Physique nucl ´eaire et la radioactivit ´e
Le noyau d’un atome est constitu ´e de protons et de neutrons occupant une toute petite r ´egion au centre de l’atome. Les neutrons n’ont pas de charge ´electrique ; chaque proton poss `ede une charge ´electrique (+e) positive, ´egale et oppos ´ee
`a la charge d’un ´electron (-e). Un atome ´etant
´electriquement neutre, cela signifie qu’il y a autant de protons dans le noyau que d’ ´electrons dans l’atome correspondant.
Une esp `ece particuli `ere de noyaux est sp ´ecifi ´ee par les valeurs ca- ract ´eristiques suivantes : le num ´ero atomique (Z ), le nombre de masse ou nombre de nucl ´eons (A) ; ainsi le nombre de neutrons (N ) vaut N = A − Z .
Un noyau caract ´eris ´e par des valeurs d ´etermin ´ees de A et Z est appel ´e nucl ´eide. Si X est le symbole chimique de l’ ´el ´ement, on repr ´esente les nucl ´eides par le symbole g ´en ´eral :
A
Z X N
Les isotopes
Le nom d’un ´element chimique est as- soci ´e `a une valeur particuli `ere de Z . Ainsi tout ´el ´ement contenant 6 pro- tons est du carbone, quelque soit le nombre de neutrons. On appelle :
– isotopes : nucl ´eides ayant m ˆeme Z ( 12 6 C, 14 6 C)
– isobares : nucl ´eides ayant m ˆeme A ( 14 6 C, 14 7 N)
– isotones : nucl ´eides ayant m ˆeme N ( 14 6 C, 15 7 N)
On peut dire, par exemple, que les noyaux 12 6 C(carbone-12),
13
6 C(carbone-13) et 14 6 C(carbone- 14) sont 3 isotopes de l’ ´el ´ement carbone. Leur abondance naturelle sur Terre diff `ere : 98,9% de 12 6 C, 1,1%
pour le 13 6 C et 10 −12 pour le 14 6 C.
Unit ´e de masse atomique
En physique atomique, les masses nucl ´eaires sont exprim ´ees en unit ´e de masse atomique (uma), aussi appel ´e dalton. Sur cette ´echelle, on attribue par d ´efinition `a un atome de carbone neutre ( 12 6 C) la masse de 12,0000000 uma. La masse de l’ ´electron devient 0,00054858, celle du neutron 1,008665 uma, celle d’un proton 1,007276 uma et celle d’un atome d’hydrog `ene neutre
1
1 H (un proton plus un ´electron) 1,007825 uma. Comme 1 mole de carbone p `ese 12g et contient N A atomes, o `u N A est le nombre d’Avogadro,
1 uma = 12g
N A · 12 = 1, 6605387 × 10 −27 kg
On exprime souvent les masses `a l’aide de l’unit ´e d’ ´energie ´electron-Volt. La masse d’un atome 1 1 H est de 1,007825 uma ou 1, 67353 × 10 −27 kg. Alors 1, 000uma = (1, 00000/1, 007825) · (1, 67353 × 10 −27 )kg = 1, 66054 × 10 −27 kg ; ceci ´equivaut `a une ´energie E = mc 2 = (1, 66054 × 10 −27 kg) · (2, 9979 × 10 8 m/s) 2 /(1, 6022 × 10 −19 J/eV) = 931, 5MeV. Les valeurs pr ´ecises sont :
1 uma = 1, 6605387 × 10 −27 kg = 931, 494 MeV/c 2
En r `egle g ´en ´erale, le nombre de masse A de chaque nucl ´eide diff `ere l ´eg `erement, mais d’une fac¸on significative, de sa masse en uma (sauf pour
12 C).
Les isotopes
Les masses apparaissant dans ce tableau sont, comme il est d’usage, celles de l’atome neutre et non celles du noyau nu. ∗ : ´elements radioactifs.
Element Symbole Masse (uma) Hydrog `ene 1 H 1,007825 Deut ´erium 2 H (D) 2,014102 Tritium ∗ 3 H (T) 3,016049
H ´elium 3 He 3,016029
H ´elium 4 He 4,002603
Lithium ∗ 5 Li 5,01254
Lithium 6 Li 6,015121
B ´eryllium 9 Be 9,012182
Azote 14 Ne 14,003074
Plomb 207 Pb 206,975872 Uranium ∗ 233 U 233,039628 Uranium ∗ 235 U 235,043924 Uranium ∗ 238 U 238,050785
Le deuton, aussi appel ´e deut ´eron, est le noyau de deut ´erium.
Unit ´e de masse atomique : exemple
Montrer que la masse atomique d’un ´echantillon naturel de n ´eon est environ 20,18 uma, sachant que le 20 Ne et le 22 Ne ont des abondances naturelles 90, 51% et 9, 22% et des masses respectives de 19,99 uma et 21,99 uma.
(La somme des abondances n’est pas 100% car on a n ´eglig ´e 21 Ne).
SOLUTION : Le n ´eon l ´eger est ∼ 10 fois plus abondant ; il a donc 10 fois plus d’influence que l’isotope lourd dans la d ´etermination de la masse atomique de l’ ´echantillon naturel. La moyenne pond ´er ´ee de la masse est donc :
90, 51%(19, 99 uma) + 9, 22%(21, 99 uma)
18, 09 uma + 2, 03 uma = 20, 12 uma
Taille et forme des noyaux
Des exp ´eriences r ´ealis ´ees dans les ann ´ees 1950 ont montr ´e que les noyaux sont presque sph ´eriques, souvent ellipso¨ıdaux et allong ´es. La distribution de la densit ´e de charge et de masse est presque la m ˆeme, ce qui montre que neutrons et protons sont distribu ´es environ de la m ˆeme fac¸on.
Le rayon du noyau est souvent d ´efini comme la distance du centre au point o `u la densit ´e diminue de moiti ´e. La densit ´e est presque ind ´ependante de A, ce qui veut dire que le nombre de nucl ´eons contenus dans un noyau (suppos ´e sph ´erique) est proportionnel
`a son volume. Ainsi A ∝ R 3 soit R ∝ A 1/3 , ainsi
R = R o A 1/3
o `u R o est cette constante de propor-
tionalit ´e ´egale `a ∼ 1, 2fm = 1, 2 ×
10 −15 m.
Taille et forme des noyaux
La densit ´e de mati `ere nucl ´eaire est la masse divis ´ee par son volume, soit ρ = m
4
3 πR 3 = A(1, 66 × 10 −27 kg)
4
3 πR 3 = 1, 66 × 10 −27 kg
7, 24 × 10 −45 m 3 = 2, 3 × 10 17 kg/m 3
qui est ∼ 10 14 fois plus ´elev ´ee que ρ eau .
La force nucl ´eaire
Les forces nucl ´eaires sont responsables de la coh ´esion des noyaux et pr ´esentent les caract ´eristiques suivantes :
– Elles sont de courtes port ´ees (∼ 10 −15 m).
– Elles sont ind ´ependantes de la charge ´electrique, donc les m ˆemes entre p − p, p − n et n − n.
– Elles d ´ependent de l’orientation relative des spins des nucl ´eons interagis- sant.
– Elles sont r ´epulsives `a tr `es courte distance.
Les forces nucl ´eaires sont une manifestation des interactions fortes. Ainsi les
protons d’un noyau s’attirent davantage sous l’effet des forces nucl ´eaires qu’ils
ne se repoussent sous l’effet des forces coulombiennes.
Stabilit ´e des noyaux
On a remarqu ´e que les nucl ´eides sont particuli `erement stables s’ils sont form ´es d’un certain nombre de neutrons et de protons appel ´es nombres magiques avec N ou/et Z ´egaux `a 2, 8, 20, 28, 50, 82, 126. Cela sugg `ere un mod `ele en couches pleines pour ces noyaux. Un noyau avec N ou Z magique est solidement li ´e, un noyau avec N et Z magique le sera encore plus. C’est le cas de 4 2 He, 16 8 O, 48 20 Ca et 208 82 Pb qui sont doublement magiques.
A chaque nucl ´eon correspond une configuration d’onde stationnaire. Les ni- veaux d’ ´energie forment des groupes plus ou moins s ´epar ´es. Un groupe est form ´e par des niveaux assez proches, l’un de l’autre ; il constitue une couche et chaque niveau une sous-couche. Ce sch ´ema est le mod `ele en couche.
Les niveaux se remplissent par ordre
d’ ´energie croissante. Le niveau le plus
haut occup ´e et qui correspond `a la plus
grande ´energie cin ´etique est appel ´e niveau
de Fermi.
Energie de liaison
La masse totale d’un noyau est toujours inf ´erieure `a la somme des masses de ses composants, protons et neutrons.
On peut former un deuteron en envoyant un neutron sur un proton qui sont li ´es par la force nucl ´eaire. Il y a alors ´emission d’un photon d’ ´energie 2,224 MeV : ce qu’on ´ecrit n +p → d +γ . Le deut ´eron ainsi form ´e `a une masse de 2,013553 uma. En se liant, le syst `eme des 2 particules constituantes a perdu une certaine quantit ´e d’ ´energie sous forme de rayonnement. Cette perte d’ ´energie est ´equivalente `a une diminution de la masse du syst `eme qu’on appelle d ´efaut de masse (∆m) ; cela indique combien le syst `eme nucl ´eaire est extr `emement li ´e. Dans ce cas :
m p + m n = 1, 007276 uma + 1, 008665 uma = 2, 015941 uma
tandis que la masse du deut ´eron (m d ) n’est que de 2,013553 uma. La diff ´erence entre la somme des masses des constituants s ´epar ´es et le noyau combin ´e est le d ´efaut de masse : ∆m = 0, 002388 uma =2,224 MeV, exacte- ment l’ ´energie ´emise sous la forme d’un photon.
Inversement pour briser le deut ´eron en un proton et un neutron, il faut fournir
une ´energie de 2,224 MeV.
Energie de liaison
Tout syst `eme li ´e a une masse inf ´erieure `a la somme de ses constituants.
Pour un noyau de masse M compos ´e de A nucl ´eons, Z protons, (A − Z ) neutrons, l’ ´energie de liaison, E l est donn ´ee par :
E l = (Z · m p + (A − Z ) · m n − M ) c 2
= 931, 48 (Z · m p + (A − Z ) · m n − M ) en MeV On repr ´esente l’ ´energie de liaison
par nucl ´eon (= E l /A) qui atteint un maximum de 8,795 MeV/nucl ´eon pour le 62 Ni, qui est le plus stable et le plus fortement li ´e de tous les ´el ´ements. Le maximum, tr `es plat autour de A = 60, explique l’abondance du Fe dans l’uni- vers. A partir de l `a, la courbe d ´ecroit lentement `a cause de la r ´epulsion cou- lombienne des protons.
Si nous s ´electionons un nucl ´eide d’un c ˆot ´e ou de l’autre du maximum, et si
nous modifions sa structure pour le d ´eplacer vers le Ni, une grande quantit ´e
d’ ´energie sera lib ´er ´ee (voir fission et fusion).
Energie de liaison : exemple
On extrait un neutron d’un atome de 43 20 Ca (de masse 42,958766 uma), ce dernier se transforme en un atome de 42 20 Ca (de masse 41,958618 uma).
Quelle ´energie minimum est n ´ecessaire pour accomplir cette extraction ?
SOLUTION : Trouvons d’abord la diff ´erence entre les masses des 2 noyaux.
Si cette diff `erence (∆m) est inf ´erieure `a la masse d’un neutron, elle doit ˆetre compens ´ee en fournissant de l’ ´energie. On nous donne les masses des atomes neutres, ce qui est g ´en ´eralement donn ´e dans les tables, plut ˆot que les masses des noyaux. Cela n’a pas d’importance ici parce que la diff ´erence est la masse des ´electrons atomiques qui est la m ˆeme avant qu’apr `es l’extraction du neutron ; ainsi :
(masse de 43 Ca) − (masse de 42 Ca) = 1, 000148uma C’est moins que la masse du neutron (1,008665 uma). La diff ´erence :
∆m = (1, 008665uma) − (1, 000148uma) = 0, 008517uma doit ˆetre fournie sous la forme d’ ´energie ; par cons ´equence
E = (0, 008517uma)(931, 494MeV/uma) = 7, 934MeV
D ´esint ´egrations nucl ´eaires : la radioactivit ´e
En 1896, H.Becquerel se rendit compte qu’une plaque photographique, m ˆeme envelopp ´ee de fac¸on `a ˆetre prot ´eg ´ee de la lumi `ere, ´etait assombrie par un certain type de minerai (qui contenait par hasard de l’uranium).
On se rendit compte que la radioactivit ´e ´etait le r ´esultat de la d ´esint ´egration d’un noyau instable. Il existe dans la Nature plusieurs isotopes instables : leur radioactivit ´e est dite naturelle. Mais on peut cr ´eer par r ´eactions nucl ´eaires d’autres isotopes instables, leur radioactivit ´e est dit artificielle.
De l’ ´etude des rayons ´emis dans la ra- dioactivit ´e, on les classe en 3 groupes selon leur pouvoir de p ´en ´etration : le 1er pouvait `a peine p ´en ´etrer une feuille de papier et avait une charge positive (rayons α), le 2eme pouvait traverser jusqu’ `a 3 mm d’aluminium et
´etait charg ´e n ´egativement (rayons β ),
le 3eme pouvait franchir plusieurs cms
de plomb et ´etait neutre (rayons γ ).
D ´esint ´egrations α
L’ ´emission d’une particule α (noyau 4 2 He) diminue N de 2 unit ´es et A de 4 unit ´es, ainsi le noyau restant diff `ere du noyau initial : c’est une transmutation.
A
Z X → A−4 Z−2 Y + 4 2 He + Q
o `u X est le noyau-p `ere, Y le noyau-fils et Q l’ ´energie de d ´esint ´egration. Dans toute d ´esint ´egration, il y a conservation de la charge, du nombre de nucl ´eons (A), de la quantit ´e de mouvement, du moment cin ´etique et de l’ ´energie.
L’ ´emission α est rare pour les nucl ´eides l ´egers, elle se produit surtout pour Z > 82, o `u il n’y a aucun nucl ´eide stable. L’ ´energie totale lib ´er ´ee s’ap- pelle l’ ´energie de d ´esint ´egration, Q ; on la calcule `a partir des masses des nucl ´eides et de la particule α, soit
Q = (m X − m Y − m α )c 2
qui apparaˆıt sous forme d’ ´energie cin ´etique totale du nucl ´eide-fils et de la particule α.
Une valeur positive de Q signifie que le processus a lieu spontan ´ement. Pour
l’ensemble des noyaux lourds, on trouve Q ∼ +5 MeV.
D ´esint ´egration α : exemple
Un risque quotidien courant est le gaz radioactif radon-222. Il est produit dans le sol par la d ´esint ´egration α du 226 Ra et ´emane des sous-sols. Ecrire son ´equation de transformation et d ´eterminer l’ ´energie cin ´etique totale en MeV des produits de la d ´esint ´egration. Les masses des atomes de radium, du radon et de l’h ´elium sont respectivement 226,025406 uma, 222,017574 uma et 4,002603 uma. En r `egle g ´en ´erale, la plus grande partie de l’ ´energie cin ´etique est emport ´ee par la particule l ´eg `ere, ici la particule α. Tr `es peu d’ ´energie (∼ 0, 1MeV) va au noyau-fils massif (voir exemple suivant).
SOLUTION : L’ ´equation de d ´esint ´egration s’ ´ecrit :
226
88 Ra → 222 86 Rn + 4 2 He + Q
L’ ´energie cin ´etique totale est ´egale `a Q = (m X − m Y − m α )c 2 . Nous pouvons utiliser les masses atomiques, car la masse des ´electrons s’ ´elimine.
Nous trouvons, en MeV :
Q = (226, 025405uma − 222, 017574uma − 4, 002603uma)(931, 494MeV/uma)
= (0, 005229uma)(931, 494MeV/uma) = 4, 8708 MeV
L’ ´energie cin ´etique totale des produits de la d ´esint ´egration est donc 4,87 MeV.
D ´esint ´egration α : exemple
Montrer, en ´ecrivant la conservation d’ ´energie et de quantit ´e de mouvement que la particule α emporte 98% de l’ ´energie disponible Q.
SOLUTION : Supposons le noyau-p `ere au repos initialement. Ecrivons la conservation d’ ´energie :
m X c 2 = m Y c 2 + E C Y + m α c 2 + E C α En regroupant les masses, on obtient :
(m X − m Y − m α )c 2 = E C Y + E C α = Q
La conservation de la quantit ´e de mouvement donne : 0 = p ~ α + p ~ Y . On peut utiliser les formules non-relativistes car Q ∼ 5MeV, ainsi E C = p 2 /(2m)
Q = E C α + p 2 Y
2m Y = E C α + p 2 α
2m Y = E C α + E C α m α
m Y = E C α (1 + m α m Y ) Ainsi E C α = (1+ Q
mαmY
) . Comme m α /m Y ∼ A−4 4 , on trouve finalement que E C α = Q(1 − 4
A )
Pour A ∼ 200, la particule α emporte donc ∼ 98% de Q et 2% pour Y .
D ´esint ´egration β
La d ´esint ´egration β peut prendre 3 formes distinctes :
– D ´esint ´egration β − : un e − est ´emis lorsqu’un neutron se transforme en pro- ton `a l’int ´erieur du noyau, soit n → p+ e − + ¯ ν e . Pour un nucl ´eide radioactif :
A
Z X → A Z+1 Y + e − + ¯ ν e + Q
o `u Q est l’ ´energie cin ´etique totale des 3 particules sortantes. La barre au- dessus du ν indique qu’il s’agit d’une anti-particule.
– D ´esint ´egration β + : un e + est ´emis lorsqu’un proton se transforme en neu- tron `a l’int ´erieur du noyau, soit p → n+ e + + ν e . Pour un nucl ´eide radioactif :
A
Z X → A Z−1 Y + e + + ν e + Q
– Capture d’un ´electron : un des ´electrons orbitaux dans une couche interne du nuage est attir ´e par le noyau et transforme un proton en neutron. Pour un nucl ´eide :
A
Z X + e − → A Z−1 Y + e − + ν e + Q
D ´esint ´egration β
Au d ´ebut du XX, on ne connaissait pas le neutrino. Cette particule a une charge nulle et une masse au repos extr `emement faible. D’autre part elle est tr `es difficile `a d ´etecter. On pensait donc que dans l’ ´etat final se trouvait seule- ment le noyau-fils et un ´electron. Si tel ´etait le cas, les lois de conservation de la quantit ´e de mouvement et d’ ´energie impliquent que, pour un nucl ´eide donn ´e, les ´electrons ´emis doivent ˆetre monocin ´etiques (comme on a vu pour la d ´esint ´egration α) ; or c’est un spectre continu qui est observ ´e entre 0 et une
´energie maximale, E C (max).
En 1930, W.Pauli sugg ´era l’existence d’une nouvelle particule ´emise en m ˆeme temps que l’ ´electron. En 1934, E.Fermi ´elabora une th ´eorie d ´etaill ´ee de la d ´esint ´egration β et ap- pella cette particule neutrino (ce qui signifie
“petit et neutre”).
D ´esint ´egration β : exemple
(a) Ecrire la d ´esint ´egration β du 14 6 C en 14 7 N, (b) combien d’ ´energie est lib ´er ´ee dans cette d ´esint ´egration ?
SOLUTION : (a) La r ´eaction s’ ´ecrit : 14 6 C → 14 7 N + e − + ¯ ν e
(b) Comme les masses donn ´ees sont celles des atomes neutres, nous devons tenir compte du nombre d’ ´electrons. On suppose que 6 ´electrons tournent autour du noyau parent. Celui-ci est donc neutre ; sa masse est de 14,003242 uma. Le fils, 14 7 N, n’est toutefois pas neutre puisque seulement 6 ´electrons tournent autour de lui. Cependant la masse du fils avec ses 6 electrons, plus la masse de l’ ´electron ´emis est exactement la masse d’un atome d’azote neutre.
Dans l’ ´etat final, la masse est donc :
(masse du noyau de 14 7 N + 6 ´electrons) + (masse de l’ ´electron)
= masse de 14 7 N neutre = 14, 003074uma La diff ´erence de masse vaut :
14, 003242uma − 14, 003074uma = 0, 000168uma = 0, 156MeV
Ce qui correspond `a l’ ´energie maximale du spectre d’ ´energie des ´electrons.
D ´esint ´egration γ
Apr `es une d ´esint ´egration α ou β, un noyau-fils peut momentan ´ement ˆetre dans un ´etat excit ´e : c’est- `a-dire avec un nucl ´eon dans un niveau plus haut que l’ ´etat fondamental. Alors le noyau se d ´eexcite rapidement pour atteindre la plus basse configuration ´energ ´etique possible. La diff ´erence d’ ´energie (∼ 1 KeV `a ∼1 MeV) est ´emise sous la forme d’un ou plusieurs photons γ .
Comme pour un atome, il est possible d’exciter un noyau en lui fournis- sant de l’ ´energie. Cela pourrait ˆetre par l’absorption d’un photon γ de bonne fr ´equence, ou le r ´esultat d’une collision avec une particule massive. Par exemple,
1
o n + 238 U → 239 U ∗ → 239 U + γ
Les diff ´erences entre les niveaux d’ ´energie nucl ´eaires sont tr `es ´elev ´ees, de
telle sorte que les photons γ ´emis sont beaucoup plus ´energ ´etiques que les
photons ´emis dans les transitions atomiques des ´electrons.
La demi-vie
Un ´echantillon macroscopique d’un isotope radioactif quelconque consiste en un tr `es grand nombre de noyaux radioactifs. Ces noyaux ne se d ´esint `egrent pas tous en m ˆeme temps, mais un par un pendant une certaine p ´eriode de temps. Le ph ´enom `ene est al ´eatoire : on ne peut pr ´edire exactement quand un noyau donn ´e se d ´esint `egrera. On peut cependant d ´eterminer, en utilisant les probabilit ´es, le nombre de noyaux qui se d ´esint `egrent dans un ´echantillon pendant une p ´eriode de temps donn ´ee.
Soit N le nombre d’atomes radioactifs pr ´esents `a un instant t, ∆N/∆t repr ´esente le taux de d ´esint ´egration. Ce taux peut ˆetre rendu ind ´ependant de la taille de l’ ´echantillon en le divisant par N . Ainsi, |∆N/∆t|/N est la frac- tion des atomes d’une esp `ece donn ´ee qui se d ´esint `egrent par unit ´e de temps, ind ´ependamment de la taille de l’ ´echantillon. On a trouv ´e exp ´erimentalement que, pour un ´el ´ement donn ´e, cette quantit ´e est constante pour de longues p ´eriodes de temps. Elle est appel ´ee constante de d ´esint ´egration et elle est symbolis ´ee par λ en s −1 :
λ = − ∆N/∆t
N constante
Plus λ est grand, plus le taux de d ´esint ´egration est ´elev ´e, et plus l’isotope est
dit radioactif. Le signe - indique que N d ´ecroit.
La demi-vie
Le nombre de noyaux se d ´esint ´egrant par unit ´e de temps `a un instant donn ´e est toujours proportionnel au nombre N de noyaux non encore transform ´es `a l’instant envisag ´e. On a donc la relation :
dN
dt = −λ N Int ´egrons entre t = 0 et t = t :
Z
N N
odN
N = −
Zo t λdt
o `u N o est le nombre de noyaux parents `a t = 0 et N le nombre restant au temps t. L’int ´egration donne
ln N
N o = −λ t ou
N = N o e −λt Loi de d ´esint ´egration radioactive
Cette loi nous dit que le nombre de noyaux radioactifs dans un ´echantillon
d ´ecroˆıt exponentiellement avec le temps.
La demi-vie
Le taux de d ´esint ´egration (ou nombre de d ´esint ´egration par seconde) dans un ´echantillon pur est dN/dt, qu’on appelle l’activit ´e R de l’ ´echantillon. Il s’exprime dans le SI en becquerel (bq), avec 1bq= 1 d ´esint ´egration/seconde.
D’apr `es les ´equations pr ´ec ´edentes : R = dN
dt = −λ N = −λ N o e −λt Au temps t = 0, l’activit ´e est : dN dt
!o = −λN o . Donc R = dN
dt =
dN dt