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Submitted on 1 Jan 1888
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Sur la décomposition réversible de divers sels par l’eau
G. Foussereau
To cite this version:
G. Foussereau. Sur la décomposition réversible de divers sels par l’eau. J. Phys. Theor. Appl., 1888,
7 (1), pp.30-38. �10.1051/jphystap:01888007003001�. �jpa-00238842�
dernier parcours ne peut être réalisé, puisqu’il entraînerait la
production d’un travail par la consommation de chaleur empruntée
au milieu ambiant, dont la température est supposée invariable pendant toute l’expérience. Le phénomène serait contraire au
principe de Carnot (1 ). La transformation ne peut donc avoir lieu que dans le sens des flèches. Le changement éprouvé à la plus
haute pression doit entraîner une diminution de volume.
Il en résulte que dans le cas où nous sommes placés, d’après le
résultat de l’expérience, c’est-à-dire quand l’altération limite croît
avec la pression, l’accroissement d’altération à pression et tempé-
rature constantes correspond à une diminution de volume. Cela revient à dire que les produits de la décomposition réversible des chlorures de fer eu d’aluminium par l’eau forment une dissolution d’une densité plus grande que le chlorure primitif. Cette variation
de densité pourrait être nulle, mais elle ne peut changer de signe.
SUR LA DÉCOMPOSITION RÉVERSIBLE DE DIVERS SELS PAR L’EAU (2);
PAR M. G. FOUSSEREAU.
Les phénomènes de décomposition lente et limitée, que j’ai pré-
cédemment étudiés, sur les chlorures métalliques (3 ), se mani-
festent aussi dans un grand nombre d’autres substances. Les faits qu
,j’exposerai dans ce travail se rapportent aux sulfates et aux acétates.
L’étude de ces classes de sels a été faite par la mesure des résis-
tances électriques, conformément à la méthode que j’ai décrite
dans un précédent Mémoire.
I.
-Sulfates.
~S’tcl fccte ferrique. - Quand on maintient longtemps à l’ébul-
(1) NI. Moutier a déjà fait remarquer que, si un système quelconque peut éprouver à température constante des transformations constituant un cycle fermé, le principe de Carnot ’,conduit pour ce système à la condition f dQ o, c’est- à-dire qu’il y a dégagement de chaleur et consommation de travail.
(2) Extrait d’un Mémoire plus étendu publié dans les Annales de Chinâe et de Physique, 6e série, t. XII.
(3) Journal de PhJ’sique, 2e série, t. VI, p. 3 jg.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01888007003001
lition une dissolution de sulfate de peroxyde de fer, il s’y dépose
peu à peu un sel basique qui a perdu la propriété de se redissoudre dans la liqueur refroidie. M. Berthelot a été conduit par l’observa- tion de ce fait à penser que la décomposition du sel en acide et
sulfate basique soluble pouvait être effectuée en partie au sein de
la liqueur, avant toute précipitation. Il a en effet constaté que l’addition d’acide sulfurique libre à la dissolution saline produit
un dégagement de chaleur qui doit être attribué très probablemen t
à la restauration partielle du sel neutre décomposé. La méthode calorimétrique n’ayant pas la sensibilité nécessaire pour constater directement cette décomposition, j’ai repris l’exan1en de cette
question par la méthode électrique, en opérant sur des dissolutions très étendues. J’ai reconnu que la décomposition du sulfate fer-
rique présente les mêmes caractères que celle du chlorure corres-
pondant, avec cette différence cependant que le sulfate est plus
stable et qu’il faut une dilution plus grande pour obtenir, même
à 100°, l’altération complète. La résistance d’une dissolution con- tenant 20132013Q d’équivalent par litre a diminué des fractions suivantes
de sa valeur primitive :
~..A cette concentration, la diminution de résistance dépasse à peiner de la résistance primitive à ioo’>, tandis que cette dimi- nution dépasse toujours --% pour les dissolutions de perchlorure
de fer. On peut donc regarder comme certain que l’altération à 100° est encore très incomplète. La liqueur chauffée à 100°, puis
refroidie et abandonnée à elle-méme, ne fournit, plus après quinze jours qu’une diminution de résistance de o, 05 ~6, peu différente
deo,o564 obtenue directement,.
Pour la concentration ~~b, ~ d’équivalent, les altérations sont
plus accentuées.
Elles le sont encore plus pour la concentration ~,1’, ~ d’équiva-
lent.
Sulfate d’alumine. - Le sulfate d’alumine se comporte de
même. La marche de son altération est presque identique à celle
du chlorure d’aluminium, c’est-à-dire que l’altération n’est sen- sible à froid qu’aux très grandes dilutions, tandis qu’elle a lieu
à I oo° pour des liqueurs assez concentrées. L’influence de la tem-
pérature est donc ici très marquée. L’exemple suivant suffira pour faire ressortir les propriétés de ce composé.
CONCENTRATION: 22150 1 2 s s D’ÉQUIVALENT PAR LITRE ) .
1Alun. - L’addition d’un sulfate alcalin au sulfate dissocié
pouvait apporter des modifications importantes dans la marche du
phénomène. Il résulte en effet des expériences de M. Berthelot que, dans les dissolutions concentrées, l’acide sulfurique mis en
liberté par la décomposition du sulfate métallique (sulfate fer- rique) se combine au moins en partie avec le sulfate alcalin pour former un bisulfate dissous. S’il en est encore ainsi dans les dis- solutions très étendues, le grand accroissement de conductibilité, qui résulte de la mise en liberté de l’acide sulfurique, disparaîtra
ou sera très atténué. Il y aura simplement passage de l’acide,
d’une molécule saline à une autre, ce qui ne paraît pas devoir modifier la conductibilité dans de grandes proportions.
CONCENTRATION : 19 i 96 (SEL ANHYDRE) (§ D’ÉQUIVALENT PAR LITRE).
Les diminutions de résistance sont encore très grandes. Elles
deviendront relativement plus grandes encore si l’on tient compte de ce fait que la dissolution est formée en partie de sulfate de po-
tasse dont la conductibilité n’a pas augmenté.
La variation de conductibilité est peu différente de ce qu’elle
serait si le sulfate d’alumine était seul dissous dans l’eau. Il en
résulte que, s’il y a production d’un bisulfate, ce phénomène doit
être très limité à cette grande dilution. Ce résultat est d’accord
avec celui de 1~T. Berthelot, d’après lequel le bisulfate de potasse dissous se décompose à mesure qu’on fait croître la quantité d’eau.
Il s’accorde aussi avec les expériences récentes de 1~~. Bout y, qui
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a étudié directement l’action de l’acide sulfurique sur le sulfate
neutre de potasse.
En résumé, l’étude des sulfates que nous venons d’examiner conduit à des résultats très analogues à ceux que fournit l’étude des chlorures.
II.
-Acétates.
Les acétates métalliques, notamment les acétates de zinc et de cuivre, déposent anssi peu à peu, quand on fait bouillir leurs
dissolutions, y un précipité d’acétate basique qui se forme à la longue, même à froid. M. Berthelot fait remarquer que cette pré- cipitation est précédée d’un commencement de décomposition préalable fournissant des produits solubles, car l’odeur d’acide
acétique se développe peu à peu dans les dissolutions de ces sels.
En décoinposant ces dissolutions par la potasse et en mesurant la chaleur dégagée, il n’a pas constaté de réversibilité dans cette
décomposition préalable, lorsqu’on opère sur des dissolutions
contenant de 2 à -L d’équivalent par litre.
En opérant sur des dissolutions étendues, j’ai reconnu que
cette réversibilité y existe. Mais elle ne se manifeste nettement
que pour des dilutions beaucoup trop grandes pour permettre
l’application de la méthode calorimétrique.
Quand on abandonne à elle-même une dissolution d’un acétate
métallique, on observe que sa résistance croît avec le temps, con- trairement à ce qui a lieu pour les chlorures et les sulfates. Cette différence de sens dans le phénomène physique s’explique aisé-
ment, si l’on remarque que les acides sulfurique et chlorhydrique
conduisent mieux que leurs sels, y tandis que le contraire a lieu pour l’acide acétique et en général pour les acides organiques, d’après les mesures de M. Bouty.
Acétate de zinc.
-L’exemple suivant permet de juger de
l’importance des altérations de ce sel.
CONCENTRATION : 1 5~51;2 D’ÉQUIVALENT PAR LITRE.
Il existe pour chaque température une altération limite qui croît quand la température s’élève, et qui tend à reprendre la même valeur, chaque fois qu’on ramène le liquide aux mêmes conditions.
Ce sont bien les caractères d’un phénomène réversible.
La décomposition de ces acétates présente cependant une
marche très différente de celle des chlorures et des sulfates étudiés
plus haut, en ce qui concerne l’influence de la concentration sur le
phénomène. Dans ces derniers composés, l’altération va en crois-
sant et tend vers l’unité, à mesure que la concentration diminue.
Dans le cas actuel, au contraire, l’altération croit d’abord quand on
étend la dissolution, atteint un certain maximum, puis diminue
pour des dilutions plus grandes.
’Voici les résultats fournis par une série de dissolutions d’acétate de zinc de concentrations décroissantes, que l’on a maintenues à la température i oo° assez longtemps pour les amener à leur état
d’équilibre :
La variation relative de résistance passe par un maximum pour la concentration ffi et décroît ensuite.
600
_-( 1 ) Bé~li~eaLic.
’
Acétate de cuivre.
-Les phénomènes présentés par l’acétate de cuivre sont identiques à ceux que nous venons d’exposer rela-
tivement à l’acétate de zinc, avec cette différence cependant que les altérations varient pour l’acétate de cuivre entre des limites
beaucoup plus étendues.
Le Tableau suivant contient les résultats relatifs à une même dissolution :
GONCENiRATION : ~ , ~ ~ ~ D’ÉQUIVALENT PAR LITRE.
Aux faibles concentrations, l’altération diminue encore à mesure
que la dilution croit.
~ ..Acétate de plonlb.
-Ce sel est plus stable que les précédents.
Il éprouve cependant à la température de Ioo° un commencement
.