Rapport Moral de La Présidente de « Chrysalide Karayib » AGO du 27 juin 2020 à 11 heures à Baie-Mahault
Mesdames, Messieurs, chers amis de « Chrysalide Karayib », C’est avec joie que j’ouvre cette Assemblée Générale qui porte sur l’année 2019. Mes premiers mots iront en direction du Conseil Départemental qui nous a réitéré sa confiance pour la troisième année consécutive et nous en sommes très fiers. Je remercie également le Président de
« Karukéra Enfance », qui nous met à disposition ces locaux pour tenir notre Assemblée Générale. C’est pour nous un signe que la solidarité n’est pas un vain mot !
Chaque année l’Assemblée Générale est l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, de saluer les succès, d’analyser les échecs, et de tirer les enseignements utiles afin de se projeter dans l’avenir. C’est aussi l’occasion de présenter les perspectives et de proposer les projets. Ce rendez-vous annuel demeure pour tous, un moment central qui permet à chacun, de se rendre compte du travail effectué auprès des jeunes et de leur famille.
Nous pourrions aisément résumer l’exercice 2019 en deux mots Ténacité et Engagement, tant il a fallu trouver les ressources nécessaires pour se surpasser et vaincre toutes les vicissitudes d’une année marquée par une série d’évènements imprévus. Partenaires malhonnêtes cherchant à dénigrer l’image du service et des dirigeants, stigmatisation du service, mineurs en très grande difficulté présentant des comportements inadaptés, fin de séjour anticipé pour deux adolescents, départ de salariés en cascade, recrutement de deux
nouveaux coordonnateurs, voilà résumé en quelques mots les plus sombres moments qui ont rythmés l’activité tout au long de l’exercice et dont il faudra tirer les enseignements pour l’avenir !
Pour autant, grâce à l’engagement des professionnels, nous avons permis à huit adolescents difficiles inscrits dans un parcours en protection de l’enfance de vivre l’expérience du voyage itinérant dans des lieux différenciés de la caraïbe, d’aller à la rencontre de cultures différentes, de vivre une aventure originale, et créer ainsi une vraie déconnexion loin des repères habituels, pour se découvrir autrement et développer de nouvelles compétences valorisables à leur retour de séjour.
Quelques faits ont marqué la vie de l’association en 2019
Après trois années passées à la tête de l’association en tant que Président, Monsieur Hélin LAROCHELLE a décidé de passer la main pour convenance personnelle. Toutefois, il reste membre du Conseil D’Administration. J’assure la présidence pour les trois prochaines années. Mes premiers mots sont pour dire à l’ancien président toute ma reconnaissance pour le travail de qualité qu’il a fourni durant les trois dernières années et ensuite saluer l’engagement du directeur et de son équipe au quotidien, parfois dans des conditions très difficiles pour mener à bien la mission du service. Je tiens à les féliciter car ils font un travail remarquable pour notre jeunesse.
En 2019 Le LVAE « partir pour mieux revenir »a modifié le parcours du séjour itinérant pour s’adapter aux observations de certains partenaires. Désormais, il ne débute plus par Marie-Galante. Nous avons constitué deux groupes de deux jeunes encadrés par deux assistants permanents, pour mieux répondre aux exigences du projet de service et individualiser au maximum l’accompagnement éducatif.
Nous procédons à un accueil différé le jour 1 et dans la foulée, deux jeunes prennent la direction du territoire « Kalinago » en Dominique et deux autres partent en Bivouac dans les hauteurs du morne vert en
Martinique pour une durée de huit semaines. Au bout de quatre semaines, les groupes changent de territoire.
En raison de plusieurs actes malveillants, nous avons dû nous séparer de deux adolescents, très carencés qui mettaient en péril l’activité. Ils ont été remplacés par deux autres jeunes, plus volontaires et moins violents. Nous tenons d’ailleurs à saluer la réactivité de nos partenaires de l’Aide Sociale à l’Enfance Au plan administratif, nous avons été confrontés à l’absence de passeport de certains jeunes, ce qui représente une vraie difficulté pour ce type de prise en charge basée sur des voyages à l’étranger. C’est un point qui nous commande à davantage de vigilance à l’avenir.
Nous avons eu également à gérer des départs en cascade de plusieurs salariés pour des raisons personnelles dont celui du coordonnateur. Il a fallu accompagner l’intégration de deux nouveaux coordonnateurs, ce qui a généré quelques balbutiements. Tous ces dysfonctionnements (gestion hasardeuse des dépenses en espèces, difficulté dans le suivi des projets personnalisés, manquement dans l’organisation générale, conflit entre le personnel et un coordonnateur, relations conflictuelles avec certains partenaires) ont mis à mal la gestion du quotidien. Pour autant nous tenons à souligner le professionnalisme de nos salariés pour mener à bien la mission jusqu’à son terme pour protéger les jeunes qui n’ont jamais été en situation d’insécurité.
Le nouveau partenariat passé avec l’association Dominiquaise, NILI, s’est avéré un mauvais choix dont nous saurons en tirer les enseignements. Malheureusement il s’agissait d’un affairiste guidé uniquement par l’appât du gain. Il s’est retiré du projet dès le premier jour de l’arrivée du groupe à la Barbade sous de fallacieux prétexte que le directeur se fera un plaisir de vous relater.
Toujours dans le chapitre du dénigrement je tiens à informer l’Assemblée Générale que notre association, tout comme notre partenaire historique « karukéra enfance » est victime d’une
campagne de dénigrement tous azimut menée par un ancien collaborateur qui réclame des sommes indues que nous refusons de payer. Tout sera mis en œuvre pour défendre nos intérêts et pour préserver notre image auprès des principaux partenaires.
Nous avons dû organiser en urgence le rapatriement sanitaire d’un mineur qui a décompensé à la Barbade. Cette démarche a été menée en étroite collaboration avec la sous-Direction et l’ASE, groupement 2.
Il a été hospitalisé au CHU de Pointe à Pitre en psychiatrie adulte.
Depuis 2016, nous n’avions jamais été confrontés à ce type d’évènement. Rien ne laissait présager une telle mésaventure dans le dossier transmis par les partenaires.
Au-delà de ces évènements négatifs dont nous n’avons pas tenu une description exhaustive il nous faut aussi noter l’ouverture de notre lieu de vie sur le monde.
En effet, Désormais l’association rayonne sur le monde extérieur grâce à son portail internet. C’est grâce à cet outil de communication que nous avons été sollicités par l’école des travailleurs sociaux de Lausanne (Suisse) pour accueillir un stagiaire en formation d’éducateur spécialisé pour une durée de six mois à compter du mois d’août. C’est une première expérience que nous avons trouvé intéressante, car elle permet à l’équipe de se remettre en question, d’interroger ses pratiques et de bénéficier de moyens humains supplémentaires. Nous restons donc ouverts à l’accueil de stagiaires.
Par ailleurs, l’inscription de l’association au réseau « OSER » structure qui fédère des opérateurs qui proposent des séjours de rupture, est une ouverture sur le monde, car l’association figure parmi la liste des opérateurs mis en ligne. C’est d’ailleurs à ce titre que nous avons été sollicités par plusieurs Départements de France hexagonale pour accueillir des mineurs.
Par ailleurs, cette expérience du voyage qui est basé sur une pédagogie du risque produit une transformation profonde des
adolescents qui loin des repères habituels peuvent se poser, réfléchir à leur situation personnelle et nouer de nouvelles relations de confiance avec les adultes. Ils reviennent pour la plupart en ayant pris de nouvelles résolutions et développent d’autres compétences. C’est ainsi que 5 jeunes sur 8 environ ont quittés le séjour en étant capable de tenir un échange en anglais !
Je voudrais aussi souligner ma fierté d’avoir participé aux rencontres des 10 et 11 décembre avec les membres de l’équipe éducative et de direction dans les locaux de Montalègre mis à disposition par « Karukéra enfance » avec un autre membre du Conseil D’administration pour passer en revue les évènements de l’année et émettre des préconisations. Ces deux jours se sont déroulés en présence du stagiaire qui était chargé de faire la synthèse des journées et d’assurer le secrétariat. Chacun a pu faire part de son vécu et exprimer ses ressentis. Nos travaux se sont déroulés dans un excellent climat et les débats étaient très constructifs
Nos priorités pour le prochain exercice seront de :
•Prospecter de nouveaux horizons au niveau de la grande caraïbe
•Espérer un partenariat plus fort avec l’ASE, une meilleure participation des familles et des référents ASE aux différentes réunions. Veillez que chaque jeune ait un référent ASE identifié dès le départ du séjour.
•Mieux sécuriser le partenariat avec les intervenants anglophones.
Systématiser la signature des conventions.
•Réitérer notre demande de régularisation de l’arrêté de création du LVA depuis le changement de nom de l’association en février 2018.
•Régulariser le poste de chef de service éducatif (mutualisé avec l’EED Challenge) accordé par l’autorité de tarification, mais qui n’est pas effectif à la clôture de l’exercice en raison de l’absence de tarification au niveau de Karukéra Enfance. C’est la même salariée qui doit occuper les deux postes.
Ces perspectives 2020 s’annoncent quant à elles dans la continuité mais ne seront pas moins chargées. Il faudra réaliser les séjours dans des conditions de sécurité juridiques renforcées.
Alors oui, une fois de plus, ce bilan très positif nous encourage à poursuivre ce chemin de partage. Je tiens d’ailleurs à adresser mes remerciements chaleureux aux membres du Conseil d’Administration toujours disposés à nous prêter main forte. Merci également à nos salariés qui coordonnent avec sérieux toutes les actions de l’association, ainsi qu’à nos partenaires financiers institutionnels qui nous ont soutenus en 2019.
Pour 2020, souhaitons la réussite des réalisations en cours et surtout les sourires et les progrès des jeunes que nous épaulons ! La vocation du lieu de vie est plus que jamais, en cette période de crises humaines économiques et politiques, de donner aux enfants aides, considération et inclusion !
Poursuivons donc ce chemin et mettons en exergue les valeurs de liberté, de respect et de solidarité qui nous sont si chères et ensemble avançons !
La Présidente Annie PIES-ELISE