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Aberrations des images électroniques des cathodes émissives imparfaites

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Aberrations des images électroniques des cathodes

émissives imparfaites

F. Bertein

To cite this version:

(2)

ABERRATIONS DES IMAGES

ÉLECTRONIQUES

DES CATHODES

ÉMISSIVES IMPARFAITES

Par F.

BERTEIN,

Laboratoire de Radioélectricité de l’École Normale Supérieure.

Sommaire. 2014 Étant donné la cathode d’un

microscope électronique à émission thermionique,

sa surface S présente de petites irrégularités créant tout au voisinage un champ perturbateur agissant sur le départ des trajectoires et capable, par cela même, de nuire à la qualité des images. On étudie les aberrations optiques ainsi provoquées : astigmatisme, courbure du champ et distorsion; l’astigmatisme risque de réduire notablement la limite de résolution de l’appareil.

JOURNAL PHYSIQUE

14,

1953,

Les trois coordonnées

rectangulaires

seront notées xl, x2, x, ou z. Le

champ électrique

au

voi-sinage

de S

peut

être considéré comme formé par

la

superposition

de deux

champs partiels :

i° Un

champ

uniforme

-E,

c’est-à-dire de loi de

potentiel

Ez,

à savoir celui

qui

résulterait d’une

cathode « idéale », de face

plane (x10x2).

Dans les

dispositions

usuelles

d’électrodes,

ce

champ

se

détermine aisément à

partir

des

potentiels

appli-qués [1], [2].

z~ Un

champ perturbateur

de

potentiel

x2’

z)

s’annulant

rapidement

dès

qu’on

s’écarte du

plan

(x10x2)

et

provoqué

par les

irrégularités

comme nous le

préciserons.

Si ces dernières sont assez

« étroites o, (p reste localisé à l’intérieur du

champ

uniforme

E,

ce que nous supposerons

(fig, 1 ).

La fonction y est a

priori

déterminée par la

connais-sance de la surface

S;

rappelons [3]

que si

6(x,x,)

représente

la cote de S par

rapport

au

plan (XIOX2),

supposée

faible,

on a

simplement

Traj ectoires

issues d’un

point obj et

M. -Nous allons étudier le faisceau des

trajectoires T 0

issues du

point Mo

dé S,

de coordonnées

Les

équations

des

T 0

seront

posées :

de sorte

qu’en

l’absence de

champ perturbateur

(p

=

o)

et avec une vitesse initiale

nulle,

on aurait

Les (;

sont, par

suite,

les termes dus à q et à la

vitesse

initiale,

de

composantes

v1’ v2’ v3 de la

tra-jectoire

T 0

considérée.

On

pratiquera

l’omission

classique

du

signe 1

dans les

expressions

où il

porte

sur un indice

répété

plusieurs

fois dans les termes monômes :

représente,

par

exemple,

Le

rapport

masse

des électrons sera

pris

égal

à 1,

ce

qui,

on le

sait,

est sans influence sur la forme des

To.

Dans ces

conditions,

les

équations

du

mou-vement sont :

Leur résolution va faire intervenir les

fonc-tions de t suivantes :

ainsi que des

intégrales

doubles par

rapport

à t

(3)

236

portant

sur ces mêmes fonctions, ce que nous

noterons

simplement

à l’aide de

l’exposant (-2~,

soit par

exemple,

La résolution est

possible

par le fait que nous

pourrons traiter comme

tn finiment petits

les

gran-deurs suivantes :

10 La cote a

définissant S

et,

par

suite, le

potentiel o

et les fonctions

(4), (5)

qui

en

découlent;

ces

quan-tités définiront l’infiniment

petit

du i er

ordre;

20 La vitesse initiale v

(vi,

v2,

v,)

des

électrons;

elle sera considérée comme constituant un

infini-ment

petit

du 2e

ordre,

ce que

justifieront

les résultats.

Il sera nécessaire d’effectuer les calculs

jusqu’au

3 e ordre infinitésimal

inclusivement,

c’est-à-dire faire intervenir les termes tels que les suivants :

Les fonctions

~i (t)

sont alors a

priori

du 1 eu

ordre;

les

équations

(3),

limitées au 3e ordre dans leur

développement

de

Taylor,

s’écrivent

et nous cherchons à les résoudre en écrivant

~l (t)

sous

forme de

développement

désignant

une fonction d’ordre infinitésimal k.

Il suffit à cet eff et de

reporter

ces

expressions

dans

(5)

et

d’égaler

les contributions des divers

ordres,

ce

qui

fournit aisément

On

portera

l’attention sur les arcs de

trajec-Les termes

indépendants

de la vitesse initiale

ont été limités au 1 eu

ordre,

car cela suffit pour la

suite;

les autres

figurent jusqu’au

3e ordre. On

toires

T 0

situés dans la

région

du

champ

uniforme

E,

c’est-à-dire

après

la traversée de la zone

perturbée

par o. Les fonctions

précédentes

y sont de

simples

fonctions linéaires de t, de sorte

qu’en

reportant

dans

(6),

les

équations

du mouvement s’écrivent

(2),

avec

les coefficients pi, fi,

p)j,

étant des constantes

définies par

Telles sont, en

définitive,

les

équations

du

fais-ceau

To

issu du

point

objet M,(x9),

faisceau aux

trois

paramètres vi

fixant la vitesse initiale.

Le faisceau de rayons virtuéls T. -

Consi-dérons la section du faisceau par un

plan

de front

P,

z = ~ et les

tangentes

T aux

Ta

à leurs intersections

avec P. Pour étudier la focalisation, il est commode

de considérer la

région

à

gauche

de P comme étant

d’indice

optique

constant et

d’y

substituer,

par

suite,

le

faisceau

virtuel T au faisceau

To.

Les T sont définies par les

équations

De la deuxième, nous tirons la valeur de z, instant

de passage au

plan

P;

cette valeur doit être obtenue

jusqu’au

2e ordre pour

obtenir xi

au 3e ordre. On y

parviendra

aisément en écrivant T sous forme

de

explicitant

les

ordres et en substituant. Le résultat est le suivant :

Cette

valeur,

reportée

dans les

expressions

(10)

donnant x1, on obtient

ainsi,

au 3 e ordre

remarque,

d’ailleurs,

que les valeurs des coefficients pi, ...

doivent y

être limitées au 1er

ordre,

puisque

(4)

et en

définissant,

en outre, des coefficients p~~,

gi;

qui

interviendront

plus

loin

On voit ainsi que les

équations (12)

sont linéaires par rapport au

champ

perturbateur

et, par

suite,

il en est de même des

expressions

xi. En d’autres

termes, les

expressions

(12)

définissant T

pourront

s’obtenir par additivité si le

potentiel y

se

présente

sous forme de somme de

potentiels composants.

La zone d’amincissement du faisceau T.

-(12)

montre que dans le cas d’une cathode idéale

(cp = 0),

on a c’est-à-dire le faisceau T

converge dans le

plan

II défini par z

+ ~

= o

(point M),

résultat par ailleurs bien connu. En

pré-sence de c3, on

peut

donc s’attendre à ce

qu’il

pré-sente un amincissement dans la

région définie

par

z -~ ~ ~ o.

C’est la structure dans cette

région

z

+ ~ # 0

que nous allons

établir,

car de là vont

découler les

propriétés optiques

cherchées.

Dans ces

conditions,

les

équations

(12)

se

simpli-fient. D’une

part,

nous pouvons y

négliger

(z

+

~)qi,

qui apparaissent

comme étant alors d’ordre

supérieur. Considérons,

par

ailleurs,

le coefficient il se limite à ~ 1

et les relations

(9)

permettraient

de voir

qu’il

est

nul;

en vertu de la

linéarité,

il suffirait d’ailleurs de le vérifier pour les lois de

potentiel simples

en

lesquelles

on

peut

décomposer

p comme la suite le

précisera.

Les

équations (12)

s’écrivent,

en

conséquence,

Nous allons en déduire la structure du faisceau ’1’.

On

simplifiera

en

posant

les nouvelles coordonnées

c’est-à-dire :

a. en ce

qui

concerne la coordonnée axiale z :

changement d’origine

et d’échelle

(nouvelle

origine :

plan II);

b. en ce

qui

concerne les coordonnées

transver-sales xi, x2, ... :

représentation

par des affixes

complexes

dans les

plans

transversaux.

On posera, en outre,

Les

équations (14)

sont alors :

ce que l’on

peut exprimer

par la relation

complexe

unique :

(*

indiquant

la

conjugaison).

Les aberrations :

expressions

générales

en

fonction du

champ

(p. -

Déplacement,

dilatation,

distorsion. - Soit

d’abord le rayon moyen du

fais-ceau

T,

c’est-à-dire dont le

départ

est

perpendi-culaire

(V = o). (16)

montre

qu’il

vient du

point

N

défini par

X = X° -~ ,P,

au lieu du

point

M (X°)

obtenu en l’absence de y

(fig.

i).

En d’autres termes, y

déplace

le

point

virtuel de la

quantité

p,).

On

peut

en tirer des données

plus

caractéristiques

si l’on considère les accroissements

(fig. 2).

A un

déplacement

dX° du

point

objet M°,

donc de M,

correspond

dX de

N, donné par

qui

prend

la forme

Étant donné

un

petit

objet

au

voisinage

de

Mo,

Cf lui fait

subir,

d’après

(18),

1° une dilatation

(algébrique)

D;

20 une

déformation (distorsion)

caractérisée par D’.

Pour

préciser

ce dernier

point,

prenons comme

objet

un

petit

cercle Y; il donne une

ellipse ;’

dont

l’ellipticité différence des axes est

1

D’

1.

l’ellipficité

est

D,.

somme des axes

Astigmatisme.

-

(5)

238

de module

compris

entre zéro et v vitesse maximum d’émission.

La relation

(17)

montre que la section du

faisceau,

généralement

à deux dimensions, se réduit à un

segment

de droite pour les valeurs de Z définies

par

ce

qui exprime

l’existence de deux

focales, F1, F2,

dont

on a ainsi les abscisses

respectives.

La section au

milieu de leur intervalle :

fournit le cercle de moindre

diffusion K qui

consti-tuera, ainsi

qu’on

sait,

le

pseudo-objet

se

substi-tuant au

point

virtuel M

(fig. i).

On voit que le rayon du cercle K est :

(w, énergie

en volts

correspondant

à

v).

C’est là le

pouvoir

de résolution

imposé

par

l’astig-matisme dû à la

perturbation

Cf. Courbure du

champ.

- Il

y a, d’autre

part,

, ~ ~

20132013~

déplacement (19)

du

plan

de mise au

point

NK : C

exprime la

courbure du

champ,

sans toutefois

constituer une donnée

expérimentale

immédiate. Précisons cette dernière dans le cas d’un

objectif

à immersion faisant passer du

champ

E au

champ

E’

et que nous assimilerons à une lentille mince située

dans le

plan

d’une électrode 1

(fig.

3),

ce

qui

est

admissible si l’ouverture de 1 est

petite;

sa

position

définira

l’abscisse ~

elle-même. Au

rayon

incident de

support

T

correspond l’émergent

de

support

T’. La formule des lentilles donne entre des

points

conjugués M(z), M’(z’)

Le

point

M est en z =2013~ pour une cathode idéale. La

perturbation ?

lui substitue le cercle K dont l’abscisse est,

d’après

(19)

et

(15), z

= 2013 ~ +

Az,

où le terme en

(p3 -~- x~)

est maintenant

négligeable

en raison de l’ordre de

grandeur de ~

et, par

suite,

un

déplacement

~z’ de

l’image

M’ en

K’,

donné par

La mise au.

point

de

l’objectif

s’effectuant par

déplacement

de S par

rapport

à

~,

il y a intérêt

à déterminer le

changement

de mise au

point,

c’est-à-dire le

déplacément

1) de S

qui

équivaudrait

à la

perturbation

c~.

Ce

déplacement n

déplace l’objet

virtuel de de

plus,

il accroît le

champ

E de la

quantité

dE =Eny.

Il en résulte la variation dz’ définie par

L’égalité

avec

(23)

donne le

déplacement n

(chan-gement

de mise au

point)

équivalent

En des termes un peu différents :

lorsqu’on

explore

la cathode S

point

par

point,

il est néces-saire de maintenir la mise au

point

par un

dépla-cement

longitudinal

de valeur 2013Y]; on

peut

dire

que S

présente

une

profondeur

apparente -n

sensi-blement

supérieure

à sa

profondeur

réelle

6,

comme

le montrera la suite

qui précisera,

en

eff et,

les

expres-sions rencontrées.

Les aberrations en fonction de la structure de la cathode S. - Cas de certaines structures

particulières.

- Soit

une cathode S dont

l’équa-tion z = d

(x,, x2)

satisfait à

l’équation

aux dérivées

partielles

où l’on pose

Exemples :

ô =fonctions

trigonométriques

cos ’-’l « *

*

(6)

au

voisinage

du

point

objet Mo envisagé,

dont

(xi,

x,)

désigneront

désormais les coordonnées : pente

courbure nioyenne courbure totale

La loi de

potentiel

o créée

par 8

doit satisfaire

(1),

c’est

Le calcul des coefficients

(9)

n’offre pas de

diffi-cultés ;

il fait intervenir, en

particulier,

la valeur de

l’intégrale

définie

Les valeurs obtenues sont les suivantes :

d’où se déduisent immédiatement

(16)

les

quatre

aberrations

C,

A, D, D’;

ce sont des fonctions du

point Mo

(xl,

x2).

La relation

géométrique

entre S et son effet

optique apparaît

clairement si l’on

prend

les axes

de coordonnées transversales

Oxl,

OX2 parallèles

aux deux sections

principales

de S au

point Mo

considéré,

sections définies comme on sait par les

deux

plans

de

symétrie

de la

portion

de S entou-rant

Mo,

Ce

sytème

de référence donne

dans ces

conditions,

°11

et

ô22

sont les courbures

principales

de S en

Mo

et l’on a

On voit que les aberrations se déduisent de la struc-ture de S au

point objet Mo :

la courbure du

champ

et la dilatation sont

proportionnelles

à la courbure

moyenne,

l’astigmatisme

et la distorsion le sont à

l’ellipticité

de S.

On retrouve là des

propriétés

analogues

à celles

rencontrées chez les autres lentilles

[5] :

en

parti-culier,

la limite de résolution

(20)

est sous la

dépendance

de

l’elliplicité

de la

surface,

c’est-à-dire de son manque

de

symétrie

de

révolution,

au

voisinage.

En ce

qui

concerne la

profondeur

apparente

r~,

on voit

qu’elle

est

proportionnelle

à la

profondeur

réelle 6 tout en

pouvant

lui être sensiblement

supé-rieure cas où - >> i

.

Exemple.

- Soit la surface S

surface à ondulations de

largeur

1 suivant Ox,

La limite de résolution

correspondante

est,

d’après

(20),

(30),

J

-soit,

pour les valeurs suivantes :

valeur

déjà nofable,

bien que les ondulations soient relativement peu

marquées

On obtient des

expressions plus simples

si l’on se

borne à calculer les carrés moyens des

coefficients

d’aberrations sur la

surface

S

On

désignera

ce genre

d’expressions

par des

notations

surlignées

C2,

.... Il suffit d’observer

que la courbure totale xt peut être aussi bien

posi-tive que

négative

pour en conclure que l’on a

vrai-semblablement

xr

= o. On le démontrerait en

décomposant

0 (Xl’

x2)

en fonctions

trigonométriques

orthogonales

et

qui

satisfont bien cette

relation;

on

verrait,

de

même,

que

(7)

240

Sur f ace S

de structure

quelconque.

--

Nous pouvons alors nous ramener au cas

précédent

par

superposition.

x.) s’exprime

par un

développement

trigo-nométrique

en

(x,, x,)

et, par

suite,

peut

s’écrire :

chaque

composante 6,,

vérifie

l’équation (27)

pour une valeur déterminée sn de s. En vertu de la

linéarité des relations

(1) ... (16),

les aberrations

seront obtenues par

superposition

Cn, A,~, ...

étant les aberrations relatives à la

composante

On,

telles

qu’on

vient de les déterminer. De telles formules sont évidemment

inapplicables

en

pratique;

on devra se contenter de ramener

approximativement S

à une seule

composante 6,,

prépondérante.

Les carrés moyens

s’expriment plus simplement :

ils

s’obtiennent,

eux

aussi,

par

superposition

en

vertu de

l’orthogonalité

entre fonctions

ona

d’in-dices différents :

soit,

en vertu de

(30),

On

peut

dire que les

importances

relatives des ondulations On des divers ordres sont données par

indépendamment

de leurs

f ormes

particuliéres.

On voit encore que si l’on

prend

deux ondulations

â,t

homothétiques,

elles

présentent

mêmes

D2, ~

1 D’ 12;

quant

aux, termes

C2, ~ A ~2,

ils sont dans le

rapport

d’homothétie.

L’aberration de révolution. - Effectuons

jus-qu’au

4e

ordre les calculs des

trajectoires

à

partir

de

l’équation

de base

(5)

pourvue du terme suivant de son

développement :

on verra

apparaître

a

priori

une aberrations en

v2,

c’est-à-dtre en w, à coefficient

non infiniment

petits

et,

par

suite,

indépendants

de la

perturbation

9. On la calculerait donc directe-ment bien

plus

rapidement

à

partir

de la cathode idéale : c’est l’aberration de révolution bien connue

des cathodes émissives dont la limite de résolution

est

[6]

Dans

l’application

numérique

ci-dessus :

on avait alors

Ces chiffres

soulignent

l’importance

des

défauts

optiques

examinés dans cette étude :

l’astigma-tisme dû aux

irrégularités

est sensiblement

supérieur

à l’aberration de révolution, même chez une cathode

« assez

plane

». C’est lui

qui

limitera,

en

général,

le

pouvoir séparateur,

ainsi

qu’on

peut

en

juger,

par

exemple

sur un cliché de A.

Septier,

cliché

présentant,

par

ailleurs,

une bonne netteté

[7].

L’emploi

des

systèmes

correcteurs décrits en

particulier

pour le

microscope

[5] permettrait

la

suppression

de

cet

astigmatisme

et ne laisserait que l’aberration

de révolution. Il ne

peut

toutefois

s’agir

que d’une

suppression

assez

locale,

la zone

corrigée dépendant

du

réglage

du correcteur.

Manuscrit reçu le 15 décembre 1 9 5 2 .

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