Muriel Daussogne, animatrice pédagogique du diocèse de Namur/Luxembrourg – Juin 2006 -Page 1 sur 11
Ecris des rébus !
Type d’outil : séquences d’activités d’apprentissage au service du Savoir Lire et du Savoir Ecrire.
Auteurs : Muriel Daussogne, animatrice pédagogique du diocèse de Namur/Luxembourg, avec la collaboration de Andrée Vincart, enseignante au cycle 4 de l’école Saint-Joseph de Couvin.
Cycles auxquels est destiné cet outil : cycles 3 et 4 Contexte de conception de l’outil :
J’ai remarqué que les enfants étaient particulièrement attirés par la page «jeu ou détente» des revues. Ces pages contiennent très souvent un rébus. L’idée m’est venue d’en créer avec les enfants afin de travailler un genre de texte souvent peu exploité en classe.
J’ai proposé à Andrée Vincart de faire vivre ces activités à ses élèves.
Une première concertation nous a permis de mettre au point le déroulement des activités.
D’autres rencontres ont suivi afin d’organiser, de planifier les différentes séances : lecture, écriture, création,….
Intérêt de l’outil :
- Les rébus sont des textes peu travaillés à l’école ; les enfants se prennent vite au jeu, car ils constituent une porte d’entrée ludique dans l’écrit. Aussi, plusieurs enfants auront envie d’en écrire d’autres, au-delà du travail proposé en classe.
- Les productions sont courtes : tous les enfants peuvent y arriver dans un laps de temps relativement réduit, ce qui est motivant et pousse à en créer d’autres.
- On peut écrire un rébus en cherchant à traduire de manière plus ou moins fine les différents éléments sonores du message. De ce fait, cette activité se révèle accessible à tous les enfants : chacun peut y arriver en fonction de ses propres compétences langagières.
- On peut aboutir à plusieurs productions différentes au départ d’un même message, et donc confronter les productions et les démarches mises en œuvre par chacun.
- L’activité de lecture précède l’activité d’écriture : pour apprendre à écrire des rébus, il faut prendre le temps d’en lire et de voir comment ils sont écrits. Cette démarche est transférable à tous les autres types de textes.
- Lors de la rédaction des solutions, se pose la question de l’orthographe : l’écriture de rébus peut donc se prolonger par travail intéressant sur les homophones.
- Les productions des enfants peuvent être valorisées en les insérant dans la revue de l’école ou en les échangeant avec d’autres classes.
- La démarche proposée ici peut être transférée aux charades.
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Conseils pour une bonne utilisation de l’outil :
- Prendre le temps de dégager les caractéristiques de ce genre de texte et de réaliser une synthèse collective avant de passer à l’activité d’écriture.
- S’échanger les créations dans le but de les améliorer si nécessaire. Les enfants sont invités à avoir un esprit critique dans le sens noble du terme. Cela provoque coopération, entraide, imagination…
- Prévoir une série de phrases, de proverbes, de conseils pour aider l’enfant « en panne d’inspiration ». Ce coup de pouce permet à l’enfant de progresser.
- Prévoir également une banque de dessins pour aider les enfants « moins artistes » lors de la
création des rébus. Ces dessins sont issus du « lexique de ma classe » CP-CE1 aux éditions
Retz. On peut également trouver sur internet de nombreux « clipart » libres de droit .
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Compétence d’intégration: Savoir Lire Intitulé de l’activité : Vous lisez « rébus » ? Compétence visée :
- LIR.3. Dégager l’organisation générale du texte.
Compétences sollicitées :
- LIR.2. Elaborer des significations.
- ECO.5. Interpréter les unités lexicales et grammaticales.
Matériel : Par enfant
- Des rébus issus de différents magazines (pour la plupart, des revues « Dauphin » : voir annexe 1)
- Ces rébus ont été remis en page pour permettre aux enfants d’écrire leurs hypothèses (annexe 2).
Par groupe
- Des affiches, marqueurs.
- Dictionnaires variés : Le Larousse de poche, le Robert Junior de poche, le Quillet Flammarion
Dispositif pédagogique : Travail individuel
Travail par groupe de quatre Travail en grand groupe Déroulement et consignes :
Annonce de l’intention : « Aujourd’hui, nous allons apprendre à lire puis à écrire des textes particuliers ».
1° étape : lire des rébus
Travail individuel : c haque enfant reçoit plusieurs rébus à découvrir.
Consigne : « Que lis-tu ? »
Travail par groupe de quatre.
Consigne : « Que lisez-vous ? Comparez vos recherches. »
Les enfants échangent leurs solutions, leurs hypothèses.
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2° Etape : définir le rébus
Travail individuel : chaque enfant est invité à définir avec ses mots ce qu’est un rébus.
« Pour moi, un rébus c’est … ».
Travail par groupe de quatre : mise en commun des différentes définitions.et recherche d’une définition commune au groupe.
Réalisation d’une affiche.
Mise en commun en grand groupe : présentation de chaque affiche par le porte-parole du groupe.
« Pour nous, un rébus, c’est …
… un texte, des mots qui sont exprimés par des
images.» …un jeu d’images qui forment des phrases. »
…une phrase, un texte ou un mot représenté par plusieurs dessins. On doit déchiffrer les
dessins pour découvrir les mots »
… une phrase codée avec des dessins, des chiffres, des lettres. Les flèches nous indiquent
l’endroit où le nom se cache.»
… des phrases qui se forment avec des dessins, des lettres, des chiffres et des flèches qui montrent un dessin et ça forme des messages codés. »
Lorsque toutes les affiches sont présentées, les enfants et l’enseignante réalisent une synthèse
collective. Chaque groupe est ensuite invité à rechercher la définition du rébus dans des
dictionnaires variés afin de confirmer ou non leurs représentations.
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« Le rébus est une devinette faite d’une suite de dessins, de signes, d’images, qui représentent chacun une syllabe. » (Le Robert Junior de poche)
« Le rébus est un jeu d’esprit qui consiste à exprimer des mots ou des phrases par des figures dont le nom offre une analogie phonétique avec ce que l’on veut faire entendre. » (Le Larousse de poche)
« Un rébus c’est une devinette graphique, suite de dessins, de mots, de chiffres, de lettres évoquant par homophonie le mot ou la phrase qui est la solution. » (Le Robert)
L’enseignante, sur les propositions des enfants, enrichit la mémoire collective après la recherche dans les dictionnaires :
Un rébus c’est un jeu d’images.
C’est un jeu d’esprit, de devinettes.
Le rébus est un texte, une phrase ou un mot exprimé par des images ou des dessins. On y ajoute parfois des lettres ou des chiffres.
Les flèches nous indiquent l’endroit où se cache le mot.
A chaque son est associé un dessin.
On doit déchiffrer chaque dessin pour découvrir les mots.
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Compétence d’intégration: Savoir Ecrire Intitulé de l’activité: Vous écrivez « rébus » ? Compétence visée :
- ECR.3. Assurer l’organisation générale de l’énoncé suivant le genre utilisé.
Compétences sollicitées :
- ECR.2. Mobiliser ses connaissances et savoir-faire pour élaborer des contenus.
- LIR.2. Elaborer des significations.
- ECO.5. Interpréter les unités lexicales et grammaticales.
- EAP.4. S’exprimer par le langage plastique.
Matériel : Par enfant :
- Des feuilles blanches.
- Du papier calque.
- Un crayon ordinaire.
- Un fin feutre noir.
Par groupe :
- Dictionnaires variés : Le Larousse de poche, le Robert Junior de poche, le Quillet Flammarion
- Des dessins, illustrations issus de différentes sources (« lexique de ma classe » des éditions Retz , cliparts, ...)
Dispositif pédagogique : Travail individuel.
Travail en petits groupes.
Travail par dyade.
Déroulement et consignes :
Annonce de l’intention : « Aujourd’hui, nous allons apprendre comment construire un rébus. »
1° Etape : analyser la structure d’un rébus
« Comment réalise-t-on un rébus ? »
Travail individuel : chaque enfant est invité à citer les éléments essentiels pour la création d’un rébus.
Il peut s’appuyer sur la définition collective ainsi que sur les exemples de rébus.
Travail en petits groupes : mise en commun des idées de chacun et réalisation d’une affiche pour le groupe.
Exemples d’affiches réalisées par les enfants.
Pour créer un rébus, je pense à une phrase qui a du sens.
Je choisis des images qui correspondent aux sons.
Je mets les images dans l’ordre pour former la phrase.
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2° Etape : créer des rébus
Travail individuel : chaque enfant est invité à créer un rébus.
Il peut s’appuyer sur les exemples lus lors de la première étape mais ne peut en aucun cas les recopier.
En cas de panne d’inspiration, l’enseignante peut orienter l’enfant en lui proposant des thèmes : un conseil à donner, un ordre à formuler, un sport à découvrir, …
L’enfant peut s’aider également des illustrations mises à sa disposition.
Travail par dyade : une fois le rébus créé, chaque enfant est invité à échanger son travail avec un voisin.
Cet échange permet d’évaluer, d’ajuster, d’améliorer le travail en cours.
Conseil : améliorer le dessin du cerf Les enfants peuvent utiliser un fichier ou des livres pour trouver le dessin adéquat.
Pour créer un rébus, je dois penser à une phrase ou un mot.
Je choisis des images ou des photos pour faire découvrir le mot choisi.
Pour créer un rébus, je dois choisir une phrase et la faire découvrir en utilisant que des dessins.
Je choisis un dessin pour chaque son de la phrase.
Je cherche une phrase ou un mot que je veux faire deviner.
Je cherche des images qui conviennent (le son des mots)
Je place les dessins dans l’ordre en vue de reformer la phrase.
Pour créer un rébus, je dois choisir une phrase. Je dois choisir des dessins
d’après les sons. Je dois placer les dessins dans l’ordre
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Réflexions, analyse, questions:
- Cette activité fut un réel apprentissage car c’était la première fois que les enfants rencontraient ce genre d’écrit, il a fallu du temps pour comprendre la logique des rébus.
- Certains enfants ont besoin dans un premier temps d’oraliser leurs découvertes, de vérifier leurs hypothèses et au besoin de les modifier. Ils s’appuient sur leurs erreurs pour avancer.
- Les enfants émettent leurs hypothèses et les vérifient en faisant appel au sens de la phrase.
La lecture des rébus ne consiste pas en une prise passive de sens, mais bien en une construction de sens. Lors de l’activité de lecture, on assiste à une interaction entre oralisation – compréhension.
- Les échanges avec le voisin ont permis d’améliorer le travail : certaines imprécisions ont été évitées, des détails ont été ajoutés ou enlevés.
- La recherche dans des dictionnaires variés a permis d’utiliser un vocabulaire précis. Les différentes activités ont permis de travailler le lexique (vocabulaire, synonymes) et d’approcher les homophones de manière ludique.
- Les rébus peuvent être envoyés à d’autres classes et un jeu peut être créé (axe de l’implication dans le milieu).
- Une banque de dessins peut être élaborée au fur et à mesure et être mise à la disposition des enfants pour prolonger leurs essais, s’ils le souhaitent (axe de l’autogestion).
- « Les jeux de langage sont des textes de type rhétorique, producteurs de sens et de plaisir, où l’aspect ludique permet de modifier le rapport à la langue.
C’est une activité de la langue « plaisir ».
Ces jeux autour des mots et des idées permettent de transformer la leçon traditionnelle en une véritable séance de création littéraire riche d’acquis langagiers très divers pour les élèves. C’est en travaillant sur les nuances et subtilités de notre langue de manière motivante et ludique que nos enfants arriveront à aimer lire et écrire. »
(Défi écrire, Editions ACCES).
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Annexe 1 : quelques exemples de rébus originaux
© Dauphin, éditions Averbode
© Jan Van Lierde - Dauphin, éditions Averbode
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Annexe 2 : exemples de rébus remis en page ;
2 Charade éléphant
Ne fais pas n’importe quoi.
B 2 Il fera beau demain.
L’R L’ L’air ne fait pas
la chanson
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