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L observatoire de la révolution de l âge

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Viavoice Paris.

Études & conseil 9 rue Huysmans, 75 006 Paris

+ 33 (0)1 40 54 13 90 www.institut-viavoice.com

L’observatoire de

la révolution de l’âge

Étude d’opinion auprès des personnes ayant 70 ans et plus et des personnes ayant entre 40 et 70 ans

Viavoice – Harmonie Mutuelle – France 2 – Le Monde

Juillet 2013

Publié et diffusé mardi 9 juillet.

SOUS EMBARGO JUSQU’AU

9 JUILLET À 13 HEURES

(2)

Modalités de réalisation 3

Synthèse des enseignements 4

Opinions des personnes ayant 70 ans et plus 7

Le degré de préoccupation envers les personnes âgées 8

Être âgé 9

Le seuil du « grand âge » 11

Espérance de vie et renouveau 12

Le bonheur, et la peur de vieillir 13

Les motifs d’inquiétude 14

Les atouts de la vieillesse 15

Les postes de dépenses 16

La préparation de la vieillesse. Sentiment de préparation 17

La préparation de la vieillesse. Acteurs de l’aide 18

La préparation de la vieillesse. Actions concrètes 19

La préparation de la vieillesse. Sentiment de solitude 20

L’offre de services et de soins, et la prise en charge 21

Les acteurs souhaités de la prise en charge 22

Le lieu de résidence envisagé pour l’avenir 23

La canicule de 2003 24

Opinions des personnes ayant entre 40 et 70 ans, et regards croisés 25

Le degré de préoccupation envers les personnes âgées 26

Être âgé 27

Le seuil du « grand âge » 29

La peur de vieillir 30

Les motifs d’inquiétude concernant sa propre vieillesse 31

Le sentiment de bonheur concernant les parents 32

La peur de la vieillesse de ses propres parents 33

Inquiétudes prioritaires concernant ses parents 34

La prise en charge des personnes âgées 35

Les acteurs souhaités de la prise en charge 36

Verbatim. Entretiens avec des personnes âgées

37

(3)

Étude Viavoice réalisée pour Harmonie Mutuelle, France 2 et

Le Monde.

Interviews effectuées par téléphone du 6 au 16 juin 2013, auprès de deux échantillons :

- Un échantillon de 1 002 personnes, représentatif de la population âgée de 40 à 69 ans résidant en France métropolitaine (personnes ayant « entre 40 et 70 ans ») ;

- Un échantillon de 1 006 personnes, représentatif de la population âgée de plus de 70 ans résidant en France métropolitaine (personnes ayant « 70 ans et plus »).

Représentativité assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle (en cours, ou la dernière avant la retraite), région et catégorie d’agglomération.

Les réponses indiquées entre parenthèses dans ce document n’ont pas été proposées aux personnes interrogées, mais ont été spontanément citées par ces dernières.

De façon complémentaire ont été réalisés 10 entretiens individuels

qualitatifs, auprès de personnes âgées de plus de 70 ans. Ces

entretiens ont été conduits en face-à-face, au domicile des

personnes interrogées.

(4)

Le temps Janus de la vieillesse

Sous les anxiétés de la dépendance, des vieillesses heureuses d’autonomie

La vieillesse serait-elle un nouveau monde ? Le temps du vieillissement s’impose aujourd’hui de manière totalement inédite en France. Certes en raison de l’ampleur des enjeux financiers (retraites, dépendance) ou de l’allongement de la durée de la vie, mais surtout parce qu’arrive actuellement, au tournant des soixante-dix ans, la génération née après- guerre, celle du « baby boom ». Celle-ci va bouleverser les équilibres démographiques, en accroissant la population âgée. Mais bien plus, cette génération qui a pour partie promu des valeurs d’autonomie et de liberté n’aborde-t-elle pas la vieillesse avec un regard totalement rénové ? Et quelles en sont les implications ?

Pour apporter des réponses à ces interrogations majeures, Viavoice, Harmonie Mutuelle, France 2 et Le Monde ont créé cet « Observatoire de la révolution de l’âge », reposant sur une triple enquête d’opinion :

- Une étude quantitative auprès des personnes ayant plus de 70 ans ;

- Une étude quantitative auprès de la génération de leurs enfants, les 40-70 ans, sensibilités à la question de l’âge pour eux-mêmes et pour leurs parents ;

- Une étude qualitative par entretiens individuels auprès de personnes ayant plus de 70 ans, réalisée en face-à-face, au domicile des personnes interrogées.

Ce dispositif révèle une réalité bien plus ambivalente qu’on n’aurait pu l’imaginer. Loin d’une image sombre de la vieillesse, loin de l’idée d’un

« naufrage », prévalent en réalité deux rivages sans commune mesure. Le premier, préalable, est une période qui se révèle massivement heureuse, en particulier pour la part inédite d’autonomie qu’elle autorise. Le second, angoissant, est celui des perspectives de la dépendance, le plus souvent en fin de vie. Et ces deux registres se développent aux antipodes l’un de l’autre.

(5)

Une vieillesse massivement heureuse pour sa part inédite d’autonomie Les proportions sont massives et convergentes : 89 % des personnes ayant plus de 70 ans se déclarent « heureuses », dont 37 % « très heureuses ». Et 78 % des enfants (entre 40 et 70 ans) imaginent leur mère « heureuse », et 86

% leur père « heureux ». Ce bonheur déclaré et perçu s’explique par :

- Un vieillissement qui en lui-même n’est pas considéré comme inquiétant : 63 % des personnes ayant plus de 70 ans déclarent ne pas avoir « peur » de vieillir (contre 33 %) ;

- Un sentiment de prise en compte : 60 % estiment que « l’on se préoccupe bien des personnes âgées, actuellement en France ». Ce score est particulièrement intéressant à souligner, dix ans après la canicule de 2003 et le nombre important de décès qui avait conduit à stigmatiser l’indifférence d’une partie des Français pour les personnes âgées ; et il est par ailleurs frappant dans un contexte de sentiment d’oubli voire d’« abandon » au sein de notre société ;

- De façon corrélative, le tissu familiale et de proximité : en priorité, les personnes âgées apprécient dans leur vie d’avoir « du temps à consacrer » à leur « famille » ou à leurs « proches » (44 %), et de se sentir « entourées » par leur « famille » ou leurs « proches » (43 %).

Ce bonheur s’explique plus fondamentalement par une promesse d’autonomie profonde et inédite par sa nature :

- La « vieillesse », à la différence du « grand âge » est considérée comme un temps de liberté ; aux yeux des personnes ayant plus de 70 ans, on devient

« vraiment âgé » quand « on n’est plus autonome dans son logement » et que l’on « a besoin d’être aidé ». Ainsi entendue, la « vieillesse » apparaît effectivement comme un temps de bonheur que clôt, à un âge un autre, l’entrée en dépendance ;

- De manière symptomatique, « en cas de nécessité » 87 % des personnes interrogées « accepteraient » l’idée de rester chez elles « avec une assistance, une aide à domicile », mais seulement 14 % d’« emménager » chez leurs

« enfants »…

En revanche, des disparités majeures existent en fonction des niveaux de vie : 46 % des interviewés (70 ans et plus) ayant été cadres se déclarent « très heureux », contre 27 % des interviewés ayant été ouvriers.

Ces éléments de perception sont fondamentaux en regard des valeurs qui les sous-tendent, et précisément de l’« arrivée » de la génération du baby- boom aux alentours des 70 ans. Il est à cet égard envisageable que ces aspirations à l’autonomie heureuse, dès aujourd’hui affirmées, se confirment et s’amplifient à l’avenir.

(6)

6 Le second temps de la vieillesse : la dépendance, ou la condamnation de

l’idéal d’autonomie

L’horizon de la vieillesse, ou le « grand âge », alimente en revanche sa part d’angoisse : celle de la perte d’autonomie :

- Les personnes ayant plus de 70 ans en ont la conviction : elles se déclarent d’abord préoccupées (51 %) par « la crainte de ne plus être suffisamment autonomes », avant « la maladie » (47 %) ;

- Leurs enfants éprouvent les mêmes appréhensions : concernant la vieillesse de leurs parents, ils se déclarent en priorité inquiets par leur perte éventuelle d’autonomie (54 %), là encore avant « leur maladie » (48 %).

Si la vieillesse n’apparaît pas comme un naufrage, au contraire, la dépendance est vécue comme son accomplissement.

L’accompagnement de la vieillesse, entre prépondérance des proches et attentes envers les pouvoirs publics

La plupart des personnes ayant plus de 70 ans (76 %) estiment s’être « bien préparées » à leur vieillesse. Et pour cela, les proches ont énormément compté, au premier rang desquels figurent « la famille » (42 %) et « les médecins » (25 %).

En revanche émergent des attentes majeures envers les pouvoirs publics : - La prise en charge « des personnes âgées » par « les pouvoirs publics » est jugée « insuffisante » (59 %) ;

- Et concrètement, « l’offre de services et de soins proposée aux personnes âgées » est elle-même considérée comme « insuffisante » (50 % contre 36 %).

Conclusion

Si la vieillesse est heureuse parce qu’elle peut être une affirmation d’autonomie, alors la perspective de la dépendance devient d’autant plus insoutenable. Intolérable en soi, la dépendance devient également un mépris des valeurs qui autorisent le bonheur.

Et l’appel aux pouvoirs publics se comprend dans cette perspective. Être accompagné par les « pouvoirs publics », certes au cours de la dépendance mais plus globalement pendant toute sa vieillesse constitue la garantie de ne plus être contraint par ses propres ressources ou par celles de ses proches. À cet égard l’adresse aux pouvoirs publics constitue une ultime revendication d’autonomie, au moins matérielle et financière.

En 2013, l’imaginaire nostalgique d’un cocon familial regroupant plusieurs générations sous un même toit ne constitue plus un idéal. Prospèrent au contraire des rêves d’autonomie, gages perçus du bonheur. Et cette autonomie-là, pour être portée au plus haut, appellera des solutions nouvelles, quels qu’en soient les acteurs.

(7)

Opinions des personnes ayant 70 ans et plus

1.

(8)

Globalement, diriez-vous que l’on se préoccupe très bien, assez bien, assez mal ou très mal des personnes âgées, actuellement en France ?

Très bien Assez bien Assez mal Très mal (Ne se

prononce pas)

9%

52%

21%

9% 9%

Sous-total « Bien » : 61 % Sous-total « Mal » : 30 %

Le degré de préoccupation envers les personnes âgées

(9)

Selon vous, qu’est-ce qu’« être âgé » actuellement en France ? (1/2)

Question ouverte, réponses spontanées, total supérieur à 100

16%

5%

5%

10%

13%

14%

15%

18%

48%

L’âge

La dépendance Un sentiment de déclin

Une détresse psychologique La retraite

La précarité Profiter de la vie

Autres et (Ne se prononce pas) Un état d’esprit

Être âgé. Thèmes des réponses citées

(10)

On devient âgé à partir du moment où on se sent décliner

Dont

Déclin psychologique (mémoire, vivacité d’esprit) 6 % Déclin physique (mobilité, force, santé) 35 %

La vieillesse est tout d’abord une question d’âge

Dont

On est âgé à partir de 70/75 ans 5 % On est âgé à partir de 80/85 ans 7 %

Selon vous, qu’est-ce qu’« être âgé » actuellement en France ? (2/2)

18 % 48 %

15 %

13 %

5 % 10 %

On est âgé quand on devient dépendant des autres au quotidien

«Des personnes qui commencent à être moins autonomes » ; « C’est finir par dépendre des autres » ;

« Être obligé d’avoir des personnes pour nous aider » ; « C'est quand on a besoin de quelqu'un pour vivre » ;

« Quand on ne peut plus se débrouiller seul » ; « On devient plus ou moins à la charge des autres »

La vieillesse est un sentiment de détresse psychologique (solitude, isolement, rejet)

« Ne plus avoir envie de rien / ne plus avoir envie d’avancer » ; « C’est de vieillir dans son coin » ;

« C’est d’être refermé sur soi-même » ; « Être rejeté et oublié » ; « Une personne laissée toute seule » ;

« C’est ne plus faire partie de la société » ; « C’est quand on a l’impression d’être inutile » ; « La solitude »

Le troisième âge c’est pouvoir profiter de la vie pleinement

« C est pouvoir faire ce que l’on veut » ; « La liberté de se déplacer et de voyager » ; «C’est la joie » ;

« Avoir de l'expérience, être dans la sagesse » ; « Avoir autour de soi ses enfants et ses petits enfants »

« Avoir les moyens de profiter de la vie » ; « Voyager autour du monde » ; « C'est une nouvelle vie »

5 % La vieillesse n’est pas une question d’âge, mais d’état d’esprit

« Ça n’a rien à voir avec l’âge, il faut avoir l’esprit jeune » ; « C'est un état d’esprit » ; « C’est dans la tête »

;

«C'est plutôt dans la tête, pas une question d’âge » ; « Ça dépend de la mentalité » ; « C'est selon les gens »

14 % On est âgé à partir du moment où on prend sa retraite

« Ne plus avoir d’activité professionnelle » ; « C’est être à la retraite » ; «Ne plus exercer de profession »

La vieillesse est synonyme de précarité

« Quand on est à la retraite on n’a pas les ressources financières comme dans le temps » ; « La pauvreté »

Être âgé. Résultats détaillés

16 % ne se prononcent pas / Autres

10

(11)

À votre avis, on devient vraiment âgé quand…

Deux réponses possibles, total supérieur à 100

4%

2%

3%

10%

11%

11%

31%

44%

54%

(Ne se prononce pas) On atteint 70 ans On part à la retraite On ne s'intéresse plus au reste du monde On atteint 80 ans On se sent coupé du reste du monde On entre en établissement médicalisé ou en

maison de retraite

On perd une partie de ses facultés intellectuelles et physiques On n'est plus autonome dans son logement et

on a besoin d'être aidé

Le seuil du « grand âge »

(12)

À votre avis, l’allongement de l’espérance de vie est-il...

Diriez-vous que, à 70 ans…

25%

51%

11% 4% 9%

Toujours une bonne

chose Globalement une

bonne chose Globalement une

mauvaise chose Toujours une

mauvaise chose (Ne se prononce pas)

15%

42%

23%

14%

6%

On peut totalement

refaire sa vie On peut en grande

partie refaire sa vie On ne peut pas vraiment refaire sa

vie

On ne peut pas du

tout refaire sa vie (Ne se prononce pas)

Sous-total

« Une bonne chose » : 76 % Sous-total

« Une mauvaise chose » : 15 %

Sous-total

« On peut refaire sa vie » : 57 % Sous-total

« On ne peut pas refaire sa vie » : 37 %

Espérance de vie et renouveau

(13)

Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout (Ne se prononce pas)

10%

23%

15%

47%

5%

Vous-même, diriez-vous que vous êtes…

Vous-même, avez-vous peur de vieillir ?

37%

52%

7%

2%

2%

Très heureux

Assez heureux

Pas vraiment heureux

Pas du tout heureux

(Ne se prononce pas)

Sous-total

« Pas heureux » : 9 % Sous-total

« Heureux » : 89 %

Sous-total

« Oui » : 33 % Sous-total

« Non » : 62 %

Le bonheur, et la peur de vieillir

(14)

Dans votre vie quotidienne, qu’est-ce qui vous inquiète en priorité ?

Trois réponses possibles, total supérieur à 100

3%

9%

15%

15%

16%

18%

32%

34%

47%

51%

(Ne se prononce pas) Le sentiment d'un décalage avec la société

et les nouvelles générations

L'éloignement de votre famille ou de vos connaissances

Le manque de ressources financières La solitude, de manière générale La crainte de devoir quitter votre logement

s'il n'est plus adapté

Le décès de personnes que vous aimez Les troubles de la mémoire La maladie La crainte de ne plus être suffisamment

autonome

Les motifs d’inquiétude

(15)

Et qu’appréciez-vous en priorité ?

*Trois réponses possibles, total supérieur à 100

3%

12%

14%

14%

21%

34%

38%

43%

44%

(Ne se prononce pas) Commencer ou découvrir des activités

nouvelles

Ne rien faire, vous reposer Ne plus exercer de responsabilités

professionnelles

Prendre les choses avec un peu plus de recul ou de compréhension

Pouvoir aménager votre vie librement Avoir du temps pour vos activités de loisirs,

culturelles ou associatives

Vous sentir entouré par votre famille ou vos proches

Avoir du temps à consacrer à votre famille ou vos proches

Les atouts de la vieillesse

(16)

Parmi les postes suivants, quels sont ceux pour lesquels vous dépensez prioritairement votre argent ?

56%

31%

25%

19%

18%

17%

6%

L'alimentation

Les soins

Le logement

Les voyages

Les actions de prévention santé

Les sorties, la culture

(Ne se prononce pas)

Deux réponses possibles, total supérieur à 100

Les postes de dépenses

(17)

Avez-vous le sentiment de vous être bien préparé à votre vieillesse ?

Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout (Ne se prononce pas)

41%

35%

8% 12%

4%

Sous-total « Oui » : 76 % Sous-total « Non » : 20 %

La préparation de la vieillesse. Sentiment de préparation

(18)

30%

7%

7%

11%

17%

25%

42%

(Ne se prononce pas) La souscription à une assurance

dépendance

Votre banque Des actions de prévention Votre mutuelle Votre médecin Votre famille

Selon vous, qu’est-ce qui vous a prioritairement aidé à bien préparer votre vieillesse ?

Base : personnes déclarant s’être bien préparées à la vieillesse (768 personnes)

18

Selon vous, qu’est-ce qui pourrait vous aider à bien vivre votre vieillesse ?

Base : personnes déclarant ne pas s’être bien préparées à la vieillesse (197 personnes)

Deux réponses possibles, total supérieur à 100

Deux réponses possibles, total supérieur à 100

26%

8%

12%

13%

18%

26%

46%

(Ne se prononce pas) Votre banque Des actions de prévention La souscription à une assurance

dépendance

Votre mutuelle Votre médecin Votre famille

La préparation de la vieillesse. Acteurs de l’aide

(19)

14%

32%

36%

47%

57%

60%

67%

72%

74%

74%

82%

86%

67%

60%

52%

42%

39%

30%

27%

25%

26%

17%

1%

4%

1%

1%

1%

3%

1%

1%

1%

Changé de logement, pour des locaux plus adaptés à Pratiqué un sport adapté Souscrit à un contrat d'assurance spécifique Adapté votre logement dans la perspective de votre

vieillesse

Intensifié votre suivi par un médecin Adapté votre alimentation Mis de l'argent de côté Accepté de porter des prothèses auditives ou des

lunettes adaptées

Fait en sorte d'être propriétaire Réalisé des bilans de santé Cherché à maintenir un lien social avec des gens

Oui Non (Ne se prononce pas) Concrètement, pour préparer votre vieillesse, aviez-vous....

La préparation de la vieillesse. Actions concrètes

(20)

Pour préparer votre vieillesse, vous êtes-vous plutôt senti…

69% 28%

Accompagné 3%

Seul

(Ne se prononce pas)

La préparation de la vieillesse. Sentiment de solitude

20

(21)

Selon vous, l’offre de services et de soins proposée aux personnes âgées est-elle actuellement, en France...

50 %

36 %

2 %

12 % Insuffisante

Suffisante

Excessive

(Ne se prononce pas)

De manière générale, diriez-vous que la prise en charge (financière, médicale, sociale) des personnes âgées par les pouvoirs publics (État, Sécurité sociale, collectivités territoriales) est...

59 %

30 %

1 %

10 % Insuffisante

Suffisante

Excessive

(Ne se prononce pas)

L’offre de services et de soins, et la prise en charge

(22)

À l’avenir selon vous, qui devrait surtout assurer la prise en charge des personnes âgées ?

6%

16%

23%

55%

(Ne se prononce pas) La famille, les proches Chaque personne âgée pour elle-même, avec

ses propres ressources

Les pouvoirs publics, la société dans son ensemble

Les acteurs souhaités de la prise en charge

(23)

Vous concernant en cas de nécessité, diriez-vous à propos de chacune des solutions suivantes que...

5%

18%

29%

53%

9%

33%

28%

34%

30%

18%

13%

5%

52%

26%

22%

4%

4%

5%

8%

4%

Emménager chez vos enfants * Résider en établissement spécialisé (maison de

retraite, Ehpad)

Déménager ou adapter votre logement Rester chez vous avec une assistance, une aide à

domicile

Vous l'accepteriez pleinement Vous l'accepteriez plutôt Vous la refuseriez plutôt Vous la refuseriez pleinement (Ne se prononce pas)

Sous-total « accepteriez » : 87 %

Sous-total « accepteriez » : 57 %

Sous-total « accepteriez » : 51 %

Sous-total « accepteriez » 14 %

Le lieu de résidence envisagé pour l’avenir

* Base : personnes ayant des enfants

(24)

À l’été 2003 a eu lieu une grande canicule qui a provoqué le décès de nombreuses personnes âgées. Selon vous, cette grande canicule a...

51%

65%

65%

67%

72%

37%

18%

23%

24%

17%

12%

17%

12%

9%

11%

Amplifié la solidarité des Français envers les personnes âgées, de manière générale Conduit à la mise en place de dispositifs tels que

"la veille et l'alerte"

Entraîné une modernisation des installations (climatiseurs)

Augmenté l'attention et la vigilance de chacun envers ses proches

Révélé la situation précaire des personnes âgées en France

Oui Non (Ne se prononce pas)

La canicule de 2003

(25)

Résultats de l’étude

I. Les 40-69 ans

II. Les 70 ans et plus

Opinions des personnes ayant entre 40 et 70 ans, et regards croisés

2.

(26)

Très bien Assez

bien Assez

mal Très mal (Ne se prononce

pas)

9%

52%

21%

9% 9%

Globalement, diriez-vous que l’on se préoccupe très bien, assez bien, assez mal ou très mal des personnes âgées, actuellement en France ?

Le degré de préoccupation envers les personnes âgées

Très bien Assez

bien Assez

mal Très mal (Ne se prononce

pas)

5%

49%

29%

13%

4%

40-69 ans Rappel 70 ans et plus

Sous-total

« Bien » : 54

%

Sous-total

« Mal » : 42 % Sous-total

« Bien » : 61

%

Sous-total

« Mal » : 30 %

(27)

16%

5%

5%

14%

13%

48%

15%

18%

12%

2%

6%

8%

13%

14%

25%

33%

33%

Le repos

Selon vous, qu’est-ce qu’« être âgé » actuellement en France ? (1/2)

Question ouverte, réponses spontanées, total supérieur à 100

L’âge

La dépendance

Un sentiment de déclin

La détresse psychologique

La retraite La précarité

Être âgé. Thèmes des réponses citées

Un état d’esprit

Autres et

(Ne se prononce pas)

(28)

La vieillesse est tout d’abord une question d’âge

Dont

On est âgé à partir de 60/65 ans 2 % On est âgé à partir de 70/75 ans 13 % On est âgé à partir de 80/85 ans 13 % On est âgé à partir de 90 ans ou plus 1 %

Selon vous, qu’est-ce qu’« être âgé » actuellement en France ? (2/2)

28 Question ouverte, réponses spontanées, total supérieur à 100

33 %

25 % 33%

14 %

8 % 13 %

6 %

12 % ne se prononcent pas / Autres

On est âgé quand on devient dépendant des autres au quotidien

« Être totalement dépendant des autres physiquement et moralement » ; « Perdre son autonomie » ;

« Ne pas être capable de s’assumer tout seul » ; « Avoir des difficultés à vivre tout seul » ;

« C’est ne plus pouvoir assumer nos responsabilités de tous les jours » ; « Ne plus être indépendant » Dont

On est âgé à partir du moment où on est placé en maison de retraite 2 %

On devient âgé à partir du moment où on se sent décliner

Dont

Déclin psychologique (mémoire, vivacité d’esprit) 5 % Déclin physique (mobilité, force, santé) 24 %

La vieillesse est un sentiment de détresse psychologique (solitude, isolement, rejet)

« Être mis à l’écart » ; « Être laissé à son propre sort » ; « C’est être oublié » ; « C’est se retrouver seul » ;

« C’est attendre la mort » ; « C'est un peu se dévier de la vie sociale » ; « C’est de ne plus avoir de projets »

On devient âgé à partir du moment où on prend sa retraite

« Ce n’est pas une question d'âge, c’est le fait d’arrêter de travailler » ; «C’est quand on part à la retraite »

La vieillesse est synonyme de précarité

« C’est la diminution du pouvoir d'achat » ; « C’est presque être pauvre » ; « Des problèmes financiers »

Le troisième âge c’est celui de la maturité et d’un repos bien mérité

« Plus d'expérience que les personnes qui ont entre 30 et 40 ans » ; « Être libre, ne plus avoir de contraintes » ; « Être respecté » ; « S’occuper de ses petits-enfants, faire du jardinage et des voyages »

Être âgé. Résultats détaillés

2 %

La vieillesse n’est pas une question d’âge, mais d’état d’esprit

« Celui qui est âgé c’est celui qui le pense » ; « Pour moi ce n'est pas question d'âge mais plutôt d'esprit »

(29)

À votre avis, on devient vraiment âgé quand…

Deux réponses possibles, total supérieur à 100

4%

3%

2%

10%

11%

11%

31%

44%

54%

1%

5%

6%

12%

13%

14%

29%

47%

57%

(Ne se prononce pas) On part à la retraite On atteint 70 ans On ne s'intéresse plus au reste du monde On atteint 80 ans On se sent coupé du reste du monde On entre en établissement médicalisé ou

en maison de retraite

On perd une partie de ses facultés intellectuelles et physiques On n'est plus autonome dans son logement et on a besoin d'être aidé

Le seuil du « grand âge »

(30)

Vous-même, avez-vous peur de vieillir ?

La peur de vieillir

Oui, tout

à fait Oui,

plutôt Non, plutôt

pas

Non, pas

du tout (Ne se prononce

pas)

11%

20% 18%

50%

1%

Oui, tout

à fait Oui,

plutôt Non, plutôt

pas

Non, pas

du tout (Ne se prononce

pas)

10%

23%

15%

47%

5%

40-69 ans Rappel 70 ans et plus

Sous-total

« Oui » : 31 % Sous-total

« Non » : 68 % Sous-total

« Oui » : 33 % Sous-total

« Non » : 62 %

(31)

Pour votre vieillesse, qu’est-ce qui vous inquiète en priorité ?

Trois réponses possibles, total supérieur à 100

Les motifs d’inquiétude concernant sa propre vieillesse

3%

9%

15%

15%

16%

18%

32%

34%

47%

51%

2%

7%

16%

26%

20%

15%

25%

36%

51%

56%

(Ne se prononce pas) Le sentiment d'un décalage avec la société et les

nouvelles générations

L'éloignement de votre famille ou de vos connaissances

Le manque de ressources financières La solitude, de manière générale La crainte de devoir quitter votre logement s'il

n'est plus adapté

Le décès de personnes que vous aimez Les troubles de la mémoire La maladie La crainte de ne plus être suffisamment

autonome

Rappels 70 ans et plus : Dans votre vie quotidienne, qu’est-ce qui vous inquiète en priorité ?

(32)

Vous-même, diriez-vous que votre père est…

Base : personnes ayant leur père en vie (334 personnes)

33%

53%

9% 4% 1%

Très heureux Assez heureux Pas vraiment

heureux Pas du tout

heureux (Ne se prononce pas)

Vous-même, diriez-vous que votre mère est…

Base : personnes ayant leur mère en vie (558 personnes)

Sous-total « Heureux » : 86 %

Sous-total « Pas heureux » : 13 %

Sous-total « Heureuse » : 78 %

Sous-total « Pas heureuse » : 20 %

25%

53%

16%

4% 2%

Très heureuse Assez heureuse Pas vraiment

heureuse Pas du tout

heureuse (Ne se prononce pas)

Le sentiment de bonheur concernant les parents

(33)

La vieillesse de vos parents / votre père / votre mère vous fait-elle peur ?

Base : personnes ayant au moins un parent en vie (620 personnes)

Oui, tout à fait Oui, assez Non, pas vraiment Non, pas du tout

15%

27% 27%

31%

Sous-total « Oui » : 42 % Sous-total « Non » : 58 %

La peur de la vieillesse de ses propres parents

(34)

Concernant la vieillesse de vos parents / votre père / votre mère, qu’est-ce qui vous inquiète en priorité ?

Base : personnes ayant au moins un parent en vie (620 personnes)

Trois réponses possibles, total supérieur à 100

3%

5%

13%

18%

19%

20%

27%

31%

48%

54%

(Ne se prononce pas) Le sentiment d'un décalage avec la société et

les nouvelles générations

L'éloignement de leur famille ou de leurs connaissances

Leur manque de ressources financières Leur solitude, de manière générale Le décès de personnes qu'ils aiment La crainte pour eux de devoir quitter un

logement qui n'est plus adapté Leurs troubles de la mémoire

Leur maladie La crainte pour eux de ne plus être

suffisamment autonomes

Inquiétudes prioritaires concernant ses parents

(35)

De manière générale, diriez-vous que la prise en charge (financière, médicale, sociale) des personnes âgées par les pouvoirs publics (État, Sécurité sociale, collectivités territoriales) est...

La prise en charge des personnes âgées

59%

30%

1% 10% Insuffisante

Suffisante Excessive

(Ne se prononce pas)

40-69 ans

70 ans et plus

40-69 ans Rappel 70 ans et plus

68%

26%

2% 4%

Insuffisante

Suffisante

Excessive

(Ne se prononce pas)

(36)

À l’avenir selon vous, qui devrait surtout assurer la prise en charge des personnes âgées ?

6%

16%

23%

55%

3%

13%

18%

66%

(Ne se prononce pas) La famille, les proches Chaque personne âgée pour elle-même,

avec ses propres ressources

Les pouvoirs publics, la société dans son ensemble

40-69 ans

Rappel 70 ans et plus

Les acteurs souhaités de la prise en charge

(37)

Résultats de l’étude

I. Les 40-69 ans

II. Les 70 ans et plus

Verbatim. Entretiens avec des personnes âgées

3.

(38)

Entretiens qualitatifs réalisés par Viavoice pour Harmonie Mutuelle.

Les entretiens ont été conduits en face-à-face au domicile des personnes interrogées.

Ils ont été réalisés du 21 mai au 18 juin 2013, auprès de dix personnes ayant plus de 70 ans.

Ils donné lieu à un enregistrement vidéo.

(39)

La vieillesse, c’est pour les autres…

Tous ont une définition très claire de la vieillesse

« La vieillesse, c’est tout simplement ne plus vouloir vivre », France, 70 ans, Lille, assistante de direction EDF à la retraite

« Vieillir, c’est perdre son autonomie et ne plus pouvoir faire ce que l’on veut » , Pénélope, 74 ans, Tourcoing, responsable administratif France Télécom à la retraite

« Être vieux, c’est ne plus avoir d’activités physiques ou intellectuelles », Philippe, 70 ans, Paris, professeur d’économie et consultant pour les entreprises à la retraite

« Je ne comprends pas ceux qui restent chez eux et ne voient plus personne, ceux qui vieillissent trop vite » Marcel, 75 ans, Tours, cadre de la métallurgie à la retraite

… Et aucun d’eux n’estime être vieux

« Je n’ai pas de ressenti de la vieillesse, ce sont mes enfants qui me donnent l’impression d’être vieux !

Par exemple, ils ne veulent pas que je

prenne ma voiture pour

faire Paris – Saint Jean

de Luz sur la journée, eh

bien, je le fais quand

même ! »

Philippe, 73 ans, Paris, chercheur à la retraite

(40)

La vieillesse est ressentie comme l’annonce d’une fin, elle n’a pas encore de prise sur ces personnes retraitées depuis une dizaine d’années et qui ont toutes des activités individuelles, familiales ou professionnelles. Parfois même, la notion de vieillesse est totalement bannie, elle n’existe plus, ou alors elle s’applique à leurs parents en fin de vie et qui ont perdu leur autonomie.

La vieillesse est alors définie comme un état caractérisé par une perte d’autonomie totale et d’une incapacité de communiquer avec les autres.

« Il y a quelques années je me disais que la vieillesse c’était à 70 ans, je viens de les fêter eh bien je me suis rendue compte que c’est bien plus tard ! »

Christine, 70 ans, Tours, professeure à la retraite

La plupart conservent leur énergie par des activités très variées. Consciemment ou non, ils ont organisé leur vie autour de quatre axes nécessaires à leur épanouissement :

- Être utile à leur famille sans se laisser envahir par les contraintes ;

- Être sans cesse en contact avec un cercle de personnes partageant les mêmes projets et les mêmes envies ;

- Être un consommateur averti et volontiers connecté ;

- Stimuler leur vie intellectuelle au quotidien (grâce de la culture, des activités en club ou le bénévolat auprès d’associations).

En filigrane de ces quatre piliers, il faut noter la volonté commune de ces séniors de continuer d’exister et de continuer à « être important et visible ». Car si eux ont le sentiment et l’envie de transmettre leur savoir-faire et leur savoir-être, ce sont leurs propres enfants qui leur renvoient le reflet de personnes âgées. Souvent inquiète à outrance, leur descendance aurait tendance à infantiliser ces séniors actifs qui souvent voyagent, sortent entre amis, font du shopping et pratiquent une activité sportive.

Au-delà du regard compatissant que peuvent porter sur eux leurs enfants, c’est parfois toute une société qui, selon les intéressés, les oublie dès le cap de la retraite passé :

« À la retraite, les gens n’existent plus, ils sont jetés à la poubelle » France, 70 ans, Lille, assistante de direction EDF à la retraite

La vieillesse, c’est pas pour les vivants

(41)

41 La canicule de 2003 a peut-être sensibilisé aux conditions d’existence des personnes âgées en France mais elle ne les a pas rendues plus visibles.

Ces séniors ont pour partie le sentiment de n’avoir d’intérêt que pour l’argent qu’ils reversent aux impôts. Ils ne sont pas habitués à consommer sans compter et portent sur cette société de consommation un regard inquiet et réprobateur. Ils considèrent le rapport que les générations suivantes entretiennent avec l’argent comme destructeur. Ils n’ont pas conscience de représenter par leurs actes d’achat une cible prisée. Généralement, lorsqu’ils consomment, c’est sous le conseil appuyé ou la pression d’un proche. Alors l’envie de se faire plaisir prend le dessus et ils s’offrent le voyage ou la voiture qu’ils n’ont jamais osé s’acheter en une vie de travail.

S’ils proposent leur expertise ou leur bonne volonté à des associations ou des collectivités, ils s’estiment souvent refoulés dans leur démarche et ont le sentiment d’être plus utiles à assurer le confort de leurs enfants et petits-enfants en répondant pécuniairement à leurs besoins.

La vieillesse, c’est un marché

« On se moque de la vieillesse.

On ne considère les séniors que s’ils consomment. »

Odette, 71 ans, Paris, commerçante à la retraite

« Je me sens invisible. J’aimerais être incluse dans la vie citoyenne mais je n’intéresse personne, même pas la mairie. »

Pénélope, 74 ans, Tourcoing, responsable administratif France Telecom à la retraite

(42)

42 Ils ont entre 70 et 75 ans, ils sont retraités du public ou du privé, en couples ou veufs ou célibataires, ils sont issus de classes sociales très diverses mais ils partagent tous la même énergie, le même envie de vivre et surtout, un profond attachement pour la liberté.

Liberté d’être, liberté de devenir, liberté de s’exprimer, liberté d’être actif… Tous adressent, tantôt avec aigreur, tantôt avec humour, le même désir impérieux :

« Laissez-moi vivre ! »

Et derrière ces échanges, un fil rouge, un besoin profond et réel de conserver sa liberté, l’expression d’être vivant et libre pour, comme le dit Françoise, « mourir vivant ».

« Nous avons le devoir, pour nos enfants et pour nous-mêmes de rester vivants jusqu’au bout, de mourir vivants. »

Françoise, 73 ans, Asnières-sur-Seine, cadre commercial à la retraite.

À 70 ans et plus, la vie reste encore à construire

« J’ai plein de rêves et de projets ! Si demain je n’en ai plus, je me jette par

la fenêtre ! »

Philippe, 70 ans, Paris, professeur d’économie et consultant pour les entreprises à la retraite.

Besoin d’être actif

Besoin d’imprévu

Besoin d’être utile

(43)

Les personnes rencontrées ont remarqué les changements en profondeur dans notre société tels que : - La fin des relations hiérarchiques entre générations ;

- L’individualisme croissant et le respect davantage porté aux jeunes qu’aux anciens (tous ont en tête un exemple dans les transports en commun d’avoir à demander une place plutôt que de se la voir céder spontanément) ;

- La solitude croissante au sein même des familles qui sont disséminées géographiquement ; - Le sentiment d’insécurité face à l’avenir comblé par un consumérisme inquiétant.

Ils expriment leur sentiment d’avoir vécu une belle époque et confient leur inquiétude pour les générations à venir. Générations qu’ils estiment courageuses mais trop autocentrées.

Vivre pour ralentir le vieillissement

« On a donné notre vie à nos enfants, on a le droit de continuer notre vie. Je suis amoureuse, on a plein de projets à deux, j’ai ma vie à faire ! »

France, 70 ans, Lille, assistante de direction EDF à la retraite

« On fait notre vie, on veut juste voyager et être tranquille, être cool »

Jacques, 73 ans, Tours, menuisier à la retraite

En réponse à ces changements d’envergure, les séniors montrent de belles capacités d’adaptation et revendiquent leur besoin de liberté. Ils refusent d’être aliénés par une contrainte de garde de leurs petits- enfants et considèrent leurs enfants davantage comme des amis sans qu’aucune des parties n’aient à justifier ses choix de vie.

Très curieux, ils se sont généralement approprié les nouvelles technologies et communiquent pas

« Skype » avec leurs petits-enfants, jouent sur leur tablette ou font des recherches sur le net. Génération connectée, ils sont très en prise avec notre époque et vivent très mal un sentiment de mise à l’écart

(44)

44

Les solutions pour mieux vivre la vieillesse

« La solidarité familiale, y a que ça qui compte mais sans être un poids »

Marcel et son épouse, 75 ans, Tours, cadre de la métallurgie à la retraite

« La troisième mi-temps, ça se prépare. Tout est prêt pour ma femme et moi pour la quatrième mi-temps, mais on n’aime pas beaucoup en parler. Mais s’il fallait quitter cette maison, on aurait de quoi payer une maison de retraite. »

Gérard, 70 ans, Lille, opticien à la retraite

L’enjeu : surtout ne pas représenter un poids pour ses enfants. Les séniors rencontrés ont préparé ce temps de vie de façon à ne pas imposer leur présence ou leur perte d’autonomie à leurs enfants.

Certains d’entre eux ont des termes très forts tels que « parasite » pour exprimer ce qu’ils pensent qu’ils seraient pour leurs enfants s’ils devaient emménager chez eux. Cette solution n’est pour eux pas envisageable. Ils portent même un regard acerbe sur les personnes de leur génération qui n’ont pas anticipé cette partie de vie et qui en viennent à représenter une charge pour leur famille. Ils considèrent que nous vivons dans une société qui offre suffisamment d’assistance.

La solidarité intergénérationnelle bilatérale reste à leur sens le meilleur moyen de vieillir sereinement.

Quand la perte d’autonomie intervient, c’est alors aux maisons spécialisées à prendre le relais. Ils sont par ailleurs très enclins à solliciter les nouveaux services tels que l’aide ménagère.

La majorité d’entre eux suggèrent l’idée de comité de séniors dans les entreprises pour briser le sentiment d’isolement au moment de la retraite et permettre aux anciens de transmettre leurs savoirs.

(45)

45

Regards sur les services proposés

« En France, il y a beaucoup de services d’assistance proposés.

Heureusement car l’hôpital n’est vraiment pas une solution pour les personnes âgées. »

France, 70 ans, Lille, assistante de direction EDF à la retraite

« Les maisons de retraite sont des mouroirs. Il faudrait prévoir des tout petits ensembles hospitaliers d’une dizaine de résidants avec une ou deux personnes en soutien en continu. »

Françoise, 73 ans, Asnières- sur-Seine, cadre commercial à la retraite.

Si les maisons de retraite génèrent aux yeux des personnes interrogées un sentiment d’inconfort et un rejet face à ce qu’elles auront tendance à qualifier de

« mouroirs », les nouveaux services d’aide à domicile proposés notamment par les mutuelles sont fortement appréciés.

Ils relèvent par ailleurs que les gens ne sont pas égaux devant la vieillesse car les Ehpad et les maisons de retraite de qualité sont bien trop onéreux.

Ces personnes considèrent que ce n’est pas nécessairement à l’État à prendre en charge leur vieillesse mais à chacun à s’organiser avec les moyens qui leur sont donnés.

Ils évoquent le soutien dans ces démarches des mutuelles qui mettent à leur disposition de nombreuses sources d’information.

Il est à noter que selon eux, les mutuelles devraient effectuer un travail d’information pour cette partie de vie bien en amont de la retraite car une fois souscrite, les séniors ne changent pas facilement de mutuelle.

Ils sollicitent l’information de ces organismes au sein des entreprises dans tous les domaines liés à la préparation de la retraite.

« Toutes les entreprises devraient

préparer leurs salariés 10 ans avant

la retraite. »

Philippe, 73 ans, Paris, chercheur à la retraite

(46)

Les récents sondages Viavoice, réalisés pour

HEC, CCI France, Libération, Le Monde, Le Figaro, Les Echos, France Inter et France Info sont consultables sur www.institut-viavoice.com

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