Chapitre 1 : Les opérations de règlement
Plan
Section 1 : Lire une facture et ses composantes
Section 2 : Majoration – réduction – avance et acomptes Section 3 : Etablir une facture de « Doit » et « d’Avoir » Section 4 : Les modes de règlement
Section 5 : Les outils de monnaie virtuelle
Section 1 : Lire une facture et ses composantes
Définition : une facture est un document qui indique et JUSTIFIE le montant d’une transaction commerciale. Autrement dit, la facture est une preuve que le client doit payer un certain montant à un fournisseur.
Le fournisseur garde toujours un double.
La facture, en plus de son côté preuve, est un moyen de connaître tous les détails et toutes les informations d’un contrat de vente, en précisant le moyen de règlement.
Elle doit être conservée 10 ans par les deux parties.
En-tête
Corps de facture
Pied de facture Identification nom, forme
juridique, adresse, montant du capital, n°SIREN, n°RCS, code APE vendeur :
N° facture Date de facture
Identification client : Nom, adresse, n° client
Mode de règlement Détail du montant total : réductions,
majorations, TVA
N° SIREN : numéro à 9 chiffres attribué par INSEE
N° RCS : numéro d’immatriculation attribuée par le Registre du Commerce et des Sociétés.
Ce numéro inclut le SIREN
Code APE : numéro permettant d’identifier l’activité principale de l’entreprise.
Remarque : La mention « Doit » n’est pas obligatoire mais elle est un moyen de prouver le montant que le client doit au fournisseur. On parle de « facture doit » car c’est celle qui accompagne l’acte d’achat/vente. On le verra après, c’est aussi un moyen de la distinguer des
« factures avoir ».
Section 2 : Majoration – réduction – avance & acomptes Le client peut bénéficier de différentes réductions.
- La remise : réduction pratiquée sur le prix HT du fait de l’importance des ventes - La ristourne : réduction accordée à la fin d’une période donnée sur l’ensemble des
opérations faites avec un même client.
Exemple : ristourne de 1% accordée sur le CA réalisé avec le client.
- Rabais : réduction exceptionnelle pratiquée sur le prix HT pour tenir compte d’un défaut de qualité ou d’un retard de livraison.
Ce sont toutes des réductions à caractère commercial. En les retirant du montant HT des achats, on obtient le « net commercial ».
- Escompte : remise accordée à un client qui paient avant l’échéance habituel ou celle convenue avec le fournisseur.
Il s’agit d’une réduction à caractère financier. En les retirant du net commercial, on obtient le « net financier ».
Le client doit parfois supporter des frais supplémentaires, appelés « frais d’achat » ou
« majoration » lors d’un contrat de vente. Il en existe de deux types :
- Frais de transport : il se peut que le fournisseur fasse payer à son client le transport des marchandises. Cependant, il existe des cas où le client ne paiera rien.
Franco de port : la facture ne fait pas apparaître de frais de transport car ils sont inclus dans le prix de vente HT.
Forfait : les frais de port sont facturés avec les marchandises. Le fournisseur se charge lui-même de l’expédition moyennant un supplément de prix
Debours : Le fournisseur fait appel à un transporteur, il est donc un simple intermédiaire entre le client et le transporteur. Il avance les frais pour le client qui le remboursera lors du paiement des marchandises
Seules les deux dernières sont apparentes sur la facture puisque dans le premier cas, les frais sont inclus dans le prix HT.
ATTENTION : une TVA au taux normal s’applique sur les frais de transport.
En les ajoutant au net financier, on obtient le « net HT », base sur laquelle la TVA sera calculée. On peut aussi dissocier l’enregistrement de la TVA après le net financier puis après les frais de port. Mais, il est parfois préférable de n’en calculer qu’une seule en regroupant tous les HT ensemble.
- Emballages consignés : Ce sont des objets destinés à contenir les marchandises.
Le fournisseur peut aussi vous facturer l’emballage, on parle alors de CONSIGNATION.
Seuls les emballages récupérables (utiliser plusieurs fois) peuvent être consignés et donc facturés. Il faut distinguer les emballages récupérables non identifiables (pas de numéro de série, pas de date de facturation) et ceux qui sont identifiables. Les emballages non récupérables ne sont pas facturés.
Le fournisseur incite par là le client à lui retourner les emballages. Si le client les retourne, le fournisseur lui remboursera les frais d’emballages (soit exactement le montant, soit à un prix inférieur permettant au fournisseur de prélever une rémunération pour le service rendu). En général, le montant de la consignation est supérieur à la valeur de l’emballage en cas de non- restitution.
Ils ne sont pas soumis à la TVA car il s’agit d’un prêt entre fournisseur et client.
Enfin, il est aussi possible d’enregistrer sur une facture le montant d’une avance réalisée préalablement par le client. Plusieurs types doivent être distingués :
- Avances : somme versée avant même l’exécution de la commande
- Acomptes : somme versée après justification partielle de l’exécution de la commande.
Ils ne sont pas soumis à la TVA et il faut les déduire lors de l’élaboration de la facture après le calcul de la TVA (même moment que les emballages). On les retire à la fin d’une facture.
Section 3 : Etablir une facture de « Doit » et « d’Avoir »
Il existe effectivement deux types de factures selon les circonstances.
- Facture de « Doit » : c’est la facture ordinaire. C’est la facture qui constate le montant que le client doit payer au fournisseur. Elle accompagne l’acte d’achat/vente. Elle prend en compte toutes les majorations, réductions, avance & acomptes vus ci-dessus.
La facture de la page précédente est une facture de « doit ».
Le tableau suivant récapitule les différentes étapes de calculs pour établir une facture de
« doit » :
Etapes de calcul Commentaires
Montant Brut HT Valeur des marchandises vendues HT
- Rabais, Remises, Ristournes Taux * Montant brut HT
= Net commercial
- Escompte Taux*Net commercial
= Net financier
+ Frais de transport Montant forfaitaire
= Net hors taxe
+ TVA Taux de TVA * Net HT
- Avances et acomptes Montant versé précédemment
= Net à payer TTC
N° avoir Date avoir N°client
Ristourne 250,00 €
TVA 50,00 €
Avoir net 300,00 €
45 rue du porche 23547 Porche ABC
AVOIR SA au capital de 75.000€
000 rue de la Ville - 00236 Outre N° SIREN : 123456789
N°RCS : 78956123456789 ALGO
Le Net à payer est toujours exprimé en TTC et il correspond exactement à ce que le client nous doit.
- Facture « Avoir » : il se peut que le fournisseur soit amené, après la facture de
« doit », d’enregistrer d’autres factures pour des motifs divers.
Toutes les factures d’avoir doivent comporter les mêmes éléments qu’une facture de « doit » sauf à remplacer :
N° facture par n° avoir
Date de facture par date d’avoir
« DOIT » remplacé par « AVOIR »
Détails des marchandises inexistants.
Facture liée à une réduction commerciale hors facture : le fournisseur désire accorder à son client un RRR après avoir envoyé la facture de vente.
Comme la réduction ne peut être inscrite sur la première, il faut alors établir une seconde facture UNIQUEMENT pour enregistrer la RRR accordée.
Remarque : n’oubliez surtout pas la TVA. Lorsqu’on établit une facture de « doit », on retire les RRR puis on calcule la TVA, ce qui fait diminuer cette dernière. Tout se passe comme si le client payait moins de TVA grâce aux RRR. Donc, lorsqu’elle est accordée après la facture de « doit », tout se passe comme si le fournisseur devait cette TVA à son client.
Facture liée à un retour de marchandises : le client peut être insatisfait
d’une partie de ses marchandises reçues (casse, mauvaise qualité, non-
conformité etc….). Dans ce cas, le fournisseur établit une facture d’avoir
pour annuler une partie de la facture de « doit ». Les marchandises seront
reprises au même prix qu’elles ont été vendues, au prix net TTC.
N° avoir Date avoir N°client
Code article Désignation Quantité Prix unitaire Montant total brut
TOTAL BRUT HT Remise
Net commercial Escompte Net financier TVA
Avoir net
45 rue du porche 23547 Porche ABC
AVOIR SA au capital de 75.000€
000 rue de la Ville - 00236 Outre N° SIREN : 123456789
N°RCS : 78956123456789 ALGO
Cette facture doit reprendre toutes les réductions accordées au client initialement lors de la facture de « doit ». Comme le client a bénéficié des réductions sur le total de ses achats de marchandises, lors du retour d’une partie, le fournisseur doit reprendre ces réductions sur la partie rendue.
La TVA ayant été payée sur la totalité des marchandises par le client, ce dernier doit récupérer la partie qui concerne les marchandises rendues (comme dans le cas précédent).
Par contre, les majorations ne sont pas retirées au prorata de la partie rendue. Ils ont été
payés par le client en raison d’un service rendue, il n’y a donc aucune raison de récupérer une
partie d’entre elles.
Section 4 : Les modes de règlement
Il existe une multitude de modes de règlement que peut utiliser le client pour régler son fournisseur. En règle générale, la décision du choix passe par un accord commun entre les deux parties du contrat.
Les modalités de règlement : sur la facture, le client n’est pas toujours obligé de payer immédiatement ou à une date régulière.
Comptant : mode de paiement sans recours au crédit (sens comptable !). Il peut être immédiat ou différé.
Crédit (ou à terme) : paiement après un délai fixé en accord avec le fournisseur (crédit 30 jours, crédit 60 jours). Dans ce cas, le client reçoit bien les marchandises mais ne paient qu’une fois l’échéance arrivée. Un crédit particulier sera l’effet de commerce.
Les moyens de paiement
- Le règlement en espèces : composé de pièces et de billets. L’entreprise utilise sa
« Caisse » pour payer son fournisseur. On parle de monnaie fiduciaire.
- Le règlement par chèque bancaire : il faut faire appel à un intermédiaire : banque. On passe donc par le système bancaire. Le chèque est un titre par lequel un « tireur » (client) donne l’ordre à un « tiré » (banque) de payer à vue une somme déterminée à un « bénéficiaire » (fournisseur). Dès remise à la banque du chèque, on considère que celui-ci est encaissé. Il doit comporter des mentions obligatoires.
Il ne doit pas être un « chèque sans provision » : chèque émis dont les disponibilités sont insuffisantes pour être encaissé.
- Le règlement par chèque postal : Le titulaire d’un compte courant postal (la Banque Postale) donne l’ordre à son centre de chèques postaux de payer une certains somme à un bénéficiaire.
Remarque : le paiement par chèque est obligatoire pour les commerçants dont le montant dépasse 1100€. De même, le paiement des salaires en espèces est interdit si > 1500€.
- Le règlement par carte bancaire : certaines entreprises distribuent à leurs employés des cartes de crédit.
- Le règlement par virement bancaire : il s’agit d’un titre par lequel un client donne
l’ordre à une banque de prélever et de transférer une somme déterminée sur le compte
d’un fournisseur. Il peut être interne si les comptes des deux parties sont ouverts dans
la même banque ou sinon externe. Il peut être ponctuel (une fois) ou automatique.
Remarque : Concernant le client, il doit être informé des moyens de paiement autorisés. Il ne peut jamais refuser des espèces ou billets (sauf au-delà de la limite) mais peut refuser le chèque ou la carte bancaire, sauf pour le chèque s’il est affilié à un centre de gestion agrée
1. Le commerçant est obligé d’accepter le chèque (avec carte d’identité), carte ou virement pour le règlement > 3000€ (interdiction des espèces). Au-delà de 1500€, le paiement par carte bancaire oblige une signature d’une facture ou du ticket de caisse.
- Le règlement par prélèvement automatique : moyen de paiement automatisé, utilisé lors de règlements répétitifs sous autorisation permanente du client, qui fournit ses coordonnées bancaires (RIB). Il n’a aucune intervention bancaire. En général, le débiteur reçoit un avis de prélèvement avant la date d’échéance.
- TIP (Titre interbancaire de Paiement) : L’autorisation n’est plus permanente comme le précédent mais ponctuelle. L’autorisation est renouvelée à chaque émission de TIP.
- Mandat postal : moyen de transférer des fonds en mandatant les services postaux. Le client verse des espèces à un bureau de poste et mandate celle-ci de payer une somme déterminée à un bénéficiaire ou d’inscrire cette somme au crédit du compte postal du fournisseur.
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