A LAIN G UÉNOCHE
Vainqueurs de Kemeny et tournois difficiles
Mathématiques et sciences humaines, tome 133 (1996), p. 57-65
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VAINQUEURS DE KEMENY ET TOURNOIS DIFFICILES
Alain GUÉNOCHE1
RÉSUMÉ - Dans cet
article,
on s’intéresse à la détermination des ordres médians des tournois valués. On propose d’une part des améliorations d’une méthode arborescente permettant de limiter le nombre de n0153uds et donc d’accélérer l’énumération des ordres médians. D’autrepart,
pour les tournois
difficiles qui
restentincalculables,
on propose de réduire le tournoi en éliminant certains candidats.SUMMARY -
Kemeny
winners and hard tournamentsIn this paper, we deal with the
computation of median
ordersof weighted
tournaments.First,
wepresent improvements of
a branch and bound method in order tospeed
up the enumerationof
median orders.
Then, for
the hardtournaments for
which theseimprovements
are notsufficient,
we
study
two ways to reduce the tournamentby deleting
vertices which appear as poor candidates.1. INTRODUCTION
Un tournoi est un
graphe orienté, antisymétrique
etcomplet.
C’est parexemple
le résultat decomparaisons
parpaires.
Sur un ensemble X decandidats,
par unsystème
de notes, des classementsd’experts
ou descomparaisons
deux àdeux,
on décide si x est meilleur que y et on oriente enconséquence
l’arc entre x et y. Cettepréférence peut
êtrepondérée
ou non, donnantainsi un tournoi valué ou non. Pour les tournois
valués,
on admet des arcs depoids nul,
c’est-à- direqu’il peut
y avoir indifférence entre deux candidats.Nous nous posons le
problème
dedésigner
un sous-ensemble descandidats,
les gagnants dece
tournoi,
ceuxqui
sont considérés collectivement comme les meilleurs. Suivant leprincipe
deCondorcet
[ 1785],
s’il existe un élémentpréféré
à tous les autres, c’est luiqui
doit êtredésigné vainqueur ;
mais souvent aucun élément neremplit
cette condition. D’autrepart,
on ne veutsouvent pas
qu’un
seulgagnant,
maisplusieurs
candidatssélectionnés,
voire un ordre total surl’ensemble des candidats.
Ce
problème
se rencontre dans de nombreux domainesd’application ;
citons entre autres :~ le
dépouillement
d’unscrutin,
pour élire un certain nombre dereprésentants ;
,~ le classement des élèves
d’après plusieurs épreuves,
pour l’attribution desbourses ;
~ le choix
agronomique, parmi
des variétés d’une mêmeespèce,
en fonction du rendement ou d’autrescritères ;
~ les classements
hédonistes,
pour attribuer des médaillesaprès
desdégustations comparatives ;
~ le choix d’une
heuristique parmi plusieurs
méthodes concurrentes pour desproblèmes
NP-difficiles
d’optimisation.
1
LIM-CNRS,
163 Av. deLuminy,
13288 Marseille Cedex9, [email protected]
correspond
un ordre totalunique compatible
avec lui.,Sinon,
pour tout ordre 0 = ol > 02 > ... >on, il y a dans T au moins un arc
(o ~, o-) avec j
> i parlequel
passe uncircuit ;
c’estl’effet
Condorcet.
Classiquement
onplace les
sommets sur un axe,de gauche
à droite en suivant cetordre et on ne trace que les arcs du tournoi
qui
sont en désaccord avecl’ordre,
etqui
vont doncde droite à
gauche
et que l’onappelle
arcs retour[Hudry 1989]. Ainsi,
la distance entre le tournoiT et un ordre 0 est la somme des
poids
des arcs retour :Pour rendre le tournoi
transitif,
il fautsupprimer
tous sescircuits,
c’est-à-dire inverser certains arcs. Si le tournoi est nonvalué,
tous les arcs ont un mêmepoids
unitaire et on cherche àinverser un nombre minimum
d’arcs,
mais s’il estvalué,
il convient d’inverser les arcs dont lasomme des
poids
est minimum. Les ordres totaux à distance minimum(les
ordresmédians)
dutournoi,
sont ceuxqui
minimisent7).
Soulignons
d’embléequ’il
y a rarement un seul ordre à distance minimum. Ilpeut
y avoirbeaucoup
d’ex oequo, et même unequantité exponentielle [Hudry
etWoirgard 1994].
Ils sonttous
équivalents,
c’estpourquoi
il est nécessaire de les énumérer. Lesgagnants
que nousdésignons
sont, suivantKemeny [1959] (d’où
ici la notationdK
pour la distanceconsidérée),
leou les
premiers
éléments de ces ordres médians.2.
ÉNUMÉRATION
DES ORDRESMÉDIANS
L’algorithme
de base est une méthode branch and bound[Guénoche 1977] précédée
d’uneapproximation
de la distance minimum d’un ordre au tournoi par des méthodesheuristiques.
Cette méthode est tout à fait
fondée, puisque
leproblème
est NP-difficile[voir
parexemple
Charon, Hudry
etWoirgard 1996] ;
elle a été décrite en détail dansBarthélemy,
Guénoche etHudry [1989],
et nous ne lareprendrons
que dans sesgrandes lignes.
On calcule
préalablement
la distance de certainsordres,
dontl’expérience
montrequ’ils
sontsouvent
proches
du tournoi. Ilspeuvent
être construits par desheuristiques
fondées surl’élimination des circuits de
longueur
3[Smith
etPayne 1974] adaptées
aux tournois valués ou,plus récemment,
par des méthodesd’optimisation stochastique.
Le meilleur d’entre eux fournitune borne
supérieure
Dmaxqu’il
est inutile dedépasser.
Comme pour toute méthode branch and
bound,
on construit une arborescence dont les noeudssont ici des débuts d’ordres totaux, des sections
commençantes.
Chacune de ces sectionspeut,
apriori,
seprolonger
en un ordre total à distance minimum du tournoi.Chaque
section a unevaleur
qui
est une borne inférieure de la distance au tournoi de tout ordrecommençant
par cette section.À chaque étape,
onprolonge
la section de valeur minimum de toutes les manièrespossibles,
si les sections résultantes restent à une distance inférieure ouégale
à Dmax.Soit 0 = o t >... une feuille de cette
arborescence,
c’est-à-dire un ordre total sur les p sommets ainsi classés.Sa
valeurV(0)
est définie par :(toujours
avecT(x, y)
= 0 si(x, y)
n’est pas un arc deT).
C’est la somme des
poids
des arcs retour dont l’extrémité est dans la section0,
où que soitl’origine.
Ses successeurspossibles
sont les sections obtenues enprolongeant
0 avec l’un desn - p sommets
1 y,,
...,y,-p 1
nonplacés
dans 0. Tant que l’on n’a pas construit un ordretotal,
on
répète
lesopérations (i)
et(ii) :
(i)
Trouver une feuille 0 = ol > ...> op
dans l’arborescence dont la valeur est minimum. Ondéveloppe
donc une arborescence « au moindre coût » d’abord.(ii)
Si p= n - 1,
il suffit de luiajouter
le dernier sommet nonplacé
YI et l’ordre ol > ... > on-i> YI est à distance minimum du tournoi. On a donc trouvé un ordre solution à distance
d =
V(O).
Sinon on
développe l’arborescence ;
onajoute
à 0(qui
n’est doncplus
unefeuille)
lesnoeuds
correspondant
à cette sectionprolongée
de certainsdes n - p
sommets nonplacés
dans X. Ce sont ceux
qui :
- d’une
part
ne dominent pasop
si les valuations sont strictementpositives, puisqu’alors
un ordre à distance minimum d’un tournoi est associé à un chemin hamiltonien de ce tournoi[Remage
Jr. etThompson Jr. 1966],
- d’autre
part
ont une valeur inférieure ouégale
à la borne Dmax calculée initialement.La valeur de la section D
prolongée
d’unsommet
estégale
à la valeur de 0augmentée
du coûtde yi, c’est-à-dire la somme des valeurs des arcs allant d’un sommet yk non classé à yi :
Si l’on cherche une seule
solution,
on s’arrêtera aupremier
ordre totalconstruit,
mais si l’onveut tous les ordres
médians,
on continuera àdévelopper
l’arborescence. Si l’onpeut
encoreprolonger quelques
sectionscommençantes
sansdépasser d,
on aboutit à d’autres solutions.Quand
toutes les feuilles de l’arborescencecorrespondent
à des sectionsimpossibles
àprolonger,
on a énuméré tous les ordres totaux à distance minimum du tournoi.
Exem le :
Soit le tournoi non valué donné par la table ci-dessous :On obtient aisément un ordre à distance
4, a > b > c > g > d > e > f.
Cette bornepermet
d’énumérer 5 ordresmédians, qui
sont bien à distance 4 du tournoi. Enplus
duprécédent,
il>f >c>d>e.
Souvent ce
type
de méthodes échoue à cause de lacomplexité
desproblèmes
de consensusdans les relations d’ordre
[Barthélemy
etMonjardet 1981].
La construction des ordres médiansest un
problème
NP-difficile etl’espace
mémoire nécessaire estproportionnel
à la taille del’arborescence. Même pour des programmes
efficaces,
il sepeut
que sur un tournoi d’unevingtaine
de candidats on nepuisse
énumérer lessolutions,
ni même en construire une seule.C’est à ce
type
de difficultés que nous consacrons leparagraphe
suivant.3. COMMENT LIMITER LA TAILLE DE L’ARBORESCENCE ?
C’est bien le
paramètre
essentiel de la calculabilité effective de l’énumération. Plus l’arborescence de recherche estgrande, plus
l’on passe detemps
àexplorer
tous ses noeuds pour déterminer s’ilspeuvent
aboutir à un ordre médian.Voyons
deux idées pour éviter dedévelopper
des noeuds inutiles.
> 3 de valeur
v ;
de trois choses l’une :i)
si v’= v, on conserve cette sectioncommençante
dans l’arborescence si on veut tous les ordresmédians ;
ii)
si v’ v, on conserve cette sectioncommençante,
on metà jour
la valeur de lapartie : V( { 1, 2, 3, 4 } )
= v’ et on annule dans l’arborescence l’ancienne sectioncommençante
1 > 2 > 3 >4, puisque
iii)
si v’ > v, il est inutile de créer le noeudcorrespondant
à 2 > 1 > 4 > 3 car cette sectioncommençante
nepeut
aboutir à un ordre médian.En testant l’efficacité de cette idée pour l’énumération des ordres
médians,
on constate quel’arborescence résultante a, en gros, trois fois moins de sommets. Il faut certes
adapter
unestructure de
données,
detype
fonctioncaractéristique
desparties
deX,
pourgarder
la valeur du meilleur ordre dechaque partie.
Mais au total on estlargement gagnant
entemps
et enplace.
Un autre intérêt de cette
implémentation
est que si l’on ne cherchequ’un
seul ordremédian,
on
peut
confondre les casi)
etiii).
Si l’on adéjà
un ordre de valeur v sur cettepartie,
il est inutiled’encombrer l’arborescence avec un nouvel ordre de même valeur sur cette même
partie.
Nousavons
insisté,
pour notreproblème,
sur la nécessité d’avoir tous les ordresmédians,
ou tout au moins tous les «gagnants »
d’un ordre médian.Ici,
l’obtention d’ununique
ordre médian aurapour effet de donner à Dmax sa
plus petite
valeur L1donc,
enrelançant
le programmed’énumération, d’aboutir, peut-être,
à l’énumérationcomplète.
3.2. Une valeur
plus ajustée
pour les sectionscommençantes
Pour évaluer une section
commençante
comme une borne inférieure de la distance au tournoi d’un ordrequi
commence par cettesection,
dans laprocédure présentée
au§2
on n’utilise que lesarcs retour dont l’extrémité est dans cette
partie.
Nous allons aussi tenircompte
dupoids
decertains arcs dont
l’origine
et l’extrémité sont dans lapartie complémentaire
notée F.Pour les tournois non
valués, Charon-Fournier,
Germa etHudry [1992]
ont utilisé laséquence
desdemi-degrés
extérieurs du tournoi réduit à F. Un tournoi transitifd’ordre q
acomme
séquence
dedegrés, rangés
dans l’ordredécroissant,
la suitedl
= q -1, d2
= q -2,
...dg
= 0. Sur l’ensemble des sommets non classés on a,toujours
suivant l’ordredécroissant,
unesequence
particulière
...,dq.
L’inversion d’un arc abaisse ledegré
de sonorigine
d’uneunité,
etaugmente
d’autant ledegré
de son extrémité. Donc pour passer de laséquence dl ~
...,dq
à la
séquence
...,dq,
il faudra inverser au minimum un nombre d’arcs’
On
peut
parconséquent
donner à une sectioncommençante
une valeurplus
forte enajoutant
aunombre d’arcs retour dont l’extrémité est dans 0 cette valeur
«F).
Les noeuds dont la valeuroutrepasse
Dmax étantéliminés,
l’arborescencedéveloppée
nepeut
être queplus petite.
Expérimentalement
on constate que legain
est trèsimportant, puisque
le nombre de sommets del’arborescence est diminué en moyenne de
plus
de 75 %. Nous avonsrepris
cette idée enconsidérant les circuits de
longueur 3 ;
pour les tournois valués et nonvalués,
nous avonsexploité
deux idéesqui
se sont avérées très efficaces.3.2.1 Cas des tournois valués
Pour évaluer
chaque
sectioncommençante 0,
on nepeut
calculer un ordreoptimal
sur soncomplémentaire F,
mais onpeut
minorer lapart
de distance due à un ordre sur F à l’aide de sesseuls circuits de
longueur
3. Pour tout 3-circuit(x,
y,z),
le sous-toumoi s’écrit :Ce circuit coûtera au moins
v’(x,
y,z)
=Min { a, b, c}.
On va donc considérer leplus possible
de3-circuits inclus dans F. En
effet,
si l’un des sommets est dans0,
il sepeut
que l’arc depoids
minimum ait pour extrémité ce sommet et cet arc est
déjà comptabilisé
dansV(0). Ensuite,
si l’ontient
compte
du circuit(x,
y,z),
on nepeut
considérer un autre circuitqui
aurait un arc commun avec(x,
y,z)
car en retournant celui-là on annulerait deux circuits d’un seul coup.Il faut donc que les circuits considérés soient
arc-disjoints
et de somme despoids
aussigrande
quepossible.
Pour êtreefficace,
on utilise unalgorithme glouton.
Dans unpré-traitement
on détermine le coût de tous les circuits de
longueur 3,
cequi
se fait en0(n3).
Préalablement audéveloppement
del’arborescence,
on range les 3-circuits dans l’ordre des coûts décroissants.Pour une section finissante
F,
on définitV’(F)
comme la somme des coûts des 3-circuits arc-disjoints
contenus dans F et sélectionnés parl’algorithme glouton.
Onpeut
alors utiliser commevaluation d’une section
commençante :
Cette meilleure borne
permet
dedévelopper
une arborescence trèsrestreinte, puisque
sur destournois construits à
partir
d’ordres tirés au hasard et valués par le nombre depréférences,
lesarborescences résultantes ont 20 fois moins de sommets ! De
plus
cette évaluation des 3-circuits n’est pas trèspénalisante
dupoint
de vuetemps
decalcul, puisqu’elle
est engénéral proportionnelle
au nombre de 3-circuits.3.2.2 Cas des tournois non valués
Chaque
arcpermet
desupprimer
un certain nombre de 3-circuits.Appelons degré
de l’arc(x, y)
le nombre de circuits danslequel
il estimpliqué ;
c’est laterminologie
consacrée dansl’hypergraphe
H dont les sommets sont les arcs du tournoi et les arêtes les circuits considérés. Il est clair que l’on a intérêt à retourner les arcs dedegré
maximumpuisque,
s’ilsappartiennent
àdes circuits
disjoints,
ilssupprimeront
autant de circuits que la somme de leursdegrés.
Sansvérifier
qu’ils
soientdisjoints,
poursupprimer
tous les NbC 3-circuits de lapartie F,
il faudra inverser des arcs dont la somme desdegrés
estsupérieure
ouégale à
NbC. On range donc lesarcs dans l’ordre des
degrés décroissants,
et l’on somme cesdegrés jusqu’à
atteindre oudépasser
NbC. Le nombre d’arcs nécessaires constitue une nouvelle borne inférieure de la distance du sous-tournoi réduit à F à un ordre total.Exem le :
Sur le tournoiprécédent,
il y a 10 circuits delongueur 3, { (a, b, d), (a,
c,d), (a, f, d), (a,
g,d), (b,
c,e), (b, d, e), (b,
g,e), (c, e,f), (c, (d, epl.
L’arc(d, a)
est dedegré 4,
l’arc
(e, b)
dedegré 3 ;
il y a 6 arcs dedegré 2,
et 11 arcs dedegré
1. Poursupprimer
les 10circuits,
il faudra donc au moins 4 arcs, si bien que tout ordre médian est au moins à distance 4.En utilisant comme borne inférieure de la distance
on
développe
une arborescencequi
a 20% de sommets en moinsqu’avec
leparamètre
6. Cetteéconomie se paye néanmoins par un
temps
de calculplus long.
Pour tout candidat auprolongement
d’une sectioncommençante,
il faut dénombrer les 3-circuits de lapartie complémentaire,
enparcourant
une listepré-établie
sur le tournoicomplet,
et calculer lesdegrés
de leurs arcs,
puis compter
le nombre d’arcs des différentsdegrés.
gardant
que lespremiers (pour l’inclusion),
dire les
vainqueurs
de Banks(voir [Banks 1985]
ou[Laslier 1996]).
4.1. Intervalles de rang dans les ordres à distance bornée
Si l’on connaît la distance A d’un ordre
solution,
ou uneapproximation
de cettedistance,
onpeut
déterminer un rang minimum(resp. maximum)
pourchaque
candidat. Ce rang est laplus petite (resp. grande) position qu’il peut
occuper dans un ordre à distance inférieure ouégale
à L1.Il n’est pas certain
qu’il
existe un ordre médian danslequel
ce candidat occupe cetteposition,
mais on est assuré que dans tout ordre
médian,
il ne pourra pas êtreplacé
avant(resp. après)
cerang minimum
(resp. maximum).
Considérons le
candidat xk
d’un tournoi codé dans une matrice T commeprécédemment.
S’ilpeut
être classépremier
dans un ordremédian,
c’estqu’on
a1 T ( i, k ) _
A. S’ilpeut
être classéi~k
second, après
xj, c’estqu’on
a de mêmeOr,
il sepeut que xj
réalise le maximum des valeursT(i, k), (c’est-à-dire Tu, k)
= MaxT(i, k) ).
Donc pour que xkpuisse
êtrei # j
classé
second,
il faut avoir :De
façon plus générale :
PROPOSITION. Soit xk un candidat de T et soit
Ip
l’ensemble des indices des pplus grandes
valeurs de
T(i, k) (i ~ k).
Pour que lecandidat xk puisse
êtreplacé (p
+l)-ième
dans un ordremédian,
il faut avoirc’est-à-dire que la somme des n -
(p
+1) plus petites
valeursT(i, k) (en
ne considérant pasT(k, k))
ne doit pas excéder L!.En raisonnant de la même
façon
sur leslignes
de la matriceT,
si xk estplacé
au rang p + 1 dans un ordre à distanceA,
c’est que la sommedes p plus petites
valeurs de{ T(k, i),
i ~k 1
estinférieure ou
égale
à A. Sinon ondépasse
A avec les seuls arcs retourd’origine
xk.On
peut
donc calculer pourchaque
candidat un rang minimum et un rang maximum dans un ordre médian.L’exemple
suivant illustre ces considérations.Exem le :
Soit T le tournoi défini par la matrice ci-dessous :L’ordre b
> f >
d > c > a > e est à distance 4 deT,
d’où A = 4. Dans un ordre à distance4,
il fautque d
et f (ou
d ete)
soientplacés
avant a ; il nepeut
être au mieux que troisième. Il nepeut
êtredernier,
car il serait àl’origine
d’arcs retour dont la somme despoids
est 5. Il est donc aupire cinquième. L’application
de laproposition précédente
donne les rangs minimum et maximumsuivants :
Pour le rang
minimum, qui
est le seulqui
nousimporte
vraimentici,
il suffit de ranger pour tout k( 1 _ k _ n)
les valeurs de{ T(i,
dans l’ordre croissant et de sommer les valeurs danscet ordre tant
qu’on
nedépasse
pas L1. Si l’onpeut
additionner pvaleurs,
il y a auplus
n -p - 1
candidats que l’on
peut placer
avant xk pourqu’il puisse sortir ;
il est donc au mieux au rang n-p.Pour éliminer des
candidats,
il suffit de considérer la borne A donnée par une méthodeheuristique,
et de retirer tous les candidatsqui dépassent
un rangseuil,
parexemple
ceuxqui
nesont jamais
dans lapremière
moitié. Dansl’exemple précédent,
on élimine c et e. Cettetechnique
n’est vraiment efficace que sur les tournois
valués,
car avec les tournois nonpondérés,
on necomptabilise
que des valeurs unitaires. Ainsi avec la borne de 4 déterminée surl’exemple
de lapartie 2,
tous les candidatspeuvent
êtrepremiers !
On n’aurait donc éliminé personne.4.2. Les
premiers
des chaînes transitives maximalesUne chaîne transitive est une
partie
de X totalement ordonnéequi
neprésente
aucun arcretour. Elle est maximale si elle n’est incluse dans aucune autre chaîne. Un sommet
qui
arrive entête d’une chaîne transitive maximale
s’appelle
unvainqueur
de Banks[1985].
Bien quel’ensemble des
vainqueurs
deKemeny
et celui desvainqueurs
de Bankspuissent
êtredisjoints,
même pour des tournois valués par 1
(voir
parexemple [Charon, Hudry
etWoirgard 1996]),
onpeut
calculer lespremiers
sur le sous-tournoiengendré
par les seconds. Eneffet,
une chaîne transitive maximale est un sous-ensemble de candidats au classement « indiscutable », chacun étant meilleur que tous ceuxqui
le suivent. La restriction du tournoi à leursvainqueurs
sejustifie
par l’observation que si x
n’est jamais premier
d’une tellechaîne,
c’estqu’il
existetoujours
unélément y
qui
domine tous ceux que xprécède
dans un classement indiscutable.Soulignons qu’un
élément xpeut
ne pas êtrepremier
dans la chaîne(y,
x, z,u)
maispremier
dans la chaîne
(x,
t,u) ;
il suffit que y ne domine pas t.Puisque
x estpremier
au moins unefois,
il ne sera pas éliminé.
Pour déterminer les
vainqueurs
deBanks,
on associe àchaque
candidat x l’ensemble Nd desautres candidats
qui
ne le dominent pas dansT,
c’est-à-dire l’ensemble de ses successeurs dans T ycompris
x lui-même :Pour énumérer toutes les chaînes transitives
maximales,
ondéveloppe
encore unearborescence. On
place
aupremier
niveau tous les éléments x tels quelVd(x)
est unepartie
maximale
(pour l’inclusion). À n’importe quel
noeudcorrespond
une chaîne P des élémentsplacés,
que l’on obtient en remontantjusqu’à
la racine. Pourprolonger
cette chaîne :- on construit la
partie Q
des éléments nonplacés qui
ne dominent aucun des éléments de P :- on construit l’ensemble D des éléments
qui
dominent au moins un des éléments de P ouqui sont dans P : D = X B Q
- on
prolonge
P avecchaque
élément yde Q
tel queNd(y)
B D estmaximale ;
autrementdit,
onprolonge
P par toutes les chaînes transitives maximales du sous-tournoiengendré
par lessommets de
Q.
On obtient ainsi toutes les chaînes transitives. Cet
algorithme
estplus compliqué
que celuiqui
consiste à
placer
tous les éléments deQ après chaque noeud,
mais on obtient dans ce cas un trèsgrand
nombre d’inclusions et une arborescencebeaucoup plus grande.
Même en neprenant
queQ
={ b,
c,e, f, g }
et D ={ a, d } ,
si bienqu’il
y a 4 successeurspossibles
pourprolonger a :
cesont
b,
c, eet g (/* est
éliminé parb).
Ultérieurement,
pourprolonger
la chaîne P =(a, b)
on aQ
={ c, f, g }
et D ={ a, b, d, e } ,
ilreste trois
parties indépendantes,
et donc 3 successeurs.Au total on obtient 14 chaînes
transitives,
dontg > d > e, g > e > f et g > f > d qui
ne sontpas
maximales, puisqu’elles
sontrespectivement
incluses dansc > g > d > e, a > g > e > f et
b > g
> f >
d. Ilen
reste11,
toutes delongueur
4 sauf une : d > a > e ; les autres commencent para : a > b > c > g, a > b > f > c, a > b > g > f, a > c > g > e, a > e > b > f, a > g > e > f, b :b>c >g >d,b >f>c>d,b>g>f>d, ouc :c>g >d>e.
Donc si l’on devait sélectionner les candidats en tête de ceschaînes,
on considérerait le sous-tournoicorrespondant
aux candidats
b,
c,d } .
Figure
1 : Arbre des chaînestransitives ;
cellescommençant
par g ne sont pas maximalesCette
technique
de sélectionpréalable
desvainqueurs
de Banks estplus
fondée pour les tournois nonvalués,
car elle estindépendante
des valuations. Si parexemple
on donne la valeur6 à tous les arcs situés au-dessous de la
diagonale
dans la table du tournoi de lapartie 2,
tous les ordres médians commencent par g,mais g
n’esttoujours
pas lepremier
d’une chaîne transitivemaximale.
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