R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
J EAN -D ANIEL R OLLE
Ordonner les modèles en régression linéaire à l’aide de la géométrie
Revue de statistique appliquée, tome 48, n
o2 (2000), p. 35-53
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_2000__48_2_35_0>
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ORDONNER LES MODÈLES EN RÉGRESSION LINÉAIRE À L’AIDE DE LA GÉOMÉTRIE
Jean-Daniel Rolle
HEC-Management
Studies,Université de Genève et Haute Ecole de Gestion,
Fribourg Statistique Appliquée,
RÉSUMÉ
Nous proposons une méthode
géométrique
de sélection de variables enrégression
linéaire basée sur la notion d’inertie. A
chaque
modèle est associé uncouple (N x’ NZ)
denuages de données. Le nuage
NX (resp. NZ)
est formé àpartir
de l’observation desprédicteurs (resp.
de toutes les variables :prédicteurs
etréponse)
sur les individus. Un bon modèle seracelui pour
lequel
(i) la distance (inertie) deNz
à unhyperplan
estpetite (auquel
cas nousdirons que le modèle est cohérent) et (ii) la distance de
NX
à unhyperplan
estgrande (auquel
cas nous dirons que le modèle est stable). Un critère se propose d’allier (i) et (ii), afin de permettre un classement des modèles du meilleur au moindre en termes de conformité à ces
deux aspects. Des
exemples
réels ainsi que des simulations montrent que la méthode est bienplus performante qu’une
méthode aussi connue et utilisée que leCp
de Mallows.Mots-clés :
Régression
linéaire, sélection de variables, inertie de nuages par rapport à unhyperplan.
ABSTRACT
We propose a
geometrical
method of variable selection inregression analysis.
Themethod is based on inertia. A
couple (Arx, N z)
of data clouds is associated with each model.The
cloud NX (resp.NZ)
is built from the observationof predictors (resp.
of all the variables :predictors
andresponse)
on individuals. Agood
model will be one for which (i) the distance (inertia) fromNez
to ahyperplane
is small (in which case we say that the model is coherent)and (ii) the distance from
N x
to ahyperplane
islarge
(in which case we say that the model is stable). A criterion intends to mix (i) and (ii) toeasily
compare and order the models. Simulation andimplementation
on various real data sets show that the method tends tooutperform
theMallows’
Cp
criterion.Keywords :
Linearregression,
variable selection, inertiaof
data clouds with respect to ahyperplane.
1. Introduction et motivation
Les critères donnés
plus
bas seplacent
dans unelogique
de théorie del’approximation
et aucunehypothèse
distributionnelle n’est nécessaire à leur niveau.Les notions de
variance, covariance,
ou decorrélation,
utilisées dans cet article sont celles de l’échantillon. Leproblème
de la sélection de variables enrégression
linéaire revient pour
l’analyste
àdécouvrir, parmi
un ensemble de variables poten- tiellementexplicatives
d’une variableappelée «réponse»,
un sous-ensembleadéquat.
Au lieu de variable
explicative,
nous nouspermettrons
d’utiliserplutôt l’anglicisme
«prédicteur».
Outre le faitqu’il n’y
a pasobjectivement
de «meilleur» modèle(par
modèle nous entendons une
réponse
et un sous-ensemble desprédicteurs potentiels),
la
complexité
duproblème
tient à un conflitd’objectif
entre l’accroissement de lacapacité prédictive
ou informative d’un modèle parl’adjonction
deprédicteurs supplémentaires
et l’observationqu’un
tel accroissementaugmente
l’incertitude de laprévision.
Dans laterminologie
utiliséeci-après,
cela revient au conflit entre la cohérence d’un modèle(qui
croîtgénéralement
avecl’adjonction
de nouveauxprédicteurs)
et sa stabilité(qui
décroît avecelle).
Il existe un nombre considérable detechniques
de sélection devariables,
notamment référencées dansMontgommery
et Peck
(1992);
citons à titred’exemple
une méthode très utilisée enpratique -
leCp
de Mallows - et sa versionrobuste,
leRCp
de Ronchetti et Staudte(1994).
La méthode du
Cp
repose sur la minimisation de l’erreurquadratique
moyenne desréponses
calculées(les Yi
de lalittérature).
Les critèresprésentés
ici s’inscrivent dansl’optique
del’investigation
de tous les modèlespossibles
et se basent sur des carac-téristiques
propres au nuage des données. Une étude de simulationprésentée
dans lasection 4 démontrera la nette
supériorité
d’un des critères sur leCp
et la méthodedu
R2 ajusté.
Dans son articleportant
sur la recherche de modèles derégression
par
l’analyse
encomposantes principales (ACP),
Hawkins(1973) relève,
dans uneapproche géométrique
de la sélection devariables,
l’utilité des composantesprinci- pales
et introduitimplicitement
la notion d’inertie. L’idée de la méthodeprésentée
ici repose de manière fondamentale sur la
proximité
à laconjonction
des nuagesNX etA/z
définisci-après.
Parconjonction
d’un nuage, nous entendons ladisposition
deses
points
sur unhyperplan (voir
la définition 1ci-dessous).
Pourpréciser
cetteidée,
considérons une matrice U d’observations de k variables sur n individus.Désignons
par
Uc
la matrice recueillant les observations des variables centrées sur les individus.Soit
L’i
la i-èmeligne
deU,
soitN
={Li
ERk;
i =1,..., n}
le nuage despoints Li ,
etsoit g
son centre degravité.
Définition 1 On dira que
N
est enconjonction
dansR k si r(Uc) = k - 1, r(Uc) désignant
le rang deUc.
N
est donc enconjonction
dansRk lorsque
les vecteursLi,..., Ln (n k) génèrent
unhyperplan
affineoù
M(U’c) désigne l’espace-colonnes
de la matriceU’c.
Celasignifie
que lespoints
deN
sontdisposés
sur H. Si la notion deconjonction
pour un nuageN
est biendéfinie,
il n’en va pas de même pour les notions deconjonction approximative,
ou encoreMODÈLES RÉGRESSION LINÉAIRE
d’éloignement
parrapport
à laconjonction.
Pour illustrer cepoint
de vue, supposons que le sous-espace affine de dimension minimale contenantN
soit]Rk
lui-même(et
donc que
r(Uc)
=k);
dans cecas, N
n’est pas enconjonction (les points de N
ne sontpas
disposés
sur unhyperplan).
Si lespoints
deN
se trouventapproximativement
sur un
hyperplan h,
unléger déplacement
de tout oupartie
de cespoints
suffira àles mettre en
conjonction
sur h. Il en ira tout autrement si lespoints
deN
sontfortement
dispersés
autour de h. La définition de h n’est évidemment pasunique.
On
pourrait
parexemple
s’aider de la méthode des moindres carrés enrégressant
une des variables sur les autres, ce
qui
reviendrait à effectuer undéplacement
despoints
deN parallèlement
à l’axe de la variablejouant
le rôle de laréponse.
Onpourrait
aussi utiliser lestechniques
de l’ACP sur les données centrées pour trouverun autre
hyperplan.
Un autrehyperplan
encore serait fournigrâce
à l’ACP sur lesdonnées centrées et réduites. D’autres méthodes fourniraient d’autres
hyperplans.
On
s’aperçoit
donc que leconcept
deproximité (ou d’éloignement)
d’un nuage à laconjonction
nepeut
être défini de manièreunivoque.
Des caractérisations utiles de la notion deconjonction
seront données dans la section 3.Désignons
parjVz
un nuage depoints zi
=(x’i, yi)’,
i =1, ... ,
n, où lesx’
sont des
vecteurs-ligne
d’ordrep d’observations
sur desprédicteurs,
et les y2 desobservations sur une
réponse. Soit N x
le nuage despoints prédicteurs
xi .Appellons
V le sous-espace vectoriel de
RP+ 1
de dimension pgénéré
par les vecteurs el, ... , ep de la base standard de]Rp+1 (ei
est laième
colonne de la matrice identité d’ordre p +1),
etdésignons
parX
le nuage despoints (xi, 0)’.
OrX
n’est autre que laprojection orthogonale
deNz
sur V. Nous dirons queNz (ou
le modèleassocié)
est instable siNx
estproche
de laconjonction
dans V ou, de manièreéquivalente,
siNx
estproche
de laconjonction
dans RP. Dans le tableau1,
nousenvisageons
demanière informelle trois
types
de situations.TABLEAU 1
Les trois types de modèles intervenant en sélection de variables
Les bons modèles se trouvent dans la
catégorie
1. Les modèles des autrescatégories
sont à exclure :imaginons qu’on ajuste
àAfz
unhyperplan
des moindrescarrés. Dans le cas
2,
la somme des carrés résiduelle sera(relativement) importante
etl’ajustement
mauvais. Les modèles de lacatégorie
3présenteront
de la multicolinéarité(nous
reviendrons sur cepoint important
dans la section3)
et sont dès lorségalement
à
proscrire.
Le critère défini ne devra retenir que les modèles de lacatégorie 1,
à savoir ceuxcorrespondant
à unNz «proche»
de laconjonction
etqui
ne soient pas instables. Première difficulté : comment mesurer ledegré d’éloignement
d’un nuage à laconjonction?
Notre solution est bien naturelle : onajuste
au mieux unhyperplan
aunuage en minimisant
l’inertie, laquelle dépend
d’une norme et d’uneprojection (voir
ci-
dessous).
Onprend
ensuite l’inertie relative(Qz)
du nuageNz
par rapport à cethyperplan optimal
comme mesure de laproximité
du nuage à laconjonction.
On faitde même pour
NX
et onprend
l’inertie relative(Qx)
comme mesure de l’instabilité de.A/z.
La deuxième difficulté est de combinerjudicieusement Qx
etQz
de manièreà obtenir un critère
performant.
2. Un critère bâti sur l’inertie
La méthode est basée sur une
propriété
de distance à laconjonction qu’il
estcommode de
quantifier
à l’aide la notion d’inertie d’un nuage depoints
parrapport
àun
hyperplan optimal,
c’est-à-direpassant
au mieux(dans
un sens àdéfinir) auprès
du nuage. Sans restreindre la
généralité,
nous supposons dans cette section que les variables ont été centrées(le
centre degravité
deNZ
est doncl’origine).
Nous allonsutiliser ici deux
types
de normes : pour un vecteur w =(w1,..., Wk)’
deRk,
nousdéfinissons la norme de la dernière coordonnée
comme w 11 ~ = |wk| (qui
est à vraidire une
semi-norme).
L’autre normeest w
=(w’T’Tw)1/2, où
T est la matricenon
singulière
d’ordre k d’une transformation linéaire deRk.
C’est la norme héritée duproduit
scalaire v, w >= v’T’Tw utilisé lors de la mise en oeuvre del’ACP, lorsque
le vecteur des variables est transformé par une matrice T. Si C est la matrice de covariance des variablesoriginales,
celle des variables transformées sera TCT’.Lorsque
les variables sontréduites,
T est la matricediagonale
d’ordre k dont les élémentsdiagonaux
sont les inverses desécarts-types
des variables. Dans ce cas,TCT’ est la matrice de corrélation des variables. Nous verrons ci-dessous que le choix définitif de la norme se fera en fonction de la
performance
du critère dans l’étude de simulation.Par espace de
travail,
nous entendons untriplet (Rp+1, ~ · ~, Pv),
autrementdit
RP+ 1
doté d’une norme et d’uneprojection Pv
surM(v),
oùM(v)
estl’espace-
colonnes d’une matrice v de dimension
(p+ 1)
x p et de rang p. Dans les troispremières
colonnes du tableau
2,
nous définissons deuxtypes d’espaces
detravail;
le vecteurz dont il est
question
dans la deuxième colonne est défini par z =(x’, y)’
eRp+1,
avec x E
Rp, Ip
est la matrice identité d’ordre p et ep+1 est la dernière colonne de la matrice identité d’ordrep +
1. La notation[A|B]
est utilisée pour une matrice formée par les blocs horizontaux A et B.Soit un espace de travail
(Rp+1M, ~ · ~, Pv)
et soitl’hyperplan A (v).
L’inertiel
deNez
parrapport
àl’origine
et parrapport
à 0394 est définierespectivement
par
1 Généralement l’inertie est définie dans le contexte moins général d’une norme héritée d’un produit scalaire, ce qui n’est pas nécessairement le cas ici.
TABLEAU 2
Récapitulation
de normes etprojections
utilisées pour le critèreet
Dans les espaces de travail 1 et
2,
leshyperplans optimaux
sont donnés par A* -M(v*),
où la matriceoptimale
v* est à lire dans laquatrième
colonne dutableau
2;
est le vecteur des coefficients estimés de larégression
sur les données centrées. Les vecteursv*1,..., v*p
sont des vecteurs propres orthonormaux associésaux p
plus grandes
valeurs propresAi
> ... >Àp
deTCZT’,
où T est une matricenon
singulière
de transformation d’ordre p + 1 etCz
la matrice de covariance des variablesXl,..., Xp,
Y.Pour les espaces de travail de
type
1 et2,
lanorme et
laprojection
sonttelles
qu’on
a lapropriété
dedécomposition
de l’inertieoù
Nz
est le nuageNZ projeté (par Pv*)
sur A*. L’inertie totale est ainsidécomposée
en l’inertie
expliquée
parl’hyperplan A* (premier
terme dedroite) plus
l’inertierésiduelle de
Nz
autour de A*. On mesure laqualité globale
del’hyperplan A*
par lapart
d’inertieexpliquée
La
qualité globale Qz correspondant
aux ensembles de travail detype
1 et 2figure
dans la dernière colonne du tableau 2. Elle est obtenue à
partir
de l’ensemble des variables 2 -{X1,..., X p, Y},
et est l’outil que nous allons utiliser pour mesurer ledegré
deconjonction
deNz.
Nous pouvons faire de même et calculer unequalité globale Qx
obtenue àpartir
de l’ensemble X ={Xi,..., Xp}
des seulsprédicteurs.
Ainsi, Qx
sera une mesure dudegré
deconjonction
deNx
et donc une mesure dudegré
d’instabilitédeNz.
Le critère donnéplus
bas dansl’équation (6) dépend
deQx
et de
Qz, qui peuvent
être définis demultiples
manières en fonction de la norme et de laprojection
choisies. Même si leprincipe
commun est ledegré
d’inertierelative,
tous les choix ne sont pas heureux pour la sélection de variables. De nombreuses
possibilités
ont été testées etrejetées
sur la base d’une étude de simulation(décrite
dansla section
4).
Nous avons toutefois trouvé unefaçon
très satisfaisante de définirQx
et
Qz (il s’agit
du critèref 2
définiplus loin,
etqui
se révèle bienplus performant
que leCp). Cependant,
il estpossible
que le choix d’autres normes et d’autresprojections
amène à des résultats encore
supérieurs.
Nousdésignerons
parun modèle de
régression
avec constante, où Y est laréponse
etXl, ... , Xp
sont desprédicteurs
choisis dans l’ensemble desprédicteurs potentiels.
SoitQz (resp. QX)
laqualité globale (4)
pour Z(resp. X),
deux ensembles définis ci-dessus. Nous dirons que le modèle S de(5)
est d’autantplus
cohérent(resp. instable)
queQz (resp. Qx)
est
proche
de 1. Des caractérisations de l’instabilité et de la cohérenceparfaite
sontl’objet
despropositions
2 et3,
de la section 3.La
stratégie développée
dans cet article s’attache à classer les modèles du meilleur au moindre en fonction des deuxpropriétés
de cohérence et destabilité,
en combinant de manièreadéquate Qx
etQz.
Enrapport
avec la motivationgéométrique
résumée dans le tableau 1 de la section
précédente,
nous définissons un critèreprenant
des valeurs faibles sur les modèles de lacatégorie
1 et des valeurs fortes sur ceux des autrescatégories :
soit S un modèle derégression,
soit a E[0, 1]
un nombre réel et, pourQx E [0 , 1[,
soit la fonction(convexe
et noncroissante)
de QLa fonction
f
seraappelée
par lasuite fonction de
choix. Un modèleSI
est dit meilleur queS2
au niveau ce siLorsque Qz - 1,
cette fonction estidentiquement
zéro.Lorsque Qz 1,
elle eststrictement décroissante sur l’intervalle
[0,1].
Le
graphe
de la fonction(6)
estreprésenté
dans lafigure
1.À
un S instablecorrespondra
une forte valeur de1/(1 - Qx) (un
nombretoujours plus grand
que1).
À
un S cohérentcorrespondra
unQz proche
de 1. La stabilité n’est pas une fin ensoi;
cequ’on recherche,
c’est un modèle aussi cohérent quepossible, apte
à satisfaire à un besoind’interprétation
et deprévision,
maisayant
une stabilité suffisante. C’estpourquoi
nous avons fait le choix d’une fonction(6)
convexe sur[0, 1],
pourlaquelle
nous nous intéressons
plutôt
aux valeurs sur la droite dugraphique,
disons dans l’intervalle[0.5,1].
Ceprocédé
nouspermet
de valoriserQz
au détriment deQx,
autrement dit de donner
plus
depoids
à la cohérencequ’à
la stabilité. Nous verronsdans les
applications
de la section 4 que ces choixpragmatiques,
soucieux de la commodité de l’outilgraphique, apparaissent judicieux.
Nous sommes maintenantà même de voir comment le critère
(6)
conduit à l’élimination des modèles descatégories
2 et 3 du tableau 1. Si le modèle est dans lacatégorie 2, Qz
serapetit
et
f(03B1; S)
aura de fortes valeurs sur la droite dugraphique.
Si le modèle est dansla
catégorie 3, Qx
seragrand
etf(03B1;S)
aura de fortes valeurs sur lagauche
dugraphique.
Aucontraire,
si le modèle est dans lacatégorie 1, /(o;; S)
aura de faiblesvaleurs aussi bien à
gauche qu’à
droite dugraphique.
Notonsqu’un
modèleSi peut
être meilleur(au
sens de(6)) qu’un
modèle alternatifS2
pour une valeur donnée dea et lui être inférieur pour une autre valeur. Le choix d’une valeur
plus
ou moinsélevée pour a
dépend
del’usage qu’on
veut faire de notreanalyse
derégression (contrôle, prévision, etc.).
Nousreparlerons
du choix de 03B1 dans la section 4. Notonssimplement qu’un
a élevé(disons
a =0.9)
donne unpoids important
à la cohérence du modèle associé à un nuageNz,
alorsqu’un
a faible(disons
a =0.5)
donne unpoids important
à la stabilité. L’observation de la fonction de choix sur lafigure
1permet d’apprécier
lecomportement
de S vis-à-vis d’autres modèles tant dupoint
devue de la cohérence
(sur
la droite dugraphique)
que de celui de la stabilité(sur
lagauche).
Cette visualisation simultanée est un réelavantage pratique.
FIGURE 1
Graphe
dela fonction
de choix d’un modèle.La fonction
varie entre 1 -Qz (minimum)
et1/(1 - Qx) (maximum).
Ces deux bornes sont
indépendantes
de a.En cas d’instabilité du
modèle, 1/(1 - Qx)
seragrand.
Au cas où le modèle est
cohérent,
1 -Qz
serapetit.
Si on utilise un espace de travail de
type
2(voir
tableau2)
avec la matriceidentité comme matrice de
transformation, (6)
devientoù
Cz (resp. CX)
est la matrice de covariance des variables de Z(resp. X),
etoù
Amin(’) désigne
laplus petite
valeur propre. Définiainsi,
le critère n’est pas invariant pour unchangement
d’échelle dans la mesure des variables. A cetégard,
soit U une matrice n x k d’observations de k variables
U1, ... , Uk
sur n individuset soit C la matrice de covariance de ces variables. Soit
si sk
les variances de ces variables. Dupoint
de vue desapplications
de l’ACP à des donnéesréelles,
lesinégalités
suivantes(Magnus
and Neudecker1988,
th. 14 p.211)
revêtent uneimportance particulière :
et
On a donc
En
conséquence, q peut
être rendu arbitrairementpetit
en fonction du choix de l’unitédans
laquelle
on mesure les variables(qui
est celle del’écart-type
desvariables).
Cette situation est
fréquente lorsque
les données sont issues des sciencessociales,
où les unités de mesure sont souvent arbitraires(Flury, 1988).
Le critère(7) peut
donner ici ou là des résultats satisfaisantslorsque
les variances des variables sont du même ordre degrandeur,
mais il souffregrandement
de son absence d’invariance. L’idée deremplacer
dans(7)
les matrices de covariance par les matrices decorrélation,
pour naturelle
qu’elle soit,
s’est révélée très décevante dans de nombreux cas defigure
lors de simulations destinées à trouver un vrai modèle dans l’ensemble des modèlespossibles :
la méthode s’est souvent montrée très inférieure à celle duCp.
C’est notamment le cas dans
l’étude
de simulation résumée dans le tableau 3 de la section4,
où nous avons notéfi
le critère(7)
basé sur les matrices de corrélation. Ils’agissait
dès lors de trouver un autre critère invariant à deschangements
d’échelle lors de la mesure des variables etcapable
de battre leCp.
Sa formulation est la suivante :où
03BBmin(RX)
est laplus petite
valeur propre de la matrice de corrélation desprédicteurs.
Le critèref 2
esthybride,
en cequ’il
combine un espace de travail detype
1 pourQz
et detype
2 avec la matrice de réduction T =diag (s-11,..., s-1p)
pour
Qx.
L’idée de définir un critère àpartir
de l’inertie est correcte, comme lemontrent les résultats étonnamment bons de l’étude de simulation. Mais il convenait de choisir une bonne norme et une bonne
projection
dans la définition deQz
et deQx.
D’autrespossibilités
pour la mesure de l’inertie ont étéexplorées,
sans succèspour
l’instant,
mais sontl’objet
de nouvelles recherches. Nous verrons dans l’étude de simulation quef 2
de(9)
surclasse aussi bienfi ou f,
de(7), qui
sont dès lors àoublier,
que les méthodes duCp
et duR2 ajusté.
3. Caractérisation de l’instabilité et de la cohérence
Cette section donne des
précisions
d’ordretechnique;
ellepeut
êtreesquivée
par le lecteur s’intéressant aux seules
applications
du critère. Soit U une matricen x k d’observations de k variables sur n individus et
Uc
la matrice recueillant les observations des variables centrées. La matriceUc
est fonction de U de la manière suivante :Uc
=Ml U,
oùMl
=I - 11’/n (1 désignant
le vecteur de uns d’ordren).
La matrice de covariance de ces variables est C =
U’cUc/(n-1).
Nous supposons que le rang deUc (et
donc celui deC)
est d’au moins n -1. Il est utile derappeler quelques
résultats
classiques
et d’en établirquelques
autres.Notamment,
noussoulignons
clairement le lien entre la
dépendance
linéaire des colonnes d’une matrice B =[1 |U]
et la
conjonction (c’est-à-dire
ladisposition
sur unhyperplan)
despoints
associésaux
lignes
de U. SoitLi
laième ligne
deU,
et soitN
le nuage despoints Li,
etg son centre de
gravité.
Nous voulonspréciser
en termes dedépendance
linéaire etde
conjonction
les notions de cohérence et de stabilité définies dans la section 2.N
est enconjonction lorsque
les vecteursLi,..., Ln génèrent
unhyperplan
affine -H =
M(U’c)
+ g.Géométriquement,
celasignifie
que lespoints
deN
sontdisposés
sur H. Si nous désirons obtenir la
représentation
cartésienne deH,
nous pouvonsprocéder
ainsi :soit Ai
> ...> 03BBk-1
>03BBmin(C)
les valeurs propres de C. CommeN
est enconjonction
dansR k Amm(C) =
0(cf proposition
1ci-dessous).
Soit cun vecteur propre associé à la valeur propre nulle. Alors
l’équation
del’hyperplan
affine
passant
auplus près
deN
au sens de l’ACP sur la matrice de covariance est donnée parMais comme
JV
est enconjonction
surl’hyperplan H,
on a forcément que = H.La
proposition
suivante se révèle très utile.Proposition
1 Soit T une matrice nonsingulière
d’ordrek,
soit C et U comme ci-dessus,
avecr(C)
k -1,
et considérons la matrice B =[1| U].
Lesaffirmations
suivantes sont
équivalentes :
1.
03BBmin(C) = 0
2.
03BBmin(TCT’) = 0
3. les colonnes de B sont linéairement
dépendantes 4. N
est enconjonction dans R k
5. le nuage
NT
associé auxlignes
de la matriceUT - UcT’
des donnéestransformées
par T est enconjonction
dansR k
Soit
NZ
le nuage définiplus
haut et soit X(resp. Z)
la matrice des observations desprédicteurs (resp.
de l’ensemble desvariables)
sur les individus. SoitRx (resp.
Rz)
les matrices de corrélationcorrespondantes
et soitQx (resp. Qz)
lesqualités globales d’hyperplans optimaux
dans le cadred’espaces
de travail detype
1 et 2.Définition 2
Désignons
par ep+1 =(0··· 01)’
le vecteur standard deRP+l engendrant
l’axe de laréponse
et h le vecteur normal àl’hyperplan
passant par le centre degravité
deJVZ
etorthogonal
au dernieraxe factoriel
dans l’ACP deJVZ
sur matrice de covariance. Nous dirons que
Vz
est vertical sih’ep+1
= 0.Nous donnons maintenant un ensemble de
propriétés
caractérisant l’instabilitéparfaite
d’un modèle.Proposition
2 Lespropriétés
suivantes sontéquivalentes :
1.
QX = 1
2. NX
est enconjonction
dans RP3.
03BBmin(CX) = 0
4.
03BBmin(RX) = 0
5. les colonnes de
[1|X]
sont linéairementdépendantes 6. NZ
est vertical et enconjonction
dansRp+1.
Les
propriétés
de laproposition
3 caractérisent la cohérenceparfaite
d’unmodèle.
Proposition
3 Lespropriétés
suivantes sontéquivalentes :
1.
QZ = 1
2. Mz
est enconjonction
dansRp+1
3.
03BBmin(CZ)
= 04.
03BBmin(RZ) = 0
5. les colonnes de
[1| Z]
sont linéairementdépendantes.
Les énoncés de la
proposition
2impliquent
ceux de laproposition 3;
mais laréciproque
n’est évidemment pas vraie.4.
Exemples
et simulation4.1.
Étude
de simulationNous nous concentrons ici sur la recherche d’un modèle
optimal
d’au moins 2prédicteurs (p 2) :
si on a affaire à un modèle d’un seulprédicteur,
le dénominateur dans(9)
vaut l’unité : l’instabilité n’est alors pasprise
encompte
dans l’évaluation de cemodèle,
et bien que le critère soit défini dans cecas-là,
ilperd
de sa substance.La non
prise
encompte
des modèles avec p - 1 n’est pas un réelproblème,
carles méthodes de sélection de variables ne revêtent leur véritable utilité que
lorsque
le nombre de
prédicteurs
est au moins de trois ouquatre; lorsque
ces derniers sontraisonnables,
une méthode choisira rarement un modèle d’un seulprédicteur.
Afin d’évaluer la
performance
de notreprocédure,
nous avons mis en oeuvre uneétude de simulation la
comparant
à deux méthodes couramment utilisées : leCp
deMallows et le
R2 ajusté (que
nous noteronsR2a).
Une matrice deprédicteurs
X et desvaleurs pour les
paramètres
furent données. Achaque
pas de lasimulation,
les erreurs furentgénérées
selon une loi normale centrée réduite et desobservations y2
furentcalculées. Dans un
premier temps,
nous nous sommes intéressés à une simulation àpartir
d’une matrice Xgénérée
aléatoirement. Une autre simulation fut mise en oeuvreà
partir
de la matrice X des données réelles deHald, qu’on
trouve dansMontgomery
et Peck
(1992).
Lesparamètres
de simulation(coefficient
derégression
etécart-type)
furent ceux estimés à
partir
de ces données. Dansl’étude,
nous avons ainsi considéréquatre
facteurs : la taille de l’échantillon(n),
la matriceX,
le vraimodèle,
et letype
de méthode.Pour la simulation à
partir
de la matrice artificielleX,
la taille de d’échantillon fut n - 30. Les colonnes de X(hors
laconstante)
furentgénérées
par une loi uniformesur
[0,1].
Pour lasimulation,
nous avons utilisé six variablesplus
la constante. Lepremier
vrai modèlepossède
deux variables non nulles(X2
etX4) ;
le second vrai modèle enpossède quatre (X1,X3,X5
etX6).
Les valeurs desparamètres
furentchoisies de
façon
que lesstatistiques t
associées aux coefficients derégression
avoisinent 6
(sous
lanormalité);
en ceci et pour la démarchegénérale
desimulation,
nous nous sommes
inspirés
deRonchetti,
Field et Blanchard(1997)2.
Les résultats de notre étudeapparaissent
dans le tableau 3.Pour toutes les
simulations,
nous avonspris
ce = 0.7. En cequi
concerne lasimulation à
partir
des(vraies)
données deHald,
lesécarts-types
desprédicteurs
sont
5.88, 15.56, 6.41,
et 16.74. Afind’égaliser grossièrement
les variances desprédicteurs,
nous avons choisi demultiplier Xl
par 3 etX3
par2,
et d’utiliser unfacteur d’échelle pour Y situant son
écart-type
autour de 15. Une telle modification des échellespermet
au critèref,
de se mieux comporter, mais illustre sa faiblesse face àf2, qui
est invariant auxchangements
d’échelle. Le vrai modèle choisi pour la simulation àpartir
des données deHald,
est le modèle à deuxprédicteurs
surlequel
lastatistique Cp prend
son minimum. Le tableau 3parle
de lui-mêmequant
aux résultats du concours de simulation. Le rang moyen du vrai modèle dont il y est
question
est obtenu de la manière suivante : à la i-ème des 200itérations,
le vrai modèle se trouveplacé
enposition
ri. Le rang moyen n’est autre que03A3200i=1 ri/200.
Le nombre de modèles à deux
prédicteurs
au moins est de26 -
7 = 57 dans les cas(a)
et(b)
et de24 -
5 = 11 dans le cas(c).
On observe ainsiqu’en
termes de rangmoyen,
f 2
se révèle la meilleureméthode,
alors que1
etR 2
sont inférieurs à desdegrés
divers dans les trois cas. En termes deplacement
enpremière position
du vraimodèle,
lastatistique f2
se révèle notablementsupérieure
auCp.
Nous observonsque l’utilisation combinée du
R2
et d’une mesure de la multicolinéarité aident à découvrir efficacement le vrai modèle. Nous avonségalement
mesuré la corrélation entref 2
etCp
en nous yprenant
de la manière suivante : examinons le cas(a)
dutableau 3. A
chaque
itérationi,
lecouple (f2, Cp)
est mesuré sur chacun des 57 modèles et on calcule sur cette base le coefficient de corrélation Pi entref2
etCp.
La corrélation
p
n’est autre que la moyenne des 200 Pi. On observe une corrélation2 Ces auteurs comparent dans une étude de simulation leur technique robuste de choix de modèle à la
technique non robuste de «cross-validation» de Shao (1993).
TABLEAU 3
Résultat du concours de simulation établi sur 200 itérations. Les
parties (a)
et(b)
sont basées sur une matrice X dont les colonnes
(à
part laconstante) furent générées
par une loi
uniforme.
Lapartie (c)
est établie àpartir
d’unjeu
de données réelles où lesparamètres
intervenant dans la simulation sont lesparamètres
estimés àpartir
des données réelles.
Lorsqu’une
méthodefonctionne
correctement, elleplace
le vraimodèle en
position
1. Le nombre defois
où les méthodes ontplacé
le vrai modèle enposition 1,
2 et 3 est donné dans letableau,
de même que laposition
moyenne sur les 200 itérations et une mesurep
dudegré
de corrélation entre les méthodesCp
etf 2.
relativement
importante
entre les deux méthodes.Incidemment,
ce fait semble établir la fortecomposante géométrique
inhérente à la méthode duCp,
cequi
ne constituepas une
surprise.
Ces simulations nousindiquent
que la méthodef 2
est établie surdes bases solides. Elle est
largement préférable
àf l,
car elle évite le recours à deschangements
d’échelle des variableslorsque
celles-ciprésentent
des variances deTABLEAU 4
Comparaison
entreCp
etf 2
selon le rang moyen du vraimodèle,
dans le cadre des trois cas(a), (b)
et(c)
dans le tableau 3.FIGURE 2
Illustration du comportement de
f2 en fonction
de a pour les cas(a), (b)
et(c)
du tableau 4. Le rang moyen obtenu lors de 200 simulations estexprimé
comme unefonction
de ce.Dans les trois cas l’intervalle contenant les valeurs de a
pour
lesquelles f2
surpasseCp
est d’une étendue considérable.différentes
magnitudes.
D’autres simulations montrent que même dans le cas idéal pourf,
de variancesapproximativement égales
pour lesvariables, f2 lui
estsupérieur
dans la
capacité
à retrouver le vrai modèle. Le critère invariantf,
est décevant et doitêtre oublié lui
aussi, puisqu’il
secomporte
moins bien quef2.
Concentrons-nous donc sur laperformance
de ce dernier parrapport
auCp.
Onpourrait
se demander si lasupériorité
dupremier
critère sur le second demeure pour des choix différents de 0.7.Le tableau 4 et la
figure
2qui
lui est associée visent àrépondre
à cettequestion.
Pour chacune des valeurs a =
0.5, 0.6, 0.7, 0.8
et0.9,
lacomparaison
entref2
et