FACULTÉ
DEMÉDECINE
ETDE PHARMACIE
DEBORDEAUX
ANNÉE 1897-1893 I*. 113
De quelques Rapports
DU
NERF FACIAL ET DE L'OREILLE
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
présentée et soutenue
publiquement le
29Juillet 1898
PAR
Jean
NEMTZOGLOU
Né à Philippopoli (Bulgarie), le 15 Décembre
1872
MM. DEMONS professeur Préaident.
BADAL professeur.... I BRAQUEHAYE agrégé ; J"des-
MOUPiE chargé decours1
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront
faites
surles
diverses parties de l'Enseignement
médical.
Examinateurs de la Thèse:
BORDEAUX
IMPRIMERIE DU MIDI — PAUL
GASSIGNOL
91 — RUE PORTE-DIJliÀUX — 91 1898
Facilité de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux
M. DE NABIAS, doyen — M. PITRES, doyen honoraire.
PROFESSEURS
MM. MIGÉ \
AZAM DUPUY MOUSSOUS
Professeurs honoraires.
MM.
rr . • . t PICOT.
Cliniqueinterne
j
pjqq^ggnl. . , \ DEMONS.
Clinique externe <
Pathologie et théra¬
peutique générales.
Thérapeutique
Médecine opératoire. Clinique ,d'accouche¬
ments
Anatomie pathologi¬
que COYNE.
Anatomie BOUCHARD.
Anatomie générale et
histologie VIAULT.
Physiologie JOLYET.
Hygiène LAYET.
AGRÉGÉS LANELONGUE.
VERGELY.
ARNOZAN.
MASSE.
N...
EW
Médecinelégale Physique Chimie
Histoire naturelle ...
Pharmacie
Matière médicale....
Médecine expérimen¬
tale
Clinique ophtalmolo¬
gique
Clinique desmaladies chirurgicalesdes en¬
fants
Clinique gynécologique Cliniquemédicale des maladiesd<senfants Chimiebiologique... EXERCICE :
MM.
MORACHE.
BERGON1É.
BLAREZ.
GUILLAUD.
FIGUIER.
de NABIAS.
FERRÉ.
BADAL.
PIECHAUD.
BOURSIER.
A. MOUSSOUS.
DENIGÈS.
sectionMM.de médecine (Pathologie interneet Médecinelégale.) MESNARD. | MM. SABRAZ^S.
CASSAET. | Le DANTEC.
AU'GHu.
sectionde chirurgieet accouchements IMM. YILLAR.
Pathologie
externe]
BINAUD.f BRAQUEHAYE
Accouchements.. \MM. RIVIÈRE.
•/ CHAMBRELE NT
Anatomie,
Physique.
sectiondessciencesanatomiques etphysiologiques
)MM. PRINCETEAU | Physiologie MM. PACHON CANNIEU. | Histoirenaturelle BEILLE.
section des sciences physiques
. MM. SIGALAS. | Pharmacie M. BARTHE.
COURS CORPfiÉII13ni TAI R FS :
Clinique des maladiescutanées etsyphilitiques MM,
Clinique des maladies des voies urinaires Maladies du larynx, des oreilles etdu nez
Maladies mentales
Pathologie interne Pathologie externe Accouchements Chimie
Physiologie Embryologie Pathologie oculaire Hydrologieet Minéralogie
DUBREUILH.
POUSSON.
MOURE.
RÉGIS.
RONDOT.
DENUCÉ.
RIVIÈRE.
DUPOUY.
PACHON.
CANNIEU.
LAGRANGE.
N...
Le Secrétaire de la Faculté: LEMA1RE.
Par délibération du 5 août1879, la Facultéaarrêté que les opinions émises dansles Thesesqui lui sontprésentées doiventêtre considérées commepropresàleursauteurs, et
qu'ellen'entendleurdonnerniapprobation niimprobation.
A LA MEMOIRE
VÉNÉRÉE
DE MES PARENTSA MES SŒURS
A MON FRÈRE
A MES COUSINES ET A MES
COUSINS
A MONSIEUR LE DOCTEUR ANTONIADÈS
et
A MONSIEUR
QIIUMIS-GHÈRDAN
Témoignage de profonde reconnaissance.
MEIS ET A MICIS
A MES MAITRES
A MONSIEUR LE DOCTEUR
AUCHÉ
MÉDECIN DES HOPITAUX
CHEF DES TRAVAUX D'ANATOMIE PATHOLOGIQUE PROFESSEUR AGRÉGÉ A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX
A MONSIEUR GEORGES
LIARAS
PREMIER INTERNE A L'HOPITAL
SAINT-ANDRÉ
A mon Président de Thèse
MONSIEUR LE DOCTEUR DEMONS
PROFESSEUR DE CLINIQUE CHIRURGICALE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE
DE BORDEAUX.
OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
AVANT-PROPOS
Lesrelations du facial et de
l'appareil auditif sont très
intimes, au pointque
Roche
a pudire
quetoutes les paraly¬
sies faciales étaientd'origine otique.
Quand on examine un
sujet atteint de paralysie faciale
périphérique, le premier des points
quel'on
songeà élucider
tout d'abord, c'est
l'état
del'appareil auditif. Le malade
avait-il
déjà
del'otorrhée
oubien est-ce seulement de ces
joursderniers qu'il souffre de
sesoreilles? Gomment est son
audition?Le tympan
est-il normal
oualtéré; enfin, l'apophyse
est-elle tuméfiée ou douloureuse à la
pression
:le malade n'éprouve-t-il
pasde douleurs spontanées dans cette région?
C'estseulement
après avoir éliminé, s'il n'est
pasen ques¬
tion, ce grand
facteur étiologique,
quel'on
ale droit de
rechercher si l'affection est due au
froid,
aurhumatisme,
etc., etc.
Cette connexité du nerf dela
septième paire et de l'oreille
est connue et décrite depuisassez
longtemps.
Déjà, en 1836,
Deleau signalait les effets pathologiques de
quelques
lésions de l'oreille
moyennesur les muscles de
l'expression de la face {Bull, de l'Acad. deméd., 1836).
Grisolle, en 1837
(Arch. génér. de méd.), signalait un cas
de
paralysie de la face
parcompression de la septième paire
parun
tubercule dans l'oreille.
Enfin, en 1857, Deleau
rapporte aussi
uneobservation de
paralysie du
nerf facial produite dans un cas de lésion de l'o¬
reillemoyenne,
et
avecRoche il écrit, exagération sur laquelle
onestrevenubien vite,que
toutes les paralysies faciales péri-
— 10 —
pliériques
sont dues à des lésions de l'oreille. Ceci pour indi¬quer déjà combien sont intimes les relations du nerf facial et de
l'appareil
auditif, ce que nous essaierons de prouver plusamplement
dans le courant de notrethèse. Ces relations peuvent,d'ailleurs,
être envisagées à trois points de vue dif¬férents,
points devue qui ferontl'objet
des troisprincipaux paragraphes
de notre travail.Anatomiquement,
quels sont les rapports du nerf et del'appareil
de l'ouïe?Physiologiquement,
quels sont-ils?Enfin, en
pathologie,
comment se comporte le facial en regard de certaines affections de l'oreille?Nous n'avons pas eu, dans ce
travail,
l'intention de rap¬porter des faits nouveaux : nos prétentions sont infiniment plus
modestes,
etpour cause; mais ceque nous avons voulufaire, c'est grouper des notions connues
déjà, éparses
de droite etdegauche; réunir celles-ci en une revue d'ensemble qui pourrait constituer unepartie duchapitre
del'étiologie
des
paralysies
facialesd'origine otique.
Ce ne serait là,
d'ailleurs,
qu'un paragraphe, le premierchapitre
de lalongue
étude de cettecatégorie
bienspéciale deparalysies
dunerf de la septième paire.A ceux qui viendrontaprès
nousle soin d'achever ce travail.f
Arrivé au terme de nos études et sur lepoint de retourner dans notre pays natal, nous éprouvons un sentiment de tris¬
tesse à l'idée de quitter un milieu de maîtreséminents et de camarades
sympathiques,
danslequel
nous avons vécu pen¬dant
cinq
ans.Ce sentiment de tristesse s'accentue encore à l'idée de quitter cette France si
hospitalière, qui
a été pour nous,qui restera dans notre cœur, comme une seconde patrie.
Nous emporterons avec nous l'admiration de tout ce que nous avons vu et nous ferons tous nos efforts pour rendre
sympathique
à notre Bulgarie cette France que sonéloigne-
ment seul pourrait peut-être empêcher
d'apprécier
à sa va¬leur.
— 11 —
Aux maîtres qui nous ont témoigné de la
bienveillance,
nous adressons ici l'expression de notre respectueuse recon¬
naissance.
M. Baudrimont, chirurgien des hôpitaux, a dirigé nos
premiers
pasdans les études médicales;
nousle remercions
vivement detout l'intérêt qu'ilnous a
témoigné.
Nous avons été l'élève de MM. le professeur
Piéchaud
et Moure, chargé de coursà la Faculté.
Leursexcellentes
leçonsrestent gravées dans notre mémoire, et
nousn'avons
que
le
regretd'avoir fait
unséjour trop court dans leurs
services.
M. le professeur Démons
vient de
nousdonner la
mesure de toute la bienveillancequ'il
a pour nous en nousfaisant
l'honneur d'accepter la
présidence de notre thèse;
nouslui
adressons
l'expression de notre plus vive gratitude.
IKy.
ySyt'^SY'
.
. W .
' - ■ . .. ■ .
'V'
• ■; y •
. .
t:
,;■
.
.
*
■
sSîyy:v-yy'y :■ , .y. Y.y ; ;--y , v. ; , ...
y-Y}.".y.Yyyf.:y
CHAPITRE PREMIER
Considérations
anatomiques.
Avantdecommencer ce
petit chapitre,
noustenons à dire
que nous supposerons connues
la configuration de l'oreille
etcellede la mastoïde etque,
partant,
nous nouscontenterons
destrictement indiquer
le voisinage du facial
sansreprendre
la
question ab
ovoet décrire des détails anatomiques que l'on
retrouve partout et
qui sortiraient
un peude notre sujet.
Lenerffacial parcourt
le conduit auditif interne avec le
nerfacoustique,
placé dans
unegouttière que présente la
facesupérieure
de
cedernier nerf. Arrivé au fond du con¬
duitauditif interne, il sesépare
du nerf acoustique et pénè¬
tre dans le canal deFallope qui
lui est destiné;
aveccecanal,
ilse dirige
horizontalement
enavant et
endehors
;après un
court trajet, il se
courbe brusquement
enarrière, étant situé
dans cette
partie du canal de Fallope qui surmonte quelque
peu la
partie supérieure de la paroi interne de la caisse du
tympan.
Arrivé à la limite postérieure de cette caisse, il se
courbe une seconde foissur
lui-même et prend une direction
verticale pour
sortir bientôt
parl'orifice inférieur du canal
de
Fallope
outrou stylo-mastoïdien.
Dans tout ce trajet,
le nerf facial affecte des rapports étroits
avec l'oreille interne, la moyenne
et le conduit auditif ex¬
terne.
Autrement dit, le
nerf facial, dans l'aqueduc, présente
comme lecanal osseuxlui-même
deux coudes
ouangles et
trois
portions
: unepremière portion, horizontale et antéro-
— 14 —
postérieure, longue
de 3 à 5millimètres,
qui va du fond du conduit auditif interne au premier coudeou angle, celui-cisetrouve situé en regard de l'hiatus de
Fallope;
une deuxième portiontransversale,
légèrementoblique
de dedansendehors et de haut en bas, allant d'un coude àl'autre,
etmesurant de 10à 12 millimètresdelongueur
; une troisième portion enfin,dirigée
verticalementenbaset s'étendantdu deuxièmecoude au troustylo-mastoïdien,
elle mesure 10 à 12 millimètres.De son angle à
l'aditus,
le canal deFallope
et le nerffacialse trouvent à la paroi internede l'oreille moyenne, non à la paroi interne de la caisse, mais à celle de la logedes osselets,
loge
qui surmonte la caisse; son trajet tout entier est donc au-dessus du bordsupérieur du cadretvmpanal
et, en sup¬posant le
tympan détruit,
il ne serait pas visible parl'exa¬men
otoscopique.
Sur cette paroi interne de la loge, il est situé au-dessous du canaldemi-circulaire
externe,au-dessusdelà fenêtreovale où
s'applique
rétrier.Ces rapports du nerf facial avecl'oreille interne et l'oreille moyenne sont d'autant plus intimes en ce point, que les parois du canal de
Fallope
font partie, avec les parois descanaux
demi-circulaires
et dulimaçon,
d'un même massifde tissu compact. *
En arrière du bord postérieur de la fenêtre ovale, le nerf facial se trouve au niveau du seuil de l'aditus ad antrum à
sa partie interne. Il croise
obliquement
ceseuil de dedans endehors et légèrementd'avant en
arrière,
protégé par le tissu compact qui le compose,formant,
pour ainsidire,
la corde¬lière du bissac constitué en avant par la loge des osselets et la caisse, en arrière par l'antre.
Du seuil de l'aditus au trou
stylo-mastoïdien,
lefacial,
dé¬crivantunanglepresque droitavec lapartie que nous venons de
décrire/se
dirige de hauten bas et de dedans endehors,
logé dans toute cette étendue de son trajet dans la lame de tissu compact qui borneen avant lescellulesmastoïdiennes,
constituant ce que M. Gellé a récemment appelé ajuste titre lejnassifosseux du facial.
— 15 —
Dans sonparcours, dit celui-ci, le facial croise le bord pos¬
térieurdu cadre
tympanal.
Lepoint de
cet entrecroisementest à peu
près dans le
planhorizontal
passant par Fumbo.Ace niveau, le canal de Fallope n'est pas distant de plus de
3 millimètres, et souvent de 2 millimètres, de la surface du conduit auriculaire. En dehors du cadre dans sa portion
extra-tympanique, le canal de Fallope descend derrière la
paroi duconduit, faisant
corps avecelle
etdans
uneétendue
de 5 millimètresà peu
près, s'approchant
de 3à
4millimètres
de la surface ; ce rapport cesse
à
une distancede
5millimè¬
tres à peu
près
endehors du bord inférieur du cadre tympa¬
nal
(limite du sinus prétympanique).
Lecanal s'écarte
ensuite et descend vers le trou
stylo-mastoïdien.
Dans la portion intra-tympaniquede même
quedans l'extra-tympa-
nique de son trajet, lefacial
ne quitte passes rapportsoti-
ques si étroits. Il ne cesse pas
d'être vulnérable
pourles
affections suppuratives de
l'oreille.
L'épaisseur
du massif osseux compactdu facial est très
variable suivant les points.
Elle
est, en moyenne, auniveau
du cadre tympanal et de
la partie postérieure du conduit
auditif externe, de 3 à 4
millimètres; au-dessous du
con¬duit, elle devient double.
Tels sont les rapports du
canal du facial
avecl'oreille
moyenne et
le conduit auditif externe. Dans certains
cas,la
minceparoi osseuse qui
sépare le nerf des cavités auriculai¬
res peut
complètement
manquer.Cela
sevoit souvent à la face
interne de la loge des osselets, un peu enavant
de la fenêtre
ovale et à la paroi postérieure
du conduit auditif, à quelques
millimètresendehors du tympan.
Là,
eneffet, le massif
os¬seux peut être creusé de
dépressions, soit du côté du conduit
qu'il borde en avant, soit du côté des
cellules mastoïdiennes
qu'il borde enarrière; dansl'un
etl'autre
cas,l'infection du
facial devient fatale. Le nerf émet les branches suivantes : 1° Branches intra-pétreuses. — Grand nerfpétreux,
parti
du sommet du ganglion
géniculé qui
occupele coude du
canal de Fallope situé en avant
de la loge des osselets
;le
— 16 —
'petitpétreux,
parti del'angle
antérieur du même ganglion.L'un etl'autre destinés à l'innervation motrice du voile du palais? Le nerf du musclede l'étrier qui naît de la portion verticale du
facial,
un peu au-dessousde la pyramide, pour aller en haut eten avant ets'engager
dans un conduit spé¬cial qui le mène au muscle de l'étrier. La corde du
tympan,
qui se sépare du facial à 4 ou5 millimètres au-dessus du troustylo-mastoïdien, s'engage
ensuite dans un conduit propre etpénètre dans l'oreille moyennepar un orifice situé sur la paroi postérieure de la caisse au niveau dutympan.
Enfin la dernière des branchesintra-pétreuses,
rameau anastomo- tique étendu du facial au pneumo-gastrique, part du pre¬mier deces nerfs au môme niveau que la corde du tympan.
• 2° Branches extra-pétreuses. — Branches qui naissent du facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien et qui sont: le
rameau
anastomotique
avec lestylo-mastoïdien,
le rameau auriculairepostérieur,
le rameaudigastrique,
le rameaustylo-hyoïdien,
enfin le rameau destiné aux muscles stylo- glosse etpalato-glosse.
Ilest,
évidemment,
trèsimportant
d'être fixé sur la topo¬graphie du facial dans le rocher pour les interventions où l'on cherche à mettre à nu la caisse et à réunir les cavités accessoires de l'oreille. Pour s'en rendre compte,il n'est rien de tel que les coupes osseuses.
Sur des coupes
horizontales,
à 2 millimètres environ enarrière de la paroi
postéro-supérieure
de la caisse, se trouve le nerf dansson canal osseux immédiatement au-dessus de la fenêtre ovale, situé à environ 15 millimètres de la surface de l'os.Mais unecoupe horizontale passant par le bord supé¬rieur du conduit auditif ne touche pas ce nerf, car à ce niveau il est situé profondément et son trajet se traduit
sous forme d'un relief osseux,
l'aqueduc
occupant la paroi interne etpostérieure de la caisse.Sur une coupe passant par le milieu du conduit auditif osseux, on le voit se mettre en rapport avec la paroi posté¬
rieure de ce canal, comme il est aiséde le constater par une série de coupes de
plus
enplus
inférieures.— 17 —
Ces rapportsavecl'oreille etses cavitésontune
importance
d'autantplus grande qu'ils expliquentcomment une lésion de cet organe, lésion quelle qu'elle soit, peut rapidement
retentir sur son premier voisin, le nerf, ainsi que nous le
verrons dans la dernière partie decetravail. Ilimporteaussi, àunautre point de vue, de tenir compte de ces rapports anatomiques.
En effet, quand on intervient sur l'oreille moyenne par le méat et leconduit, soit pour enlever des osselets, soit pour curetter la caisse, on estexposé à intéresser le facial, cequi arrive parfois pour le plus grand ennui de
l'opérateur.
Les rapports du voisinage immédiat du nerf et de la caisse, les anomalies de situation de celui-ci commandentauchirurgien beaucoup de prudence dans le maniement de sa curette. Il faut dire toutefois que cette complication peut survenir malgré toutes les précautions prises pourl'éviter.D'autre part, quand on a à intervenir sur l'oreille et ses cavitésaccessoires,etl'ona fréquemment l'occasion de lefaire depuis quel'on a posé les indications
précises
de ces sortes d'interventions, on doit se souvenirqu'ily a à éviter la partie antérieure del'apophyse mastoïde quirépond
au bord posté¬rieur du conduit dans son tiers inférieur. Ace niveau, en effet, le nerf facial devient plus
superficiel
et court le risqued'être lésé. Dans la moitié supérieure, au
contraire, il
est en rapportavec la paroipostérieure de l'aditus.
Detelle
sorteque si l'on faitune coupedu
rocher dans le
sensantéro-posté-
rieur,on constatequelefacial, tout
enparcourant l'itinéraire
que nous avons
déjà indiqué, émerge dans
unplan plus
extérieur quecelui par
où il
est entréet
que,tout compte fait,
il suit une direction oblique de
haut
enbas et de dedans
en dehors.C'est àcausedecesrapports trop
immédiats
queseproduit
' parfois,au coursd'unévidementpétro-mastoïdien, la paralysie
faciale post-opératoire.
C'est
pourne pasavoir suffisamment
tenu compte de ce
voisinage trop intime
quel'on commet
cette faute lourde; les meilleurs
auxiliaires du chirurgien
Nemt. 3
— 18 —
pour
éviter
cettecomplication
sont donc,d'abord,
laconnais¬sance desrapports anatomiques, ensuite
l'habitude,
enfin, le merveilleux instrument protecteur de Stacke. Dans ces con¬ditions,on évite à peu
près
sûrement le nerf ; pournous, quiavons vu
opérer
un très grand nombre de cure radicale d'otorrhée parlaméthode Stacke à laClinique
de M. Moure,nous n'avons guère vu qu'une seule fois
côtoyer
de très prèsle facial, mais
côtoyer seulement, puisqu'il
ne se produisit qu'unesimple
contraction toutà fait passagère des muscles commandés par ce nerf.* CHAPITRE II
Physiologie normale et pathologique.
Le facial innervetous les muscles
peauciers de la face
etdu crâne. Par là, il tient soussa
dépendance
les mouvementsdu
pavillon
del'oreille.
Onsait queles
muscles annexés à
cet organe sedivisent
endeux groupes distincts :
les muscles intrinsèques et les
extrinsèques.Les premiers, au nombre de
six,
sont :le grand muscle de
l'hélix, lepetit musclede l'hélix, le muscle du tragus, celui
de l'antitragus, le transverse et
le muscle oblique. Or, le
facial fournitexclusivement lesbranchesnerveuses motrices de tout ce groupe
musculaire. Quel rôle joue-t-il
surcet
organe? Il estdifficile d'admettre que,
chez l'homme, il puisse
produire des effetsnotables
aupoint de
vuedu déplacement
des différentesparties du pavillon.
Chez l'animal, qui possède
à un état de développement
parfait
cesmuscles
quel'homme
a simplement
à
l'état dedébris
ancestraux,ceux-ci peuvent,
enmodifiant la forme générale du pavillon,
influencer diq
même coupla
réflexion des ondes
sonoreset,
enmodifiant
dans ses dimensions l'entrée du conduit auditif, doser pour ainsi dire la
quantité d'ondes
sonoresqui pénétreront
dans ce conduit pour frapper
la membrane du tympan
(Testut).Chezl'homme, il n'en est évidemment pas ainsi,
malgré
les
expériences
de Ziemssen etDuchesne, tendant à faire
admettre queles muscles
du
traguset de l'antitragus sont
s— 20 —
les muscles constricteurs du conduit auditif, ceux de l'hélix et de l'antihélix des musclesdilatateurs. Ce qu'il y a à noter dans
l'espèce,
c'est que ces mouvements,que l'on peut pro¬duiregrâce à
l'électricité, la
volonté estimpuissante
à les reproduire.Les muscles
extrinsèques
sont au nombre de trois: l'auri¬culairesupérieur, l'auriculaire
antérieur,
l'auriculaire posté¬rieur
impriment
aux pavillons des mouvements de totalité, chacun provoquant un mouvement particulier suivant la direction même de sesfibres,
le muscle auriculaire supé¬rieurporte lepavillon en haut, l'antérieur enavant, le posté¬
rieur en arrière.
Cesmouvements, généralement étenduschez les
animaux,
sont
beaucoup
plus faibles chezl'homme,
cela ne tient pas au défautd'innervation,
le facial, en effet, envoie des rameaux nerveux encore assezvolumineux,
mais à la trans¬formation fibreusede partie ou tout le muscle, tissu fibreux qui
échappe
à la volonté.Très
exceptionnellement,
les sujets peuvent, àvolonté,
mouvoir leur pavillon en
haut,
en avant etenarrière.0. Ber¬ger notammenta observéun malade quiavait normalement la faculté de mouvoir ses oreilles et qui la perdit pendant toute la durée de la paralysie.
Chez les animaux, le lapin etle chien par exemple, il n'en est pasainsi. Chez ce
dernier,
il existe deux groupes de muscles à sonoreille externe : 1° les muscles situés dans le pavillon(intrinsèques);
2° les muscles qui font mouvoir cepavillon comme un tout
homogène.
Tous ces muscles, nais¬sant sur la tête ou le cartilage
scutiforme,
se portent vers la conque et le scutuin de l'oreille. Cesmusclesextrinsèques
sont divisésen deux couches: la
superficielle,
composée du muscle scutellaire qui fixe le cartilage scutiforme et relève le pavillon, reçoit une partie de son innervation motrice de la branche zygomatique dufacial;
l'auriculairesupérieur
relèvele pavillon dansla position où l'ouverture de l'oreille est dirigée endehors etun peu du côté
aboral;
l'auriculaire— 21 —
antérieur,qui place
l'ouverture du pavillon
enavant; l'abais-
seurdu
pavillon, qui attire le pavillon
enbas; l'auriculaire postérieur, qui dirige l'ouverture du pavillon
endehors,
attire aussi l'ouverture du pavillon en
arrière.
Tousces muscles sont largement et exclusivement in¬
nervésau point de vue
rnotèur
parle facial; c'est le nerf
auriculaire
postérieur
ousupérieur qui, né du facial, monte
versl'oreille à la surface externe du tendon commun du trachélo-mastoïdien et du splénius, se
distribue
enplu¬
sieurs branches qui vont au
pavillon de l'oreille. Il suit le
même trajetou à peu
près
quele nerf auriculaire interne
qui,naissant
avecle précédent dans le trou stylo-mastoïdien,
traverse la
parotide
et sedirige
vers unorifice du limaçon;
il pénètre par
celui-ci dans le pavillon de l'oreille auquel il
se distribue, l'une des
branches terminales du facial, le zygomatico-temporal envoie des filets auriculaires antérieurs
au muscle de l'antitragus,
à l'auriculaire antérieur et
au seutellaire; enfin, lefacial,
par un rameauzygomatique,
vaencore commander à la musculature du
pavillon. Tout ceci,
pour
bien établir
quesi le pavillon de l'oreille est bien cons¬
titué, mieuxque
chez l'homme,
aupoint de
vuemusculaire,
cette musculature est absolument et manifestementsous
la
dépendancedu facial.
Que si
l'on
veutdonc avoir
uneidée de l'action que peut
avoirce nerf sur l'audition chez l'homme, le
chien est
un typeidéal d'expérimentation où les phénomènes beaucoup
plus accusés
sont faciles à observer.
Chez lui, le pavillon est
entièrement mobile,
aupoint qu'il
peut le
diriger
par unmouvement volontaire dans la direc¬
tion dubruit.
Or, quand par
l'expérimentation
onarrive à supprimer
l'action du facial, l'oreille reste pendante
et
nepeut exécuter
aucun mouvement.
On peut
arriver à réaliser expérimentalement cet état par
la méthode suivante
qu'emploient Jolvet et Laffont
: «Après
avoir fait une incision derrière l'oreille, on met
à
nula
por-tion d'oscompriseentre laligne courbe occipitale supérieure et le
condyle.
On enlève cette portion d'os. On pénètre dans le crâne avec un instrument tranchant que l'ondirige
vers l'œil du côté opposé. On ne tarde pas à sentir la saillie for¬mée par la face postérieure du rocher. En raclant cette face
postérieure,
on parvient à couper le nerf. »L'arrachementdu facial ne peut se faire chez le chien à
causede la densité du tissu
conjonctif.
D'autre part,
lorsque,
chez lelapin,
onpratique,
à lafaçon
de Cl. Bernard, l'arrachement du facial, petite opération
assez aisée,
l'oreille,
qui est encorelongue
chez cet animal, tombe dès qu'a été faite la section du nerf.Un autre organe de l'oreille reçoit son innervation du
facial, c'est le muscle de l'audition. Comme celui-ci joue
un grand rôleau point de vue de
l'audition,
nousinsisteronsun peu à ce sujet.
On sait que le muscle de l'étrier est renfermé dans un canal osseux dit canal de la pyramide, qui vient s'ouvrir sur la partie postérieure de la caisse. Il naît en bas, dans le fond du canal ; de là, il se porte verticalement en
haut,
parallèle¬ment au
facial,
qui est situé en arrière ; cettedirection,
il laconservedans la
plus
gronde partie de son étendue et ce n'est qu'à son extrémité supérieure qu'il s'infléchit en avant,comme le canal oùil est contenu, pour se jeter sur un ten¬
don grêle. Ce dernier sort du canal par un petit orificecir¬
culaire du sommet de la pyramide, traverse horizontalement la partie de la caisse qui
sépare
la pyramide de l'étrier et vient s'attacher à ce dernier os, soit sur le bord postérieur dela tête, soit sur son col. La longueur est de8millimètres,
dont 6 pour sa portion pyramidale et 2 pour sa portion libre.
Ce musclereçoit son innervation de la portion du facial qui est contenue dans
l'aqueduc.
Cette branche nerveusenaît, ainsi que nous l'avons vu, de la portion verticale du
facial,
un peu au-dessous de la pyramide pour aller,en hautet enavant, s'engager dansun
conduit spécial qui la mène
au muscle. Chez les nouveau-nés, il y a
communication
directede la portion
inférieure de la cavité musculaire
avecle canal facial ; chez
l'adulte, il existe
une ouplusieurs fis¬
sures
allongées
entrel'éminence du muscle et le canal facial
où lesenveloppes
fibreuses de tissu conjonctif du muscle et
du nerfse touchent et se
confondent. Le nerf
va aumuscle
oubien par une
petite ouverture spéciale, ou par ces fis¬
sures
(Politzer).
Politzer, utilisant la
voie expérimentale,
adémontré que
le muscle du marteau est
innervé
parle trijumeau et
quecelui de l'étrier l'estpar une
branche du facial.
Il a
procédé de la façon suivante
: «Sur un chien venant
d'être tué, la tête fut
rapidement séparée du tronc et les
tissus de la caisse mis à nu,
après ouverture de la cavité
osseuse sur la faceinférieure de la
tête. Puis le
cerveaufut
enlevé du crâneouvert, et les bouts
du trijumeau, du facial,
du
glosso-pharyngien, du
vaguset de l'accessoire de Willis
furent isolés etexcités l'un
après l'autre. A chaque excitation
du trijumeau
il
yeut
unmouvement du marteau dans la
caisse,
qui devenait surtout apparent si l'on détachait la
membrane
tympanique de la périphérie. Une deuxième
expérience, dans laquelle fut obtenue la contraction du mus¬
cle tenseur
tympanique,
aconsisté dans l'introduction d'un
petit
tube manométrique court dans le conduit auditif
externe ; le
tube fermait hermétiquement le conduit et ren¬
fermait unegouttelette
d'un liquide coloré. A chaque excita¬
tion du trijumeau,
la gouttelette était poussée vers le conduit
auditif. L'irritation des autres troncs nerveux
dans la cavité
crâniennene donne lieu à aucun
mouvement visible de la
gouttelette vers
l'intérieur.
Il résulte de ces
expériences
quele tenseur tympanique
est innervé par
la partie motrice du nerf de la cinquième
paire.
Pourcequi concerne
l'innervation du muscle de l'étrier, on
soit que
celui-ci renferme
unepetite branche du nerf facial.
— 24 ~
Mais eomme ce rameau sort de la partie
coudée,
après qu'ily a eu anastomose du facial avec les nerfs, grand et petit pétreux superficiels provenant dutrijumeau,
on ne sait si les fibres motrices du nerf de rétrier appartiennentau triju¬meau ou au facial.
L'expérimentation physiologique,
décrite plus haut, a montré que c'est seulement par l'irritation du facial dans la cavité crânienne que Ton obtient un mouve¬ment de l'étrier en arrière, tandis que l'irritation des outres troncs nerveux laisse immobile la tête de l'étrier.
La
clinique
vient apporter son contingent d'observationpour la vérification de ceque la
physiologie
démontre expé¬rimentalement. En effet, dans les lésions du facial, quelle qu'en soit
l'origine,
à la condition qu'ellessiègent
au-dessus del'émergence
du filetdestiné au muscle del'étrier,
la per¬ception des tons etdes bruits est modifiée. On observe une
hyperacousie,
une finesseanormale de l'ouïe queLandouzy
a bien décriteet que Lucae déclare exister surtout
pour les tons bas.
L'explication
est la suivante : on sait que,normalement, l'apparéil
des osselets est maintenu en équilibre par l'anta¬gonisme des muscles du marteau etcelui de l'étrier.
La contraction de cederniertend à
dégager
la platine de l'étrier enfermée dans la fenêtre ovale et à diminuer partant la pressionlabyrinthique.
Le muscle du marteau attire vers le promontoire
l'osselet,
produit la tension dutympan
et augmente la pressionintra-labyrinthique
enenfonçant
la platine de l'étrier dans la fenêtreovale.La paralysie
faciale,
à point dedépart
situé au-dessus del'émergence
du filet moteurdu muscle del'étrier,
entraîne la suppression de l'actionphysiologique
de celui-ci ; l'action du muscle du marteau persistepuisque
son innervation est due autrijumeau,
elle devientprépondérante,
toute la chaîne des osselets est entraînée vers la paroi interne de la caisse et l'étrier s'enfonce dans la fenêtre ovale, augmentant ainsi la pressionlabyrinthique.
— 25 —
Cette interprétation,
très rationnelle, est toutefois contes¬
tée.
Ùrbantschitsch
admet quel'hyperesthésie n'est
pasdue
à la
paralysie du muscle de l'étrier;
aucontraire,
cemuscle
serait misen état de contraction exagérée par un
surcroit
d'influx nerveuxqui nepeut
plus s'irradier jusqu'aux
mus¬cles de la face. Dans ces conditions, il attire à lui
l'étrier,
dégage lafenêtre ovale et permet,
parconséquent, des oscil¬
lationsbeaucoup plus intenses
du liquide labyrinthique, et
une excitation plus
vive des ramifications terminales du nerf
auditif.
D'autrepart,
Gellé
a puconstater
quedans la paralysie
complète du
facial le petit muscle de l'étrier joue
encoresonrôle d'antagoniste du tenseur,
et prétend le démontrer
par l'épreuvedu bâillement
:le diapason vertex n'étant
pasatté¬
nué, pendant
le bâillement, tandis
quele
sonaérien l'est, ce
qui prouve quele tenseur
secontracte. Donc, dans certains
cas, le musclede l'étrier
fait équilibre
autenseur: il
em¬prunte, sans
doute,
soninnervation à plusieurs sources, et
l'anastomose du glosso-pliaryngien avec
le facial est peut-
être la voie de cette excitation seconde
(Gellé).
On voit par cette
dernière observation
quel'innervation
exclusive du musclepar le
facial serait très contestable.
Ilizig a signalé,
le premier, la production d'un bruit subjec-
- tifde tonalité basse lorsqu'on
essaie de contracter les
mus¬cles de la face. Il l'attribue à la contraction du
muscle de
l'étrier. Bernhardt l'explique par
la contraction de
cemus¬cle, auquel
s'irradie l'influx
nerveuxqui
nepeut parvenir
jusqu'aux muscles
de la face. Mais
cephénomène n'est pas
extrêmementconcluant, puisqu'il
peut
seprésenter chez des
sujetssains.
Enfin, Gellé a
constaté
dansla paralysie faciale l'absence
dos réflexes, de
l'accommodation binauriculaire
:il
yaurait
disparition
dé la synergie des mouvements d'accommodation
de l'oreille moyenne.
CHAPITRE III
Pathologie.
Bien que,
parmi les nombreuses lésions de l'oreille que
nous allons énumérer plus
loin,
ungrand nombre, la plu¬
part,
soient suffisantes à provoquer une modification à l'état
du nerf facial, nous croyons que,
dans certains
cas,on peut
incriminer une
prédisposition
nerveuse.Cette dernière, que
Charcot et d'autres auteurs
ont invoquée
pourcertaines cau¬
sesautresque les
lésions auriculaires, nous la revendiquons
pour
les affections de l'oreille. Malgré que nous n'ayons pas
d'observation
précise
nous neserions pas étonné, et, s'il
nous était
permis d'émettre
unehypothèse, nous admettrions
volontiers que
certains malades à l'occasion d'un trau¬
matisme, d'un
rien
surl'oreille peuvent, de par leur orga¬
nisation nerveuse : faire de
la paralysie faciale, au même
titre que nousavons vu
et
quel'on voit se produire pour une
cause futile intéressant
l'oreille des mastoïdites nettement
hystériques. Ce sont
cesmastoïdites que le simulacre d'une
opération,
uneanesthésie chloroformique complétée par
une incision du derme,
guérit instantanément.
Sans trop insister
à
cesujet,
nouscroyons que hors celle-
là, il existe
deux conditions bien importantes, tirées de l'a-
natomie de la région,
qui peuvent favoriser la participation
du facial aux affections de
l'oreille. Ce sont d'abord : 1° la
déhiscenceducanaldeFallope; 2°
l'artère stylo-mastoïdienne.
Nousavons déjà dit
comment la déhiscence pouvait facili¬
ter cette
complication. Politzer dit à ce propos: « Le cas le
— 28 —
plus remarquable quej'aie observé
concerne une femme de
trente-trois
ans chez qui, trois ans et demi auparavant, seproduisirentenmême
temps
qu'une diminution de l'ouïe de l'oreille droite descontractions dans les muscles du même
côté, lesquelles
durèrentquatre
mois;
puis survint uneparalysie faciale,
augmentant peu à peu, qui devint com¬plète au bout d'un an. La
surdité augmenta de
même,
de sorte qu'àl'exploration,
qui montra une membranetym- panique atrophiée
parplaces,
opaque, fortement tiréededans, l'audition
était endescendue à un tiers de mètre pour le
langage
à haute voix. Lediapason appliqué
sur lesos de la tête était perçu plus fort par l'oreille affectée.D'après
toutevraisemblance,
il y avait là unedéhiscence
du canal de
Fallope,
de sorte qu'à la suite du resserrement de la muqueuse de l'oreille moyenne causépar l'inflam¬
mation
catarrhale,
le nerffacial,
recouvert par cette mu¬queuse, avait été
enveloppé
dans le processus de rétrac¬tion. »
Ce n'est cependant pas là le processus habituel des lésions faciales survenues à l'occasion
de la déhiscence du canal de
Fallope.
Laplupart
dutemps,
la mince paroi osseuse qui sépare lenerf des cavités auriculaires manquant, c'est l'in¬fection préalable de celles-ci qui se propage fatalement à celui-là.
L'artère
stylo-mastoïdienne,
qui parcourt le canaldeFallope
avec le nerf,
participe
aux phénomènes de congestion des vaisseaux duvoisinage,
devient plus volumineuse etcom¬prime le nerfdans son conduit osseux qui est
inextensible.
Contractions spasmodiques
soies ladépendance
dufacial.
—- Les lésions du facial
d'origine
otogène sont de deux or¬dres tout à fait différents. Elles se
traduisent,
ilimporte
de ledistinguer,
ou par des contractionsspasmodiques
muscu¬laires ou par des phénomènes de
paralysie.
Les moins
fréquents
sont les premiers.Romberg
a observéun casoù la névrose motrice était limitéeaux rameauxauri¬
culaires du nerf
facial;
plusieursfôisjiar
jourilseproduisait— 29 -
des contractions des deux pavillons qui s'élevaientets'abais¬
saientpendant 5à 10 minutes. Mais, plus
précisément,.
Volto- lini a observé à la suite d'injections dans le conduit auditif des contractions spasmodiques réflexes des muscles du pavillon, et Politzer confirme ce cas par denombreux
faits personnels.On a peu observé des contractions
cloniquesdu
muscle de l'étrier : ce sont surtout les contractions du muscle du mar¬teau qui sont moinsrares. Lucae, Gottstein en ont rencontré cependant.
Paralysie faciale.
—Au contraire, lesphénomènes
de pa¬ralysie du nerfen relation avecdeslésionsauriculaires sont plus
fréquents.
Ils sontsous la dépendance soit d'un réflexe,soit d'une altération du tissunerveux. Nous neles étudierons pas en les classant d'après cette division, mais nouslesgrou¬
perons simplement selon le siègede la lésion qui les provo¬
que en commençant par
l'extérieur
versl'intérieur, débutant
par le pavillon et finissant par
l'oreille
interne. Au cours denotre description, bien entendu, nous indiquerons
à
laquelledes deux variétés, réflexeou essentielle, nous avons affaire.
1° Refroidissement limité à la région de la tête ou de
l'oreille. — Bérard et Efb ontsignalé des paralysies dues
au refroidissement
s'exerçant
sur la région del'oreille;
lenerf frappépar le froid subit un gonflement inflammatoire ; il est augmenté de volume, comprimé,
étranglé,
pour ainsi dire, en différents points de son trajet ouà
sa sortie del'a¬
queduc de
Fallope.
Il semble, en effet, que quand cette para¬lysie
survient chez un sujet qui a couchédans
unechambre
humide et froide, dans un lit voisin d'un mur encore frais, qui s'est exposéà un courant d'air vif, etc., il semble que
cette
paralysie
estdue à une action locale directe. Il yaurait
donc lieu de la distinguer avec soin de la
paralysie due à
une otite aiguë provoquéepar le froid.
Krb
prétend,
de plus, que la lésion serait hors ducanal de
Fallope dans les cas légers, d'où compressionlégère. Dans
les cas graves, la lésion serait dans le canal de Fallope, et
il
— 30 —
seproduirait une forte compression entraînant la dégéné¬
rescence du nerf.
Cette variété ne repose pas sur des preuves bien
décisives,
etnous réservons volontiers notre opinion à ce sujet.
2° Affections locales del'oreille.
A)
Pavillon. —Quelques
affections du pavillon peuvent,d'après
Tomka, provoquerla
paralysie
réflexe faciale. Mais,parmi lesparalysies
vraies,nous ne connaissons que le cas de Delstanche fils qui rap¬
porte l'observation d'un néoplasmepartant de la face interne du tragus
droit,
s'étendit autour, au point que letympan,
latrompe d'Eustache,
l'osfrontal,
l'ailedu sphénoïde et la paroi postérieure de l'orbite furent détruits. Les symptômes qui accompagnèrent la destruction furent laparalysie faciale, l'exophtalmie, l'amaurose,
etc., etc.Cetteparalysie faciale était due à
l'envahissement
de l'os par le tissunéoplasique;
elle rentre dans le groupe que nous allons étudier plus loin.D'autre part, dans la thèse de Treillet, sur les 11 cas d'é-
pithélioma
du pavillon qu'il rapporte, aucun n'était accom¬pagné de lésion faciale.
B)
Affections du conduit.Paralysie réflexe.
— Nous pensons que commetype
de cetteparalysie,
quiest très rare, on pourrait citer lecas de Craig, qui l'aurait vue se produire par l'accumulation du cérumen dans le conduit auditifex¬terne, disparaître et reparaître avec le bouchon de l'oreille.
Paralysie
vraie.—C'est celle, par exemple, qui est due à la compression produite parle gonflement des corpsétrangers
et l'inflammation des tissus
environnants;
ce gonflement et cetteinflammation déterminantrarement, parvoisinage,
des lésions du nerfavec tout lecortège symptomatique
habituel.C'est de la môme façon que doit pouvoir se produire cette complication dans les otites externes très intenses ; nous n'en avons cependantpas retrouvé ni observé de cas.
Nous ne pensons pas qu'à aucun moment, bien qu'on sem- / ble le croire, les
néoplasmes
du conduit puissent directe¬ment produire de la