Le pâturage tournant dynamique c’est quoi ?
Le pâturage tournant consiste à diviser les prairies en différentes parcelles de plus petites tailles et à mettre en place un temps de rotation entre chaque parcelle.
Le pâturage tournant repose sur deux principes essentiels :
Un temps de repos à respecter entre deux pâturages pour assurer une bonne régénération des plantes. En été, le temps de repousse des plantes est plus lent qu’au printemps. Le temps de repos doit être allongé.
La durée de pâturage doit être courte et avec un chargement (nombre d’animaux par unité de surface) adapté à la quantité d’herbe disponible pour éviter le surpâturage. Ainsi l’herbe ne doit pas être pâturée trop rase ce qui freinerait considérablement sa repousse.
Le pâturage tournant s’inscrit dans une démarche agroécologique en favorisant l’autonomie alimentaire en concentrés et fourrages.
Prévoir l’exploitation des prairies
La surface nécessaire à l’alimentation du troupeau pour la pâture et pour les stocks est une donnée essentielle à prévoir. La surface de pâturage est à ajuster en cours de saison selon la disponibilité en herbe.
Au printemps notamment, les surplus d’herbe non pâturés seront exploités par fauche. En été, on doublera la surface pâturée de printemps pour éviter la « surpâture ».
Une pâture précoce des surfaces destinées à la fauche (déprimage) permettra d’étaler la période de pâturage et d’optimiser la qualité du futur fourrage. Par contre, sectionner les épis à la base de la tige par le pâturage (étêtage) favorisera des repousses feuillues et de qualité, au détriment de la quantité.
De la même façon, il convient de prévoir les parcelles réservées à la fauche selon leur mode d’exploitation : une fauche précoce (ensilage, enrubannage) favorise une repousse importante et de qualité, pâturable dès le mois de juin.
Concrètement, il est impératif de réaliser un bilan fourrager pour faire concorder au mieux
Les besoins des animaux et les disponibilités en herbe.
Réussir le pâturage tournant dynamique
N°2 N° 4
Prévoir les stocks fourragers
Pour un système autonome,- en bovins viande, on préconise de stocker 15 kgMS de foin /UGB/j, soit 35 à 50 ares/UGB en 1ère coupe pour un hiver de 150 jours
- en bovins lait, on prévoit d’apporter 2 à 3 kgMS/EVL/j de foin appétent de bonne qualité toute l’année
Vos techniciens LCE peuvent vous accompagner dans le calcul de vos stocks et dans l’optimisation de la conduite alimentaire de votre troupeau.
Gestion du pâturage
Il existe 3 types de mode d’exploitation :
pâturage continu sur une seule parcelle
pâturage tournant sur plusieurs parcelles (solution la plus adaptée à nos contextes)
Pâturage rationné au fil combiné au pâturage tournant.
3 hauteurs à retenir :
10 cm d’herbe : Faites entrer vos animaux
Une entrée optimum des animaux se fera à 10/12 cm d’herbe. Cette hauteur vous garantit une herbe en quantité suffisante et de qualité.
5 cm il faut sortir de la parcelle
La sortie des animaux des parcelles se fera à une hauteur de 5 cm quand l’herbe arrive au niveau du talon de la botte. Si vous faites pâturer en dessous de cette hauteur, la plante mettra plus de temps à repartir, car elle devra auparavant fabriquer des feuilles pour optimiser la photosynthèse.
Une hauteur inférieure à 5 cm est également critique dans la gestion du parasitisme.
A 15 cm réserver pour la fauche
Au-delà de 15 cm de hauteur, la parcelle devra être réservée à la fauche. A cette hauteur, l’herbe sera de moindre qualité et très mal pâturée, créant ainsi des refus et l’obligation de les broyer
La pâture permet d’utiliser à moindre frais un fourrage qui peut être de très bonne qualité, à condition qu’il soit exploité au bon moment. De plus, la présence de légumineuses améliore de façon significative la valeur protéique et la digestibilité du fourrage
Prévoir les surfaces en « plat unique » : - 20 ares par UGB au printemps
- 40 ares par UGB en été-automne
Ces surfaces sont à adapter en fonction des situations pédoclimatiques et de la ration distribuée à l’auge.
Les clôtures : un élément essentiel à la conduite du pâturage
Dans nos zones d’élevage, les prairies sont utilisées par les animaux 8 à 9 mois d’où la nécessité de
« bien » clôturer ses parcelles. Plusieurs choix sont possibles : fils lisses, fils de fer, barbelés, fils électriques… Efficacité, longévité, coût et entretien sont à expertiser selon la clôture choisie.
Fil lisse peu tendu
fil lisse de 1.6 mm
fixation sur piquets bois, fibre de verre, béton
piquets tous les 10 à 15 m
2 ou 3 rangées sur supports souples alternés avec piquets bas
électrification sur secteur la luzerne ou solaire
coupe circuit tous les 600 m
faible tension (25 kg)
isolateurs cloués ou vissés
coût 1.5 €/ml (2 fils, piquets tous les 10 m)
Fil d’acier électrifié fortement tendu
fil lisse sous forte tension 200 kg et plus
1 à 3 fils (en bovin viande) galvanisés de qualité
supérieure (classe C) de 2.5 mm de diamètre (photo A)
supports en bois espacés de 5 à 25 m selon relief(photo B)
poteaux d’angle très robustes, traverse SNCF ou
pieux de plus de 20 cm de diamètre, enfoncé d’un mètre (éléments de solidité et durabilité)
fixation du fil au piquet par isolateur vissé (photo C)
techniques de pose à voir avec le fournisseur : - départ des angles (photo D)
- passages, barrières herbagères (photo E) - tendeurs
- ressorts (photo F)
Photo C Photo E
Photo B Photo D
Avantages Pose rapide et facile
Se couche facilement en cas de percussion Facilement utilisable en relief accidenté Facilement utilisable sur sol dur
Réglage de l’isolateur en hauteur
Bon vieillissement du fil haute résistance
Inconvénients
Entretien régulier (débroussailleuse ou débroussaillant chimique)
Manipulation avec précaution les piquets en fibre de verre
(Poussière à la coupe / écharde à la pose)
Photo A
Barbelé
Concurrencé par clôture mobile électrifiée
Piquets en bois tous les 3 à 6 m
Piquets d’angle 20 cm de diamètre
Piquets intermédiaires 10 à 20 cm
3 à 4 rangs de fil barbelé
Bonne tension des fils
Fixation par crampillon au marteau ou cloueur pneumatique
L’abreuvement au pâturage : un point à ne pas négliger
La fourniture d’une eau saine et abondante est capitale pour que l’animal puisse développer les performances zootechniques que l’on attend de lui et lui éviter divers soucis sanitaires (dont la tuberculose).
Les besoins journaliers en eau
La consommation d’eau est tributaire de plusieurs facteurs :
les conditions climatiques
la quantité de M.S. ingérée
la production laitière
la teneur en M.S. de la ration
le poids de l’animal
la consommation de sel…
Catégorie Vache laitière
en lactation Vache laitière tarie
Vache allaitante et son jeune veau au
printemps
Vache allaitante et son veau en
été Besoin journalier en
eau d’abreuvement 80 à 130 l 35 à 40 l 40 l 70 à 80 l
Photo F
Avantages Grande durabilité 20 ans Efficacité
Pas de casse Peu d’entretien
Inconvénients Travail important pour la mise en œuvre
Coût
Surveillance dès l’électrification
Avantages Durabilité dans le temps Solidité
Bon vieillissement
Mécanisation possible : pose avec poseuse de barbelé
Mécanisation de plantation des pieux
Inconvénients Travail important de pose Coût élevé des matériaux Besoin de nombreux pieux Difficulté à retirer une fois posé
La qualité de l’eau de boisson
Un goût ou une odeur marqués limitent la consommation d’eau (présence de bouses, d’algues, de chlore, de soufre, de fer…). Il faut éviter au maximum les eaux stagnantes (streptocoques fécaux, algues, larves de parasites…).
La distribution d’une eau fraîche en période de fortes chaleurs permet d’améliorer les performances zootechniques en limitant le stress thermique de l’animal qui peut survenir dès 25°C selon les conditions d’humidité de l’air.
Dans tous les cas, l’abreuvement direct dans les ruisseaux, mares ou étangs est à proscrire pour les risques sanitaires encourus que pour les risques environnementaux.
L’influence du type d’abreuvoirs
Le temps passé et le nombre d’abreuvements journaliers diminuent au fur et à mesure que le débit de l’abreuvoir augmente. Il est donc plus opportun de privilégier les systèmes à bac plutôt qu’à bol.
Il convient de prévoir un débit suffisant (débit de 30 L/minute pour un bac de 550 litres et 50 vaches par exemple).
L’emplacement de l’abreuvoir
L’étude du comportement des bovins au pâturage a permis de démontrer que si la zone de pâturage est trop éloignée de la zone d’abreuvement (+ de 300 m à 400 m), les bovins négligent le pâturage en été ou inversement l’abreuvement en période tempérée.
De plus, les sites d’abreuvement piétinés et boueux peuvent rapidement devenir des foyers infectieux qui peuvent transmettre piétin ou mammites…. Ainsi, il faut privilégier de ce fait les terrains bien drainés, légèrement surélevés, bien stabilisés ou équipés d’un plancher latté ou bien d’une dalle bétonnée.
Pensez à l’accessibilité aux pâturages
Le chemin d’accès qui mène au pâturage est utilisé quotidiennement en élevage laitier.
Dans certains élevages allaitants, il est également utilisé quotidiennement. C’est le cas en production de veaux sous la mère ou la tétée a lieu, matin et soir en bâtiment ou bien dans des systèmes de pâturage tournant où il y a 5 ou 6 parcelles desservies par un seul accès au bout duquel se trouve le point d’abreuvement unique.
Ce chemin d’accès est donc un facteur important pour une bonne gestion du pâturage.
Avoir des chemins en bon état
Les accès aux pâturages peuvent se transformer en bourbiers en conditions humides.
Dans ce cas, les risques sont multiples :
hygiène du lait déficiente
mauvaise santé de la mamelle
mauvaise santé des pieds
pertes de fourrages par salissures et/ou destruction de gazon
temps de déplacement accrus
difficulté à atteindre certaines parcelles
Des chemins en bon état limitent ces problèmes.
Bon à savoir
Un chemin en dur est fait pour durer plus de 20 ans !
Pensez à desservir un maximum de parcelles lors de la création d'un chemin.
Plus le troupeau est important, plus le chemin doit être large.
La vitesse de déplacement est plus lente sur des chemins étroits.
Une largeur de 3 à 5 mètres est nécessaire dans la partie initiale (bousculade, dépassement, animaux en chaleur).
Après une certaine distance, une largeur de 1 m peut suffire, car le troupeau s’étire ; pour des troupeaux > 50 vaches, 3 mètres (voire 4) sont tout de même encore nécessaires.
Les pentes supérieures à 30 % sont déconseillées, sinon il convient de créer des marches ou de rallonger le chemin.
Si le chemin doit être emprunté par des véhicules, il convient de le prévoir large et solide : sans cela, des ornières risque de se former.
La durabilité d’un chemin dépend de l’évacuation de l’eau : un drainage est à prévoir et les bas-fonds sont à éviter.
Les travaux peuvent vous permettre d’installer des tuyaux d’eau et/ou des gaines électriques qui seront utiles pour la mise en place des clôtures.
La clôture électrique des parcs est à localiser à 50 cm du bord du chemin.
Contacts et renseignements : Chambre d’agriculture- Pôle Élevage – tél 05 58 85 45 25 Votre Conseiller laitier – Votre Technicien Bovin Croissance Le découpage des parcelles pour la mise en place du pâturage tournant
dynamique est une étape délicate.
La Chambre d’agriculture des Landes et vos techniciens LCE sont présents pour vous accompagner à la réalisation du plan de découpe des parcelles.