Faune terrestre du territoire de la Baie James
Synthèse des connaissances et orientation de gestion
Rapporte final
Sotrac
Dossier no 54072 Mars 1987
ANDRÉ MARSAN & ASSOCIÉS
Lavalin
Liste des figures iv
Liste des tableaux vii
1.0 INTRODUCTION 1
1.1 Cadre et objectifs de l'étude 1
1.2 Contenu de l'étude 2
1.3 Délimitation de la zone d'étude 2
1.4 Démarche méthodologique 3
2.0 CHOIX DES ESPECES 7
3.0 SYNTHESE DES CONNAISSANCES SUR LES
ESPECES RETENUES 10
3.1 L'orignal 10
3.1.1 Données disponibles dans la
zone d'étude 14
3.1.1.1 Distribution et abondance
des populations 15
3.1.1.2 Ecologie de- l'orignal 23 3.1.1.3 L'aménagement du Complexe
La Grande et l'évolution
de l'habitat de l'orignal 25 3.1.1.4 Les feux de forêt et
l'habitat de l'orignal 29 3.1.2 Bilan et orientation de gestion 30
3.2 Le caribou 34
3.2.1 Historique des populations de caribous
au Québec - Labrador jusqu'en 1973 37
ii
3.2.2 Données
3.2.2.1 3.2.2.2
3.2.2.3 d'étude
disponibles dans la zone
Le troupeau du lac Bienville Le troupeau de la région de Caniapiscau
Le caribou dans le sud de la
41 43
46
zone d'étude 55
3.2.2.4 Les feux de forêt et l'habitat
d'hiver du caribou 56 3.2.3 Bilan et orientatipp de gestion 56
3.3 Le castor 62
3.3.1 Données disponibles dans la zone
d'étude 63
3.3.1.1 Distribution et abondance
des populations 64
3.3.1.2 Habitat et régime
alimentaire 68
3.3.1.3 Structure et dynamique
des populations 71
3.3.2 Bilan et orientation de gestion 73
3.4 Les lagopèdes 76
3.4.1 Données disponibles dans la zone
d'étude 78
3.4.1.1 Distribution et abondance
des populations 79
3.4.1.2 Habitat et alimentation 83 3.4.2 Bilan et orientation de gestion 87
3.5 Le lièvre 89
3.5.1
3.5.2 3.6 Autres
Données disponibles dans la zone d'étude
3.5.1.1 Abondance et cycle des populations
3.5.1.2 Habitat et alimentation Bilan et orientation de gestion espèces
90
91 91 96 97
3.6.1 Ursidés 99
3.6.2 Mustélidés 100
3.6.3 Canidés 106
3.6.4 Félidés 110
3.6.5 Rongeurs 111
3.6.6 Bilan et orientation de gestion 115
4.0 CONCLUSION 121
BIBLIOGRAPHIE 131
ANNEXES: Contenu des études disponibles dans la zone d'étude
ANNEXE A:
ANNEXE B:
ANNEXE C:
ANNEXE D:
ANNEXE E:
ANNEXE F:
L'orignal Le caribou Le castor Les lagopèdes Le lièvre
Autres espèces
iv
LISTE DES FIGURES
Pagg FIGURE 1: Localisation de la zone d'étude 4 FIGURE 2: Aire de distribution de l'orignal
au Québec 12
FIGURE 3: Densité approximative de l'orignal
dans le Québec - Labrador 13 FIGURE 4: Inventaires de l'orignal effectués
par le MLCP de 1968 à 1975 16 FIGURE 5: Inventaires de l'orignal effectués
par le MLCP de 1979 à 1985 17 FIGURE 6: Principaux inventaires de l'orignal
reliés au développement hydroélectrique
de la Baie James 20
FIGURE 7: Densité de l'orignal dans la zone
d'étude 22
FIGURE 8: Distribution des principaux troupeaux de caribous au Nouveau-Québec à la
fin du XIXe siècle 38
FIGURE 9:, Synthèse des données sur la distribution du caribou au Québec au milieu des
années 1970 40
FIGURE 10:
FIGURE 11:
FIGURE 12:
FIGURE 13:
FIGURE 14:
FIGURE 15:
FIGURE 16:
FIGURE 17:
FIGURE 18:
Estimation des populations de caribous
du Québec - Labrador de 1850 à 1973 42
Inventaires des troupeaux de caribous du lac Bienville et de la région de
Caniapiscau de 1975 à 1984 44 Synthèse des données sur les caribous
associés au troupeau du lac Bienville
(inventaires 1975 - 1979) 47
Aires de concentration du caribou dans la région de Caniapiscau de 1977 à 1984
Principales aires de mise bas du troupeau de caribous de la région
de Caniapiscau (1981 - 1984) 54 Aire de répartition du troupeau de
caribous du fleuve George (1973 - 1984) .... 58 Accroissement de la population de
caribous du fleuve George entre 1955 et 1982
Principaux inventaires du castor
dans la zone d'étude 65
Densité du castor dans la zone
d'étude 67
51
59
vi
Page.
Distribution des lagopèdes dans
le Québec - Labrador 77
Principaux inventaires des lagopèdes
et du lièvre dans la zone d'étude 80
Schéma hypothétique des mouvements méridionaux du lagopède des saules au Québec.
FIGURE 19:
FIGURE 20:
FIGURE 21:
82
FIGURE 22: Principaux inventaires des autres
espèces dans la zone d'étude 98
LISTE DES TABLEAUX
Page TABLEAU 1: Espèces retenues pour l'étude 8 TABLEAU 2: Estimation du nombre total de
caribous à partir des différentes observations aériennes (centre de la péninsule Québet - Labrador
1977 - 1984) 49
TABLEAU 3: Potentiel d'utilisation par le lagopède des saules de différents groupements végétaux du territoire
de la Baie James 86
TABLEAU 4: Potentiel d'utilisation par le lièvre d'Amérique des différents groupements végétaux riverains du
territoire de la Baie James 94 TABLEAU 5: Bilan général des connaissances
sur la ressource faunique 122 vii
1.1 Cadre et objectifs de l'étude
En raison du développement de son potentiel hydroélectrique, le territoire de la Baie James a fait l'objet d'un intérêt particulier, au cours de la dernière décennie. Un grand nombre d'études ont été entreprises sur la ressource faunique de ce territoire, traditionnellement exploitée par les communautés cries. Bien qu'essentiellement orientées vers l'évaluation des impacts des différents aménagements hydroélectriques, ces études ont permis d'accumuler un grand nombre d'informations sur la faune terrestre et ses habi- tats. Ces études ont aussi mis en évidence le caractère fluctuant tant dans la distribution que l'abondance de certaines espèces, telles le caribou dans le nord-est du territoire.
Par ailleurs, l'exploitation des ressources fauniques à la Baie James a évolué depuis les dix dernières années. En effet, le niveau de récolte s'est intensifié en raison de la croissance démographique de la population crie et du programme gouvernemental de sécurité de revenu qui incite un plus grand nombre d'autochtones à vivre des activités tradi- tionnelles. D'autre part, l'ouverture du territoire suite à l'aménagement du Complexe La Grande a favorisé l'expiai- ation non autochtone de la faune.
Devant cette situation, le besoin de gérer la ressource et notamment de déterminer les niveaux de récolte soutenue pour les espèces exploitées, devra être envisagé. Tout plan de gestion doit s'appuyer avant tout sur une bonne connaissance du niveau des populations, de leur dynamique et de la capa- cité support du milieu. En conséquence, le bilan des
2.
connaissances sur les ressources est un prérequis à obtenir.
Dans ce contexte, la SOTRAC a mandaté ANDRE MARSAN &
ASSOCIES INC. afin d'effectuer la synthèse des données disponibles sur la faune terrestre de la Baie James et mettre en évidence les lacunes qu'il sera nécessaire de combler avant la mise en place d'un plan de gestion faunique pour ce territoire.
1.2 Contenu de l'étude
Dans un premier temps, la présente étude identifiera les espèces fauniques terrestres dont l'exploitation présente un intérêt sur le territoire de la Baie James. Les espèces retenues feront l'objet d'une synthèse des données disponibles sur l'état de leur population (distribution, abondance, structure et dynamique) et sur leur écologie (habitat, régime alimentaire, comportement). Cette synthèse sera suivie du bilan et de l'analyse des informations acquises. Ceci afin de mettre en évidence les données manquantes et faire le point sur les études à entreprendre pour acquérir les connaissances nécessaires à l'élaboration ultérieure d'un plan de gestion. Selon les espèces et dans la mesure du possible, une réflexion sur l'orientation de la gestion de la ressource sera également mise de l'avant.
Enfin, pour l'ensemble des espèces retenues, un tableau récapitulatif des données manquantes et des recherches à entreprendre sera élaboré afin d'aVoir une vue globale de l'état des connaissances sur la ressource faunique terrestre exploitable du territoire de la Baie James.
1.3 Délimitation de la zone d'étude
La région couverte par l'étude est la région physiographique de James. Elle est limitée au nord par le S5° de latitude
nord, au sud par le 49°de latitude nord, à l'ouest par la Baie James et la frontière Québec - Ontario et à l'est par la limite de la municipalité de la Baie James (Figure 1).
Cette région inclut l'ensemble des territoires de chasse des communautés cries de la Baie James. Le complexe hydroélec- trique La grande Phase 1 s'inscrit dans la partie nord de la zone d'étude.
1.4 Démarche méthodologique
La présente étude comporte trois étapes principales:
- la revue de la littérature pertinente à l'étude;
- l'illustration cartographique des données;
- l'analyse et la synthèse des informations acquises.
La revue de la littérature a été faite de façon la plus exhaustive possible» Diverses sources ont été utilisées pour recueillir les informations pertinentes à l'étude, notamment les rapports d'inventaire du gros gibier du MLCP et les nombreuses études sectorielles effectuées par la SEBJ, la SDBJ, la BOTRAC et Hydro-Québec dans le cadre d'études d'avant--projets ou de rapports d'impacts reliés au développement hydroélectrique du territoire de la Baie James. Certaines thèses de maîtrise ou de doctorat perti- nentes à l'étude ont également été consultées. Quant ils existaient, les ouvrages de synthèse ont fait l'objet d'une attention particulière.
Ne faisant pas l'objet du présent mandat, les données rela- tives à l'exploitation actuelle des ressources n'ont pas été considérées, sauf dans certains cas, à titre indicatif.
ff,mt-qepr:g
}ç7.vVB3.V Con
re4ég
LOCALISATION DE LA ZONE D'ÉTUDE Figure 1:
Pour certaines espèces, les données recueillies se rappor- tent à des secteurs débordant quelque peu la zone d'étude.
Dans ces cas particuliers, lorsque l'information recueillie était nécessaire au bilan de l'état de la ressource, ces informations ont été prises en compte. La revue de la littérature consultée à été résumée sous forme de tableaux, par espèce ou groupe d'espèces (annexes A à F).
L'illustration cartographique a pour but, d'une part, de visualiser, pour les espèces retenues, les secteurs ayant fait l'objet d'inventaires et, d'autre part, de synthétiser les données relatives à la distribution et lorsque les informations étaient suffisantes, à la densité des popula- tions.
Enfin, l'analyse des informations disponibles a été orientée principalement de façon à mettre en évidence les données manquantes, nécessaires pour faire un bilan réaliste de l'état de la ressource faunique dans la zone d'étude. La réflexion sur les orientations de gestion a été élaborée à la lumière des données disponibles dans la littérature et à la suite de discussions avec des spécialistes concernés.
2.0 CHOIX DES_ESPECES
Les divers inventaires effectués sur le territoire de la Baie James ont montré la présence d'une quarantaine d'espèces de mammifères terrestres et de cinq espèces de tétraonidés.
Toutefois, en tant que ressource exploitable, toutes ces espèces ne présentent pas le méme attrait. Dans le cadre de cette étude, le choix des expèces est orienté en fonction de leur intérêt, à la fois pour les activités traditionnelles de chasse et de trappe des populations autochtones et pour la chasse sportive allochtone.
Le Tableau 1 présente les espèces retenues pour l'étude.
Les espèces déjà exclusivement réservées aux autochtones ont été retenues en premier lieu. Plusieurs espèces, bien qu'ayant un intérét en tant que ressource, n'ont pas été considérées en raison de leur présence marginale dans la zone d'étude; ce sont l'ours polaire, le renard arctique et le lièvre arctique dont les aires de distribution sont situées au nord de la zone d'étude, le coyotte et le lynx roux qui sont au contraire des espèces plus méridionales.
Le tétras des savanes et les gélinottes ne font pas l'objet de cette étude en raison de leur faible abondance.
Enfin, les mammifères insectivores (musaraignes, chauve- souris, etc.) et certains petits rongeurs (lemming, campa- gnol, écureuil, etc.) n'ont pas été retenus en raison de leur peu d'intérêt en tant que ressource exploitable.
TABLEAU I: ESPECES RETENUES POUR L'EFUDE ESPECES PRESENTES DANS LA ZONE D'ÉTUDE ESPECES RESERVEES AUX ALMOLHIOMES
ESPELES RETENUES POUR L'ETUDE mAMMIPEREE INSECTIVORES Sore. cinereus Musaraigne cendrée Ogres oalustris Musaraigne Palustre Microsorex hovi Musaraigne pygmée Londvlura cristata Londviure Étoilée Mvatis lucifugus . Chauve-souris brune CARNIVOREb . Ursus maritimus Ours blanc x Ursus americanus Ours noir xtl: x Martes americana Martre x Martes nennanti Pékan x x Mumtela nivales Petite belette rixosa
x Mustela erminea Hermine x Mustela vison Vison m. x Loutra canadeneis Loutre de riviere x x bulo luscus Larcsiou x x Meuhitis meohitis Mouffette raves x L an i s Lucius Loue ti:anis latrans Coyote vulves +ulve Renard roux
r.tt, x x
X nloyex latiobus Renard arctlaue x Lynx lynx Lous cervier x x tir keseryn au ncrd du 5i., de latitude nord t2/ Neserve au nord pu 55«, de lalituas nord ESPECES PRESENTES DANS LA ZONE D'ElUUE ESPECES RESERVEES Allx AUTOCHTONES ---
ESPECES RETENUES POUR L'ETUDE HERS1VOEE Marmots monax Marmotte communex x Famias striatus uuimee famiasciusus Ecureuil roux hudsonicus 3laucoevs sabrinus Grand polatouche Castor canadensis Lastorx x Peromvscus Souris sylvestre maniculatus Svnaptomvs borealis Campagnol-lemming bore al Clethribnomvs Campagnol a dos roux gaboeri de banner Phenacomvs Phenacomvs intermedius Dicrostonyx Lemming_ variable hudmonius Microtus Camosonol des champs pennsvIvanicus Ondatra xibetnicus Rat—muscuo. x Eaous.hudsonius Souris sauteuse des champs Naneozacus insitini.s Souris sauteuse des bois Erithizon dorsatum Porc-épic s x Lenus arcticus Lleyre arctiaue Lenus americanus Li givre d' Amer 1 cue x Mires aires Urignal x Rancarer caribou Caribou x TETRAONIDES Lagopus lagopus Lagodede des saules x Laccous mucus Ladocede des rochers x Canachites letras des savanes canadensis Tvmpanucblis Calinctte a queue ohasianélius fine Sonano unibellus 6elinotte huppée
10.
3.0 SYNTHESE DES CONNAISSANCES SUR LES ESPECES RETENUES
La revue de la littérature a mis en évidence une grande disparité dans le niveau des connaissances des ressources exploitables à la Baie James. En effet, le gros gibier (orignal, caribou) a fait l'objet de bon nombre d'inventaires et d'études écologiques en raison de son importance, à la fois dans les activités traditionnelles des populations cries et pour la chasse sportive.
Le castor, qui tient une place privilégiée dans les activités de trappe, est également bien documenté.
Les lagopèdes et le lièvre, qui jouent un rôle important dans l'économie de subsistance des autochtones en contribuant à une bonne part des ressources alimentaires, ont fait l'objet de quelques études spécifiques. Par contre, les informations sur les autres espèces sont beaucoup plus rares, voir quasi-inexistantes. En consé- quence, la synthèse des connaissances sur les espèces retenues sera présentée de façon distincte pour l'orignal, le caribou, le castor, les lagopèdes et le lièvre, tandis que les autres espèces seront traitées dans un seul chapitre.
3.1 L'orignal
L'orignal (Are. s alces) a une distribution circumpolaire et occupe les forets boréales de l'hémisphère nord. Il existe sept sous-espèces, une en Europe, deux en Asie et quatre en Amérique du nord. Ces dernières sont représentées par l'orignal de l'Ala ska (Alces aces gigas), l'orignal du nord
ouest (Alces alces andersoni), l'orignal de Yellowstone (Alpes al_ces shirasi) et l'orignal de l'est (Alces alçes americana).
Au Québec, l'orignal (Al.ces alces americana) est présent jusqu'au 57° de latitude nord (Figure 2). Les estimations de population récentes varient de 80 000 (Grenier 1979) à 66 000 têtes (Crête et Messier 1984, in Julien et Nault 1985).
De façon générale, la densité de l'orignal décroit du sud au nord et est fortement liée aux zones forestières (Figure 3).
La densité la plus forte se situe au niveau du 47° de lati- tude nord avec plus de 30 orignaux/100 km2 pour atteindre moins de 4 orignaux/100 km2 au nord du 50e parallèle.
Historiquement, il semble que l'aire de distribution de l'orignal ait peu changée. Toutefois, il est possible qu'il se soit progressivement déplacé vers le nord au cours du siècle dernier. Par ailleurs, dans les années 1960 à 1970, son aire de distribution s'est étendue vers l'est suite à d'importants feux de forêt (Brassard et al., 1973 Perreault et Nault 1984).
Selon Bergeron et al, (1978, in Julien et Nault 1985), le principal facteur limitant l'extension nordique de l'orignal serait principalement lié à la disponibilité d'une nourri- ture adéquate. Les autres facteurs reliés aux conditions d'enneigement, à la température ou à la prédation ne seraient pas limitants.
La Figure 3 montre que la zone d'étude se situe essentielle- ment dans une région où la densité de l'orignal est faible (<4 orignaux/I00 km2).
. .
•.holatagarni
He d'Anticosti
70 0 1
Complexe
rW La Grande 60°
70° 65. 600 55°
.500
Mer du Labrador
55°
so°
t Aire de distribution
de l'orignal
Extension de l'aire de distribution de l'orignal actuel
selon Chenu (1874) selon PeIerson (1955)
W:1 -"
M
de 1943 -1948 de 1967-1972 45°— — Zone d'étude
AIRE DE DISTRIBUTION DE L'ORIGNAL AU QUÉBEC Figure 2
SOURCE: ADAPTÉE DE JULIEN ET NAULT 1985
LAC IVIISTASSINI
GAGNON BAIE D'UNGAVA
64 60
MER DU LABRADOR
LAC MINTO FORT-CHIM.
BAIE D'HUDSON
LAC DE LA SCHEFFERVILLE HUTTE SAUVAGE
BAIE JAMES
MATÀOA11;11
e -t RÉFRVOIR MANICOUAGAN
ÎLE D'ANTICOSTI ST-LAURENT
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ae....„ GO ILLE BA ,Mttlei. Agit
e«.4
LA TUQUE t ROBERVAL
ORIGNAL 10 km, 0,4
ZONE D'ÉTUDE
0.4 à 1.2
> 3 400 km
SOURCE PELLETIER etal.: la VILLENEUVE 1983
14.
3.1.1 Données disponibles dans la zone d'étude
L'Annexe A présente l'ensemble des études les plus pertinentes effectuées sur l'orignal dans la zone d'étude.
Elle indique également la nature des données contenues dans ces différents rapports.
La somme d'informations la plus importante est reliée à la distribution et à l'estimation de la densité des popula- tions. La caractérisation de l'habitat d'hiver est égale- ment bien documentée, tandis que les études portant sur la structure et la dynamique des populations sont beaucoup moins nombreuses. Par ailleurs, plusieurs études sont reliées plus spécifiquement aux répercussions du développe-
ment hydroélectrique de la Baie James. Ces études portent notamment sur les conséquences de la perte d'habitats propices à l'orignal et sur l'utilisation par cette espèce des nouveaux milieux créés suite aux différents aménagements (bordure de réservoirs, berges des rivières à débit modi- fié). L'efficacité des différentes mesures de mitigation (site de déboisement, coupe de rajeunissement, etc.) mises en place dans le cadre des différents projets a aussi été évaluée.
Deux études synthèses sont également disponibles. La première est une revue de la littérature sur la distribu- tion, l'écologie et la gestion de l'orignal au Québec et en Amérique du nord (Perreault et Nault 1984). La deuxième dresse un bilan et analyse les études disponibles concernant l'orignal sur le territoire du Complexe La Grande (Julien et Nault 1985). Dans cette étude, les auteurs synthétisent les informations se rapportant à la distribution, à la densité,
à l'habitat et à l'alimentation de l'orignal en hiver et analysent les répercussions du Complexe La Grande Phase 1 sur son habitat.
Dans les sections qui suivent, il s'agira de faire la revue des principales études mentionnées à l'Annexe A afin de dresser un portrait général de la distribution, de la densité et de l'écologie de l'orignal dans la zone d'étude.
Par la suite, les données acquises seront évaluées et analysées en fonction des orientations nécessaires à l'élaboration d'un plan de gestion pour l'orignal sur les territoires de chasse des communautés cries de la Baie James.
3.1.1.1 Distributionet abondance d 5 PPPPlatiPP.5
Les données sur la distribution et la densité de l'orignal dans la zone d'étude ont deux sources principales; d'une part, les inventaires aériens à grande échelle effectués principalement par le MLCP et qui visent à évaluer la popu- lation des orignaux sur l'ensemble du territoire de la Baie James et, d'autre part, les études plus sectorielles ayant trait aux principaux programmes d'inventaires fauniques réalisés dans le cadre des études environnementales du développement hydroélectrique de la Baie James (impacts des réservoirs et des détournements de rivières, mise en place du réseau de surveillance écologique, etc.).
Les inventaires du MLCP
Les Figures 4 et 5 localisent les différents inventaires réaliséS par le MLCP de 1968 à 1985 dans la zone d'étude.
18.
En 1968, l'inventaire effectué au sud du lac Matagami avait estimé la population de ce secteur à 6,1 orignauxi100 km2 (Brassard et Bouchard 1968).
En 1972, la zone inventoriée s'étendait du 49° au 55° de latitude nord. Sur l'ensemble de ce territoire, la popula- tion d'orignal avait été estimée à 1,4 individus/100 km2. Toutefois l'étude montrait que l'orignal était plus abondant dans le sud que dans le nord (Brassard 1972).
Lors de l'inventaire de 1974 qui couvrait la région située entre la rivière Eastmain et le sud du lac Bienville, la densité a été évaluée à 1 orignal/100 km2 (Grenier et Audet 1974).
Les résultats des inventaires de 1975 portant sur la région comprise entre le lac Matagami et la rivière Eastmain indiquent une densité de 2,3 orignaux/100 km2 dans le secteur Rupert et de 1,71100 km2 dans le secteur Mistassini
(Morasse 1975).
La compilation et l'analyse des trois inventaires effectués en 1979, 1980 et 1981 a permis d'estimer la répartition des densités des populations d'orignaux selon les territoires de chasse des différentes communautés cries (Brassard et Joly 1981). Les résultats sont les suivants:
Territoire de Chisasibi: 3,2 orignaux/100 km2 Territoire de Wemindji: 3,2 orignaux/100 km2 Territoire de Eastmain: 6,5 orignaux/100 km2 Territoire de Waskaganish: 7,2 orignaux/100 k m2 Territoire de Nemi scau: 10,5 orignaux/100 k m2 Territoire de Waswanipi: 4,4 orignaux/100 km2 Territoire de Mistassini: 8,1 orignaux/100 km2
En 1985, un inventaire portant sur la zone de chasse 17 du MLCP comprise entre le lac Matagami et Lebel sur Quévillon a établi la population d'orignal de ce secteur à 5 indi- vidus/100 km2 (Goudreault et Lizotte 1985). A l'intérieur de cette zone, c'est le secteur sud-ouest qui supporte les plus fortes densités d'orignaux. Les auteurs soulignent la faible densité de l'orignal dans la zone de chasse 17 en comparaison avec celles des zones avoisinantes, et qui respectivement à l'est, au sud et à l'ouest de cette zone, supportent 7, 11 et 10 orignaux/100 km2 .
Inventaires réalisés dans le cadre du développement hydroélectrique de la Baie James
Seuls les principaux inventaires ayant servis à établir des densités de population seront consirérés dans cette section.
En 1981, l'inventaire de la faune de la région du futur réservoir Eastmain (Eco-Recherches 1981) (Figure 6) a estimé que la densité de ce secteur se situait entre 2,5 et 3,8 orignaux/100 km2 .
En 1980, l'inventaire de plusieurs lots de trappage distribués sur le territoire du futur Complexe NBR (Figure 6) (Pluritec 1980) a permis d'évaluer à 5,5 individus/100 km2 la densité de la population d'orignal sur l'ensemble du territoire. Toutefois, on note une forte variabilité puisque la densité estimée fluctuait selon les lots inven- toriés entre 0 et 12 orignaux/100 km2 .
Enfin, dans le cadre des inventaires du caribou effectués de 1977 à 1981 dans le secteur est du Complexe La Grande, incluant la région du détournement La Forge et du réservoir
Lac au Goéland
B Jaïnes
Caniapiscau (Paré et Huot 1985) (Figure 6), la présence de l'orignal a été notée de façon systématique. Cependant, aucune estimation précise de la population n'a été faite.
Par ailleurs, selon les auteurs, les inventaires effectués en DC3 n'ont probablement permis de déceler que 50% des individus et des pistes.
Synthèse ._sur la distribution et la densité des populations Bien qu'à l'échelle du Québec la zone d'étude soit située dans une région de faible densité pour l'orignal (<4 ori- gnaux/100 km2 ), les différents inventaires disponibles ont montré que la répartition de l'orignal sur le territoire de la Baie James est loin d'etre homogène. Dans la synthèse des études sur l'orignal, Julien et Nault (1985) ont élaboré, à partir des données disponibles, une carte de densité de l'orignal pour l'ensemble du territoire de la Baie James. Cette carte, adaptée et présentée à la Figure 7, indique un gradient décroissant de densité du sud au nord.
Au nord du 52e parallèle, les densités sont faibles, soit inférieures à 4 orignaux/100 km2 . Toutefois, quelques ilSts à forte densité ont été relevés notamment à l'est du lac Sakami et au sud du lac Bienville (> 10 orignaux/100 km2 ).
La Grande Rivière, à l'aval de La Grande 2, semble également plus favorable à l'orignal avec des densités de l'ordre de 4 à 6 orignaux/100 km2.
Au sud du 52° de latitude nord, les densités sont plus fortes et varient de 4 à plus de 10 orignaux/100 km2 . Le secteur centre, situé entre la rivière Eastmain et le sud du lac Evans, présente une densité d'orignal particulièrement
élevée avec plus de 10 orignaux/100 km2 . Cette dernière valeur se compare avec celles trouvées dans les régions au sud du 49° de latitude nord, comme Val d'Or et Roberval.
A l'est et à l'ouest de cette zone, les densités restent relativement élevées avec une moyenne de 7 à 10 orignaux/100 km2. Cependant, au sud de la zone d'étude, dans la région des lacs Matagami, Goéland, Waswanipi et de la ville de Chapais, la densité de l'orignal redevient plus faible avec 4 à 6 individus/I00 km2 .
3.1.1.2 Écologie de l'orignal
Pour la zone d'étude, les données sur l'écologie de l'orignal concernent essentiellement l'habitat d'hiver et l'alimentation hivernale. En ce qui a trait à l'habitat et l'alimentation en été, certaines informations peuvent être extrapolées à partir de la revue bibliographique sur l'orignal en Amérique du nord, effectuée par Perreault et Nault (1984).
Habitat d'hiver et alimentation hivernale
L'habitat d'hiver étant considéré comme le principal facteur limitant l'aire de distribution de l'orignal, l'acquisition d'informations à ce sujet était essentielle. C'est en effet une donnée de base dans l'évaluation de la capacité support du milieu.
L'habitat d'hiver a fait l'objet de nombreuses études allant des observations effectuées lors des inventaires aériens aux analyses spécifiques de divers ravages, identifiés sur le territoire de la Baie James. Par ailleurs, plusieurs inven- taires (Borner 1983, 1984a, 1984b) ont permis d'obtenir des
24.
données sur l'alimentation hivernale et l'habitat de l'orignal. La synthèse de ces informations a été élaborée par Julien et Nault (1985). Cette synthèse tient compte de plus de 400 sites hivernaux situés entre le 51° et le 55° de latitude nord, ce qui correspond globalement au territoire touché par les aménagements du Complexe La Grande. Toute- fois, certaines informations sont issues du territoire NBR qui correspond aux bassins hydrographiques des rivières Nottaway, Broadback et de Rupert.
Dans cette étude, l'habitat d'hiver de l'orignal a été caractérisé selon la pente, l'exposition, le relief, l'épaisseur de la neige et la végétation présente tandis que l'alimentation hivernale a été analysée principalement en terme de composition, disponibilité, production et utilisa- tion préférentielle des espèces.
Seuls les grands points de cette synthèse seront rapportés ici. Selon cette étude, il appert que la grande majorité des sites hivernaux sur le territoire étudié se caractérise par des pentes faibles et un relief allant, selon les régions, de ondulé à moutonné. Les données sur l'exposition des ravages sont plus variables, toutefois une exposition sud semble être retrouvée de façon plus fréquente. Les observations recueillies en ce qui a trait à l'épaisseur de la neige montrent qu'elle dépasse rarement 90 cm et ne semble pas être un facteur limitant sur le territoire étudié. La superficie des quartiers d'hiver varie d'une région à l'autre et peut fluctuer à l'intérieur d'une même saison hivernale. Sur le territoire du Complexe La Grande, cette superficie variait de 0,04 à 8,0 km2 avec une moyenne de 0,79 km2
La structure et la composition végétale des habitats d'hiver peuvent -être très variables selon les secteurs du territoire étudié. L'habitat hivernal est toujours représenté par un secteur ayant la fonction d'abri, constitué d'essences résineuses (en peuplement ou en ilats) et d'une zone d'alimentation composée de groupements végétaux divers. Sur le territoire étudié, ces groupements sont principalement constitués d'arbustaies riveraines, brûlis regénérés en feuillus, brûlis regénérés en résineux et en feuillus, peuplements arborescents de feuillus intolérants de même que de peuplements mixtes à dominance de feuillus intolérants.
La meilleure capacité support est représentée par les arbus- taies riveraines des cours d'eau et par les brûlis regénérés en feuillus, en raison du grand nombre de tiges disponibles.
Il a été observé que les arbustaies riveraines des lacs sont peu utilisées alors que celles des rivières, plus larges, le sont intensivement. Ces dernières sont également d'importantes voies de circulation pour l'orignal.
En ce qui concerne l'alimentation hivernale de l'orignal, l'étude synthèse fait ressortir les points principaux suivants.
La composition du régime alimentaire reflète la diversité des groupements végétaux de la zone d'alimentation des habitats d'hiver. Pour chaque quartier d'hiver, les princi- pales espèces composant le régime alimentaire sont peu nombreuses. En effet, trois espèces ou moins représentent 75% du bol alimentaire. La disponibilité est le facteur prépondérant qui détermine l'ordre d'importance des espèces du régime alimentaire. Sur le territoire du Complexe La Grande, les espèces les plus utilisées sont: le bouleau à papier, les saules, le peuplier faux-tremble, le sorbier
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d'Amérique, le bouleau glanduleux, l'amélanchier, le viorne comestible, le cerisier de Pensylvanie, l'épinette noire, le sapin baumier et l'aulne. Par ailleurs, les essences préférées seraient les saules, le cerisier de Pensylvanie, le sorbier d'Amérique et le peuplier faux-tremble.
Quant au taux d'utilisation des ramilles sur le territoire (exprimé en pourcentage de la biomasse), il varie de 20,7 à 36% ce qui représente un taux d'utilisation relativement faible si l'on considère que certains auteurs (Wolff 1979, et Wolff et Cowling 1981) estiment à 75% le taux d'utilisation s'approchant de la capacité support d'un milieu.
Quant à la hauteur du brout, elle est reliée à la quantité des précipitations de neige et à leur distribution dans le temps. Sur le territoire, la majorité des indices de broutage ont été observés entre 0,5 m et 3 m.
Enfin, s'il n'y a pas de données spécifiques pour la zone d'étude concernant les besoins alimentaires de l'orignal, certaines données de la littérature (Le Resche et Davis 1973, Coady et Gassaway 1974, Crête et Bédard 1975) indiquent que l'orignal, en période de confinement hivernal, aurait besoin de 3,48 kg (poids sec)/jour de brout.
Structure et dynamique des populations
Dans la zone d'étude, les données sur la dynamique des popu- lations telles que le rapport des sexes, la fécondité, le taux de mortalité ainsi que le râle de la prédation sont peu nombreuses. Deux études principales s'y rapportent. La première est contenue dans le rapport synthèse des études
sur l'orignal du Complexe La Grande (Julien et Nault 1985) et la seconde concerne la zone de chasse 17 du MLCP située à l'extrême sud du territoire de la Baie James.
Au Complexe La Grande, l'analyse effectuée par Julien et Nault (1985) des données recueillies lors des divers inven- taires réalisés de 1979 à 1984 permet de mettre en évidence certaines tendances en ce qui a trait au taux de production et à la structure des populations. Bien que la productivité des femelles puisse varier de façon significative d'une année à l'autre, dans l'ensemble la fécondité est relative- ment bonne. En effet, pour la période allant de 1979 à 1984, le nombre de faons produits par 100 femelles varie de 50 à 120 pour une moyenne de 79 dans le secteur ouest du territoire du Complexe La Grande et de 75 dans le secteur est. Julien et Nault (1985) notent que ce taux de produc- tivité est du même ordre de grandeur que ceux des régions plus méridionales.
En ce qui concerne la structure des populations, les rapports mâles - femelles pour 1980 - 1984 sont de 0,85 à 1,5 (moyenne de 0,97) dans le secteur ouest et de 0,5 à 1,7 (moyenne de 0,75) dans la partie est du Complexe La Grande.
A l'extrême sud de la zone d'étude, le rapport de Goudreault et Lizotte (1985) indique pour l'année 1985 un rapport de-77
± 24 mâles pour 100 femelles et une productivité de 41 ± 15 faons pour 100 femelles adultes. Selon les auteurs, ce taux de productivité ne diffère pas de celui des zones de chasse avoisinantes qui, par ailleurs, supportent des densités de population d'orignal plus élevées.
28.
En ce qui concerne le taux de mortalité et le râle de la prédation sur les effectifs des populations, les données sont quasi—inexistantes. Julien et Nault (1985) notent qu'au Complexe La Grande, en raison du faible taux d'indice de présence du loup (principal prédateur de l'orignal), le rôle de la prédation serait mineur.
3-1-1-3 L'aménagement du Compjexe La Grande et l 'évolution de l'habitat de l'orignal
Dans certains secteurs de la zone d'étude, les aménagements du Complexe La Grande risquent de modifier, à moyen terme, la capacité support du milieu pour l'orignal.
De façon générale, le territoire du Complexe La Grande ne supportant pas une forte densité d'orignaux (moins de 4 orignaux/100 km2 ), les habitats encore disponibles sont suffisants pour accueillir les individus déplacés par l'aménagement des réservoirs (Julien et Nault, 1985).
Cependant, dans certaines régions, qui par ailleurs représentent des secteurs de densité d'orignaux plus élevée par rapport à l'ensemble du territoire du Complexe La Grande, la qualité des habitats résiduels est moindre. Ceci s'observe notamment dans les secteurs du réservoir Opinaca, du réservoir La Grande 3 et dans le secteur est des lacs Boyd et Sakami.
Julien et Nault (1985) concluent que la mise en place des différents réservoirs ne devrait pas affecter de façon significative la densité de la population d'orignaux sur le territoire du Complexe La Grande. Elle contribuera par contre à appauvrir globalement la diversité et la richesse des habitats potentiellement disponibles dans les différents
bassins hydroélectriques touchés par les aménagements.
Quant à l'exondation des rives suite au détournement des rivières Eastmain, Dpinaca, Petite Opinaca et Sakami, elle devrait être favorable à l'orignal (Julien et Nault, 1985).
En effet, durant la phase évolutive (environ 10 ans) des secteurs exondés qui conduira au rétablissement d'une végétation arbustive riveraine, l'orignal trouvera dans ces nouveaux milieux à la fois un .habitat de qualité et d'excellentes voies de déplacement.
Ces conséquences bénéfiques devraient particulièrement se faire sentir le long des rivières Eastmain, Opinaca et Petite Dpinaca, situées à l'intérieur de secteurs où la densité des orignaux est relativement élevée (4 à 6 orignaux/100 km2 ) pour ces latitudes.
Quant aux répercussions sur l'orignal des différentes mesures de mitigation mises en place dans le cadre du projet du Complexe La Grande, selon Julien et Nault (1985) leur réalisation est trop récente pour évaluer l'efficacité réelle. Toutefois, il semble que l'aménagement des rives (déboisement) des nouveaux plans d'eau ne puisse compenser les pertes encourues dans les habitats à fort potentiel pour l'orignal. Par contre, les coupes de rajeunissement dans les peuplements de feuillus matures, si elles sont bien planifiées, semblent être un excellent moyen pour améliorer, à court terme, les habitats propices à l'orignal.
3.1.1.4 Les +eux de forêt_et_l'habitat de l'orignal
Les feux de forét en provoquant le renouvellement des successions végétales, jouent un rôle important dans la dynamique des habitats pour l'orignal. En effet, dans les zones affectées par le feu, la capacité support de l'orignal
30.
peut augmenter de façon significative. Dans un rapport sur les conséquences des feux de forêt sur les territoires de chasse des cris de la Baie James, la SOTRAC (1984) cite plusieurs études qui soulignent l'effet favorable des feux de fort sur l'habitat de l'orignal. Viereck et Schandelmeier (1980) indiquent que la capacité support opti- male pour l'orignal dans les brûlis de la taïga sub-arctique se situe entre 6 et 25 ans après le passage du feu.
Toutefois, il peut exister une grande variabilité dans l'utilisation des brûlis par l'orignal, dépendant de la surface incendiée, de la nature de la régénération végétale et de la présence ou non d'ilats de végétation épargnés par le feu.
Dans la zone d'étude, les feux de forêt jouent un rale dynamique important dans la capacité support du milieu pour l'orignal, puisque les surfaces affectées sont importantes.
En effet, de 1972 à 1983, la SOTRAC (1984) mentionne que 13 249 km2 ont subi des feux de forêt de plus de 1 000 ha dont 10 170 km2 sont survenus entre 1980 et 1983. Ces surfaces récemment incendiées devraient être prises en considération dans l'évaluation de la capacité support de la zone d'étude.
3.1.2 Bilan et orientation de gestion
Il s'agira ici d'évaluer si les connaissances acquises sur l'orignal dans la zone d'étude et qui sont résumées dans les sections précédentes sont suffisantes pour définir les grandes orientations d'un futur plan de gestion pour cette espèce. Dans le cas contraire, les lacunes seront identi- fiées et les études supplémentaires nécessaires à les combler seront définies.
Enfin, certaines recommandations seront exprimées quant à l'élaboration d'un plan de gestion. Etant donné que tout plan de gestion doit s'appuyer avant tout sur une bonne connaissance de l'état des populations (distribution, densité, structure et dynamique des populations) et sur la capacité support du milieu que l'on veut gérer, le bilan et la discussion des données seront orientés selon ces différents aspects.
E.
4t
des appulationsLes données sur la distribution et la densité de l'orignal ont permis d'établir la répartition actuelle de l'orignal dans la zone d'étude (Figure 7). Ces études ont également montré l'hétérogénéité relative du territoire et mis en évidence l'existence de secteurs plus favorables à l'orignal à l'intérieur de la zone d'étude. Ces données seront utiles pour déterminer les orientations sectorielles d'un plan de gestion, et notamment pour estimer l'ordre de grandeur du taux de récolte possible selon les régions ou encore par territoire de chasse des différentes communautés cries de la Baie James. Ces données semblent également suffisantes pour définir les grands secteurs où la mise en place d'aménagements (coupe de rajeunissement) serait appropriée.
Il faut souligner cependant que le secteur est de la zone d'étude qui correspond globalement au territoire de chasse de Mistassini devrait faire l'objet d'inventaires supplémen- taires. En effet, ce secteur n'étant pas ou très peu touché par les projets hydroélectriques (existants ou futur), les inventaires sectoriels sont peu nombreux. Une meilleure connaissance des populations d'orignaux de cette région mettrait peut-être en évidence des secteurs plus intéres-
32.
sants que d'autres à l'intérieur de ce territoire qui par ailleurs supporte globalement des densités relativement élevées pour ces latitudes, soit 7 à 10 orignaux/100 km2 . Par ailleurs, des inventaires réguliers des populations (environ tous les 5 ans) devraient être poursuivis pour l'ensemble de la région afin d'y suivre l'évolution des populations.
Tel que souligné dans les chapitres précédents, les données sur la dynamique de la population d'orignaux dans la zone d'étude sont succintes. Bien que les informations ponctuelles disponibles semblent montrer que la structure des populations est équilibrée, que la productivité est généralement bonne et ne constitue pas un facteur limitant, aucune étude systématique sur ce sujet n'a été effectuée pour l'ensemble de la région.
Afin de mieux connaître la dynamique des populations, des études à plus long terme sur des secteurs témoins carac- téristiques de faibles et fortes densités d'orignaux pourraient être entreprises. Notamment il serait utile d'obtenir plus d'information sur le taux de reproduction et le taux de survie des jeunes qui est également mal documenté.
Par ailleurs, et bien qu'elle semble avoir un rGle très mineur dans la zone d'étude (du moins dans le secteur nord), l'influence de la prédation par le loup pourrait également faire l'objet d'investigations supplémentaires. Ceci, plus particulièrement dans la partie sud de la zone d'étude, ou aucune étude même qualitative ne semble avoir été faite.
qfflacité sqpport du mirieu
Dans la zone d'étude, la capacité support du milieu pour l'orignal représentée essentiellement par la disponibilité d'un habitat d'hiver adéquat, est une donnée indispensable pour établir un plan de gestion de cette espèce. En effet, à ces latitudes, la capacité support est un facteur qui joue un r8le primordial dans le maintien et l'évolution de la population.
Jusqu'à présent, la capacité support du milieu n'a pas été évaluée de façon systématique. Les tentatives d'élaboration de clefs de potentiel pour l'orignal à partir des cartes écologiques du territoire de la Baie James élaborées par le SEER (Jolicoeur 1977, Environnement Illimité 1981) n'ont pas donné de résultats satisfaisants.
Le résumé des études disponibles sur l'habitat et le régime alimentaire hivernal de l'orignal présenté aux chapitres précédents montre qu'actuellement les informations à ce sujet sont plus nombreuses et assez étayées pour permettre d'évaluer de façon réaliste la capacité support de la zone d'étude à partir de cartes de végétation détaillées.
De plus, les études en cours sur les conséquences du projet du Complexe La Grande sur l'habitat de l'orignal et les données existantes sur les zones affectées par les feux de for'ét, permettront d'avoir une idée de l'évolution dynamique à court et moyen terme de la capacité support de la zone d'étude pour l'orignal. Pour le secteur sud, les exploita- tions forestières devront également 'ètre prises en consi- dération.
34.
A la lumière de l'ensemble de ces données, une synthèse cartographique de la capacité support de la zone d'étude par territoire de chasse pourrait être élaborée.
Par ailleurs, les connaissances sur les techniques d'aménagement de l'orignal sont actuellement assez avancées pour permettre, dans des secteurs préalablement choisis, d'augmenter la capacité support du milieu. En effet, il est reconnu que la coupe forestière en favorisant la regénéra- tion de la végétation, est une technique efficace et très utilisée pour améliorer ou créer des habitats favorables à l'orignal. Toutefois, les effets des coupes forestières sur l'habitat de l'orignal dépendent de plusieurs facteurs tels la nature des peuplements coupés, l'ampleur des superficies déboisées, la fréquence des coupes et l'intensité du broutage par l'orignal de la zone aménagée.
Perreault et Nault (1984) résument les principales études disponibles dans la littérature à ce sujet. Ces études sont une source d'informations générales utiles. Toutefois, étant donné l'importance des facteurs locaux sur le résultat des aménagements forestiers pour l'orignal, ce sont essentiellement les résultats des aménagements expérimentaux effectués par la SEBJ qui représentent la source d'information la plus valable pour jeter les bases d'un plan d'aménagement de l'orignal dans la zone d'étude.
3.2 Le car
i
bouLe caribou (Ran_gifpr tarandus) a une distribution circum- boréale. En Amérique du Nord, l'espèce s'est scindée en plusieurs sous-espèces dont quatre sont actuellement recon- nues. Rang_ifer tarandus groenlandicus est le caribou de la toundra du Nord-Ouest canadien et de l'archipel arctique,
Rangifer tarandus Lean i_, occupe une partie de l'archipel arctique et du Groënland et Rangifer_ tarandus
l'Alaska. Enfin le caribou des bois, Rangifer. tarandus caribou se retrouve au Québec, à Terre-Neuve et dans la taïga de l'ouest canadien.
Bien que selon les zoologistes, il s'agisse d'une même espèce, le caribou (Rangifer tarandus caribou) se divise en deux groupes possédant des caractéristiques écologiques un peu différentes. En effet, certaines populations semblent concentrer leur cycle de vie annuel plut8t en milieu boisé et sont relativement sédentaires alors que d'autres plut8t associées à la toundra sont plus grégaires et ont un comportement migratoire marqué. Pour ces dernières, le cycle biologique annuel se résume comme suit: l'automne représente la période de rut pendant laquelle les mâles regroupent plusieurs femelles pour constituer les harems.
Au début de l'hiver, une fois la période de rut terminée, les harems se déstructurent et c'est le début de la forma- tion des hardes et de la migration vers les habitats d'hiver. Au printemps, les troupeaux menés par les femelles commencent à s'orienter vers les terrains de vêlage. Après la mise bas, et durant tout l'été, le troupeau se disperse sur de larges territoires. A la fin de l'été, les mouve- ments de groupes s'amorcent de nouveau et les troupeaux se reconstituent pour la formation des harems.
Les données récentes soulignent toutefois une grande varia- bilité dans le comportement des caribous et dans leur rela- tion avec les habitats saisonniers. En effet, les patrons de migration sont loins d'être rigides et selon les spécia- listes, la notion d'habitat saisonnier doit être considérée avec prudence (Messier et Huot 1985). Calef (1981 in Messier et Huot 1985) souligne en effet que mise à part une
36.
fidélité interannuelle aux terrains de mise bas, les déplacements des grands troupeaux ne sont jamais prévisibles de façon sure.
Par ailleurs, comme nous l'avons signalé plus haut, certaines populations de caribous ont un comportement plus sédentaire et peuvent, si elles trouvent des conditions d'habitats adéquates, former de petits troupeaux locaux.
Cette variabilité dans le comportement des populations de caribous est un facteur primordial à considérer dans l'analyse de la situation du caribou dans la zone d'étude.
D'autre part, et pour des causes encore mal connues, les populations de caribous, en Amérique du Nord et notamment au Québec - Labrador, ont subi d'importantes fluctuations tant du point de vue de leur distribution que dans leurs effec- tifs. C'est pourquoi, afin de mieux comprendre la situation actuelle du caribou dans la zone d'étude, un bref survol de l'historique des populations dans le Québec Labrador semble nécessaire. Par la suite, les données récentes sur les concentrations de caribous présentes à l'intérieur de la zone d'étude seront analysées plus en détail. Enfin, le bilan des connaissances acquises sera élaboré ainsi qu'une évaluation des études nécessaires à l'orientation d'un plan de gestion. L'Annexe B résume les principales études qui ont permis de faire l'historique sommaire des populations de caribous du nord québécois ainsi que celles concernant plus particulièrement la zone d'étude.
3.2.1 Historique des populations de caribous au Québec -.
Labradorjusqu'en 1973
Selon les premières données historiques, le caribou avait une aire de distribution qui s'étendait du nord du New- Hampshire jusqu'au détroit de Hudson (Palmer 1938 iq,Audet 1979). En 1850, le caribou était encore largement distribué dans tout le Québec (Moisan 1956 in Audet 1979). C'est au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle que les popula- tions du sud du Québec ont considérablement régressé et ont été réduites à quelques îlots dont certains subsistent encore aujourd'hui, tels le troupeau des Chics-Chocs en Gaspésie et celui du Parc des Laurentides.
Dans le moyen nord du Québec et du Labrador, le géologue Lova (1896 in_ Audet 1979) avait identifié trois troupeaux princi- paux (Figure 8). Le troupeau de la tâte atlantique dont la migration hivernale s'effectuait en direction des régions boisées à l'ouest de la rivière George, le troupeau du centre qui passait l'été sur le versant ouest de la baie d'Ungava tandis que son aire hivernale s'étendait jusqu'au lac Caniapiscau, et le troupeau de l'ouest dont l'aire hivernale est localisée dans les secteurs des lacs Guillaume Deslisle et à l'Eau Claire et qui se déplace en été au nord- est de la baie d'Hudson.
Dès le début du XXe siècle et jusqu'aux années 1950, les observations effectuées par divers naturalistes ou voyageurs (Elton 1942, Manning 1948, Rousseau 1951 in Audet 19791 s'accordaient pour mettre en évidence le déclin des troupeaux du nord.
DISTRIBUTION DES PRINCIPAUX TROUPEAUX DE CARIBOUS
AU NOUVEAU-QUÉBEC À LA FIN DU
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SIÈCLE Figure 860"
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TROUPEAU DE E EST
0 90 100 270 360 km
78° 74° 70* 66°
SOURCE MLCP 1985
C'est en 1954 que fut entrepris le premier inventaire du caribou à l'échelle du Nouveau-Québec. Il fut suivi de plusieurs autres qui, malgré l'imprécision des techniques d'inventaire, ont permis de dresser un premier portrait de la distribution du caribou dans le nord du Québec et du Labrador. En 1979, Audet (1979) a fait le bilan des popula- tions de caribous présentes dans le nord du Québec à partir des inventaires de Banfiels et Tener (1958), Bergerud (1958), Desmeules et Brassard (1964a et b), Brassard et Bouchard (1968), Brassard (1972), Pichette et Beauchemin (1973) et Brassard et (1973).
Quatre concentrations principales peuvent être identifiées.
La première est localisée au nord de la Rivière aux Feuilles, la deuxième se situe dans le secteur du lac Bienville, la troisième entre le lac Caniapiscau et le nord du lac Mistassini tandis que la quatrième correspond au troupeau de la rivière George et s'étend sur un vaste terri- toire allant de la Rivière aux Feuilles jusqu'à la Caniapiscau. Selon Audet (1979), il s'agit d'une population se déplaçant en hiver entre la Rivière aux Feuilles et la rivière George principalement dans la région de la Koksoak et de la rivière Caniapiscau.
Une autre petite concentration (z 250 individus) avait également été identifiée entre les embouchures des rivières Harricana et de Rupert en 1968 et 1972 mais ne l'a plus été par la suite.
La Figure 9 schématise la distribution générale du caribou dans le nord du Québec au milieu des années 1970.
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A h A D'APRÈS BRASSARD 1972
1 D'APRÈS PICHETTE ET BEAUCHEMIN 1973
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D'APRÈS BRASSARD et al. 1973SYNTHÈSE DES DONNÉES SUR LA DISTRIBUTION Figure 9 DU CARIBOU AU QUÉBEC AU. MILIEU DES ANNÉES 1970
Malgré l'imprécision due aux techniques d'inventaires effec- tués avant 1974 et soulignée par Messier et Huot (1985), les divers rapports de l'époque indiquaient déjà une croissance démographique significative du caribou dans la péninsule Québec - Labrador. En 1979, à partir des inventaires alors disponibles, Audet (1979) a fait l'estimation de la crois- sance des populations de caribous du Québec - Labrador de 1850 à 1973 (Figure 10). 11 évaluait à quelque 1.07 le taux annuel d'accroissement de la population. 11 soulignait également l'expansion géographique du caribou vers la baie d'Hudson et la cote de la baie d'Ungava. En 1973, la popu- lation de caribous au Nouveau-Québec était estimée à près de 86 500 t'etes (Pichette et Beauchemin 1973).
La revue sommaire des données historiques a permis d'identifier les populations présentes dans la zone d'étude.
Elles sont essentiellement représentées par le troupeau du lac Bienville et celui de la région de Caniapiscau. Par ailleurs, elle a également mis en évidence les fluctuations importantes des populations tant du point de vue de leur distribution géographique que de leur densité de population.
3.2.2 Données disponibles dans la zone d'étude
Dans ce chapitre, il s'agira de faire le point de façon plus précise sur les concentrations de caribous dans la zone d'étude. Pour ce faire, les données récentes sur la distri- bution, la dynamique des populations et l'écologie des troupeaux de la région de Caniapiscau et du lac Bienville seront analysées. Par ailleurs, les informations disponibles sur la présence du caribou dans le sud de la zone d'étude seront également prises en compte.
Nombre de caribous
500, 000
100,000
10,000
1,000
O ROUSSEAU 1951
RIDNETTE ET 43AUCH DAIA 1973 ET BRASSARD 1972
IMENEERU D 1958 0
/
„,.. SANFIELD V. ET TE NER 1958 /
Q.
ROUSSEAU 1951 DESIKULES ET BRASSARD 1964ESTIMATION DES POPULATIONS DE CARIBOUS Figure 10 DU QUÉBEC-LABRADOR DE 1850 À 1973
1 I I J 1 I
1850 1870 18 90 1910 1930 1950
SOURCE HAYEUR 1979 .
I 1970
3.2.2.1 Le troupeau du Lac Bienville
Les divers inventaires effectués de 1956 à 1975 avaient démontré la présence du caribou dans la zone immédiate du lac Bienville (Brassard 1972, Audet 1976, Le Henaff 1976).
Toutefois, ces inventaires ne permettaient pas de définir avec précision l'existence d'un troupeau distinct.
C'est à partir de 1975 que la direction Environnement d'Hydra-Québec, dans le cadre du projet hydoélectrique de la rivière Grande Baleine, a entrepris une campagne d'inventaire sur l'ensemble des ressources fauniques de ce territoire.
Ce sont les six inventaires d'hiver réalisés de 1975 à 1979 (Hayeur 1979, Le Henaff et Hayeur 1983), qui ont apporté le plus d'informations sur la distribution, le niveau de popu- lation, la structure des populations et l'habitat du caribou de ce secteur (Figure 11). Depuis 1979, il n'y a pas eu d'autres inventaires spécifiques dans cette région, mais des survols du secteur sud du lac Bienville ont été effectués dans le cadre des études du troupeau de la région de Caniapiscau (Paré et Huot 1985).
Ditribution abondance et dynami ,we des_populatjon,s
En 1979, Hayeur résumait les connaissances acquises sur le troupeau au lac Bienville. Les inventaires avaient permis d'identifier une population approximative de 1 500 bêtes qui fréquentaient surtout la région des lacs de tète de la Petite rivière de la Baleine et de la Grande rivière de la Baleine. Le secteur du lac Bienville représentait, à l'année longue, le secteur le plus recherché par le caribou.
Eastmain
Rivière
Matagami
Grande r
Rèservoir de La Grande 2
,7:.Kaasafrii Radiss n
Grande Rivière
Nérniscaue
Lac Evans
Le suivi des inventaires de 1977 et 1979, couvrant une même superficie avait également permis de mettre en évidence un taux d'accroissement de la population de 16% et une tendance à l'extension de leur distribution vers le nord et l'ouest.
Le taux de renouvellement de la population (nombre de jeunes de 9 mois/nombre total de caribous observés) était de 18%.
Il s'agissait donc d'une population jeune et en pleine expansion. Selon Hayeur (1979), le taux de mortalité était peu élevé en raison de la faible densité des loups dans ce secteur et du peu d'importance de la chasse.
En 1979, Hayeur avait mis en évidence le mouvement d'expansion du troupeau de Bienville tant du point de vue de ses effectifs que de sa distribution géographique. Cet auteur avait également souligné qu'un chevauchement avec le territoire hivernal du troupeau de la Caniapiscau et avec celui de la rivière George était probable. En effet, dès les années 1976, ce dernier donnait des signes d'extension de sa distribution hivernale.
Bien qu'il n'y ait pas eu d'inventaire spécifique du bassin de la rivière Grande Baleine depuis la synthèse de Hayeur (1979), les inventaires de 1982 et 1984 effectués dans le cadre des études du caribou de la région de Caniapiscau incluent le lac Bienville. Ces études ont confirmé les hypothèses émises en 1979 relatives à l'invasion du troupeau de la rivière George dans les territoires du lac Bienville et de la région de Caniapiscau.
Habitat et comportement
Les études de repérage télémétrique ont permis d'éclaircir certains points sur le comportement et sur l'utilisation saisonnière des habitats des caribous du lac Bienville.