Licence Informatique - Informatique théorique 2 2005/2006
Informatique théorique 2
20h cours/30h TD
Licence 2 Informatique 2005/2006
Frédéric Fürst - bureau 205 - [email protected] www.u-picardie.fr/~ff-laria/
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Plan du module
1ère partie - Systèmes relationnels Relations sur un ensemble
Théorie des treillis
2ème partie - Algèbre Théorie des groupes
Anneaux, corps
3ème partie - Séries Séries, polynomes formels
Fonctions génératrices
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Systèmes relationnels
• Les systèmes relationnels sous-tendent de nombreux systèmes informatiques :
– Base de données et langages relationnels
– Structures ordonnées : arborescence des systèmes de fichiers, piles, files, arbres, hiérarchies objet, …
• Bibliographie :
– Mathématiques discrètes et informatique, N.H. Xuong, Masson
– Mathématiques pour l’informatique, A. Arnold &
I. Guessarian, Masson
– Mathématiques discrètes, S. Lipschutz, Serie Schaum
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Relation sur des ensembles
• Ensemble: un ensemble (notion première) est défini quand il est possible pour tout élément (notion première) de dire s’il appartient ou pas à cet ensemble
• Relation (binaire) : soit E et F deux ensembles. On appelle relation binaire entre E et F tout sous-ensemble de E×F (E×F est le produit cartésien de E et F).
• Notes : - une relation peut lier un ensemble à lui-même - une relation n’est pas forcément binaire
• Exemples : - relation de notation entre l’ensemble des étudiants en L2 et l’ensemble des notes en IT2 [0..20]
- la relation de divisibilité dans N
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Relations n-aires
• Relation: soit E1, .. , En n ensembles. On appelle relation entre les Ei tout sous-ensemble de E1×.. En.
• Exemples : - une relation unaire sur un ensemble E est une partie de E (par ex. l’ensemble des entiers pairs peut être vu comme une relation unaire sur N).
- 3 ensembles d’identifiants client, d’identifiants produit et de numéros de facture sont liés par une relation ternaire « achat »
Facture 32 fourchette
Dupond
Facture 23 Table
Dupont
Facture 22 Chaise
Tartempion
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Opérations sur les relations (1/3)
• Les relations sont des sous-ensembles d’un produit cartésien d’ensembles => on peut leur appliquer des opérations ensemblistes, c’est l’algèbre relationnelle des SGBD (BD2)
• Inclusion de relation: l’inclusion des relations binaires R et S, notée R ⊆S, est définie par (x,y) ∈R => (x,y) ∈S. On peut généraliser à des relations n-aires.
• Exemple : {(Tartempion,chaise,facture22)} est incluse dans
{(Tartempion,chaise,facture22),(Dupont,table,facture23),(Dupont,fourchette, facture32)}
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Opérations sur les relations (2/3)
• Union et intersection de relations: soit R et S deux relations binaires entre E et F.
– R ∪S union de R et S est définie par x (R ∪S) y ssi xRy ou xSy.
– R ∩S intersection de R et S est définie par x (R ∩S) y ssi xRy et xSy.
– On généralise à des relations n-aires
• Exemples : - l'union de {(Tartempion,chaise,facture22)} et {(Tartempion,chaise,facture22), (Dupont,table,facture23), (Dupont,fourchette, facture32)} est {(Tartempion,chaise,facture22), (Dupont,table,facture23), (Dupont,fourchette, facture32)}
- l'intersection de {(Tartempion,chaise,facture22)} et {(Tartempion,chaise,facture22), (Dupont,table,facture23), (Dupont,fourchette, facture32)} est {(Tartempion,chaise,facture22)}
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Opérations sur les relations (3/3)
• Inverse d’une relation binaire: soit R relation entre E et F. R-1 inverse de R est définie par x R-1y ssi yRx.
• Complémentaire d’une relation: la relation R’ complémentaire d’une relation R entre E et F est définie par (e,f) ∈R’ ssi (e,f) ∉ R. On généralise à des relations n-aires.
• Relation identité: la relation identité entre E et F, notée IdE×F, est définie par (e,f) ∈IdE×Fssi e = f
• Relation pleine: la relation pleine entre E et F, notée ∏E×F, est définie par ∀(e,f) ∈E×F, (e,f) ∈ ∏E×F
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Composition des relations
• Composition des relations binaires: soit R une relation entre E et F et S une relation entre F et G. La relation T binaire composée de R et S, et notée RoS, est définie par ∀(x,z) ∈ E×G, xTz⇔ ∃y ∈F tel que xRy et ySz
A B C D
1 2 3 4
robert roger rodolphe
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Propriétés des relations binaires (1/2)
• Symétrie: une relation R est symétrique si pour tout x et y tels que xRy, alors yRx. Si R est symétrique, R=R-1
• Exemple : la relation "à coté de" définie sur Ob ×Ob où Ob est l'ensemble des objets matériels est symétrique
• Antisymétrie: une relation R est anti-symétrique si pour tout x et y tels que xRy et yRx, alors x = y
• Exemple : la relation "posée sur" définie sur Ob ×Ob est antisymétrique
• Transitivité: une relation R est transitive si pour tout x, y et z tels que xRy et yRz, alors xRz
• Exemple : la relation "à coté de" est transitive
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Propriétés des relations binaires (2/2)
• Réflexivité: une relation R est réflexive si pour tout x, alors xRx
• Exemple : la relation "est située au même endroit" définie sur Ob ×Ob est réflexive
• Antiréflexivité: une relation R est anti-réflexive si pour tout x, alors xRx est faux
• Exemple : la relation "est posée sur" est antiréflexive
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Fermetures des relations
• Fermeture d’une relation binaire: Soit R une relation binaire définie sur un ensemble E. On appelle fermeture réflexive, de R la plus petite (au sens de l’inclusion) relation réflexive définie sur E contenant R. On note r(R) la fermeture réflexive de R, t(R) sa fermeture transitive, s(R) sa fermeture symétrique.
• Théorème 1: Soit R une relation binaire sur un ensemble E.
– r(R) = R ∪Id (Id = relation d’identité) – t(R) = ∪Rii=1..∞ (Ri = RoRo .. oR i fois) – s(R) = R ∪R-1
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Fonctions, applications (1/2)
• Fonction: une fonction d'un ensemble E vers un ensemble F est une relation de E vers F pour laquelle tout élément x de E est en relation avec au plus un élément y de F
– on note y = f(x) et on dit que y est l’imagede x par f et que x est l’antécédentde y par f.
– l'ensemble des éléments x de E pour lesquels il existe un élément de F en relation avec x est appeléensemble de définition de la fonctionf.
• Application: une application d'un ensemble E vers un ensemble F est une relation de E vers F pour laquelle tout élément de E est en relation avec exactement un élément de F. C'est une fonction de E vers F dont le domaine de définition est E.
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Fonctions, applications (2/2)
• Injection: une application de E vers F est dite injective lorsque deux éléments distincts de E ont toujours des images distinctes dans F.
• Surjection: une application de E vers F est dite surjective lorsque tout élément de F admet au moins un antécédent dans E.
• Bijection: une application de E vers F est dite bijective lorsqu'elle est à la fois injective et surjective.
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Relations d’équivalence
• Relation d’équivalence: une relation d’équivalence (notée ≡) est une relation réflexive, transitive et symétrique.
• Exemples : - la relation de proximité spatiale "à coté de"
- dans Z, la relation définie par aRb ssi a-b est pair
• Classe d’équivalence: la classe d’équivalence d’un élément x d’un ensemble E relative à une relation d’équivalence ≡est l’ensemble des éléments y de E tels que x ≡y (ou y ≡x)
• Théorème 2: l’ensemble des classes d’équivalence qu’une relation d’équivalence induit sur un ensemble E est une partition de E. Inversement, toute partition de E induit une relation d’équivalence.
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Ensembles quotient
• Ensemble quotient: le quotient d’un ensemble E par une relation d’équivalence ≡est l’ensemble dont les éléments sont les classes d’équivalences des éléments de E relativement à ≡.
• Exemples : - le quotient de l’ensemble {Pierre, Paul, Jacques, Marie, Jeanne} par la relation «a même sexe »est {{Pierre,Paul,Jacques}, {Marie,Jeanne}}
- le quotient de N par la relation R définie par xRy ssi x-y est multiple de 2 est l’ensemble réduit àdeux éléments, l’ensemble des entiers pairs et l’ensemble des entiers impairs
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Relations d’ordre
• Relation d’ordre: une relation d’ordre partiel (notée ≤) est une relation réflexive, transitive et antisymétrique. Une relation antiréflexive, transitive et antisymétrique est une relation d’ordre strict (une relation réflexive et transitive est appelée pré- ordre).
• Exemples : - la relation « plus grand que »
- dans N, la relation définie par aRb ssi a divise b
• Elément dominant: dans E muni de ≤, un élément x domine un élément y si y ≤x et qu’il n’existe pas d’élément z tel que
y ≤z ≤x. On dit aussi que x est le successeur de y.
• Exemples : - dans N muni de la relation de division, 4 domine 2 - dans N muni de la relation « plus grand que », 3 domine 2
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Ensembles ordonnés
• Ensemble ordonné(ou partiellement ordonné) : un ensemble E ordonné est un ensemble muni d’une relation d’ordre ≤. On note cet ensemble (E, ≤).
• Ensemble totalement ordonné(ou chaine) : un ensemble E est totalement ordonné si pour tout couple (x,y) d’éléments de E, x ≤y ou y ≤x
• Notes : - un ensemble peut être doté de plusieurs relations d’ordre - toute relation d’ordre≤admet une relation duale ≥ - tout ensemble ordonné(E, ≤) admet un dual (E, ≥)
• Exemples : - l’arborescence d’un système de fichiers est partiellement ordonnée
- l’ordre lexicographique est un ordre total permettant de trier des chaînes de caractères
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Représentation des ensembles ordonnés (1/2)
• Diagramme de Hasse
: sur un ensemble E ordonné par
≤, pour tout couple d
’él
éments (x,y) tels que x
≤y et ¬∃ z dans E tel que x ≤ z ≤ y (y domine x), on crée un arc fléché de x à y
• Exemple : l’ensemble des parties de {1,2,3} ordonné par la relation d’inclusion.
∅ {3}
{1,3}
{1} {2}
{2,3}
{1,2,3}
{1,2}
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Représentation des ensembles ordonnés (2/2)
• Dans le cas d’un ensemble totalement ordonné, par transitivité de la relation d’ordre, le diagramme devient une «
chaine»
x u z
y
t
v
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Profondeur et hauteur
• Soit E un ensemble ordonné. Considérons les sous-ensembles totalement ordonnés de E.
• Hauteur: la hauteur d’un élément x de E est le maximum, s’il existe, de la longueur des chaînes admettant x comme élément maximum
• Profondeur: la profondeur d’un élément x de E est le maximum, s’il existe, des longueurs des chaînes admettant x comme élément minimum
• Exemples : - dans N muni de la relation aRb ssi a divise b, les nombres premiers ont pour hauteur 1
- dans l’ensemble des parties de {1,2,3} muni de l’inclusion, la profondeur de {3} est 2
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Extension linéaire
• Extension: si un ensemble E est ordonné par <, tout ordre « sur E tel que x < y ==> x « y est appelé une extension de <.
• Extension linéaire: en particulier si « est un ordre total il est appelé une extension linéaire de <.
• Exemple : - la relation d’ordre aRb ssi a divise b ordonne N. La relation d’ordre usuelle sur N est une extension linéaire de la précédente.
• Note : - dans le cas des ensembles finis ou dénombrables, une extension linéaire « d'un ordre < permet d'énumérer les éléments selon l'ordre croissant (pour «), cette énumération étant compatible avec l'ordre d'origine <.
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Linéarisation d’un ordre partiel
• Tout ordre partiel peut être étendu à un ordre total. Il n'y a pas en général unicité de l'extension et l'une de ces extensions peut être obtenue à l'aide du tri topologique.
• Algorithme du tri topologique: on l'applique au graphe sans boucle d'un ordre partiel.
1- on initialise une liste vide
2- on associe à chaque sommet son degré entrant 3- on choisit un sommet de degré entrant 0
– on l'ajoute à la liste – on le marque
– on diminue de 1 le degré entrant de tous ses successeurs 4- on recommence en 3 jusqu'à épuisement des sommets non marqués
• La liste obtenue est la linéarisation de l'ordre initial. On en déduit un ordre total compatible avec l'ordre partiel de départ. Un tri topologique d’un ensemble E est une numérotation des éléments de E, c’est-à-dire une injection de E dans N respectant l’ordre naturel sur N.
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Exemple de tri topologique
∅
{3}
{1,3}
{1} {2}
{2,3}
{1,2,3}
{1,2}
[
∅] [
∅,{1}]
[
∅,{1},{2}]
[
∅,{1},{2},{3}]
[]
[
∅,{1},{2},{3},{1,2}]
[
∅,{1},{2},{3},{1,2},{1,3}]
[
∅,{1},{2},{3},{1,2},{1,3},{2,3}]
[
∅,{1},{2},{3},{1,2},{1,3},{2,3},{1,2,3}]
Mais [
∅,{1},{3},{1,3},{2},{1,2},{2,3},{1,2,3}] est aussi une
extension lin
éaire de cet ordre partiel
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Eléments particuliers dans un ensemble ordonné (1/3)
• Dans un ensemble E muni d’une relation d’ordre
≤
:– x est un minorant (resp.majorant) de y si x
≤
y (resp. y≤
x)– x est la borne supérieurede E (notée sup(E)) s’il est le plus petit des majorants de E
– x est la borne inférieurede E (notée inf(E)) s’il est le plus grand des minorants de E
• Exemple : b est la borne sup de [a,b] sur (R, ≤) et aussi celle de [a,b[
• Note : un majorant ou minorant, et donc une borne supérieure ou inférieure n’existe par toujours ([0,+∞[ n’a pas de majorant)
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Eléments particuliers dans un ensemble ordonné (2/3)
– x ∈E est maximal(resp. minimal) s’il n’a pas d’autre majorant dans E (resp. minorant) que lui-même
– x ∈E est le maximum(ou universel) de E si ∀y ∈E, y
≤
x– x ∈E est le minimum(ou élément nul) de E si ∀y ∈E, x
≤
y• Exemples : - dans l’ensemble des sous-ensembles d’un ensemble E, E est le maximum et ∅le minimum
- dans N muni de la relation de divisibilité, 1 est minimum, il n’y a pas de maximum
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Eléments particuliers dans un ensemble ordonné (2/2)
• Notes : - un maximum ou un minimum n’existe pas toujours (N muni de la relation de divisibilité n’a pas de maximum)
- un maximal ou un minimal n’existe pas toujours (l’intervalle réel [a,b[ n’a pas de maximal, mais il a un majorant)
- dans le cas où un maximum (resp. minimum) existe, il est le seul élément maximal (resp. minimal) de E
- dans le cas d’un ordre total, les notions de minimum (resp.
maximum) et de minimal (resp. maximal) sont confondues
• Différence entre maximum et maximal : – E, C et D sont maximaux mais pas maximums
A
B C D
E
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Exemples d'éléments remarquables
• Dans l'ensemble ordonné de la figure : – Le sous-ensemble {D,E,F} possède 4 majorants A,
B, C, D et une borne inf D. D est maximal et maximum. E et F sont minimaux (mais pas minimums).
– Le sous-ensemble {D,E,F,G} ne possède ni majorant ni minorant
– Le sous-ensemble {A,B,C,D} ne possède aucun majorant, 3 minorants E, D et F et une borne inf D.
B et C sont maximaux mais non maximums et D est minimal et minimum.
A C B
D H G
F E
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Ensemble ordonné fini
•
Thé
orè
me 3: Soit A une partie finie non vide d’
un ensemble ordonné
(E,≤). Pour tout x de A, il existe dans A un minimal m et un maximal s tels que m≤x≤s.•
Preuve : par induction sur |A|. Vrai pour |A|=1. Supposons la propriété vraie pour |A|=n-1. Soit x de A tel que |A|=n et B=A\{y}où y≠x. B contient donc un maximal s et un minimal m tels que m≤x≤s. 3 cas se pr
é
sentent :–s≤y : posons s’= y et m’= m –y≤m : posons s’= s et m’= y – m≤y ≤s : posons m’= m et s’= s
Dans les 3 cas, s
’
et m’
sont les maximal et minimal cherché
s.•
Corollaire: Tout ensemble ordonné
fini admet un maximal et un minimal. En particulier, toute chaî
ne finie admet un maximum et un minimum.Licence Informatique - Informatique théorique 2 2005/2006
Ordre bien fondé
• Ordre bien fondé: un ordre sur un ensemble E est dit bien fondé (ou noethérien) si toute partie non vide de E admet un élément minimal.
• Exemple : - une arborescence de fichiers muni de l’ordre « est sous-arbre de » est bien fondée
• Théorème 4: dans un ordre bien fondé, tout élément non maximal admet un dominant.
• Preuve : soit x un élément non maximal de (E,≤) bien fond
é
etF={y∈E, x ≤y}. F n
’
est pas vide puisque x n’
est pas maximal, donc F admet un minimal qui est clairement un dominant de x.Licence Informatique - Informatique théorique 2 2005/2006
Bon ordre
• Bon ordre: un bon ordre sur un ensemble E est un ordre tel que toute partie non vide de E admet un minimum.
• Exemples : - (N,≤) est un ensemble bien ordonné mais pas (Z,≤)
• Théorème 5: un ordre est bon si et seulement s’il est bien fondé et total.
• Preuve : la condition suffisante est évidente. Un bon ordre est clairement bien fondé. De plus, toute partie à 2 éléments admet un minimum, donc deux éléments quelconques sont
comparables.
• Corollaire: dans un ensemble bien ordonné, tout élément non maximum admet un dominant unique.
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Définition ensembliste des Treillis
• Treillis: Un treillis est un ensemble ordonné dans lequel toute paire d'éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure, c’est-à-dire qu’étant donnés deux éléments x et y, l’ensemble des majorants communs à x et y n’est pas vide et admet un minimum noté x ∨y et l’ensemble de leurs minorants communs n’est pas vide et admet un maximum noté x ∧y.
• Note : - on parle aussi de demi-treillis. Un inf-demi-treillis (resp. sup-demi- treillis) est un ensemble ordonné où toute paire d’éléments admet une borne inférieure (resp. supérieure).
- un treillis T admet un dual T’ tel que ∧ ≡ ∨’ et ∨ ≡ ∧’
• Exemples : - N muni de la relation divise (∧= pgcd et ∨= ppcm) - tout ensemble totalement ordonné
- l’ensemble des parties d’un ensemble ordonné par l’inclusion (x ∨y = x ∪y et x ∧y = x ∩y)
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Treillis et diagramme de Hasse
a b
c d e
a c e
b d f Deux exemples de treillis
a b d
c e f Un contre-exemple de
treillis
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Partie finie d’un treillis
• Théorème 6: toute partie finie d’un treillis admet une borne inférieure et une borne supérieure.
• Preuve : toute partie de cardinal 1 ou 2 vérifie la propriété.
Supposons la propriété vraie pour toute partie de cardinal n-1 et soit P={x1, .. ,xn} une partie à n éléments. P\{xn} admet un inf a et un sup b. La partie {a,xn}, ayant deux éléments, admet un inf qui est celui de P et la partie {b,xn}, ayant deux éléments, admet un sup qui est celui de P.
• Corollaire: tout treillis fini admet une borne inférieure et une borne supérieure
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Sous-treillis
• Sous-treillis: une partie (P, ≤) d’un treillis (T, ≤) est un sous- treillis de T si pour tout x et y de P, x ∧y et x ∨y sont dans P.
a
b c
d Treillis E d
éfini par son
diagramme de Hasse
e {a,b,c,d}, muni du même ordre, est un sous-treillis de E {a,b,c,e}, muni du même ordre, est un treillis mais pas un sous-treillis de E
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Treillis complets (1/2)
• Treillis complet: un treillis est dit complet lorsque toute partie non vide admet une borne supérieure et une borne inférieure.
• Note : - si dans un treillis complet, il n’existe pas de minimum ou maximum, il est toujours possible de rajouter les inf et sup, qui sont notés ⊥ (bottom) et T (top)
• Exemples : - tout treillis fini est complet
- l’ensemble des parties d’un ensemble muni de l’inclusion est un treillis complet avec sup({Ei})=UiEiet inf({Ei})=∩iEi - (N,≤) est un inf-demi-treillis complet mais pas un treillis
complet
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Treillis complets (2/2)
• Théorème 7: tout treillis sans chaîne infinie est complet.
• Preuve : soit A une partie non vide d’un treillis T sans chaine infinie. Soit x0 un élément de A. Si x0est un minorant de A, c’est le minimum et x0=inf(A). Sinon, il existe un élément x1 de A tel que ¬(x0≤x1) et donc (x1 ∧x0) ≤x0. Si x1 ∧x0est un minorant de A, alors x1 ∧x0 = inf(A) car pour tout minorant m de A, m≤x0 et m≤x1 donc m≤x1 ∧x0. Sinon il existe un élément x2de A tel que (x2 ∧x1 ∧x0)≤(x1 ∧x0) ≤x0. Puisque le treillis ne contient pas de chaine infinie, le processus s’arrête au bout d’un temps fini et conduit à inf(A). De même pour sup(A).
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Morphismes d’ordre (1/2)
• Morphisme d’ordre: soient (E1,≤1) et (E2,≤2) deux treillis. Une fonction f : E1→E2est un morphisme d’ordre si pour tout x et y de E1, x ≤1y => f(x) ≤2f(y). Un morphisme est donc une fonction qui respecte l'ordre. Un morphisme d’ordre est aussi appelé fonction croissante.
• Note : - une fonction décroissante est définie par x ≤1y => f(y) ≤2f(x) - on utilise parfois le terme d’homomorphisme à la place de
morphisme
• Exemples :
– l'application note de {Albert, Bertrand, Caroline, Hervé}, ordonné par l'ordre lexicographique dans {11,12,13}, ordonné par l'ordre naturel des entiers et définie par note(Albert) = 11, note(Bertrand) = 13, note(Caroline) = 12 et note(Hervé) = 13 n'est pas un morphisme d'ordre
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Morphismes d’ordre (2/2)
– l'application taille définie entre les ensembles {Albert, Bertrand, Caroline, Hervé}, ordonné par l'ordre lexicographique dans {160,167,182,190}, ordonné par l'ordre naturel des entiers et définie par taille(Albert) = 160, taille(Bertrand) = 167, taille(Caroline) = 182 et taille(Hervé) = 190 est un morphisme d'ordre
• Isomorphisme: un isomorphisme est un morphisme bijectif.
Dans ce cas, on a ∀x,y de E1, x ≤1y <=> f(x) ≤2f(y)
• Endomorphisme: un endomorphisme est un morphisme d’un ensemble dans lui-même
• Automorphisme: un automorphisme est un endomorphisme bijectif
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Morphismes de treillis
• Morphisme de treillis: soient (E1,≤1) et (E2,≤2) deux treillis. Une fonction f : E1→E2est un morphisme de treillis si pour tout x et y de E1, f(x) ∧f(y)=f(x ∧y) et f(x) ∨f(y)=f(x ∨y). Un morphisme qui respecte ∨est un ∨-morphisme, et un morphisme qui respecte ∧est un ∧-morphisme. Un morphisme est à la fois ∨- morphisme et ∧-morphisme.
• Théorème 8: tout morphisme de treillis est un morphisme d’ordre
• Preuve : si x ≤1y, x ∧y = x et f(x) = f(x) ∧f(y) donc f(x) ≤2f(y)
• Note : - un morphisme d’ordre n’est pas forcément un morphisme de treillis
• Exemple : - Id : (N,div) →(N,≤). 4 ∨6 = 12 dans (N,div) et 4 ∨6 = 6 dans (N, ≤) donc Id(4 ∨6) = 12 ≠Id(4) ∨Id(6) = 6.
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Isomorphismes
• Théorème 9: soient deux ensembles ordonnés (E1,≤) et (E2,≤2) isomorphes (d’ordre). Si l’un est un treillis, l’autre aussi, et ils sont isomorphes (de treillis).
• Preuve : soit f la bijection d’ordre de E1dans E2. Supposons que E1soit un treillis, donc x ∧y existe. f(x ∧y) est un minorant de {f(x),f(y)} car x ∧y ≤1x => f(x ∧y) ≤2f(x) et x ∧y ≤1y => f(x ∧ y) ≤2f(y). Montrons que c’est le plus grand minorant. Soit m un minorant de {f(x),f(y)}. Puisque f est un isomorphisme (d’ordre), il existe z dans E1tel que m = f(z) avec z ≤1x et z ≤1y. Donc z
≤1(x ∧y) et donc m = f(z) ≤2f(x ∧y). Par dualité, on montre aussi que f est un ∨-morphisme. Et par bijection, on montre la propriété si E2est un treillis.
Licence Informatique - Informatique théorique 2 2005/2006
Point fixe (1/2)
• Point fixe: une fonction f : E→E admet un point fixe x si f(x) = x.
• Rôle des points fixes en programmation :
• Soit le programme suivant :
• Posons f la fonction qui à un programme P associe le programme suivant travaillant sur un entier n donné en entrée
• La fonction fact définie précédemment est le point fixe de la fonction f.
public int fact(int n){
if(n == 0) return 1;
else return n*fact(n-1);
}
if(n == 0) return 1;
else return n*P(n-1);
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Point fixe (2/2)
• La notion de point fixe apparait également dans les boucles qui peuvent être décrites comme des récursions.
• Exemple : la boucle peut être écrite sous forme de la fonction récursive suivante
while(cond) inst;
public void boucle(){
if(cond){
inst;
boucle();
} }
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Théorème de point fixe
• Théorème(Knaster-Tarski, 1942) : toute fonction croissante d’un treillis complet dans lui-même admet un plus petit et un plus grand point fixe (c’est-à-dire que l’ensemble des points fixes admet un inf et un sup)
• Preuve : soit f une fonction croissante d’un treillis complet (T,≤) dans lui-même. Posons F={x∈T, f(x) ≤x}. F est non vide car sup(T) existe et sup(T) ∈F (au besoin on le rajoute). Donc F admet une borne inférieure a = inf(F). f étant croissante, ∀x ∈ F, a ≤x => f(a) ≤f(x) ≤x. Donc f(a) est un minorant de F et f(a)
≤a. Donc a ∈F et est le minimum de F. Ainsi, si a est un point fixe de f, ce sera le plus petit, car tout point fixe de f est dans F.
Or f(a) ≤a => f(f(a)) ≤f(a), donc f(a) ∈F, d’où a ≤f(a).
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Point fixe et informatique
• La notion de point fixe et le théorème de point fixe sont utilisés largement en informatique
– base de données: mise à jour des données
– analyse de programme et compilation: transformation des boucles et récursions en points fixes, contrôle de terminaison
– contrôle de systèmes : stabilité, vérification de système – ...