Séminaire Schützenberger
D OMINIQUE P ERRIN
Sous-monoïdes et automates
Séminaire Schützenberger, tome 1 (1969-1970), exp. n
o10, p. 1-23
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10-01
SOUS-MONOÏDES
ET AUTOMATESDominique
PERRINSéminaire
SCHÜTZENBERGER-LENTIN-NIVAT
(Problèmes mathématiques
de la
Théorie
desautomates)
Année
1969/70,
n°10, 23
p.27 janvier
1970 ’,I.
Rappel
dequelques
définitions etpropriétés préliminaires.
1. Monoïdes.
Un monoide M est un ensemble muni d’une loi de
composition
associative et d’unélément
neutre. Un sous-monoide est un sous-ensemble stable contenant l’élément neutre.Nous nous
intéressons
ici à une classeparticulière
desous-monoides, qui
sont .les sous-monoïdes
préfixes complets [5J.
Définition. -
Soit P un sous-monoide du monoide M . On dit que P estpréfixe,
s’il vérifie la condition :
On dit que P est
complet9
s’il vérifie :Si P et
Q
sont deux sous-monoides deM y
P CQ C
Ppeu.t
être un sous-monoïde
préfixe complet
deQ 9
sans être un sous-monoidepréfixe complet
de M .Ainsi,
l’ensemble despuissances
d’ordrepair
de l’entier 2 est un sous-monoïdepréfixe complet
du monoïdemultiplicatif
despuissances
de2 ~
mais n’est pas un sous-monoidepréfixe complet
du monoidemultiplicatif
des entiers naturels.On vérifie facilement la
proposition
suivante :PROPOSITION. - Soient P
et Q
deux sous-monoides deM;
P C(i) Si
P est un sous-monoïdepréfixe complet
deR ,
etQ
un sous-monoïdepréfixe complet
de alors P est un sous-monoidepréfixe complet
deM ;
(ii) Si
Pet Q
sont des sous-monoïdespréfixes complets
deM ,
alors P estun sous-monoide
préfixe complet
deQ .
De
plus :
PROPOSITION. -
Soit
M un groupe. Un sous-monoide P de 1.1 est un sous-groupe,si,
et seulement s’il estpréfixe complet.
Tout
sous-monoïde d’un groupe est d’ailleurscomplet.
Exemples s Soit Z
l’ensemble des entiers relatifsqui
forment un groupe addi- tif. Lesous-monoïde N
des entiers naturels n’est paspréfixe.
Par ailleurs 2Nest,
y parexemple,
un sous-monoidepréfixe complet
dej~ .
2. Automates et
[4]).
(a) DEFINITION. -
Soient M unmonoide,
et S un ensemble. Onappelle
automateadmettant M comme. monoïde d’entrée et S comme ensemble
d’états,
tout homomor-p hisme
de M dansS .
On note d=
(M y S ,
ycp) ~ où
est unhomomorphisme
de M dansSS .
Quand
aucune confusion ne serapossible,
y nous noterons sm(s e S
y m EM)
pour
sç(m) , qui
est un élément de S .(b)
Structurealgébrique
d’unautomate. -
Un automatepeut
être considéré commeune
algèbre universelle,
ypossédant
S comme ensemble de base etfl4
comme ensem-ble de lois de
compositions
unaires.Une congruence d’automates sera donc une relation
d’équivalence
p surS ,
telle que
On définit de même un
homomorphisme
d’automates et un automatequotient.
(c) L’équivalence
modulo(K) .
DEFINITION. - Soit K une
p artie
du monoïde M . On dit que deuxéléments
m et m’de
FI sontéquivalents
modulo(K) ,
gsi,
pour toutélément q
deM ~
mq ap-partient
à Ksi,
et seulementsi, m’q appartient
à K :(1) L’équivalence
modulo(K)
estrégulière
à droite.(2) K
est union de classes modulo(K).
(3) L’équivalence
modulo(K)
est laplus grossière
deséquivalences régulières
à droite
qui
saturent K(c’est-à-dire
tellesque K
soit union declasses).
En
effet,
sil’équivalence
ppossède
lespropriétés ci-dessus,
car mod
(p) ,
et K est saturé modulo(p) .
(d)
Automate reconnaissant unepartie
Kde
M. - Soient =(M , S , (p)
un au-tomate,
ets~
un élément de S. On dit que OL reconnaît unepartie
K deM ,
ysi K est
1 ’image réciproque
par 03C6 du stabilisateur des .
K est alors néces-sairement un sous-monoïde
préfixe
de M 1(e)
L’automateOt.(P) . -
Soit P un sous-monoidepréfixe complet
de M . Soit Sl’ensemble des classes de
l’équivalence modulo (P) .
L’équivalence
modulo(P)
étantrégulière
àdroite,
Mopère
naturellement sur sm = ysi,
pour desreprésentants
q etq’
t desclasses s et
s ’ ,
Soit l’homomorphisme
ainsi défini de M dansSS .
Alors l’automateassocié
àqu’on
note0(.(P) ~ est,
pardéfinition,
l’ automate de P s(i)
reconnaft P : P est la classe de l’élément neutre de M modulo(P) ,
et si on note
so
cetteclasse,
on a donc P =(p
ePi 1 s~
p =(ii) d(P) es t image homomorphe
de tout automate reconnaissant P .En
effet,
ceci revient à dire quel’équivalence
modulo(P)
est laplus grossiè-
re des
équivalences régulières
à droitequi
saturent P .(f) Exemple. -
Soit M le monoïdebicyclique,
c’est-à-dire le monoïde à deuxgé-
nérateurs x et y avec la relation xy = e .
Le sous-monoide P
engendré
par y estpréfixe
etcomplet :
i tout élément de Ms’écrit
(n,
meI1)
etyn xm ym = yn ~ P .
Les classes
d’équivalence
modulo(P)
sont les ensembles{yn xm}n~N ,
et nousnoterons une telle classe m . De
plus,
m.x = m + 1 etm ~ 0
et
O.y==0 .
L’automate a donc un ensemble d’états en
bijection avec! ;
deplus, l’homomorphisme 03C6 qui correspond
à cet automate est unereprésentation isomorphe
de M .
P est inclus dans le
sous-monoide Q engendré
par y etx2 qui
estpréfixe
et
complet.
a deuxétats :
On voit que est
isomorphe
auquotient
de par la congruence d’automate suivante : m , ym’ e N , m = m’ ,
ssi m - m’estpair.
3.
Cas du monoide libre[2J.
Le cas où M est un monoide libre nous intéresse
plus particulièrement,
car lesobjets
définis ci-dessuspeuvent
alors être déterminésplus
aisément.Soient X un
ensemble, X’
le monoïde libre surX.
Les éléments deX~~
sont souventappelés
desmots,
et X unalphabet.
Nous
noterons lX(f)
lalongueur
surl’alphabet
X du mot f deX* .
(a)
Codes. - Soit P un sous-monoïdepréfixe complet
deX*. Il
estisomorphe
àun monoïde
libre ;
si A est le sous-ensemble deX* qui engendre
librementP y
on dit que A est un code
préfixe complet (sur X).
On vérifie
qu’un
codepréfixe complet
est unepartie
A deX* ,
telle que, pour tout mot f deX ,l’une
exactement des deux éventualités suivantes seréalise :
soit f est facteurgauche
propre d’un mot deA
y soit f a un facteurgauche
dans A .
Nous dirons
toujours ici,
par abus delangage,
code pour codepréfixe complet.
Si A est un
code,
nous nedistinguerons
pas le monoide libre sur l’ ensemble A et le sous-monoide deX’ engendré
par A .La
propriété
suivante est fondamentale : . .Si A et B sont deux codes sur
X,
A C B ==> A==B(ce qui
se vérifie ai-sément).
’Nous avons vu au
paragraphe
1 que, siA
où A et B sont deux sous-ensembles deX~ :
- Si A est un code sur B
( c’ est-à-dire
siA~~
est un sous-monoidepréfixe complet
deB* ) ,
et B un code surX,
alors A est un code surX
9- Si A et B sont des codes sur
X,
alors A est un code sur B .Remarque. -
Les codespeuvent
êtrereprésentés graphiquement
par des"arbres ",
comme le montre
l’exemple
suivant :Le
schéma correspondant
est :*~
Si B est le code : xy , alors A est inclus dans B . B est
représenté
parL’ensemble B a trois
éléments,
et le code A sur l’ensemble. Bpeut
être sché-matisé
ainsi :(b) Préfixes
d’un code. - Soit A un code sur X . Pour toutélément
f deX* ,
on
peut
écriref = at ,
L’ensemble
(X~ B AX~)
des motsqui
n’ont pas de facteurgauche
dans Aest,
par
définition,
l’ensemble despréfixes
de A.A*
étantcomplet,
l’ensemble de sespréfixes
s’identifie à l’ensemble des fac- teursgauches
propres des mots de A.Nous utiliserons
souvent,
dans lasuite,
les remarquessuivantes, qui
sont trèssimples :
(i)
La relation suivante se vérifie facilement : Soit A un codesur X ;
Soit t E
X~E- ’B
unpréfixe
du code A. L’.ensemble H des mots h de tels que th soit dans A est uncode,
est un code
Dans
l’exemple précédente
l’ensemble des mots h de tels queyh
E A estle code
(c)
Calcul de l’ automate~(A’~~ .
(i)
Soient f et f deux mots deX* ;
on posePour que f et f t soient
équivalents
modulo(A ) y
il f aut et il suffit quet et t’ le soient i
f= f’ mod ===> t _ t’ mod
(A*) .
(ii)
Soient t et t’ deuxpréfixes
de Adiff érents
del’élément
neu tre. t et t’ sontéquivalents
modulo(A~) y si,
et seulement s’ils sontéquivalents
modulo
(A) :
En
effet,
si t estéquivalent
à t’ modulo(A) ~
et si th est dansA~
alors t’h est dans
A’~ ,
et onpeut
poser h = uv avec t’u EA ;
mais alors tue donch = u,
t’h E A . Ainsi t=t’ mod(A) e
Si t est
équivalent
à t’ t modulo~A~ ,
et si th est dansA~ ~
t étantdifférent du mot
vide,
onpeut
poser h = uv avec tu EA y
v eA~ .
Alors t’u eA ,
et donc t’ h c cequi
montre que t = t’ t mod(A~) .
(iii)
En vertu des remarquesprécédentes,
l’automate se calcule aisément à l’aide du schémaprésenté
ci-dessus : il suffit de connaître la classe modulo(A*)
de chacun despréfixes
deA
y et pour cela de connaître leur classe modulo~A~ 9 excepté
pourl’élément neutre, qui
estéquivalent
aux éléments de A.Ainsi,
q dansl’exemple précédent,
A= (xx ,
xy , yxx , yxy ,yy) ,
Nous noterons alors ainsi les
applications
cpx et qy :ce
qui signifie : Ox==2 y lx = 2,
2x=0 .(d)
Codes bornés. - La définition suivante serafréquemment
utilisée dans la suite.DEFINITION. - Soit un code. On dit que A est
borné
surX,
si leslongueurs
des mots de A surl’alphabet
X sontbornées :
Soient A et B deux codes sur
X ;
Alors Aest borné sur X , si,
et seulementsi, A
est borné surB,
et B est borné sur X.En
effet,
II. Introduction.
1° Notre propos est d’étudier la
correspondance qui peut
exister entre les con-gruences de l’automate d’un sous-monoide
préfixe complet
P et les sous-monoides
préfixes complets Q
contenant P . Ceproblème
avait étéévoqué
parM. P.
SCHÜTZENBERGER [6].
Le travailqui
estprésenté
ici est le fruit d’une colla-boration avec J.-F.
PERROT [3].
Notre but seraplus
clair si nousprésentons
d’a-bord le cas où M est un groupe.
2° Soit G un groupe. Soit II un sous-groupe de G . Les classes
d’équivalence
modulo
(H) ~ qui
sont lesétats
de l’automate s’identifient aux classes à droite relativement à H .L’homomorphisme 03C6 correspondant
à l’automate s’identifie à lareprésen-
tation de G sur les classes à droite relativement à H :
Les congruences de sont les
systèmes d’imprimitivité
du groupe depermuta-
tions Soit p une congruence de
d(H) ;
soit Kl’image réciproque
pardu stabilisateur de la classe de H modulo p . Alors l’automate de
K, Û~(K) ~
est
isomorphe
auquotient Q.(H)/p .
Deplus, l’application
ainsi définie est une bi-jection
de l’ensemble des congruences de sur l’ensemble des sous-groupes de G contenant H .3°
Nous montrons d’abord par desexemples
que, dans le cas desmonoïdes,
cettecorrespondance
n’est passimple (ce
n’est pas, engénérale
unebijection).
Nousverrons ensuite
qu’on peut
définir entre les deux ensemblesévoqués
une correspon- dance de Galois et que, sous certainesconditions,
elle se réduit à unebijection,
si 1.1 est un monoide libre.
III.
Exemples.
1° Soit M le monoïde
d’applications
d’un ensemble S danslui-même, engendré
par les deux
éléments :
(la
notation ci-dessus a été introduite auchapitre 1, §
2(c)) ,
Le stabilisateur de
l’élément 0
de S est un sous-monoidepréfixe complet,
notéP 1
Nous allons voir que l’automate n’a pas
d’image homomorphe
nontriviale,
mais que P n’est pas un sous-monoïde
préfixe complet
maximal deL’automate a deux états s et t
correspondant
à lapartition
de M enclasses modulo
(P) 1
n’a donc pas
d’image homomorphe
non triviale. P est inclus dans le sous- monoidepréfixe complet
de M suivant :2° Soit M le monoïde libre sur X =.
{x , y~ .
Soit P le sous-monoïdepréfixe complet
deengendré
par l’ensemble A cXi’ ;
Son automate a
quatre états :
S =1
y2 , 3~ ,
admet deux congruences : 6 =
/02/13/
et 6’ f =/02/1/3/ .
Or le seul sous-monoide
préfixe complet
contenant P estQ
=(X2)* .
On voit aisément queA
peut
être schématisé ainsi :IV. Définition d’une
correspondance
de Galois.1. Définition.
Soit P C M un sous-monoide
préfixe complet
de M .Soit
Lp
l’ensemble des sous-monoidespréfixes complets
de M contenant P . SoitKp
l ’ensemble des congruences de l’automate deP ;
=S ,
Lp
etKp
sont naturellement ordonnés. On définit alors deuxapplications
X t
Kp
2014~Lp et ~ : Lp -~ Kp .
(a)
Soit 6e Kp
une congruence deLe
quotient
reconnaft un sous-monoïdepréfixe complet Q
contenant P :où
sa
E S est la classe de e. Posons(b)
SoitQ
eLp ;
posons S =03B6(Q) , où 03B6
est lasurjection canonique
de Msur
S y
c’est-à-dire(où s 0
est l’élément de Squi
est la classe de l’élément neutre modulo(?) ).
L’ensemble des congruences de
a(p)
telles que la classe deSc
contienneS
est non vide
(il
contient la congruence à une seuleclasse)
y et est stable par in- tersection(conjonction
deséquivalences).
Il contient donc unplus petit élément,
soit donc
u(Q)
EK-
ceplus petit
élément.PROPOSITION. - X définissent une
anti-correspondance
de Galois entreKp
et
Lp .
Démonstration.
2° Si
Q
et R sont deux éléments deLp’ Q
G R ==>kl( Q) ) effet,
S
ç defaçon
évidente.Si n’est pas
plus
fine que~(R) y
leurconjonction
np.(R)
eststrictement
plus
fine que~(Q) ~
et la classe deso
relativement à cette con-jonction
contientS .
3°
Si e ealors 0 03BB(03B8)
e . SiQ
eLp ,
alorsÀO (Q) ~ Q .
Cequi
achève la démonstration.
X
et
sont donc desbijections
inverses de l’ensemble des fermés deKp
surl’ensemble des fermés de
Lp , c ’est-à-dire,
pardéfinition,
leséléments
de laforme
po À(e)
où e e etÀO u(Q)
oùQ
~Lp .
Cette
correspondance possède
lapropriété supplémentaire :
PROPOSITION. - Pour tous
Q
danset
e dansKP , (Q) et À(e)
sontdes fermés de
K- et Lp respectivement
y c ’est-à-dire. On le vérifie facilement.
2. Les fermés de
Lp .
La définition
de
seraplus
claire si l’on remarque que :PROPOSITION. -
Q
est un fermé dansLp , si,
et seul ementsi, l’équivalence
modulo
(P)
estplus
fine quel’équivalence modulo (Q) .
Démonstration. - Si
(P) (Q) ,
alorsl’équivalence modulo (Q)
induit sur S(qui
est lequotient
de M parl’équivalence
modulo(Q) )
uneéquivalence qui
estune congruence d’automate. La classe de
s~
estprécisément S ,
et ainsiSi
(Q) ,
cela revient à dire queQ
n’est pas saturé modulo(P) ,
ouencore
Ce
qui signifie
que m’ t E03BB0 (Q) ,
et doncque 03BB0 (Q) > (Q) .Et
ceciexprime
que
Q
n’ est pas f ermé dansLp.
3. Les fermés de KP .
Si e est fermé dans
d(X(0) )
estimage homomorphe
de~,(P)~8 ;
il ne luiest pas, en
général, isomorphe.
Cependant
y étant alors fermé dansLp , d’après
laproposition précédente, l’équivalence
modulo( X( A ) )
estplus grossière
quel’équivalence
modulo(P) ,
etelle induit donc sur S une congruence 8’ telle que
Cette remarque motive la modification
apportée
à lacorrespondance,
et que nous ex- posons ci-dessous.Soit X’
l’application
deKp
dans définie ainsi : Soit e une con-gruence de L’ensemble des congruences 6’ de telles que
est stable par union
(disjonction
deséquivalences),
et est non vide. Il admet doncun élément
maximal,
que nous définissons comme X’(8~ .
Posons
)!’
t = notonsLp
etRF
les ensembles de fermés deLp
etKp ,
et
KP l’image
par X de Onpeut
alorsénoncer :
PROPOSITION. - ~
t est unebijection
deU
surKP G Si
e est une congruencede Of.(P) ~ et Q
unélément
deLp , 8 = ~’(Q) si,
y et seulementsi,
4.
Remarque.
La définition de
l’ application ~,’
n’ est passimple ( elle
nécessite une sorte deOn
pourrait
être tenté dedéfinir
uneapplication analogue
deLp
dansKp ,
au moins des deuxf açons suivantes
(a)
Avec les mêmes notations queci-dessus,
onpeut
chercher si l’ensemble des congruences 9 dont la classe desa
est contenue danspossède
unélément
maxi-mal
( qui
serait alors toutdésigné
pour être)JL’(Q) ). L’exemple
suivant montrequ’il
n’en est rien.Soient X =
y) ,
P =,~,’~ ,
où A est lapartie
deX~
suivante : Posonsa
cinq états :
S =1 , 2 , 3 , 4) (où
0 est la classe del’élément
neutre ,
Les congruences non triviales de sont les suivantes :
Or P est inclus dans le monoide
préfixe complet Q engendré
par l’ensembley*
x .L’ensemble
S~
aquatre éléments :
Les congruences 6 et 6’ sont telles que la classe de 0 est contenue dans S .
Q
L’ensemble des congruences telles que la classe des~
est contenue dans SQ
n’a pas d’élément maximal. Bpeut
êtrereprésente
parA est alors
représenté
ainsi :(b)
Ladisjonction
deséquivalences
modulo(P)
et modulo(Q)
est uneéquiva-
lence
régulière
à droiteplus grossière
quel’équivalence
modulo(P) ;
elle défi-nit donc une congruence
d’automate, soit,
y pardéfinition y p(Q) E .
coïncide avec si
Q
est unfermé
deLp.
Maisl’exemple
suivantmontre que, si où
Q
et R sont deuxéléments
deLp ,
on n’a pasnéces-
sairement
p(R) .
M = X =~x ~ y~ .
P =A* ,
où A estdéfini
parSoit
Q=B~ ,
où B=(fx)
SoitR=C~ , où
AlorsP C
Q
C R CX* .
L’automateC(.(P)
a pour ensemble d’états S =(0 , 1,2),
est la congruence triviale
(tous
les états sontcongrus). p(R)
est la con-gruenc e
/01/2/ .
Nous terminons ce
paragraphe
en donnant unexemple
de calcul deKp
etLp.
V.
Exemple.
Soit X =
~x , y~ .
Nous prenons pour P le sous-monoideengendré
par le code :A se schématise ainsi : 1
(a)
L’ensembleK P
aquatre éléments (en
dehors des deux congruencestriviales) :
(b) L’ensemble Lp
estinfini ;
il contient les éléments suivants :on
peut
encore écrire directement :ou encore
Alors
pour tout
couple
n et m d’entiers(on
remarque queR
=(X2~’~ ~ .
(c)
Lesapplications X et ~~
sont :L’ensemble
RF
deséléments
deKp qui
sont desfermés
est :De
méme,
L’application
X’ est :L’application ~,’
est alors :On
peut
vérifier quea(A*)/81 !::::a[(x2)*J,
VI. Etude des fermés.
1. ’
Nous savons peu de choses des fermés de cette
correspondance
y dans le cas où Mest un monoïde
quelconque.
Laproposition suivante, qui
donne une condition suffi-sante, permet cependant
derégler
le cas des monoïdes commutatifs.Les notations sont celles du
chapitre
V.PROPOSITION. - E
L
vérifie la condition :(U) 9 u
y v EM ,
uv eQ ,
v EQ
====~ u OEQ ;
alors
Q
est un ferme dansLp
0(La
condition ci-dessus définit les sous-monoïdesbipréfixes (préfixes
à droiteet à
gauche) [2].)
Démonstration. -
SiQ
n’est pas unfermée l’équivalence
modulo(p)
n’est pasplus
fine quel’équivalence
modulo(Q) ,
comme nous l’avons vu ; cequi signifie
encore que
Q
n’est pas saturé parl’équivalence
module(P ) 1
P satisfait
(n ),
et donc il existe n dans I~I tel que mn soit dans P. m’nr
est alors dans
P ,
donc dansQ. Or, Q
étantpréfixe,
d’où la contradiction avec
1~hypothèse :
On
peut
alorsénoncer :
PROPOSITION. -Soit M un monoïde commutatif. Soit P un sous-monoïde
préfixe complet
de M .Il Y
abi jection
entre les congruences e de l’automate et les sous-mono idespréfixes complets Q de
M contenant P . 03B8et Q
se corres-pondent, si,
y et seulementsi,
Démonstration.
(i)
Dans un monoïdecommutatif,
les sous-monoïdesqui
vérifient la conditionvérifient aussi la condition
(u1),
et les éléments deLp
sont donc desfermés.
(ii)
Nous montrons maintenant que toute congruence 0 EKp
est fermée dansK~ . Soit 03B8 ~ KP ; posons Q
=1.(0) j
notons encore 6l’équivalence
sur M induitepar
l’équivalence
e sur S .Il nous suffit de montrer : 1
Or,
P étantcomplet,
il existe n dansM ,
tel que mn soit dans P . Alorsm’n e Q;
posonsAinsi mo d
(?) ~
c armn E P , et
qm z m c ar q = e(e) y
par définition
de Q.
Enfin m = m’ mod(e) ,
cequi
achève la démonstration.Remarque. -
Si (p estl’homomorphisme
de roi dansSS correspondant
à l’automateon
peut
observer queqM
est un groupe(sa représentation
depermutation
sur S étant
régulière, puisque
c’est un groupe abélien ettransitif) , quand
Niest abélien.
2. Cas du monoïde libre.
Nous avons
indiqué,
auchapitre I, que
les notions étudiées ici se laissent mieuxappréhender
dans le cas où M est un monoïdelibre,
et nous avons introduit uneterminologie particulière.
Nous allons voir que, dans ce cas, onpeut
donner uncertain nombre de
propriétés
des fermés pour lacorrespondance
définie auchapitre IV, quoique
de nombreuxproblèmes
restent ouverts.(a)
Les fermés deK A . -
Soient A C~~
uncode, a(A*)
son automate. Et soit e une congruence de1(à"~) .
La fermeture de e dans
Kp ,
c’est--à~direB).0 ~(8~ ,
est la congruencee’
de laplus fine,
telle que les classes des modulo (e)
et modulo(e’)
soient
égales :
Ainsi :
PROPOSITION. - Un
élément
6 deKp
est unfermé, si,
et seulement s’il est mi- nimalparmi
tous leséléments
6~de K qui
définissent la même classe des~ y
où
sa désigne
l’état ded(à*) qui
est la classe del’élément
neutre moduleUn cas
particulièrement simple
est celuiqui
seproduit
s’il n’existequ’une
con-gruence
d’image
donnée par ou~ cequi
revient aumême,
une seule congruence telle que la classe desa
soit un sous-ensemble donné de S . Cette congruence est alors évidemment un fermé.Une condition suffisante pour
qu’il
en soit ainsi est évidemment la suivante : Soient 6 une congruence de etB l’image
de e par À:Si
chaque
classe module a unreprésentante
et unseul,
dansX ,BX’ ,
eest la seule congruence de
a.(A~) d’image B1!-
par X . Eneffet,
sous cettehypo- thèse,
il existe un seul automate reconnaissant (ÇUn cas
plus
intéressant est le suivant 1PROPOSITION 1. - Soit 0 un
élément
deB~
=;B(e) .
S’il existe unélément
b de
B1r
tel que bB C A(ce qui
estévidemment
le cas si A est borné surB ),
e est la seule congruence de
d’image B
par À. 0 Et donca(A~)/e ~ a(B~) .
Démonstration. - Nous noterons encore 0
l’équivalence régulière
à droite indui-te sur
X~(-
par la congruence e deIl faut montrer
que, ? f ,
f ’ f = f ’B
=> f = fe .
Soientdonc f et f 1 deux éléments de f == f ’ mod
(B’fo) .
On pose f =hp ,
h ,
h’ r eB~ , ~
p ,X * "- BX’" (
p etp
f sont despréfixes
deB ).
Alors p ==p’
mod(B~) ~
f == p mod(e)
etfi == p’
mod(e) , puisque,
pardéfinition de
B , h ,
h’ == e mod(0; . / B
oSoit alors b
l ’ élément
deBir
tel que bBc: A y
dont nous avonssupposé
l’exis-tence. De la même
façon,
f ==bp
mod(e)
et f’ ==bp’ (e) .
Deplus, bp
etbpI
sont
équivalents
module(A~) y
carAinsi,
Ceci
montre,
partransitivité,
y que f == fi mod(e) y
cequi
achève la démonstra-tion.
(b)
Etude des fermés deLA* . -
Nous avons vu, auchapitre IV, qu’un
élémentB"
de était un
fermé, si,
et seulementsi, l’équivalence
modulo(A’")
étaitplus
fine quel’équivalence
modulo(B")
y cequi s ’exprime
encore en disant queB’~
est unepartie
deX~~ saturée
modulo(A~) .
Dans l’étude des fermés de certains codes
jouent
un rôleimportant.
Nousles nommons chaînes.
(bl)
Chaînes./
DEFINITION. - Un code B
sur
X est unechaîne,
s’il existe un code C et unepartition
de C en deux sous-ensembles non videsCo
etC ~
tels queExemple :
X=1; , yl , C==X y
yC
est unechaîne.
La caractérisation suivante est utile :
PROPOSITION. - Soit B un code. Les trois énonces suivants sont
équivalents :
(i)
B est unechaîne ;
(ii)
Il existe un élément c deXX*
tel que(iii)
II existe un élément c de tel que~r
Démonstration. -
Si B est unechaîne,
B =C; C1 , alors, ~
c ECO’ c
B CB ,
et
(i) implique
est
équivalent
à car{h 1
ch EB~
est un code pour toutpréfixe
cB .
implique (i),
car, de cB ~B p
on déduit que, pour tout entier h,cn
B CB ,
et doncc * [B , ( B ) } C
B . lepremier
membre est 1J]1.code,
etdonc
c*{B
/ (cX* nB)}
-. B . Ainsi B est une chaîne..La
proposition
suivanteprécise
la remarque duchapitre I, 9
2(c).
PROPOSITION. - Les restrictions aux
préfixes
d’un code B deséquivalences
modu-lo
CB)
et modulo(B*)
sontégales, si,
et seulementsi3
B n’est pas une chas-ne.
.
Démonstration. -
Si B est unechaîne,
il existe c dansXX*
tel que cB ~ B r Alors c estéquivalent
modulaCB)
à l’élémentneutre,
et c n’est pas dans B .Si les
équivalences
enquestion
sontdistinctes,
il existe unpréfixe
c de Aqui
estéquivalent
modulo(B)
à l’élémentneutre (I, §
2(c»). Ainsi,
cB ~B ,
et B est une chaîne.
Remarque. -
La restriction àX* , BX*
del’équivalence
modulo(B)
estégale
àla restriction à cet ensemble de
l ’équivalence :
Nous aurons à faire usage d.e la
proposition
suivante ?PROPOSITION 2. - Soient B un code
sur X , et
c un élément deX * ,B *
telque
Si l’ ensemble des entiers n tels que
# , pour
b dansI3 ~
estborné,
Alors B est une chaîne.
Démonstration. - Soit k le
plus grand
entier tel que cb eIf
pour b dans B.Si k =
1 ,
B est une chaîne.Supposons
donck ~
2 ..Soit b un élément de B tel que y et posons
b = uv ,
y avecv E B .
Alors y
pour tout h dans si uh EB ,
de euh =B* ,
on déduit que,heBy
uhe B ==> h ~ B . Ainsi B est une chaîne.Exemples :
Le code B est effectivement une chaîne : xB ~ B .
2° Nous montrons
qu’il
existe des codes Bqui
ne sont pas deschaînes,
telsqu’il
existe c dansX ’- B ,
avecB~ .
Soient
Bo
=xx
y, =yy
x , et posons B =B 1
+B n’est pas une
chaîne,
y maisyB ~ B* ,
car~~ .*
.
Il reste à montrer que
B.. Bl C
B .Oret
Une
récurrence
sur lalongueur
des mots deB" 0
B., montre alors lapropriété
cher-chée.
(b2) Après
avoir introduit la notion dechaîne,
nous commençons l’étude des fermés de Deux lemmes sontnécessaires.
LEMME 1. - Soient A
et
Bdeux
codes sur l’alphabet
x 9 A CX’h ,
et A;
es t bo rné sur B ~
S’ il existe un
préfixe
fde A , qui n’est
pas dans tel quel’ ensemble fh
EX~~! /
fh EA}
est un code sur Bqui
est borné surB ~
alors :Il existe un
préfixe
.t deA , qui
n’ est pas dansB" " g
tel que :(i) (h
EX’~ ~ A~
est un code surB ~
(ii) B~ .
Démonstration. -
Pour toutpréfixe
t de A vérifiant les mêmeshypothèses
quef ,
on pose =i ,
si lalongueur
maximale des mots de(h 6 X" ~ 1
th EA)
sur
l’alphabet
B est i.Supposons,
par récurrence sur~(k) ~ qu’il
existe unpréfixe
k de Apossé-
dant les mêmes
propriétés
quef ,
y avec~(k) ~ ~(f) .
Soit kB C et ladémons-
tration estachevée ;
9 soit il existe un mot b de B tel quekb ~ B‘’‘ ~ alors,
y dek E
X~ B AX~ ,
on déduit kb EX~ ~ AX’‘ u A , car (h
EX’~ ~
kh ~À)
c:a~ .
Naiskb n’est pas dans
A ,
carkb ~ B~ . Ainsi,
kb EX~ ~ kb ~ B’~ 9
(h e X’" j (
kbh EA~
est un code surB,
borné sur B . Deplus ~(kb) == ~(k) - 1 ~
et ceci achève la
démonstration,
car~pour #(k) = 1 ?
kB cAcB~ .
20 -
Soient
Aet
B deux codessur X ;
A cB" 9
et A est borné surB .
Si 1 ! ensemble
(x’" v
nB*
despréfixes
de A sont dansB‘’‘
n’ est pas saturé modula(il),
9 B est une chaîne.Démons t ration. - Soient t et t’ deux
préfixes
de tels queLe mot t’ vérifie les
hypothèses
du lemme1,
caret le deuxième membre est un code sur B
qui
est borné sur B . Il existe donc unpréfixe 2
deA,
telB’‘ s B’~ 9 (
ih EA)
est un codesur B .
Alors,
p pour tout b dansB,
y l’ entier n tel queBn
est borne par lalongueur
maximale des mots de A sur B . En vertu de laproposition 2,
B est alors une chaîne.
Ces deux lemmes ont pour
conséquence
deuxthéorèmes :
THEOREME
1. - Soient Aet
B deux codessur X ; A ~ B* ~ X* , et
A est bor-né sur
B 0Alors B~
est unepartie
saturée modulo(A"’) y si y
et seulementsi,
B n’est pas une chaîne.
Démonstration. -
Si B est unechaîne,
soitB
un élément deXX"
tel queB ,
y et soit a un mot de A delongueur
maximale surB ;
on poseAlors et donc b
=b6
mod(A) y
carMais,
du fait que A est strictement inclus dans il s’ensuit que b estdifférent
du motvide,
et donc que b =bf3
mod Orb6
n’est pas dans et n’est donc pas saturé modulo(A’) .
Réciproquement,
siB’~
n’est pas saturé module(~.3~~ ~
il existe b et b’ ttels que b E
B y b’ ,~
b = b’ mod(A~) .
Si on pose alors b =at ,
b’ -
aIt t
avec a a’ et
t’ EX~ ~
t EB-* t 1 ,./ B’
t = t’ mod
(A) .
L’ensemble~x~~ ,: 1
nB3~
n’est donc pas saturé modulo(A)
yet, d’après
le lemme2,
B est une chaîne.THEOREME 2. - Soient C
et
D deux codessur X ;
C ~D* , et
C est bornésur D.
Alors
y si C est unechaîne,
D en est une.Démons trati on. -
On suppose que C est unechaîne
y et que D n’en est pas une.Soit f dans tel que
fC ~ C
y et posons f = uv, u E v E~" ~
Alors fu == u
car, 6’
h E fuh e C ==> uh e C .Or, d’ après
lelemme
2,
l’ensemble(Xit- ’-
n est saturé modulo(C) ,
et fu est doncdans
Di: ,
cequi implique
vu ED .
Alorsfn =
v est unpréfixe
de Cqui
aplus
de n facteursgauches
dansD ?
et C n’est donc pas borné surD,
ce
qui
achève la démonstration.Remarque. -
Sous leshypothèses
duthéorème,
il est faux que(c)
Résumé des résultats. - Soit A un code sur X. Le théorème 2 montre que, si A n’est pas unechaîne
y il existe un code I tel que A C A estborné
sur
1 y
I n’est pas unechaîne~
etB n’est pas une
chaîne y
borné sur B ==> B est-unechaine .
Ainsi, d’après
les théorèmes 1 et 2 et laproposition
1 :THÉEORÈME 30 -
Soit A un code sur Xqui
n’ est pas une chaîne. 0 Pour tout sous-ensemble totalement ordonné par inclusion de il existe un code I :
l E ~ ,
I n’ est pas unechaîne.
A est borné surl ,
tel que :Si 8 est la congruence de
03B1(A*)
telle que(i)
Il y abijection
entre les codes B tels que A CB*
CZ’‘
et les congruen-ces
t3
de~,(A’~~ plus
fines que(1, B
et B secorrespondant si,
et seulementsi,
(ii)
Pour tout élémentB3‘ de ,
avecB* , et
Aest borné
surB,
yB*
n’es t pas
saturé
modulo(li’~) j
.(iii)
Pour toutecongruence 6 de plus grossière
que6 y
re-connaît un code B tel que A n’ est pas borné sur B .
Ainsi,
si on schématise lapartie Jb
de Jconstituée
desB’’ ",
tels que A est borne surB ,
Remarque
Si A est unechaîne
alors aucun des élémentsB~
de telsque A est
borné
sur B n’est ferme dansEnfin,
un codeborné
n’étant évidemment pas unechaîne,
le résultatprincipal
dece
chapitre
est :THÉORÈEME 4
[3]. -
Soit A un code borné surl’alphabet
X. Il y abijection
en-tre les
congruences 03B2
delÀ(À*)
et les codes B tels queP
etB se