BULLETIN
DE LA
r r
SOCIETE D^HISTOIRE NATURELLE
DE TOULOUSE.
VINGT-DEUXIÈME ANNÉE 1888
MË9I0IRES
Diatomées de la baie de Villefranche.
(Alpes-Maritimes)
Par
M. Peragallo, Membre
dela Société.La
baie de Villefranche, située àquelques
kilomètresde
Nice, estun
vaste port naturel, d'une superficiede
plusde
trois kilomètres carrés, qui est placé
dans
des conditionstopographiques
et climatériquesremarquables.
Elle estabri- téedu
côtédu nord
par les derniers contreforts des Alpes-Maritimes
quitombent presque
à picdans
lamer
d'unehau-
teur de
500 mètres; du
côtéde l'ouest par l'éperondu mont
Boron
dont l'élévation esten moyenne de 200
mètres,avec
des pentes qui atteignent 2 sur \ ; à l'est,au
contraire, la presqu'îlede
Cauferratne
s'élèveguère que
d'une centainede
mètres
avec des pentes plusdouces
et la largeéchancrure du
col deBeaulieu
; enfin la baie s'ouvrelargement en
plein— u -
raidi par
une
porte évasée qui est la baieproprement
dite et se resserre ensuitepour
se dilater denouveau
etformer
ceque
l'on appelle larade, dont la supertlcie est d'environ la moitiéde
lasuface totaledonnée
plus haut.Les profondeurs
varient de 150 à60 mètres dans
la baie et sont enmoyenne
d'une vingtaine demètres dans
larade;les fonds sontde
nature assez variés : rocher, herbes, sablesou
vases.Ces
vases sontgénéralement amenées
par doscou-
rants latéraux de l'ouest, qui,venant
buter contre la sailliedu cap
Ferrât, s'infléchissentdans
la baie dont ilsrenouvel-
lent l'eauconstamment.
Toutes
ces conditions qui tendentà protéger la baie contre lesmauvais temps
et lesventsfroids, à l'ouvrir,au
contraire,au
soleil etaux
brises tempérées, à eurenouveler
l'eau par des courants qui l'assainissent etempêchent
la salurede
de- venir trop forte, ày
réunir les fonds les plus variés, etune
vastegradation
balhymétrique
font de la baie de Villefrancheune
station zoologique privilégiée entretoutes.Comme
station navale, sonimportance
estégalement con-
sidérableet doit être signalée, car elle
nous donnera
l'expli- cation de faits qui pourraientsurprendre
aupremier abord dans l'examen
de sa flore dialomique.La
rade est,en
effet,un
lieude rendez-vous
très fréquenté par les naviresde guerre
detoutes lesnations, cesgrands voyageurs, venant de
tous les pointsdu monde,
apportentcertainement
sur leurs flancs desAlgues
et desDiatomées
exotiques qui,venant
àtomber dans
la baie,y
trouvent des conditions climatériques toutes particulières etnotamment une température moyenne,
assezélevée
pour
qu'elles puissenty
vivre et s'y reproduire.Nous
n'auronsdonc
pas trop lieu d'être surpris lorsquenous
trouverons la florediatomique
des Antillesfortement repré-
sentéeà Villefranche par des échantillons trèsconformes aux
types des auteursou
trèslégèrement
modifiés par l'adap- tation.L'importance
de la stationde
Villefranche n'a paséchappé
— 15 -
aux
savants qui depuislongtemps
s'ydonnaient rendez-vous chaque
année, et lesrecherches
quiy
furentfaitesdonnèrent
lieu à denombreux
etremarquables
travaux zoologiques.Cependant,
s'ily
avaità Villefranchcun ou deux pécheurs
dressés à la récolte desorganismes
marins,on
n'y trouvaitque
les ressourcesdu
travailque
l'on apportait avec soi.Aussi
de
sérieusesdémarches
furent faitespour y
fonderun
laboratoire bien outillé de zoologie maritime.Ce
laboratoire, installé depuisquelques années dans
les bâtiments de l'an- cien établissement do lamarine
russe et dirigé parM.
le doc- teur Barrois, adonné chaque année
asile àun
assezgrand nombre
dejeunes
savants français et étrangers quiy
ont trouvéune
organisation scientifique assezcomplète
sinon luxueuse. Cette installation, quine
pouvait êtreque
provi- soire, les bâtiments qu'elleoccupe
devant revenirà l'Etat, quien
abesoinpour
lagarnison do Villefranche, sera probable-ment améliorée maintenant que
le laboratoire, transféré à Nice,pourra
s'y organiser pluscomplètement. La
distance entreNice
et Villefranche est sipeu
dochose que
ce trans- fertdu
laboratoire présentera bienpeu
d'inconvénientsau
point devue
scientifique, touten
procurant àson personnel
les avantages et 1(!Sressources d'unegrande
ville.Venant
souvent à Nice oii résidentmes
parents etoù
j'ai été élevé, j'avaisdepuis plusieursannées
faitquelques
récol- tesdeDiatomées dans
les environs de la ville et à Villefran- che;mais
je m'étais borné, faute demieux,
àramasser
quel-ques
algues quine
m'avaientguère donné que
les espèces épiphytesque
l'on trouve sur tout le littoral; ce n'est qu'avec l'aide du laboratoire de zoologieque
j'aipu
étendremes
investigations, et je prieM.
le docteur Barrois de bien vouloiraccueillir icimes remerciements pour
l'extrême bien- veillance avec laquelle il a toujours accueillimes demandes
derécoltes.
Jusqu'à ce jour, les investigations des diatomistes ont bien
rarement dépassé une
certaine limite.Les
espèces épiphytes— 16 —
ont été les
premières connues,
puis celles qui vivent sur la vasehumide
et qui se signalent à l'œil par leur coloration brune, enfin l'étudedu contenu
de l'estomac dequelques
poissonsou animaux marins
inférieurs, trèsrarement,
jus- qu'à ces dernièresannées
dessondages
et des récoltes péla- giques.Des deux premiers genres
de récolte, je n'ai rien <) dire ici, sinonque
si l'on peut récolter facilementles espèces va- seusesde
l'Océan à cause desmarées,
iln'en estpasdemôme
pour
la Méditerranée, aussi ces espècesy
étaient jusqu'à présentpeu
recueillies.L'étude
du contenu
de l'estomac desanimaux marins donne,
soitdes espèces
de
fonds, soitdes espèces pélagiques suivant lesanimaux
récoltés,mais
les traitements acidesénergiques auxquels
ilfaut avoir recours détruisent bien des espècesou au moins
lesréduisent à l'état defragments
inutilisables. Ce-pendant
bien des espèces résistent et cette source de ren-seignement demeure encore
très précieuse.L'étude des vasesrapportées parla
sonde ou
la drague, estencore
plusfructueuse; parmalheur
cesinstruments agissenten
aveugles, et la quantitéde Diatomées mélangée
au sable etaux
matièresorganiques
qu'elles procurent est si faible, qu'àpremière vue
ellesparaissent toujours absentesetque
ce n'est qu'aumoyen
deprocédés
longs etminutieux que
l'on arrive à les isoler.En
outre, il faut toujours plusou moins
recouriraux
acides, et les inconvénients signalés plushaut
se reproduisent. Toutefois,comme
les espèces de fonds sontgénéralement
robustes,on
peut agir sansgrand dommage avec une
certaine énergie.J'emploie
avec grand avantage pour
ces récoltesun pro- cédé
qui est fort lent,mais
quim'a donné
les meilleurs ré- sultats etque
jene
saurai troprecommander, cependant
ilfaut
du temps
etde lapatience.Les
vases sontd'abord passées àun
tamisgrossier, àmailles d'environun
millimètrepour
éliminer les débrisde
coquille— 17 -
et lesgros grains de sable.
Le
résidu (il fautopérer
surune
assezgrande
quantité) est placédans un
vase large et plat,une grande
cuvette,photographique
parexemple,
eton
ajoute peu àpeu
de l'acidechlorhydrique pour
dissoudre les calcaires.Quand
toute effervescence à cessé et qu'en ajoutant de l'acideon
n'enamène
pas de nouvelle, tout le résidu est placédans une grande
bouteille de trois à quatre litresque
l'on remplit d'eau.Le
dépôt se faitassez vite; au bout d'uneheure
oudeux
ilne
reste plusrienen suspension.On
décante l'eau avecun syphon en
verre eton
larenouvelle;on recom- mence
jusqu'à ceque
toute trace d'acide ait disparu.Le
résidu est alors bouillidans une
eau alcaline,carbo-
nate de potasseou
de soude,pendant quelques
instantreversé dans labouteille qui estremplie
d'eau.Ce
traitement peut aussi être fait à froid.Le
dépôt se faitalors d'une toute autre façon, car lamasse,au
lieu detomber en
bloc, se divise, et, tandisque dans
l'eau acide tout se précipitaitenune
heure, le liquide alcalin reste trouble etopaque
quelquefois plusieurs jours.On
attendpour
ledécantage un temps
suffisantpour que
lesDiatomées
se précipitent,mettons
cinq à sixheures
et
on
décante le liquide trèschargé
qui surnage. Cette série de décantages répétéematin
et soir est fortlongue
; elledure
quelquefois huit à dixjourseton
larecommence
tant qu'ilmet
des matièrestn suspension
après cinqheures
aumoins.
Le
résiduobtenu commence généralement
à présenter desDiatomées en
plusgrande abondance
relative;mais
il est encore loin d'êtrepropre
à l'étude, etil fautsouventrecom- mencer deux ou
trois fois cesdeux
traitements, acide et alca-lin,
pour
réduire les substances étrangères,généralement
ilfaudra finirpar
un
traitement à l'acide sulfurique.Une
pareille opérationdure
quelquefois plus d'unmois
et exigeune
centaine de litres d'eau,mais
les résultats sontpresque
toujours satisfaisants. Il restecependant encore une
opérationlongue
etennuyeuse
: la séparationdu
sable etdes Diatomées.2
- 18 —
Pour
cela, il faut d'abord séparer le touten deux ou
trois partiesde
densité croissante etopérer
surchacune
en parti- culier. L'eau est enlevée etremplacée
par de l'alcool :on
fait alors passer goutte à goutte le
mélange
de sable et deDiatomées dans un
long tube de verre (50 centimètres)de
15 à20
millimètres de diamètre intérieur etlégèrement
incliné.Voici
comment
j'opère : Je place le tubeque
j'appellerai a,b sur les goulotsde deux
verres àprécipitéA
etB,A
étant plushaut que
B,de manière que
le tube soit incliné de a vers b.J'ai, en outre,
deux
autres verresC
etD
renfermant, lepre- mier
lemélange
à séparer,ledeuxième
de l'alcool. J'agite le verreC
et, avecune
pipetteà boule de caoutchouc, j'y puise environun
centimètrecube
demélange
àsépareretjeleverse goutteà gouttedans
le tube par l'extrémitéa.Dans
lachute lente à travers le tube de verre le sable resteen
route, etlesDiatomées
arriventdans
le verreB
d'autantmieux
que,grâce à l'évaporationde
l'alcool, ellessont entraînées à la surfacedu
liquide,comme on
peuts'enrendre compte en examinant,
sous lemicroscope, un mélange de
sable et deDiatomées dans
l'alcool.Au
bout d'uncertaintemps,on
voit seformer
à l'extrémitébdu
tubeun
petitamas
de sable,on interrompt
alorsledécan-
tage,on
redresse le tubede manière
à ce qu'ilprenne une
forte inclinaisonen
sens contraire deb versa, sur leverre B, et avecde
l'alcool puisédans
le verreD on
rejettedans
le verreA
tout le sablecontenu dans
le tube.On
replace ce tube sur lesdeux
verres eton recommence
jusqu'à ceque
toutlemélange
ait été ainsitransvasé.Le
verreA
contient alorsdu
sablepresque dépourvu
deDiatomées
et le verreB un mélange de
sable et deDiatomées,
011 ces dernières sont très prépodérantes.
En recommançant
l'opération sur ce résidu,on augmentera encore
lespropor-
tions desDiatomées
relativementau
sable.D'ailleurs,
dans
ces opérationsrienne
seperd, puisque tout ce quine
se trouve pas dansle verreB
seretrouve intégrale-- 19 -
ment dans
A. L'alcoolestrecueilli par décantation, eton
n'enperd que
ce qui s'est évaporé.Sij'ai décritce
procédé
avec détail, c'est qu'il m'est arrivéd'envoyer une
partie des vasesde sondages
quim'avaient donné de bons
résultats à des correspondants, quim'ont
écrit n'yavoir rien trouvé; elles étaientcependant
relativement riches, et ilsen
auraientcertainement
tiréun bon
partien
opérantcomme
je viensde
le dire.Si lesvases de fonds sont difficiles et
ennuyeuses
àprépa-
rer, il n'enest pas de
même
des récoltes pélagiques quine
réclament, la plupartdu temps, aucun
traitement spécial.D'ailleurs,les espècesqu'elles contiennent sont
généralement
si délicates, qu'elles
ne
résistentpasaux
traitements acides; aussine
les retrouve-t-ongénéralement
pasdans
le résidudu
traitementdesanimaux marins
qui,vivent àlasurface, Salpes, Noctiluques, etc.Les
récoltes pélagiquesnous
fournissenten abondance
des espèces qui, jusqu'à présent, étaient considé- réescomme
très rares,uniquement
parcequ'on ne
lesavait pascherchées
làou
elles vivent et que, lorsquetombées au fond
après leur mort, elles sont recueilliesdans
les vasesmarines
; lestraitements acides nécessairespour
nettoyer ces vases détruisent les espècespeu
silcieuses. C'est ainsique
M. (Uiinardm'a communiqué une
récolte pélagique faiteau
Croisicetcontenanten abondance deux Diatomées
:Eucampia
zodiacusE.et Triceratium intricatum West., dont la
première
n'avait été signaléeen France que
parW. Smith
, et ladeuxième
n'avait étévue en France que
parmoi
(àma con-
naissancedu
moins)dans
les récoltes pélagiquesde
Ville- franche.On ne
sauraitdonc
attachertropd'importance
à cesrécoltes qui sontsi faciles à faire et à étudier, et quidonnent
des ré- sultats siremarquables.
Ilne
faut pas, d'ailleurs, seborner
à
promener
son filetà la surfacede
lamer,
car les récoltes faites àune
certaineprofondeur dans
l'eaudonnent
ausside
très
bons
résultats.— 20 —
Quant
à ce qui estdu montage
des Diatomées,*jen'airien à ajouterà ceque
j'ai ditavec détailsdans
leMémoire
qui aparu précédemment dans nos Annales
(1).Le
triage desspécimens
isolés méritecependant
d'être étudié ànouveau.
Lorsque
l'on étudieune
récolte deDiatomées
surune
série de préparations, ce qui est laméthode
habituelle,on ne
tarde pas à s'apercevoir : d'abord,qu'une
fois lesdeux ou
troispremiers
slides bien dépouillés,on ne
trouveguère
plusqu'une ou deux formes
nouvelles par préparation, etqu'en-
suite cetteproportion se maintient etqu'on
a chance, àcha- que
slidenouveau,
derencontrerquelque forme
nouvelleou
rare.Il vautdonc mieux, au
lieude
faired'innombrables
pré- parations, sécherune
assezgrande
quantité deDiatomées
sur toute la surface dequelques
porte-objets et trierdans
lamasse
ce q\i'ily
a de rareou
d'intéressant.J'aiindiqué,
dans
lemémoire
précité,une manière
defaire cestriages qui adû
paraître bienminutieuse
etun peu
enfan- tine àceux
qui ont l'habitude des triages, etde
fait il suffit d'unpeu
d'habitudepour rendre
lamain
assez sûrepour pou-
voircueillirune Diatomée
et latransporteravec sûreté sansle secoursde
doigtsmécaniques ou
de tout autre appareil ana- logue. Depuis, étant arrivépartâtonnements
àun procédé
quim'a donné de
trèsbons
résultats, je doisle signaler ici, bienque dans
ses détails pris isolément iln'ait riend'absolument
particulier etne
soitqu'une combinaison
deprocédés
signalés par divers auteurs.Je
me
serscomme
encollage de lagomme
adragante, indi-quée
parM. Brun,
deGenève,
et qui est parfaite ; sonindice deréfraction serapprochant beaucoup
decelui du verre,rend
saprésence
invisible lorsque lemontage
est fini, et surtoutson emploi en
solutionaqueuse procure
cetimmense avantage qu'aucune
des opérations ultérieures, toutes faites aumoyen
(1) Diatomées
du
Midide laFrance.—
Ann. Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, 1884.-
21-
de médiums
résineux,ac
vientcompromettre
l'adhérencedes Diatomées au
verre, etque
la préparationd'untype peut êtreachevée
àchaud, en quelques
minutes, sans exiger niétuve, nilongue
dessiccation àl'air;en somme,
nilongueur de temps,
ni appareils,puisque
trois solutions,un pinceau
etune
table à chauffer, sont tous les appareils requispour
faire,en
cinq minutes,une ou
plusieurspréparations types,complètement
achevées.Ceci
posé
etpour
être plus clair, je vais détaillerpar
arti- clesma manière
d'opérer.A. Solutions.
—
1°Solution de styraxou liquidambar
habi- tuelledans
labenzine ou dans un mélange de benzine
et d'al- cool absolu.2° Liquided'imbibilion, qui doit être le
même que
celuiqui
a servi àdissoudre la résine; lemélange
parparties égalesde benzine
et d'alcool tenantun peu de
styraxen
dissolution est trèsrecommandable
; ce styrax restedans
l'intérieur desDiatomées
etempêche
larentréede
l'air, sion
laisse par acci- dentévaporer complètement
le liquide d'imbibition avant d'appliquer le styrax.3° Fixateur : Faire dissoudre à
chaud
et à saturationde
lagomme
adragantedans
l'eau distillée et filtrer.Le peu
qui se dissout estamplement
suffisant; ajouterun peu
d'alcoolou
de créosotepour
prévenir les moisissures. (Ce liquide a été indiqué parM.
Brun.)B.
Govers préparés. —
Je fixeou
fais fixerde
petits co- versde 5 millimètresau
styrax sur des porte-objets,un peu
à côtédu
centre, etc'estsur ces coversque
jedépose
lesDia- tomées
triées; cette disposition est la caractéristiquede ma
méthode
etme
présente les avantages suivants :i"Je casseni
ne
perds de coversen
lesmanipulant
;2»Quand
j'ai
déposé une Diatomée
surun
cover etque
je l'y ai fixée,comme
je le dirai plusloin,je puis écrire surle slidedesin- dications quime
permettront, si l'occasion s'en présente,de
— 22 —
déposer
ultérieurementun
autre individu delamême espèce
à côtédu premier;
3"Je puismanipuler mes
covers lorsqu'ils- sonten œuvre,
les mettre à l'abride
lapoussière sansaucun danger
niaucun
risque;P
Enfin, lorsquema
préparation est finie, sije n'en suis pas contentou
sije n'en ai plus besoin,en
ayant fait de meilleures,mon
verreme
sertcomme
primi-tivement, carjereplacerai
une
nouvelleDiatomée
àlasurface actuellement supérieure, et le coverune
fois retourné,uq
lavage à l'alcool enlèvera l'ancienspécimen
trié adhérent,, à la surface qui seraredevenue
supérieure. Pareilleopéra-
tion a été répétée parmoi
plusieurs fois, sansm'avoir jamais procuré aucun mécompte.
Sion emploie de grands
coversou
si,
même
surles petits,ou
veut faireun rond
coloréautour de
laDiatomée pour
la retrouver plus facilement,on
n'a, avant de mettre le liquide d'imbibition etune
fois les Diato-mées
fixées, qu'à placer le slideporteurdu
cover sur latour- nette,centrerà laloupe
lesDiatomées
etfaireautourun
cercleavec
des couleurs d'aquarelle,du
bleu de prusse, parexem-
ple; ce cercle restera intact
dans
les opérations ultérieures,puisque
l'eau n'interviendra plus.C.
Triage. —
Jedessèche
lesDiatomées
à trier, soit sur desslides anglais, soit, ce qui estpluscommode,
sur des sli- des deformat
allemand. Il faut,en
tous cas, éliminercom- plètement
l'alcooldans
lequel sont conservées lesrécoltes, leremplacer
par de l'eau distilléetrèspure
etlaisserladessicca- tion s'opérernaturellement
sans recourir à la chaleur.On
sera sûrainsi
que
lesDiatomées ne
seréunirontpasen amas,
et
ne
seront pasadhérentes
au verre. Si l'eau mouillemal
le verre,on
le frotte avecune
solutionde bichromate
de potasse acidulée d'acide sulfurique etcontenanten suspension un peu de
tripoli(une
terre àDiatomée commune, comme
cellesde
l'Auvergne, faittrèsbien l'affaire).Le
transport desDiatomées
peutse faire aumoyen
depoilsemmanchés, mais
je préfèreemployer
de petitspinceaux
à- 23 -
manche
debois.En
les achetant,jem'assure
àlaloupequ'un
poildépasse
les autres; cepinceau me
sert àtransporter lesDiatomées
et à les fixer.Si l'on veut
remuer
lesDiatomées
sans les enleverde
la surface oiielles se trouvent, il fautemployer un
poil bien dé- graissé par le chloroforme. Si,au
contraire,on
veut être sûr d'enleverlesDiatomées, on
peut graisserle poil en lepassant sur lapeau
ou, ce qui vautmieux,
leposerpréalablement
surun
slidelégèrement
frotté d'essence de térébenthineetincom- plètement
essuyé.Pour
être sûrde déposer
ensuite la Diato-mée
sur le cover préparé,on
humidifiepréalablement
ce der- nier avec l'haleine.On opère
demême
toutes les foisque
l'on veutremuer
lesDiatomées
sur le cover préparé,pour
lesdis- poserconvenablement
sans qu'elles courent risque d'être en- levées par le poilou
le pinceau.Les Diatomées
sontchoisies sous le microscope,composé
avecun
grossissement de80
à100 de
diamètres; elles sont placées sur le coverpréparé
aumoyen
d'une loupeou
d'un doublet, car ilsuffit alors de voir en gros ceque
l'on fait.D.
Fixage. — La Diatomée
ayant été placée,on trempe légèrement
le pinceaudans
lasolution degomme adragante
et, après avoir humidifié le cover
avec
l'haleine,on
vientlégèrement
toucherlaDiatomée
avec lepinceau que
l'on fait glissersurle cover. Sion
crainttropde déranger
laDiatomée
placée,
on
peut se contenter de placer de l'encollagetoutau- tour et en humidifiant fortementavec
l'haleine l'encollageserépand
et fixe laDiatomée, mais
lapremière manière
depro-
céder estpréférable et plussûre.En
passant le pinceau entre les lèvres,on
refait la pointe etilredevientpropre
au triage.(Ce
procédé
est celuide M. H.
Dalton.)E.
Imbibition. — Une ou
plusieursDiatomées
ayant été ainsi placées et fixées,on
porte lecover préparé
sous lemi-
croscope eton examine
si lesDiatomées
sont bien domême
espèceetsiellessont
convenablement
placées.Quand
cescon-
— 24 -
ditioQS sont
remplies
et lorsque toute trace d'humidité a dis-paru
(chaufferlégèrement pour
plus desûreté)on dépose
sur lecoverune
gouttedu
liquide d'imbibition eton
suit sous lemicroscope
l'abiorption progressive des bulles d'air,en
ra- joutantdu
liquidequand
leprécédent
est sur le point d'êtreévaporé, sans s'inquiéter s'il coule
un peu
sur le slide.F.
Montage. — Lorsque
les bullesd'air ontdisparu et avantque
le liquide d'imbibition soitcomplètement
évaporé,on
ajouteune
goutte de styrax;on
laissequelques
instantspour que
la résine pénètre lesDiatomées
à la suitedu
liquide (sans cela des bulles pourraient réapparaître), puison
porte surla tableà chauffer.On
chauffejusqu'aumoment où
lesty- raxcommence
àfumer
; si, à cemoment, quelques
bulles se sontmontrées
sur le cover,on
les crèveen en approchant
laflamme
d'une allumette puis, faisant glisser avec le bout d'une pince le coverau bord du
slide,on
le saisit eton
lere- tourne surle milieudu
slide.En
portant le slide sous lemi-
croscope,pendant
qu'il estencore chaud, on
peut fairetour-ner
le cover demanière
à ceque
lesDiatomées
soient bien orientées. Ilne
reste plus qu'à laisser refroidir et enlever le surplus debaume
avecun
lingeimbibé
d'alcool.Toutes
ces opérations sont pluslongues
àécrire qu'à exécu- tereton
peut,en
les suivant, arriverà préparerun
plusgrand nombre
de types entrèspeu
detemps.
Si l'onne
veut placer surchaque
coverque
< à3spécimens,
il vautmieux
lesfixer àmesure, comme
je l'ai indiqué. Sion
voulait, au contraire,ranger en
sérieun
plusgrand nombre
d'individus, il serait préférable d'enduirepréalablement
le cover d'unecouche
d'encollage.Il
ne
faut pasnon
plus sepréoccuper de
l'aspectque
pré- sententlesDiatomées
avantl'applicationdu baume,
car l'en- collage devient, par la suite,complètement
invisible, ce qui n'avaitgénéralement
pas lieu avec lagomme
arabique.En résumé,
les récoltes quiontservi àl'établissement dema
liste sont de troisnatures:
^ a5 —
1»
Quelques
récoltes faites sur les algues,principalement aux
ports de Villefranche et deNice
et surlesbouées
de larade
de Villefranche.Ces
récoltes,en
petitequantité, auraient besoin d'êtrecomplétées
si la florediatomique
des côtes n'était pas aussiconnue. Toutes
les espèces,notamment
si- gnaléesdans
lamousse
de Corse etque
l'onne
trouverait pas surma
liste, devraientprobablement y
êtrecomprises
;j'ai
jugé
inutilede
les ajouter.2"
Des
récoltes de fondsprovenant
dedraguages
à diffé- rentes profondeurs, depuis 20 jusqu'à400
mètres, ainsique
del'examen du contenu de
l'estomac d'holothuriespêchées
àune moindre
profondeur.3"
Des
récoltes pélagiques, soit directement faites, soitobtenues
par le traitement de l'estomac desSalpes pêchées dans
la baie.J'ai suivi,
pour
disposer ces espèces,l'ordregénéralement
adopté aujourd'hui et qui résulte de la coordination des familles naturelles deM. Grunow, par
l'étudeque MM.
Pfit- zer etP. Petit ont faitdel'endochrome
desDiatomées.
Il
ne
faudrait pascependant
induirede
ceque presque
tous les diatomistesactuels adoptent ce système,que
tous le fassent de lamême
façon, car, tandisque M.
P. Petitdonne
aux caractères tirés del'endochrome une
valeurabsolument
prépondérante, devant laquelle tous les autres doivent s'effa- cer,MM. Grunow
et Clèvene
vont pas si loin etserefusent à suivreM.
Petitdans
les exagérations (1) de sonsystème.
C'est aussi
mon
avis, et je vaistâcher delejustifier.(1) M. Petit vientde publier dans lelivre
du
docteurPelletan sur les Diatomées,un
exposé plus complet desaclassification dans lequel, si le fond n'estpaschangé, certains détails sont raoditiés; l'ensemble est plussatisfaisant, pluscomplet et moins dogmatique que dans le mémoire de M. Petit, de 1877.— Mon
travail étant à l'impression lorsquelelivredu docteur Pelletan aparu, je ne crois pas devoir le modifier; je signaleraiseulement, au fur età mesure, lesobservations qui résultent des nouvelles données admises par M. P. Petit et je consacreraiunenote, à la findu
mémoire, à l'étude de ce système modifié.- 26 —
La
classificationnaturelle desDiatomées
a fait,depuis quel-ques
années, l'objet denombreuses
études.Les systèmes
les plusconnus
aujourd'hui sontceux de MM.
Pfîtzer et P. Petit etde M. H.-L. Smith.
M. Pfitzer d'abord, puisM.
P. Petit ontétabli leurs classifications sur l'étudede l'endochrome.
Ces
travaux ontune
valeur considérable et ont faitfaireun grand
pas à la question. Je croiscependant que M.
Petit est allétrop loin lorsqu'il avoulu
érigerson système
en principe;il est d'ailleurs arrivé
lui-même, en
l'appliquantrigoureuse-ment,
à des résultatsde
nature àprouver que
les caractères^tirés de
l'endochrome,
pas plusque
les autres d'ailleurs,ne
peuvent, pris isolément, servir à résoudrela question. Il est, d'autre part, facile de serendre compte,
à l'inspectiondu
tableaude M.
Petit,que
le choixde
ladisposition des carac- tères distinctifdesgroupes
adû
êtresubordonné au
résultat à obtenir, etque
si,comme
cela devrait avoir lieudans un système rigoureusement
logique, les caractères distinctifs étaient disposéslogiquement, l'arrangement
finaldes familles serait tout autre.Au
fond, il ne pouvaiten
êtreautrement.
Les
observations patientes des Smith, des Ralfs, desGru- now,
des Clève etde bien d'autresmoins
connus, avaientfinipar
établir, sur dosensembles concordauts
de caractères^non seulement un
certainnombre
d'espèces bien caractérisées,mais
aussiun grand nombre
degroupes
naturels. Ilne sem-
blepasque
cesgroupes
puissentaujourd'huiêtremodifiés, aumoins dans
leursgrandes
lignes. M. P. Petit,comme
tous,ceux
qui s'occuperont de cette question, doiten quelque
sorte les subir sous peine de faireœuvre
vaine àpremière vue
; c'estpourquoi
il a été obligé desubordonner
l'emploide
sescaractères distinctifs à l'obtention d'un résultat finalen
partieprévu
d'avance.L'honneur de MM.
Pfitzer et P. Petit est d'avoir trouvé des- relations naturelles entre lesgroupes souvent
isolésde
M. Grunow. Ces
relations quine
ressortaientpasnettement
des caractères envisagés jusque-là, ontététrouvées par l'étude- 27 -
de
l'endochrome
qui,en
outre, a utilement modifiéquelques groupes
existants et acoordonné
tout l'ensemble; résultat considérable,mais
qu'ilne
faut pas aujourd'huicompromet-
tre
en
attribuant à ces caractères,prépondérants
je leveux
biendans
les cas douteux,une
valeur absolue eten y subor- donnant
tous lesautres.Le système
deM.
H.-L.Smith
est, au contraire, entière-NOTE.
—
Voici, réduit à sesélémentset établid'une façon logique, ceque deviendrait lesystème de M. P. Petit :Nature de l'Endochome
Lamellaire
Lamello- granulaire
FractiosDemeiit de rindoctirome
DISPOSITION desfragments DE L'ENDOCHROME
{ Sur unevalve.
Une lame
FAMILLES
Achnantées.
Granulaire
Surlesdeux valvesj Goropbonémées, Cymbellées ,
letunconnectif. (Nilzchiées.
I
I
/ Surlesdeuxvalves
1 c. • ,,/ o -. - p
\ Sunrellees, Synedrees, tuno-
etpartiellement^ sur! ., Uiees.
lesconnectifs. ]
Deux lames|
|
I Sur lesdeux con-j
[nectifs et partielle-. Naviculées,Ampbiprorées.
mentsurlesvalves. ]
Nombreuses lames
A
lasurface interne Mélosirées, Fragilariées pro- des frusiules. parle.A
lasurface interne! Fragilariées pro-parle, Méri- Nombreux i*^®^ frusiules. (diées,Licmopborées,Tabellariées granules i^
l'intérieur desJ Bidulphiées (incl. Striatella)^^frusiules. ^Coscinodicées.
I I
Il n'estmêmepasbesoinde demander si cesystème, logiquement déduit des caractèrestirésdel'endochrome, est admissible.
— 28 —
ment
basé sur les caractères extérieurs desDiatomées. Bien
d'autressystèmes analogues
n'ont pas prévalu; celui deM.
Smith, fondé surde bons
caractèresparcelamême,
aune grande
valeur.Au moment
de sa publication,en
1872, l'ou-vrage de M.
Pfitzer n'avaitparu que depuis un
an, il estdonc
fort possibleque M. Smith
l'ait ignoré.En
tous cas, ilest facile
de
serendre compte que
si l'auteur avait voulu,sans
rienchanger
à ses caractères distinctifs, les disposerdans un
ordreun peu
différent, ilseraitarrivé, à trèspeu
dechose
près,au même
résultatque M.
Petit parune
voie toute différente.A quelques genres
près, dont la placeestau moins
contestable, les cinqpremières
tribusde M.
Petit sont lesRaphidéesdeM.H.
L.Smith,
lespseudo-Raphidées
correspon- dentaux
tribus 6 à 13 et lesCryptoraphidées aux
autres.<^omment
s'en étonnerpuisque
tout lemonde admet
qu'ily
a loujoursun
rapport constant entre le corps et le squelette,^•ntre
l'endochrome
et lefrustule qui estformé
par lui d'unemanière évidemment dépendante
de sa constitution.M. H.
L.Smith
n'a-t-ilconnu
les étudesde M.
Pfitzerque
trop tardpour
s'en servir,ou
les a-t-il négligéesde
parti prisdans une œuvre
qui,pour
lui, n'étaitqu'un
guideou une
clefde
classification(1) ; toujours est-ilqu'il aemployé
logique-ment
ses caractères, et est arrivé aun
résultat aussi artifi- cielque
celuiqu'on
obtient en disposant d'une façon logique les caractères deMM.
Pfitzer etP. Petit,comme
jel'aimon-
tré
dans
la note de lapage
27.Le grand
défaut actuelde
la classification deM.
Petit est d'êtreappuyé
surdes observationsencore
incomplètes, qui ont été tropvite généralisées.De nombreux
observateurs ontvoulu
vérifierl'exactitude des principes posés parMM.
Pfitzer(1) Si,au
moment
de lapublication de son travail, M. H. L. Smith neconnaissait pas lemémoirede M. Pfitzer, lalecture de cet ouvrage n'a,entouscas, nullement modifiésesidéescomme
onpeuts'enassurer en voyantcequ'il dità ce sujetdansla Synopsisdudocteur V. Heurk(texte, p. 41J.
<9Q
et Petit; leurs
recherches
n'ont pas toujours étéheureuses.Personnellement,
j'aieu
denombreux mécomptes,
etM. Leu- duges-Fortmorel,
a qui je soumettaismes
doutes,me répon-
dait: «J'aibeaucoup
étudiél'endochrome,
jen'aipas toujours réussi a voirce qu'il fallait voir; quelquefois j'aivu
lecon-
traire. »
M. Van Heurck
signaleque dans
le N. elliptica,K.
l'endochrome
a étévu
àl'état granulaire ; j'aivu
pareil faitdans
depetitesnaviculessaumatres du
JVIédoc, bien vivantes etremuantes, que
je n'aipu déterminer exactement
aumoment même,
étant à lacampagne,
loinde mes
livres et demes
instruments,
mais
qui sont, trèsprobablement,
des N.piisilla,Sm.
Il esttrès possible,comme
le soutientM. de
Castra- cane,que
l'état del'endochrome
se modifie suivant lesphases
biologiques des cellules (1). Cette opinion concilierait tout,jusqu'àun
certain point, caron
pourrait alorsadmettre que
l'état granulaire, constaté chez certainesplacochroma-
ticées, est
un
étatanormal
et transitoire,mais
toutcela n'esten somme
pasdémontré.
Si
l'endochrome
a été bien observé chez les espèces d'eau douce, il l'aété trèspeu
chez les espècesmarines.
Certaines de cesespèces, tellesque
cellesquiproviennent
dessondages,échappent généralement
à cette étude, les fossilesy échap-
peront toujours (2).M.
deBrébisson, quiavaitbeaucoup
étudiél'endochrome,
n'ajamais
cru devoir publier sesrecherches
qu'iljugeait
probablement incomplètes
; aussi les doutes sont encoregrands au
sujet debeaucoup
d'espèces etmême de quelques
genres marins.Le genre Plagiogramma,
parexemple,
estplacé, par
MM.
Petit etLeuduges-Fortmorel, dans
les Coc-cochromées
etparM.
Clèvedans
lesPlacochromées,
demême
pour
leméridion marinum,
placé par lespremiers
auteurs(1 ) Castracane : Challenger expédition
(2)L'endochrome des Diatomées marines est, en outre, très difficile à étudier etdoitêtrepourainsidireobservé surplace; lemoindre sé- jouren flacon etle pluscourt voyagel'altère généralementquandil ne
lefaitpas complètement disparaître.
- 30 -
avec
lesMéridiées (2« groupe], etparM.
Clève sous lenom
générique de
Sceptronéis aveclesSynédrées
(1«'groupe)
(1).Les caractères tirés
de l'endochrome
sont,en
outre, sipeu
variés qu'ils n'ontpermis
àM.
Petit deformer que
septou
huitgroupes ou
familles, à plus forte raison sont-ils bien inefficacespour
séparer lesgenres
et les espèces.Jecrois
donc
qu'ilne
faut pas s'illusionner à leurégard
etne
leurdemander que
ce qu'ilspeuvent nous
fournir, c'est-à- dire desrelations générales entre lesgroupes ou
des indica- tionsdans
des cas douteux, relations etindications quine
doivent, d'ailleurs, être acceptées qu'autant qu'ellesne
sont pasen désaccord formel
avec l'ensemble des autres caractères distinctifs.De
ceque
l'on trouve chezun
Hyalodiscusl'endochrome
d'un Achnantes, il faut segarder
de conclureque
cetHyalo-
discus doit être classé avec les Achnantes, encoremoins que
tousles Hyalodiscus doivent être classés avec les Achnantes.Il
y
alà l'indication d'un fait bienautrement important
d'une parenté des Hyalodiscus avecles Achnantes de ceque M.
Petit appelle lecommencement
et la fin de laSÉRIE
(2).Cette idée de Série est
encore un
legsdesanciennes
classi- fications qu'il faudrait arrivera répudiercomplètement. Dans une
listequelconque,
il faut bien disposer les espècesdans un
ordredonné,
c'est làune
nécessitéde typographie, ce n'est pas autre chose.Les genres ne
se succèdent pas lesuns aux
(0 Danssonnouveau système, M. Petitrapprochebien le méridien
marinum
(qu'ilrenferme dansun
nouveaugenre opephora) des Scep- ironeis,maisil éloignelesSceptronéisdesSynedra pourles rapprocher des Licmophora.(2) D'autant plus que lesMelosira, auxquelleson rattache générale- mentles Hyalodiscus-Podosira, ne sont pasen
somme
desCoccochro- mées^ leur endochroraeétant torraé, non degranules, mais de plaques plus ou moins nombreuses.On
conçoitquecesplaques puissent varier ennombre, jusqu'àse réduire à unesoit accidentellement, soit d'une façon permanentechez quelques espèces. Dans son nouveau système,M.
Petit replace, d'ailleurs, les Hyalodiscus avec les Mélosirées.-
31-
autres
dans un
ordre linéaire, ils dérivent tous d'uneou
plu- sieurssouches communes
etlesbranches
dérivées tantôt so réunissent entre elles, tantôt aboutissent à desformes
qui n'ontou semblent
n'avoiraucune
ramificationultérieure.Il n'y a pas plus de raison
pour commencer une
listede Diatomées parles
Cocconois,comme M.
Petit,que
par lesAmphora, comme M. H.
L.Smith. Le mieux
seraitencore de commencer, comme Donkin,
par lesNaviculaque
l'on peut considérercomme une souche commune
d'où dérivent les Cymbellées, les Achnantées, lesGomphonemées.
Les Cymbellées s'unissentaux Gomphonemées
par legenre
Brebissonia, lesGomphonemées aux
Achnantées par legenre
Rhoicosphenia;mais
toutes ces familles s'unissent plusdirectement encore aux
Navicules. Ily
aen somme,
entre toutes ces familles, alliances entre cousins.Il n'en est pas
moins
vraique
lesAmphora,
eux,ne
se sont point alliés et que, si l'on adopte lamanière
de voirde M.
Petit, les Raphoneis., qu'il peut paraître assez naturelde
réunir aux Cocconeis, restentencore
isolés.Cet isolement est-il bienréel? Je n'en crois rien, et
mon-
trerai qu'il est facile de trouver des intermédiaires entre les
Amphorées
etlesAm.phiprorées.Q[idin[aux
relations desRapho-
neis, elles sont évidentes avec les Synedrées, auxquelles
H.-L. Smith
les accolle.Les
espèces deDiatomées, comme M.
Pfitzer l'a déjà indi- qué,forment donc non une
chaîneou
ligne droite,mais une
série de ramifications divergeant d'uncertainnombre
de sou- ches et finissantpar s'anastomoser entre elles.Ces anastomo-
ses mutuellespeuvent
servir à établirun
ordre plusou moins
rationnelpour
disposer les ^spèces surlespages
d'un livre.lypographiquement
parlant, la listeaura un commencement
et
une
fin ; au pointde vue
naturel, iln'en est pas ainsi,au moins pour
lesorganismes que nous
envisageons.Nous
étions habitués à regarderlesAchnantes comme
àun
bout, les Melosira
comme
à l'autre, etvoilàque M.
Petitdé-
- 32 -
couvre une
affinitéconsidérable entre cesdeux groupes
;nous sommes heureux
de cette découverteque
l'élude de l'endo-chrome
seul pouvaitnous donner.
C'estun
jalon isolé posé entredeux groupes que
l'on considéraitcomme absolument
distincts ; d'autrespeuventvenir boucher
lesintervalles:atten- dons-les,mais nenoushàtons
pas de déclasserlesH^^alodiscus^ce serait,
comme
l'aditM. Gruuow
(1),commettre une mons-
truosité etjeter, parcet
emploi peu
judicieux, des caractères tirés del'endochrome, un
discrédit sur leur valeur qui est,comme
jene
cesserai de le répéter, considérablemais non
absolue.Si les
grandes
divisions desDiatomées
sont bien arrêtées aujourd'hui, il n'en est pas demême
des genres.Là
la diffi- culté estplusgrande
et lescaractères différentiels ontune
va- leurbeaucoup
plus contestable.L'endochrome ne nous donne presque
plusrien, et si l'on voulait créer de nouvelles divi- sionsaumoyen
de caractères biologiques, ilfaudrait avoirre- coursaux
productionscoleodermiques.
Les
classificationsanciennes
deDiatomées
étaientpresque
entièrement fondées surlesdispositions relativesdesfrustules etsur leurmanière
dese fixeraux corps étrangers.Une
réaction s'estproduite depuiset, aujourd'hui,on
atendance
à négligercomplètement
ces caractères.11
me semble
qu'ily aexagérationdans
lesdeux
sens. Ilest bienvraiqu'une Gomphonema
peut vivrelibre,qu'un
Schizo-nema
peut sortir de sa gaîuepour nager dans
l'eau ; il n'en est pasmoins
vraique
ce sontlà des états accidentels, etque généralement
leGomphonema
est stipitéou
attachéet leSchizo-nema
engaîné.Les
espèces de ce derniergenre
possèdentdonc une
propriétéque
n'ont pas les navicules ordinaires, et cette faculté de sécréterune
gaîneprouve que
leurplasma
interne,quoique en apparence
semblable, doit différer au fonds.A
plus forte raisonen
sera-t-il demême pour
certaines(1) CleveetGrunow. Beitr. z. Senntti. d. Arch. Diat., p. 116.
~ 33 -
espèces, telles
que
le Baccillariaparadoxa
bienconnu,
quine
peut, ilme
semble, être réuni aux autres nitzschiées,comme
le veulent
MM.
V.Heurck
etGrunow,
carilestdoué de mou- vements
si particuliers qu'ils indiquentévidemment une
dif- férencedans
la disposition ou lefonctionnement du plasma
interne.S'en suit-il qu'il faille revenir aux
anciennes manières de
voir etreprendre
tous les genres fondés sur les productionscoleodermiques
?Jene
le crois pas, car ces caractères n'ont pasune
valeur identique.On
peutles diviseren deux
catégo- ries, suivant qu'elles servent à réunir les frustules entreeux
ou
à des corps étrangers servant de support.Les premiers
sontdebeaucoup
les plusimportants;ils sont relativement persistants etpresque
toujoursaccompagnés
de modificationsdu
frustule, qui contribuent a les distinguer.C'est ainsi
que
les gaines desSchizonema,
Berkeleya, secon-
servent fortlongtemps
etque
les frustules de ces espècesont en
généralun
faciès particulier.Les
stipesou
coussinets qui fixentlesDiatomées aux
corps étrangers sont au contraire très fragiles et facilementdétruits.On
pourraitdonc
conserver lesgenres
fondés surlespremiers
de ces caractères qui ont,en
outre, l'avantageque
l'on peut en conserver aumoins
l'indicationdans
les préparations per-manentes
etnégligerles autres.A mon
avis, il vaudraitmieux
conserver tous ces genres,comme
l'a faitM.
P. Petit, enne
leur attribuant
cependant qu'une
valeur secondaire,ou même
en
en
constituant des sous-genres,comme
l'ontfait certains auteurs.Si des
genres nous descendons aux
espèces, la confusionaugmente
encore.Les
caractères spécifiques sontsi vagues, lesformes
de transition sinombreuses, que
l'onne
peutsou-
ventsavoirou
finitune
espèce etoù commence
lavoisine.Les uns
ont indéfiniment multiplié les espèces, les autres les ont réduites d'une façon inconsidérée. J'avoueque
je serais plustôt partisan d'une certaine multiplicité des espècesetque
3
— 34 —
jetrouve plus
simple
et plus satisfaisantpour
l'esprit d'insti- tuer des espècesque
de multiplier desvariétésnommées. Rien n'empêche
d'ailleurs,comme
l'onfaitsisouvent MM.
V.Heurck
et
Grunow, dans
l'allas desDiatomées
de Belgique, d'indiquer les affinités des espèces (entre parenthèse) avant leurnom.
Pour résumer mes
idées au sujet de la classification desDiatomées,
je diraique
j'envisageles espèces de cotte famillecomme groupées
autour decinq types quipeuvent
être repré- sentés parlescinq genres Navicula,Synedra ou
Nitzchia; Dia-toma ou
Tabellaria, BidulphiaetCoscinodiscus ou Melosira.Les deux premiers
constituent d'une façon généralelesP/accoc/jro- mées, les trois derniersdonnent
les Coccochromées.De
môme
et toujours, d'une façon générale, lepremier
constitue lesRaphidées, lesdeux
suivantsles Pseudoraphidées, lesdeux
derniers h^s Cryptoraphidées.Ces cinq
groupes
s'unissent trèsnaturellement
entreeux
etde
plusieurs manières. Il seraittroplong
d'aborder icil'étudede
toutes ces affinités de formes, d'autant plusque
ce travail estuniquement
consacréaux Diatomées
marines. J'ai dit plus haut qu'entre lepremier
et lecinquième
groupe,on
peutsoupçonner
des affinités qui, cependant, sont loin d'être établies.Sans
aller,comme M.
P. Petit,jusqu'àdireque
lesCocconeis ont desaffinitésavec
lesMonades.
Je ferairemarquer
plustôtque
par la faculté demouvement dont
elles jouissent,beau- coup
d'espècesdu
typeNumcula
serapprochent certainement de
la vieanimale, bien qu'ilne
puisse subsisteraucun
doutepour moi
sur leurnaturefranchement
végétale. Cette facultéde mouvement,
quise retrouveencore dans
certaines espècesdu
type suivant, disparaîtdans
les autres etil estincontesta- bleque
les melosirées ont des rapports avec les conferves supérieures.Quant
à l'établissement d'une liste, il faut reconnaîtreque
l'ordre établiparles
travauxde MM. Grunow,
ITitzer, Petit, Clève, etc. et basé,d'une façon générale, surl'endochrome,
est- 35 -
plussatisfaisant
que
celuideM. H.-L. Smith,
touten nous
ren- dant biencompte
qu'il n'y a làqu'une apparence
etque
l'on pourraitreproduire,àbienpeu
dochose
près, lepremier sys-
tème, en disposant d'une autre façon les caractères distinctifsdu
second.Les
principales listes deDiatomées marines,
établies sui- vantce système, sont colles doMM.
P. Potit,Campbel, 1877
;
Grunow, mer Caspienne 1878
;Leuduger-Fortmorel,
Côtes-du-Nord
etCeyhin,1879
; Clève etGrunow,
Diat. artiques,1880
;
Clève,
Véga, 1883;
sanscompter
celleque
j'aipubliée en1884
etqui,
comme
la suivante, a été établieen combinant
autantque
possible lesfamilles etgenres
demes
prédécesseurs, ce qui n'est pas toujours facile,comme
je l'ai laissé entrevoir plushaut.BIBLIOGRAPHIE
J'aurais pu, àla suite de
chaque
espèce indiquéedans ma
liste,
donner
sa bibliographie àpeu
près complète. Ilm'au-
rait suffi,
pour
cola,de
laprendre dans Habirshaw
et de la reproduire.Jene
l'ai pas fait, d'abordpour ne
pas allongeroutre-mesure
cemémoire,
oten
suiteparceque
c'estinutile àmon
avis.Tous ceux
qui ont faitbeaucoup
derecherches
bibliogra- phiques sur lesDiatomées,
saventcombien
diffèrent souvent les figures d'unemême
espèce,donnée
pardifférentsautours.Cela tient à ce
que souvent
les dessins ont été faits par des dessinateurs étrangers auxDiatomées^
et qui ont interprêté à leurmanière
le sujetou
le dessin qu'ils avaient àrepro*
duire. Cela tient aussi
aux
incertitudesque
présente lasy- nonymie
et qui sont tellesque
souvent, lorsqu'on peutcon-
trôler les types dos autours,on
les trouve différents des dessinsdonnés
par d'autres auteursou même
par ceux-làmême
qui ontconstitué les espèces.— 36 -
L'insuffisance des descriptions
pour
définirdes êtressem-
blables et l'absence debonnes
figures audébut
des études sur lesDiatomées
ontamené une
confusion donton ne
se délivreraque peu
àpeu
et parla multiplication des figures types bien dessinéesou photograpraphiées
(1).C'estpourquoi,
dans ma
liste, jeme
suismontré extrême- ment
avarede synonymie
et n'aidonné, comme
bibliogra- phie,que
l'indication de la figure des auteurs quim'a
servi àdéterminer chaque
espèce.Toute
confusion estainsi évitée, car lorsquejementionne,
parexemple,
Hyalodiscus Stelliger, Bailey (V.H.
Syn., 84, f. 1, 2), j'entends parler d'uneforme
identique à celle qui est figuréedans
l'atlasdoVan Hourck, planche
84, figure 1, 2, etnon
de toutautre qui aitpu
être décrite etfigurée par tout autre auteur, voire parBailey
lui-même,
laissant àM. Van Heurck,
qui a ses raisons d'agir ainsi, la responsabilitéde
sonidentification, qui est,dans
ce cas, en désaccord avec cellesde MM.
P. Petit et Môlleren
particulier.La
liste bibliographiqueque
jedonne
ci-après est le cata- logue desouvrages
surlesDiatomées que
contientma
biblio-thèque,à l'exclusion deslivres surla
micrographie
générale, etque
j'aieu
àma
dispositionpour mon
travail.Tous
cesouvrages
consistent principalement enbrochures que
l'onne
peut seprocurer
qu'aumoyen
d'efforts longs, patients etcoûteux.En
attendantmieux,
j'aidû
copierou
re- produirephotographiquement un
certainnombre
de cesbro-
chures, lesdépenses
nécessaires à leur acquisitionne me
semblant
pas proportionnelles à l'avantageque
j'en aurais(1) Le magnifiquetravailde
MM.
TruanetWill, sur lesDiatomées fossiles d'Halli, vientde montrertout leparti que l'on peut tirer dela photographie directe des Diatoméespour la constitutiondeplanclies.Cellesdecetouvrage
me
semblentavoirété faites en découpantetcol- lant côte à côte des photographies de Diatomées; les planchesainsi constituéesont étérephotographiées et tirées par les procédés photo- typiques.— 37 —
pu
retirer^ etj'ai signalé cesouvrages dans ma
liste, parun
astérisque.Pour
la plupart desmémoires de
lapremière
sériedu
journal anglais demicrographie,
je n'aique
desrepro-
ductions desplanches que
je dois à l'obligeancede
M.Leu- duges-Forlmorel. Les
clichésde
ces planches,que
j'ai fait tirerau nombre
de 31, sont à la dispositionde ceux de mes
confrères qui
pourront
l'es désirer, ainsique
tous renseigne-ments ou communications
temporaires,concernant
lesou-
vrages dema
bibliothèqueDiatomique.
Jepense que de
pareilscatalogues, publiés parceux
qui ontpu
recueillir desbrochures
rares, seraient très utilesà tout lemonde
:M.
J.Deby en
adonné
l'exemple, et bienque
jene
puisecom-
parer
ma modeste
bibliothèque à sa riche collection, je l'imite, ici,en
espérant avoir l'occasion d'être utile,dans
la limite demes moyens,
àceux
qui s'occupent deDiatomées.
Au
fonds, l'utilité debeaucoup
de cesbrochures
estfortproblématique,
etjene
saurais tropencourager
lesdébutants àne
pas éparpiller leurs ressources et les consacrer tout d'abord à l'achat desouvrages généralement
les plus coû- teux,mais
les plusutiles, telsque ceux
deMM. Schmidt, Van Heurck,
Clève,Grunow, Brun,
etc. (1).Les deux
premiers, surtout,me semblent
devoirfairelefondement
detoute biblio-thèque
sur lesDiatomées. Le premier
serait horsde
pair s'il arrivaitjamais
à se compléter.Le
répertoired'Habirshaw
estpresque
indispensable àceux
qui possèdentune
bibliothèqueun peu
étendue etun peu
variée sur lesDiatomées.
Il està regretterque
les effortsfaitspour
le publieren
librairie aient échoué, etque
l'onen
soitréduit soit à le copierde
samain,
ce quin'estpas petite besogne, soità se disputer à des prix exorbitants lesquelques exemplaires
qui sonten
circula- tions.(1) Le petitouvrage de M. Brunsur les Diatomées des Alpeset
du
Jura, est très bon marchéetpeut, à lui seul, servirà déterminer pres- quetoutes nos Diatoméesd'eau douce.