NOTRE-DAME
DE LA TRINITÉ
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E nombreux visiteurs de notre Basilique de Blois et les personnes ayant obtenu des grâces par la récitation de la Neuvaine ont maintes fois exprimé le désir de mieux connaître les origines de la signification du titre de Notre-Dame de la Trinité.
C'est pour satisfaire à ce désir que nous publions cette brochure, mise gracieuse ment à votre disposition.
Nous souhaitons vivement qu'elle vous intéresse et que vous nous aidiez, en la faisant connaître, à obtenir de Notre-Dame le renouveau chrétien demandé par le Concile Vatican II.
Notre-Dame de la Trinité
Son histoire
Sa place dans la piété mariale
Le titre de « Notre-Dame de la Trinité » sous lequel ORIGINES est consacrée notre Basilique, n’est pas absolument
nouveau. Une statue du XIV' siècle, en marbre de Paros, porte ce vocable dans une petite chapelle de Cluis- Dessous (Indre), autrefois desservie par les bénédictins, puis par les franciscains.
Mais s’il s’est répandu depuis 30 ans, c’est grâce à l’exten sion de la pratique des 3 Ave Maria dont il exprime parfai tement la signification profonde.
C’est donc l’histoire de cette dévotion qu’il convient de rappeler d'abord pour comprendre l’importance actuelle et la portée du titre de « Notre-Dame de la Trinité >:.
LES SIECLES PASSÉS
Le premier témoignage certain concernant la récitation des « 3 Ave Maria » nous est donné par le Concile de Clermont (1095) où fut décidée la première croisade sous l’impulsion du Pape Urbain II. A cette occasion, cette prière fut spécialement recommandée aux fidèles pour le succès de la croisade, et se répandit dès lors rapidement tant en France que dans toute la chrétienté.
A la même époque saint Bruno, fondateur des chartreu.tr (1030-1101), semble avoir introduit déjà cette récitation dans sa famille religieuse.
Il y a donc près d’un millénaire que cette dévotion est connue et encouragée dans l’Eglise.
Au XIII' siècle, sous l'influence des écrits de sainte Mechtil- de, la récitation des 3 Ave se trouve associée à la louange trinitaire et à la promesse spéciale d'une assistance de la Vierge à l’heure de notre mort. Dans son « Livre de la grâce spéciale » cette sainte nous rapporte en effet qu’ayant prié la Vierge de l’assister à l’heure de sa mort, Marie lui révéla que cette grâce lui serait accordée par la récitation
quotidienne de 3 Ave Maria : le premier pour exalter la Puissance du Père céleste manifestée en Elle ; le second pour célébrer la Sagesse du Fils de Dieu dont Elle fut illuminée;
le troisième pour glorifier la Miséricorde de VEsprit-Saint qui lui fut communiquée au plus haut degré.
Durant le même XIII' siècle, sous l’influence des francis cains et spécialement de saint Bonaventure, s’introduit l’usage de réciter, en fin de journée, 3 Ave Maria en l’honneur de l'Incarnation. De cette pratique naîtra bientôt l’Angélus dont la récitation se répandra rapidement dans toute l’Eglise.
Au cours des siècles suivants les 3 Ave Maria seront néan moins recommandés par de nombreux saints, indépendam ment de l’Angélus, selon la tradition du livre de sainte Mechtilde très répandu dans les monastères et le peuple
chrétien.
Citons seulement les témoignages les plus caractéristiques : Saint Grignion de Montfort les conseille à plusieurs repri ses comme louange trinitaire.
Saint Léonard de Port-Maurice, franciscain (1676-1715), prédicateur populaire remarquable et institué depuis patron des Missions paroissiales, ne cesse de les recommander afin dit-il « d’honorer l’immaculée Conception et remercier la Très Sainte Trinité de tous les dons faits à notre illustre Reine. Qu'on fasse ensuite un acte de contrition sur les péchés passés avec un ferme propos de ne plus pécher à l’avenir ».
Saint Alphonse de Liguori insiste à son tour pour que tous les confesseurs conseillent la dévotion aux 3 Ave Maria récités matin et soir, accompagnés de cette prière : « Marie, ma bonne Mère, préservez-moi du péché mortel », attribuant à cette pratique la plus grande efficacité « aussi bien pour les dévots que pour les pécheurs ».
Au cours du XIX' siècle les « 3 Ave Maria » sont spéciale ment recommandés par le Père Champagnat, fondateur des frères Maristes, le saint Curé d’Ars, saint Antoine-Marie Claret, récemment canonisé, saint Jean Bosco et le bienheu reux Joseph Cotlolengo.
LA NAISSANCE DE NOTRE ŒUVRE
Ce n’est donc pas une dévotion nouvelle qu’entreprit de faire connaître et de répandre largement, au début du XX' siècle, le P. Jean-Baptiste de Chémery, religieux capucin du couvent de Blois.
Désireux d’assurer aux missions paroissiales qu'il prêchait 2 les fruits spirituels les plus abondants, il avait remarqué
l'importance donnée par saint Léonard de Port-Maurice, dans ses prédications, à la dévotion des « 3 Ave Maria ». Sui vant son exemple, après avoir été le témoin des grâces de conversion et de persévérance dans la vie chrétienne qu’obtint sa récitation fervente et quotidienne, il se fit l’apôtre infati gable de cette pratique.
Ce fut d'abord par la diffusion d’un petit feuillet destiné à être largement distribué au cours des Missions : « Le Ciel assuré par la Pratique des Trois Ave Maria». En moins de 2 ans un million de ces feuillets furent répandus dans les milieux les plus divers. Traduit, les années suivantes, en de nombreuses langues ou dialectes sa diffusion à l’heure actuel le peut être évaluée à 18 millions d’exemplaires sous le titre modifié :« Le Ciel ouvert par la pratique des 3 Ave Maria ».
En 1901 un nouveau feuillet voit le jour : « La Neuvaine des 3 Ave Maria ». Dans cette prière la récitation des 3 Ave est associée à la louange trinitaire. Bien qu'elle soit rédigée en vue d’obtenir une grâce spéciale et particulière elle implo re la Vierge pour qu’avant tout nous soient accordées la conformité à la volonté divine et la persévérance dans une vie chrétienne exemplaire. Dénommée rapidement « neuvaine efficace » à cause des nombreuses grâces obtenues par sa récitation, cette prière continue de se répandre et de faire connaître une dévotion à Notre-Dame centrée sur sa vie trinitaire.
A ces deux feuillets s'ajoute bientôt, en 1902, la publica tion d'un journal mensuel : « Le Propagateur des 3 Ave Maria ». Après des débuts modestes, en pleine persécution antireligieuse, il compte 4 000 abonnés en 1904 et progresse jusqu’à 25 000 en 1915. En même temps qu’une doctrine mariale solide il donne à ses lecteurs le sens d’une vie chré tienne véritable, le zèle apostolique du fondateur ne cessant d’être orienté selon sa vocation de missionnaire paroissial.
L’APPROBATION DE L’ÉGLISE
Bien que la dévotion mariale des « 3 Ave Maria » puisse s’appuyer sur une tradition ancienne dans l’Eglise, le P. Jean-Baptiste, tout en travaillant à la répandre largement eut à cœur de la faire reconnaître et approu ver par le Saint-Siège.
Dès 1900 il recevait du Pape Léon XIII une lettre aposto lique accordant 200 jours d'indulgence à la récitation quoti dienne des « 3 Ave » accompagnée de l’invocation : « O ma Mère, préservez-moi aujourd’hui du péché mortel ».
En 1903 saint Pie X approuve à nouveau cette dévotion et accorde sa bénédiction apostolique à tous ceux qui obser-
vent cette pieuse pratique. A l’occasion du cinquantenaire du dogme de l’immaculée Conception, il enrichit sa récita tion de 300 jours d’indulgence lorsqu’elle s’accompagne de l'invocation de saint Alphonse : « Par votre Immaculée Conception, ô Marie, purifiez mon corps et sanctifiez mon âme ». Il approuve aussi la neuvaine et accorde à ceux qui la récitent sa bénédiction apostolique.
Le Pape Benoît XV renouvelle ce geste le 25 mars 1916 après avoir accepté le don d’une statue de Notre-Dame des 3 Ave Maria où Notre-Dame est représentée en même temps que les Trois Personnes divines.
L’année suivante (1917) est érigée à Blois par Monseigneur Mélisson la « Confrérie de l’immaculée Vierge Marie, dite Notre-Dame des 3 Ave Maria ». Un an plus tard cette confré rie compte 73 000 membres.
Enfin, le 31 juillet 1921, un bref pontifical du Pape Benoît XV, constatant l’extension mondiale de cette dévo tion, décide l’érection de « YArchiconfrérie Universelle des 3 Ave Maria » au Siège de la Confrérie de Blois.
L’orientation trinitaire de cette dévotion est expressément indiquée dans les statuts approuvés par le Pape. « Le but de l’Archiconfrérie », y lisons-nous « est : 1° de remercier les 3 Personnes divines des grands privilèges de Puissance, de Sagesse et de Miséricorde qu’elles ont accordés à Marie; 2°
d’obtenir par la Vierge Immaculée toutes grâces, particuliè rement de ne point pécher et de mourir dans l’amitié de Dieu ».
La prière conseillée à ses membres est une consécration à Marie invoquée comme : « Fille du Père éternel, Mère du f ils unique, Epouse chérie du divin Esprit ».
LE TITRE DE N.-D. DE LA TRINITÉ
De cette louange trinitaire exprimée par la dévotion des 3 Ave Maria est né le titre de « Notre-Dame de la Trinité ».
Mort prématurément en 1917, le P. Jean- Baptiste eut pour successeur à la Direction de l’Œuvre le P. Clovis de Provin, religieux capucin. C’est à ce dernier que nous devons l’étude du fondement théologique de la dévotion des « 3 Ave » telle qu’elle est définie dans les statuts de l’Archiconfrérie. Lui sont dus aussi le projet et la réalisation de la construction d’une Basilique destinée à devenir le centre du culte marial des « 3 Ave Maria ».
Reprenant une expression chère à sainte Gertrude, contem poraine et amie de sainte Mechtilde, il aime, dès le début
de sa charge, à saluer Marie comme le « Lys Immaculé de la Sainte Trinité ». « Marie, écrivait sainte Gertrude, a renfermé dans sa personne, avec plus de plénitude que toute créature, les perfections de l’auguste Trinité ». « La gloire de la Très Sainte Vierge, commente le P. Clovis, est intimement liée, dans le plan divin, à celle de Jésus-Christ et à celle de l’ado rable Trinité... La dévotion des 3 Ave Maria a pour but de reconnaître cette vérité capitale. Plus on la répand parmi les fidèles, plus on étend, par voie de conséquence, le culte du mystère chrétien de la Très Sainte Trinité en conduisant les âmes au Père, au Fils et au Saint-Esprit par Marie Immaculée ». (Les 3 Ave Maria et le culte de la Sainte Trinité, Blois 1924).
Aussi lorsqu’en 1927, pour marquer le 25' anniversaire de l'Œuvre, le P. Clovis édite un florilège des grâces obtenues par la récitation des 3 Ave Maria et de la neuvaine il intitule son volume « Les Merveilles du Lys Immaculé de la Sainte Trinité ».
Cinq ans plus tard (1932) il fait paraître un second volu me : « Notre-Dame de la Trinité dans la théologie, l'art et la mystique ». Le but de cet ouvrage, nettement précisé dans l'introduction, est de montrer :
1° que Marie est l’ostensoir vivant de la Sainte Trinité;
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A la même époque se précise le projet d'érection d’une Basilique et le titre qu'elle portera : « Notre-Dame de la Trinité ».
Cette appellation trouve son approbation définitive dans le motu proprio du Pape Pie XI en date du 28 avril 1934, bénissant le projet de construire un « Sanctuaire insigne...
à Blois pour honorer la Bienheureuse Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame de la Trinité et servir dignement de siège à l’Archiconfrérie des « Trois Ave Maria » depuis longtemps déjà répandue dans le monde entier». Ainsi se trouve consacré le titre marial dont Mgr de Fontenelle dira en 1956 : « Il n’y a pas de titre qui honore davantage notre Mère du ciel et qui résume mieux ses suréminentes préroga
tives ». J. ;; 5
On pourrait compléter l’ap-
prédation de Mgr Fonte- NOTRE-DAME DE LA TRINITÉ
nelle en ajoutant : «Un est pas de titre qui réponde
mieux aux orientations
actuelles de la piété mariale recommandée par l’Eglise. » Il suffit pour s’en convaincre de relire le texte conciliaire consacré à la Vierge Marie. Dès le prologue nous y lisons :
« La Vierge Marie... est reconnue et honorée comme la vraie Mère de Dieu et du Rédempteur. Rachetée d'une façon plus sublime en considération des mérites de son Fils, et unie à lui d‘un lieu étroit et indissoluble, elle reçoit la charge et la dignité d’être la mère du Fils de Dieu, et pour cela la fille de prédilection du Père et le sanctuaire de VEsprit-Saint. Par ce don d’une grâce éminente elle l'emporte de loin sur toutes les créatures célestes et terrestres... mais en même temps elle se trouve unie, dans la race d’Adam, avec tous les hommes à sauver... C’est pourquoi elle est saluée... comme un mem bre prééminent et tout à fait unique dans l’Eglise, comme son modèle et son exemplaire le plus rare, dans la foi et la charité y) (Constitution Lumen Gentium, n° 53).
« Tandis que l’Eglise atteint déjà en la Très heureuse Vierge la perfection où elle est sans tache et sans ride » lisons-nous plus loin, « les fidèles s’efforcent encore de croître dans la sainteté en triomphant du péché, et c’est pourquoi ils lèvent les yeux vers Marie, qui rayonne comme un modèle de vertu vers la communauté des élus. Pleine de respect, l’Eglise qui médite sur elle et la contemple dans la lumière du Verbe fait homme pénètre plus intimement dans le mystère suprême de l’Incarnation et se conforme toujours davantage à son Epoux. Marie, en effet, qui a pénétré au plus profond de l’histoire du salut rassemble en elle et rayonne, en quelque sorte, les plus hautes exigences de la foi. Lorsquelle est objet de prédication et de culte elle appelle les croyants à son Fils, au sacrifice de celui-ci, et à l’amour du Père » (n° 65).
On ne peut manquer d’être frappé par l'accord profond de la dévotion à Notre-Dame de la Trinité exprimée par les 3 Ave Maria avec la pensée conciliaire. Depuis ses origi nes elle est bien une louange et une contemplation de la Mère de Dieu « pleine de grâce », s’achevant dans une sup plication pour obtenir de vivre toujours, à son exemple, dans la grâce divine, hors du péché, en enfants de Dieu.
Ce n’est donc pas une dévotion locale et particulière, mais l’expression la plus achevée du culte que nous [SUITE PAGE 7]
ET LA PIÉTÉ MARIALE ACTUELLE
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« Vous connaissez Notre grand désir de voir s’accroître de plus en plus dans les âmes une foi vive, profonde et agissante au grand mystère du Dieu Père, Fils et Saint-Esprit faisant sa demeure en nos âmes.
« La dévotion à la Très Ste Vierge que les trois Personnes divines ont com blée des grâces les plus sublimes et qui a si bien correspondu à ces divines faveurs, est bien apte à orienter les âmes vers une solide dévotion trinitaire.
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« Nous bénissons de grand cœur... vos desseins et Nous demandons au ciel qu'ils se réalisent selon toute l'ampleur de votre zèle, pour la plus grande gloire de la Très Sainte Trinité et Taccomplissement de la dévotion a Notre-Dame, la Fille privilégiée du Père éternel, la Mère du Verbe incarné et l'Epouse de l'Esprit d'amour ! »
(Mgr Louis ROBIN. + 1963),
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