ACTES OFFICIELS
DE
L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
N° 197
ACTIVITÉ DE L'OMS
EN
1971
RAPPORT ANNUEL DU DIRECTEUR GÉNÉRAL
A
L'ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ
ET AUX
NATIONS UNIES
Le Rapport financier pour l'exercice Ie" janvier - 31 décembre 1971, qui constitue un supplément au présent volume, est publié séparément dans
les Actes officiels N° 200.
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
GENÈVE
1972
AID AIEA BIRD BIT B SP CAC CEA CEAEO CEE CEPAL CIOMS CIRC CNUCED FAO FISE FNUAP OACI OIT OMCI OMM OMS ONUDI OPS OUA PNUD
PNUD/AT - PNUD/FS -
UIT
-
UNESCO - UNITAR - UNRWA -
Agency for International Development des Etats -Unis d'Amérique Agence internationale de l'Energie atomique
Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement Bureau international du Travail
Bureau sanitaire panaméricain Comité administratif de Coordination Commission économique pour l'Afrique
Commission économique pour l'Asie et l'Extrême- Orient Commission économique pour l'Europe
Commission économique pour l'Amérique latine
Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales Centre international de Recherche sur le Cancer
Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population Organisation
Organisation Organisation Organisation Organisation
de l'Aviation civile internationale internationale du Travail
intergouvernementale consultative de la Navigation maritime météorologique mondiale
mondiale de la Santé
Organisations des Nations Unies pour le Développement industriel Organisation panaméricaine de la Santé
Organisation de l'Unité africaine
Programme des Nations Unies pour le Développement
Programme des Nations Unies pour le Développement, élément Assistance technique Programme des Nations Unies pour le Développement, élément Fonds spécial
Union internationale des Télécommunications
Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche
Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient
© Organisation mondiale de la Santé 1972
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Pour toute reproduction ou traduction intégrale, une autorisation doit être demandée au Bureau des Publications et Traductions, Organisation mondiale de la Santé, Genève (Suisse). L'Organisation mondiale de la Santé sera toujours très heureuse de recevoir des demandes à cet effet.
IMPRIMÉ EN SUISSE
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Introduction vil
PARTIE 1 - APERÇU GENERAL
Chapitre 1. Maladies transmissibles 3
Surveillance épidémiologique des maladies trans- missibles
Variole
Maladies à virus et rickettsioses
Maladies vénériennes et tréponématoses . . .
3 6 9 15
Tuberculose 18
Lèpre 22
Maladies bactériennes 27
Santé publique vétérinaire 32
Chapitre 2. Maladies transmissibles (suite)
Paludisme 41 Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle. . 57
Autres maladies parasitaires 50
41
Chapitre 3. Maladies non transmissibles 69
Maladies cardio- vasculaires 69 Santé mentale 79
Cancer 75 Hygiène dentaire 83
Chapitre 4. Immunologie Chapitre 5. Hygiène du milieu
Chapitre 6. Organisation des services de santé
Services de santé des collectivités 109 Education sanitaire Laboratoires de santé publique 112 Législation sanitaire
Soins infirmiers 114 Analyse des systèmes appliquée aux projets . .
116 119 120
86 91
109
Chapitre 7. Statistiques sanitaires 122
Chapitre 8. Santé de la famille 127
Santé maternelle et infantile Reproduction humaine
128 Génétique humaine 135
131 Nutrition 137
Chapitre 9. Enseignement et formation professionnelle pour le développement des ressources en personnel
de santé 141
Chapitre 10. Pharmacologie et toxicologie 147
Préparations pharmaceutiques 147 Pharmacovigilance 150
Standardisation biologique 148 Pharmacodépendance 150
Efficacité et sécurité thérapeutiques des médica- Protection des denrées alimentaires 152
ments 149
Chapitre 11. Recherche 155
Coordination de la recherche médicale . 155 Recherche en épidémiologie et en informatique 156
Chapitre 12. Collaboration avec d'autres organisations 161
Chapitre 13. Information 173
Chapitre 14. Questions constitutionnelles, financières et administratives 175
PARTIE II - LES RÉGIONS
Chapitre 15. Région africaine 183
Chapitre 16. Région des Amériques 195
Chapitre 17. Région de l'Asie du Sud -Est 212
Chapitre 18. Région européenne 221
Chapitre 19. Région de la Méditerranée orientale 232
Chapitre 20. Région du Pacifique occidental 245
PARTIE III - LISTE DES PROJETS
Projets en cours d'exécution en 1971 258
Région africaine 259
Région des Amériques 271
Région de l'Asie du Sud -Est 300
Région européenne 311
Région de la Méditerranée orientale 326
Région du Pacifique occidental 341
Projets interrégionaux 356
ANNEXES
1. Membres et Membres associés de l'Organisation mondiale de la Santé au 31 décembre 1971 369
2. Composition du Conseil exécutif 370
3. Réunions constitutionnelles et autres réunions connexes en 1971 371
4. Tableaux et comités d'experts 371
5. Réunions de groupes scientifiques en 1971 376
6. Centres OMS de référence 376
7. Projets OMS de recherches collectives entrepris en 1971: Contrats conclus avec diverses institutions 383 8. Formation à la recherche et échange de chercheurs: Bourses attribuées en 1971, classées par sujets
et par catégories 384
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Pagcs
9. Bourses attribuées, par sujets d'étude et par Régions 385
10. Publications parues en 1971 387
11. Bibliothèque de l'OMS: Statistiques pour 1971 391
12. Organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS, et organisations intergou- vernementales ayant conclu avec l'OMS des accords officiels approuvés par l'Assemblée mondiale
de la Santé 392
13. Budget ordinaire de 1971 393
14. Effectif et répartition du personnel 394
15. Répartition du personnel d'après la nationalité 396
16. Structure de l'Organisation mondiale de la Santé en regard de la page 396
FIGURES
Fig. 1. Incidence de la variole: Cas notifiés pour 100 000 habitants en 1967 (à l'exception des pays où seuls des cas importés
ont été enregistrés) 7
Fig. 2. Incidence de la variole: Cas notifiés pour 100 000 habitants en 1971 (à l'exception des pays où seuls des cas importés
ont été enregistrés) 7
Fig. 3. Incidence du choléra et nombre de pays touchés, d'après les notifications de cas (autres que ceux importés), 1951 -1971 27
Fig. 4. Evaluation épidémiologique du paludisme au 31 décembre 1961 42
Fig. 5. Evaluation épidémiologique du paludisme au 30 juin 1971 43
Fig. 6. Carte établie par ordinateur, montrant la densité et la distribution d'Aedes aegypti dans une zone d'Afrique occidentale, d'après les données provenant d'enquêtes ou de publications, 1966 -1970 58 Fig. 7. Etapes de la sélection, dans le cadre du programme OMS d'évaluation des insecticides, de composés destinés à
la destruction des moustiques adultes aux fins de l'éradication du paludisme 61 Fig. 8. Décès dus aux maladies cardio-vasculaires et à deux autres causes principales, en pourcentage des décès de toutes
causes dans vingt -neuf pays, 1967 69
Fig. 9. Répartition, par groupes d'âge, des sujets atteints d'une lésion athéroscléreuse de l'artère coronaire gauche anté- rieure descendante, d'après une étude collective OMS portant sur 17 455 spécimens nécropsiques en Suède,
Tchécoslovaquie et URSS 70
Fig. 10. Répartition des centres de recherche et de formation en immunologie 86
Fig. 11. Réseau OMS de centres de référence pour la pollution atmosphérique et de laboratoires collaborateurs . . 92 Fig. 12. Croissance prévue de la capacité totale de production d'énergie électrique et de la capacité de production des
centrales nucléaires d'ici l'an 2000 96
Fig. 13. Situation en 1971 des études préinvestissement soutenues par le PNUD et l'OMS en matière d'approvisionnement
public en eau et d'élimination des déchets 100
Fig. 14. Bureaux régionaux de l'OMS et zones qu'ils desservent 182
Les appellations employées dans les Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Directeur général aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontières.
INTRODUCTION
VOICI maintenant dix ans je disais dans mon rapport annuel que le plus grand espoir pour l'avenir de la santé mondiale résidait dans l'intensification de la recherche médicale. Aujourd'hui il est plus que jamais évident que pour lutter efficacement, à l'échelle de la planète, contre certaines des maladies les plus importantes en santé publique, il n'est pas moins urgent et capital de combler les lacunes de notre savoir que d'appliquer les connaissances déjà acquises et de renforcer les services de santé nationaux.
Tout au long de l'année 1971, des rapports reçus de nombreuses missions à travers le monde ont confirmé que, si de nouvelles découvertes ne viennent pas aider à la solution de certains problèmes techniques, les progrès enregistrés par de nombreux pays dans leur lutte contre les maladies se ralentiront et pourraient même marquer un temps d'arrêt dans certaines régions. Les comités d'experts, groupes scientifiques et autres réunions de spécialistes qui conseillent l'Organisation pour l'orientation de sa politique future sont arrivés aux mêmes conclusions.
Si pendant des décennies on a vu dans la prestation de services sanitaires l'objet principal - voire le seul objet -de l'action de santé publique, on tend désormais à considérer la recherche comme un élément essentiel et inséparable de cette action, qu'il s'agisse de programmes nationaux ou d'activités à l'échelon international. Cette évolution relativement récente de la notion de santé publique, qui transparaît partout dans le présent rapport, a fait ressortir la nécessité d'aborder sous un angle nouveau nombre de maladies et de programmes importants en santé publique. Je me contenterai d'en citer ici quelques exemples, choisis dans des domaines de la santé publique très distincts: l'anémie ferriprive, les maladies cardio -vasculaires et certaines maladies parasitaires transmises par des vecteurs - affections qui frappent environ la moitié de l'humanité.
On oublie parfois que l'anémie ferriprive ne se rencontre pas exclusivement dans les pays en voie de développement mais aussi dans les pays industrialisés, où l'on estime qu'elle affecte 15 à 250/o des femmes en âge de procréer. Au bas mot, 200 /0de la population mondiale -soit environ sept cents millions de personnes - souffrent d'une carence en fer suffisamment marquée pour influer sur leur productivité.
Il y a dix ou quinze ans, on croyait qu'il était relativement simple de prévenir les carences en fer dans de vastes groupes de population. Ne suffisait -il pas, en effet, d'assurer l'apport nécessaire en fer par un régime approprié ou, lorsque c'était impossible - cas hélas fréquent - d'enrichir en fer les aliments ? Malheu- reusement l'expérience a montré que si l'enrichissement des aliments peut, dans certaines conditions, donner de bons résultats, il se révèle très souvent plus ou moins inopérant.
Ainsi, dans un des pays les plus développés du monde, un programme d'enrichissement des aliments mis à l'épreuve pendant plusieurs années n'a donné que des résultats décevants dans l'ensemble. Il est main- tenant évident qu'en dehors de la distribution classique de comprimés de fer aux femmes enceintes et à d'autres
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permettant de satisfaire les besoins en fer de toute une population. La prévention des états ferriprives est condamnée à la stagnation tant que l'on ne sera pas mieux renseigné sur les quantités de fer absorbées dans divers régimes et sur les facteurs diététiques régularisant cette absorption. Il est donc indispensable de faire des recherches beaucoup plus étendues sur ces deux questions et sur les moyens d'augmenter l'apport en fer que peut fournir le régime alimentaire dans son ensemble.
On ne peut plus aujourd'hui considérer les maladies cardio -vasculaires comme des affections liées à la vieillesse, car elles atteignent de plus en plus souvent des hommes et des femmes d'âge moyen et même de jeunes adultes. D'après des données recueillies et analysées par l'OMS, concernant vingt -neuf pays tech- nologiquement avancés, 443 000 des 1 136 000 décès d'hommes de 25 à 64 ans enregistrés en 1967, soit 39°/0,
étaient dus aux maladies cardio -vasculaires. La cardiopathie ischémique est, à elle seule, responsable du quart de tous les décès dans ce groupe d'âge et il ne fait pas de doute que cette maladie est la plus importante cause de mortalité et d'invalidité chez les hommes à un âge où leur activité est particulièrement utile à la société.
Ces lourdes pertes en vies humaines ne sont en aucune façon inévitables; les décès et invalidités causés par les deux maladies cardio -vasculaires les plus meurtrières chez les adultes - l'ischémie cardiaque et l'ictus apoplectique - pourraient être considérablement réduits si tous les moyens de lutte existants étaient effec-
tivement mis en oeuvre sur une grande échelle. Nous devons, par exemple, nous attaquer énergiquement à certains facteurs contribuants, comme les excès alimentaires et l'usage du tabac, et il faut que le bénéfice du diagnostic et du traitement précoces de l'hypertension et de la maladie ischémique du coeur soit étendu à toute la population. Cependant, même si ces mesures étaient appliquées avec succès, les maladies cardio- vasculaires n'en resteraient pas moins le principal problème de santé publique dans les collectivités industrielles.
La découverte des principales causes de ces maladies exige des recherches beaucoup plus étendues et intensives. Je suis convaincu que si nous arrivons à développer suffisamment notre programme collectif de recherches coordonnées, nous progresserons beaucoup plus vite. Il est nécessaire notamment d'évaluer l'importance des facteurs d'environnement dans des groupes humains où l'incidence des maladies cardio- vasculaires est différente et d'étudier en particulier les habitudes nutritionnelles et diététiques dans leurs rapports avec l'activité physique et mentale, ainsi que la façon dont les groupes en question se sont adaptés, depuis l'enfance, à leur milieu social. Afin de pouvoir déterminer sur quels éléments il y aurait lieu d'agir pour prévenir, stopper ou inverser le développement de l'athérosclérose, l'étude du métabolisme des lipides et des glucides s'impose de toute évidence.
*
Plusieurs des maladies parasitaires transmises par des vecteurs - notamment la schistosomiase, la fila- riose, l'onchocercose et la trypanosomiase - illustrent elles aussi la nécessité d'une nouvelle approche. Alors qu'on les combat sur un large front depuis de nombreuses années, ces maladies continuent de poser dans le monde un problème majeur de santé publique, ce qui provient moins de lacunes dans l'application des
connaissances acquises que des nombreuses questions qui se posent encore dans ce domaine.
Le nombre des personnes atteintes de schistosomiase est estimé à quelque deux cents millions, mais on ignore la proportion des cas graves, de même que celle des cas mortels. C'est là un point à éclaircir si l'on veut évaluer l'ampleur du problème. Plusieurs opinions s'affrontent en ce qui concerne le meilleur moyen de réduire la morbidité et la mortalité dues à la schistosomiase: faut -il interrompre la transmission en détruisant par des produits chimiques les mollusques aquatiques qui hébergent certains stades du parasite
ou en recourant massivement à la chimiothérapie, ou est -il préférable d'associer ces deux méthodes ? Si, théo- riquement, la destruction des mollusques semble devoir donner les meilleurs résultats, cette méthode se heurte, dans la pratique, à d'immenses difficultés. Ainsi, dans un des pays affectés, ce sont 200 000 kilomètres de canaux qu'il faudrait traiter au cours de la brève saison de transmission - opération qui exigerait l'inter- vention de milliers de techniciens qualifiés, soit beaucoup plus qu'on ne peut en mobiliser même avec toute l'assistance possible sur le plan international ou bilatéral.
La chimiothérapie est appliquée dans quelques régions assez limitées, mais les substances employées sont loin d'être idéales. Ce n'est qu'en consacrant à la recherche des fonds plus importants -de sources internationales, nationales et privées - qu'on pourra espérer diminuer notablement la prévalence de la schistosomiase et finalement interrompre la chaîne de transmission. Il est absolument indispensable que les
Etats Membres prennent conscience de ce fait.
La lutte contre la filariose, l'onchocercose et la trypanosomiase place les responsables de la santé publique devant des problèmes analogues. On estime à quelque deux cents millions le nombre d'individus atteints de filariose, mais là encore on ne sait pas, fût -ce approximativement, quel est le pourcentage de cas graves.
Les campagnes antivectorielles sont entravées par le coût élevé du matériel et par le manque de personnel.
Il faut donc chercher à mettre au point des agents prophylactiques et curatifs qui soient acceptables, non sans explorer également les possibilités offertes par l'immunologie.
Tout aussi urgente est la nécessité de trouver un médicament nouveau pour le traitement de l'oncho- cercose. Cette maladie atteint environ trente millions de personnes et, dans certaines régions, plus de 30 °/0 des malades sont frappés de cécité partielle ou totale. En milieu hospitalier, l'onchocercose peut être effica- cement traitée, mais les médicaments disponibles sont sans intérêt pratique pour le traitement de masse.
Dans toute l'Afrique, la trypanosomiase continue de faire échec au progrès économique, et l'on a calculé qu'en débarrassant le continent africain de cette maladie on pourrait largement doubler son cheptel. Trans- mise par la mouche tsé -tsé, la trypanosomiase peut provoquer des épidémies aussi soudaines que dévastatrices, et les insecticides actuellement disponibles sont trop coûteux pour pouvoir être appliqués à l'échelle appropriée.
Dans les Amériques où la trypanosomiase affecte une grande partie de certaines populations, on évalue à sept millions environ le nombre des cas, dont beaucoup sont mortels. Les réduviides qui transmettent cette forme de la maladie peuvent être combattus par des applications d'insecticides à l'intérieur des habitations,
mais les stades larvaires peuvent échapper à la destruction. En Afrique comme dans les Amériques, il s'impose d'entreprendre des recherches intensives non seulement sur l'écologie des vecteurs et l'histoire natu- relle de la maladie, mais encore pour mettre au point des insecticides plus actifs et améliorer les techniques d'application. Il faudrait aussi trouver rapidement un agent thérapeutique efficace et non toxique. Ici encore, il y a tout lieu de croire que des recherches plus étendues sur l'immunologie de la maladie pourraient conduire à des progrès dans le diagnostic aussi bien que dans le traitement.
Il ressort clairement de cette analyse qu'à moins de grandes découvertes qui nous apporteraient de nouvelles armes, le combat mené contre ces maladies - auxquelles on pourrait en ajouter bien d'autres - ne progressera sans doute guère au cours des dix ou même des vingt prochaines années.
La voie la plus prometteuse pour l'avenir - qui est également l'approche la plus rationnelle du
problème - est donc un effort approfondi sur le plan de la recherche, par le moyen de programmes soigneu- sement préparés et bien coordonnés visant en particulier à trouver des solutions aux difficultés auxquelles se heurtent actuellement les administrations sanitaires et les spécialistes de la santé publique. Non seulement nous savons ce qu'il y a à faire et quelles sont les questions à élucider, mais nous disposons des ressources techniques et humaines nécessaires pour trouver les réponses. Près de vingt -cinq ans après la création de l'OMS - dont la vocation est de permettre aux pays d'échanger des renseignements techniques sur tous
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le moment est venu de tirer les leçons de l'expérience passée et de concevoir de nouvelles stratégies pour venir à bout d'un certain nombre de problèmes fondamentaux de santé publique.
Cependant, si l'OMS se doit de préparer l'avenir en stimulant et en soutenant la recherche, la tâche immédiate des Etats Membres reste d'employer au mieux tous les moyens existants pour améliorer la santé et le bien -être des peuples dans le monde entier. Malheureusement, dans la plupart des pays en voie de déve- loppement, il n'a pas encore été possible d'appliquer assez largement les connaissances acquises en matière de lutte contre les maladies. Si ces connaissances étaient universellement mises en pratique avec efficacité et détermination, il est certain que l'on parviendrait à réduire de façon spectaculaire la morbidité et la mortalité imputables à diverses maladies qui font tant de victimes, notamment chez les enfants, et qui portent gravement atteinte à la capacité de production des adultes. Parmi les exemples qui s'imposent à l'esprit, je mentionnerai la tuberculose, certaines carences nutritionnelles, les maladies diarrhéiques, les maladies aiguës des voies respiratoires, le tétanos néonatal et les cardiopathies rhumatismales.
Toute une série de maladies pourraient être rapidement vaincues par les vaccins très actifs dont on dispose aujourd'hui en quantités suffisantes pour les administrer à tous les groupes d'âge exposés dans des populations entières. A cet égard, le succès du programme mondial d'éradication de la variole, dont j'ai eu le plaisir de rendre compte ces dernières années et qui s'est poursuivi en 1971, constitue un excellent exemple de ce qui peut être fait. Des résultats analogues pourraient être obtenus dans la lutte contre la rougeole, la coqueluche, la diphtérie et la poliomyélite. La vaccination systématique pourrait, en l'espace de quelques années, entraîner pratiquement la disparition de ces maladies, comme c'est déjà le cas dans certains pays où de tels programmes ont été entrepris. Force est pourtant de constater qu'en dépit de quelques exceptions notables, les pays en voie de développement n'ont pu mettre à exécution des programmes de vaccination adéquats. Cette incapacité à lancer et à entretenir des campagnes d'immunisation des enfants représente, en fait, l'échec le plus navrant des services de santé dans les régions tropicales et subtropicales.
Il est vrai, certes, qu'en l'absence d'une infrastructure sanitaire de base adéquate il n'est pas possible d'appli- quer les méthodes modernes de lutte contre les maladies, et que l'emploi de ces méthodes demeure difficile aussi longtemps que les conditions économiques et sociales n'ont pas atteint un certain niveau. Aussi la tâche la plus urgente de beaucoup d'Etats Membres de l'OMS sera -t -elle encore pendant de nombreuses années le renforcement des services nationaux de santé, et notamment celui des effectifs de médecins, professeurs de médecine, infirmières, ingénieurs sanitaires, dentistes, auxiliaires de santé et autres agents de la santé publique. Parallèlement se poursuivra une tâche tout aussi gigantesque, celle de fournir à chaque individu une eau de boisson saine et d'améliorer les systèmes d'élimination des déchets liquides et solides.
Seuls ou avec une assistance internationale ou bilatérale, les Etats Membres ont déjà fait et continuent de faire dans ces domaines des efforts considérables, dont le présent rapport signale les résultats encou- rageants. Comme on pourra le voir par la liste de projets qui forme la partie III du rapport, ce ne sont pas moins de 1900 projets qui étaient en cours d'exécution ou sont arrivés à leur terme entre le 1Q1 décembre 1970 et le 30 novembre 1971, sans compter ceux pour lesquels n'ont été fournis que des services consultatifs par l'intermédiaire du personnel du Siège ou des bureaux régionaux et ceux qui visaient uniquement à former du personnel.
Il est encourageant de constater que certains pays en voie de développement ne se préoccupent plus exclusivement de créer ou de renforcer leurs services de santé de base et de combattre les principales maladies transmissibles, mais qu'ils ont récemment tourné leur attention vers des domaines -y compris la recherche - que seuls, jusque -là, les pays les plus développés pouvaient aborder. En fait, 226 nouveaux projets de recherches concertées ont été lancés pendant l'année, portant à 950 le nombre total de ces projets en 1971.
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L'élargissement général du champ des activités sanitaires internationales et les nouvelles orientations qui se manifestent ressortent clairement des quelques exemples, présentés ci- après, de projets à l'étude ou en cours de réalisation en 1971 dans les différentes Régions.
Pour la Région africaine, trois faits saillants sont à noter : le développement rapide de l'économie, qui oblige à améliorer au plus tôt les services de médecine du travail; le nombre de plus en plus grand des pays désireux de créer une industrie pharmaceutique nationale; enfin, la mise au point de méthodes d'évaluation pour un nombre croissant de projets de recherche.
Le nombre des travailleurs employés dans les mines d'uranium, d'or, de cuivre, de fer, de manganèse, de diamant et de bauxite augmente régulièrement, de nouvelles industries s'implantent (ciment, potasse, aluminium, pétrochimie, textiles, transformation des produits agricoles) et les cultures industrielles (caout- chouc, coton, café, cacao) se développent sans cesse. La mécanisation et l'emploi des pesticides et des engrais chimiques exposent à des dangers nouveaux la santé des agriculteurs, des pêcheurs, des forestiers, des éleveurs et d'autres groupes professionnels. Les services de santé des pays où s'opèrent ces transforma- tions manquent souvent des moyens nécessaires pour pouvoir faire face aux problèmes de médecine du travail récemment apparus et un nombre croissant de gouvernements sollicitent l'aide de l'Organisation dans ce domaine. C'est ainsi qu'à la demande du Libéria, de la Sierra Leone et du Togo des experts ont été appelés à donner des avis pour l'organisation des services de médecine du travail de ces pays, tandis qu'une aide était fournie à l'Université du Ghana en vue de l'organisation d'un cours sur ce sujet.
A mesure que leurs services de santé se développent, les pays d'Afrique s'intéressent davantage à la fabrication et au contrôle de la qualité des produits pharmaceutiques. C'est ainsi qu'en 1971 le Kenya, le
Nigéria, l'Ouganda, la République -Unie de Tanzanie et la Zambie ont sollicité l'assistance de l'Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel en vue d'études préinvestissement relatives à la création d'industries pharmaceutiques nationales. Au cours des dernières années, l'OMS a envoyé des missions dans différents pays d'Afrique, notamment au Kenya, au Nigéria, en Ouganda, dans la République -Unie de Tanzanie et au Sénégal, afin d'étudier les moyens dont ils disposaient pour le contrôle de la qualité des produits phar- maceutiques fabriqués sur place. L'Organisation a également prêté son concours pour les études qui ont préparé la création d'un centre de surveillance des médicaments en République Centrafricaine.
Les projets de recherche auxquels l'OMS apporte son aide dans la Région africaine ont essentiellement un caractère pratique et se situent dans les domaines suivants: maladies parasitaires, maladies bactériennes et zoonoses (551/6); entomologie, immunologie, microbiologie, endocrinologie et génétique (24 ° /0); protection et promotion de la santé (176 /0); hygiène du milieu (46/0). Pendant ces deux dernières années, quelque vingt projets ont été évalués au Kenya, à Madagascar, dans la République populaire du Congo et en République -
Unie de Tanzanie afin de déterminer dans quelle mesure ils avaient atteint leur but, d'en étudier les résultats et d'examiner les perspectives d'avenir. Des évaluations analogues seront faites dans d'autres pays de la Région au cours des deux ou trois prochaines années.
Deux programmes de nature très différente illustrent bien les tendances de l'action de santé dans la Région des Amériques: l'un concerne la fourniture de manuels de médecine et l'autre vise à l'éradication de la variole.
Si l'on veut remédier à la pénurie de personnel médical, il est essentiel de faciliter la distribution de manuels de médecine récents. Or, dans de nombreuses régions du monde, les étudiants en médecine doivent compter principalement sur leurs notes et sur des cours polycopiés, car ils n'ont pas les moyens de s'acheter les livres nécessaires ou ont du mal à se les procurer dans les bibliothèques. Jusqu'à ces derniers temps, le problème se posait avec une acuité toute particulière en Amérique latine, où les manuels de médecine dispo- nibles étaient souvent périmés ou rédigés dans une langue étrangère. On a donc décidé d'y remédier de la
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des manuels à une centaine de milliers d'étudiants inscrits dans plus de cent écoles de médecine de la Région.
Des experts des diverses disciplines médicales choisissent les meilleurs manuels et l'Organisation négocie ensuite des contrats avec les éditeurs afin que ces ouvrages puissent être distribués en grandes quantités à des prix spéciaux. Plus de 62 000 exemplaires des cinq premiers manuels ainsi sélectionnés - anatomo- pathologie, biochimie, pharmacologie, physiologie et pédiatrie - ont été distribués à quelque cent cinquante écoles de médecine; sur ce total, plus de 35 000 exemplaires ont été vendus, pour un montant de plus de US $310 000. Huit autres manuels ont été retenus, qui seront distribués à partir de 1972, et l'on examine actuellement d'autres ouvrages. Les recettes sont versées à un fonds de roulement, qui permettra un jour l'autonomie financière du programme; entre -temps, celui -ci fonctionne grâce à un prêt de US $2 millions consenti par la Banque interaméricaine de Développement. Il faut espérer que ce programme original de l'OPS en suscitera d'autres dans des Régions de l'OMS où l'on se heurte à des difficultés analogues.
Dans les huit derniers mois de 1971 aucun cas de variole n'a été découvert dans les pays des Amériques.
Bien que la recherche de foyers qui seraient passés inaperçus se poursuive, il semble maintenant que nous puissions espérer enregistrer, dans un avenir relativement proche, un fait qui constituera un événement majeur dans l'histoire de la médecine : l'éradication d'une maladie dans un hémisphère tout entier. Pendant plus de quatre cent cinquante ans, la variole a dévasté les Amériques, faisant d'innombrables victimes et laissant derrière elle des milliers d'individus aveugles et défigurés. Grâce aux programmes d'éradication lancés dans les années 1950 et intensifiés en 1967, l'étendue et la gravité du problème ont été régulièrement réduites. En 1970, l'incidence de la variole est tombée au plus bas niveau jamais constaté par l'Organisation. En 1971, on n'a observé qu'une seule poussée très localisée de dix -neuf cas - au Brésil - et après la fin d'avril aucun autre cas n'a été détecté. Des enquêtes spéciales s'étendant à de vastes zones ont été et sont encore menées depuis lors au Brésil et dans les pays voisins pour dépister la maladie, et les programmes de vaccination se poursuivent.
Dans la Région de la Méditerranée orientale, un essai de vaccin revêtant une grande importance pour les habitants de la « ceinture africaine de la méningite » - zone comprise entre le Sahara au nord et les forêts équatoriales au sud - a été entrepris en Egypte vers la fin de l'année. L'objectif est de déterminer le pouvoir protecteur d'un vaccin polysaccharidique du groupe A contre les infections et maladies dues aux méningocoques, tant chez les porteurs asymptomatiques que chez les sujets atteints, et d'évaluer la réponse sérologique à la vaccination. Des essais étendus avaient déjà été faits pour déterminer la sécurité d'emploi et l'efficacité des vaccins polysaccharidiques contre les infections dues aux méningocoques du groupe C qui sont, depuis 1964, les maladies méningococciques le plus fréquemment signalées aux Etats -Unis d'Amérique. Plus récemment, on a entrepris des essais de vaccins contre les souches du groupe A, principales responsables de la méningite épidémique dans d'autres régions du monde, notamment en Afrique.
Les essais en cours en Egypte sont d'autant plus opportuns que la résistance aux sulfamides se développe chez les méningocoques du groupe A dans divers pays et qu'elle menace de se manifester également dans les pays africains particulièrement touchés par la méningite cérébro- spinale.
Dans la Région du Pacifique occidental, deux projets intéressants ont été entrepris pendant l'année en vue d'améliorer les services de laboratoire de santé publique et d'appliquer l'analyse des systèmes à la planification sanitaire.
En raison de l'évolution du tableau de la morbidité dans certains pays, il devient de plus en plus difficile de poser le diagnostic clinique de différentes maladies, parmi lesquelles la variole, la rage et la peste. Des services de laboratoire de santé publique sont donc plus que jamais nécessaires. Or, la structure et la qualité des services de laboratoire nationaux laissent souvent beaucoup à désirer en dépit des efforts incessants qui sont faits pour les améliorer. Aussi l'OMS vient -elle de lancer, dans la Région du Pacque occidental, un programme inter pays à long terme dont l'objet est de compléter l'aide technique que l'Organisation accorde
déjà à divers pays en la matière, et d'assurer que le personnel affecté aux projets régionaux puisse disposer, à l'échelon national, de services de laboratoire adéquats. Une attention toute particulière sera accordée aux services de diagnostic ainsi qu'aux cours d'entretien et de perfectionnement pour le personnel de laboratoire.
Des plans ont été approuvés pour les trois premières années (1972 -1974) du programme, qui prévoit pour commencer la préparation d'un répertoire régional des services de laboratoire de santé publique. Un séminaire sera ensuite organisé à l'intention de bactériologistes chargés des travaux de laboratoire sur la tuberculose, et des consultants se rendront dans les principaux laboratoires de biochimie de la Région ainsi que dans les laboratoires préparant du vaccin antirabique pour l'homme; enfin des données seront rassemblées en vue de l'organisation de services de transfusion sanguine. Il est aussi prévu pour la Région un programme à long terme intéressant la production et le contrôle des substances biologiques.
L'intégration de la planification sanitaire dans celle du développement socio- économique revêt des aspects très complexes. C'est pourquoi l'Organisation a adopté une nouvelle et intéressante approche du problème : l'application de l'analyse des systèmes à l'élaboration des projets sanitaires. Cette méthode est maintenant mise à profit dans la Région du Pacque occidental, notamment en relation avec un projet de développement des services hospitaliers aux Philippines, où des conférences- ateliers suivies de démonstrations pratiques ont été organisées pour familiariser les travailleurs sanitaires avec les concepts et les opérations qu'implique cette approche nouvelle. On se prépare à utiliser aussi cette méthode pour des projets en Malaisie et à Singapour
et l'on envisage de l'appliquer dans d'autres Régions au cours des trois ou quatre prochaines années.
De son côté, la Région européenne doit faire face aujourd'hui à divers problèmes qui présentent une acuité particulière dans les pays technologiquement avancés, par exemple la pollution des cours d'eau par les effluents industriels ou d'autres déchets, et l'accroissement constant du nombre de décès dus aux maladies cardio -vasculaires. Comme un récent incident l'a montré, la décharge involontaire de matières toxiques dans une grande voie fluviale comme le Rhin peut avoir des conséquences désastreuses pour plusieurs pays. Jusqu'ici, cependant, seul un petit nombre de pays d'Europe ont adopté les méthodes automatisées qui peuvent maintenant remplacer les techniques manuelles d'échantillonnage et d'analyse pour le contrôle de la qualité des eaux de surface. Aussi le système de surveillance automatique de la qualité de l'eau qui a été installé en Haute -Silésie (Pologne), au titre d'un programme de lutte contre la pollution thermique ou saline des eaux, a -t -il suscité beaucoup d'intérêt dans toute la Région. Ces stations automa- tiques de surveillance sont particulièrement utiles pour déterminer des niveaux de qualité de base et leur évolution, déceler les variations subites et, en cas de pollution accidentelle de l'eau, alerter rapidement les utilisateurs situés en aval. Deux types de systèmes sont utilisés, le premier fonctionnant au moyen de transducteurs ou de capteurs électrochimiques plongés dans l'eau, le second étant fondé sur des techniques d'analyses répétées par voie humide. Grâce à des dispositifs télémétriques reliant les appareils de détection à des stations de traitement de l'information, on peut évaluer rapidement les données et contrôler constamment le bon fonctionnement du réseau. S'il suffit à cet effet d'un petit nombre d'opérateurs, il faut toutefois disposer d'un personnel d'entretien hautement qualifié pour pouvoir remédier rapidement à toute défaillance du système.
Le programme européen de lutte contre les maladies cardio- vasculaires à l'échelon de la collectivité, qui a été élaboré et mis en oeuvre avec la coopération et l'appui des administrations sanitaires nationales, entrera en 1972 dans la cinquième et dernière année de sa première phase. Ce programme est fondé sur les renseignements fournis par les dix -huit registres des cardiopathies ischémiques établis dans quinze pays de la Région - auxquels s'ajoutent ceux de deux autres pays -, renseignements qui permettent la planification et l'évaluation des soins aux coronariens, ainsi que l'organisation de projets pilotes dans ce domaine. Des données sur 4800 sujets, recueillies grâce à ces registres, ont été examinées en 1971 par un groupe d'experts qui les ont jugées suffisamment fiables et comparables pour servir de base à une véritable étude internationale.
Elles ont été centralisées pour faire l'objet d'une analyse complète, dont les résultats seront publiés dans le courant des deux prochaines années.
été approuvées par le Comité régional de l'Europe à sa vingt et unième session. Il est prévu, pour cette phase, d'élargir le programme afin d'y inclure des projets de lutte contre l'ictus apoplectique et l'hypertension arté- rielle, les cardiopathies congénitales, les maladies pulmonaires chroniques qui sont à l'origine du coeur pulmo- naire, et les cardiopathies rhumatismales.
Dans la Région de l'Asie du Sud -Est, trois projets -le Centre de Chimiothérapie de la Tuberculose de Madras (Inde), l'unité de recherche sur la filariose de Rangoon (Birmanie) et l'unité de recherche sur Aedes de Bangkok (Thaïlande) - illustrent la contribution que peuvent apporter à la solution d'un problème de santé dans les pays en voie de développement des projets de recherche relativement modestes organisés par l'OMS et fortement soutenus au départ par le personnel et le matériel qu'elle leur affecte. En outre, de tels projets familiarisent le personnel national avec les problèmes de recherche et d'organisation qui se posent et préparent ainsi l'extension future des activités de recherche et de lutte à l'ensemble du territoire des pays intéressés; enfin, ils constituent une source de légitime fierté pour ces pays. Les connaissances ou l'expérience que chacun d'eux permet d'acquérir ne profitent d'ailleurs pas à un seul pays et les progrès réalisés en matière de traitement de la tuberculose à Madras, de lutte contre Culex fatigans à Rangoon ou contre Aedes aegypti à Bangkok peuvent trouver de larges applications dans le monde entier.
C'est sans doute le Centre de Chimiothérapie de la Tuberculose de Madras qui offre le meilleur exemple de projet exécuté dans le cadre d'un pays mais dont les effets se font sentir au -delà même de la Région. Ce centre a été créé en 1956 sous les auspices du Conseil indien de la Recherche médicale, du Gouvernement de l'Etat de Madras, de l'OMS et du Medical Research Council du Royaume -Uni; la valeur de ses études sur le traitement de la tuberculose, conduites selon une méthodologie rigoureuse, est universellement reconnue.
L'une des principales conclusions qui s'en dégagent est que le traitement de la tuberculose à domicile est aussi efficace que le traitement en sanatorium ou en hôpital, et qu'il n'entraîne aucun accroissement des risques pour l'entourage du malade. Le centre a procédé à d'autres études extrêmement utiles sur l'efficacité de différentes associations de médicaments et de différents régimes de traitement, notamment le traitement intermittent. L'une des plus récentes a montré que l'administration bihebdomadaire d'acide para- amino- salicylique et d'isoniazide, outre qu'elle est moins coûteuse et risque moins d'avoir des effets toxiques, est aussi efficace que le traitement classique, c'est -à -dire l'administration quotidienne de ces deux composés.
Au départ, une grande partie des collaborateurs du Centre de Chimiothérapie de la Tuberculose n'étaient pas des ressortissants du pays. Aujourd'hui, le personnel est entièrement composé d'Indiens, l'OMS continuant cependant de donner des avis et de prêter son concours pour les achats de fournitures et de matériel; quant aux autres organismes qui ont patronné la création du centre, ils lui envoient encore occasionnellement des consultants.
Outre qu'il a permis l'étude de méthodes de traitement de la tuberculose dans de petites zones urbaines à forte densité de population, le projet a trouvé un prolongement dans les travaux de l'Institut national de la Tuberculose de Bangalore qui, entre autres tâches importantes, a étudié de quelle manière les résultats des recherches du Centre de Chimiothérapie de la Tuberculose pouvaient être appliqués dans les conditions qui prévalent le plus souvent en Inde, où l'immense majorité de la population vit dans des zones rurales parfois très éloignées de tout centre sanitaire ou de tout hôpital. Ceci montre bien l'influence extrêmement féconde que peut avoir, lorsqu'elle est bien menée, la recherche d'une solution à un problème déterminé dans les condi- tions particulières aux pays en voie de développement. Il est d'ailleurs à noter que les résultats des essais effectués au centre de Madras ont eu également un effet révolutionnaire sur les méthodes de traitement de la tuberculose dans les pays avancés.
L'unité de recherche sur la filariose, créée par l'OMS à Rangoon en 1962, a développé ses travaux avec le même succès. Le réseau d'égouts de Rangoon avait été gravement endommagé pendant la Deuxième Guerre mondiale et les caniveaux de la ville, uniquement destinés à évacuer les eaux de pluie pendant la mousson,
étaient rapidement devenus le réceptacle d'une grande partie des eaux -vannes produites par une population en expansion rapide. Cet état de choses favorisait la prolifération de Culex pipiens fatigans, principal vecteur de Wuchereria bancrofti dans les zones urbaines du monde entier. Aussi, l'incidence des cas de filariose provo- qués par W. bancrofti à Rangoon avait -elle rapidement augmenté après la guerre, bien que la municipalité fît traiter périodiquement les caniveaux à l'huile minérale.
A l'origine, l'unité de recherche sur la filariose comprenait des membres du personnel de l'OMS et des spécialistes désignés par le Gouvernement birman. Cette unité avait pour tâche d'étudier le comportement du moustique vecteur dans une zone bien délimitée de la ville afin de trouver les moyens de l'éliminer, ce qui a nécessité l'exécution d'un grand nombre d'études, par exemple sur les types d'infections filariennes présents chez les animaux vivant à proximité de l'homme, sur les risques d'infection dans les communautés birmane, indienne et chinoise de Rangoon, sur le comportement du moustique en matière de reproduction et sur les larvicides. Ces études ont permis d'élucider bien des problèmes relatifs à la filariose et au moustique vecteur, et les mesures de lutte soigneusement mises au point contre le vecteur se sont révélées si efficaces qu'elles sont maintenant appliquées dans toute la ville et pourront désormais être employées partout où il le faudra dans le reste du pays. L'unité de recherche ayant été supprimée en 1969, les activités de lutte contre la filariose sont maintenant conduites par le personnel national avec l'aide du Bureau régional de l'Asie du Sud -Est.
Un projet analogue, l'unité OMS de recherche sur Aedes à Bangkok, a été mis sur pied en 1966 pour étudier la bionomie d'Aedes, en particulier celle d'Aedes aegypti qui est le principal vecteur de la fièvre jaune, de la dengue et de la fièvre hémorragique de la dengue - laquelle a sévi récemment sous forme épidémique en Asie du Sud -Est. Les très utiles travaux de cette unité seront désormais pris en charge par une division du Ministère de la Santé qui aura pour tâche de mener la lutte non seulement contre Aedes mais aussi contre d'autres insectes vecteurs de maladies répandues en Thaïlande.
L'une des fonctions essentielles de l'OMS est de placer les problèmes de santé dans leur vraie perspective et d'éviter qu'ils ne fassent l'objet de commentaires à sensation, ce qui est particulièrement important lorsque l'opinion publique a été sensibilisée à la suite de l'action souvent tendancieuse de certains groupes de pression.
Deux problèmes de santé - celui du choléra et celui des effets adverses du DDT - se sont ainsi vu attribuer en 1971 une gravité sans commune mesure avec la réalité. Il est vrai que, ces dernières années, le choléra s'est propagé hors des foyers d'endémicité habituels et qu'il s'est manifesté sous forme de vives poussées dans divers pays d'Afrique occidentale, aussi bien qu'en Inde et en Indonésie; il est vrai également que, dans bien des pays où il est depuis longtemps endémique, le choléra constitue une très grave menace pour la santé publique;
mais on a parfois donné à des cas isolés - tels que ceux enregistrés dans la Région européenne - une importance qui ne se justifiait aucunement compte tenu de ce que l'on sait aujourd'hui de la maladie, semant ainsi inutilement la panique dans le public. Par la presse, la radio, la télévision et d'autres moyens de commu- nication de masse, l'OMS a beaucoup contribué à dissiper les craintes ainsi suscitées en annonçant les mesures qui avaient été ou étaient prises pour maîtriser le choléra, et en expliquant qu'une épidémie importante ne risquait guère de se déclarer dans des pays où la salubrité publique est assurée et où les principes fonda- mentaux de l'hygiène personnelle sont observés. Dans le même temps, elle a instamment demandé aux pays de veiller à la stricte application du Règlement sanitaire international mais de s'abstenir de prendre des mesures excessives, et elle a prié les gouvernements de remplir leurs obligations concernant la notification des poussées de choléra. Les grandes pandémies de choléra ont laissé derrière elles un héritage de terreur qui est encore loin d'être dissipé, et l'OMS joue un rôle capital en évitant que les populations ne cèdent à la panique et en les amenant à adopter une attitude rationnelle à l'égard d'une maladie qui est aujourd'hui beaucoup moins redoutable qu'elle ne l'était jadis.
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les gouvernements de faire de même. L'Organisation n'ignore nullement les dangers que présente le DDT pour certaines espèces d'animaux sauvages et elle a consacré, et continue de consacrer, beaucoup d'attention à la recherche d'insecticides moins dangereux ainsi qu'à la mise au point d'autres moyens de lutte contre les insectes vecteurs de maladies. Mais, s'il ne faut pas se dissimuler que l'emploi du DDT comporte certains risques, il ne faut pas non plus oublier les immenses avantages qu'il présente. Au cours du quart de siècle pendant lequel il a été largement utilisé, il a apporté des bienfaits incalculables à des millions d'individus qu'il a libérés de la maladie et auxquels il a permis de vivre mieux, et il a rendu possible la mise en valeur d'immenses territoires. Avant de condamner le DDT, il faut soigneusement peser le pour et le contre, et c'est seulement s'il est clairement démontré que ses inconvénients l'emportent sur ses avantages qu'il faudra renoncer à l'utiliser. Compte tenu des données que possède actuellement l'OMS, tout porte à croire qu'en dépit des attaques dont le DDT a été l'objet il n'y a pour le moment aucune raison de renoncer à employer cet insecticide, qui est l'une des armes les plus efficaces dont nous disposions pour lutter contre la maladie.
Depuis plus de vingt ans, et conformément aux résolutions successives de l'Assemblée mondiale de la Santé, l'OMS est responsable de la supervision et du soutien techniques du programme de santé de l'Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient (UNRWA). Ce programme intéresse actuellement près de 1,5 million de réfugiés palestiniens qui, pour la plupart, continuent de vivre dans des conditions économiques et sociales très difficiles. Or, depuis plusieurs années, la situation financière de l'UNRWA s'est constamment détériorée, surtout à cause de l'accrois- sement des frais qu'entraîne l'éducation d'enfants d'âge scolaire toujours plus nombreux et du fossé qui se creuse entre les ressources et les dépenses. Ce déséquilibre financier est une source d'anxiété pour tous ceux qui se préoccupent de la santé, de l'éducation et du bien -être des refugiés. Différents organismes - dont, à deux reprises, l'OMS - ont sollicité des dons par des appels auxquels beaucoup de gouvernements ont répondu généreusement. Néanmoins, le modeste fonds de roulement de l'Office est maintenant presque épuisé et il ne pourra plus être utilisé pour combler les deficits budgétaires. Il est apparu à l'issue de la conférence annuelle tenue pendant la vingt- sixième session de l'Assemblée générale des Nations Unies et au cours de laquelle les gouvernements ont indiqué leurs contributions pour 1972 que l'aide financière dont disposerait
¡'UNRWA serait loin d'être suffisante; si les crédits manquants n'étaient pas obtenus d'autres sources, l'Office se trouverait donc dans l'impossibilité de maintenir même le minimum de services qu'il assure actuellement, ce qui aurait certainement de graves conséquences pour les refugiés et en particulier pour la santé des groupes les plus vulnérables. C'est pourquoi il faut plus que jamais espérer que la communauté internationale répondra aux résolutions adoptées à ce sujet par la Vingt- Quatrième Assemblée mondiale de la Santé en versant à l'OMS de généreuses contributions spécifiquement destinées à un plus large soutien du programme sanitaire de l'UNRWA, qui risquerait autrement l'effondrement total.
*
Sur le plan financier, les fluctuations monétaires qui se sont produites en 1971 ont été pour l'Organisa- tion une source de difficultés exceptionnelles. Point n'est besoin que j'expose ici en détail les répercussions de la crise sur les programmes de l'Organisation. Inévitablement, nous avons été contraints de faire des économies et certaines activités prévues pour 1971 ont dû être différées.
En dépit de ces difficultés qui se sont ajoutées à d'autres pour gêner l'action de l'OMS au cours de l'année écoulée, et malgré les revers enregistrés auparavant dans différents programmes et dont j'ai eu souvent à
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rendre compte dans le passé, on peut éprouver une certaine satisfaction devant le bilan global des réalisations de l'OMS depuis sa création et estimer, sans aller jusqu'à la complaisance, qu'il justifie d'immenses espoirs pour l'avenir.
Il est bien évident toutefois que, si nous voulons résoudre les problèmes les plus urgents dans un avenir prévisible, il faudra davantage de fonds pour le programme élargi de recherches, à l'échelon national aussi bien qu'international. A cet égard, il s'impose d'assurer une communication plus efficace entre ceux qui ont la charge de la santé et les économistes. Jusqu'ici, on n'a pas suffisamment compris que les investissements dans l'action de santé n'ont pas uniquement des fins humanitaires mais qu'ils sont aussi indispensables pour la croissance économique régulière des pays. C'est dans cette optique, j'en suis persuadé, qu'il faut nous placer pour affronter l'avenir et nous devrons, dans les années qui viennent, nous employer sans relâche à convaincre les dirigeants politiques qu'une population en bonne santé est un capital des plus précieux pour un pays et que si une nation consacre les fonds nécessaires à la santé publique, cet effort se révèle toujours éminemment productif.
Il m'est agréable de noter qu'en s'adjoignant trois nouveaux Membres pendant l'année - Bahreïn, précédemment Membre associé, la Gambie et Oman - l'Organisation mondiale de la Santé s'est encore rapprochée de cette universalité clairement proclamée dans sa Constitution et qui est essentielle au succès de sa mission.
Directeur général
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APERÇU GÉNÉRAL
MALADIES TRANSMISSIBLES
1.1 Dans son programme de lutte contre les maladies transmissibles, l'Organisation a continué, en 1971, de mettre l'accent sur la nécessité de renforcer les services épidémiologiques et les activités de surveil- lance à l'échelon national et, comme les années pré- cédentes, elle a assuré ou encouragé la formation de personnel aux activités visant à endiguer ou à prévenir ces maladies. Cette tâche a été accomplie en grande partie grâce au réseau OMS de centres de référence et de laboratoires collaborateurs, qui ont en outre beaucoup contribué à faire progresser non seulement les recherches destinées à fournir les connaissances de base indispensables pour la lutte contre ces maladies mais aussi l'application pratique de ces connaissances.
Pendant l'année, les efforts ont porté en particulier sur la lutte contre le choléra et sur l'éradication de la variole.
1.2 Le programme d'aide d'urgence en cas d'épidé- mie s'est encore développé; les secours de ce type nécessités par l'extension constante de la pandémie de choléra ont été très importants. Ils ont comporté
de nombreuses visites dans les pays par l'équipe
interrégionale OMS de lutte contre le choléra et par d'autres experts, qui ont donné des avis sur les moyens de diagnostic, de traitement, de lutte et de prévention,ainsi que des livraisons de fournitures d'urgence - provenant en grande partie, pour l'Afrique, des
dépôts spéciaux constitués par l'Organisation à Abid- jan, Brazzaville et Nairobi. L'OMS a également fourni du vaccin anticholérique, du liquide de réhydratation, des antibiotiques et du matériel de vaccination pour les réfugiés au Bengale -Occidental (Inde) atteints de choléra, et elle a coordonné l'acheminement des envois de même nature provenant d'autres sources.Ont été également distribués des vaccins et sérums antitétaniques et antidiphtériques, ainsi que divers médicaments contre la fièvre typhoïde, la shigellose et les infections intestinales d'origine mal définie.
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Toutes ces infections intestinales - qui sont
plus courantes qu'on ne le pense habituellement, aussi bien dans les régions défavorisées des pays industrialisés que dans les pays en voie de développe-ment - sont largement la conséquence d'un bas
niveau de vie, et l'amélioration des équipements sanitaires et de l'hygiène personnelle constitue la seule mesure efficace à long terme qui puisse remédier à la situation. Si des mesures spécifiques à court terme, telles que la vaccination ou la chimioprophylaxie, demeurent indispensables, elles ne peuvent que compléter les efforts de plus longue haleine entrepris pour renforcer l'assainissement et l'éducation sani-taire. C'est pourquoi, sans relâcher son soutien aux activités de recherche visant à trouver des moyens de lutte plus efficaces, l'Organisation a mis également l'accent sur les mesures d'assainissement, le contrôle des aliments et l'amélioration de l'hygiène personnelle.
1.4 Les maladies transmissibles, notamment l'oncho- cercose et le trachome, sont souvent à l'origine de cas de cécité. L'action menée par l'OMS contre ces maladies, parallèlement à ses activités dans le domaine
de la nutrition, de la médecine du travail et de la
prévention des accidents, contribue dans une large mesure à réduire la prévalence de la cécité et destroubles de la vue. Donnant suite à la résolution
WHA22.29 sur la prévention de la cécité adoptée en 1969 par la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, l'OMS a adressé à tous les Etats Membres et Membres associés un questionnaire visant à recueil- lir des renseignements sur la charge que représentent dans les divers pays les cas connus de cécité et sur leurs causes. Les réponses reçues, ainsi que d'autres informations, sont actuellement analysées par l'Orga-nisation et un rapport à ce sujet sera présenté à
l'Assemblée mondiale de la Santé. Etant donné quela perte de vision n'est pas évaluée ou définie de
manière uniforme et qu'il est de ce fait difficile d'établir des comparaisons valables, on a mis au point des définitions de la cécité et des troubles de la vue qui puissent s'appliquer universellement, et ces définitions figureront dans le rapport.
1.5 Enfin, l'Organisation a renforcé sa collaboration avec d'autres organisations internationales et organi- sations non gouvernementales qui s'intéressent à ces questions, notamment l'Association internationale de Prophylaxie de la Cécité et l'Organisation inter- nationale contre le Trachome. L'OMS s'est également maintenue en contact avec l'Organisation mondiale pour la Protection sociale des Aveugles. En août, elle a présenté divers documents sur ses activités et sur l'évolution actuelle de la prophylaxie de la cécité et des troubles de la vue lors d'un séminaire interna- tional qui a réuni à Jérusalem des participants de trente -six pays.
Surveillance épidémiologique des maladies transmissibles 1.6 Pour de nombreuses administrations sanitaires nationales comme pour une bonne partie du grand public, la pandémie de choléra a continué d'être en 1971 le problème de santé publique le plus préoccu- pant. La vieille hantise du choléra a d'ailleurs entraîné des mesures de protection excessives et injustifiées,
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4 ACTIVITÉ DE L'OMS EN 1971
même dans des pays où l'approvisionnement public en eau et l'élimination des déchets sont tels qu'on peut, tout au plus, redouter des poussées très localisées de la maladie. Dans beaucoup d'autres pays, parti- culièrement en Afrique, le choléra a constitué une menace très réelle pour la santé et le bien -être des populations. Compte tenu de l'état actuel de l'assai-
nissement dans une grande partie du monde, les
moyens de prévention et de lutte dont on dispose peuvent arrêter une épidémie de choléra mais ne sauraient empêcher la maladie de traverser les fron- tières, quelle que soit la sévérité des mesures prises à cet effet.Cette constatation a conduit les pays à
renforcer la surveillance des infections diarrhéiques afin de déceler le plus tôt possible la présence de vibrions cholériques, de la notifier rapidement et de prendre les mesures d'endiguement appropriées. Lapropagation du choléra a fait prendre davantage
conscience aux autorités sanitaires du risque per- manent de dissémination des autres maladies (parti- culièrement des infections intestinales) qu'engendrent les voyages internationaux et cela peut conduire les pays à renforcer, d'une manière générale, la surveil- lance épidémiologique des maladies transmissibles.Pourtant, il arrive encore que certains Etats Membres n'honorent pas les engagements qu'ils ont pris vis -à- vis de la collectivité internationale et s'abstiennent de notifier l'apparition du choléra sur leur territoire, privant ainsi les pays voisins menacés de la possibilité de prendre des mesures préventives en temps utile et empêchant l'Organisation de remplir ses propres obligations, c'est -à -dire d'informer en permanence les Etats Membres de la situation épidémiologique mondiale.
1.7 En janvier 1971, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du Règlement sanitaire interna- tional de 1951, la réunion d'un groupe de membres
du Comité de
la Surveillance internationale des Maladies transmissibles a dû être convoquée en vertu de l'article 112 de ce Règlement pour examiner le différend résultant de mesures prises à l'encontre d'un Etat Membre. Le différend a été réglé à la satisfac- tion des parties intéressées et une déclaration a étépubliée.1
1.8 Après la réunion du Comité régional de l'Europe (voir paragraphe 18.4) en septembre, des experts de l'OMS se sont rendus dans tous les pays de la Région où des cas de choléra avaient été signalés, afin de préparer la conférence sur la lutte anticholérique en Europe qui s'est tenue à Copenhague à la mi- décembre, en exécution de la résolution EUR/RC21/R6. Des recommandations détaillées concernant la lutte anti- cholérique ont été formulées lors de cette conférence;
elles insistent notamment sur les points suivants:
l'amélioration de l'assainissement du milieu est le seul moyen sûr pour lutter contre le choléra en tant que maladie transmissible et elle revêt une importance particulière pour la santé des touristes et des travail- leurs migrants; il est absolument essentiel de notifier
1 Relevé épidém. hebd., 1971, 46, 13; voir également Actes o,ff.
Org. mond. Santé, 1971, ° 193, p. 123.
rapidement à l'OMS tous les cas suspects et les cas confirmés; les mesures dépassant les prescriptions du Règlement sanitaire international, injustifiées sur le plan épidémiologique et restreignant la libre circu-
lation des personnes et des biens, ont des effets
négatifs et néfastes.2 Des poussées de choléra se sont produites, dans la Région européenne, en Algérie, en Espagne, au Maroc, au Portugal, et des cas importés isolés ont été signalés à Berlin- Ouest, en France, au Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord et en Suède.1.9 Au total, le choléra a été signalé dans 39 pays et territoires en 1971, 6 d'entre eux n'ayant eu que des cas importés. Ce chiffre est sensiblement le même qu'en 1970 mais le nombre total des cas notifiés est, lui, beaucoup plus élevé: plus de 148 000 au 9 décembre 1971 contre quelque 46 500 en 1970. En Afrique, le nombre des cas notifiés a presque sextuplé (passant d'environ 11 000 en 1970
à quelque 63 000 au
9 décembre 1971). Dans les pays d'Asie, le nombre indiqué a doublé; l'Indonésie a signalé approximative- ment 19 000 cas et l'Inde environ 60 000, parmi lesquels environ 49 000 (dont près de 6000 mortels) se sont produits dans les camps de réfugiés du Bengale - Occidental.1.10 La peste humaine s'est, dans une large mesure, cantonnée à la
République du Viet -Nam, qui a
notifié plus de 3000 cas suspects ou confirmés en 1971.
Seul autre pays d'Asie à signaler cette maladie, la Bir- manie a déclaré environ 180 cas. Des cas sporadiques ont été notifiés dans les Amériques: 16 en Bolivie, 21 au Brésil, 8 en Equateur, 2 aux Etats -Unis d'Amé- rique et 12 au Pérou. Comme en 1970, les deux seuls pays d'Afrique à enregistrer des cas de peste ont été Madagascar (26) et le Zaïre (6). Le total mondial pour
1971 s'élève à 3432 cas, ce qui marque un fléchissement par rapport aux 4487 déclarés en 1970. La maladie
n'a pas constitué un obstacle aux voyages inter-
nationaux.
1.11 Des cas sporadiques de fièvre jaune de brousse se sont produits en Bolivie (5), au Brésil (9) et en Colombie (9). La seule partie d'Afrique où la maladie se soit manifestée en 1971 est l'Angola, qui a enregistré 65 cas, dont 42 mortels.
1.12 L'incidence enregistrée de la variole s'est accrue, passant de plus de 30 000 cas notifiés à l'Organisation en 1970 à 50 000 environ en 1971, dont 25 000 en Ethio- pie (voir paragraphe 1.24). Cependant, la zone d'endé- micité de la maladie s'est encore réduite et elle se limite maintenant essentiellement à l'Ethiopie et au Soudan (et peut -être au Botswana) en Afrique, à l'Afghanistan, à l'Inde, au Népal et au Pakistan en Asie.
1.13 Pour ce qui est du paludisme, traité en détail au chapitre 2, la situation d'ensemble n'a guère varié par rapport à 1970. Outre le guide technique pour l'établissement d'un système de surveillance du palu- disme mentionné plus loin, un rapport semestriel et un rapport annuel sur l'état d'avancement de l'éradi-
2 Voir Relevé épidém. hebd., 1972, 47, 1 -3.