A NNALES DE L ’I. H. P.
R OBERT A. M ILLIKAN Sur les rayons cosmiques
Annales de l’I. H. P., tome 3, n
o4 (1933), p. 447-464
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447
SUR LES RAYONS COSMIQUES
PAR
Robert A. MILLIKAN
J’ai
l’intention de discuter ici l’état actuel deshypothèses
quel’imperfection
de nos connaissances nouspermet
de faire enréponse
aux deux
questions
suivantes :I ° Où se
produisent
les rayonscosmiques ?
2~
Que
sont-ils etquelle
sorte dephénomène
leur donne nais-sance ?
I. - LIEU DE PRODUCTION DES RAYONS
COSMIQUES
En ce
qui
concerne lapremière question,
il existe trois différentes sortes defaits,
dont chacune semble conduireindépendamment
à lamême conclusion
quant
au lieud’origine
de ces rayons,qui
seraitplacé
dansl’espace
interstellaire.I. UNIFORMITÉ DE LEUR DISTRIBUTION. - Ive
premier
fait est lesuivant. Dans les limites de mes propres incertitudes
expérimentales [qui
se réduisent actuellement à environ o,30% (1)J,
ni lesoleil,
ni laVoie
Lactée,
ni aucun autre corps céleste ne semble exercerune
influencequelconque
sur l’intensité des rayonscosmiques ;
les mesures trèsexactes faites par HOFFMANN
(2)
à Halle s’accordent avec cette conclu- sion. En d’autres termes et enpremière approximation,
les rayonscosmiques
nous viennent certainement de la voûte céleste avec unedistribution uniforme.
(1) R. A. MILLIKAN, Phys. Rev., t. XXXIX, Ier février 1932, p. 391.
(2) HOFFMANN, Zeitsch. für Physik., t. LXIX, 1931, p. 704.
’
448
Ce seul fait veut dire que ces rayons ne
peuvent
être dûs à une pro-priété
commune à toutematière,
parexemple
une destruction deprotons
et d’électronsqui
seproduirait
dans lesnoyaux continuel-
lement et
indépendamment
de latempérature ;
eneffet,
dans ce cas lesoleil devrait exercer une influence énorme sur l’intensité des rayons observés. Il semble
possible d’échapper
à cette conclusion en admet- tant que, dansquelque
direction que l’onregarde
la voûtecéleste,
la densité de matière soit suffisante pour absorber tous les rayons cos-miques (il
suffiraitqu’elle corresponde
à la valeur de 100 mètresd’eau).
La direction du soleil n’aurait alors aucunavantage
sur lesautres
directions,
et l’onexpliquerait
ainsi l’uniformité derépartition
des rayons sur
l’hémisphère qui
se trouve au-dessus denous.Mais que dire de
l’hémisphère
situé au-dessous ? Le fait constaté tout d’abord par CAMERON et moi-même(1),
d’une diminution gra- duelle del’intensité, quand
on s’enfonce au-dessous de la surface de l’eauprovenant
de la fonte desneiges (diminution
allantjusqu’à
unevaleur
limite,
oujusqu’à
zéro pour degrandes profondeurs),
auraientcomme
origine l’hypothèse précédente,
à savoir que les rayons pro- viendraient d’unepropriété générale
de la matière. Onpourrait,
il estvrai,
supposer arbitrairement que pour une raison inconnue l’eau constitue uneexception
à larègle
de la destruction nucléaire.Mais,
même dans ce cas, les rayons
produits
dans les substances situées au-dessous de l’eau
pénétreraient
dans celle-ci en venant dufond,
avec lemême
pouvoir pénétrant
que les rayonsqui
viennent du dessus. Ceci est absolument contraire aux faits.L’expérience
a été faite avec beau-coup de soin par CAMERON et moi-même dans le lac
Arrowhead ;
nous n’avons trouvé aucun accroissement d’intensité en nous appro- chant du
fond,
mêmelorsque
nos instruments arrivaient à une distance de celui-ci assez faible pour que la radioactivité du fond du lacpuisse
se faire sentir. Les rayons gamma radioactifs ne
peuvent
traverserqu’un
peuplus
de 1 mètre d’eau avant d’êtrepratiquement
absorbés.Le fait d’une distribution uniforme des rayons
cosmiques
au-dessusde nous, mais non
au-dessous, signifie
donc que ceux-ci nepeuvent
être dûs à une
propriété générale intrinsèque
de lamatière ;
celasignifie
seulement que,quelle
quepuisse
être le mode deproduction
de ces rayons, les conditions existant à la
surface
de la terre sont tout àf ait défavorables
à leurformation.
(1) MiLLIKÀN et CAMERON, Phys. Rev., t. XXVIII, 1926, p. 866.
449
L’absence
d’un effetcalorifique
montre elleaussi,
d’unpoint
devue tout à fait
différent,
que ces rayons nepeuvent
se former à l’inté-fleur de la terre. Si l’on élimine cette
possibilité,
il résulte de l’unifor- mité de leur distribution surl’hémisphère qui
se trouve au-dessus denous, que les conditions réalisées dans
l’atmosphère
du soleil sontégalement
défavorables. De même pour la VoieLactée :
et aussi avec une forteprobabilité (qui
n’estcependant
pas une certitudeabsolue)
pour les étoiles
extra-galactiques.
On
pourrait
éviter cette dernière conclusion en faisant lasupposi-
tion ad
hoc,
que, sur la voûtecéleste,
il existe unerépartition
uniformede
galaxies,
dont chacune se conduirait tout à fait différemment de la nôtre dans cette circonstance Mais les seules différences de con-ditions
physiques
que l’onpuisse
raisonnablementimaginer
sont desdifférences de
température
et depression.
De très hautestempéra-
’ tures et de très hautes
pressions
existent à l’intérieur comme à l’exté- rieur de notregalaxie ;
et, si elles constituent des conditionsfavorables,
on devrait en
percevoir
l’effet dans les observations faites sur la VoieLactée.
Lasupposition
laplus
raisonnable que l’onpuisse
faire pour rendrecompte
de l’uniformité de la distribution est donc visiblement la suivante : les rayonscosmiques proviennent
deportions
de l’univers où latempérature
et lapression
sont excessivementfaibles.
Nousprendrons
ces conditions comme définition de
l’espace interstellaire,
aussi biendans notre
galaxie,
que dans les autres et aussi entre les diversesgalaxies.
En un mot, les conditions
terrestres,
cellesqui
existent dans l’atmos-phère
dusoleil,
des étoiles de la Voie Lactée etprobablement
des autresétoiles,
semblent défavorables à la formation de rayonscosmiques.
Le
fait de l’uniformité de
distribution des rayonscosmiques
nousoblige
à chercher leur
origine
dansl’espace interstellaire,
où les conditions detemPérature
et depression
sont entièrementdifférentes
de cellesqui
existent sur la terre ou dans
l’atmosphère
des étoiles.2. INFLUENCE DU CHAMP
MAGNÉTIQUE
TERRESTRE. - Le deuxième faitqui oblige
àplacer l’origine
des rayonscosmiques
dansl’espace
interstellaire est que
[dans
les limites de mes propres incertitudesexpérimentales, qui
sont ici de 1% (1)J,
l’intensité des rayons cos-(1) R. A. MILLIKAN, Phys. Rev., t. XXXVI, 1930, p. 1 595.
450
miques
pour une même hauteurbarométrique
est la même àChurchill
(Manitoba)
à Io° dupôle magnétique Nord, qu’à Pasadena,
à
36°
de cepôle ;
d’autrepart,
lesexpériences entreprises
par le Dr CAMERON et moi-même n’ont pu déceler aucune influence de la latitude dans des mesures faites sur mer defaçon
continue entre le34e degré
Nord et le
15e degré
Sud. Ces anciennesobservations, toutefois,
étaientmoins exactes, notre incertitude maxima étant environ 6
% (1).
Ce faible effet du
champ magnétique
terrestresignifie
queplus
dego
%
des rayonsqui pénètrent jusqu’au
niveau de la mer nepeuvent
être ni des
rayons j6 (électrons négatifs),
ni desprotons (électrons positifs)
car EPSTEIN
(2)
a montré que même desrayons j3
de un billion devolts
(109)
seraient déviés par lechamp magnétique
terrestre à telpoint qu’aucun
d’entre eux nepourrait frapper
la surface de la terre àplus
de
30°
dupôle magnétique.
La déviation desprotons
serait seule- ment un peumoindre,
et aurait été facilement décelée par mesexpé-
riences au
voisinage
dupôle.
Il ne resteplus qu’une
seulehypothèse raisonnable ;
àsavoir,
queplus
de go%
des rayons incidents attei-gnant
le niveau de la mer seraient formés de rayons ~, c’est-à-dire desphotons.
Mais ces indications vont encore
plus
loin etpermettent
de conclureque ces
photons, quand
ilspénètrent
dans lechamp
terrestre ne sontpas encore en
équilibre,
ni avec leursrayons j3 secondaires,
ni avec lesprotons rapides,
cequi
aurait dû découler de leur passage à travers de lamatière,
c’est-à-dire de leur rencontre avec des électrons ou des noyaux. De tels rayonscorpusculaires
secondaires(on
le démontre-rait actuellement par des
expériences directes),
ont desénergies
del’ordre de 1 à 1.000 millions de
volts,
et un peuplus peut-être
danscertains cas. Ils devraient
produire,
par leur entrée dansl’atmosphère, puisque
certains d’entre euxpénètrent
mêmejusqu’aux
niveau de la mer, des effets observables au moyen d’unélectroscope
aussi bien auniveau de la mer que sur des sommets de
montagnes
comme Pike’sPeak
(lat. 39°,
alt. 4.310m.),
le lacLouise (lat. 51°, alt. 1.740 m.),
le(1) Nous avons répété ces observations, te Dr NEHER et moi, avec des instruments très précis
et nous avons récemment trouvé (Décembre 1933) qu’en allant par mer de Mollendo, Pérou, (Latitude 170 S.) à New-York (Lat. 41° N.) l’intensité des rayons cosmiques augmente de 6,8 %. D’autre part, nos observations faites en avion, à 6.400 mètres d’altitude, ont donné au
Pérou et à Panama, des résultats de près de 40 % inférieurs à ceux obtenus dans le nord des États-Unis.
(2) Paul S. EPSTEIN, Proc. Nai. Acad. Sci., t. XVI, 1930, p. 658.
mont Manitou
(lat. 39°,
alt.2.6~.0 m.),
surlesquels j’ai
fait des mesures.En
fait,
bien que les observations faites à Churcbill sans écran deplomb,
donnaient les résultats lesplus
basque j’aie jamais
trouvés(soit
45 ions au lieu de go à
Pasadena) (1),
ils étaient encore, avec un écran deplomb
de7,6
cm., les mêmesqu’à
Pasadena(28,3
ions cm2 :s)
pour une même hauteur
barométrique.
Et les observations faites avec un écran sur des sommets demontagnes (2),
aussi bienqu’au
niveaude la mer, se sont trouvées tout à fait
indépendantes
de lalatitude,
entre
34°
et~n
delatitude,
c’est-à-dire entre37°
et19°
dupôle magné- tique.
Il
n’y
adonc,
dans cesobservations,
aucune indication sur le fait que des électrons ou desprotons
secondairespossédant
lesénergies
observées aient traversé le
champ magnétique terrestre,
et atteint la surface de la terreprès
despôles.
Aucontraire,
les résultats desexpé-
riences au niveau de la mer
correspondent toujours
à des rayons dontprès
de 93%
entrent dans lechamp magnétique
terrestre à l’état de rayons j, ouphotons, qui
ne sont pas encore enéquilibre
avec leursrayons
secondaires,
car dans ce cas unegrande partie
devrait êtreformée de rayons
corpusculaires. Or,
si ce sont desphotons
siprès
d’être purs, ils ne
peuvent,
avant d’atteindrel’atmosphère terrestre,
avoirdéjà
traversé uneépaisseur
de matièrecomparable
à celle decette
atmosphère.
Ceci veut direqu’il,ç
doivent avoir leurorigine
dansles
espaces interstellaires,
ce termeayant
étédéjà
défini comme un lieutel que les rayons n’aient pas à traverser une
épaisseur
de matièreappréciable
avant d’atteindre notreatmosphère.
On nepeut
faireentièrement confiance à ces seules
indications,
et il faudrarépéter
cesexpériences
à deplus
hautesaltitudes,
comme BowEN et moi-mêmenous
préparons
à le faire. Ces résultats constituentcependant,
dèsmaintenant,
desindications, qui
sontgrandement
confirmées par untroisième
fait, qui plaide
fortement en faveur del’origine précitée.
’
3. EXISTENCE D’UN MAXIMUM DANS LE COEFFICIENT D’ABSORPTION
EN FONCTION DE LA PROFONDEUR. - Ce troisième fait f ut découvert dans le vol en ballon à haute
altitude,
avec desélectroscopes enregis-
treurs, que BOWEN et moi fîmes en 1922
(3)
et danslequel
nous avons( ) R. A. MILLIKAN, Phys. Rev., t. XXXVI, 1930, p. I597~
(2) MILLIKAN et CAMERON, Phys. Rev., t. XXXVII, 1931, p. 244.
(3) MILLIKAN et BOWEN, Carnegie Institution of Washington Year Book., t. XXI, 1922, p. 38,~ ; ; Phys. Rev., t. XXII, 1923, p. 198 ; Idem., t. XXVII, 1926, p. 353.
obtenu un excellent
enregistrement
de la vitesse dedécharge
del’électroscope, jusqu’à
une altitude deprès
de 16 kilomètres. Cetenregistrement
montred’après
nous, définitivement et sansambiguité,
que l’ionisation dans un
électroscope
fermé ne continue pas àaugmenter exponentiellement
avec l’altitudejusque
dans le haut del’atmosphère,
comme il se devrait si les rayons incidents étaient des courants de forte
énergie a)
d’électronsnégatifs
oub)
d’électronspositifs,
ouc)
derayons / en
équilibre
avec leurs rayons secondaires. Aucontraire,
lecoefficient
d’absorption
passe par un maximum à une altitudecomprise
entre Q et 16
kilomètres, puis
retombe à des valeursplus
faibles. Cetaspect
estprécisément
celuiqu’on
devait attendre si les rayonspéné-
traient dans
l’atmosphère
terrestre à l’état de rayons 1qui
seraientobligés
depénétrer
à une certaineprofondeur
dansl’atmosphère
avantde se trouver en
équilibre
avec leurs secondaires.Comme
je
l’aidéjà dit,
nous nouspréparons
en ce moment, BOWENet
moi,
àrépéter
cesexpériences
à différentes latitudes. Eneffet,
si lesrayons, au moment de
pénétrer
dansl’atmosphère,
sont pour laplu- part
desphotons (ainsi
quel’indiquent
nos propresexpériences
etcelles de PICCARD,
qui
semblent confirmer nosrésultats),
la seuleinterprétation
semble en êtrequ’en
allant de leur lieud’origine
à laterre, ils n’ont pas encore traversé une
quantité
de matièrecomparable
en
épaisseur
àl’atmosphère
terrestre. Celasignifie
encore une fois que leur lieud’origine
doit êtrel’espace
interstellaire.Il faudra faire un
plus grand
nombre d’observations que cellesdéjà
faites par BOWEN et
moi-même,
à 16 kilomètres etplus,
et à différentes latitudes pour renforcer ces preuves : nous n’avonspeut-être là,
eneffet, qu’une probabilité ;
car il découle d’unéchange
de vues quej’ai
eu récemment avec leprofesseur
KUHLENKAMPF à Munich que les rayonspourraient
entrer dans lechamp magnétique
terrestre enéquilibre
avec leurs secondaires et que ceux-ci ne
pourraient pénétrer j usqu’à
la surface de la terre dans les
régions équatoriales
tandisqu’au
con Ï traire ilspourraient
entrer dans lesrégions polaires.
Ce ne serait doncqu’à
deplus
faibles latitudesqu’on
trouverait une altitude d’ionisationmaximum,
tandisqu’à
des latitudesplus hautes,
la vitesse d’ionisationen fonction de l’altitude croîtrait de
façon
continue. De toutesfaçons
nous
espérons,
le Dr BOWEN etmoi,
obtenir d’autres donnéesexpéri-
mentales relatives à ce
point.
Le
point précédent
est de laplus
hauteimportance cosmologique,
puisque
la vue d’un observateur terrestreregardant
dans un universsphérique
d’EINSTEIN devrait rencontrer unequantité
de matière indé-finie,
dansn’importe quelle
directionD’après
cetteconception,
leregard
devrait tourner indéfiniment dans cetunivers,
de sorte que les rayonspénétrant
dansl’atmosphère
terrestre devraient êtredéjà
enéquilibre
avec leurs secondaires. Le faitqu’il
n’en est pas ainsi(qu’il
soit vérifié au moyen de vols à haute altitude en
ballon,
ou par desmesures sur les effets du
champ magnétique terrestre), acquiert
alorsun énorme intérêt au
point
de vuecosmologique.
Toutes les théoriesqui
voudraient voirl’origine
des rayonscosmiques
dans un processusunique,
situé dans lepassé,
processus créant des rayonsqui
auraientdéjà voyagé
dans un universsujet
au «déplacement
vers le rouge » ))(hypothèse
deZWICKY),
semblent mener à des rayonsqui
seraienten
équilibre
avec leurs secondaires au moment d’atteindre la terre.Mais,
même si l’on ne considère pas cepoint
commecomplètement établi,
les preuvesprécédentes
sont dans leur ensemble si convain-cantes, qu’elles
rendentl’hypothèse
del’espace
interstellaire de loin la meilleure que nouspuissions
faire sur le lieud’origine
des rayons cos-miques.
On soulève continuellement
l’objection
suivante : est-il bien établi que les rayonscosmiques
n’aient pas leurorigine
dans notre propreatmosphère ?
Laréponse
estqu’ils
neprennent
certainement pas nais-sance dans la
partie
laplus
basse decelle-ci, puisqu’on
a montréqu’elle
était aussi inerte que l’eau des lacsprovenant
de la fonte desneiges,
etéquivalente
à une même masse de cetteeau(1).
D’autrepart,
il est bienimprobable,
bien quepeut-être
pascomplètement impossible,
que l’onpuisse
trouverplus
haut de nouvellesconditions,
en un
point
dont on nepuisse
pas encore dire s’ilappartient
ou non enpropre à
l’espace interstellaire. Cependant,
unargument
encoreplus
fort est le suivant : il
n’y
a presque aucunphénomène ayant
lieu dans lesrégions
lesplus éloignées
de notreatmosphère, qui
n’existeaussi,
et enplus grande abondance,
dans lesrégions
lesplus
extérieures de
l’atmosphère
du soleil. Le faitqu’on
nepuisse
pas déceler une intensitéplus
fortele jour, quand
ces deux atmos-phères coopèrent,
que la nuitquand l’atmosphère
terrestre est seule àagir,
est une preuve très concluante contrel’hypothèse
enquestion.
(1) MILLIKAN et CAMERON, Plzys. Rev., t. XXVIII, 1926, p. 866.
454
Les
relationsénergétiques indiquées
dans lechapitre
suivants’y opposent également.
II. - MODE DE PRODUCTION DES RAYONS
COSMIQUES
Examinons maintenant l’état actuel de nos
hypothèses
concer-nant le mode de
production
des rayonscosmiques.
Ici encore, nousnous
guiderons
surquatre
faitsexpérimentaux principaux,
et toutun groupe d’autres faits d’une moindre
importance.
1. STRUCTURE DE BANDES. - Le
premier
de ces faits est la struc-ture de bandes que
présentent
ces rayons. Lespremiers,
CAMERON etmoi nous avons pu déduire cette structure de bandes de nos
expériences
de 1925
(1), mais,
lespremiers
faitssi gnificatif s qui
nous mirent surla voie furent les résultats du vol à haute altitude que nous fîmes en
ballon,
BOWEN etmoi,
en 1922. Dans ce vol. nous sommes parvenus à utiliserl’équivalent
de 110 centimètres d’eau des couches extrêmes del’atmosphère, l’atmosphère
toute entière étantéquivalente
à I0mètres d’eau. Etant donné d’une
part
que 3%
des rayons 1 du radium traversent 1 mètred’eau,
et que d’autrepart,
notre électros-cope, au lieu de se
décharger
trèsrapidement
à cettealtitude,
montraune diminution du coefficient
d’absorption,
au lieu d’une augmen-tation,
nous voyonsqu’il
nepeut
entrer dansl’atmosphère
terrestreni rayons 1 du
radium,
ni aucune radiationayant
unpouvoir péné-
trant
compris
entre celui des rayons 1 et celui des rayonscosmiques
les moins
pénétrants,
avec desintensités comparables
à celle de cesderniers. La bande la moins
pénétrante
ionise fortement à 9 kilo- mètres, etparaît
passer par un maximum avant d’atteindre le haut del’atmosphère.
Il y a là une forteprésomption
à cequ’il
existe unebande limitée très
brusquement
du côté desgrandes longueurs
d’onde.Plus
tard,
la courbe d’ionisation en fonction de laprofondeur prise
par CAMERON et moi-même a été
décomposée
par nous enquatre bandes,
dont la moinspénétrante
est la moinsincertaine,
etcomprend
la
plus grande partie
del’énergie qui
tombe dans notreatmosphère.
Cettebande, d’après
notrecalcul,
estcinq
foisplus pénétrante
que les rayons 1 lesplus
durs que l’onconnaisse,
ceux du ThC,
et notre calcul s’accordetrès bien avec le
pouvoir pénétrant
observé directement par HEss(1)
KOLHôRSTER
(2)
à des altitudes de 6 à g kilomètres,où
lescomposantes
les
plus pénétrantes
n’influent que très peu sur les coefficients d’absor-ption
observés.HESS et KOLHÖRSTER observèrent directement un
pouvoir péné-
trant
égal
à environ six fois celui du Th C.Étant
donné la faible influence à cette altitude descomposantes
lesplus pénétrantes, qui
diminuent le coefficient
d’absorption observé,
les mesures de HEsset KOLHôRSTER sont en excellent accord avec notre calcul.
Nous pouvons maintenant
obtenir,
sans faire intervenir aucunethéorie,
au moins un ordre degrandeur
del’énergie
de cescomposantes cinq
foisplus pénétrantes
que les rayons7 les plus durs,
parextrapola-
tion de la courbe
empirique
reliant lepouvoir pénétrant
àl’énergie (ou
à lafréquence),
courbequi
a été déterminée avecprécision jusqu’à
2.500.000 V. Une telle
extrapolation
donne uneénergie
d’environ30 millions de
volts,
pour unpouvoir pénétrant
decinq
fois celui du Th C.2.
L’ÉQUATION
D’EINSTEIN. - Le second des faitsimportants indiqués plus
haut est que,d’après l’équation d’EINSTEIN,
T =mc2, l’énergie
libérée dans la formation de l’hélium àpartir
dequatre
atomesd’hydrogène
est très exactement27.6~.0.000
V. De sorte que, si l’on admet que les rayonscosmiques
sont formés dans desrégions
tellesqu’ils
n’aient pas à traverser une
quantité appréciable
de matière avantd’atteindre
l’atmosphère
terrestre(ce
que nous avonspris plus
hautcomme
l’hypothèse
laplus probable),
on sera forcé d’admettre que la bande la moinspénétrante
est due à une formation continuelle d’hélium àpartir d’hydrogène,
dansl’espace
interstellaire.Il
n’y
a que deuxhypothèses
que l’on aitsuggérées
pouréchapper
à cette conclusion. La
première
est que les rayonscosmiques pourraient provenir
d’une chuted’électrons, négatifs
oupositifs,
à travers unchamp électrique cosmique,
d’une différence depotentiel
suffisantepour leur
communiquer
lepouvoir pénétrant
voulu. Cettehypothèse
me semble rencontrer des difficultés insurmontables :
1~ Elle est en
opposition
avec le fait bien établiplus haut,
que les(1) HESS, Phys. Zeitsch., t. XII, I9II, p. 998 ; t. XIII, I9I2, p. I084.
(2) KOLHÖRSTER, Phys. Zeitsch., t. XIV, I9I3, p. II 53 ; Werh. d. Deut. phys. Ges., 30 juillet
I9I4.
456
rayons
qui pénètrent l’atmosphère
terrestre ne sont ni desélectrons,
nides
protons,
mais pour laplupart
desphotons ;
2~ De tels
champs électriques,
s’ils existaient devraient êtresymé- triques
parrapport
à la terre, et avoir des valeurs s’élevant àquelques
centaines de millions de volts
(voir plus haut ) ;
de sorte que cettehypo-
thèse semblerait être bien
près
d’un retour à la théoriegéocentrique
del’Univers, supposition
satisfaisante 1.500 ans avantJ.-C.
maisqui
n’est
guère acceptable depuis ;
3° Ce ne serait
qu’à
l’aide deshypothèses
lesplus
arbitraires et lesplus
anti-naturellesqu’on pourrait
rendre de telschamps capables
deproduire
la structure de bandes observée dans lespectre
des rayonscosmiques,
tandisqu’une
telle structuresuggère
dèsl’abord,
commedans le cas de toutes les raies ou bandes
spectrales,
une transforma- tionatomique
continuellementrenouvellée ;
4° L’existence
même d’unchamp
terrestre aussi considérable sembleincompatible
avec le faiblechamp qui existe
réellement autour de la terre,champ qui
estnégatif
à sasurface,
etqui
a une valeurtotale d’environ 1 million de volts.
La seconde
supposition
que l’on ait faite pouréchapper
àl’hypo-
thèse d’une transformation
atomiques
consiste àsuggérer
que la causedes rayons observés serait une annihilation. Mais on
peut
faire àcette
supposition,
les trois sérieusesobjections
suivantes :1~ Cette cause ne rendrait pas
compte
de la structure debandes ;
à moins que non seulement de
simples protons,
mais encore des atomesentiers,
et des atomes aussi lourds que ceux del’oxygène,
nesoient annihilés d’un seul coup. Les
énergies
émises seraient alorsincroyablement grandes, beaucoup plus grandes qu’elles
ne semblentêtre en réalité
(voir
ci-dessous lesexpérience d’ANDERSON) ;
2~ Pour rendre
compte
de l’uniformité de distribution des rayonscosmiques,
il serait nécessaire d’admettre une telle annihilation deprotons
- processus nucléaire - seulement dans les espaces inter- stellaires. Cela est extrêmementimprobable,
sinon tout à faitimpossible.
Il existe des
circonstances,
à l’intérieur des étoiles à hautetempérature, qui
devraientproduire
tout aussi bien une telle annihilation. Et il m’estimpossible
de concevoir une telle causeopérant
seulement dans lesrégions
froides del’espace interstellaire ;
3° La
plus
forteobjection qu’on puisse
faire est que,d’après l’équa-
tion
d’EINSTEIN, l’énergie
libérée dans une annihilation deprotons
457
n’aurait même pas l’ordre de
grandeur
convenable. Elle serait trente-cinq
foistrop grande
pourcorrespondre
à lacomposante principale, qui
est la moinspénétrante.
Et si l’onajoute
à unesimple
annihilation deprotons
celle de tout un noyau, pour rendrecompte
de la structurede
bandes,
on arrive à des contradictions avec les faits d’observation.Retournant alors à
l’hypothèse qui
nous reste, celle d’une recons-truction
d’atomes,
nous trouvons quel’appui qui
lui vient del’appli-
cation de
l’équation
d’EINSTEIN est bienplus
fort que lasimple
coïnci-dence
déjà
constatée entrel’énergie
calculée par cetteéquation,
et l’é-nergie
obtenue parextrapolation
de la courbeexpérimentale
desénergies
en fonction des
pouvoirs pénétrants, j usqu’àun pouvoir pénétrant cinq
fois
plus
fort que ceuxqui correspondent
auxénergies
directement observées. Il seraitdangereux
detabler
sur une telleextrapolation,
s’il était
possible
de trouver d’autres transformationsatomiques pouvant
conduire à desénergies
de l’ordre degrandeur convenable,
à savoir environ 30 millions de volts. Mais cela n’est pas le cas. Iln’y
a que trois sortes de transformationsatomiques possibles,
àsavoir : 10 un processus de
désintégration atomique ;
2~ un processus de formation d’atomes et 3° un processus d’annihilation d’atomes.Considérons la
première hypothèse ;
la considération de la courbed’AsTON,
maintenantcélèbre,
montrequ’aucun
élément abondant nepeut
sedésintégrer
avec libérationd’énergie, puisque
les éléments abon-dants,
àpart l’hydrogène
etl’hélium,
sont tousplacés près
du mini-mum de cette courbe. Seuls les éléments
plus
lourds que le ferpeuvent
libérer leurénergie
pardésintégration,
et ils sont toussipeu a bondants, qu’ils
n’entrent certainementpas
enjeu
lors de laformation
des rayonscosmiques.
Même si l’un d’eux était assezabondant,
il n’est aucune désin-tégration
connue, ni mêmeconcevable, qui puisse
libérerl’énergie
que demande laproduction
des rayonscosmiques :
de sorte que, pources deux
raisons,
ladésintégration atomique
doit être définitivement écartée.Quant
à l’annihilationd’atomes, l’équation
d’EINSTEIN leur faitlibérer,
comme on l’a vu,beaucoup trop d’énergie
pourqu’elle puisse
rendrecompte
de lapart
laplus
abondante des rayons cos-miques.
De l’autre
côté,
la troisièmealternative,
celle d’une reconstructiond’atomes,
s’accorde defaçon
tout à fait satisfaisante avec les nécessitésexpérimentales
etthéoriques.
Eneffet,
s’il y a formation d’atomes dansl’Univers,
étant donné que tous les atomes sont formés en faitd’hydro-
458
gène
etd’hélium,
et que l’hélium lui-même est formé dequatre
atomes
d’hydrogène,
il devient évident que la formation d’atomes laplus fréquente
devra être la formation d’hélium àpartir d’hydrogène.
Cecicorrespond
merveilleusement avec le fait que la bande des rayonscosmiques
la moinspénétrante, qui paraît
en faitcorrespondre
à uneénergie
d’environ 30 millions devolts, transporte
aussi
quelques
80%
à 90%
del’énergie
totale des rayonscosmiques qui
entrent dansl’atmosphère.
Maintenant,
si l’on admetqu’il
y ait réellement formation d’hélium àpartir d’hydrogène,
c’est-à-dire si l’on admetqu’il
y ait formationd’atomes,
il faudra chercher s’il existe d’autres formations d’atomes pos- sibles. Mais il est faciled’indiquer quelles
sont les seules autres formationsd’atomes
qui peuvent
contribuer engrande partie,
à laproduction
desrayons
cosmiques
observés.Car,
si l’on considère les élémentsterrestres,
ceux trouvés dans les
météorites,
ou observés à l’aide de laspectroscopie stellaire,
on ne rencontre que trois élémentsabondants;
àpart
l’héliumet
l’hydrogène,
àsavoir,
ce quej’ai appelé
le groupe del’oxygène
.
(C, N, 0),
le groupe du silicium(Mg, Al, Si, S)
et le groupe du fer(Ca, Fe).
Les trois éléments ci-dessus
(en particulier l’oxygène)
sont si abondantsen
comparaison
des autres,qu’auprès
des rayonsqu’ils produisent,
lesrayons
produits
par la formation de tous les. autres seraient presquenégligeables.
Les
principaux
rayons observablesprovenant
de la formation d’atomes serontdonc,
àpart
ceux de lagrande
bande due à la formation d’héliumune bande de
l’oxygène
d’uneénergie
de 116 millions de volts(calculée
par
l’équation d’EINSTEIN)
une bande du silicium d’uneénergie
de216 millions de
volts,
et une bande du fer de 459 millions de volts.Or,
CAMERON et moi avonsmontré, comme je
l’aidéjà dit,
que notre courbe se compose deplusieurs bandes, qui
sontapproximativement
ces trois
bandes ;
àpart
que lepouvoir pénétrant
de cequi
seraitla bande du
fer,
tant dans notre travail que dans les belles observations de REGENER(qui
s’accordent avec les nôtres dans la limite des erreursd’expérience), paraît
êtreplus
fortqu’on
nes’y
attendait. Enfait,
nousn’avons aucune base certaine pour évaluer le
pouvoir pénétrant
decette bande de haute
énergie,
pasplus
d’ailleurs que pour évaluer celui des autres bandes :l’extrapolation
de la courbeexpérimentale
reliantl’énergie
et lepouvoir pénétrant
est extrême dans tous les cas, etplus
encore pour la bande de
plus
hauteénergie.
459
Tout
compte f ait, donc, l’équation d’Einstein,
si l’onsuppose qu’elle puisse
ici servir deguide, plaide
trèsénergiquement
enf aveur
del’hypo-
thèse de la
formalion d’atomes,
du moinspour
rendrecompte
de laforma-
tion de la
plus grande partie
des rayonscosmiques.
3. ETUDE DU PROCESSUS D’AGGLOMÉRATION EN FONCTION DE LA
TEMPÉRATURE ET DE LA PRESSION. - Si l’on
adopte
la théorieprécé-
dente,
il est nécessaire de supposer, comme nous l’avonsdéjà montré,
que le processus de formation des atomes a lieu dans
l’espace
inter-stellaire.
Or,
cettesupposition
semble à son tour renforcerl’hypothèse initiale,
car enquel
autrepoint
de l’Universpeut-on espérer qu’un
tel processus soit
possible ?
Les considérations suivantes semblentindiquer
quel’espace
interstellaire doit être exclusivementenvisagé.
Les relations
d’énergie
etd’entropie
sont natrellementapplicables, quoiqu’il
arrive. La formation d’atomes àpartir d’hydrogène,
ou, une fois l’hélium formé àpartir d’hydrogène
etd’hélium,
necomporte
la violation d’aucune loi
thermodynamique, puisque
ce processuscorrespond
à un accroissementd’entropie,
c’est-à-dire à la transfor- mation d’une masse ou d’uneénergie potentielle
enénergie
rayon- nante.De plus,
elle s’accorde avec lamécanique
ondulatoiremoderne,
la théorie de
GAMOW, qui
pense que si uneagglomération
de 4 ou de 16 atomesd’hydrogène peut
avoir lieu et subsisterpendant
untemps suffisant,
un sautd’énergie potentielle
aura lieu tôt outard, après quoi
le groupe d’atomes
d’hydrogène
se retrouvera finalement dans le noyau.Mais où
peut
seformer,
etdurer,
une telleagglomération
d’atomes ?Évidemment
pas dans les étoiles où lestempératures
et lespressions
sontfortes,
carl’énergie
et lafréquence
des collisions tendront à les détruire.D’après
toutes nosexpériences,
tout processusagglomératif
est favo-risé par une
diminution,
et non par une élévation de latempérature.
L’agglomération
d’atomesd’hydrogène
ou d’hélium nepeut
doncavoir lieu
qu’aux températures
extrêmementbasses,
c’est-à-dire au-dessous de la
température
de condensationcorrespondant
à la pres- sion existant dans ces gaz.Dans
l’espace interstellaire,
où l’on estime latempérature
à moinsde ID absolu une telle
agglomération peut
avoir lieu : car que serait laliquéfaction,
sinon laformation,
sous l’influence des forces molé- culairesordinaires,
de telsagrégats moléculaires, quand
latempéra-
ture est assez basse ? Cela ne
requiert
naturellement pas une collision460
simultanée de
plusieurs corpuscules. Quelqu’un pourrait-il
supposer que lesquelques
milliards de molécules d’eau condensés en unegoutte-
lette sur un ion du nuage de la chambre de WILSON sont réunis par le choc simultané de millions de
corpuscules ?
Naturellement non. Deux molécules se collent l’une àl’autre, puis
unetroisième,
etc. Et remar-quons bien que les forces
ioniques opérant
dans la formation desgoutte-
lettes
qui
constituent la trace d’unrayon j3
sontcapables,
aussi bienque les forces moléculaires
ordinaires,
de former lesagrégats d’hydro- gène
et d’hélium nécessaires pour la formation d’un atome. Lapopula-
tion
atomique
del’espace
interstellaire(estimée
à unatome pour
15 cm3environ)
sembleadéquate
pourpermettre
à un iond’agir
comme dans lachambre de WILSON. Le
temps
nécessaire à la formation pourra êtrepris
aussi
long q’il le
faut. Notons encore que la chambred’expérience
estici
l’Univers,
et que lafréquence
d’une formation d’atome par kilo- mètre cube n’a pas besoin d’êtregrande
pour rendrecompte
desrayons observés. En un mot, les basses
températures
del’espace
interstellaire sont nécessaires à la
formation
desagrégats atomiques,
etles basses
pressions
sont nécessairespour
leurpermettre
depersister
assez
longtemps pour qu’ait
lieu le saut depotentiel
dont il a été ques- tion.Par contre, si l’on
peut
supposerqu’une
destruction d’atomes a lieu dans lesétoiles,
comme on l’a faitjusqu’ici
pour rendrecompte
de leurdurée
d’existence,
la formation d’atomes dans ce milieu me sembleune
hypothèse
àrejeter
absolument.4. LES MESURES DIRECTES DE
L’ÉNERGIE
DES RAYONS COSMIQUESFAITES PAR CARL D. ANDERSON. - Le
quatrième
faitimportant
concernant les rayons
cosmiques
vient tout récemment d’être mis en évidence par le Dr CARL D. ANDERSON dans le laboratoire NormanBridge,
de l’Institut de Californie. Il y a environ deuxans je suggérai
au Dr ANDERSON que le
prochain grand
pas dans notre connaissance des rayonscosmiques
viendrait d’une mesuredirecte,
par la méthode de la chambre de WILSON, del’énergie
des rayonscorpusculaires
émis par lesphotons
incidents. Ceci demandait unchàmp magnétique
assez fortpour
produire
une courbure mesurable de latrajectoire
d’uneparticule chargée
sedéplaçant
avec desénergies pouvant
allerjusqu’à
1.000 mil-lions de volts. Nous décidâmes de faire
fabriquer
dans nos ateliers untel
appareil qui emploierait
des courantsmagnétisants
de 2.000A,
avec,FIG. 1. - Electron négatif de 7 X 106 eV, produit vraisemblablement par effet Compton
d’un rayon cosmique sur un électron extra-nucléaire.
FIG. 2. -A gauche, un électron de 120 X 106 eV et à droite, un proton d’énergie 130 X Ios eV