Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Le Rappel (Paris. 1869). 1892/03/12.
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CONTRADICTION
., CM.Porelquittel'Odéonpourl'Eden. Jeluisouhaiteautantde chancesurla rivedroitequ'ilenaeuesurla rive gauche;maiss'ilfaitprospérerl'Eden, il y auradumérite,carlethéâtrequ'il Iprenda eu jusqu'iciplusde procès quederecettes. , Je-lisaistoutàl'heure,dansleDroit, le compte-rendud'undecesprocès. Auxtempslointainsoùl'onespérait 4ûel'Edenattireraitla fouleetrega-gneraitaisémentlesquatremillions qu'avaitcoûtéle terrain,ledirecteur d'alors, M.Bertrand,avait engagé, commepremièredanseuse, MlleGio-vanninaLimidoet, commepremier danseur,M.GuerraNicolo.
'-;' Auboutde quelquesmois,M.Ber- trandperditdesesillusions,et,com-roeil estassezintelligentpournepas
s'entêteraprèsla déveine,il passala mainet transmitle théâtreà M.Re-nard. Le théâtre,c'est-à-direla salle,la scène—etlatroupe.Carundirecteurquicèdesadirection aledroitdecéder du mêmecoupsesacteurs.Troupe, ditestroupeau. : M.GuerraNicolon'ayantpasadmis qu'il fût un moutonet MlleGiovan-einaLimidoqu'ellefût unebrebis,le tribunaldelaSeineleura vertement signifiéqu'ilssetrompaient
:
-«
En principe,lesengagementspassésentre undirecteuret sesartistessontpré-sumésfaitsaubénéficedel'entreprise théâtrale;
le directeurpeutdoncen transmettrele profitaudirecteurqui îuisuccède.»Brebisetmouton. Maiscen'estpasdecelaquejeveux parler. ;, Voyantlerésultatdela situationde - ponprédécesseur,M.RenardaéprouvéJebesoind'essayerautrechose.Ils'est dit quel'insuccèstenaitpeut-êtreà ce queles spectateursétaienttroploin desdanseuses
;
il aeu l'idéedelesen rapprocher.C'estau moinsce que soutenaitMlleGiovanninadevantletribunal.
,
Letribunala
reconnu«quel'empla-cementréservéaux représentationsthéâtrales,et notammentauballetoù devaitfigurerla demoiselleLimido, 'avaitétéextrêmementrestreintetque ïa scèneavait
été
occupéeenpartie parleprolongementd'unpromenoir»; maisil ajugé«quecelane modifiait passérieusementl'EdenetqueRenard n'avaitapportéaucaractèredesrepré-sentationsaucunchangementdena-tureà gênerlesartistesenscène,à les mettreencontactdirectaveclepublic, à nuireenunmotà la manifestation deleurtalentet à leurconsidération personnelle
».
CondamnationdeMlle Limidoaux dépensetà larésiliation desonenga-gement.Condamnationde M.Guerra à 30,000fr. dedommages-intérêts. Bien,vousdites-vous
;
cedanseuret cettedanseusese plaignaientà tort. Les modificationsétaient insigni-fiantes.—Maisaprèsle tribunalcivilil y
a
eula courd'appel.Etvoilàcequejelis danslesconsidérantsdel'arrêt:
—«Considérantqu'àpartirdujour oùRenardena prisla direction,l'or-ganisationde l'établissementa été complètementmodifiée
;
quele pro-menoirdupremierétageaétérattaché authéâtrepardesescalierspermettant au publicde circulerlibrementpar-tout;qu'enun motl'Eden,originai-rement théâtre de danse, a été transforméen concert-promenade;
qu'enprésencedepareilschangements, GiovanninaLimidoavaitledroitdese refuserà un établissementoùsa di-gnitéet saréputationartistiquepou-vaientêtrecompromises».
Ainsi,contradictionabsolue.Pour le tribunal,lesmodificationsne por-taientaucuneatteinteà la considéra-tionpersonnelledes artisteset à la manifestationdeleurtalentetne les mettaientpasencontactaveclepublic; pourla cour,ellelescondamneà une promiscuitéquicompromet leurrépu-tationetleurdignité.
Cen'est encorelà qu'unediffé-rence d'appréciation
;
mais le tri-bunalet la courne s'accordentpas davantagesur la questionde fait:
pourl'un,l'Edenn'aétémodifiéqu'à peine;pourl'autre, il l'a été«
complè-tement». Tirez-vousdecettejustice-là. L'arrêtinfirmele jugement.M. Guerrane payerapas30,000fr. à M. Renard;c'est,aucontraire,M.Renard quiluienpayera3,500.M.Renarden payera10,000à MlleSavinaLimido, —Savina?VousvoulezdireGiovan-nina?—Non,Savina.Entrele juge-mentet l'arrêt,Giovanninaestmorte. Ona ditsursatombequela pertede sonprocèsy avaitcontribué. Lesavo-catsdeladirections'ensontindignés. Leur indignationne la ressuscitera pas. AUGUSTEVACQUERIE.1
LAÛUESTlOyiK COLONIES, Il y a troisans,le14mars1889,un rapportétaitadresséauprésidentdela République.Onylisait:
—« Lesexpéditionslointainesétant1 arrivéesàleurterme,lemoment nouspa-raîtvenudepourvoirnoscoloniesd'une administrationspécialementorganisée envuedelamiseenvaleuretdudéve-loppementdesrichessesde toutena-turequ'ellesrenferment.Lanécessité deconfierà uneadministrationcivilela directiondesaffairescolonialesa été généralementadmise.»
Le rapportdonnaitencored'autres raisonspourqu'onnelaissâtpascette directionauministèredelamarine:
—«Lesquestionsdetoutordreque soulèventlacréationetl'emploide lanou-velleflotte,lesincessantsprogrèsqui seproduisentdanslesdiversesbranches de l'art naval,ne permettentplusau ministrede la marine,absorbéparles soinsdeladéJense,d'apporter uneatten-tionsuffisanteà l'examendesquestions multiplesqui intéressent l'administra-tiondenospossessionscoloniales.»
Conformémentà cesconsidérations, l'administrationdescoloniesfut déta-chéeduministère delamarineetratta-chéeauministèreducommerce.
Troisansaprès,presquejourpour jour,le8mars1892,l'administrationdes coloniesvientd'êtredétachéedu minis-tèreducommercepourêtrerattachéeau ministèredelamarine.
Cequis'ajouteà l'étrangetédufait, c'estquele signatairedu rapportdu 14mars1889étaitM.deFreycinet,alors ministredelaguerre,chargéparintérim duministèredelamarineetdescolonies, etactuellementministredelaguerre.
M.de Freycinet,qui trouvaitalors que les expéditionslointainesétaient arrivéesà leurterme,trouvedoncau-jourd'huiqu'ellesn'ysontpasarrivées? Parquelprogrèsà reculons,despays mûrs,il y a troisans,pourl'adminis-trationciviledoivent-ilsretombersous latutellede l'administrationmilitaire
?
Commentle ministredela marine,qui avaitbienassezdela flotte,en a-t-il maintenanttroppeu
?
Ledécretde mars1889est la plus cruellecritiquequ'onpuissefairedu décretdemars1892.
COULISSESDES CHAMBRES L'ADMINISTRATIONDESCOLONIES M.Reinacha déposéhierla proposi-tiondecréationd'unministère descolo-niesquenousavionsannoncée.Maisle résultatde laséancea dérouté complè-tementlesprévisionsqu'onavaitfaites la veille.L'urgencea étérefuséeà la propositionqui,parsuite,devrapasser partoutelafilièredelaprocédure parle-mentaire.
C'est-à-direquelapropositionReinach devrad'abordpasserparl'épreuvedela commissiond'initiativesurles conclu-sionsdelaquellelaChambredéciderasi ellela prendou nonenconsidération. Encasd'affirmative,ilfaudrasoumettre la propositionà unecommission spé-cialequil'examineraaufondet ferale rapportsurlequella Chambrestatuera définitivement.
Onvoitparce simpleexposéquela questionn'estpasprèsdeveniren dis-cussiondevantla Chambreet qu'ilse passeraencoredelongsjoursavantque leministèredescolonies puissefonction-ner,aucasoùleParlement enautorise-raitlacréation.
-o-LEBUDGETDE1893 Lebudgetde 1893a étédéposéhier surlebureaudelaChambre parM.Lou-bet,présidentdu conseil,remplaçant M.Rouvier,quelarigueurdela tempé-ratureactuellecondamnejusqu'ànouvel ordreà nepassortir.Entenantcompte desdélaisd'impres-sion,onprévoitqueleprojetavectoutes lespiècesjustificatives—qui forment chaqueannéeun très grosvolume— pourraêtredistribuédansunedizainede jours.
La nouvellecommissiondu budget pourradoncêtrenomméeverslafindu mois.
"-—o—
LESTROUPESCOLONIALES M.deMontfort,député delaSeine-In-férieure,vientde saisirla Chambre d'unepropositionquesoixantede ses collèguesont signéeet qui a pour objetdedéciderl'incorporation
immé-diatedescontingentscoloniauxdansles troupescoloniales.
Cettemesure,sielleétaitvotée,aurait poureffetderéduireconsidérablement etpeut-êtredesupprimerabsolumentla partducontingentdelamétropoledans leserviced'outre-mer, partquiestfor- mée,onlesait,parlespremiersnumé-rosdutirageausort.Cettesolution
a déjàétéadmiseparla Chambredansleprojetrelatifà l'armée coloniale;mais
ce
projetdevantsubir, encore delongsretardsparsuitedesfor-malitésde la procédureparlementaire, M.deMontfont apenséqu'ilyavaitinté-rêt à distrairece pointdedétaildela questiond'organisationgénérale,pour enassurerpluspromptementlevote.Il feraitainsil'objetd'uneloidistinctequi pourraitêtreappliquéeimmédiatement. -o-LESGROUPESDUSÉNAT Lesgroupes qu'onessayedereconsti-tueràlaChambre —ainsiquenousl'a-vonsannoncé—n'ontjamaiscessé d'existerau Sénat.Chaqueannéeils procèdent,à cetteépoque-ci,au re-nouvellementdeleurbureau.Deuxde cesgroupes,l'unionrépublicaineet la gaucherépublicaine,viennentde faire leursélectionsenvuede cerenouvelle-ment. Lebureaudel'unionrépublicaineest ainsiconstitué:
Président:
M.Tolain. Vice-présidents:
MM.Dusolieret Chalamet. Secrétaire:
M.Morellet. Questeur:
M.Scheurer-Kestner. Délégués:
MM.Cazot,Demôle,Beral etdeSal.Lebureaude la gaucherépublicaine estainsicomposé
:
Président
:
M.Lenoël. Vice-président:
M.Magnin.Secrétaires
:
MM.HugotetChardon. Questeur:
M.EmileGayot.Comitédirecteur
:
MM.Merlin,Cho-vet,Cordelet, Pazat,Guérin,Bernard-Lavergneetlegénéral,
Deffis.i
,,
A LA
CHAMBRE
Notons,audébutdela séance,ledépôt parM.Loubet,aunomdu ministredes finances,duprojetdebudgetpour1893. Ilyavaitpasmaldemondedanslasalle; l'annoncedelapropositiondeloideM. Reinachet de l'interpellationde M. Arène,motivéestoutesdeuxparle rat-tachementdescoloniesau ministèrede lamarine,avaitexcitélacuriosité géné-rale.Un assautsérieuxallait-ilêtre donnéaucabinet
?
Aubancdugouver-nementontprisplaceauxcôtésdeM. Loubet,MM.'Ribot,Cavaignac,Viette, Develleet le nouveausous-secrétaire d'Etatauxcolonies, M.Jamais,trèsfé-licité.Laparolea étédonnéeà M.Joseph Reinach
;
il a lul'exposédesmotifsde sapropositiontendant,commeonsait, àlacréationd'unministèredescolonies. Çàetlà,des interruptions sesontpro-duites,assezconfuses. PuisM.d'Ail-lièresest montéà la tribune.« Savez-vous,a-t-ilditensubstance,queceque vousdemandeM.Reinachestgrave?
Unministère crééparuneloinepour-raitplusêtresuppriméqueparuneloi.» Etalorsiladéposéunepropositionplus «générale
»
quecellede M.Reinach, ainsiconçue,ouà peuprès:
«Lenom-bredesministèresetleursattributions sontréglésparlaloi.»M.Loubeta répondu;il s'estmontré pleinde mansuétude,affirmantquele transfertdescoloniesà la marinene sauraitimpliquer, delapartdugouver-nement,desidéesbelliqueuses; décla-rantn'avoirpasd'opinionsurlacréation d'unministèredescolonies; reconnais-santqu'ence quiconcernele rattache-mentau commerceou à lamarineil peutyavoirdupouret du
contre;pro-testantdesabonnevolonté.Cettephrase afaitrire
:
« Endisantquej'accepte d'étudierla questionavecla Chambre, je ne disrienquipuissefroisserles convictionsEtç'aété tout.Débatclos.Amainsdepersonne.» levées,l'urgencea été refuséeà lapro-positiondeM.d'Aillièrescommeà celle deM.Reinach;etM.EmmanuelArène, deboutà côtédu bancdesministres,a fait,enouvrant lesbras,ungestequisi-gnifiaitclairementquela nécessitéde soninterpellation,danscesconditions, neluiapparaissaitplus.Ils'enestsuiviunbrouhaha decon-versationsconfusesquis'estprolongé au delàdesproportionspermises.M. Floquetadûinviterénergiquementceux qui nepouvaientémotion pas« contenirleur »,à aller«larépandredansles couloirs»..L'ordredu jourappelaitla discussiondela proposition deM.Ca-milleDreyfus,relativeà lacélébration ducentenairedela proclamationde la République.M. Lavya développéun amendementtendantà déclarerjours fériésle 21septembreet le 10août. Commeonluifaisaitobserverquele22 septembreserait,en mêmetemps,la commémorationde la proclamationde laRépubliqueet cellede lavictoirede Valmy
:
«Sansle10août,s'est-ilécrié, iln'yauraitpaseudeValmy».
«Etsans le 14juillet,lui a-t-onrépondu,il n'y auraitpaseude10août.»Parbleu1
est-ce quetoutesles datesdela grande époquenesetiennentpas!
Est-cequ'il nefaudraitpaslescélébrertoutes!Mais ceseraitdifficile.Nééessitéétantdefaire unchoix,ladatedu 22septembrenous paraîtheureusementchoisie.C'estle22 septembretailledeValmy;la Républiquequefutconnueà Parislaba-naquit dansunjourde victoire;sa première aurorevitla fuiteéperduedeceuxqui foulaientdeleurspiedsinsolentslaterre deFrance;et detelssouvenirsseront salutairesàévoquertantquel'intégrité delapatrien'aurapasétéparnousre-conquise.Ona applaudila brèveré-ponsedeM.CamilleDreyfuset l'amen-dementdeM.Lavya
étéécartéà mains levées, etpar384voixcontre58lapro-positionde M.Dreyfusa étéadoptée. Nousauronsdoncunegrandefêtele22 septembreprochain.Cecifait,onestrevenuàladiscussion duprojetdeloisurlesconseils deprud'-hommes.La Chambre,sur l'article5, s'esttrouvéeenprésence desamende-mentsdontnousavonsdéjàparlé,l'un deM.Lavytendantàconférerl'électorat auxfemmespourl'électionauxconseils deprud'hommes,l'autre,pluslarge,de M. de Gasté,tendantà déclarerles femmesélecteurs
et
éligibles. Lacom-missionapersistédanssonoppos;""ùn, quenousavonsblâméel'autrejour, contreces propositionssi légitimes. Constatonsqu'elleaétébattueenpartie. Regrettonsqu'elle nel'aitétéqu'enpar-tie.C'est-à-direquela Chambrea re-poussé par345voixcontre132l'amende-mentdeM.deGastéetqu'ellea adopté, par283voixcontre231celui,incomplet, deM.Lavy.Lesouvrièreset employées aurontdoncdroitdeconcourir,comme lesouvriersetlesemployésà ladésigna-tion des conseillersprud'hommes;
à moinstoutefoisquele Sénat!.
comme iln'estmalheureusement quetroppos-sible!
La commission,abasourdiepar ce vote,a demandé,ayantbesoin desere-mettre,un délaiqu'onne pouvaitpas lui refuser.La discussiona doncété interrompue.Ellereprendrademain sa-medi.
LUCIENVICTOR-MEUNIER.
,
AU
SENAT
LeSénata commencéhia;la première délibérationsurleprojetdeloiayantpour objetlaconstitutiondesuniversités.Toute laséanceaétépriseparungranddiscours
danslequelM.Challemel-Lacour s'estdé-clarél'adversairerésoluduprojetdeloi. Ecoutéavecuneattentionsoutenue,ilaéta trèsapplaudiàlafin.Il a fourni denom-breuxargumentscontrelesuniversités,il enadénoncélesdangerseta terminéen s'étonnantque«desrépublicainsprennent tantdepeinepourressusciter lesinstitu-tionsdumoyen-âgeM. La.discussion conti-nueraaujourd'hui.
L'EXPOSITIONDE_LAROSECROH Lesalondela Rose-Croixs'estoffert deuxvernissages.Je sorsdudernier—. etnonsansmal—ayantfailliyétouffer. C'estdirequ'ily
a
foule,qu'ons'ypresse, qu'ons'y entasseet queM. Joséphin Péladantientlà un jolisuccès—au moinsdecuriosité.Ilafaitpreuve,entoutcas,d'espritde suite,de volonté,et, en moinsd'une année,su grouperautourde luiune soixantained'artistesdontlesouvrages, fortBiendistribués,occupentla grande piècecentralede la galerieDurand-Ruel.
LesgensquenosSalonsofficielsont untantinetfatiguésetquiviendrontà la Rose-qroixpoury chercherdunouveau, entrouveront-ils?Jenelecroispas.Du moins,autantqu'ilm'aétédonnéd'en jugerà premièrevueet dansunepro-menadenécessairementhâtiveet très houleuse,lesréminiscences etlesimita-tionsm'ontparul'emporterhautlamain surlesoriginalités—aussibiendansla peinturequedansla sculpture.L'artde PuvisdeChavannesetd'AugusteRodin s'y faitvivementsentir;ony retrouve deI'OdilonRedon,du Tassaert,mêléà dujaponisme,à dubyzantinisme, sur-toutà de nombreusesévocations ascé-tiqueset extatiquesde l'écoleditedes Primitifs.L'entrepriseesttoutefois àen-courager.Silessujetsapparaissentassez généralementcommeinsuffisamment traités,ils sontpresquetoujoursd'unordreélevéet sollicitent
davantageles aspirationsdel'âmequelesappétitsde lamatière.
Onremarqueraparmilespeinturesde M.HenriMartin, dontlesenvoisauSa-lonsonttoujourstrès appréciés,une grandetoilelumineuseetrecueillie inti-tuléeSolitudeetfiguréeparunefemme assisedansla campagne,sousun lau-rier-rose,un livresur sesgenoux,le touts'enlevantsurfondd'or;unNarcisse deM.Cornillier,d'unjolimouvementet qu'encadreun paysagequin'a riende banal
;
unerangéedepersonnagesassis surunbanc,dansdesattitudes découra-gées,durementdessinéset violemment peintsdepartiprisdanslamanièredes primitifs,parM.Holder;un groupede figuresailéeset mystiquess'envolant d'unclocheret planantsurlavilleen-dormie,parM.Schwabe; unetêteénig-matique,au regardtroublant,dansle goûtd'Holbein, plusunefigure,àtour-nuredemissanglaise,undoigtsur la boucheet intituléeSilence,par M. Knoff.M.AlexandreSéona peintcorrecte-mentM.JoséphinPeladan enrobevio-lette,latêtedecôté,la barbeenpointe, lescheveuxsurle front,détachantsur fondclairsonfinprofilpersan.D'autres envoisdu mêmeartiste,entreautres l'AndrogyneetCœurenpeine,arrêtent parleurrecherched'expression.Je n'ai pastrèsbiensaisil'idéequise dégage dutryptiquedeM.CharlesMaurin, inti-tuléYAurore,dontlesfiguresà teintes platessonttoutefois trèsserréesdedes-sinetdonnentassezla.sensationd'une peinturejaponaise dontunartisteeuro-péenauraitmarquéles perspectives. QuantauxaquarellesdeM.Trachsel,où l'architecturesecomplique dephiloso-phie,j'avouen'yavoirriencomprisdu toutet,pourmerafraîchirlavue,j'aiété très heureuxde la reposerquelques instantssurun tableaudeM.Georges -, Feuilletondu RAPPEL DU12MARS
!
71
-LE
DRAME
DESDEUX
FRÈRES
DEUXIÈMEPARTIELES INTRIGUES
x Conciliabule-
Suite-Ulte
Laprésencedu valetdeGuyempê-chaitqu'on'avançâttroploinsur ce terrain.--
LaissonsàGoysessecretss'ilena, repritAngèle;nous Savons,pourlepré-sent,à nousoccuperqued'évincerdu châteaulajeunepersonne.-;r —Ce qu'ilfaudrait,obsbryaNorbert, ce seraitdeconnaîtremieuxlepasséde 'cetteAntoinette.Lafaçondonttaieaété .accueillieau château estassezsingu-lière,pourqu'onpuisseespérer, enfouil-lantsesantécédents,découvrirquelque ';èhosequ'elleaimeraitsansdoutemieux cacheretqui,révélé,lamettraithorsde eombat.
;• —Très juste! dit Angèle.Rappelez-moidonclescirconstances
decettearri-Reproductioninterdite.
, Voir
le
Rappeldu1erjanvierauil
mars.véemystérieuse
;
j'ai un peuoubliéle récitquevousm'avezfait.—Vousvoussouvenezpourtantque legénéraletMarcl'onttrouvée,unsoir, étenduesurlaroute,enrevenant envoi-turedeMontmorency,oùilsétaientallés voirMmedelaHaye.
—Parfaitement
!
où ça s'est-ildonc passé?-
Ils venafentde Montmorency.Ça devaitêtrequelquepartsur le plateau, dansla plainequis'étendau-dessusde Sannois.Vousconnaissezça?—Oui,ditAngèleenregardant Nor-bert,j'aidemeurédanscesparages. Mais,dites-moi,ne m'avez-vouspas parléd'unparrainquecettefemme au-raitretrouvéouinventépourla circons-tance?Il seraitbondesavoirquelest cethomme.Peut-être,par lui,pourrait-onarriver.
-Ohl
n'ycomptezpas!
Siontireja-maisquelquechosedu pèreNédon-chell.—Nédonchel
f
s'écriaAngèle. D'unbondellese trouvadebout,très pâle,leslèvrestremblantes.—Qu'avez-vous,chèreamie?demanda Norbertstupéfait.
—Quelnomavez-vousditlà?
-
J'aidit
Nédonchel.
—Ah!.Unvieuxsoldatn'est-cepas? Oh!c'estlui;cene peutêtrequelui.
Maisalors,monDieu!.c'estdoncelle:
-
Quiça,elle?—Oui,oui,touts'àccdrde.Vousdites, ilvatroismoisenviron,A résèquede
monretourà Paris.Etsurleplateau au-dessusdeSannois.Ah!quellerencontre1
quelleétrangerencontre1
— Pour Dieu!expliquez-vous,dit Norbert.
—CetteAntoinette,c'estunegrande brune,mince,l'air plutôtsévèreet triste
?
De très beauxyeuxsousdes sourcilsnettementdessinés?.C'estelle! c'estelle!
—Maisquidonc?quidonc?
Angèlejetaun coupd'œilsurFrido-lin,qui tendaitcurieusementl'oreille; uneparoleimprudentela mettraità la mercidecevalet.
—Qui
?
répondit-elleà Norbertavec unregardsignificatif;ehbien,lafemme dontilfautnousdébarrasser.—Ah!bien!fit-il,-comprenant àdemi-mot.
—Peuimporte
de
quellefaçonje con-naiscettejeunefille,repritAngèle;
le faitestqueje saismaintenantquielle est,et quej'ai unearmecontreelle.—Bravo!fit Norbert.Usonsdecette arme-làleplustôtpossible.Qu'ya-t-ilà faire?
Angèle,lessourcilsfroncés, réfléchis-sait.
-
Cequ'ily a à faire,pourséparerà jamaiscettefilledumariqu'elleveutme voler?Toutsimplementlesattirertous deuxdansunpiègeoùilsseretrouveront faceà face.-
Cen'estpassi simple!
Comment ferez-vpus?
—Ohfdeux lettresà écrire,vQilà;
tout. —'
-
Deuxlettres?—Oui.L'uneà Marc,lui disant
:
«Monsieur,la jeunefillequevousai-mezvoustrompe.Vousla trouverez demain,tellerue,tel numéro,à telle heure.Libreà vousdeluidemanderles motifsde sa présence enunpareilen-droit.Jedouteseulementquesaréponse voussatisfasse.»—Signée,cettelettre?
-
Non;ou bien:« Unami»;
n'im-porte.—Etl'autrelettre?
—L'autre,adresséeà cetteAntoi-nette,et lui donnantle mêmerendez-vous?
—Oh!il n'y a pasapparencequ'elle yvienne. —Elleyviendra.J'enréponds.
-
Cettelettre,alors,quidoncl'écri-rait? —Le premiervenu.Pourvuqu'il ignoreà quielledevraêtreremise.—Bien!Maisje connaismieuxque vouslapersonne.Elleneserendrapas àl'appeldupremiervenu.Et,silalettre estanonyme?.
—Non,celle-làpourraêtresignée. —Signéecomment?
—Signée
:
« Lapersonnequipeut vousfaireretrouvervotreenfant.»—Ahbah
!
ditNorberten écarquil-lantlesyeux.MaisFridolinavaittressaillide sur-prise,et,regardantfixementAngèle,il pensa
:
—Oh!oh!est-cequ'ellesaurait?. Diable
!
voilàquisecomplique*1,•XI
Unevisiteinattendue Angèle,quandellefutseule,s'abîma danslesplusgravespensées.
Ainsicettejeunefemmerecueilliepar legénéraletqueMarcs'étaitmisà ai-mer,c'étaitprécisémentcelledontelle avaitvolél'enfant.
Donc,Antoinetteétaitdeplusenplus pourellel'ennemie;deplusenplusily avaiturgenceàécartercedoubledanger.
Angèles'approchadelafenêtre, l'ou-vrit
et
s'accoudaà labarred'appui.Lafraîcheurduventlui fitéprouver uneimpressiondebien-être.Elleavait la fièvreet ses mainsencoreun peu tremblantes,étaientmoites.
Elleregardaitauhasarddevantelle, laissanterrersesyeuxlentementsurles allantsetvenants.
Soudainelle tressaillit.Unevoiture découvertevenaitdes'arrêterdevantla portedelamaison.Unhommeen des-cenditet,rapide,entra.
Cethomme,Angèlen'avaitpu que l'entrevoir.Commeiln'avaitpaslevéla tête,illuiavaitétéimpossible dedistin-guersestraits.Mais,latournuredecet hommeneluiétaitpasinconnue. Sanstropsavoirpourquoi, ellesesen-tittroublée. Maisellehaussalesépaules.
-
Suis-jesotte,sedit-elle.Est-ceque jedemeureseuledanslamaison?
Letimbredelaported'entréevenait deretentirdanslesilence.—Est-cecethommequivient? -Ellese pencha,écouta.Auboutd'un
instant,la sonnettevibrauneseconde fois.
—Je suis doncseule?se demanda Angèle.
Ellepassadansl'antichambre,ouvrit laportedelacuisine
:
labonneétaitdes- cenduepourfairequelquescommis-sions.Angèlerestahésitante,irrésolue.Aî* lait-elleouvrir?
Unetroisièmefoisle timbreretentit. Angèle,tout d'un coup,redressa la tête.
—Allonsdonc
!
fit-elle,je n'airienà craindre.Etjesuiscurieusedesavoir.Et,avecrésolution,elleallaouvrirla porte.
Maisà peineeut-ellevuceluiquiétait surleseuilqu'ellerecula,poussantun crisourd,lafacedécomposée.
—Vous
!
cria-t-elle.—Enfin
!
dit levisiteurenpénétrant dansl'antichambre; cen'estpasmalheu-reux.Enreculant,Angèle avaittrouvéder-rièreellelaportedusalonouverte
;
elle entramachinalement,lesyeuxfixésavec égarementsurl'hommequilasuivaitet qui,appuyésur sa canne,se tenait maintenantdeboutdevantelle,le cha-. peausurlatête,letorsedroit,dansune attitudefière.—Vous,répétaAngèle,en balbu-tiant. Legénéral:,..
-
Moi-même,répondit M.deGrand-la-Plaine.MONTFERMEII^ LàwiP/eJ
Lorin,toutbaignéderêveet de senti-ment
:
la Visitedesétoiles.A la sculpture,il ya quelquesbons morceaux.Lagrandefigurequidomine latumultueusecomposition deM.Nie-derhatisern: le Torrent—quoiquede lignescassées—nemanqueni dehar-diesseni de caractère.Son bustede PaulVerlaine estaussid'unfermeac-cent,bienressemblantet bien-vivant. AvecVirginité,figurenueet couchée, unefleurd'orà lamain
;
sonBaiserdes Angeset sa Têted'enfantévidéedans un morceaudechêne,M.JeanDampt peutcomptersurunvifsuccès.LaVierge etl'Enfant,hautrelief,relevéde cou- leursdanslegoûtdesartistesduquin-zièmesiècle,estunecompositionoùM. Pezieuxa déployédenouveautoutela grâceattendriedesontalent.Dansson groupeenplâtre:
Consolation,
dont l'arrangementpeutrappelerleBaiser,de Rodin;
danssatêtedeChristet surtout dansle bronzedeson Urnefunéraire quecouronneunefigurede femme per-sonnifiantlaDouleur,M.Yallgrens'est montréartisteà la foisdélicatet ému. Enfin,rD.Fuméeirencens,groupedefemmeenlacées,deM.Charpentier;une SainteCatherine,bas-reliefen bois,de M. Savine;la Providencevstatueen marbre,deM.PierreRambaud,et le Benedicite,grande'figureenplâtrequi gagneraitsansdouteà êtremoinstour-mentée,deM.TonettiDozzisontdes œuvresd'expressionetdesentimentqui contribuentà donnerce caractèreau Salonde la Rose-Croix.
CHARLESFRJÉMINE.
t»»"
11 111
•'
LES
ON-DICT
Aprèsunsensibleabaissementdela température,unelégèretombéedeneige a.marquéla finde la journéede mer-credi
;
le froidareprispendantla nuit ethiermatinleschausséesetlestrottoirs étaientcouvertsdeglace.Aumomentoù j'écris—cinqheuresdusoir—la neigetombedenouveauà grosflocons'.**#
LeprésidentdelaRépubliqueetMme Carnotontofferthiersoirleursecond grandbalofficieldelasaison.
**
LordDufferin,lenouvelambassadeur d'AngleterreenFrance,ladyDufferinet leursenfantsontquittéFlorencehierà 11h.55dumatin.IlsarriverontàParis, garedeLyon,cesoirvendredià5h.35. LesuccesseurdelordLyttonserendra directementà l'hôtelde l'ambassade, dontlesnouveauxaménagementssontà peuprèsterminés.
***
M.EmileZoladoitavoir,aujourd'hui vendredi,uneentrevue avecM.Pou-belle,préfetde la Seine,pouractiver l'érectiondelastatuede Balzacet obte-nirle décretqui doitautoriserl'hom-magepublic.
**. Al'Académiefrançaise
:
La séanceest présidéeparM. Bois-;ier,assistédeM.CamilleDoucet, se-crétaireperpétuel.
Etaientprésents
:
MM.Legouvé,duc d'Aumale,ducde Broglie,Marmier, C. Rousset,A. Dumas,JulesSimon, Taine,MaximeduCamp,Pasteur, Cher-buliez,de Mazade,V. Duruy,J. Ber-trand,Halévy,LéonSay,Lecontède Lisle,Hervé,Gréard, comted'Hausson-ville,Ciaretie,Rousse,Coppée,comtedeVogué.
., L'Académiea décidéqu'àpartir de mardiprochainellesiégeraitdeuxfois parsemaine,le mardietle jeudi,pour s'occuperparticulièrementdesouvrages présentésàsonconcours.
Surla propositiondu président,la séancea étélevéeen signededeuilà l'occasionde lamortdel'atairalJurien delaGravière.
£*
Lebruitayantcouruquel'Académie françaiseverraitavecplaisirl'amiral Gervaisposersa candidatureau siège devenuvacantparla mortde l'amiral Juriendela Gravière,plusieursdenos confrèresont interviewé,à ce sujet, l'amiralGervais,quileura nettement répondun'êtrepas candidatà l'Acadé-mie;
*** ,
M.le professeurGeorgesPoucheta procédéhier,dansson laboratoire,à l'autopsied'Edgar,lechimpanzé duMu-séumdontnousavonsannoncélamort. L'autopsiea révélé —cequel'onsoup-çonnaitdurestedepuisle premierjour —quele malheureux singeavaitsuc-combéauxatteintesd'unetuberculose énéralisée..Les,poumons,le foieet la rateportaientlestracesde manifesta-tionsévidentesdelatuberculose.
Dansquelquesmois,lorsqu'elleaura subilespréparationsnécessaires, ladé-pouilled'Edgarprendraplacedansles collectionsd'anthropologieduMuséum.
*.* Ons'estaperçuqu'auxdeuxderniers balsdel'HôteldeVilleplusde quatre centspersonnessontentréesavecde faussescartes. M.Maury, syndicduconseilmunici-pal,aouvertuneenquête.Lesfausses cartessontassezexactementimitées.En dehorsdecesfaussescartesgravées,on enatrouvéquatreautres,grossièrement imitéesà la mainpar un calligraphe peuhabile.
A
OnannoncequeM.Quesnay deBeau-repairepoursuit,ensaqualité deprocu-reurgénéral,mation YIntransigeant, pourdiffa-etoutragedansl'exercicedeses fonctions.
***
La villede Saint-Malova éleverun monumentà Surcouf.
Il y a aujourd'huiquatrevingt-onze ans,le6mars1801,Surcouf,quidepuis ,cinqsemainesavaitquittél'îledeFrance - pourvenirse marierà Saint-Malo,
re-montaitla côted'Afrique,lorsqu'une voilefutsignaléeà l'horizon.C'étaitle , navireportugaisVJEbre,de 18canons,
montépar69hommesd'équipage,qui, deseeudanteosenscontraire,venaitlui Narrerla route.Surcoufayaitsousles
piedslaConfiance,demêmeforce,avec 80hommesd'équipage.Il ordonnale branle-bas,hissaledrapeaufrançaiset, sans répondreau coupde canonde «semonce
»
desonadversaire,gouverna surlui.Atiersdeportée,lecombats'engagea. Le portugaisétaitbraveet, depuis quaranteminutes,la canonnadedurait sansrelâcheentrelesdeuxnavires tour-nantsur etrc-mêmes,lorsqueSurcouf, faisanttoutàcoupcesserle feu,appelle sesmarinspourl'abordage.Lescanons se taisent,la Confiance,dirigéed'une mainsûre,élongesilencieusementle vaisseauportugais,.de si prèsquel'eau refouléeentreleursflancsrejaillitdéjà surleursbatteries.Lesmatelots,armés jusqu'auxdents,n'attendent pours'é-lancerquelemomentoùlesvaisseauxse toucheront,lorsqueleportugais, décon-œrtépar la manœuvreet épouvanté, s'écriequ'ilse rendet amenésonpa-villon.
Cefutla seulefoisde saviequeSur-coufréduisitsonadversaireparlecanon; unefoisle combatengagé, c'étaittou-jourssur le pontdel'ennemiqu'ille terminait.
11n'encoûtapasd'ailleursbiencherau portugais
;
Surcoufse bornaà faire couperle grandmâtpourréparerson mâtdehunemishorsdeservicependant l'attaque,àprendrelesmâtsderechange pourremplacerles siensqui étaient hachéset le laissaaller,moyennantla remised'unetraitededixmillepiastres pourrançon.Le13avrilsuivantil rentraità -la Rochelleàtraverslescroisièresanglaises etle28maiilsemariaitavecMlleBlaize deMaiscinneuve, filleduplusrichearma-teurdeSaint-Malo.
A
Je trouvedansl'Evènementun mot d'enfantquiestplussérieuxqu'iln'ena l'air.
OnracontedevantTotoquele bour-reauvientdeguillotineruncriminel.
-
Qu'est-cequ'ilavaitfait?
demande-t-il.-
Ilavaittué.-
Etquandtue-t-onlebourreau?
LePassant.LES THÉÂTRES
Cli-iiny.
-
ReprisedeTroisfemmespourun mari,comédieentroisactes, deM.Gra-net-Dancourt.Enattendantsa nouvellepièce,Pauvre maire,quisetrouveretardée parl'indispo-sition
d'unartiste,Clunya reprishiersoir lajoyeusebouffonnerie deM.Grenet-Dan-court
:
Troisfemmespourunmari.Nous n'avonspasàraconterunepiècequienest aujourd'huià sa927ereprésentation.Disons seulementqu'ellen'a rienperdudesa gaietéetquelepublics'yamusecommeau premierjour.Cettefoisencore,lesrôlessonttrèsbien tenusparMM.Dergat,Allart,Sureauet Numas;MmesCuinet,BilhautetDoriel.
NousnommeronsàpartMlleCécile Dau-bray,quiaremportéunsuccèspersonnel. Cettejeuneet charmanteartistea beau-coupd'entrain,de charmeet denaturel. Elleméritequelesauteursnela perdent pasdevue.
I
!
I
I
—— UN SÉNATEUREN FAILLITE
Le Casde M.de Lareinty Explications
Letribunaldecommercevientd'être saisid'unedemandeendéclarationde faillitecontreM.de Lareinty,sénateur deladroite,présidentduconseilgénéral delaLoire-Inférieure.
Lafailliteseraprononcéeà l'audience desamedi,à moinsque,d'icilà, quel-quesamisn'interviennentenfaveurdu poursuivi.
M.de Lareintya expliquélui-même soncasà unrédacteurduFigaro.Nous extrayonsde cetteinterviewquelques renseignements.
Aprèsavoirexpliqué qu'ilétaitpos-sesseur,depar sesancêtres, denom-breusesplantationsdecannesà sucreà la Martinique,le sénateurcontinue ainsi
:
NommédéléguédelaMartinique,j'avais forméle projetd'enrichirlacolonieeny importantlesnouveauxprocédésemployés pourlafabricationdusucre.J'yaienglouti toutemafortune.
Ilnemeconvenaitpas,toutefois,deme faireindustriel.J'affermaiterresetusineà diversespersonnes,moyennant unerede-vancefixeet unepartdanslesbénéfices. Laculturedelacanneà sucreexigedesdépensesconsidérables.Mesfermiers du-rents'adresserà desbanquiers,auxquels ifèconsignèrentleursproduftset qu'ils chargèrentdelaventeenFrance.Lorsque mondernierfermier traitadanscetteinten-tionaveclaBanquede.consignation, celle-cidemandamasignature,queje donnai. Aprèsquelquesannéesd'exploitation,mon fermiersetrouva,vis-à-visdelaBanque,à découvertde'plusde2,300,000francs.Ayant donnémasignature,je payaiimmédiate-ment,surcettedette,500,000 fr.,etlaBan-quemefitsouscrireun engagementpour lesurplus.
J'apprisdepuisquelamajeurepartiedes avancesfaitesà monfermieravaientété employéesà desopérationstoutà fait étrangèresJe dusreprendreàl'exploitationdemondomaine.
cetteexploitationpour moncomptepersonnel;maislestravaux furentarrêtéspresqueaussitôt parleCré-ditfonciertionjudiciaire.colonial,aujourd'hui
enliquida-PoursuiviparlaBanque deconsigna-tion et déclaréêtre commerçantpar letribunalde commerce, noncommer-çantparlacourd'appelet commerçant parlacourd'Amiens,il sepourvoiten cemomentencassationcontrecetarrêt etsonavocatluiassureletriomphe
:
Mais,ajoute-t-il,la loiestformelle.En matièrecivile,lepourvoiencassationn'est passuspensif.LaBanquedeconsignation, nevoulantpasattendrela décision dutri-bunal,m'aassignéen déclaration defail-lite.Celle-ciseraprononcéesamedi etaf-fichéelundi.Ilmeresteàattaquerletitre en vertuduquelonmepoursuit,carla qualitéde commerçantqu'onm'attribue estcontestable.Voilàoùensontleschoses.
LafamilledeM.deLareinty intervien-di'a-t-elle?Oui,s'ilvoulaitselaisser pour-voird'unconseiljudiciaire.Maisilnele veutpasetill'explique:
J'aiéténomméprésidentduconseil géné-ralparl'unanimitébulletinsblancs.J'aiétéenvoyédesvotantsmoinstroisfoisonze auSénat,oùj'aiencoresixansà passer. Pluemesrentess'amoindrissaient,plus augmentaientleccnftapeedemesélecteurs.
.Jeregrette denepasavoircelledemafa-Emilie,maistoujoursprêtà lalutteautra-vail,prêtmêmeà la.misère,je nesignerai pasmoi-mêmemadéchéance-Quandil est encorejugé-digne(t'administrersa com-mune,son,département,sonpays,un hommenesedéclarepasincapabledegérer sespropresaffaires.
DERNlmES
PETO
NSiMIMS Coursdela netlteboursedu soirflO"heuresr= 30/09677. 30/0nouveau»»»». Italien»»HM. Turc1925. Extérieure58 27. Egypte45937. Hongrois»»»». Rio-Tinto43437. Tharsia»»»»»v CapeCoper4250. Panama»»»».. Banq.attanT.53687. RussePhénixnouveau.48625.);J)ut". Douan.ottom.»»»»».--
Larage.—Toulouse,10mars. —Il y a quelqueprèsSaint-Gaudens,temps,à Saint-Médard,unchienhydrophobe, traversantlesruesduvillage,mordit quel-quesautreschiens.Lemaireintimaauxpropriétairesdeces animauxl'ordrede les abattre.Ceux-ci obéirent,Auboutdetroisjours,lechiendeC. de-saufun,lesieurC. vintenragé,pénétradansl'étableetmordit troisvaches,quele propriétairecommit l'imprudenceOr,ilarrivadenepastuer.qu'enadministrant
unmédi-camentàl'uned'elles,
il
it
la mainà sa gueuleetfutmordu.Levirusrabiquesedéveloppaavecune rapiditéextraordinaire.C., n'ayantpris aucuneprécaution,devintenragéà son tour.Ilvientd'expireraprèsquarante-huit heures
--
d'horriblessouffrances.Unactehéroïquevientd'être accompliVerspardeuxmarinsbretons,àBrest. huitheuresdusoir,uncanotcha-viraaumomentoùil accostaitlajetéedu petitportdel'îleMolène.Cecanotcontenait septpersonnes,deuxfemmes,troisenfants etdeuxmarins,JeanCutilandreetPierre Richard.
Cedernierétaitdéjàsurlajetéequandle canotchavira;maisil n'hésitapasà se précipiterdanslamer,profonde enceten-droit,etsaisitunedesfemmesetunenfant, etlessoutintlatêtehorsdel'eau.
L'autremarinportasecoursà l'autre femmequitenaitdanssesbraslesdeux enfants.
Acetteheure,leportétaitcomplètement désert,etpersonnen'entenditlescrisde détressedesnaufragés.
Cesdeuxmarinsluttèrentainsipendant vingtminutescontrelesvagues,nageant ous'accrochantàlajetée,maisnepensant pasuninstantàabandonnerlesfemmeset lesenfantsqueleurhéroïsmearrachaà unemortcertaine.Auboutdevingtminutes,
unejeunefille entenditleurscriset,au moyendecor-dages,onputlesretirerdecetteterrible position.
Dessoinsvigoureuxrappelèrentàla vie ceuxdesnaufragésquiavaientdéjàperdu connaissance.
LASUCCESSION
DE 13.
GnÉv
Le partageQuelqueschiffresexpliqués Leshéritiersde M.Grévyviennent, parait-il,deprocéder
au
partagede sa fortune.Unde nosconfrèresdu matinayant évaluéà 600,000fr. l'hôtelde l'avenue d'Iéna,à 397,000fr. la fortuneperson-nelledeM.Grévyaumomentoùil prit possessiondelaprésidencedela Répu-bliqueetà5,540,000fr.lechiffre.totalde lasuccession,leTempsrectifieainsices chiffres
:
LafortunequeM.Grévya laisséepeut largements'évaluerà unminimumdesept millions.L'hôtelde l'avenued'Iéna,par exemple,dontlavaleurestcotée600,000fr. représenteaumoinsdeuxmillions
:
lester-ra-insseuls,paraît-il,valentplusqueles 600,000D'autrefr.enquestion.part,l'évaluationprécitéeren-fermeuneerreurcapitale,quiest celle-ci
:
Lafortunepersonnellede M.Grévyse montait,quandilfutportéàla présidencç, nonpasà 400,000fr. environ,maisàune sommededeuxmillions,chiffreexact.
Qu'onréfléchisse,eneffet,àcequegagne unavocatparisienquia*étébàtonnierde sonordre.Ontrouvera,bonan,malan, pourunhommed'uneréputationanalogue àcelledeM.Grévy,untotalde250à300,000 fr.Cettesomme,M.Grévyl'agagnéeau moinspendantunedizained'annees,
Qu'onréfléchisseégalementauxhabitudes d'économiebienconnuesquiontétéla règledeM.Grévytoutesavie
;
qu'onse rappellequeM.Grévyhabitait, rueSaint-Arnaud,unquatrièmeétagequiluicoûtait unloyerd'àpeine3,000fr.;qu'iln'ajamais eusavoitureàlui,mêmependantlestrois ansqu'ilfutprésidentde la Chambre,et -quesadépenseannuellen'ajamaisdépâssé 20,000fr.;qu'onsesouvienneenfinduflair toutparticulierqueM.Grévyeuttoujours enaffaires,onn'aurapasdepeine àsecon-vaincrequ'ilpossédaitenréalitéunefort bellefortunequandlaprésidence delaRé-publiqueluiéchut.--42 MILLIONSRÉCLAMÉS
,
NoustrouvonsdansleDémocratede Seine-et-Marnelalettresuivante,quiest curieuseautaptqu'enigmatique:
En1777,mouraità ParisM.Gabriel Oli-vierBenoît,possesseurd'unefortune s'éle-vant,à cetteépoque-là,suivantinventaire dresséparMeX., sonnotaire,à lasomme rondedequarante-deuxmillions,fortune enespèces,valeursoutitres,propriétésde toutessortessurle solfrançaiset particu-lièrementàParisoùsetrouvent lesimmeu-bleslesplusimportants.
JedoisvousdirequefeuGabriel-Olivier Benoîtestmortintestat;sa fortune reve-naitdonctoutentièremains,légitimeshéritiers,à sescousinsdontlafamille ger-desLenormand,deLyon,estdescendante. Jesuismoi-mêmemembredirectdecette famille.
Maisà cemôment-là,quandleshéritiers se présentèrentpourfairevaloirleurs droits,ilsfurentfortementmalmenés.Jene vousapprendrairienà cesujetenvous rappelantcommentserendait alorslajus-tice.Ceux-làmêmesquienétaientchargés necomprirentqu'unechose
:
appréhender cettefortune,enintimidant pardesmena-ces,etjusquepardesvoiesdefait, lespau-vresdiablessansdéfense.Onfittantetsi bienqu'onfinitparleséconduireen les effrayant.Néanmoins,en1782,ilyeutdelapartdes pauvresusurpésunepremière revendica-tionencourd'appel.Enfin,à différentes périodes,toujours pouréviterauxusurpa-teurslajouissancepaisiblede tousces biens,plusieursactionsrevendicativesont eulieu,afind'empêcherlaprescription. Aujourd'hui,aprèsmaintsessaisdenotre partauprèsdesdétenteursactuels,dont vousnetarderezpasà connaîtrelesnoms ettitresparle retentissementterminer
quevadé-cescandaleuxetmonstrueux pro-cès,pourarriverà unesolution,npus avonsdécidé,enprésencedusilence
cal-culédesditsdétenteurs,demettrelefeuaux poudres.
Pourentamerceprocèscolossal,nous sommesobligés detraiteravecdesinter-médiairesspéciaux,lesquels,moyennant' unegrossecommission,vontsechargerde dirigerennotrenomdespoursuites immé-diatescontrelesdétenteurs.
EUGÈNELENORMAND, Marchandedevinsengros,auFourcheret
deVilleneuve-sur-Bellot(S.-et-M.) ; NotreattacMmilitairea Côflstotiooole
M.deVialar,majorau1errégimentde spahis,vientd'êtrenomméattaché mili-spahis,
l'ambassadedeFranceà Constantii-nople.
: OriginairedeToulouse,M.deVialar s'en-gageaà dix-septanset se trouvait maré-chaldeslogisau1erspahislorsquedébuta, àlafinde1870l'insurrectionalzérienne,
Blessédansundespremierscombatsde lacampagne,ilfutnommésous-lieutenant enrécompenseM.deVialardesabelleconduite.
necomptepasmoinsdevingt [campagnes;Algérie,saufuncourtpassageila faittoutesacarrièreen
au6°cuiras-siers.
C'estquelquetempsaprèssonentréedans, cederniercorpsqu'ilfutchoisi parM.Tir-man,alorsgouverneurdel'Algérietpour remplirlesfonctionsd'officierd'ordonnance etchefdela maisonmilitaire dugouver-neur.
Trèsaucourantdesmœursindigènes,il renditdegrandsservicesàM.Tirman.
M.deVialaraccompagnaittoujoursle gouverneurdanssespérégrinationsà tra-verslepaysarabeetl'onraconteà cesu-jetcertainesanecdotesassezcurieuses.
OnsaitqueM.Tirmann'étaitpastrès favorisédelanaturesouslerapportdela corpulence,petit,plutôtmaigre,la figure fine;il contrastaitavecsonofficier d'or-donnance,grandbelhommeà la carrure d'athlète.DeplusM.Tirman, danssestour-néesadministratives,ne revêtaitaucun costumeofficiel,tandisquesonofficier d:or-donnanceétaittoujoursentenue,chamarré dedécorations.Cettequestionducoutume joueun trèsgrandrôlechezlesArabes.Aussi,quandle gouverneurarrivaitdans undouaroùtouteslesautoritéshidigènes avaientétéconviées,bach-agha,cheickset cadisportaientleurssalamaleksdevantM. Vialar,regardantavecunsouverainmépris le gouverneur,sanglédanssa redingote noire.Vainementlesadministrateurs ex-pliquaientauxchefsarabesquec'étaitM. Tirmanlegrandchef,ilsn'envoulaientpas démordreet continuaientà montrertout leurrespectpourceluidontlegrandsabre, lesgalonset lesaiguillettesd'argentles hypnotisaient. — —i
---JOURNÉE POLITIQUE
(Dépêchesdenoscorrespondants) Saverne,10mars. Avant-hier soir,àonzeheures,lescom-missairesdepoliceallemandsd'Avricourt et de Dieuze,accompagnés detroisgen-darmes,ontarrêtéM.Gérard, .proprié-taireà Gelucourt,soupçonné d'espion-nage.M.Gérard,quiestparentd'unofficiersu-périeurfrançais,a été emprisonnéà la maisond'arrêtdeSaverne.
Madrid,10mars. Jecroissavoirquelegouvernementest actuellementsur la pisted'uncomplot républicainassezimportantquiseserait traméenEspagneetà lafrontière portu-gaise,etquitendraitàs'emparerdelaville deValença, placefortesituéesurlafron-tièrehispano-portugaise,dansla province deGalice.
L'attentiondu gouvernementespagnol étaitéveilléesurcecomplotdepuislemois dedécembreparun achatde4,000vieux fusilstentéà Carabancel,auxenvironsde Madrid.
Berlin,10mars. Onfaitofficieusementcourirlebruitque l'empereurestobligédegarderle lit à la suited'unlégerrefroidissement.
L'empereurn'auraitpaspurecevoirles ministresquiluifontleursrapports.
:0
-OBSÈQUESDE DEUXBRAVESLesobsèques.deBottollieretdeMartinot, lesdeuxcourageuxcitoyensquiontpayé deleurvieleurcoopérationà l'arrestation duredoutableDenis, cambrioleur
delarueSaint-onteulieuhierà midi.
Lacérémonieétaitsolennelle,faiteaux fraisdelaville,lescorpsmunicipauxétaient représentés.Lecortège
funèbreestpartidelaMorgue. Lescercueilsavaientétéplacésdansdes corbillardsdecinquièmeclasse
;
ilsdispa-raissaientsouslescouronneset lesfleurs. Descouronnesavaientétéenvoyéesparla villedeParis,laSociététeursdelaSeine,l'Avant-Gardeamicaledu4earron- dessauve-dissement;
unecouronneen perlesnoires portaitcetteinscription:
Auxdeuxvictimes. Regrets.Suruneautreplacéesurlecercueil de JosephBotollier-Depoisonlisait:
Les conscritsrade.Bottollierdu8earrondissementàleurcama-avait,eneffet,tiréausort, cetteannée,àlamairiede larued'Anjou, etil avaiteu lenuméro59.LaSociétédes gensdemaisonavaitégalementoffertune couronne.Ledeuilétaitconduit
parlesparentsdes deuxvictimes,quisuivaientlescorbillards marchantparallèlement.
Remarquéauxpremiers rangsdansl'as-sistance,derrièreles familles,MM. Pou-belle,préfetdela Seine
;
Lozé,préfetde police,et Viguié,sous-chefde cabinet;
Banaston,procureurde la République;
Lefuel,substitut;
Goron;Gulot,secrétaire généraldelapréfecturedelaSeine;
Gaillot, chefdelapolicemunicipale;
lemairedu 4earrondissement;Lascoux, juged'instruc-tion;
lesinspecteursPrince,-Guillaume, Jaume,etc.,etc.,etdesdélégationsdetous lesservicesdelapréfectureetdelasûreté.L'églisemétropolitaineétaitbondéede monde.
Alasuiteduservicereligieux,leconvoi, accompagnéd'unefouleimmense,s'est dirigéverslamairiedu4earrondissement.
LàattendaientM.Guet-Dessus,maire, en-tourédesesadjoints,et unetrentainede conseillersmunicipauxparmilesquelsMM. Sauton,lenouveauprésidentduconseil
;
Champoudry,vice-président;
Péan,etc.Auneheureunquart,lecortège s'estdi-rigéverslePère-LachaiseRivoli,Saint-Antoine,laplaceparlesruesdedelaBastille etlaruedelaRoquette.Aucimetière, lesdeuxcorpsontétédé-posésdansuncaveauprovisoire, enatten-dantlasépulturedéfinitivedansunterrain dontlaVilleafaitl'acquisition.
Deuxdiscoursontétéprononcés. M.Lozéapris,lepremier,laparole
:
«Messieurs,a-t-ildit,le conseil munici-pal,s'inspirantdessentiments delapopula-tiontoutentière,avoulurendreauxdeux citoyensquenousvenonsd'accompagnerà leurdernièredemeureleshonneursqu'elle décerneà ceuxdesserviteursde la cité quisacrifientleurviepouraccomplirun devoir.»Puis,ila terminéainsi
:
«Etcependant,il fautledireàceuxqui restentetquipleurent
:
la pitiédetoute unevilleamenécedeuil;cesentimentde respectet d'admirationnes'effacerapas desitôt,ets'ilestuneparoledeconsola-tionpeut
sefaireentendre,aprèsl'hqm-magerenduauxdeuxvictimesquenous saluons,c'estquelavilledeParisaleculte del'héroïsme;ellesait reconnaîtreles dettesqueluiimposentleshommesquise dévouentpourelle.Siellegarde
religieuse-mentlesouvenirdesmorts,ellen'oublie pasdavantageceuxquedepareilsmalheurs laissentsanssoutien.»
M.Sauton,lenouveauprésident ducon-seilmunicipal,aprisensuitelaparole.Ila ditque«leconseilmunicipal avaitcons-cienced'avoirréponduà l'attentede la populatiaIl.parisienne,en.décidantdefaire, auxfraisdelaVille,lesfunéraillesdedeux citoyensmorts,ily a quelquesjours, victi-mesdeleurdévouementenverslasociété.» 1
TRIBUN
AUX
L'affairedela villaDésiré Tarbes,10mars. Huyssens,questionnéparle président, aprèslesplaidoiries,se lèveet dit: «Je juresurlatêtedemonpèrequed'Uzer,Estengoy
etMmePietétaientavecmoi.» Lafouleapplaudit.
Lejuryrapporteunverdictnégatif. Enconséquence,la courprononce l'ac-quittementdel'accusé.
LES RÉUNIONS D'HIER
LARÉUNION1DUROCHERSUISSE Hiersoiraeulieu,auRochersuisse,une réunioncontradictoireorganiséepar la Libre-penséesocialiste,sousla.présidence deIVEHeppenheimer,conseillermunicipal.
AprèsdesdiscoursdesabbésGarnieret PaturotetdesdéputésHubbardetLavy,on a adoptéunordredujourparlequelles assistantsdéclarent
:
«Quenulleententenepeutexisterentre laRépublique,fillede la Révolution fran-çaise,et sespiresennemis,les disciples d'unmonarqueétranger
:
lepape.»Considérantqueleseulmoyen.,d'arriver à la paixentrelespartisrépublicainset cléricaux,c'estledroitcommun;
»Demandentl'abrogation,duConcordat, conçuparBonaparte,cherchantdesalliés pourapprouversoncrimeenverslanation, l'étranglementdelaRépublique;
»Engagentleursélusà préparerleslois pourlaséparationdesEglisesetdel'Etat
;
»Demandentquelesmillionsdubudget descultesserventàfonderlesinvalidesdu travail,lescroyantsseulssoutiendrontle clergé
;
»Approuventlaconduite deleursrepré-sentantssocialistesetrépublicainsluttant contrelecléricalismeetlesengagent àper-sévérer.
-
»1
-N'achetezplusdeVinauPanier.L'Umon Vinicole,14,ruedu4-Septembre,livreencave, oudanstoutlogementsonfut50litresvindes B.-du-Rhône,35fr.dansParis,29fr.,toutegare. .tb
—
FAITS DIVERS
APARIS
Bulletinmétéorologiquedu10mars1892: LethermomètrecentigradedudocteurArthur Chevalier,opticien,Palais-Hoyal,158,marquait:
A7heuresdumatin.,. 1°au-dessousde 0. Arnicll 2°au-dessus— A7 heuresdusoir 30 — — Lebaromètreestà'746m/m.Ilbaisse. Letempsqu'ilfait.—Lesfaiblespres5 sionsdunord-ouestdel'Europecontinuent à sepropagervers
le
sud-est(Shields.743), etlebaromètredescendencoreassez rapi-dementsurlamerduNord,lesPays-Baset laManche.Uneairesupérieureà765mm. couvrelecentredelaRussie.Leventsouffle duN.-O.surtoutesnoscôtes;il estfort avecmergrosseà la pointedeBretagne, assezfortenProvence.Desneiges sontsi-gnaléesenRussieetdanstoutl'ouestdu continent.Latempératures'abaissedansle sudde l'Angleterre,ainsiquedansl'estetlesudde laFrance.
EnFrance,letempsestà gibouléesetva resterfroid.
Alger
:
pluietempérée;14°.—Biarritz:
tempscouvert,merhouleuse;8°.—Cannes:
tempscouvert;9°.—MonteCarlo:
temps couvert;8°.-
Nice:quelquesnuages,beau temps;9°.—Rome:
tempscouvert;13°.Situationparticulièreauxports Manche.—Merbelleà Dunkerque, Ca-lais;agitéeà Boulogne,leHavre etCher-bourg.
Océan.—Meragitéeà Brest;belleà Lo-rient.
Méditerranée.-MerhouleuseàMarseille, Sicié;agitéeàNice.
Corse.—MeragitéeauxSanguinaires. Incendieà l'HôteldeVille.—Un commencementd'incendiequiauraitpu avoirdessuitesassezsérieusess'iln'avait étépourainsidireimmédiatementéteint, s'estdéclaréhiermatinàdixheures àl'an-nexenordde l'Hôtell'Hôtel-de-Ville,nl9. doVille,placede
Danscetimmeublesetrouve l'adminis-trationde l'octroide la villedePariset .unepartiedesservicesdela préfecturede laSeine.
Lefeuaprisdansunedescheminéesdu calorifère.Lesouvriersduservice duma-térielontimmédiatementaveugléla che-minéeavecde la terreglaise.Lesdégâts sontpurementmatériels
;
lesboiseriesde lasalleoùse réunitle conseildel'octroi ontétéquelquepeuabîmées.Leservicedumatériela ouvert uneen-quêteàcesujet.
Lefeuaucetété Volney. —Unincen-dieaéclatéhiermatin,à septheures,au Cercleartistiqueetlittérairedela rueVol-ney.Lefeus'estdéclarédansla sallede billardquidonnesurleboulevard desCapu-cines;ilaétéoccasionnéquitraversait parunepoutre
unecheminée etquis'esten-flammée.
Lespompiersde la rue Jean-Jacques-Rousseauontcombattul'incendieetl'ont éteintaprèsunedemi-heuredetravail.
Destapis,destentureset desmeubles ontétébrûlés.Lesdégâtssontévaluésàla sommede10,000francs.
Unpompiera faitunechuteet s'est blesse.
L'immeubleappartientàMmeBeaudenon delaMaze,demeurantruedePassy,52.
Tristetrouvaille.—Dansla soiréede mercrediun rassemblements'étaitformé rueduChâteau-d'Eau,enfacedupostede pompiersdecetterue,autourd'uneboîte demoyennegrandeur.Undescurieuxayant prononcé,
le
motterriblededynamite, cha-cunregardaitl'objetsoupçonnédecontenir leterribleexplosif, maissansosers'appro-cher;et la fouledevenaitdeplusenplus compacte,quandsurvintunagentqui,après s'êtrefaitexpliquer lacausedecerassem-blement,s'emparade la boîte,nonsans blement,d'infiniesprécautions,etlaporta prendred'infiniesprécautions,etlaporta aucommissariatdepoliceduquartier,où ellefutenfinouverte,et onjugedelasur-prisedupersonneldu commissariat,en apercevantunfœtusd'environtroismois, enveloppédansunjournal.Uneenquêteaétéouverte parlecommis-sairedepoliceduquartier.
Beaucoupde bruitpourrien.—Les habitantsdela rue Drouotont eu hier après-midiunevivealerte.Unepompeà vapeur,suiviedetouttematériel desauve-tage,est arrivéeaugrandgalopet s'estarrêtéedevantlalllaririedu911 arrondisse-ment,oùunincendie,iîsaiil-on^venaitde sed'éclareh
Renseignementspris,ils'agissait simple-mentd'untasdepetitsfagotsplacéstrop: prèsd'unpoêle,dansunbureausituédans l'ailedroitedesgardiensdela mairie,ducôtéduposta dela paixetquiavaientprisr feutoutàcoup.Quelques
seauxd'eau,jetésà temps,ont' conjuretoutdanger.
Lespompiers,dontlesservicesétaient devenusinutiles,ontregagnéavectoutleur matériellacasernedelarueBlanche.
LecrimeduGros-Caillou..—Pansard, l'assassindeLouiseLelièvre,vademieuxen mieux.chargédefenquête,M.Franqueville,juged'instruction,
s'estrenduhieràcinq heuresà l'hôpitalNeckeroùilainterroge l'assassin.Atouteslesquestionsposéespar lejuged'instruction,se rattachantà son inconduite,sonvol,etsatentativedesuicide. Pansardrépond(parécrit)-affirmativement. Maislorsqu'onluiparledel'assassinatcom. missurLouiseLelièvre,ilécritsurlafeuille qu'onluiprésente
:
« Laissez-moi,je ne saisrien,jenemerappelleM.Franquevillelui ayantdemandéplus.» de vouloirbiensignerleprocès-verbal quicon-tenaitlesdéclarationsqu'ilvenaitdefaire, Pansardécrivit:
«Jesigneraiquandj'aurai prisconnaissancedece quevousavez écrit.»M.FranquevilleluiayantmontrélES procès-verbal,Pansardlesignaaussitôt.Accident devoiture.—LebaronChar-lesdeBreteuil,frèredumarquisdeBreteuil, le députédesHautes-Pyrénées,montait, hier,devantsondomicile, aun°64del'ave-nueMarceau,dansun fiacreportantle n°11453delacompagniel'Urbaine.Tout& couple chevals'emballaet s'abattitrue Vernet.JeanJobelot,lecocherquiconduH saitlavoiture,esttombésurlatêteets'est fracturéle crâne.Ilestmortà l'hôpital: Beaujonoùilavaitététransporte.
M.deBreteuila pusauterdelavoiture avantl'accident.Ilnes'estfaitquequelques égratignuresauxmains.
LaSiandedelaVillette.—Deuxagents delasûretéentournéedanslequartierde la Villette,arrêtaienthierau soir,,vers cinqheures,deuxindividus,au moment oùilsvenaientde déroberunpaquetde chemisesà unétalage,ruedeFlandre,35.
AmenésaubureaudeM.Poète,l'undes' deux,lenomméAuger,âgédedix-huitans, futtrouvéporteurd'unepairedesouliers neufs.troublaInterpelléet finitparavouerqu'illesavaitsurleurprovenanpe,ilse volés,44,rued'Allemagne,danslanuitdu 3février.Enetfet,unvolde2,000pairesde; chaussuresavaitété commisà cette adresse.
Alasuitedel'enquêtefaiteparM.Poète; cinqautresindividuset unefillefurent ar-rêtés.CesontlesnommésSalmon,lafilte Hoch,vingt-cinqans,samaîtresse,BallùeJ, BernardLizius,MariusBeaume.
IlssonttousauDépôt.
Abusde cOllJÎance,—Lenommé,D., employéchezM.Noël,entrepreneurde plomberie,ruedeCrillon, s'estrenditcou-pableaupréjudicedesonpatron, dansl'es-pacedetroisans,dediversdétournements montantà17,000francs.
Ilaétéenvoyéau Dépôt,pourabusde confiance,parlessoinsdeM.Carlier, com-missairedepoliceduquartierdel'Arsenal.
Arrestationd'uncambrioleur.—M. Bert,labricantdebroderies, 12,rueSaint-Fiacre,déjeunaithier,àmidietdemi,dans sonappartement,quandilentenditretentit lasonnerieélectriquequicorrespondà la foisàsonmagasinetà la chambredeson fils,situéeNevoyantauquatrième.
personnedanssonmagasin,il monlaauquatrièmeetaperçutunindividu quiétaitentraindedévaliserlachambre desonfils.Levoleurlebouscula,
maisfutarrêtépar le conciergeet conduitchezM.Bureau" commissairedepolice.
IladéclarésenommerHenriMeyer"âgé dequaranteans.
DANSLABANLIEUE Lenombredesagentsquinétaitque dedixjusqu'icià Courbevoie,vientd'être portéàvingt-deux.Ilssontentréahieren fonctions.
APuteaux,dixnouveauxtitulairesseront misàladispositionà partirdu12-courant etàAubervillierstorzegardiensoùil
n'yavaitquequa- delapaixilyenauravingt-deuxàpartirdesamediprochain.
COURBEVOIE.—Aquilesboitesàlait? —Deuxouvriers,M.Deleung,charpentier, el,M.Leduntec,chauffeur,passanthiersoir surlarouteduHavre,àl'entrée deCharle-bourg,onttrouvédeuxgrandescaissesen boiscontenantchacune50boîtesà.lait,en verre,et un bidond'unecontenance,de 30litresenviron,marquéRichelin"sans adresse.
Cesboîtesquidoiventévidemmentavoir étévoléesontétéportéesparMM.Deleung etLeduntecau bureaudeM.Labussière,com-missairedepolice,quia
ouvertuneen-quête.--.
SAINT-QUEN.—Enfantabandonné.— UnedameLucas,demeurantavenue Miche-let,53,àSaint-Ouen, faisaitcesjoursder-niersuneannoncedau\lesjournaux de-mandantdesenfantsengarde.
Ellevitaussitôtarriverunejeunefemme accompagnéed'unpetitgarçondequatre ansetdisantsenommerMarieCarQn", do-mestique.
Lesdeuxfemmesconvinrentdu prix, 40fr.parmois,et lamèrepartit,laissant sonenfant,endisantqu'elleallaitacheter. delaliterie,dulinge,etc.,pourlepetit.La journéesepassa,lelendemain,et lamère nerevenaittoujourspas.
Lassed'attendre,etcomprenant quel'en-fantavaitétéabandonné,MmeLucasalla conterlefaità M.Daltroff,commissairede lalocalité,quienvoyaaussitôtà l'adresse quela bonneavaitindiquéecommeétant celledesnouveauxmaîtreschezlesquels elledevaitentrer.Elleyétaitinconnue.
Lepetitabandonnéaétéenvoyé auxEn-fants-Assistés.Lamèreestactivement re-cherchée.
ARGENTEUIL.—Lecrimed'Herblay.— Uncrimevientd'êtredécouvertà Herblay, prèsd'Argenteuil,et,—chosecurieuse— l'onne connaîtni l'endroitoùil a été commis,ni,le coupable,ni mêmela vic-time.
Mardisoir,versseptheures,deuxjeunes gens,lesnommésHenriPaulmier.maçon, etAlfredJouvia,pêcheur,se promenaient surlequaideSeine,auvald'Herblay.Près duchemindehalage,ilsaperçurentuncorps quiflottaitdanslaSeineetl'attirèrentsurla berge. â d,
C'étaitceJuid'unefemmegee d'environ
vingt-cinqansetpaniissantavoirséjourné troismoisdansl'e.u;elleportaitdesvête-mentsnoirsenlambeaux,unjuponnoir, unechemisee*cotonblanc,uncorsetgris et avaitencoreauxpiedsdesbottinesà
boutons.
aucune Dansles
effets,d'établirl'identité.aucune piècepermettantd'éta.blirl'identité.M^-Paulmieret Jouvinexaminèrent cecadavreavecattentionet constatèrent qu'ilportait aucoudestracesdestrangu-lation.
IlsserendirentaussitôtchezM.Lebrun, maired'Herblay,quis'empressadeprévenir M.Pellet,jugedepaix.Cemagistratfit porteràlamorguedelalocalitéfecorps dela jeunefemmeetcommitla doeteur Castaapourl'examiner.Cemédecin,declara. quelamortétaitdueà lastrangulationet qu'ilyavaitcrime.