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Article

« Température minimale au niveau du sol »

Raymond-M. Gagnon

Cahiers de géographie du Québec, vol. 12, n° 25, 1968, p. 67-79.

Pour citer cet article, utiliser l'information suivante :

URI: http://id.erudit.org/iderudit/020787ar DOI: 10.7202/020787ar

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(2)

TEMPÉRATURE MINIMALE AU NIVEAU DU SOL

par

Raymond-M. GAGNON

Service de météorologie, ministère des Richesses naturelles, Québec

Cet article, basé sur les données des années 1965 et 1966, généralise la relation mathématique qui existe entre les températures au niveau de l'abri et celles au niveau du sol. II présente une étude complète de la corrélation entre les deux températures, pour dégager le sens statistique des écarts qui s'établissent entre le sol et l'abri.

I. INTRODUCTION

L'atmosphère, parce qu'elle est soumise à de nombreuses fluctuations, ne possède pas de propriétés calorifiques homogènes: sa température est en général différente d'un point à un autre, ce qui crée des différences de densité, donc des courants, même dans une atmosphère relativement calme. Ceux-ci rendent diffi- cile toute extrapolation de températures locales en partant de données connues.

II existe cependant des méthodes statistiques permettant d'établir, avec une relative exactitude, les valeurs de température qu'on désire connaître. Ces mé- thodes, malgré la simplicité de leur application, exigent tout de même des calculs laborieux. Elles nécessitent ordinairement des séries d'observations simultanées, d'abord à un point de référence, puis aux endroits à étudier. II est alors possible d'établir des courbes qui donnent, en fonction de la probabilité, la valeur de l'écart entre la température de référence et celle du site à étudier.

Nous présentons dans cet article l'application d'une méthode statistique qui permet de déterminer la température minimum au niveau du sol d'après la température minimum observée sous abri. Les phénomènes physiques qui régissent les écarts de température au sol et dans l'abri sont d'abord brièvement décrits.

Puis les relations statistiques existant entre les températures minima sous abri et au sol sont analysées, afin de dégager la signification exacte de la distribution statistique des écarts de température.

II. ORIGINE DES DONNEES

La température minimum sous abri nous est fournie par un thermomètre fixé à l'intérieur d'un abri météorologique placé à quatre pieds du sol, tandis que la température minimum de « gazon )) est lue sur un thermomètre placé, à ciel ouvert, sur un support métallique à deux pouces au-dessus d'un sol gazonné. Les

(3)

68 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

deux thermomètres sont de type à alcool et sont pourvus d'un curseur. Les lectures sont prises approximativement à 8 heures (heure normale) tous les matins et couvrent la période qui débute à 18 heures la veille; les valeurs présentées dans cette étude sont donc valides pour la nuit. Les données ont été recueillies dans 18 stations météorologiques (tableau 1) durant deux périodes, soit celles de mai à novembre des années 1965 et 1966 (2).

ni. L'INVERSION THERMIQUE VERTICALE

Nous croyons utile de rappeler la relation physique qui existe entre les températures minimales mesurées sous abri à quatre pieds du sol et les températures

minimales enregistrées à ciel ouvert à deux pouces d'une surface gazonnée. Comme nous l'avons indiqué, ces températures minimales s'appliquent à la période nocturne.

On sait que, de façon générale, l'atmosphère se refroidit durant la nuit et qu'alors, il se produit dans l'atmosphère des différences de température et, par conséquent, de densité. Plus l'air est froid, plus il est dense. II a donc tendance à descendre vers le sol et l'air chaud, plus léger, à s'élever. L'atmosphère se trouve donc étagée de telle sorte que l'air froid est près du sol, sous l'air chaud; ce phéno- mène est celui de l'inversion thermique nocturne, qui se produit normalement, à moins de circonstances spéciales.

L'inversion thermique nocturne est le résultat d'un phénomène radiatif se produisant dans les basses couches de l'atmosphère. En effet, le sol et cette dernière émettent, sous forme de longues ondes électromagnétiques, l'énergie qu'ils ont

Tableau 1 Position géographique des stations météorologiques

Altitude Stations Lati Itude Longitude (en pieds)

Amos 48° 34' 78° 08' 1,002

Caplan 48° 06' 65° 39' 120

La Pocatière 47° 2 1 ' 70° 02' 100

Laprairie 45° 25' 73° 29' 50

L'Assomption 45° 50' 73° 28' 69

Laval-des-Rapides 45° 33' 73° 42' 75

Lavaltrie 45° 56' 73° 19' 100

Lennoxville 45° 22' 71° 50' 498

Montréal (Jardin botanique) 45° 34' 73° 33' 130

New Richmond 48° 15' 65° 53' 25

Normandin 48° 51' 72° 32' 450

Oka (La Trappe) 45° 27' 74° 02' 300

Oskélanéo 48° 07' 7 5° 12' 1,362

Portage-des-Roches 48° 18' 71° 12' 540

Squateck 47° 53' 68° 44' 550

Tadoussac 48° 0 8 ' 69° 43' 150

Valcartier 46° 57' 71° 30' 605

Victoriaville 46° 04' 71° 57' 485

(4)

emmagasinée durant le jour. Cependant, le sol, parce qu'il est solide, rayonne beaucoup plus que l'atmosphère; il se refroidit donc davantage et plus rapidement.

II a tôt fait, après le coucher du soleil, de se débarrasser de son excédent de chaleur par rapport à l'atmosphère et peut même devenir plus froid. II se crée par rayonne- ment, un transport de chaleur de l'atmosphère vers le sol, auquel vient d'ailleurs s'ajouter une perte de chaleur par conduction.

L'intensité du rayonnement terrestre est fonction de la nature du sol. En général, plus la couleur du sol est foncée plus fort est le rayonnement terrestre.

D'autres facteurs, comme la teneur en eau, la porosité et la conductivité du sol, influent aussi sur l'intensité du rayonnement.

L'intensité de l'inversion thermique nocturne est sujette à des fluctuations causées par des facteurs purement météorologiques. Ainsi les nuages, en plus d'émettre eux-mêmes de l'énergie vers le sol, réfléchissent vers la terre les radiations reçues du sol. Plus les nuages sont bas, plus ils contribuent à maintenir élevée la température du sol. Le vent, de son côté, favorise le mélange de l'air et empêche la stagnation de l'air froid au niveau de sol. Quant à l'humidité qui retarde l'abaisse- ment de la température dans une masse d'air, elle met un frein à la formation des fortes inversions thermiques. Si la température de l'air baisse jusqu'au point de saturation, il y a formation de brume, dégagement de chaleur et arrêt de la baisse de température.

De même, l'inversion thermique pourra être plus intense si des facteurs géographiques entrent en ligne de compte. Ainsi, la proximité d'un lac ou de la mer, à cause de la vapeur d'eau qui s'en dégage, empêche les fortes baisses de température. De même, la présence d'un relief accidenté provoque l'écoulement de l'air froid le long des pentes jusque vers les points les plus bas (vent catabatique).

L'inversion thermique sera plus ou moins prononcée selon l'importance des facteurs que nous venons de décrire. En somme, l'inversion la plus intense nécessite une atmosphère sèche, un sol dépourvu d'humidité, un ciel clair, un temps calme, un albédo minimum, une station plutôt continentale que maritime et, finalement, un site au fond d'une vallée plutôt que sur un sommet.

IV. ANALYSE DES DONNEES

Températures au sol et températures sous abri

Corrélation. L'ordinateur électronique a rendu possible l'analyse complète des relevés simultanés de températures aux niveaux du sol et de l'abri. Les tests et les résultats statistiques qui en découlent paraissent dans le tableau 2.

Les colonnes les plus révélatrices du tableau sont, d'une part, celles qui donnent les coefficients de corrélation (ras) entre les températures au niveau du sol et au niveau de l'abri et, d'autre part, celles qui donnent les rapports entre les écarts-types de ces mêmes températures (0"s/0"a). L'examen statistique des 18 valeurs que comprennent chacune de ces deux colonnes est très révélateur.

En effet, en tenant compte du fait que l'erreur statistique liée à un coefficient de corrélation calculé avec 344 paires de valeurs est égale à 0.054 (1), on peut

(5)

Tableau 2 Sommaire des tests et calculs statistiques Stations n a s

Amos 342 43.0 4 0 . 9

Caplan 366 4 6 . 4 41.1

La Pocaticrc 366 4 6 . 6 4 0 . 8

Laprairie 354 51.1 4 7 . 8

L'Assomption 367 4 7 . 3 4 1 . 8

Laval-des-Rapides 364 50.4 41.2

Lavaltrie 310 48.9 4 1 . 8

Lennoxville 347 46.0 41.9

Montréal (Jardin botanique) 357 51.9 44.3

New Richmond 346 4 4 . 2 4 1 . 6

Normandin 367 4 1 . 7 37.1

Oka (La Trappe) 307 51.2 4 7 . 6

Oskélanéo 278 4 5 . 7 3 5 . 4

Portage-des-Roches 283 4 3 . 7 4 0 . 1

Squateck 367 4 3 . 1 38.9

Tadoussac 338 4 4 . 4 40.2

Valcartier 358 44.2 39.6

Victoriaville 367 4 7 . 8 44.1

Moyenne 344

(T

Indices

a : température sous abri;

s : température au niveau du sol;

e : écart de température entre l'abri et le sol;

m: valeur moyenne.

O

vs/va ras es/va <re lie 72e

0.98 1.02 1.00 - 2 . 1 0.01 1.9 - 0 . 7 2 0.78 0.95 1.07 1.02 - 5.3 0.09 3 . 3 - 0 . 5 7 0.10 0.95 1.13 1.07 - 5.8 0.21 3.5 - 0 . 0 2 - 1.11 0.97 1.02 0.99 - 3.3 - 0 . 0 4 2 . 5 - 2 . 0 9 12.31

0.97 1.08 1.05 - 5.3 0.19 2 . 9 0.14 - 0.77

0.97 1.06 1.03 - 4 . 2 0.06 2 . 9 - 0 . 7 2 3.36 0.97 1.12 1.09 - 7.1 0.29 3.1 - 0 . 1 5 0.27

0.99 1.07 1.06 - 4 . 1 0.31 2.1 0.42 1.06 n

0.94 1.12 1.05 - 7.6 0.12 4 . 3 - 0 . 2 5 - 0.19 S

0.98 1.04 1.02 - 2.6 0.12 2.0 - 2 . 0 1 6.82 m

0.96 1.04 1.00 - 4 . 5 0.02 3.1 - 1 . 4 6 5.18 £3 0.97 1.00 0 . 9 7 - 3.6 - 0 . 1 2 2 . 5 - 0 . 1 7 2.88 0.90 0.97 0.87 - 1 0 . 3 - 0 . 2 8 4 . 2 0 . 1 7 0.34 o 0.95 1.02 0.97 - 3.6 - 0 . 1 1 3.4 - 2 . 1 5 11.56 h-s

iOGR

0.97 1.06 1.03 - 4 . 1 0.12 2 . 6 - 0 . 7 1 1.96

iOGR

0.92 1.11 1.02 - 4 . 2 0.04 3.8 0.09 - 0.61 >

0.97 1.09 1 .06 - 4 . 6 0.18 2 . 7 - 0 . 7 3 2.20 S

0.98 1.03 1.01 - 3 . 7 0.04 2 . 2 - 0 . 0 2 - 0.33 S

0.961 1.058 1.017 0.069

0.022 0.044 0.048

Variables

n : nombre de jours d'observation;

r : coefficient de corrélation;

a : écart-type (en degrés F.); _ e : écart de température entre Pabn et le sol (en degrés F.) :

yi : coefficient d'asymétrie;

y 2 : coefficient d'applatissement;

a : température sous abri;

s : température au niveau du sol.

(6)

5 0 5 - 1 0 -15 - 2 0 - 2 5 - 3 0 ! 5 3 - ! 5 - 1 0 5 - 2 0 - 2 5 - 3 100

9 0

100

| 90-

8 0 60-

7 0

6 0

50 7 0

6 0

50 7 0

6 0

50

Imo yenne

50-

f moy enne

4 0

3 0

«

§ 2 0 o

1 n\

4 0 - 4 0

3 0

«

§ 2 0 o

1 n\

4 0

3 0

«

§ 2 0 o

1 n\

1 Dia gramr ne 1 * Amo > /Diagramme 2: Caplan

4 0

3 0

«

§ 2 0 o

1 n\

$ 0 5 / Ç -10 -1 5 - 2 3 - 2 5 - 3 0 0 5 / - ! - i ) - i > - 2 3 - 2 5 -3o|

g l U U

> 9 0

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1 8°

100 g l U U

> 9 0

•S

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7 0 7 0 -

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3CW

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f Dia gramn ne 4 Lapr ai rie

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20

90

50

20

Ecart de température entre I abri et le sot (en degrés Farenheit)

Figure 1

affirmer que les 18 valeurs de la colonne ras proviennent toutes d'une même popu- lation. Elles se groupent autour d'une valeur moyenne de 0.961 et les valeurs extrêmes que le coefficient prend à Oskélanéo (0.90) et LennoxviIIe (0.99) tombent bien en deçà des limites de probabilités de 9 5 % qui sont +1.96 fois l'erreur sta-

(7)

72 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

5 0 - 5 - 1 0 - 1 5 - 2 0 - 2 5 - 3 0 J 0 - 5 - i 0 - 1 5 - 2 0 - 2 5 - 3 100

9 0

100

9 0

8 0

7 0

8 0

7a

6 0 — 6 0

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5 0 5 0

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4 0 4 0

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a s ,0

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a s ,0

a s ,0

« 0 * mJ* -H > - i ) - 2 0 - 2 5 - 3 ) 0 5 ^^> - i D - 1 > - 2 ) - 2 5 - 3 0

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2 0

10

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7 0

Figure 2

Ecart de température entre l'abri et le sol (en degrés Farenheit)

tistique, soit 0.96 + 0.11. La valeur moyenne du coefficient de corrélation peut donc être supposée égale à 0.961 pour toutes les stations puisque les variations observées sont simplement des variations statistiques. L'erreur attachée à cette valeur moyenne calculée avec 18 valeurs individuelles est de 0.005.

(8)

73 De même, le rapport moyen des écarts-types (0"s/o"a) est constant aux 18 stations. En effet, l'erreur statistique liée à chaque coefficient est estimée, d'après celles des écarts-types, à +0.08. Toutes les valeurs du rapport (oV^a) sont tellement groupées autour de la moyenne de 1.058 qu'aucune n'excède les limites de probabilités de 9 5 % qui sont 1.06 + 0.15. L'erreur attachée au rapport moyen calculé d'après les 18 stations est de 0.01.

Les températures aux niveaux du sol et de l'abri sont donc fortement reliées, puisque l'étude statistique de 18 stations indépendantes met en évidence non seulement des fortes valeurs du coefficient de corrélation, mais indique en outre que les valeurs proviennent toutes d'une même population. Le coefficient moyen valide à toutes les stations est de 0.961 + 0.005. De plus, le rapport moyen des écarts-types est constant aux 18 stations, prouvant ainsi que les températures au niveau de l'abri et au niveau du sol se distribuent toutes de façon semblable autour des moyennes. La valeur moyenne du rapport des écarts-types est de 1.06 + 0.01.

Droite de régression. L'étude de ces deux facteurs permet alors d'établir les relations qui existent entre les températures au niveau du sol et celles au niveau de l'abri. Les statistiques nous apprennent que (1):

Àts = ras 0\s/°"a Ata

où Ata = l'écart de la température sous abri par rapport à la température moyenne sous abri;

Ats = Ia différence correspondante au niveau du sol.

ras, cs et cra sont définis au tableau 2. Le produit ras (0"s/°a) est donc im- portant. II permet d'établir la correspondance des écarts des températures sous abri avec ceux au niveau du sol. Nous avons donc étudié la distribution des produits

ras (o's/G'a) aux 18 stations. Nous avons trouvé une valeur moyenne du produit de 1.017 avec une erreur statistique de +0.013. Les 18 valeurs individuelles sont suffisamment groupées autour de la valeur moyenne pour qu'on puisse affirmer qu'elles proviennent toutes d'une même population. Elles accusent en effet, une variabilité de l'ordre de 4.7% et l'erreur statistique applicable à chaque valeur individuelle est estimée, d'après les erreurs sur ras, 0"a et <7S) à environ 13%.

Parce que la valeur de 1.017 du produit ras (o"s/ca) est voisine de l'unité, nous avons appliqué un test de Student pour vérifier si l'hypothèse d'une valeur unitaire était valable. Un tel test s'écrit (1):

m — m' t = - —

°7Vn

où m =Ia moyenne calculée;

m' = Ia moyenne présumée;

c / J n = l'erreur statistique de la moyenne.

Faisant m' = 1, m = 1.017 et er/yn =0.013, on obtient t = 1.31.

Pour 17 degrés de jeu, une valeur de t = 1.31 ne correspond pas à un niveau de probabilité suffisamment significatif. Dans un tel cas, on peut affirmer que la différence de 0.017 est uniquement due au hasard et qu'en somme, une relation directe et unitaire existe entre Ats et Ata.

(9)

74 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

Donc A ts= A ta; c'est l ' é q u a t i o n différentielle de régresssion e x i s t a n t e n t r e les t e m p é r a t u r e s a u x n i v e a u x d u sol e t de l'abri. C e t t e é q u a t i o n donne la valeur la plus probable de la t e m p é r a t u r e a u niveau d u sol à p a r t i r de la valeur de la t e m p é r a t u r e sous abri e t p e u t encore s'écrire:

"ts = t a + C m

où ts = Ia t e m p é r a t u r e a u niveau du sol que l'on v e u t c o n n a î t r e ; ta = Ia t e m p é r a t u r e au niveau de l ' a b r i ;

em= I ' é c a r t e n t r e les t e m p é r a t u r e s moyennes au niveau du sol e t sous a b r i ; c'est aussi l'écart moyen e n t r e les t e m p é r a t u r e s au niveau du sol et de l'abri.

Température sous abri et écarts de température

On p e u t alors se d e m a n d e r si l'écart de t e m p é r a t u r e e x i s t a n t dans l ' a t m o s - phère e n t r e les niveaux du sol et de l'abri est relié à la t e m p é r a t u r e observée sous l'abri. Les s t a t i s t i q u e s p e r m e t t e n t d'établir la formule s u i v a n t e :

ra s < rs/ ( 7a- l

ra e = .

*l - (<V<ra)2 — 2ras <7s/o-a

où les différents symboles utilisés sont décrits a u t a b l e a u 2.

Parce que le p r o d u i t ras ((Ts/cra) est unitaire, on p e u t affirmer t o u t de suite qu'il n'existe a u c u n e corrélation e n t r e les écarts de t e m p é r a t u r e e n t r e le sol et l'abri et la t e m p é r a t u r e sous abri.

Nous avons néanmoins étudié les valeurs individuelles du coefficient de corrélation e n t r e les écarts de t e m p é r a t u r e e x i s t a n t e n t r e le sol e t l'abri et les t e m p é r a t u r e s sous abri. Ces valeurs p a r a i s s e n t e n t a b l e a u 2 sous la colonne intitulée

ra e : à l'examen, elles i n d i q u e n t une forte v a r i a t i o n . Exiles s'échelonnent e n t r e —0.28 à Oskélanéo et 0.31 à Lennoxville. La m o y e n n e des 18 valeurs est c e p e n d a n t assez faible: elle est de 0.069.

Seule la connaissance de l'erreur s t a t i s t i q u e de rae p e u t nous renseigner sur la forte dispersion des 18 valeurs trouvées et p e u t nous confirmer que les valeurs individuelles p r o v i e n n e n t d'une même p o p u l a t i o n .

Le coefficient ra e é t a n t relié aux données de base de façon assez complexe, il est difficile de c o n n a î t r e l'erreur s t a t i s t i q u e possible pour ce coefficient. Nous avons donc imaginé de recourir à la relation donnée plus h a u t afin de voir c o m m e n t elle se c o m p o r t e d a n s le voisinage des valeurs moyennes.

Utilisant dans la relation les moyennes du t a b l e a u 2, on o b t i e n t ras = 0 . 0 5 7 , ce qui est assez près de la valeur t r o u v é e au moyen des valeurs individuelles.

Différenciant la relation et d o n n a n t p a r la suite aux variations les valeurs moyennes du t a b l e a u 2, nous o b t e n o n s :

d ra e = 4 . 3 1 d ra s + 0 . 3 1 ( d ( rs- 1 . 0 5 8 d<r&)

Or, e n m o y e n n e , <rs/0"a = 1.058; e n différenciant, on o b t i e n t : dcrs = 1.058 d ca

On a alors: d ra e = 4 . 3 1 d ra s

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5 0 -£ > - 1 0 - 1 5 - 2 0 - 2 5 - 3 0 £ 0 - 5 -10 -15 - 2 0 - 2 5 - 3 100

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80

Figure 3

Ecart de température entre l'abri et le sol (en degrés Farenheit)

Pour une variation de ±0.06 du coefficient ras, variation d'ailleurs égale à la variation statistique d'un ras individuel, on obtient: d rae = ±0.256

Cette conclusion est suffisante pour expliquer la forte dispersion des coeffi- cients rae. Elle permet d'affirmer que chaque rae fait partie d'une même population.

(11)

76 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

15 - 2 0 - 2 5 - 3 0 15 - 2 0 - 2 5 - 3 0

100

60

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Ecart de température entre l'abri et le sol (en degrés Farenheit)

Figure 4

Elle permet également de supposer la valeur du coefficient rae égale à zéro, puis- qu'une forte variation d'une valeur signifie automatiquement que l'erreur statistique reliée est forte.

(12)

TEMPÉRATURE MINIMALE AU NIVEAU DU SOL 77

5 0 -E -10 -15 - 2 0 - 2 5 - 3 0 5 0 -£ -10 -15 - 2 0 - 2 5 - 3

100 100

9 0 90

8 0 80

ite' cumule'e (en pourcentage) £ çn en N O O O O ite' cumule'e (en pourcentage) £ çn en N O O O O

ite' cumule'e (en pourcentage) £ çn en N O O O O Jmoye nne moyenne

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\ -1 -19 -15 - 2 0 -25 -30|

Figure 5

8 0

5 0

3 0

2 0

Ecart de température entre I abri et le sol (en degrés Farenheit)

L'écart atmosphérique de température entre le sol et l'abri n'est pas relié à la température de l'abri. C'est dire que la différence de température entre le sol et l'abri se superpose de façon purement aléatoire à la température de l'abri pour donner la température au sol.

Les écarts

Puisqu'un écart particulier est applicable à toutes les valeurs de température sous abri, on peut alors étudier uniquement la distribution statistique des écarts et se renseigner sur les niveaux probables d'un écart particulier.

Le tableau 2 donne l'écart moyen (em) de température entre les niveaux du sol et de l'abri, la valeur de I'écart-type (cre), le coefficient d'asymétrie (7ie) et le coefficient d'aplatissement (72e) liés à la distribution des écarts pour les 18 stations.

L'hypothèse d'un coefficient d'asymétrie nul donne, pour un niveau de probabilité de 95%, des variations possibles de ±0.27 et donne, pour le coefficient d'aplatissement, des limites possibles de - 0 . 4 6 et +0.62 (1). Comparant ces variations possibles aux valeurs tabulées, on s'aperçoit immédiatement que la distribution des écarts est, en moyenne, asymétrique du côté gauche et en moyenne fortement Ieptocurtique, c'est-à-dire que la distribution montre un groupement très marqué des valeurs autour du mode. Un ajustement normal est alors im- possible. II faut absolument tenir compte des valeurs de 7ie et de 72e-

(13)

78 C A H I E R S D E G E O G R A P H I E

II nous a été impossible de percevoir suffisamment de g r o u p e m e n t a u t o u r des valeurs moyennes dans les coefficients de 7 ie et de 7 2e pour nous en p e r m e t t r e l'utilisation. II a u r a i t fallu négliger des coefficients d o n t le niveau de signification est supérieur à 9 5 % . D a n s ce cas, le meilleur procédé est l'utilisation de la courbe qui s'ajuste le mieux a u x données.

La façon la plus simple d'obtenir de telles courbes est é v i d e m m e n t la méthode g r a p h i q u e qui, par son g r a n d nombre de données, donne des r é s u l t a t s aussi bons que ceux o b t e n u s par un a j u s t e m e n t s t a t i s t i q u e . Les courbes des 18 s t a t i o n s sont présentées dans les g r a p h i q u e s .

Ces g r a p h i q u e s p e r m e t t r o n t d'établir les niveaux de probabilité des diffé- r e n t s écarts de t e m p é r a t u r e e n t r e le sol et l ' a b r i . Ces graphiques ne sont c e p e n d a n t applicables q u ' a u x endroits pour lesquels ils ont été établis ou encore à des e n d r o i t s similaires au point de vue géomorphologique. Ils p e u v e n t être utiles à l'agronome qui désirerait établir une relation e n t r e les t e m p é r a t u r e s de l'abri et les t e m p é r a t u r e s au sol.

V. C O N C L U S I O N

La présente é t u d e d é m o n t r e qu'il existe une excellente corrélation e n t r e les t e m p é r a t u r e s au niveau de l'abri e t celles a u niveau du sol. Elle p r o u v e de plus que l'écart de t e m p é r a t u r e e n t r e le sol e t l'abri se superpose à la t e m p é r a t u r e sous abri de façon aléatoire.

Ces r é s u l t a t s p e r m e t t e n t d'affirmer q u ' u n n o m b r e r e s t r e i n t de relevés de t e m p é r a t u r e au niveau d u sol est suffisant p o u r e n arriver à une bonne connaissance de la d i s t r i b u t i o n s t a t i s t i q u e des é c a r t s . C e p e n d a n t , parce qu'il est bien difficile de relier e n t r e eux les différentes distributions, ces relevés doivent être faits e n diffé- rents e n d r o i t s e t ne sont valides que p o u r ces seules localités ou des localités au site semblable. L ' a g r o n o m e qui v o u d r a i t évaluer la probabilité d ' u n gel au sol à p a r t i r de la t e m p é r a t u r e sous abri p o u r r a a v a n t a g e u s e m e n t utiliser les r é s u l t a t s de la p r é - sente é t u d e .

Une é t u d e similaire p o u r r a i t être entreprise p o u r des niveaux a t m o s p h é r i q u e s différents de celui du sol. II est probable d'obtenir des r é s u l t a t s semblables qui p o u r r a i e n t servir à une meilleure connaissance des inversions t h e r m i q u e s n o c t u r n e s , p h é n o m è n e s i m p o r t a n t s dans l'étude de la pollution a t m o s p h é r i q u e .

R É S U M É

L'auteur étudie la relation entre les températures minimales relevées sous abri et près du sol, en 1965 et 1966, dans 18 stations du Québec, de mai à novembre.

Comme il existe une excellente corrélation (0.96) entre les deux séries de tem- pératures mesurées dans un site donné, il suffit de relever un nombre restreint de tem- pératures au sol pour avoir des renseignements statistiques valides ; cependant il faut prendre garde a la forte variation des écarts moyens d'un site à l'autre, ainsi

que le montre un tableau détaillé des 18 stations employées.

(14)

SUMMARY

The author studies the relationship between the minimum températures recorded in a standard meteorological shelter and the corresponding minimum température near the ground surface jor 18 stations in Québec jrom May to November, 1965 and 1966.

Since there is an excellent corrélation (0.96) between the two séries oj températures jor a given site, only a limited number oj measurements need be taken near the surjace, in order to obtain injormation which is statistically significant ; however, care must be taken, since the mean déviations vary greatly jrom site to site, as is shown by the table oj detailed results jor the 18 stations studied.

RÉFÉRENCES

1. BROOK, C. E. B., et CARRUTHERS, Handbook of Statistical Metbods in Meteorology. Air Ministry, Meteorological Office, H . M . Stationery Office, Londres, 1953, 412 pages.

2. SERVICE DE MÉTÉOROLOGIE, Bulletin météorologique, Supplément 1966. Service de météorologie, ministère des Richesses naturelles, Québec, 1966, 57 pages.

3. VILLENEUVE, G.-Oscar, Écarts entre la température minimum dans l'herbe et la température mini- mum sous abri. Bull. M P - 5 . Service de météorologie, ministère des Richesses naturelles, Québec, 1966, 29 pages.

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