42 2k 2
+ 2,
et est.le terme
général
d’une sérieconvergente;
la conver-9 ,
,
2-
’
gence p. s. de
( 2 )
enrésulte,
Ceci
étant,
unequestion
toutenaturelle,
et dont M. P.Lévy
s’estpréoccupé,
est de déterminer la loi deprobabilité
deS~ pour
unevaleur donnée
quelconque
de T(mais
comme la loi deST
est visiblement~
indépendante
de T, onpeut
se borner à la valeur T=1 ;
M. P.Lévy
a pufaire une étude assez
poussée
de cetteloi; cependant
il n’en a pas donné uneexpression explicite,
de sorte que leproblème
d’obtenir unetelle
expression
restait ouvert ; les indications données par M. P. Lévy faisaient d’ailleurs penser(comme
il l’a ditlui-même), qu’une expression
explicite simple
n’existait pas ; nous verrons que les travaux ultérieurs de Kac confirment cetteopinion (à
cetégard
lespoints
de vue peuvent différer suivant le butpoursuivi: application
avec calculnumérique
ou
problème théorique) ;
pour le rnoment, il est intéressant deretenir, parmi
lespoints signalés
par M.P. Lcvy,
le suivant :-
Si
étant limite p. s. deS2k1,
la loi deprobabilité
deS1
est la limite de la loi deprobabilité
deSik (pour k~+~);
orS2k1 peut
être considérée, comme la somme des
aires
destriangles Mo MtiMti+1 (r
_-_ 1 , 2, ...,2n),
k , 2
ces aires étant àcojnpter
commepositives ou
commenéga-
tives selon les cas; si l’on
appelle
~i0394t, avec Ot= I 2k,
laprojection
duvecteur MtiMti+1
sur la directionperpendiculaire
au vecteurM0Mti,
l’airede
Mo MtiMti+1
estégale, arithmétiquement, à I 2 Lti|~i |0394t,
de sorteque .
.
~i est une v. a.
laplacienne
d’é. m. q.égal
à 1; cherchons la loi condi- tionnelle deSi, lorsque
les v~ sont tousdonnés,
cequi implique
ladonnée de tous les
Ltl;
cette loi est la limite de la loi deS1k
condition-nelle dans les mêmes
conditions;
orlorsque
les ~i et lesLti
sont tous ,donnés,
iln’y
a, dansSik,
que lesigne
+ ou - devantchaque terme
,qui
estaléatoire;
cessignes
sont d’ailleursindépendants
entre eux, et- ~ et - sont
équiprobables;
à la limite(pour I~--~-~- ~o~
la loi condi- tionnelle deSi
est donc une loi deLaplace,
autrement dit onpeut
poser.
où 03A3 est l’é. q. m. conditionnel de
S1
et A une v.a. laplacienne
d’é. m. q.égal
à 1, cequi implique
que A estindépendante
de~;
de sorte quetout revient à chercher la loi
( a priori)
de~;
or on a03A32 =
I 4 lim 03A3L2ti~2i
0394t (en p.). , ,. ,. i
Je dis que
03A32 = en p.
I 4
10
L203C4 d03C4.
03A32 = en
p.I 410
L203C4 d03C4.En t
effet, l’intégrale 10L203C4
~0 dTexiste,
etpeut
être définie .commelimite p.
de orlav. a.. , .I83
tend vers zéro en p.
(et
même en m.q.);
onpeut
écrire eneffet,
enposant
. _.
, ,
.
ï
doncE[B/,]==o;
calculonsE[B~];
~ !/’ i
,
il est clair que E -o; et comme
Cj
estindépendant
de de
L2tj
> et deCi,
et queE(Cj) = o,
il en résulte bien queE[B~]2014~o;
cequi
établit le résultatannoncé ;
or, si_
Les
fonctions X(r)
etY(r)
étantindépendantes ;
de sorte que la loi deS~
se déduit de celle de la v. a.I2=10X2(03C4)d03C4
odans l’hypothèse où X(o) = o.
Ainsi se trouve
posé
leproblème
de déterminer la loi deprobabilité
de
I2,
etplus généralement
les lois deprobabilité pour X(o)
= o des v. a.telles que
.
,
.
-et
J~~X(T)~~
~ ~0 ~0 ’
dont nous
désignerons
parFm (a)
etG/~(x)
les fonctions derépartition,
c’est-à-dire que
’
,
En
ce qui
concerne1~
M. P.Lévy
a étudié la loi à deux dimensions[toujours
dansl’hypothèse X(o)
==o]
..’
et montré que
K.(x, 03B2)
=H 03B1
satisfait àInéquation parabolique
I84
ce
qui, compte
tenu de ce que H est une fonction derépartition,
déter-°
mine
complètement H ; mais
on n’a pasjusqu’à présent,
croyons-nous, résolul’équation (4).
’
Fondamentalement,
la difficulté de trouver les lois deprobabilité
des
Im
ouJm
tient à ceque In2 et J 171
sont des fonctionnelles non linéaires deX(03C4) (sauf
.6. Solution du cas
particulier
de 12. - En cequi
concerneI~,
Kac etErdös ont pu
donner [19], après
Cameron etMartin [20],
une solutionrelativement
directe;
si l’onpartage (o, I)
en n intervalleségaux
par les valeurst0=o, t1=I n, ... , , ti = .-, ... , , tn=n n=I,
et en se
plaçant
dansl’hypothèse
oùX ( o )
= o,12
est la limite p. deIn2 =
I n03A3(03A30394Xk)2
.
.
/
.en
posant
.
les
4Xi
sontdes
v. a.indépendantes, laplaciennes,
d’e. m. nulleset d’é.
m.. I-;
il suffit’donc
d’évaluer la 1.de p.
deIn2
et de passer à . la limite pour n ~ + oo;en posant R’ ,
on est ramené auproblème
suivant;
enposant
x
[03B1 > o]
-
,
L
n-=iB~=i / J
,déterminer
F2 ( « );
lesRi
étant des v. a.laplaciennes indépendantes
d’e. m.
nulle,
d’e. q. m.égal
à i;la caractéristique
03C6n(v) =
+~0 eiv03B1 dFn2(03B1) = E[iv n203A3( Rk)2 ]
de
Fn2 (ex)
est définie parl’intégrale n-uple
I85
dont le calcul- est d’un
type classique
dans l’étudedes
lois deLaplace
à n dimensions.
,
En faisant le
changement
de variablej .
or
ou
~
x1= y.,, .
k=1 on a
Soit
O( yi,
... ,yn)
la formequadratique (définie positive)
,
n
’
,
° (Yi> ... > Yn) =
YÎ
+£ (yj - yj-1)2
,
.
et A sa
matrice;
soient s, , s>, ... , sn les valeurs propres deA ;
enopé-
rant le
changement
de variablequi correspond
à serapporter
aux axes del’ellipsoïde
W = const.,l’intégrale
devient03C6n(v) = (203C0)-n 2 +~-~ ...+~-~exp{iv n2 1 Z/ ) eXp ) - à 1 Sj Z/ )
dz1...dznet’ sous cette forme elle est immédiatement calculable et donne
03C6n(v)=(sj-2iv n2) -1 2,
ou encore
03C6n(v)=(I-2iv n2sj)-1 2 ,
car
03A0sj =
i .j .
Il reste alors à calculer les sj, ce
qui
peut se faireélémentairement;
mais si l’on ne s’intéresse
qu’à
la limite pour n -+co , onpeut
sedispenser
de ce calcul ennuyeux; on vérifie assez facilement que les élémentsbr,s (r,
s = 1 , 2, ... ,n)
de la ma trice B = sont donnéspar les
formules
. ° . > ’D’autre
part
lesquantités -
sont les valeurs propresde A-1.;
un passageà la limite
justifié
par une théorie de Hilbert(~) permet
alors de conclure que’
.
lim
20142014==),,
,est valeur propre de
l’équation intégrale
.(5)
10min(x,y)f(y)dy=03BBf(x),
,
qu’on peut
écrire . ,.
o . r
.
d’où l’on tire .
, (6) . ’
V~)=~/(Y)~
x .puis
-’
V~(~)+/(~)=o..
,’
(5)
et(6)
montrantque f(o) = f(I)
== o, on en déduit que03BBj=[03C0 2(I+2j)]-2 (j=o, I,..., + ~).
On en déduit que tend
(uniformément
sur tout intervallefini)
vers
03C62(v)=(I-2iv [(2j+I)03C0 2]2)-1 2.
On reconnaît au second membre le
développement
enproduit
infini de~).
,
’ On
peut
considérer que ce résultat résout d’unefaçon
satisfaisante le(1) HILBERT, Grundzüge einer allgemeiner Theorie der linearen Integralglu- chungen (référence indiquée par M. Kac). ,
(2) Où il conviendrait de préciser les déterminations des radicaux, ce qui se fait
facilement en suivant le calcul de près.
I87
problème
de déterminer la loi deprobabilité
deI2 ; cependant
il nefournit
pas
directement mais Cameron et Martin[20]
ontmontre que la fonction de
caractéristique p2(~) peut
êtrereprésentée
par la formule03B1 20[ (cos 03B8)-1 203C8(03B8 2,e -1 4u) d03B8]u-3 2 du,
où
b)
est la dérivéepartielle
parrapport
à a de la fonction+~ (5~+i)3
~(~~)==2~(20141)~6 ~
résultat
compliqué,
maispermettant cependant
assez facilement uncalcul numérique.
7. Méthode de solution
générale.
-’ De la méthodeprécédente,
ilconvient
dedégager
et de retenir deuxpoints,
car ils seront évidemmentd’aqplication générale :
considérerl’intégrale
étudiée(ici I~)
commelimite d’une somme
riemannienne,
dont lacaractéristique
estcalculée
exactement;
obtention,
à lalimite,
d’uneéquation intégrale,
dont lesvaleurs propres
jouent
un rôle et doivent être calculées. ..Mais
lepremier point
donne tout de suite lieu à unedifficulté,
si aulieu de
]~
onprend J~
ou1~
ouJm
engénéral
pour m~
2 : le calculde
[iv n2(Rk)2],
lesRk
étantlaplaciens,
estfacile ;
’
celui de E
[iv n3 203A3 |03A3Rk |]
parexemple
ne l’est pas : mais onpeut
!J
~ .penser
qu’il
deviendraitplus
facile si lesRk,
au lieu d’êtrelaplaciens,
suivaient une autre loi
convenablement choisie;
de fait c’est cequi
arriverait,
comme nous le verrons par lasuite,
si lesRk
obéissaient à lapremière
loi deLaplace,
de densité2014e ~ . . t
~ _
~/2
Cette remarque a conduit tout naturellement Kac et Erdös
[i9]
àétablir le théorème suivant :
THÉORÈME. -
T1, T2,
...,Tn,
: .., étant
une suiteindéfinie
de v. a.indépendantes
obéissant à un-e même loiquelconque
de moyenne nulle et d’e. m. ~.égal
c~ 1, les lois deprobabilité
des sommesriemanniennes
tendent, lorsque
n ~ + ~,respectivement
vers les lois deIm, Jm.
C’est;à-dire
que .lim
Pr~I;;z~ «~ = F"~(x)
et . lim a~ = G"t(a),n+ . n++w
Nous ferons la démonstration
en
supposantque
si m* est leplus petit
entier
pair
~ m,E ~ ~ Tk ~m* existe,
mais le théorème est certainement valable sous deshypothèses beaucoup plus générales ( 1 ).
Nous
poserons . ° ~ ,j
’
.
k=1
. et
Cf (v) désignera
lacaractéristique
des d’autrepart, R~,
...,Rn,
...désignera toujours
une suite de v. a.laplacienne
de moyenne,nulle
et d’e. m. q..égal
à i ; nous poseronset nous traiterons en
premier
lieu le cas deInm.
De l’existence de on déduit
qu’il
existe une constante C indé-pendante
de ~. et de v telle que l’onait, quels
que soient ~. et v(p.
;1),
( 1 ) Kac et Erdôs n’ont. donné explicitement la démonstration que pour m = I et m = 2; l’existence de l’e. m. q. des Tn est alors suffisante. ’
I89 Ceci
rappelée
kdésignant
unentier ~>
oquelconque,
posons.
(~==1,2,...,~)
et, en
supposant n
>k,
,k
’
,
’
A.==I~-20142014~y(r,-r,~)W~.
i+2014~~n ~’=1
a. Nous allons montrer que tend vers zéro
quel
que soit e, uniformément par rapport à n, si k ~ + ~; en effetE[|An|] I nm 2 +1 03A3 03A3 E|Wmri - Wmr|.
En
posant
et enremarquant
queSr,i
estindépendante
de
Wr,
on trouve .E[|Wmri - Wmr| 03A3C03BBmE[|W03BBr|]E[|sm-03BBr,i|].
À==0
On sait que
A .
E[!
C~rB
. /~ 2014 A
,
,
comme r ~ n et ri 2014 r n.
Il existe
donc
une constanteC~
telleque
"car
r~_~ ~ ~
-~’ I; il existe donc une constanteC~
telle que l’onait, quel
que. soit n >k,
’
.
(7)
. E’ Anj Ç~ ~
,K’~
ce
qui
établit le résultat annoncé.. ;, ’b. Posons .
et cherchons la loi-limite
lorsque,
/r restantfixe,
n~+~y de
la v. a.à
/r dimension(U1, Ua,
...,U/f);
pour cela nous prenons sa caractëris-tique, c’est-à-dire
l’e. m. de exp on trouve immédiatement.
,
~
7=1 j=i!
que c est ’- ’
comme
lorsque
n~+ ~,la quantité (8)
.tend
(uniformé-
’
ment dans toute
région
bornée del’espace
à k dimensions desvj)
versexp{-I 2k2 03A3(03A3vl
)2} ,qui
est lacaractéristique
de la l. de p. à k dimensions d(,2014?’"?,):
la 1. de p. des
(Uy)
tend donc vers celles des(Vj k);
il en résulte que la.l.
de p. de .tend vers celle de
~
-
’
k ’ ’
I km 2+1 03A3 Vmi.
Or,
si k a étépris
assezgrand,
cette dernière 1. de p. est aussiproche qu’on
le veut de la 1. de p. deIm;
en tenantcompte
de( 7 )
le théorème-
en résulte pour les
lm.
~ .î ,
c. Pour les
Jm ,
la méthode estexactement
la même : le rôlede,An
estjoué
par laquantité
.
.
k .
. B n - J i -
I 1+m !.d ( ri -
ri-1)| Wri |m,.
fi 9 i-1 .
et l’on évalue
E | Bn |
comme on évalue à de trèslégères
modifi-cations
près (utiliser
lesinégalités
deHölder).
I9I
Remarque.
- La même méthode à peuprès
permetégalement
deprouver
[Kac
etErdôs, 19]
que : .a. la 1. de p. de
l~ = -~r maxWy
tendlorsque
n --~ -I- oo vers la 1.n 1~j~n
de p. de
Io==
maxX (r) ;
’b. la 1. de p. de
J ô ._-_ 1 max | Wj |
tend dans les mêmes conditions~n
.vers la 1. de p. de
Jo=== max 1 X Cr) 1.
’ ; .8. Le théorème
qui
vient d’être établi est d’abord un théorème-limite intéressant enlui-même;
et ilserait
souhaitable d’en fournir unedémonstration affranchie
de l’hypothèse
trèsprobablement trop
restric- tive queE ( ~ .T~ * ~ ~ -~- oo ,
et de l’étendre à des fonctionnellesplus générales
queI"~
etJ,n.
Etquant
à notreobjet
actuel dé déterminer les lois deprobabilité
des et desJ,n,
ilpermet
la méthode suivanté :Raisonnons par
exemple
surJm ;
nous allons déterminer la l. de p.de
Jm,
par sacaractéristique;
d’unefaçon générale,
il sembleplus
commode d’utiliser la
caractéristique
réelle(fonction génératrice
deLaplace.),
c’est-à-dire’
,
.
’
~,
(v ~ o).Nous pouvons pour cela nous donner pour les
Tà
une loi arbitraire(sous
réservequelle
satisfasse aux conditions duthéorème,
bienentendu) ;
comme ils’agit
de calculer la moyenne d’uneexponentielle, .
.
il semble
indiqué
de choisir une loiayant
une densité de la forme (9) h e-!~I x~’’ (h, ~,, v > o)~ce
qui
donne .en
posant
u ==v 1 +- "t
et en faisant lechangement
de variable2 72 ~"
’
puis
en considérant le noyau. K(~
~)=:~e-~’’~-~-~e-~’~
dont on
désignera
parKp ( s, t) le pième itéré,
on voit que(10)
~
donc si l’on considère
l’équation intégrale à
noyausymétrique
(II)
K(s, t)f(t)dt=03BBf(s)
et si l’on
désigne par 03BBl
ses valeurs propres, par ses fonctionspropres
normalisées,
on voit que . ,~
"
,
De sorte que le
problème
est ramené à la détermination(explicite)
desvaleurs et des fonctions propres de
l’équation intégrale (9);
c’est à vrai.dire
unproblème
extrêmementdifficile,
et pour le moment non résolud’une
façon générale;
mais il faut remarquer : ,- i~
Qu’il
est en tout cas fort intéressant d’avoir mis en évidencela
relation
existant
entreles
lois desprobabilités
cherchées et leséqua-
tions intégrales (11);
nous verronsplus
loinqu’on
est ainsiconduit
àde curieuses
propriétés
de certaineséquations intégrales.
2° Le choix d’une loi du
type (9),
a semblé leplus indiqué
àpriori;
cependant
ilpourrait
se fairequ’un
autre’choix
conduise en définitive àune
équation intégrale plus simple;
de même que s’il sembleplus indiqué
de déterminer la I. de p. par sacaractéristique,
il vaudrait lapeine
de tenter de la déterminer directement, cequi donnerait
lieu sansdoute à faire
appel
à des lois d’un autre type que(9).
Enparticulier,
on
peut
songer àprendre
pour lesTk
une loidiscontinue 1 simple, par exemple
~
,
Pr(T~==-i)=~
on sera alors conduit à un