1990-91 LA GUERRE DU GOLFE
Le 1er août 1990, les troupes irakiennes envahissent l'État du Koweït sans rencontrer d'opposition. Aussitôt, les Nations unies somment le président Saddam Hussein de renoncer à son annexion.
Face au refus de Bagdad, une coalition armée internationale sous commandement américain déclenche l'opération "Tempête du désert"
qui maîtrise rapidement la résistance irakienne, en 1991.
Est ce une victoire ou encore une maladresse américaine ? Qui sont les véritables vainqueurs du conflit ?
I. Les causes :ambitions et surendettement.
1. La guerre du Golfe naît du conflit qui a opposé l'Irak et l'Iran entre 1980 et 1988. Après huit années d'un conflit terriblement meurtrier et ruineux, le président irakien, Saddam Hussein, entend établir sa domination sur le Moyen-Orient. Il ne ménage pas son aide aux opposants libanais à la Syrie et multiplie les signes menaçants à l'égard d'Israël.
2. Afin de combler le lourd handicap économique de l'Irak , Saddam Hussein se tourne du côté du Koweït après que les monarchies du Golfe aient refusé d'annuler la dette irakienne.
Les forces armées irakiennes envahissent le Koweït le 1 er août 1990.
3. La petite pétromonarchie est annexée et devient la "19e province" de l'Irak (28 août).
II Les négociations de la dernière chance
1. Alors que 400000 Koweïtiens et 600000 étrangers prennent la fuite, les soldats irakiens se lancent dans une politique d'occupation particulièrement sauvage, n'hésitant pas à miner la quasi-totalité des puits de pétrole.
2. Le Conseil de sécurité de l'ONU réagit en adoptant la résolution 660 qui condamne l'agression et exige un retrait inconditionnel. D'autres résolutions suivent en août et novembre.
3. Elles se traduisent notamment par la mise en place d'un embargo. Commence alors une véritable partie de bras de fer entre le président américain George Bush et son homologue irakien.
4. Washington déclenche l'opération "Bouclier du désert" : les premiers soldats américains arrivent en Arabie Saoudite. Le président Bush obtient le soutien diplomatique du dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Dans un communiqué commun, Washington et Moscou se prononcent pour l'évacuation du Koweït et la libération des otages occidentaux - des techniciens en poste en Irak - dont Saddam Hussein entend se servir comme
"bouclier" humain.
5. Toutes les demandes de l'ONU se heurtent à l'intransigeance du président qui brouille les cartes en se posant comme le champion de la cause palestinienne.
6. La décision des États-Unis, au début de novembre, de doubler ses effectifs en Arabie Saoudite convainc l'opinion publique de l'imminence de la guerre.
7. À la veille de l'épreuve de force, l'opération "Bouclier du désert" réunit 28 États : des États arabes comme l'Égypte, le Maroc, la Syrie; des États européens dont la Grande-Bretagne, la Tchécoslovaquie et la France; des pays asiatiques dont le Pakistan et le Bangladesh (pour sa part le Japon s'en tient à une contribution financière); des États africains comme le Niger et le Sénégal, figurent en bonne place aux côtés des États-Unis.
III Une Guerre violente bréve et technologique.
1. Saddam Hussein, qui multiplie pourtant les menaces, se décide à libérer tous les otages : c'est chose faite le 13 décembre. La rencontre de la dernière chance qui réunit à Genève, le 9 janvier 1991, le secrétaire d'État américain James Baker et le ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, échoue. Selon les vœux du Congrès américain, Bush a les mains libres pour lancer une "action multilatérale légitimée par l'ONU".
2. Dans la nuit du 16 au 17 janvier, les forces alliées déclenchent l'opération "Tempête du désert" sous la forme d'une importante offensive aéronavale. C'est un véritable déluge de fer et de feu qui s'abat sur l'Irak : missiles de croisière Tomahawk, avions furtifs, bombes à guidage laser. Les centres de communication et de contrôle irakiens, les installations nucléaires et chimiques, et les rampes de missiles sont ainsi visés, tant en Irak qu'au Koweït.
À la cadence de 2000 sorties par jour, l'aviation alliée interdit toute possibilité de riposte à l'adversaire. Saddam Hussein décide alors de lancer des missiles Scud sur le territoire d'Israël. Tout en étant simple, sa tactique n'en est pas moins redoutable. Le président irakien voulait en effet impliquer Israël dans la guerre pensant ainsi priver la coalition internationale du soutien de nombreux pays arabes. Il a fallu l'intervention personnelle du président américain pour dissuader l'État hébreu de riposter.
IV. Une victoire à la Pyrrhus
En dépit des efforts de médiation de l'URSS, Saddam Hussein demeure inflexible, ordonnant d'incendier les puits de pétrole koweïtiens. Cette mesure déclenche une gigantesque marée noire dans le nord-ouest du Golfe.
L'engagement des forces terrestres paraît alors inéluctable.
La campagne terrestre (24 février - 27 mars 1991) se déroule avec autant de succès que les opérations aériennes.
Les forces irakiennes au Koweït sont prises au piège par les troupes américaines tandis que la division française Daguet couvre la manœuvre d'encerclement. Celle-ci dure une centaine d'heures au cours desquelles la mobilité, la supériorité technologique et les capacités logistiques des Américains ne laissent aucune chance à l'adversaire.
Saddam Hussein demande le cessez-le-feu, renonçant ainsi à ses prétentions sur le Koweït.
Les combats cessent le 28 mars, mais les Kurdes d'Irak déclenchent une insurrection vite réprimée par l'armée irakienne. Outre la reconnaissance de l'intangibilité des frontières du Koweït, Bagdad doit renoncer à ses capacités balistiques, chimiques, biologiques et nucléaires. Bien que la guerre se soit soldée par une cuisante défaite, Saddam Hussein réussit à se maintenir au pouvoir.
Conclusion :
Paradoxalement cette guerre a renforcé le pouvoir et l’image du vaincu qui s’est opposé a une formidable coalition (le nouveau Saladin).
L’injuste embargo affame les femmes et les enfants d’Irak. L’image des USA sort ternis de l’incohérence de sa politique étrangère sous couvert de « gendarmes du monde ».
L’ONU apparaît comme une nouvelle forme de colonialisme.