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Phospholipase tyrosine kinases et oncogènes: des relations complexes IJliS

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Academic year: 2021

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(1)

386

IJliS

NOUVELLES

médecine/sciences 1988 ; 6 : 386-393

P

hospholipase

C,

tyrosine kinases et oncogènes :

des relations complexes

Une famille d'oncogènes code pour

des protéines kinases spécifiques des résidus tyrosines ( tyrosine kinases) qui soit sont partie intégrante d'un récepteur membranaire (récepteur des facteurs de croissance PDGF, EGF, M-CSF par exemple [ 1 , 2, 3]), soit correspondent à des protéines localisées à la face interne de la mem­ brane plasmique (produits des onco­ gènes src et fps par exemple [3, 4]). Le laboratoire de H. Hanafusa à New York vient de décrire· un nouvel oncogène dans le génome d'un rétro­ virus aviaire (virus CT 1 0 du sarcome aviaire) [5]. Les cellules infectées par

ce virus ont une très importante aug­ mentation de l'activité de leurs tyro­ sine kinases endogènes et de la pro­ portion de tyrosines phosphory­ lées [6].

Cependant, la séquence de l 'onco- .

gène viral (dénommé crk, pour

C T JO regulator of kinase) n'est abso­ lument pas homologue de celle du site catalytique des tyrosine kinases connues. En revanche, elle possède des blocs d'acides aminés conservés

par rapport à des motifs de l a région N terminale, non catalytique, de la protéine p6Qsrc, produit de l'on­ cogène src (figure 1 ).

Les mêmes motifs sont retrouvés au niveau d'une isoenzyme de la phos­ pholipase C dont l'ADNe a récem­ ment été isolé et séquencé [6]. Ainsi,

comme le résume la figure 1, trouve­

t-on des similarités de séquence dans les régions probablement non cataly­ tiques de tyrosine kinases produits d'oncogènes, d'un autre produi t d'oncogène dénué d'activité tyrosine kinase propre, et d'une enzyme cli­ vant des phospholipides membra­ naires et jouant un rôle important dans les voies de stimulation de la prolifération cellulaire. On peut supposer que de telles homologies correspondent à une fonction impor­ tante, peut-être de contrôle de l'acti­ vité catalytique. Il se pourrait, par exemple, que les blocs conservés soient les sites d'interaction avec des protéines de « transfert du signal » similaires ou identiques aux G-pro­ téines. Le mécanisme transformant

de l'oncogène v-crk pourrait alors

être une « titration » par la protéine p47gag-crk, produi t de l 'oncogène, d'une protéine de contrôle négatif des tyrosine kinases cellulaires, abou­ tissant par conséquent à leur stimu­ lation. Cette hypothèse laisse aussi prévoir de possibles relations entre le contrôle des tyrosine kinases et des isozymes de la phospholipase C.

A.K. 1 . Stehelin D. Les oncogènes cellulaires.

médecine/sciences 1 985 ; 1 : 12-6.

2. Barritault D, Moenner M, Loret C. Les facteurs de croissance. médecine 1 science 1 985 ; 1 : 80-6.

3. Solal-Celigny P. Intérêt thérapeutique des facteurs de croissance granulocyto-monocy­ taires. médecine 1 sciences 1988 ; 4 : 231 -8.

4. Katan M, Parker PJ. Oncogènes and cel! control. Nature 1988 ; 332 : 203.

5. Mayer BJ, Hamaguchi M, Hanafusa H. A novel viral oncogene with structural simila­ rity to phospholipase C. Nature 1 988 ; 332 : 272-5.

6. Stahl ML, Ferenz CR, Kelleher KL, Kritz R W, Knopf JL. Sequence similarity of phos­ pholipase C with the non-catalytic region of

src. Nature 1988 ; 332 : 269-72.

EGFR

L

�s L

cataly!igue

src

C

gag

- crk

W'ffigag(///'01

PLC

L =

!B I Ici

Figure 1 . Schéma des blocs d'homologie de séquence de plusieurs produits d'oncogènes et de la phospho­ lipase C. EGFR = récepteur du facteur de croissance EGF; fps et src = produits des oncogènes cytoplasmiques fps et src ; gag-crk = produit du gène de fusion entre la séquence gag (codant pour une protéine du cœur viral) et la séquence de J'oncogène crk du rétrovirus CT 10; PLC = phospholipase C; Catalytique = domaine portant le site catalytique « tyrosine kinase » (rectangles rouges). Le domaine catalytique de la phospholipase C n 'est pas connu. A, B et C = blocs d'acides aminés homologues entre les différentes molécules.

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