Éditorial
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17 février 2016
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Infections des voies
respiratoires chez l’enfant : où en sommes-nous en 2016 ?
Prs CONSTANCE BARAZZONE-ARGIROFFO,
ANDREA SUPERTI-FURGA, KlARA POSFAY-BARBE et Dr SANDRA ASNER
Le pédiatre est largement confronté aux patho
logies d’origine infectieuse qui constituent une forte proportion de ses consultations car le système immunitaire du jeune enfant n’a pas fini sa maturation et l’exposition répétée aux microorganismes permet de le développer.
Ces maladies infectieuses, pour ne nommer que les plus fréquentes, sont les infections respiratoires hautes et basses, les gastroenté
rites et les infections urinaires.
D’autres sont plus rares heureu
sement, mais peuvent être grevées d’une certaine morbidité, comme les pyélonéphrites, les arthrites, les ostéomyélites ou encore les méningites. Les maladies infec
tieuses ORL (otorhinolaryngologiques) et des voies respiratoires sont le pain quotidien du pédiatre, surtout pendant la période hivernale, que ce soit chez les patients ambulatoires au cabinet ou chez les enfants qui doivent être hospitalisés en raison d’un décours clinique compliqué. Il n’y a pas si longtemps, l’ex
pression de « morveux » était presque syno
nyme de jeune enfant ! Selon les données de l’Office fédéral de la santé publi que (OFSP;
données 2012), les praticiens de premier re
cours comptabilisent plus de 5000 consulta
tions pour des pneumonies communautaires aiguës pédiatriques et plus de 23 000 consul
tations pour des otites moyennes aiguës chez l’enfant.
Ce nombre élevé de consultations pour des infections ORL et respiratoires suggère que les pédiatres et médecins de premier recours largement exposés à ces situations devraient bien connaître les stratégies de prise en charge.
Toutefois, l’épidémiologie est toujours en cours de changement, à cause, entre autres, de l’évo
lution des germes pathogènes que ce soit en termes de vaccinations ou de traitements an
tibiotiques. En effet, en dépit de la fréquence de ces maladies, leur prise en charge reste un
sujet de débat. C’est pourquoi une mise à jour et une standardisation des recommandations nationales et internationales nous semblaient utiles et nous avons donc choisi ce sujet pour la RMS 2016 consacrée à la pédiatrie.
Ce numéro traite tout d’abord de l’angine à streptocoque du groupe A, des otites moyen
nes aiguës (OMA) et des pneumonies com
munau taires. Les auteurs revoient avec objectivité la difficulté que repré sentent l’éta blissement de certaines définitions et critères diag nostiques, mais aussi l’inter
prétation des résultats d’études plus controversées. Verolet et coll. revoient l’évidence soutenant l’utilité de traiter les angines streptococciques en Suisse, puisque la plupart des recommanda
tions actuelles se basent sur une épidémiologie ancienne.
De même, l’épidémiologie de la pneumonie aiguë a été largement modifiée par l’instaura
tion de la vaccination contre l’Haemophilus influenzae de type b et les pneumocoques ayant conduit à une révision des recommandations des prises en charge des pneumonies commu
nautaires chez l’enfant, présentée par Wagner et coll.
Les vaccins, comme vous le verrez dans les articles, ont aussi évolué, permettant mainte
nant de protéger plus efficacement contre le pneumocoque, bactérie responsable de pneu
monies et d’otites. Blanchard et Crisinel re
voient l’impact de la vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué multivalent sur les infections ORL et les pneumonies commu
nautaires en pédiatrie. En effet, si ce vaccin a principalement été développé pour diminuer le nombre d’infections invasives à pneumo
coques chez le jeune enfant, le bénéfice indi
rect, après la mise sur le marché, a été éton
Articles publiés sous la direction des professeurs
CONSTANCE BARAZZONE- ARGIROFFO Médecin-chef Unité de pneumologie pédiatrique Service des spécialités pédiatriques Département de l’enfant et de l’adolescent HUG, Genève
ANDREA SUPERTI-FURGA Médecin-chef Département médico-chirurgical de pédiatrie CHUV, Lausanne
l’éPIDémIOlOGIE EST TOUjOURS
EN COURS DE ChANGEmENT
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REVUE MÉDICALE SUISSE
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namment rapide avec un effet de protection contre les infections ORL chez le patient vac
ciné, mais aussi avec un effet de groupe sur des patients, même adultes, non vaccinés. Malgré ces efforts constants d’amélioration des vac
cins, la protection n’est pas totale et les com
plications aiguës de l’OMA, notamment la mastoïdite, présentent toujours une morbidité élevée, telle que soulevée par Richard et coll.
Outre une antibiothérapie ciblée, une mas
toïdite ou un abcès intracrânien nécessitent souvent un débridement ou un drainage chi
rurgical.
Il reste cependant un grand nombre d’infec
tions respiratoires pour lesquelles il n’existe pas encore de vaccination efficace : par exem
ple, il n’y a pas encore de vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS), agent de la bron
chiolite, infection respiratoire extrêmement répandue dans la première année de vie, le plus souvent bénigne, mais pouvant évoluer en un tableau clinique grave.
L’impact du diagnostic moléculaire permettant une détection accrue des virus respiratoires (sensibilité jusqu’à cinq fois supérieure com
parée aux méthodes dites traditionnelles) et la détection de nouveaux virus tels que nou
veaux coronavirus (CoV) est repris par Asner.
Ces méthodes ont décelé une variété de virus auparavant insoupçonnés et ont
aussi montré que les rhinovirus, connus depuis longtemps et sou
vent considérés comme bénins, peuvent être plus « méchants » que l’on pensait. Au cabinet, le diag
nostic moléculaire peut être utile pour diminuer la prescription su
perflue d’antibiotiques. Actuelle
ment, son utilisation systé matique reste limitée en raison de son coût élevé et doit donc être éva
luée au cas par cas. Toutefois, c’est un domaine où l’on peut s’attendre à des évolu
tions spectaculaires dans un avenir proche.
Cette revue porte sur des pathologies pédia
triques courantes et est essentiellement tour
née vers le diagnostic et la prise en charge des infections respiratoires au cabinet. Elle de
vrait permettre de remettre à jour les con
naissances et d’orienter le praticien vers des références de qualité.
lES RhINOvIRUS, SOUvENT CONSIDéRéS COmmE BéNINS,
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PENSAIT
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