Julien SAVARYest né en 1944 à Cordoba (Argentine), Il est ingénieur a g r o n o m e et titulaire d'un doctorat d e 3" cycle sur la
"Planification Régionale en Agriculture". Il a effectué des voyages en Amérique Latine, au Q u é b e c et en Afrique Noire.
De 1968 à 1972 il a été responsable d'un bureau d'études économiques créé par le Crédit Agricole dans la région Midi- Pyrénées.
Ensuite il a été enseignant d e gestion à l'l.U,T., et, depuis 1974, assistant à l'Université des Sciences Sociales d e Toulouse, où il a participé au laboratoire d'économie industrielle animé par le professeur François Morin, le LEREP.
Il a soutenu en 1980 une thèse d e
doctorat d'Etat sur "La multinationalisation- d e l'économie française", et publié
divers articles, notamment d a n s la revue d'Economie Industrielle et la revue Economique.
Depuis Octobre 1981 il est maître- assistant à l'Université d e Montpellier.
Illustration : Pastelle
Collection PERSPECTIVE MULTINATIONALE
P u b l i c a t i o n d e l ' I R M
Institut de Recherche et d'Information sur les Multinationales 29 boulevard Bourdon - 75004 Paris - France
Julien SAVARY
Les multinationales françaises
P U F
IRM
SOMMAIRE
Préface 5
Introduction 11
Chapitre préliminaire — ENTREPRISES MULTINATIONALES
ET MULTINATIONALISATION DE L'ECONOMIE 19
Croissance et mutation de l'investissement international 19 La multinationalisation de l'économie française aujourd'hui . . . . 26
Première partie
Les grands facteurs de la multinationalisation
Chapitre 1 — TAILLE ET MULTINATIONALISATION 35
Une multinationalisation croissante avec la taille 35 De la taille à la structure oligopolistique des marchés 40 La concentration de l'activité à l'étranger 44 Chapitre II — CONTROLE ETRANGER ET
MULTINATIONALISATION 53
Faible multinationalisation « aval » et faibles exportations
des filiales de groupes étrangers en France 54 Pénétration étrangère et multinationalisation de l'économie . . . . 58
D e u x i è m e partie
Les stratégies des multinationales
Chapitre III — STRATEGIES DE MULTINATIONALISATION . . . . 73 Une recomposition des stratégies à partir des structures 73 Les spécialisations géographiques de la production à
l'étranger : d'abord l'Europe 80
Les stratégies des entreprises : des spécialisations suivant
les secteurs et les zones 8"
Les stratégies de multinationalisation : un bilan 95 Les stratégies de multinationalisation et la division
internationale du travail W
Des stratégies basées sur les disparités de l'économie - mondiale, et qui les révèlent . . . 102
Chapitre IV — CRISE ET RECENTRAGE 109
L'accentuation de la multinationalisation 109
Le recentrage géographique 112
La cession de technologie : une modalité croissante
dans les PVD 122
La double manifestation de la crise et le recentrage
des multinationales françaises 125
Troisième partie
Les performances des multinationales
Chapitre V — ACTIVITE A L'ETRANGER ET RENTABILITE 135 Les entreprises multinationales : des entreprises plus rentables .. 135 La production à l'étranger : souvent plus rentable
que la production en France 142
Comment la production à l'étranger et les exportations
améliorent la rentabilité : une typologie 146 Rentabilité élevée de la production à l'étranger :
contrainte et objectif 148
Chapitre VI — PRODUCTION A L'ETRANGER
ET EXPORTATIONS 153
Le rôle des structures d'organisation de la production
à l'étranger 154
L'évolution des exportations françaises entre 1974 et 1977
et la multinationalisation des entreprises 158
La multinationalisation des entreprises françaises :
un effet positif sur le commerce extérieur qui ira en décroissant 163
Chapitre VII — MULTINATIONALISATION ET EMPLOI 167
Les faits : l'évolution de l'emploi France/étranger
pour 77 entreprises multinationales 169
Les stratégies de multinationalisation et l'emploi en France 177 Crise, concurrence et multinationalisation expliquent
les diminutions d'emploi en France 179
Chapitre VIII — ÉVOLUTION DES MULTINATIONALES
ET ÉVOLUTION DE LEURS PERFORMANCES ... 183 Chapitre de synthèse — LA MULTINATIONALISATION
DES ENTREPRISES FRANÇAISES :
UN PROCESSUS INTERACTIF . . . 187
Conclusion PLACE ET AVENIR DES MULTINATIONALES
DANS L'ÉCONOMIE FRANÇAISE 193
Annexes 205
Bibliographie 225
Tableaux 233
Index des sociétés 235
Index des matières > . . . 239
ISBN 2 13 0.1-401 8 1" édition : 4' trimestre 1981
c 1981 IRM
Préface
« Les multinationales françaises » : est-ce un ouvrage de plus dans ce champ d'investigation que constituent les multinationales où le mythe n'est pas toujours absent ? Puissance pour les uns qu'il convient de servir comme la forme la plus efficace du développement économique, ou mons- tre apatride pour les autres dont les excroissances doivent être endiguées dans la mesure du possible ?
Parce qu'il écarte l'a priorisme d'une idéologie économico-religieuse, l'ouvrage de Julien Savary est certainement un travail qui fera date. C'est en effet la première étude qui traite systématiquement de la multinationa- lisation des entreprises françaises dans le complexe de leur développement stratégique à l'étranger.
S'appuyant sur un faisceau de méthodes qui relèvent des outils les plus récents de l'Economie Industrielle et de la Gestion des Entreprises, usant des données quantitatives dont la collecte et le traitement ont demandé plusieurs années, et s'inspirant enfin directement de ce qu'on doit, à mes yeux, désigner comme la « théorie française de la multinationalisation » (représentée par le CEREM et son directeur C.-A. Michalet), Julien Savary nous offre un tableau complet des pratiques internationales de la délocali- sation des activités des firmes françaises.
Mais ce travail n'est pas seulement une cartographie détaillée des implantations à l'étranger ou une nomenclature sectorisée de la délocalisa- tion internationale des activités. Son objet est avant tout de rendre compte dans un mouvement unique du comment et du pourquoi de la multinatio- nalisation des firmes françaises.
Laissons au lecteur le soin de découvrir les principaux résultats quanti- tatifs de ce travail. Je voudrai retenir ici les deux conclusions qui apparais- sent à mes yeux les plus importantes.
La première concerne l'aspect éminemment contradictoire, en écono- mie ouverte, de l'investissement étranger. Au sein d'une économie comme la France, il est démontré indéniablement que l'investissement à l'étranger est un facteur positif de compétitivité et de développement des exporta- tions. Mais quel est l'effet sur l'emploi ? La réponse est double. D ' u n côté le mouvement d'exportation induit des effets positifs sur l'emploi en France. Mais pourtant il existe souvent une tendance opposée qui aboutit,
dans certaines branches, à une réduction des effectifs salariés. Il est vrai que cette tendance défavorable s'explique également par la crise économique.
A ces effets particuliers, il faut ajouter ceux qui proviennent cette fois- ci des investissements étrangers en France. Là, le diagnostic est plutôt inquiétant. Par leurs poids et leurs applications sectorielles, ces investisse- ments créent des « effets de domination » importants reléguant ainsi la France dans une position intermédiaire au sein de la hiérarchie internatio- nale des économies. Les conséquences en sont une dé-spécialisation de l'économie française dans les secteurs clés de l'industrie et une maîtrise affaiblie de son marché intérieur. La nature contradictoire du processus d'internationalisation est ici flagrante. L'élargissement des marchés exté- rieurs se combine avec la perte de contrôle de segments stratégiques du marché intérieur.
Une deuxième grande conclusion se dégage de cette étude. La compé- titivité externe de l'industrie française repose de plus en plus sur quelques grands groupes très internationalisés. Cette tendance aboutit à des résultats qui méritent d'être médités. En premier lieu elle fragilise le tissu industriel français par la dichotomie grandissante qu'elle engendre entre grands grou- pes et PME. Elle accélère ensuite la croissance de ces plus grandes unités, et par voie de conséquence, renforce la concentration déjà très oligopolisée du système productif français. Enfin elle pousse au conservatisme des positions historiquement conquises ; ce point explique sans doute la relative « sous multinationalisation » de l'économie française par rapport aux autres puis- sances économiques du monde occidental.
Dans quelle mesure ce processus risque-t-il d'être infléchi par la natio- nalisation de cinq groupes industriels multinationaux et par la politique industrielle du nouveau pouvoir ? Au terme de son travail, l'auteur nous propose trois schémas d'évolution possibles. Le premier est celui de la con- tinuité qui offrirait cependant une certaine place à l'objectif de reconquête du marché intérieur, le second est celui de la rupture totale avec le marché mondial, le troisième enfin combinerait les deux précédents en différen- ciant secteurs exposés à la concurrence mondiale et secteurs protégés.
Pour aller un peu plus loin dans la réflexion prospective, je crois per- sonnellement qu'il faut nourrir la problématique de deux autres questions essentielles. La première est celle des rapports entre le système productif, et notamment sa partie multinationalisée. avec le nouveau système bancaire et financier ; la seconde question est celle de la nature des rapports qui vont nécessairement s'instaurer entre l'Etat et les groupes industriels.
Et tout d abord faut-il assigner un sens à la nationalisation simultanée de grands groupes industriels et de la quasi-totalité du crédit J. Il est émi- nemment souhaitable que la réponse à cette question soit positive car alors le secteur public sera doté d'un nouveau statut économique : il sera le lieu
d'une véritable coordination des objectifs et des actions entre les grands groupes industriels, les banques et l'Etat. La politique industrielle pourra alors se définir et se déployer dans l'espace national, mais aussi dans les espaces régionaux et internationaux. Toute autre vision notamment celle qui ferait des groupes nationalisés des entités purement concurrentielles ris- que d'aboutir à vider de leur contenu les nationalisations, et même à les rendre dangereuses par l'accroissement des risques d'inefficacité consécutifs aux changements de structures, ou de technostructures.
Deuxièmement c'est dans le cadre de la définition de la politique industrielle que peuvent être précisés les rapports entre les groupes nationa- lisés et multinationaux et l'Etat.
Cette définition suppose que soit respecté le caractère multibranche de ces groupes et de leur développement ce qui exclut une politique indus- trielle fondée uniquement sur la notion de filière et d'intégration verticale.
En effet une telle politique ne préserverait pas les synergies complexes de ces groupes et risquerait d'en briser l'efficacité.
Pour assurer cette efficacité il est indispensable que l'autonomie de gestion soit préservée ce que tout le monde s'accorde à reconnaitre.
C'est dans le cadre de ces principes nous semble-t-il qu'il sera possible de fixer les objectifs de la politique industrielle. Peut-elle se limiter à la reconquête du seul marché intérieur ? L'ouvrage de Julien Savary démontre que le développement et la compétitivité de ces groupes sont fondés sur leur expansion internationale. La nouvelle politique industrielle devra donc nécessairement intégrer dans ses objectifs les dimensions internationales du développement des groupes industriels français.
L'ouvrage dejulien Savary a l'immense mérite d'apporter dans ce type de débat une contribution indispensable dont l'importance emporte la conviction tant il est vrai que la connaissance est la source de toute action.
François Morin Professeur à l'Umz'ersÙé de Toulouse I
REMERCIEMENTS
Cet ouvrage, dont la rédaction s'est arrêtée en juin 1981, constitue une version condensée et entièrement remaniée et mise à jour du deuxième tome de notre thèse de doctorat. Nous remercions pour leurs conseils tous les membres du jury, MM de Cambiaire, Devillebichot, Jacquemin, Morin, Moreaux et Desmoutier, et tout particulièrement les Prs G. Devillebichot et F. Morin qui nous ont conseillé dès l'élaboration de cette thèse. Mon- sieur le professeur C.-A. Michalet et les membres du CEREM, dont les tra- vaux ont souvent inspiré nos propres analyses, nous ont aussi fait part de leurs appréciations, et nous les en remercions. Dans la rédaction du texte final les remarques du professeur Bertin, et de MM Ghertman, Olivi, et Bouayad de l'IRM nous ont aussi été utiles.
Le service informatique de l'université a permis le traitement des don- nées, qui n'aurait pas été possible sans l'aide de Mme D. Galy, ingénieur informaticien. Les responsables des entreprises françaises qui ont accepté de répondre à nos demandes d'informations et à nos questionnaires d'enquête ont également permis la réalisation de cette étude. Enfin Jean-Jacques Fournié et Michel Didier nous ont aidé à rendre plus lisible le texte qui suit.
Nous sommes donc redevables à un grand nombre de personnes, pour ce qui concerne les parties intéressantes de notre analyse. Par contre, nous por- tons l'entière responsabilité des lacunes et erreurs d'interprétation.
Que les lecteurs universitaires veuillent bien nous pardonner de n'avoir pas utilisé les méthodes de présentation (paragraphes numérotés et renvois en bas de page) de règle pour une thèse. Nous avons recherché une meilleure commodité de lecture.
INTRODUCTION
L'industrie automobile française est constituée de deux grands groupes industriels, Renault et Peugeot, exportateurs de pointe, contrôlant en outre de nombreuses filiales de production à l'étranger. Michelin domine l'industrie française du pneumatique et possède des usines importantes en RFA, Grande-Bretagne, Espagne, États-Unis, Brésil. Saint-Gobain Pont-à- Mousson emploie, en 1979, 85 512 personnes hors de France, soit 58% de ses effectifs totaux : à ce titre, elle est la première entreprise multinationale française. Bic et Rossignol, entreprises de taille moyenne, détiennent aussi des « rubans bleus » à l'exportation, et tout le monde leur reconnaît les caractéristiques des multinationales. On pourrait encore citer, dans la même optique, des PME comme les laboratoires Goupil, Porcher, Sigma...
Par ailleurs Roussel-Uclaf, grande entreprise pharmaceutique française est une filiale de Hoechst (RFA). L'Oréal, n° 1 de la cosmétologie, dépend de Nestlé (Suisse), l'industrie informatique française est dominée par IBM (États-Unis) et Honeywell (États-Unis) qui contrôlait jusqu'en 1980 la CII- Honeywell-Bull...
La France, aujourd'hui, possède donc des entreprises très exportatrices et des entreprises très multinationales '. Elle accueille également beaucoup de groupes multinationaux étrangers. Mais si l'on sent bien que cette dou- ble « ouverture » commerciale et industrielle sur l'extérieur est devenue essentielle dans le fonctionnement de l'économie française, l'ampleur et la nature de ce phénomène restent imprécises : quelles sont les entreprises multinationales d'origine française ? Sont-elles uniquement des entreprises de grande taille ? Pourquoi se développent-elles ? Dans quels pays s'implantent-elles ? Quelles sont les conséquences de leurs activités étran- gères sur l'économie française ? Quel « poids » ont-elles relativement aux multinationales étrangères qui investissent en France ? Comment réagissent-elles à la crise économique mondiale et aux incertitudes politi- ques et monétaires d'aujourd'hui ?... Nous avons cherché à répondre à ces questions. Que représente le phénomène multinational dans l'économie française, et pour la période 1974-1980, celle de la « crise ».
Rares sont, hélas, les informations sur les entreprises multinationales
françaises. Aucune comparaison possible en tout cas avec ce qui existe au niveau mondial : études de l'ONU 2 ou de l'université de Harvard ' ; au niveau américain: rapports officiels du Sénat américain4, statistiques périodiques \ études de l'équipe du P' Vernon'' ; au niveau européen ou britannique8. Par ailleurs, les travaux américains, en particulier, étudient périodiquement l'importance des activités étrangères des entreprises améri- caines, leur localisation, leurs conséquences sur le commerce extérieur des États-Unis, les flux financiers internationaux, les économies d'accueil... Les seuls documents dont on dispose à propos de la France sont les statistiques de flux d'investissement français à l'étranger comptabilisés dans la balance des paiements l), et les études réalisées... à la demande de l'ONU ou du Sénat américain ! Comme les entreprises françaises diffusent des informa- tions très incomplètes, les lacunes statistiques sont sérieuses. Quant aux études — certaines de grand intérêt — permettant une connaissance plus approfondie du phénomène multinational, elles sont toujours partielles, épisodiques ou ponctuelles. Ainsi trouve-t-on des approches essentielle- ment théoriques 10, ou relatives aux causes de la multinationalisation des entreprises". D'autres auteurs réalisent des analyses de type managérial, souvent consacrées à la gestion financière des groupes u. Des monographies existent aussi, concernant une firme 13, des ensembles de firmes 14 ou les activités des firmes françaises dans un pays particulier n. Enfin le dévelop- pement récent des travaux universitaires sur les groupes industriels et finan- ciers français 16, de plus en plus repris en compte dans des études officielles étendues 1 , améliore la connaissance des grands groupes français, donc des entreprises multinationales qui sont très fréquemment de grands groupes.
Indirectement ces travaux fournissent des informations sur le contrôle étranger dont elles font l'objet, plus rarement sur leurs exportations et leur multinationalisation.
Par contre, les informations relatives aux investissements étrangers en France sont plus complètes. Des études officielles existent, mesurant tous les ans les taux de pénétration étrangère de l'économie française. Mais cette pénétration est sous-estimée, car la notion de contrôle minoritaire n'est pas retenue : c'est ainsi que le groupe Empain Schneider n'était pas considéré comme sous contrôle étranger dans les statistiques officielles lh. Plusieurs études universitaires très intéressantes, qui ne présentent pas cette lacune, sont en revanche soit partielles soit a n c i e n n e s s o i t essentiellement théoriques:i.
Ainsi n'existe-t-il aucune étude d'ensemble des entreprises multina- tionales françaises, et aucune source statistique officielle susceptible de fon- der une telle étude. Nous avons donc dû constituer nous-même une base de données. Par tirage au sort au sein de toutes les sociétés françaises cotées à Paris et en province et appartenant à tous les secteurs (banques et assurances
exclues), nous avons établi un échantillon de 413 firmes, représentatif de l'économie française. Il comprend des entreprises petites ou moyennes pour ne pas limiter l'analyse aux grandes entreprises multinationales, et des entreprises non multinationales de façon à pouvoir rechercher si la multina- tionalisation s'accompagne d'une spécificité économique et financière : parmi ces 413 sociétés, 182 contrôlaient en 1974 une activité de production hors de France et étaient donc des entreprises multinationales, et 56 étaient des filiales de groupes étrangers en France (voir la listes des firmes en Annexe). Puis nous avons rassemblé des informations relatives aux caracté- ristiques économiques et financières de ces entreprises, tout particulière- ment en ce qui concerne leurs activités à l'étranger : exportations, produc- tion à l'étranger réalisée dans des unités contrôlées (même s'il s'agit d'un contrôle minoritaire), répartition géographique de cette production, et son organisation (flux d'échange de marchandises entre les unités françaises et étrangères du groupe, destination de la production étrangère...). Les infor- mations publiées par les entreprises nous ont servi de base, ainsi que les études existantes, les annuaires, les articles de presse. Mais deux question- naires successifs ont dû être envoyés à toutes les entreprises pour rassembler
d e s i n f o r m a t i o n s c o m p l è t e s s u r l e u r s a c t i v i t é s à l ' é t r a n g e r 2 2 . E n f i n , p a r a l l è - l e m e n t n o u s a v o n s é t u d i é , d ' u n e f a ç o n p l u s s o m m a i r e , l e s a c t i v i t é s à l ' é t r a n g e r d e t o u s l e s g r a n d s g r o u p e s i n d u s t r i e l s f r a n ç a i s . E n o u t r e n o u s a v o n s r é a l i s é u n e é t u d e e x h a u s t i v e d e s i n v e s t i s s e m e n t s é t r a n g e r s e n F r a n c e e n d é p o u i l l a n t l e s a n n u a i r e s A P E F ( O p e r a M u n d i é d i t i o n ) . C e l a n o u s a p e r - m i s d ' o b t e n i r d e s d o n n é e s r é c e n t e s ( 1 9 7 4 e t 1 9 7 8 ) , b a s é e s s u r u n e d é f i n i - t i o n l a r g e d u c o n t r ô l e d e s e n t r e p r i s e s f r a n ç a i s e s .
P o u r q u o i l ' é t u d e p o r t e - t - e l l e s u r l a p é r i o d e 1 9 7 4 - 1 9 7 8 ? I l f a l l a i t , d ' u n e p a r t , t r a v a i l l e r à p a r t i r d e s d o n n é e s l e s p l u s r é c e n t e s p o s s i b l e s , d ' a u t r e p a r t , t e n i r c o m p t e d e s d o n n é e s d i s p o n i b l e s a u m o m e n t d u d é m a r - r a g e d e l ' e n q u ê t e . C ' e s t s u r l ' a n n é e 1 9 7 4 q u e s e r o n t « r a m a s s é s » , p h o t o - g r a p h i é s e n q u e l q u e s o r t e , l e s f a i t s s t r u c t u r e l s r é s u l t a n t d e s é v o l u t i o n s a n t é - r i e u r e s . L e s v a r i a t i o n s d e s p h é n o m è n e s e n t r e 1 9 7 4 e t 1 9 7 8 p e r m e t t r o n t d ' a n a l y s e r l e s r é a c t i o n s d e s g r o u p e s é t r a n g e r s e t d e s e n t r e p r i s e s f r a n ç a i s e s p e n d a n t l a c r i s e é c o n o m i q u e .
L ' e n s e m b l e d e c e s d o n n é e s , u n e f o i s t r a i t é e s e n i n f o r m a t i q u e , p e r m e t u n e d e s c r i p t i o n t r è s c o m p l è t e d e l a m u l t i n a t i o n a l i s a t i o n d e l ' é c o n o m i e f r a n ç a i s e e t u n e p e r c e p t i o n a p p r o f o n d i e d e s e n t r e p r i s e s m u l t i n a t i o n a l e s f r a n ç a i s e s , d e l e u r o r i g i n e , d e l e u r s s p é c i f i c i t é s p a r r a p p o r t a u x e n t r e p r i s e s n o n m u l t i n a t i o n a l e s f r a n ç a i s e s e t a u x f i r m e s m u l t i n a t i o n a l e s é t r a n g è r e s , d e l e u r s f o r m e s d ' e x p a n s i o n à l ' é t r a n g e r . . . A u f u r e t à m e s u r e a p p a r a î t r a u n r é s u l t a t , t h è s e p r i n c i p a l e d e c e t t e é t u d e : a u j o u r d ' h u i l ' o u v e r t u r e d e l ' é c o - n o m i e f r a n ç a i s e s u r l ' é t r a n g e r , p a r e x p o r t a t i o n e t m u l t i n a t i o n a l i s a t i o n d e l a p r o d u c t i o n , j o u e u n r ô l e e s s e n t i e l p o u r l ' é q u i l i b r e d e l a b a l a n c e c o m m e r -
ciale, pour l'emploi en France, pour la rentabilité et la compétitivité des entreprises, pour les spécialisations industrielles, pour l'adaptation à la crise...
Champ d'analyse, moyens d'investigation, thèse principale de l'étude : il convient maintenant de préciser le contexte théorique dans lequel se situe notre travail. Nous rejetons à la fois une approche de type managérial centrée sur les décisions de gestion interne des entreprises, et une démarche de type macroéconomique 21 limitée aux évolutions de quan- tités globales tels que les flux d'investissement internationaux et les expor- tations. Notre approche est intermédiaire : il s'agit, certes, d'étudier des firmes, mais en grand nombre et d'un point de vue extérieur, dans le cadre d'un découpage de l'économie en secteurs d'activité. Nous rechercherons les interactions existant encre les structures de marché, les comportements des entreprises et les conséquences de ces comportements. L'étude des agents économiques que sont les firmes doit ainsi permettre de retrouver certaines caractéristiques structurelles globales des phénomènes : notre démarche est donc celle de l'économie industrielle. Notre originalité con- siste à appliquer ce mode d'investigation à l'industrie française, en plaçant au centre le phénomène multinational au sens large, c'est-à-dire les activi- tés à l'étranger des entreprises françaises, et les activités en France des entre- prises étrangères. Cette modification du cadre traditionnel de l'économie industrielle entraîne plusieurs conséquences :
— Nous pouvons discriminer entre les entreprises multinationales françai- ses et celles qui ne le sont pas, entre les entreprises multinationales et celles qui sont seulement exportatrices, entre les filiales de groupes étrangers en France et les entreprises sous contrôle national.
— L'activité à l'étranger est considérée comme un comportement des fir- mes, que l'on cherche à expliquer par les caractéristiques structurelles des marchés sur lesquels elles interviennent, et dont on étudie les conséquences sur les résultats des entreprises...
— Mais, alors que l'économie industrielle considère les entreprises au sein d'une économie nationale et étudie les structures des marchés de cette éco- nomie, ici nous plaçons au centre de la problématique les activités des fir- mes dans les économies étrangères : le choix de la localisation géographique de ces activités, leur importance et leur nature doivent s'expliquer aussi par les caractéristiques structurelles des économies étrangères, et même par ce que l'on peut appeler les structures du marché mondial. Ces structures doi- vent donc aussi être examinées, et considérées comme un élément détermi- nant du comportement étudié. On comprend pourquoi, alors que l'écono- mie française est l'objet principal de notre étude, celle-ci renverra aussi à l'économie mondiale.
— Enfin, alors que les théories explicatives de l'investissement internatio-
nal s'attachent trop souvent à telle ou telle cause particulière de la multina- tionalisation des firmes, nous pourrons, au terme de cette étude, proposer une analyse du processus d'ensemble de la multinationalisation, prenant en compte à la fois les facteurs internes à l'économie d'origine, ceux liés aux structures de l'économie mondiale, ceux découlant des stratégies des firmes et les interactions mêmes entre ces divers facteurs...
En adoptant cette démarche d'analyse, et en nous appuyant sur les données rassemblées, nous pourrons dégager les caractéristiques essentielles de la multinationalisation de l'économie française, que l'on peut déjà énu- mérer brièvement ici, pour souligner l'intérêt des résultats obtenus :
— Importance du phénomène de multinationalisation des entreprises, qui concerne aussi des entreprises petites ou moyennes, même si les plus gran- des firmes réalisent l'essentiel des activités productrices hors de France (ainsi en 1974, les 22 premiers grands groupes multinationaux contrôlent plus de 70 % de la production à l'étranger réalisée par l'ensemble des entre- prises industrielles françaises, alors qu'ils ne représentent que 13,7% de leurs effectifs en France).
— Rôle de la concentration de l'appareil productif français et de l'oligopo- lisation des marchés intérieurs sur le développement des exportations et des activités de production à l'étranger, ce qui nous amènera à souligner que ce développement est lié à l'évolution récente des structures de l'industrie française.
— Spécificité des filiales de groupes étrangers en France, ces entreprises étant, en général, des cellules terminales peu exportatrices et peu multina- tionalisées, et non, comme on aurait pu le croire, des cellules relais très ouvertes sur l'extérieur.
— Nature des stratégies de production à l'étranger adoptées par les entre- prises françaises, et en particulier subordination systématique de cette pro- duction à des objectifs du groupe français (ainsi le paradoxe du titre de ce livre sera expliqué, les multinationales françaises, même si elles produisent dans plusieurs pays, étant des multinationales d'origine française, dont les filiales étrangères sont dépendantes des sociétés mères françaises).
— Importance de la multinationalisation des entreprises françaises au sein des pays développés, correspondant essentiellement à un objectif d'exten- sion des parts de marchés, et s'inscrivant dans le cadre de la concurrence entre les groupes français et les groupes étrangers.
— Nature de la multinationalisation des entreprises françaises au sein des pays du tiers monde et de l'Europe du Sud, correspondant le plus souvent à un objectif d'abaissement des coûts de production : cette multinationalisa- tion, basée sur l'inégal développement entre les économies, contribue à perpétuer celui-ci par le biais de la division internationale des activités que les multinationales mettent en œuvre.
— Importance spécifique de deux zones de l'économie mondiale, très fré- quemment retenues par les entreprises multinationales françaises pour leurs implantations productives : Afrique (Maghreb et Afrique Noire franco- phone) et Europe du Sud (Espagne, Portugal, Grèce...).
— Rentabilité supérieure des entreprises multinationales françaises par rapport aux entreprises non multinationales, cette supériorité provenant directement des activités d'exportation et de production à l'étranger.
— Effets de la production étrangère des entreprises sur les exportations françaises et l'emploi en France, cette délocalisation pouvant expliquer l'évolution des exportations entre 1974 et 1977 et les baisses d'emploi dans certains secteurs.
— Réactions des entreprises multinationales françaises à la crise économi- que mondiale, prenant la forme d'une accentuation de la multinationalisa- tion et d'un recentrage géographique au sein des pays développés.
— Possibilité de déduire de la confrontation des investissements directs internationaux entre la France et les autres économies, les spécialisations industrielles relatives, et la place de la France dans une hiérarchie mondiale des économies (cela découle de l'internationalisation de l'économie fran- çaise qui à la fois est l'objet d'investissements étrangers élevés et la source d'investissements importants à l'étranger).
En définitive, au terme de cette étude, nous aurons bien montré com- ment la multinationalisation est un phénomène essentiel pour les entrepri- ses françaises, pour leur compétitivité et leur croissance, et pour l'évolution de la place de la France dans l'économie mondiale. Parallèlement l'aspect contradictoire de cette ouverture de l'économie sur l'étranger aura été mis en évidence, puisque les investissements des groupes étrangers en France entraînent des effets de domination symétriques de ceux que les entreprises multinationales françaises exercent sur les économies étrangères.
L'adoption d'un plan d'exposé était délicat, à cause de l'interpénétra- tion de nombreuses analyses. Finalement nous avons opté pour un plan en trois parties qui rappelle le découpage traditionnel en économie indus- trielle entre les structures, les comportements et les performances. Ainsi la première partie étudie l'influence des structures de l'économie française sur les exportations et la multinationalisation des entreprises. La deuxième par- tie examine à la fois le rôle des structures de l'économie mondiale et les modalités de l'activité à l'étranger des entreprises, autrement dit leurs stra- tégies, et l'effet de la crise sur ces stratégies. Enfin la troisième partie analyse les conséquences des activités étrangères sur la rentabilité des firmes multinationales, et celles de la multinationalisation sur les exportations françaises et l'emploi en France. Les relations entre la crise économique et la multinationalisation des entreprises françaises, figurent donc dans la
deuxième partie (effets sur les stratégies) et dans la troisième partie (effets sur les exportations et l'emploi, mesurés sur la période 1974-1977).
La conclusion soulignera alors l'ouverture importante de l'économie française sur l'extérieur, le rôle essentiel de l'expansion à l'étranger dans la compétitivité des firmes, et les contreparties de cette ouverture internatio- nale. Elle nous amènera aussi à nous interroger sur les perspectives des mul- tinationales françaises, au moment où celles-ci sont confrontées à une crise économique mondiale permanente, mais aux évolutions imprévisibles. Au moment aussi où les changements politiques en France touchent directe- ment certaines d'entre elles (nationalisations), et modifient les conditions d'activité de toutes les autres.
Nous présentons tout d'abord, dans un chapitre préliminaire, un bref historique de la multinationalisation des économies occidentales et de la France.
NOTES
1. Nous appelons entreprise multinationale une entreprise qui contrôle une activité de pro- duction dans au moins un pays étranger, et multinationalisation ou multinationalisation de la production, l'action correspondante. Le terme activités à l'étranger recouvre les exportations plus la production réalisée à l'étranger.
2. ONU, 1973 et ONU, 1978.
3. Vaupel et Curhan, 1969.
4. US Senate, 1973.
5. Survey of Current Business.
6. R. Vernon, 1971 ; Robbins et Stobaugh, 1973 ; Stopford et Wells, 1974.
7. L.-G. Franko, 1976.
8. Nombreuses sources officielles, rapports Reddaway, rapport Stener... cités par exemple dansJ.-H. Dunning, 1979, cet article du professeur Dunning actualisant toutes les études antérieures.
9. Voir les Notes bleues éditées par le service de l'Information du ministère de l'Economie.
10. C.-A. Michalet, 1976 constitue l'analyse la plus intéressante ; M. Rainelli, 1979 ; W. Andreff, 1976 ; H. Claude, 1978.
11. M. Delapierre et C.-A. Michalet, 1973, à partir d'un échantillon de 72 firmes ayant répondu à un questionnaire très détaillé, cet ouvrage constitue l'étude la plus complète sur la multinationalisation des entreprises françaises, avec, outre une étude des facteurs de la délocalisation, une analyse historique, et l'examen des modalités et des zones d'implantation ; C.-A. Michalet, 1972 ; Y. Bertin, 1972.
12. B. Marois, 1979-1 ; B. Marois, 1979-2 pour les banques, Bodinat Klein et Marois, 1978.
13. Beaud, Danjou, David, 1975 pour PUK ; Drugman et Eisler, 1972 pour SGPM ; Masini, Ikonicoff, Jedlicki et Lanzarotti, 1979 pour trois entreprises en Côte-d'Ivoire ; R. Monta- von, 1979 pour BSN au Mexique...
14. Par exemple les « Analyses de groupes » publiées par la DAFSA, les témoignages d'entre- prises publiés par le CNPF, 1979-1.
15. Pour les entreprises françaises aux États-Unis : H. Couffin, 1977 ; pour les entreprises françaises aux États-Unis et au Canada . R. Guir, 1980.
16. F. Morin, 1975 ; F. Morin, A. Alcouffe..., 1977 ; P. Allard, M. Béaud... 1978 ; B. Bel- Ion, 1980 Chevalier, 1980 ;J.-P. Gilly et F. Morin, 1981 ; P. Jeanblanc, 1981 ; B. Soulage, 1981 et de nombreux articles de la revue Economie Industrielle.
17. M. Hannoun, 1978 ; INSEE, 1980 ; STISI, 1980.
18. STISI publication annuelle (la dernière disponible concerne la situation au 1" janvier 1978, soit il y a plus de trois ans).
19. Groupe de recherche de géographie industrielle, 1975.
20. G. Bertin, 1975.
21. M. Delapierre et C.-A. Michalet, 1976.
22. Une note méthodologique décrit en annexe la méthode de constitution de l'échantillon, sa représentativité, les sources utilisées, le choix des variables et des critères de multinatio- nalisation.
23. Ou ici d'économie internationale.
CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
Entreprises multinationales et multinationalisation de l'économie
Quel est le degré actuel de l'ouverture de l'économie française sur l'étranger ? S'agit-il d'un phénomène récent ? La France est-elle plus ou moins exportatrice et multinationalisée que les autres économies ? Nous répondons ici à ces questions, en examinant d'abord l'évolution au cours du xx' siècle, puis la situation dans les années 1980.
Croissance et mutation de l' investissement international
En l'absence d'étude relative à l'évolution historique de l'investisse- ment direct français à l'étranger, on doit rechercher des informations au sein d'études relatives à l'évolution de ce phénomène au niveau mondial (travaux américains et travaux de l'ONU) ou au niveau européen
L'investissement international est un phénomène ancien 2 apparu dès la fin du xix' siècle et qui s'est développé pendant tout le xx' siècle de façon continue. Même si, à l'origine, les investissements de portefeuille étaient plus importants que les investissements directs, en 1914 un grand nombre de firmes qui sont aujourd'hui des multinationales connues étaient déjà implantées à l'étranger : selon Franko les firmes américaines détenaient, en 1914, 122 filiales étrangères de production, les firmes anglaises 60 et les fir- mes d'Europe continentale 167 (voir tableau 2). M. Wilkins a même mon- tré que le rapport du capital investi à l'étranger au PNB était identique pour les États-Unis en 1914 (7,3%) à ce qu'il sera en 1968 (7,5%) 3: : dès 1914 son poids relatif était grand, même si l'investissement à l'étranger a ensuite connu un développement important, parallèle à la très forte expan- sion du PNB. Cependant la multinationalisation des firmes françaises en
1914 est à peine balbutiante : une seule des grandes firmes décrites par Franko possédait des filiales industrielles à l'étranger : SGPM 4.
Depuis 1914 le phénomène de multinationalisation s'est régulière- ment amplifié, malgré un ralentissement entre 1929 et 1950 \ Le stock mondial des investissements internationaux a évolué ainsi (en milliards de
$ US) :
(Source : ONU, 1978 et pour 1914 estimations de W. Andreff, 1974.) Mais alors que l'Europe, et en particulier le Royaume-Uni, dominait en 1914, l'investissement d'origine américaine a crû très fortement jusqu'à devenir prédominant en 1960 avec 59 % du total du stock d'investissement.
Par contre, depuis cette date, les investissements d'origine européenne et japonaise se développent plus rapidement, faisant reculer la part des inves- tissements américains :
Tableau 1
ÉVOLUTION DE L'INVESTISSEMENT INTERNATIONAL PAR PAYS D'ORIGINE
(valeur comptable des actifs, en pourcentage du total mondial)
Source : J.-D. Maurino, 1974 et H. Magdoff. 1970 pour 1914, 1930, 1960 (les chiffres de 1960 sont des
« estimations très approximatives »), ONU, 1973 pour 196" et 1971 , ONU, 19"8 pour 19~6.
Cette évolution est confirmée par celle du nombre de filiales étrangè- res de production : la croissance générale est continue depuis 1914, mais irrégulière dans le temps. L'expansion principale des firmes européennes a
lieu après la Seconde Guerre mondiale : « Les firmes néerlandaises, suisses, suédoises poursuivent leur croissance internationale, les firmes allemandes reconstruisent leurs actifs étrangers pour la deuxième fois, les grandes fir- mes belges, italiennes et françaises s'établissent à l'étranger (,. » Le tableau 2 montre aussi que cette expansion internationale des firmes euro- péennes s'accélère dans les années 1960.
Tableau 2
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE FILIALES ÉTRANGÈRES DE PRODUCTION- CRÉÉES OU ACQUISES PAR LES PLUS GRANDES FIRMES MULTINATIONA-
LES ORIGINAIRES DE :
Source : Vaupel et Curhan, 1973, repris par Franko, 1976, p. 10. Il s'agit des activités des plus grandes entre- prises : 187 pour les États-Unis, 47 pour le Royaume-Uni, 85 pour l'Europe continentale et 67 pour lejapon.
Pour les entreprises multinationales françaises la croissance internatio- nale semble s'être accélérée, de façon encore plus marquée, après la Seconde Guerre mondiale. Les 457 filiales étrangères productives détenues par les 21 groupes français qu'étudie Franko, ont en effet été créées au
c o u r s d e s p é r i o d e s s u i v a n t e s ( e n p o u r c e n t a g e 7) :
C e l a n e s i g n i f i e p a s q u ' a u p a r a v a n t d e s f i l i a l e s p r o d u c t r i c e s n ' e x i s t a i e n t p a s , m a i s e l l e s s o n t i c i s o u s - e s t i m é e s p u i s q u e s e u l s s o n t é t u d i é s d e s g r o u p e s i n d u s t r i e l s e t p é t r o l i e r s , a l o r s q u ' a v a n t 1 9 5 0 l e s f i l i a l e s é t r a n g è r e s d e s s o c i é -
stratégie, 90, 92, 105, 106 spécialisations sectorielles dans
l'emploi des stratégies, 87 et s.
transfert de technologie, 122 et s.
Stratégie mixte : voir Stratégie de mar- ché
Stratégie technologique : 123 Structures de marché : voir Marché
Taille des entreprises : et exportations, 38, 39, 45 et multinationalisation, 35 et s.
et rentabilité, 137, 139 Taille des marchés : 75, 76 Taux de rentabilité :
des entreprises exportatrices, 137, 141
des filiales de groupes étrangers en France, 137
des multinationales, 135 et s.
minimum, 148, 149 voir aussi Taille
Technologie :
au sein des multinationales, 101 voir aussi Recentrage, Transfert Théorie de la multinationalisation :
de type managériale, 12, 41 des structures oligopolistiques des
marchés, 41 marxiste, 41
voir Multinationalisation (fac- teurs), processus
Titres de participation : voir Rentabi- lité
Transfert de technologie : 122, 123.
124, 125, 160, 164 Turqui*e : 75 et s., 85, 106 Union Sovie'tique - 75, 123 Yougoslavie : - 5 et s., 85, 123 Zone d'influence : 23
Zones de l'économie mondiale : "5 et s., 71)