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Jeudi 12 Avril 1894.

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Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal.

Huitième Année. — N" 30.

P r i x d u n u m é r o 1 0 c e n t i m e s

Jeudi 12 Avril 1894.

B u r e a u x : R u e d e l a S e r r e , 2 7 ,

Un an: Si\ mois:

Suisse . . . . Kr. 6»— Fr. 3δ—

Union postale » 12»— » (>»—

On s'abonne a Ions les bureaux de post

Paraissait Ie Jeudi et Ie Dimanche à la Chanx-de-Fonds.

Provenant de la Suisse 20 et. la ligne

» de l'étranger 23 » » Minimum d'une annonce 50 eent.

Les annonces se paient d'avance.

Oi-iisimc «l<> in Noeiélé t i i t e r c n i i t o n a i e

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.Iiirsi, «le« Clinml>rcM «le coimiiercc, «le* B u r e a u x «le c o n t r ô l e e t (IeH S y n d i c a t M i»i>«>e*e»«Hi4HiiielH.

Fabricants d'horlogerie Suisses voyageant l'Allemagne.

On se souvient de l'initiative prise, en n o v e m b r e 18!W, par la Chambre can- lonale, en vue d'obtenir l'adhésion des fabricants d'horlogerie Suisses à l'enga- gement de voyager l'Allemagne sans stocks de montres. Quatrevingt-dix si- gnatures avaient été recueilles.

Le résultat pratique de celte campagne,

— précédée d'avertissements de la part du Comité des grossistes allemands, de prendre des mesures de rigueur contre ceux qui enfreignaient les dispositions formelles du traité de commerce — ne lardera pas à se l'aire sentir.

C'est ce dont nos lecteurs, et plus particulièrement les fabricants d'horlo- gerie intéressés, se rendront compte, par la lecture de Ia lettre ci-dessous, qui a toute la valeur d'un document.

Berlin, le 5 avril 1894.

Monsieur F .

HUGUENIN,

Secrétaire général de la Chambre cantonale du commerce, le l'industrie et du travail.

La Chaux-de-Fonds.

Monsieur,

Nous avons bien reçu vos différentes lettres, accompagnées chacune d'un exemplaire de la Fédération horlogère qui contenait la liste des fabricants qui, par leur signature, ont pris l'engagement de ne pas faire voyager en Allemagne avec un stock de m o n t r e s . Nous avons publié les n o m s de toutes ces maisons, en invitant nos m e m b r e s à les favoriser de leurs ordres. Nous vous remercions sincèrement des efforts que vous avez laits p o u r faire respecter l'article S) du traité de commerce Allemagne-Suisse.

Le Comité de notre syndicat est décidé de profiter de la première occasion qui se présentera pour faire arrêter un des voyageurs des nombreuses maisons qui,

malgré noire avertissement, continuent de faire visiter l'Allemagne avec de grands slocks de montres. Nous avions retardé autant que possible Ie moment de nous servir de ce dernier moyen, mais nous nous y voyons forcés et laissons Ia responsabilité à ceux qui n o u s ont poussé à bout.

Agréez, Monsieur, nos civilités les plus empressées.

1 erband Drulscher TJhren-Grossisten

EUGÈNE R E I S S ,

Secrétaire général.

Exposition nationale suisse

Protection (tes brevets d'invention et des

dessins industriels.

l)'a]jrés les lois fédérales sur les brevets d'invention et les dessins et modèles indus- triels, il t^st accordé à tout inventeur d'un produit brevetable ainsi qu'à tout auteur de dessins et modèles industriels figurant dans une exposition nationale ou internationale en Suisse, moyennant l'accomplissement des for- malités nécessaires, une protection temporaire de six mois à partir du jour de l'admission du produit à l'exposition. De même, cette date fait règle pour le calcul du délai d'un mois pendant lequel la protection temporaire peut être demandée.

Cependant des doutes pourraient s'élever quant au jour que l'on doit considérer comme date de l'admission du produit à l'exposition.

Cette question d'interprétation a préoccupé les autorités placées à la tète de l'exposition nationale suisse qui aura lieu à Genève on 1890. Dans sa séance du 7 mars écoulé, tenue en cette dernière ville, la commission nationale a pris la résolution de donner à l'indication en question le sens qui parait le plus naturel, c'est-à-dire celui de date à laquelle le pro-

duit est visible publiquement pour la pre- mière fois dans l'enceinte de l'exposition.

En conséquence c'est cette date (qui no pourra ainsi être antérieure au jour de l'ouverture de l'exposition, niais qui ne pourra lui être postérieure lorsque le produit n'aura été ex- posé que plus tard) que les organes de l'ex- position mentionneront sur les attestations qu'ils seront appelés à délivrer aux exposants.

sur leur demande, pour leur permettre d'ob- tenir du bureau fédéral de la propriété in- tellectuelle, à Berne, la protection temporaire.

Notre haute horlogerie

Nous avons sous les yeux une circulaire de la maison Stauffer fils & C", à Londres et à la Chaux-de-Fonds, faisant parla ses clients et amis qu'elle a obtenu le premier rang pour chronomètres de. poche observés pour l'année 1893 à l'observatoire de Kcw, (Angle- terre) — classe A 6 semaines — et le premier rang également, dans la même classe, pour ehronographes - compteurs, du modèle de ceux qu'elle fournil à l'amirauté anglaise.

De plus ladite maison rappelle que, sur les trois prix accordés pour chronomètres de poche dans la première classe d'observation à l'Observatoire de Neuchàtel, elle vient de remporter les premier et second prix.

Nous enregistrons avec plaisir celte nou- velle preuve de la supériorité des produits suisses aux observatoires étrangers et nous voyons dans l'avis qu'en donne la maison susnommée à sa clientèle, une réclame inlelli- gente et très justifiée.

Extrait d'un arrêt

rendu le 18 Janvier 1894, par la Cour d'Appel et de Cassation du Canton de Berne.

entre

B.& C , fabricants d'horlogerie à*, demandeurs et C. Y., fabricant d'horlogerie à *, défendeurs.

Sous date du 20 Octobre 1880 B. & C. ont déposé au Bureau Fédéral de la propriété intellectuelle, uni marque de fabrique qu'ils frappaient spécialement sur des boites et mouvements de montres destinées à être exportées aux Indes.

En Novembre 1891, ils ont constaté sur le

marché de . . . des pièces semblables à

celles qu'ils livraient et qui étaient revêtues

de leur marque de fabrique contrefaite. Les

recherches qu'ils firent immédiatement ont

établi que ces pièces avaient été lancées sur le

marché indou par une agence anglaise. Cette

dernière les avait fait fabriquer en Suisse par

C. Y. et avait donné l'ordre à ceux-ci d'y

frapper une marque qui n'était autre que

celle des demandeurs B. & C.

(2)

124 LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE

Se Casant sur ces faits, les d e m a n d e u r s ont assigné G. Y. devant la Cour d'Appel et de Cassation du Canton de Berne, où ils ont conclu comme suit :

Plaise à la Cour :

1" Dire et reconnaître que les défendeurs ont contrefait la marque de fabrique enregis- trée de la maison B. & C , désignée par une montagne et la lettre L.

2" Les condamner en conséquence à payer a u x demandeurs des dommages-intérêts à fixer ultérieurement pour le préjudice qu'ils leur ont causé par cette contrefaçon et en mettant en circulation des montres revêtues de cette marque contrefaite.

3" Leur faire défense de so servir à l'avenir de la dite marque.

4" Ordonner la confiscation des marchandises portant la dite marque se trouvant encore entre les mains des défendeurs.

5° Ordonner la destruction des instruments et ustensiles servant à la contrefaçon.

0" Ordonner la publication du jugement de condamnation d'un ou plusieurs j o u r n a u x aux frais des défendeurs.

P o u r leur justification C. Y. ont allégué qu'ils n'avaient fail qu'exécuter la commande de la maison de Londres, tout en supposant que la marque en question n'était pas déposée au Bureau Fédéral de la propriété intellec- tuelle.

La cour a admis que comme fabricants d'horlogerie,!les défendeurs ne devraient pas ignorer qu'une marque cle fabrique quelcon- que, ne peut pas être frappée sans autres, qu'il n'est pas établi que la maison de Londres leur ait assuré que celle exigée par eux n'était la propriété de personne : que dés lors, la prudence la plus élémentaire commandait aux défendeurs de prendre des informations au Bureau Fédéral de la propriété intellec- tuelle, pour savoir si elle était enregistrée, de sorte que la réparation du dommage causé à B . & G. par la contrefaçon dont s'agit en l'espèce, incombe aux défendeurs en totalité.

P a r ces motifs.

La Cour d'Appel et de Cassation a adjugé

aux demandeurs le deuxième chef de leurs conclusions pour la somme de IV. IiO(X).

Leur a adjugé en outre,

le troisième chef (1I, en conséquence, a fait défense à C. Y. de se servir à l'avenir de la m a r q u e des demandeurs, dont mentionne le présent arrêt, sons la menace d'une amende de fr. 75 pour la première infraction, d'un emprisonnement de 10 à 30 jours pour la seconde et d'une année de détention correc- tionnelle pour la troisième.

Leur a adjugé également les quatrième et cinquième chefs.

Ainsi que

le sixième chef, en ce sens que la partie demanderesse est autorisée à publier un extrait du présent arrêt dans deux j o u r n a u x à son choix et aux frais des défendeurs.

* a condamné

la partie défenderesse aux trais des deman- deurs.

Brevets d'invention

Horlogerie et Bijouterie

LISTE DES BREVETS E N R E G I S T R É S EiircK'iNt r e n i e n t M

Kl. 85, Nr. 7019. 26. J a n u a r 1891. 5 Ubr p.

— Breloque — U b r . — Millier, Louis, Uhrenfabrikant. Centra lstrasse 18, Biel (Scbweiz). Yerlreter : F u r r e r . Gottfried.

Biel.

Gl. (34, n" 7695. 1er décembre 1893. 6a/j h. p.

— Montre perfectionnée. — Maison : Haas, jeune. B.. 1Oi, Boulevard de Sébastopol.

P a r i s (France)· Mandataires : Bluni & C", E., Zurich.

Cl. (54, n" 7722. 23 décembre 1893, 6 V1 h. p.

— Perfectionnement apporté aux compteurs des chronographes. — Rockat-Benoit, A.- F.. Yers-chez-Grosjean ( Y a l l é e - d e - J o u x , Suisse). M a n d a t a i r e : lmer-Sehneider, E., Genève.

Kl. 64, Nr. 7731. 6 J a n u a r 1894. 9 UIn- a. — U h r w e r k mit getrennten Platine-Teilen fur das Echappement und dus R a d e r w e r k . — Kummer, Ed., Fabrique d'ébauches et finissages, Bettlacb (Solothurn, Scbweiz).

Yertreter : Hanslin & G", G., Bern.

Cl. 64, n" 7732. 15 janvier 1894, 4V1 h. p. — Boite perfectionnée sans carrure avec filet de glace indépendant. — Hnmbert-Droz, Ernest, 8 1 , Rue du P a r c , Gbaux-de-Fonds (Suisse). M a n d a t a i r e s : Hanslin & G", C., Berne.

Cl. 04. n" 7733. 15 janvier 1894, 4Vi h. p. — Boîte perfectionnée sans carrure avec filet de glace indépendant. — Hnmbert-Droz, Ernest, 8 1 , Rue du P a r c , Chaux-de-Fonds (Suisse). Mandataires : Hanslin & C". C , Berne.

Gl. 64, n" 7739. 20 février 1894, 11 Vi h. a. — Montre indiquant les 24 heures, système Yictorin Mairot. — Mairot, Victoria, 7 1 , Rue du P a r c , Gbaux-de-Fonds (Suisse).

Gl. 65, n" 7654. 21 février 1894, UV1 h. p. — Avertisseur formé de la combinaison d'une montre et d'un porte-montre. — Humbert.

Ch.. 27, Rue de la P a i x , Cbaux-de-Fonds (Suisse). Mandataire : Imer-Schneider, E., Genève.

Gl. 90. n" 7704. I i décembre 1893. UV1 h. p.

— Dispositif de réglage indirect à déclic et servomoteur. — Compagnie de l'Industrie électrique, Compagnie suisse Thury, Usi- ne de Secheron. Genève (Suisse). Manda- taire : Imer-Schneider,. E . , Genève.

Cl. 90. n" 7705. 11 décembre 4893. 61/. h. p.

— Régulateur à force centrifuge perfec- tionné. — Compagnie de l'Industrie élec- trique. Compagnie suisse T/iuiy, Usine de Secheron, Genève (Suisse1). Mandataire:

I mer Schneider, E.. Genève.

Kl. 90, 7728. 29 Dezember 1893, 7 l/s U h r p.

— N e u e r u n g an Axenregulntoren. Frikart J.-Ii., Givilingenieur, Karlstrasse 24. Mûn- chen (Deutschland). Yertreter : Bluni & G", E., Zurich.

M o t l i l i e s i U o i i M Gl. 64

CI

0332. 23 février 1893, 3 h. p. — Nouveau système de montre à remontoir trois quarts platine simplifiée. — Lohner, Arnold, horloger, Selzach prés Soleure (Suisse), actuellement à Niederdorf (Bàle- Campagne, Suisse). Mandataire : Furrer, Gottfried, Bien ne. Cession du 26 février 1894". en faveur d c « J e a n n o t , P a u l » , Chaux- de-Fonds (Suisse): enregistrement du 28 mars 1894.

I t s M l i u t i o i i M .

. 64,· n" 217. Nouvelle boite de montre, dé- corée au moyen d'appliques en cuivre émaillé et pailleté sans fondant.

. 04. n" 1082. Nouvelle boite de montre, avec pendant lunette et cuvette complète- ment indépendants de la c a r r u r e , système Georges Favre-.Iacot.

. OL n" 4310. Perfectionnement apporté à la construction des échappements.

. 64, n" 5900. Mécanisme perfectionné pour montres à quantième, à saut instantané des aiguilles ou des disques, permettant d'actionner les remises à toute heure, en tous sens, jusqu'à la dernière minute pré- cédent le saut.

. 64, n" 5998. Verre de montre servant de miroir.

Cl. (il, n" 6025. Cadran pour montres.

Cl. 04, n"6169. Nouveau mécanisme de comp- teur de minutes pour montres à chrono- graphe de tous genres.

Cl. 100, n" 6249. Régulateur différentiel à point lumineux fixe.

Cl. 106, nu 4581. Dossier assuré pour assu- rances contres les pertes excessives pouvant être occasionnées au commerce et à l'indus- trie par des débiteurs insolvables.

Droit au travail

Le droit au travail à été fort mal mené an Conseil national, par M. Stockniar, rapporteur de la majorité de la Commission.

M. Stockmar dit qu'une pétition de plus de 50,000 signatures mérite l'attention des Con- seils, d'autant plus qu'elle parait inacceptable.

U rappelle qu'au dire même du principal au- teur de l'initiative, l'application du principe du droit au travail est incompatible avec l'état social actuel. C'est pour démontrer celte in- compatibilité qu'on veut le faire inscrire dans la Constitution en ouvrant ainsi une première parallèle contre les institutions existantes.

Sur ce terrain, il n'y a pas de conciliation possible. L'Etat ne pourrait appliquer le prin- cipe du droit au travail qu'en monopolisanl tous les moyens de production : l'industrie privée ne pourrait subsister à côté de l'indu- strie d'Etat.

La journée de huit heures a pour elle l'avenir, mais elle ne doit être introduite que peu à peu par l'initiative individuelle: elle soulève de grosses difficultés résultant de la concurrence étrangère et intérieure. lin ren- dant le travail plus intensif. Ia journée de huit heures éliminera les ouvriers inférieurs au profit des plus habiles et des plus instruits.

Elle n'augmentera doue pas le nombre des ouvriers occupés. Si on veut l'introduire, la loi sur les fabriques suffit.

Au sujet des bourses de travail et des bu- reaux de placement que le texte allemand de l'initiative voudrait instituer, ainsi qu'une bonne organisation syndicale ouvrière, l'ora- teur rappelle que le peuple a refusé l'idée de cette organisation en rejetant la loi sur les métiers.

L'orateur examine enfin les prétentions re- latives à la protection du droit d'association des ouvriers contre les patrons, à rétablisse- ment d'une juridiction officielle des ouvriers vis-à-vis des patrons et à l'organisation démo- cratique du travail dans les ateliers. Le Con- seil national a déjà accepté la motion Yogel- sanger relative à la protection du droit d'association, u n a vu en France quelles diffieiillées a rencontrées l'application de la loi Bovier-Lapierre. Ce n'est pas le droit d'une seule des parties mais celui des deux qui doit être protégé. Les tribunaux de prud'lion s existent déjà dans plusieurs cantons. On m·

peut songer enfin à soumettre les chefs d'ateliers à des contrôleurs nommés par les ouvriers.

Le rapporteur allemand, M. Scherrcr-Fûhl- m a n n . t'ait un bref historique (\c< péripéties par lesquelles a passé, depuis Fourier, l'idée du droit au travail. Puis il invoque en faveur de la proposition de la commission des argu- ments analogues à ceux de M. Stockmar. En ce qui concerne les propositions spéciales des promoteurs de la demande d'initiative. Ie rapporteur allemand s'attache surtout à dé- montrer qu'elles sont réalisables sans revi- sion. Il les voit d'ailleurs d'un oui assez favorable sauf l'organisation démocratique des ateliers qui est incompatible avec nos lois.

U justifie enfin l'allocation de subventions a des institutions qui secourent tous les ouvriers sans ouvrage, sans distinction de profession.

M. Schàppi prononce un long discours pour son postulat, demandant un rapport sur

(3)

LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE 125

les institutions actuellement établies pour lutter contre le chômage et les mesures nou- velles qui pourraient être prises dans ce but.

Il donne d'abondants détails s u r les sociétés d'assurance et de secours en Allemagne.

Nouvelles diverses.

S e c r é t a r i a t o u v r i e r . — L'interpellation suivante a été déposée au Conseil national :

ljes soussignés prient le Conseil fédéral de leur fournir des renseignements s u r la situa- tion du secrétariat ouvrier suisse, en particu- lier sur les points s u i v a n t s :

1" Quelle est la tache incombant au secré- tariat ouvrier suisse pour laquelle il est ré- tribué par la Confédération et quels sont les fruits de son travail depuis qu'il a été ins- titué?

2" Le Conseil fédéral est-il d'accord que le secrétaire ouvrier emploie la plus grande partie de sou temps et de son activité à faire de l'agitation politique?

S i g n é : Steiger ( B e r n e ) , Sonderegger (R.-E.). ï o b l e r , W u n d e r l y , G-ysi, H a m m e r , E s c h m a n n . Bûhler (Berne), Dinkelmann, W y s s , Biililer (Grisons), Berlinger.

La concentration des richesses aux

E t a t s - U n i s , vient d'être étudiée p a r M.

Georges K. Holmes dans le Political Science Quarterly.

P l u s de la moitié des familles ne possèdent, à elles toutes, que 5°/» de la richesse collective du p a y s : S)I0/" des familles en détiennent à peine "i'.lo/o, ou moins d'un tiers : par contre, I)0/0 des familles absorbent le reste ou 7 1 % . P a r m i ces dernières. 4,000 personnes sont des millionnaires du dollar, possédant, cha- cune, en moyenne, 15 millions de francs et

ensemble un total de 10 à 15 milliards de dollars. U n nombre de familles représentant 3 sur 10,000 possède un cinquième de toute la richesse du pays. M. G. Holmes évalue le total des dettes de la nation à 18 milliards de dollars, dont 2 en dettes publiques, et 16 en dettes privées ; ce qui revient à dire que les dettes forment 3 0 % du total des richesses existantes.

M. Holmes pense que la plupart des grandes fortunes sont dues à la hausse des valeurs foncières du nouveau pays. Si l'on examine les détails, on trouvera aussi, dans le plus grand nombre de cas, que l'origine de ces fortunes se trouve dans des services éminents rendus au peuple.

M. Holmes reconnaît aussi q u e , si la grande majorité des habitants est peu riche, cela tient, eu grande partie, à ce qu'on préfère vivre pour le présent plutôt que de sacrifier celui-ci à l'avenir : on ne veut pas restreindre la façon de vivre de la famille. C'est aussi ce que dit M. Gould, par exemple, en comparant la manière de vivre des ouvriers américains et celle des immigrants. M. Holmes juge les m œ u r s américaines préférables à celles d'au- tres pays, et notamment à celles de la F r a n c e . Il recommande une taxation progressive des revenus, des donations et des héritages.

Les coopératives de crédit et les

b a n q u e s p o p u l a i r e s sont, ont le sait, très peu nombreuses en France. Le Bulletin de VOffice du travail de m a r s en donne la liste, après avoir divisé ces institutions en trois catégories : banques populaires, — banques agricoles, — caisses à responsabilité limitée.

Les premières sont au nombre de douze, dont quatre à P a r i s . Le» autres ont été fondées à Marseille, Nice, Angers, Toulouse, Bourges, Saint Chamond, Montceau-les-Mines, Menton.

Les banques agricoles ne sont qu'au nombre de quatre. Deux ont été établies près de la Suisse (Poligny-Besançon). U n syndicat agri- cole (Scgré) a fondé un crédit mutuel agricole, une autre institution du même genre fonc- tionne à Saint Florent-sur-Cher. Les caisses à responsabilité solidaire sont a u nombre de trois : deux caisses agricoles (Indre et Alpes- Maritimes), une caisse ouvrière d'épargne et de prêts à Bagnères-de-Bigorre

' Comme on le voit, l'esprit d'association en matière de crédit n'est pas très répandu en F r a n c e , où le sentiment de la mutualité n e dépasse guère le cadre des sociétés de secours mutuels ou des assurances mutuelles. On peut inférer de là q u e les éléments nécessaires pour constituer le crédit p a r les syndicats agricoles, manquent généralement. M. Méline compte, il est vrai, beaucoup s u r le gouver- nement ou plutôt s u r la banque de F r a n c e , pour guider les premiers pas de ces syndicats agricoles, c'est-à-dire pour couvrir leur res- ponsabilité. Lorsqu'une institution est abso- lument nécessaire dans un pays, cette néces- sité se manifeste au moins par des tentatives un peu plus nombreuses. Six essais de crédit mutuel agricole, ce n'est vraiment pas suffi- sant. Ln réalité est qu'il existe dans les petites localités beaucoup d'escompteurs et de petits banquiers qui font crédit à ceux qui tiennent leurs engagements. Il est à craindre que le crédit agricole, tel qu'on veut l'organiser, ne.

récolte u n e clientèle mauvaise à beaucoup d'égards, celle qui n'a pas de crédits ouverts chez les banquiers locaux.

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