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Flux réels versus flux immatériels

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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CLERMONT UNIVERSITE (Université Blaise Pascal) Faculté des Lettres, Langues et Sciences humaines

Maisons des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand Centre d’Historie « Espace et Culture » (CHEC – EA 1001)

Journée d’Etude de l’Axe 3 du CHEC

Organisée par :

Jean-Luc FRAY, Stéphane GOMIS et Stéphane LE BRAS

« Flux réels versus flux immatériels »

Contribution à la réflexion sur l’histoire des espaces

Clermont-Ferrand, vendredi 14 octobre 2016, Maison des Sciences de l’Homme

À côté de la méthode de la centralité (FRAY, 20061), la théorie des flux (PUMAIN et alii, 2001 ; PUMAIN et SAINT-JULIEN, 20102), venue également de la géographie, occupe désormais une place déterminante dans la méthodologie des recherches historiennes sur l’espace, ses structures et sa perception.

La Journée d’étude proposée se donne pour but de mettre en regard le rôle, devenu classique dans l’historiographie économique et spatiale, des flux réels (d’hommes, de marchandises, de capitaux) au sein des espaces et celui, moins « classique » et qui sera ici privilégié, des flux immatériels3, ainsi que les formes combinées. Nous nous interrogerons sur leur impact en termes de construction et de structuration des espaces (de l’échelle locale à la dimension globale) au cours des périodes antique, médiévale, moderne et contemporaine.

1 Jean-Luc FRAY : Villes et bourgs de Lorraine. Centralité et réseau urbain au Moyen Âge, Clermont-Ferrand, 2006.

2 Denise PUMAIN et alii, Les interactions spatiales : flux et changements dans l’espace géographique, Paris, 2001. Denise PUMAIN et Thérèse SAINT-JULIEN, Analyse spatiale, t. II : Les interactions, Paris, 2010. Ce dernier manuel, après une rapide - et subordonnée - allusion initiale (« …les flux de personnes, de marchandises, qui véhiculent aussi des idées, de l’information, des pratiques culturelles… », p. 9-10) n’aborde plus cet aspect.

3 Dans l’édition nouvelle (2013) de leur Dictionnaire de la Géographie et de l’Espace des Sociétés, Jacques LEVY et Michel LUSSAULT (dir.), donnent une définition de « Flux » (« Expression d’une circulation entre lieux empruntant des infrastructures » et « Par extension, déplacement de toute nature se traduisant par une origine, une destination, un trajet ») assez peu favorable au premier abord à la notion de flux immatériels. On trouvera cependant une appréciation plus favorable à l’idée de flux invisibles dans le même ouvrage, à l’article

« Polarisation » : « Les « polarités » peuvent se manifester par des mouvements visibles (mobilité des personnes, déplacement des marchandises…), semi-visibles (mobilité des capitaux, flux des ordres) ou encore moins perceptibles visuellement (diffusion culturelle) » ; de même pour l’entrée « Réseau urbain » :

« Ensemble de villes reliées entre elles, de façon durable et structurante, par des interactions et des flux matériels et immatériels ».

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Sous le terme de « flux immatériels », on comprendra, par exemple (liste non exhaustive) :

- les référentiels toponymiques et certains anthroponymes de type toponymique relevant d’une intention (mémoire, revendication d’un droit) ;

- les usages du « déplacement en pensée » (ainsi dans la sphère religieuse, tant du judaïsme que du christianisme) ; la « désirabilité »4 de la ville, traduite dans le discours (chroniqueurs, auteurs de laudationes urbaines, auteurs de récits de voyages imaginaires…) ;

- le rôle de la rumeur ;

- les jeux d’influence (artistiques, juridiques, littéraires, religieux…) ; - les écrits du « for privé » (correspondances…) ;

- la diffusion des techniques et des pratiques (religieuses, alimentaires, artistiques, culturelles, commerciales, industrielles, etc.) ;

- les échanges de services (systèmes bancaires, renseignements, hospitalité, etc.) ;

- les facteurs permettant la construction d’un marché spatialisé et emboîté (échelons local, régional, national, mondial) ;

- les éléments constitutifs d’un « capital immatériel » (contrôle et partage de l’information, inscription dans des réseaux à multiples échelles, valorisation et instrumentalisation des flux).

Le sujet est susceptible d’intéresser historiens, historiens d’Art, historiens du droit, littéraires, géographes, sociologues, anthropologues, linguistes, cartographes…

Les textes de proposition, de 3000 signes maximum, devront être soumis avant le 31 mai 2016 à stephane[point]le_bras[arobas]univ-bpclermont.fr. Les auteurs devront préciser leurs coordonnées, statut, fonction et joindre une courte bio-bibliographie. Une réponse du comité d'organisation sera donnée fin juin 2016.

4 L’expression est utilisée dans l’introduction méthodologique du recueil Small and Medium Town’s Attractiveness at the Beginning of the 21th Century, Agnieszka SWIATEK-SOLTYS, Hélène MAINET, Krzysztof WIEDERMANN, Jean-Claude EDOUARD (éds.), Clermont-Ferrand, 2014.

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