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La transparence de l’atmosphère. III. Calcul d’anciennes
mesures
M.J. Duclaux
To cite this version:
LE
JOURN A).
DE
PHYSIQUE
HT
LE
RADIUM
LA TRANSPARENCE DE
L’ATMOSPHÈRE
III. CALCUL D’ANCIENNES MESURESPar M. J. DUCLAUX.
Sommaire. - En raison du désaccord existant
sur la valeur exacte de la transparence atmosphérique, il y a lieu de réexaminer les anciennes mesures pour voir si elles ont été interprétées correctement. Les mesures de Müller et Kron à Ténérife ont été présentées comme une bonne vérification de la théorie de Rayleigh. En réalité elles conduisent à une loi d’absorption différente, à peu près en 03BB-3. On ne peut donc en tirer aucun argument en faveur de la théorie. De plus, contrairement à ce qui a
été dit, on ne peut en déduire ni l’épaisseur de la couche d’ozone, ni le nombre de molécules par unité de volume d’un gaz dans les conditions normales. En admettant qu’une partie de l’absorption suive
une loi en 03BB-4, il faut en tout cas, si l’on ne veut pas introduire l’hypothèse déraisonnable d’une brume
non sélective (brume blanche), diminuer sensiblement le coefficient numérique donné par la théorie. Le chiffre le plus vraisemblable est le chiffre théorique diminué de 25 pour 100; mais il comporte
une incertitude trop grande pour qu’on puisse lui attribuer une valeur probante.
1.
D’après
uneopinion
encore trèsrépandue,
latransparence
del’atmosphère
absolument pure estreprésentée
quantitativement
par la théorie deRayleigh,
modifiée pour tenircompte
dudegré
depolarisation
de la lumière diffusée. Cetteopinion
est fondée sur des raisons
théoriques
etexpérimen-tales. Elle est d’autre
part
en désaccord avec d’autresobservations
[i]
] d’après lesquelles
les coefficientsnumériques
de la théorie doivent être diminués d’aumoins 23 pour oo.
Un des moyens de résoudre ce désaccord consiste à chercher si les
observations,
données àl’appui
de lathéorie,
la vérifient réellement. C’est cet examenque
j’ai
commencé etdont
je
donne ici lespremiers
résultats;
ils sont défavorables à la théorie.Auparavant
il convient de s’entendre sur le sensdes termes. On
peut
direqu’une
séried’expériences
conduit à une certaineloi,
seulementquand
lesnombres
expérimentaux s’approchent
des nombresdonnés par cette
loi,
plus
que des nombres donnés par toute autre loi. Dans le casprésent,
la théorieindique
que le coefficientd’absorption k
pour lalongueur
d’onde 7~ est donné par uneexpression
h = a j,-R,
dans
laquelle
R est, comme nous le verrons, unchiffre un peu
plus grand
que4.
L’expérience
véri-fiera
cette loi si elle montre :1°
Que
les nombresexpérimentaux s’approchent
plus
des nombresthéoriques
calculésd’après
cetteformule,
que des nombres calculés avec une autrepuissance
de )~.2°
Que,
cettepremière
condition étantremplie,
la valeurexpérimentale
du coefficient a concordeavec sa valeur
théorique.
Si ces deux conditions ne sont pas
réalisées,
onpourra
peut-être
dire quel’expérience
est compa-tibte avec lathéorie;
mais nonqu’elle
lavérifie
etencore moins
qu’elle
l’impose.
2. Trois séries de mesures de la
transparence
atmosphérique
ont été faites en 1910 par Mülleret Kron
[2],
àTénérife,
aux stations d’Orotava(altitude
I oom),
Pedrogil (1
g~o m)
et Alta Vista(3
260m).
Leurs mesures sont données sans aucuncommentaire
théorique;
tout récemment M.Dufay
[3]
les a considérées comme une des meilleures vérifi-cations de la formule de
Rayleigh.
Enreprenant
lescalculs,
je
suis arrivé à une conclusion différente :non seulement on ne
peut
trouver dans les nombresde Muller et Kron aucune vérification de la
théorie,
368
mais ils conduisent à une loi
d’absorption
bien diffé-rente.3. Les mesures d’Orotava sont peu nombreuses et les auteurs eux-mêmes conviennent
qu’elles
sont affectées d’erreurssystématiques.
Je n’enparlerai
donc pas.
Les mesures de
Pedrogil
sont affectées aussi d’erreurssystématiques (loi
de la sécante nonvérifiée).
Il est donc inutile de les recalculer.
Les mesures d’Alta Vista sont
d’après
Müller et Kronexemptes
d’erreurssystématiques.
Sept
séries ont été faites; les auteurs considèrent les deux dernières comme de valeur bienmoindre,
par suited’un
temps
peufavorable,
et ils n’en tiennent pascompte
pour le tracé final des courbes detranspa-rence. Nous les laisserons aussi de côté.
Il n’est pas utile de faire les calculs pour
chaque
série
séparément.
Les chiffres sont peu différents del’une à
l’autre,
l’atmosphère
était donctoujours
à peuprès
la même. Nousprendrons
donc commebase la moyenne des
cinq
meilleures séries. Lestransparences p
(rapport
de l’intensité des rayonsaprès
une traversée verticale del’atmosphère,
à leur intensité en dehors del’atmosphère)
sont les suivantesen fonction des
longueurs
d’onde :4. Erreur
probable.
- Deux faitsfrappent
immé-diatement à la lecture du mémoire de Müller et Kron. Le
premier
est lagrande
valeur des erreursFig. i. -
Répartition du nombre des erreurs
d’après leur grandeur dans les mesures
de Àlüller et de Kron.
de lecture.
D’après
le Tableau de la page 70, l’erreurmoyenne sur le
logarithme
de éclairement(chaque
nombre du tableau étantdéjà la moyenne de
quatre
mesures)
est o,030, cequi correspond
àplus
de .
pour 100 sur les éclairements eux-mêmes.Seules les mesures de Kron à Alta Vista donnent
un chiffre deux fois
plus
faible. Ces erreurs(qui
sontconsidérables pour des mesures
photométriques)
s’expliquent
sans doute par l’extrême inconfort des conditions d’observation.Un autre fait
plus
difficile àexpliquer
est larépar-tition du nombre des erreurs en fonction de leur
grandeur
(courbe
deprobal7ilité
deserreurs)
aumoins pour l’un des observateurs
(Müller).
Cette courbe a la forme normale pour Kron(fig. i),
mais non pour l~~lüller. Ici les erreurs lesplus probables
ne sont pas lesplus
petites;
le nombre des obser-vations estcependant
suffisant pour que la courbe aitun sens. Sans chercher
l’explication
de cetteanomalie,
nous en tirerons la conclusion
qu’il
est inutiled’ap-pliquer
aux observations la méthode des moindrescarrés,
puisque l’hypothèse
mêmequi
est à la base de cette méthode n’est pas vérifiée. Nous en feronscependant
exceptionnellement
usage, pour montrerqu’elle
nechange
rien aux résultats.5. Erreur non reconnue. - Sans intention de
critique
vis-à-vis du travaild’opérateurs
trèscons-ciencieux,
il fautcependant signaler
une caused’erreur
qu’ils
ne semblent pas avoir aperçue : lavariation de
température
duprisme
de leurspectro-photomètre.
En raison de cettevariation,
les rayonsqui
sortent duprisme
dans une directioncons-tante, et
qui
sontemployés
à la mesurephotomé-trique, correspondent
à unelongueur
d’onde variable.Or
l’appareil
est enplein
air et sous un voilenoir,
sans aucun abri. Le matin au lever du Soleil(les
mesures commencent presque immédiatement
après)
la
température
duprisme
doit être auplus
égale
àcelle de
l’air,
soit environ 30(exceptionnellement
10~ le 12mai).
Vers midi il est bienprobable qu’elle
atteignait
au moins ~5fl sous un Soleil presque vertical(distance
zénithale àmidi,
11°).
Cette variation detempérature
correspond
pour unprisme
de flintà un
déplacement
delongueur d’onde de o,oo2 p
dans le rouge. Dans la même
région,
les auteursindiquent
(p. ig) que la largeur
de la bandespectrale
utilisée était au
plus
0,010 [-1-; on voit que ledépla-cement
pouvait
occasionner des erreurs sensiblesdans les
régions
duspectre
où le fond brillant estinterrompu
par des groupes de raies très noires.Nous serons
obligés
denégliger
cette caused’erreur,
n’ayant
aucune donnée pour la corriger. Il ne semblepas qu’elle soit de nature à modifier
profondément
lesrésultats,
sauf pour les mesures faites à l’extrémitéviolette du
spectre
comme nous le verronsplus
loin.6. Formule
simple
à un seul terme. - Pourreprésenter
une série de nombresexpérimentaux,
surlesquels
on ne sait rien apriori,
il faut commencer parla formule la
plus simple,
à un seul terme, pourc’est nécessaire. Nous chercherons donc d’abord
à
représenter
les mesures de Müller et Kron par uneformule
log
_- bî,-~~,p étant la
transparence
définieplus
haut(§ 3).
Dans cetteformule,
nous considérons la valeur de n comme inconnue et c’est lacomparaison
avecl’expé-rience
qui
nous la donnera. Nous ferons les calculs avec diverses valeurs de n, et la meilleure sera cellequi
donnera les différences lesplus petites
avecl’expérience. Pratiquement,
nous calculerons pourles onze valeurs de À considérées par Müller et Kron les onze valeurs
correspondantes
de p, et ferons le tableau des différences avec les valeursexpérimen-tales.
Pour,,chaque
valeur de n, nousprendrons
unevaleur
correspondante
de7b
qui
satisfera auxcondi-tions
suivantes,
prises
dans l’ordreindiqué :
io La somme
algébrique
des différences estnulle;
2~ La somme ’y des valeurs absolues des différences
est minima.
Les calculs ont été faits pour
sept
valeurs del’exposant
n et les résultats sont donnés par lafigure
2,qui
porte
en abscisses les valeurs de n etFig. 2. - Formule
log p = - b),--.
Valeur de la somme S des différences en fonction de n.
en ordonnées les valeurs de 1 défini comme il vient d’être dit. On voit que la courbe
qui
relie lesdiffé-rents
points
passe par un minimum pour(n
.=2,5).
C’est donc une loi en ~-2equi
représente
le mieuxl’expérience.
La somme 2 des onze erreurs est alorségale
ào,0~7~8.
L’emploi
del’exposant ~
de la formulede
Rayleigh
conduit à une somme d’erreurs presquetriple (0,2 015),
et iln’y
a pas de raison pour lepréférer
à
l’exposant
i pour lequel la somme des erreurs est du même ordre.Remarquons
quel’exposant
2,5auquel
nousarrivons est celui
qui
exprime
le résultat brut del’expérience,
c’est-à-dire ce que nouspourrions
appeler
la « couleur o del’absorption. Puisque
ladiffusion est
complémentaire
del’absorption,
cetexposant
exprime
en mêmetemps
la couleur de ladiffusion,
c’est-à-dire enparticulier
le bleu du ciel.Or Müller et Kron insistent sur le fait que le ciel
d’Alta Vista était d’un bleu
profond :
Himmelsblau ganztie f .
Ce bleuprofond correspond
à une loid’absorption
en ~-2’5. Or iln’y
a pas de doute quedes
particules
matériellesbeaucoup
plus
grosses que des moléculespeuvent
absorber suivant uneloi en z.-2,5 . La «
profondeur »
du bleu du ciel n’estdonc pas un
argument
en faveur de sonorigine
exclusivement moléculaire. Toute déduction dans ce sens
dépasserait l’expérience.
7. Formule à deux termes. - Même
avec la
formule en
~~w5,
qui représente jusqu’ici
le mieuxl’expérience,
les différences entre les valeursexpéri-mentales et les valeurs
théoriques
de latransparence
sont considérables et inadmissibles. Une formule à
un seul terme est donc insuffisante.
Nous essaierons en
premier
lieu une formule àdeux termes, l’un en 1.->. et l’autre en
1,°,
c’est-à-direindépendant
de lalongueur
d’onde. Ce choix n’est pasfondé
sur lalogique; je
montrerai dans unprochain
travailqu’il correspond
à unehypothèse
contredite par
l’expérience.
Mais ce mode dedécom-position
del’absorption
estemployé
par presque tous ceuxqui
se sontoccupés
de latransparence
atmosphérique,
et il l’a été enparticulier
par M.Dufay
dans son étude des résultats de Müller et Kron.
Il est donc essentiel de montrer à
quoi
il conduit enréalité.
Nous chercherons donc à
représenter
lestranspa-rences p de Müller et Kron par une relation de la
forme
Nous donnerons successivement à n
plusieurs
valeurs;
pour chacune nous déterminerons les__
Fig. 3. - Formule
log p = a - b)B-n
( r i longueurs d’onde).
valeurs de a et de b
qui représentent
le mieuxl’expé-rience,
c’est-à-dire pour lesquelles la somme 1 desonze valeurs absolues des différences
(PC.ll
-370
Ce résultat
peut
ètre obtenu en calculant uneving-taine de fonctions pour
chaque
valeur de n.Les résultats sont donnés par la
figure
3, où les abscisses et les ordonnées ont le même sens que pourla
figure
2. On voitqu’il n’y
a pas de minimum.Plus n est
petit,
etplus
la valeur de 1 estpetite;
elle estégale
ào,087 ~
pour(n
=4)
et à0,0757
pour (n =
2,5).
Cettedécomposition
en deux termes ne donne donc aucunappui
à la théorie. Bienplus,
les erreurs commises en
prenant
pour l’exposant la valeur4,
sontplus grandes (total 0,0877) qu’avec
la f otmule à un seul terme
quand
onprend
lavaleur 2,5
(total 0,0758).
Ceci montre àquel point
la théorie s’écarte del’expérience.
8. Influence de l’ozone. - Les nombres de
Müller et Kron ne varient pas
régulièrement
d’une extrémité à l’autre duspectre,
mais montrent uneinflexion nette dans
le
jaune
etl’orangé,
comme sidans cette
région
uneabsorption spécifique
sesuper-posait
àl’absorption
apparente
de diffusion. Cetteabsorption spécifique
peut
être due àl’ozone;
d’après
M.Dufay
elleindique
uneépaisseur
d’ozone voisine de celle àlaquelle
onpourrait
s’attendrea
priori.
Si cette
épaisseur
était connue par un autre moyen,il serait facile de faire la correction
correspondante.
Mais elle n’est pas connue, et la difficulté est de la déduire des mesures elles-mêmes sans faire aucunehypothèse.
Nous yparviendrons
parapproximations
successives.
La
première approximation
consisterasimplement
à considérer comme
suspects
les chiffres detrans-parence pour les radiations les
plus
fortement absorbées par l’ozone.Or,
d’après Vassy
[4],
le maximum del’absorption
est vers o,60 p, et elleest encore notable d’un côté à
o, 5 0
~. et de l’autreà 0,70 ~.. Pour bien
faire,
nous devrions éliminer sixdes onze radiations
étudiées,
soitMais alors il n’en resterait
plus
quecinq,
toutes entre o,5 eto,43
ii, et ces limitestrop
rapprochées
rendraient toute conclusion
impossible.
Nous nouscontenterons de
supprimer
lesquatre
longueurs
d’onde, -1
-Pour celles
qui
restent, le coefficientd’absorption
est au
plus
lequart
de cequ’il
est dans larégion
d’absorption
maxima;
nous pouvons doncespérer
qu’en supprimant
cesquatre
longueurs
d’onde nous aurons réduit à moins de1/4
l’erreur d’ozone.Les calculs
précédents
ont étérepris
en se limitantaux
sept
longueurs
d’onde restantes; la somme ~ est alors la sommealgébrique
desept
erreurs et nonplus
de onze. Pour la formule à un seul terme,les résultats
(toujours exprimés
de la mêmemanière)
sont donnés par lafigure
4’
L’erreur minimacorrespond
à(n
=3).
La valeurthéorique
4
donne une somme d’erreurs presque deux foisplus grande
(0,0666
contreo, 03 ~ r ).
Fig. 4. - Formule
log p = b X-n
(7 longueurs d’onde).
Pour la formule à deux termes
(dont
l’unconstant)
le résultat est donné par la
figure
5. Le minimumFig. 5. - Formule log p = a - b X->
(7 longueurs d’onde).
est encore pour
(n
==3).
Ici encore, si nousimposons
à n la valeur
4
nous trouvons une somme d’erreurssupérieure
à celle que donne la formule à un seul terme avecexposant
libre(o,0383
contreo,037~).
L’élimination des
3/4
de l’erreur d’ozone ne nousrapproche
donc pas sensiblement de la théorie.9. Deuxième
approximation. -Le
mode de calcul que nous venonsd’employer
a le défaut desupprimer
quatre
nombres sur onze. Il serait bienpréfé-rable de les
corriger,
ainsi que lessept
autres, enpartant
des coefficientsd’absorption
connus deNous venons de calculer une série de fonctions de
1 a forme
Chacune de ces fonctions renferme les valeurs de a
et de b
qui,
pourchaque
valeur de n,représentent
le mieuxl’expérience,
en laissant de côté lesquatre
longueurs
d’ondecorrespondant
à laplus grande
absorption
del’ozone,
et ennégligeant
cetteabsorption
pour les
sept
autres. Lacomparaison
de la formuleavec les valeurs
expérimentales
pour larégion
d’absorption
maxima donne une mesureapprochée
de
l’absorption
par l’ozone dans cetterégion,
etnous pouvons en déduire une valeur
approchée
del’épaisseur
e d’ozone. Je n’insiste pas sur la marchedu
calcul,
qui
est évidente. Comme il fallaits’y
attendre,
nous obtenons un résultat différent pourchaque
valeur de n ; soit :(Le
calcul de troisièmeapproximation
que nousferons
plus
tard montrera que ces chiffres sont exacts à 8 pour 10oprès
enmoyenne.)
La
température
de l’ozoneatmosphérique
étantinconnue,
les calculs ont été faits avec les coefficientsd’absorption
donnés parVassy
pour latempérature
de r 8~. Si notre but était d’avoirl’épaisseur
exactede
l’ozone,
il faudraitpeut-être
choisir unetempé-rature
plus
basse,
mais ici les valeurs absolues sontinutiles et la
température
nepeut
intervenirqu’en
tant
qu’elle
déforme la courbed’absorption :
les effets de cette déformation seraient icinégligeables.
10. Apartir
des valeursapprochées
ainsi connues,nous pouvons calculer les corrections pour les onze
longueurs
d’onde,
et les valeurs de latransparence
corrigées
del’absorption
par l’ozone. Ici encore le résultatdépendra
de la valeur de n. A titred’exemple,
les nombrescorrespondant
à la valeur2,5
sont donnés par le Tableau I. Müller et Kron ont donné troisdécimales;
lescalculs,
comme tous ceuxqui
précèdent,
ont été faits avec
quatre
décimales pour éviter les erreursarithmétiques.
TABLEAU 1.
Transparences
brutes etcorrigées.
Tous les calculs
précédents
ont été refaits sur cesvaleurs
corrigées,
en vue de déterminer les meilleuresvaleurs des coefficients a et b dans la formule
Les résultats sont donnés par la
figure
6. LeFig. 6. - Formule
log p = a - b À-n
(avec correction d’ozone : i i longueurs d’onde).
minimum est pour
(n
=3).
La sommet des erreursest alors
(pour
onzedifférences) égale
ào,0365,
très inférieure à cequ’elle
est(0,0/~6)
pour la valeurthéorique
La deuxièmeapproximation
de lacorrection d’ozone ne nous
rapproche
donc pas dela
théorie;
et il est deplus
évidentqu’une
correctionparfaite
ne nous enrapprocherait, dans
le cas leplus
favorable,
que d’unequantité négligeable.
La fonctionqui représente
le mieuxl’expérience
est
log p =
o. oo6 o 5 - o. oo6 998 ( ),exprimé
enuj.
Il.
Élimination
de lalongueur
d’onde0,430.
-Jusqu’à présent
nous avons considéré comme demême valeur les mesures faites sur les onze
longueurs
d’onde. On améliore
beaucoup
les résultats enlais-sant de côté les chiffres
correspondant
à lalongueur
d’onde la
plus
courte(o,430).
Ces chiffres(qui
sontsystématiquement
en dehors de toutes lescourbes)
sont a
priori
suspects
pour deux raisons :10 Les mesures dans cette
région
sontpénibles,
et n’ont pu être faites que par un seul des deuxobser-vateurs ;
20 La
variation,
déjà signalée,
de latempérature
du
prisme
a pu causer dans cetterégion
une erreurconsidérable. La
longueur
d’ondeo,43o
est en effetcelle de la raie G. Dans cette
région
il y a, àquelques
~.de
distance,
des zones très brillantes et d’autres danslesquelles
lesraies,
formant de véritablespaquets,
absorbent laplus grande partie
de la lumière. Undéplacement
de 2 ou 3~~,
ou un trèspetit déréglage
de
l’appareil,
peuvent
produire
desperturbations
beaucoup plus grandes
que dans d’autresparties
du
spectre.
375
Les calculs du
paragraphe
10 ont été refaits pourles dix
longueurs
d’onde restantes. Les résultats sont donnés par lafigure 7. La
meilleure valeur de nFig. 7. - Formule
log p = a - b 1-n
(avec correction d’ozone : 10 longueurs d’onde).
est voisine de 2,g. Elle
correspond
à une somme 1de dix erreurs
égale
ào,0230,
tandis quel’exposant
théorique 4
donne le chiffreo,0414
presque deuxfois
plus grand.
L’amélioration due à la
suppression
de lalongueur
d’onde
o,43o
est considérablepuisque 1
passede o,0365
(11 nombres)
ào,0230
(10 nombres),
cequi justifie
aposteriori
cettesuppression.
12.
Emploi
des coefficients de la formule deRayleigh.
- Laplupart
des calculsthéoriques
fondéssur la théorie de
Rayleigh
ont été faits avec lapuis-sance
4
de lalongueur
d’onde. Ils sont ainsi rendusplus
faciles,
mais c’est auxdépens
de leur exactitude.La formule
théorique
contient un terme en À 4qui
estprépondérant;
mais elle contient aussi unterme en
(n2
-1)2,
n étant l’indice de réfraction del’air,
qui
varie notablement avec lalongueur
d’onde.Ainsi,
la valeur del’exposant
qui
doitêtre
prise
pour un calcul exactdépend
de la lon-gueurd’onde,
et n’est définie que pour desrégions
assez
étroites,
comme le montrent les chiffres suivants :Entre les
longueurs
d’onde extrêmes uliiisées parMüller et Kron le chiffre moyen est
4,078.
L’erreur commise enprenant
le chiffre4
atteint 3,3 pour 100entre ces
limites, et 10,6
pour 10o entreo,556
et
o,302
F. On voit par làqu’il
est difficile deconsi-dérer comme utilisables les calculs faits avec la
puissance
4;
c’est-à-dire la presque totalité de ceuxqui
ont été faitsjusqu’à
présent.
Même
l’emploi
d’unexposant
moyen4,078
laisse subsister des différencesatteignant
0,~1
pour 100entre la
longueur
d’ondeo, 5 ~ ~,
et les deuxlongueurs
d’onde extrêmes.On
pouvait
penser que la concordance des résultatsexpérimentaux
etthéoriques
s’améliorerait,
si l’on substituait les coefficients exacts de la formule deRayleigh
aux coefficientsapprochés
obtenus endonnant à
l’exposant
de 7~ une valeur constante. J’aicalculé ces coefficients au moyen de la formule
qui
aservi à M.
Dufay
[3]. J’appellerai
poursimplifier
les formules ainsi calculées les formules en1,--i~,
R étant donc une fonction de z.
L’emploi
d’une formule à un seul termepour une
épaisseur
d’ozone o,308 cm(valeur
appro-chée pour n ==
4.078)
donnepour la somme 1 de dix différences la valeur
o,0482,
très peusatisfai-sante.
J’ai alors
employé
une formule à deux termesdont l’un constant
m:,~ - w - v ~. .
en calculant les valeurs de a et de b les
plus
conve-nables pour différentes
épaisseurs
d’ozone(0,32,
o,3o8, 0,28, 0~26, 0,24,
0~22~ 0,20cm).
Les résultatssont donnés par la
figure
8. Le minimum d’erreursFig. 8. - Formule
log p = a - b).-R.
Variation de la somme des écarts, ,
suivant l’épaisseur admise pour l’ozone
(1o longueurs d’onde).
correspond
àl’épaisseur
o,24
(~
=0,0348). M. Dufay
avait obtenu le chiffre
identique
0,2~2
(moyenne
des nombres des mêmesséries).
La formule
correspondante
estOn
peut
en déduire le nombre des moléculescontenues dans i cm3 d’air à la
pression
normale;
ce nombre est
2,58.1019.
C’est le nombre leplus
probable
que l’onpuisse
tirer desexpériences
de Müller etKron,
si l’on admet lathéorie,
et aussil’un constant. M.
Dufay
avait trouvé2,y~.io~
en
partant
des mêmeshypothèses,
mais ennégli-geant
l’influence du terme en(n2- 1).
Remarquons
par ailleurs que la son>me 1 des erreurs, trouvée avec ce mode dedécomposi-tion
(o,03
~8)
reste biensupérieure
à celle que donnait .la formule en a.-3(o,m3i).
13. Essai d’une brume sélective. -
L’emploi
d’un terme constant dansl’expression
delog p
étant unsimple
artifice decalcul,
qu’aucune
consi-dération ne
justifie,
onpouvait
espérer
améliorer la concordance en lui substituant un termedépendant
de lalongueur
d’onde,
de manière à serapprocher
de la réalité. On
peut
écrire parexemple,
log-j)
_ - (t _ ~ A -Il ( 1 )et chercher les valeurs de
a, b
et nqui
rendentminima la somme 1 des erreurs. Je n’ai pas cherché
la solution de ce
problème général;
en raison de laprésence
de troisvariables,
les calculs seraientextrêmement
longs
sansapporter
aucune certitude.Mais Müller et Kron ont observé
exceptionnellement
une brume dont ils ont donné la densité
optique
pourle rouge et le
bleu;
et cette densité variait comme lapuissance
2,2 de lalongueur
d’onde. C’est tout aumoins un
encouragement
à faire les calculs pour cechiffre que, pour
simplifier, j’ai
arrondi à 2.D’après
mes résultats antérieurs une
absorption
suivant lecarré de la
fréquence
ou unepuissance
voisine est vraisemblable dans ungrand
nombre de cas[5].
Le calcul de la formule
(1)
a été fait pour diffé-rentesépaisseurs
d’ozone. Les résultats sont donnéspar la
figure
9. Leplus
favorable est donné parFig. 9. - Formule
log p = - ai,-2- b>s~.
Variation de la somme des écarts, suivant l’épaisseur admise pour l’ozone
(10 longueurs d’onde).
l’épaisseur
o,9-o5; la somme des erreurs est o,0300.L’amélioration par
rapport
à la formule à terme constant estnotable,
puisque
celle-ci donnait0,0348.
L’interprétation
de la formule par la théorie donne3,6i.io’9
pour le nombre de molécules par centimètre cube d’air normal. Mais ce nombre n’a pasbeaucoup plus
de valeur que le nombre toutdifférent
(2,58.io’9)
que nous donnaitl’hypothèse
d’une brume non sélective. On
peut
seulement direqu’il
est leplus
probable,
comme représentantle mieux
l’expérience.
Il estsupérieur
d’envi-ron 25 pour 100 au chiffre réel déduit de la
cons-tante
d’Avogadro
(6,02.10~).
Il vaut mieux dire que la détermination du nombre Nd’Avogadro,
aumoyen des mesures de
transparence
de Mülleret
Kron,
est illusoire. Cette conclusionpeut
sans aucun doute être étendue à toutes les autres mesuresdu même genre faites
depuis quelques
années,
et traitées par les mêmes méthodes de facilité.Avec la formule
(1) qui
est la meilleurereprésen-tation de la
théorie,
la somme .1 des erreurs resteencore
supérieure
à cequ’elle était pour la formule
en ~.-3.14. Retour à la formule er~ î,-3. -- Cette formule
peut
êtreperfectionnée
encore. Elle a été calculéepour une
épaisseur
d’ozoneapprochée.
Le calcula été refait pour les
épaisseurs
d’ozoneo,~4, 0,23 r,
0,22, o,2i, 0,20 cm. Les résultats sont donnés par la
figure
I o. Le minimum de J est donné parl’épais-Fig. 10. -- Formule
log p = a - b )B-3.
Variation de la somme des écarts,
suivant l’épaisseur admise pour l’ozone
( ~ o longueurs d’onde).
seur o,9-i5, soit 1 = 0,0218. La formule est
De toutes les fonctions
essayées,
c’est cellequi
donne la somme d’écarts lesplus
faibles(0,0218).
C’est donc celle
qui
représente
le mieux les résultatsde 1Vl üller et .Kron.
Cette formule n’a évidemment aucune valeur
théorique,
puisqu’elle
renferme un terme constantdépourvu
de sensphysique.
Parsuite,
on nepeut
pas
l’extrapoler.
Le but des calculs n’était pas d’arriver à une formulethéorique,
mais de montrer que si l’onadopte,
suivantl’usage
général,
ce termeconstant,
l’expérience
ne conduit pas à la loi deRayleigh.
Ce but est atteint sans discussionpossible.
Il serait très
probablement
possible
d’améliorelencore la
comparaison
avecl’expérience
ensubsti-tuant au terme constant un terme variant comme
374
En
passant,
nous voyons quel’épaisseur
d’ozone calculée auparagraphe
9 par la deuxièmeapproxi-mation
(o,231
cm)
ne diffère que de 8 pour 100 decelle que donne le calcul exact
(o, ~ r 5).
Lasubstitu-tion du calcul exact au calcul
approché
fait tomberla somme 1 de olo231 à
0,0218.
Cette différence esttrop
petite
pour modifier sensiblement lesrésultats;
par suite nous avons le droit depenser
que le calculexact
donnerait,
luiaussi,
un minimum pour uneloi en ~.-3
(fig.
7).
15.
Emploi
des moindres carrés. - Tous lescalculs
qui précèdent
ont été faits en rendant minimala somme des valeurs absolues des différences et
non la somme de leurs carrés. Nous avons vu
(§4)
que
l’emploi
des carrés ne serait pasjustifié
par la courbe derépartition
des erreurs. J’aicependant
tenu à vérifier que cet
emploi
nechangerait
rienaux résultats. Il suffira de montrer que pour toutes
les fonctions
étudiées,
la somme des carrés varieparallèlement
à la somme des valeurs absolues.C’est ce
qui
résulte des chiffres du Tableau II. TABLEAU II.Emploi
des moindres carrés.On voit que les deux séries sont absolument
paral-lèles,
sauf pour lapremière ligne qui
donneraitl’avantage
à la formule en~.-2.5;
cequi
ne fait quenous
éloigner
encoredavantage
de la théorie. Ilest certain que les moindres carrés donneraient des
résultats un peu différents de ceux que donnent les
valeurs
absolues,
en ce sens que les valeursnumé-riques
des coefficients subiraient depetites
retouches;
mais rien ne serait
changé
aux conclusions.16. Conclusions. - 1° Les mesures faites par
Müller et Kron à Alta Vista ne donnent aucun
appui
à la formulethéorique
deRayleigh;
20 Ces mesures ne
permettent
de déterminer nil’épaisseur
d’ozone, ni le nombre de molécules d’air par centimètre cube dans l’étatnormal;
3~ Elles conduisent à une loi
d’absorption
en ~-2 au lieu de ),-4 08 comme le voudrait la théorie.La méthode
rigoureuse
quej’ai
suivie estlabo-rieuse,
car elle aexigé
le calcul de 260 fonctions.Mais au moins le résultat est sûr.
Pour
l’avenir,
il est certain que ce n’est pas pardes formules que l’on résoudra la
question
de latransparence
atmosphérique.
Toutes ces formulesignorent
les causesd’absorption
sélective,
qui
sontnombreuses et que l’on commence seulement à connaître. C’est seulement
quand
on saura faire lescorrections
correspondantes
que l’on pourra chercher la loi del’absorption
résiduelle,
non sélective. Cela nechangera
rien à la conclusion que l’onpeut
consi-dérer dès maintenant commeacquise;
la formule deRayleigh
nepeut
pas servir deguide
pour l’étudede
l’atmosphère
réelle.Manuscrit reçu le 20 mars Ig3g.
BIBLIOGRAPHIE.
[1] J. DUCLAUX, C. R. Acad. Sc., 1934,199, p. 328.
[2] MÜLLER et KRON, Publ. Astroph. Obs., Postsdam, 1912,
22, n° 64.
[3] DUFAY et TIEN KIU, J. de Physique, 1936, 7, p. 198.
[4] VASSY, C. R. Acad. Sc., 1938, 206, p. 1638.